Le BO dimanche de Géronimo

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Drapeau bayonnais dans une main, drapeau biarrot dans l’autre, Géronimo fait l’unanimité partout où il passe, à l’exception de quelques grincheux du conseil d’administration du BO, dont le seul geste pour aider le club consiste à soulever et engloutir des petits fours.

Il faut être singulièrement déconnecté de la réalité pour ne pas se rendre compte que cet homme est un distributeur de bonheur, doté d’une arme fatale, le DSI, le Déclencheur de Sourires Irrésistibles… Comment un club, actuellement en pleine crise d’identité, et qui vient une fois de plus de perdre 32-25 contre Bayonne, histoire de conforter sa dernière place, peut-il se passer d’un Géronimo qui fédère tout le monde avec sa bonne humeur et son dynamisme contagieux? Un peu comme si le XV de France de Rives et Bastiat avait souhaité écarter Roger Couderc de son poste de commentateur pour cause de chauvinisme outrancier! En dehors de sombres règlements de compte politiques, comment trouver une explication rationnelle justifiant de se priver d’un tel ambassadeur, bénévole de surcroît?

La géniale folie de l’Indien

Géronimo 01Ce qui est magnifique chez Géronimo, c’est qu’il va au bout de ses idées, au bout de sa géniale folie. Ulcéré d’être mis sous surveillance dans son propre stade d’Aguilera, désespéré de voir les travées désertes et la ville de Biarritz redevenir indifférente au rugby, l’indien Robert Rabagny s’est soudain souvenu qu’on est en République. Et qu’en République, si certains font les cons tous les jours, rien ne l’empêche lui de faire le con à son idée les jours de match et d’arriver déguisé en indien dans les tribunes.

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Biarrots et Bayonnais fraternellement mêlés attendent Géronimo de pied ferme.

Pour avoir passé six heures en sa compagnie dans son camion, il faut voir la ferveur qu’il suscite. Partout les visages s’illuminent à son arrivée, et les badauds se pressent pour saluer ce Robin-des-Bois du ballon ovale, noble, désintéressé et si loin des tristes magouilles du rugby professionnel. S’il n’a pas accordé mille selfies en ce beau dimanche de derby, alors il n’en a pas accordé un! Avec son camion à boxon, les femmes se déhanchent, les enfants tendent les bras à l’indien, les pères rigolent et les commerçants lui courent après un verre de vin à la main. Elle n’est pas belle la vie, un jour de derby?

La foule scande « LI-BÉ-REZ RA-BA-GNY!« 

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Même Jean-rené Etchegaray, ici aux côtés de Francis Salagoïty, y est allé de sa photo…

À Bayonne, l’accueil a été monumental, que ce soit chez les frères Brillant, chez Ramina ou aux halles, avec un bon millier de personnes l’applaudissant. Car tout le monde aime Robert qui n’hésite pas à entonner la Peña baiona après AUPA BO! Dans la bousculade de l’avant-match, même le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray a dégainé son portable pour immortaliser l’instant. Il faut dire aussi que Géronimo n’a pas son pareil pour mettre les rieurs de son côté. : « Je l’avoue. J’ai longtemps souffert que Pottoka soit beaucoup plus dynamique que moi… Surtout le jour où il a sauté en parachute. « 

Perplexité de la foule…

« … Mais cette fois, je suis motivé et, pour être plus fort que lui, je vais sauter sans parachute… D’autant plus que c’est le BO qui me paie le billet d’avion pour être certain que je saute! »

Un gros pardessus gâche la fête

Géronimo 07L’arrivée au stade est interminable. Tout le monde veut être photographié avec l’ex-mascotte : « Prenez vite une photo, car je suis une espèce en voie de disparition. Votre cliché, dans quelques années, il vaudra des sous ». Installé au milieu de Bayonnais, qui se gondolent à ses plaisanteries, il explique que « les Biarrots préfèrent faire la fête avant le match… Parce qu’ils n’ont pas souvent l’occasion de la faire après« .

