Ce Bo, confondant d’amateurisme

Zef-Koxka

Le Biarritz Olympique l’affirme sans rire : il n’y a pas la moindre ressemblance entre sa mascotte et celle du Stade brestois. (Photo http://www.mensquare.com)

J’imagine la scène comme si j’y étais. Gonflette-en-chef et Gonflette-adjoint, tous deux dirigeants du Biarritz Olympique, se retrouvent sur un coin de table, un crayon à la main. Ils ont deux heures pour remplacer Géronimo, l’indien emblématique du BO, car il ne faut pas contrarier les désirs du maire de la Ville, grand distributeur de subventions du club. Décision a donc été prise de plumer la mascotte.

Gonflette-adjoint :  « Chef, vous avez une idée comment qu’on va s’y prendre? »

Gonflette-en-chef, majestueux : « Un chef a toujours une idée, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est chef… »

Tendant une photographie chiffonnée à son adjoint : « Qu’est-ce que tu dis de ça?« 

Gonflette-adjoint :  « C’est quoi ce gus? Et ce drapeau avec S.B. dessus? »

Gonflette-en-chef : « Ignare, c’est Zef le pirate. Et le SB c’est pour le Stade Brestois« …

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un club de foot! »

Gonflette-en-chef : « Admire un peu la subtilité de ton chef, au lieu de te récrier. Tu as déjà vu un footeux s’intéresser au rugby?« … « Et en plus, il faut au moins six jours de chars à bœufs aux Bretons pour venir jusqu’au Pays basque. Aucun souci.« 

Gonflette-adjoint, muet et pensif :  « Si je lui dis qu’en un clic de souris, on peut aller partout dans le monde, il va le prendre mal »

Gonflette-en-chef, sortant ses crayons de couleur : « Regarde l’artiste à l’œuvre. Tu vas une fois de plus comprendre pourquoi je suis chef… »

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un dessinateur qui a fait cela. Et la propriété intellectuelle? »

KoxkoiGonflette-en-chef, catégorique : «  Tout juste un trop payé de barbouilleur. Je vais lui rectifier le portrait, moi, à sa mascotte. Quant à ta prétendue propreté intellectuelle, je me lave les cheveux tous les matins, moi! »

Et Gonflette-en-chef, se sentant soudain l’âme d’un Léonard de Vinci de détailler son travail : « Des belles dents à la place des chicots de ce Breton aviné, un foulard du plus bel effet plutôt qu’un bandana, une ceinture à la taille et des boutons sur la gueule et le tour est joué »

 Gonflette-adjoint, muet d’admiration :  « Oh, chef, mais où vous allez chercher tout cela. Au fait, comment on va l’appeler cette mascotte? »

Gonflette-en-chef, agacé : «  Arrête un peu de me casser les koxkoi… C’est peut-être à toi de trouver… (soudain, enthousiaste) Koxka! Koxka! Mais c’est magnifique comme nom de mascotte! Mon propre génie m’impressionne!« 

C’est Bousquier qui régale!

L’histoire de la création de Koxka ne s’est peut-être pas exactement déroulée comme cela, mais, si l’on suit la défense du directeur administratif Pierre Bousquier dans L’Équipe (8/12), on ne doit guère être éloigné de la vérité :  » Il y a quelques coïncidences qui peuvent paraître troublantes mais ça s’arrête là. Zef le pirate a besoin d’un orthodontiste, nous ce n’est pas le cas. Il a un bandana, nous c’est un foulard… Si on est de bonne foi quand on regarde les mascottes, elles n’ont rien à voir. Si quelqu’un me dit que les deux têtes se ressemblent, je lui paye des churros jusqu’à la retraite. « 

Biarrots gourmands amateurs de churros, précipitez-vous, c’est Bousquier qui régale, car 74% des lecteurs de Sud Ouest ont vu une ressemblance certaine entre les deux mascottes!

Le Stade Brestois, apprenant que le club basque a lancé une collection de vêtements à l’effigie de Koxka, ne rigole plus du tout pour sa part et vient de missionner un avocat pour ramener à la raison les copieurs. Avec à la clé, soit une forte indemnité à verser au Stade Brestois, soit un procès pour plagiat que le BO a toutes les chances de perdre.

Se souvenant de l’époque où il jouait arrière, Le président Nicolas Brusque tente un long dégagement en touche dans l’édition du soir de Sud Ouest (9/12). « Nous ne pratiquons pas le même sport. On ne veut pas leur faire de l’ombre. » Yvon Kermarec, le président du Stade Brestois, n’est pas d’humeur à transiger : «  On va leur demander de changer leur mascotte. Quand on a fait Zef, on avait regardé les mascottes des autres clubs pour voir s’il n’y avait pas de ressemblances. Ils auraient pu faire la même chose. Mais on va trouver un accord. »

Et, comme pour la COP 21, on arrive aux sujets qui fâchent, c’est à dire une histoire de gros sous, les dirigeants du BO se résignant mal à devoir jeter à la poubelle, pour cause de plagiat, tout le textile qu’ils viennent de faire fabriquer. Les contribuables biarrots vont être ravis de voir à quoi servent les subventions octroyées à la mairie.

Rabagny se fait brusquer

Mais le pire dans cette histoire d’un amateurisme confondant, c’est le petit coup vicieux que Nicolas Brusque, que l’on a connu autrement plus adroit sur un terrain, s’est permis d’adresser dans Sud Ouest et France 3, à Robert Rabagny qui, selon lui,  serait derrière « tout cela ».

Non seulement le BO s’est montré d’une inélégance totale avec son meilleur ambassadeur, n’organisant même pas un hommage à celui qui a porté si haut les couleurs du club pendant vingt ans, non seulement il ne l’a pas associé à la conception de la nouvelle mascotte alors que Serge Blanco, en personne, lui avait toujours promis, mais en plus, quand on connait l’homme, son amour immodéré pour son club et sa Ville, l’accuser de tramer quoi que ce soit contre son club est d’une indignité totale. Qui peut sérieusement imaginer Géronimo prendre son téléphone pour appeler le Stade Brestois?

Robert Rabagny, ulcéré par ce qu’il a entendu, n’exclut d’ailleurs pas de porter plainte contre Nicolas Brusque pour diffamation, et on peut le comprendre.

Et on finit par se demander si le choix de Koxka comme symbole du club, n’est pas en fait parfaitement judicieux : cette mascotte de grand adolescent boutonneux, tout juste tombé du lit est presque aussi laide dans sa négation des valeurs du rugby que les dirigeants incompétents qui l’ont conçue.

Koxkoi bis

Pour défendre Géronimo, la mobilisation des réseaux sociaux a été impressionnante.

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