Et lorsque la nouvelle mascotte Koxka apparait sur le terrain, dans le sillage de Pottoka, on entend nettement les tribunes scander  « LI-BÉ-REZ RA-BA-GNY!« , tandis que la tribune d’honneur entonne : « Non, le BO n’est pas mort, car Géronimo chante encore »

 Malgré l’authentique tristesse que peut ressentir Robert Rabagny lorsque ses couleurs sont défaites, tout aurait donc été pour le mieux dans le meilleur des mondes des derbys intelligents, si à la mi-temps Guy Canavy, administrateur du BO, n’était venu, sous couvert de paternalisme, rabrouer  notre indien en lui disant qu’il ferait mieux d’arrêter.  Quand ce n’est pas la sécurité collée aux basques, c’est la remontrance de quelqu’un qui ne paie pas son billet à quelqu’un qui l’a payé. Curieuse conception de la liberté d’expression! Mais dans ce club qui marche sur la tête actuellement, qu’attendre d’autre qu’un manque absolu de reconnaissance pour ce grand monsieur qu’est Géronimo?

Géronimo 09Koxka pour ça!

Il a la langueur de ces adolescents mal réveillés que les pères ont jeté bas du lit, le dimanche, pour qu’ils aillent au match. Si ce grand dadais qui agite faiblement la main est une mascotte, alors, pas de doute, Pottoka avec son tempérament de furieux est danseuse étoile au Bolchoï. Il fallait voir, la semaine dernière contre Béziers, le boutonneux Koxka traîner sa misère au milieu des BO Dolls (Oui, ça existe!), évoquant, avec son air coincé, le grand Duduche égaré au milieu des filles du proviseur.

Géronimo 11L’explication de cette erreur de casting absolue se trouve peut-être dans les boutiques du club rouge et blanc. Quelques génies méconnus du marketing se sont sans doute dit qu’il convenait de sacrifier Géronimo et sa grande gueule pour pouvoir faire trois sous de bénéfice dans le textile : des tee-shirts pour enfants avec l’effigie de Koxka viennent de faire leur apparition. Évidemment, personne n’en achète pour le moment. Les pères ont pourtant tort de dédaigner ce produit. Compte-tenu du classement du club, ils pourraient présenter ainsi leur rejeton affublé du tee-shirt de la mascotte : « Mon petit dernier ».

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Et un grand bravo à Roman, car piloter Géronimo, c’est loin d’ être simple!

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10 réflexions sur “Le BO dimanche de Géronimo

  1. Tellement vrai. La bêtise du BO est bien mise en relief dans cet article. Le fair-play et la solidarité des bayonnais est touchante. Même si on voulait changer de mascotte, il y a la manière de faire. Surtout pour nous mettre l’autre demeuré qui ne fait absolument pas l’unanimité chez les supporters et qui ne ressemble à rien.
    Quant à la réaction éventuelle de la municipalité, l’encéphalogramme est plat depuis avril 2014. Il n’y a plus rien à espérer de ce côté depuis longtemps… On en est encore à se réjouir d’une nouvelle ligne aérienne qui existe déjà, c’est dire…

    • Petit détail frappant, cet après-midi, dans les tribunes de jean Dauger. Tous les politiques bayonnais affichaient un petit foulard bleu et blanc. Les nôtres (Lafite, Poueyts, Brisson) s’étaient bien gardés de tout signe distinctif. Ils ont honte de leur Ville?

      • Porter les couleurs du dernier ça ne doit pas être porteur, à un mois des élections…

  2. Robert rabagny est un personnage , haut en couleur , attachant des fois , grande gueule parfois , on l’aime bien , on ne l’aime pas mais une chose est sûre : il ne laisse personne indifférent . C’est un passionné de son club , de sa ville et la sortie qui lui a été réservée par les siens est purement indigne des simples valeurs morales du rugby . Je ne rentrerai pas dans la médiocrité des dirigeants rouge et blancs mais en tant que Bayonnais , ancien membre des Gars de l’Aviron , je suis très fier d’avoir participé , modestement , à la renomme de  » Geronimo  » et je terminerai ainsi : chapeau bas l’artiste .

  3. un peu lourd tout ce tapage !!! il y a bien des sujets plus importants dans nos clubs que de porter une fixation sur une mascotte, seule à oeuvrer a visage découvert et travaillant sous SON NOM.
    passez à autre chose de plus important.

    .

  4. Très bon article quant à la passion et la ferveur que Rabagny a consacrées au BO, j’ai toujours eu plaisir à voir son énergie. Mais la décision de « créer » une nouvelle mascotte date de 2008 et le bénévolat n’a pas toujours été la règle pour l’indien me semble-t-il. Alors pourquoi tirer sur l’ambulance aujourd’hui ? Il est plus facile d’assassiner la direction du BO aujourd’hui qu’en 2010 où nous étions en finale de H-Cup j’imagine ! Pourtant la décision était déjà prise, et il serait sympathique que les supporters de Biarritz soient là dans les moments difficiles, Nicolas Brusque use de beaucoup d’énergie pour essayer de sauver le club de son coeur.

    • Voilà des réponses constructives, car elles suscitent le débat. J’observe la vie biarrote depuis plus de trente ans, maais je ne suis pas Biarrot… et donc autorisé à me tromper. Il me semble, je dis bien il me semble, que Rabagny a toujours été un animateur sportif bénévole, détaché par la Ville auprès du BO. Après, on peut discuter, chipoter sur les loisirs que lui laissait cette fonction, sachant le temps qu’il consacrait aux autres animations de la Ville comme Noël, les compétitions de surf et Halloween. Ce qui est difficilement contestable c’était son implication, son énergie à faire aimer le BO et un rôle d’ambassadeur, fort éloigné de celui qui est actuellement dévolu aux mascottes.
      Vous mettez le doigt sur le point sensible : nous devons tous aider Nicolas Brusque à retrouver la splendeur d’antan du BO. Aguilera, avec ses tribunes vides et son public qui n’applaudit pas est un peu désespérant actuellement. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi un club qui est en perte de repères et en pleine crise d’identité actuellement, sacrifie ainsi sa marque la plus connue. Derrière Serge Blanco, tout le monde connait Rabagny et il suscite le rire et la sympathie sur tous les terrains de France où il passe, ce dont le club a bien besoin. Vous imaginez « Lacoste » décidant subitement de se faire appeler « Croco »?
      Mon explication d’observateur extérieur vaut ce qu’elle vaut, mais je suis persuadé que Veunac ne lui pardonne pas ses amitiés politiques, même s’il est redevenu copain comme cochon avec Brisson, et que Blanco a sacrifié son ami de quarante ans pour ne pas perdre les subventions municipales.
      Tout cela est bien triste et nous éloigne fort des « valeurs » du rugby.
      Merci encore pour votre message.

      • Bonjour
        Nous avons lu vos derniers articles avec beaucoup d’intérêt, comme d’ailleurs tous les
        précédents, et nous avons été touchés d’apprendre l’éviction de la très populaire et
        sympathique mascotte du BO.

        Malheureusement, dans la nuit du samedi à dimanche, à minuit, notre capital sympathie
        a rétréci comme « peau de chagrin » par le fait d’avoir été tirés des doux bras de
        Morphée par un vacarme indescriptible qui a duré au moins 5 bonnes minutes.
        En bas de notre immeuble, un indien fou furieux gesticulait au son de trompettes, sirènes
        et musique apocalyptique.
        Ce dernier vociférait qu’on avait le droit de s’amuser et de faire la fête à Biarritz !? en
        autres diatribes incompréhensibles.

        Cela est absurde, de quoi se mêle cet individu? Son intervention n’avait rien à voir avec
        le rugby !
        Il serait en tout cas intéressant que vous interrogiez votre protégé sur les raisons qui l’ont
        poussé à agir ainsi, aussi tard dans la nuit.
        Si celui-ci voulait dénoncer les pratiques des responsables locaux à son égard, il eut été
        judicieux de le faire dans la journée ou en début de soirée, afin d’être entendu et surtout
        compris par un plus grand nombre de Biarrots qui ne sont pas systématiquement tous
        des fêtards.
        Moralité : les familles Biarrottes de la rue Gambetta ont mal dormi et n’ont rien compris
        des propos tenus.
        Un vrai Flop !

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