Par Toutatis, Astérix vit à Biarritz!

Revdem 02

Antoine Doury, qui pose pour une fois sans son casque, son épée et son chien Idéfix, veut réussir à réveiller la démocratie avec son site Internet, même s’il a remarqué que « les politiques se remettent très peu en question ».

Antoine Doury est tombé tout petit dans la marmite de la politique, ce qui n’est guère étonnant quand on vit dans une maison où le chef de famille est à la fois maire de son village et conseiller général. « Mon père était sans étiquette, c’est à dire plutôt à droite « , s’amuse le fils qui s’est lancé à son tour en politique, peu après le décès de son père.  Et il faut croire que la potion magique concoctée par sa famille, originaire de la Vienne, était bonne pour cet Astérix, malin et virevoltant, installé à Biarritz depuis 2004! Un Astérix qui a trouvé son Obélix, en 2014, en la personne du colosse Richard Tardits, l’ancien joueur professionnel de football américain, au moment des élections municipales. Antoine, qui avait envisagé un moment d’être lui-même candidat pour se hisser sur le grand pavois, devient directeur de campagne de Richard Tardits et démontre toutes ses qualités et sa finesse politique. Ce qui n’est guère étonnant quand on ausculte son bagage universitaire. Un an à Saint-Cyr, des études de droit à Poitiers, une école de commerce à Paris, puis un séjour de deux ans en Angleterre, avant de créer une société de chasseurs de têtes spécialisée dans le domaine médical.

Une réussite incontestable, mais toujours le souvenir de cette marmite politique qui le fascinait tellement quand il était enfant! « J’avais envie de faire quelque chose et je n’ai peur de rien », répète notre Astérix biarrot, muni de sa souris d’ordinateur et de sa gourde de potion magique. Il ne supporte pas cette montée des extrêmes et les « Tous pourris! » de citoyens qui se contentent de répéter ce que dit la barde d’extrême-droite, Marine FausseAssurancetourix.

« Avec ce site Internet, je veux changer la façon de vivre et de faire de la politique, sourit le presque quadragénaire.  Quand tu es un citoyen lambda, ce n’est pas avec les pages facebook ou les messages twitter des candidats, que tu peux comprendre les enjeux actuels. Le nom de RevDem (Réveiller la Démocratie) est sans doute un peu subversif, mais il correspond exactement à ce que je souhaite faire« .

RevdemNon seulement, Antoine Doury a l’intention de regrouper sur son site tous les élus du pays (« Ils sont 360.000 et occupent environ 900.000 postes, cherchez l’erreur!« ), mais son idée fixe est de les solliciter sur des sujets d’actualité comme la déchéance de nationalité. Tout en mettant gratuitement des fiches pratiques comme le décryptage de la loi Macron,  ou l’évolution de la parité en politique, à disposition de tous.

« Je suis le site anti Twitter, précise le jeune père de famille, qui vit avec Falbala-Mathilde. Je souhaite que les politiques prennent le temps d’expliquer leurs points de vue, au lieu de se contenter de messages de 140 signes. Et je suis persuadé que pour les passionnés de vie publique, retrouver dans un site spécialisé les point de vue de tous, au lieu de partir à la chasse des pages personnelles de chaque candidat, présente un intérêt réel« .

Antoine annonce qu’il a investi 30.000 € dans ce projet et qu’il ne laissera jamais la publicité envahir ses pages. Alors que le site s’étoffe chaque jour, et qu’il est agréablement surpris par le nombre de visiteurs, il pense déjà pour 2017 à une version Premium, où les politiques disposeraient d’outils performants pour mettre en ligne leurs points de vue, tandis que l’accès resterait gratuit pour les lecteurs passionnés de vie publique.

Tout en étant parfaitement conscient que, dans un pays qui compte 36.000 communes peuplées d’irréductibles Gaulois, regrouper tout le monde autour du même banquet RevDem, ne se fera pas du jour au lendemain. Si déjà, on arrive à bâillonner la barde bretonne, ce sera un premier pas…

http://www.revdem.com : Ne ratez pas la visite du site. Le distributeur de cervoise tiède n’est pas encore installé, mais ça ne saurait tarder! Acteurs de la vie locale ou nationale, élus d’aujourd’hui et de demain, profitez de ce site pour  mieux vous faire connaître, défendre vos idées, évoquer vos initiatives. Lecteurs, faites passer le mot à vos élus!

Astérix-Doury est un garçon charmant. N’hésitez pas à le joindre pour toute demande d’information ou suggestion sur le fonctionnement de la plateforme. antoine.doury@me.com ou 06 43 35 48 86 

Un Canard bien chipoteur

Un Canard bien chipoteurSurtout ne plus oublier, le mercredi matin, de boucler ma ceinture de sécurité avant d’entamer la lecture du Canard enchaîné, car je vais finir par tomber de ma chaise! Le coup de communication de François Hollande, achetant pour deux milliards d’euros la future baisse des chiffres du chômage? À peine évoqué! Les 62 personnes les plus riches au monde, qui possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres? Mais ce n’est pas un sujet pour le palmipède! Qui préfère concentrer ses tirs sur… Jérôme Kerviel et défendre, oui, vous avez bien lu, la Société générale, dans son numéro daté du 20 janvier.

Décidément Le Canard évolue très curieusement, ces derniers temps. Après l’attaque en piqué contre Médiapart, qui osait réclamer la même TVA que la presse écrite, après le dézingage en règle de Claire Thiboult, la comptable de l’affaire Bettencourt qui affirmait qu’Éric Woerth avait touché des enveloppes remplies d’argent liquide, voilà donc que l’hebdomadaire qui est encore perçu comme le défenseur des faibles contre les puissants, a décidé de faire voler en éclats la défense du trader fou Jérôme Kerviel.

Hervé Martin, l’auteur du papier intitulé « La Générale n’était pas au parfum » , laisse parler, en tête de la page 8, son amour pour les petites banques méritantes, en contorsionnant allègrement les faits.

Une magistrate et une commandante de police chargées de l’enquête viennent d’exprimer leurs doutes, ce qui est tout de même assez inhabituel, mais ça ne mérite pas la moindre considération pour celui qui ne veut voir qu’une tête, celle de Daniel Bouton, le PDG de l’époque de La Générale.

Suivons donc le raisonnement pour le moins surprenant de l’auteur : la « confession » de Chantal Leiris, la procureure adjointe qui avait participé au classement de l’affaire, affirmant : »La Société générale savait. C’est évident« , n’a selon lui aucune valeur, car arrachée « pas vraiment à la loyale« . (L’auteur ne doit pas être au courant du verdict rendu par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans l’affaire des écoutes clandestines du majordome de Liliane Bettencourt!) De même, les propos de Nathalie Le Roy, la commandante de police de la brigade financière qui a contribué à envoyer Kerviel en prison, qui a expliqué ses remords et le sentiment de s’être faite manipuler par la banque ne peuvent être pris au sérieux, puisque le juge Roger Le Loire avait conclu que ses assertions étaient fausses! La Justice qui protège la Justice, ça ne s’est jamais vu!

Et l’auteur évite bien de parler de tous les témoins extérieurs à la banque, qui confirment les propos de Kerviel, avant de laisser tomber son point de vue d’omniscient : «  C’est sur cet émouvant scénario que fonctionnent les témoignages accusateurs habilement relayés par l’avocat de Kerviel, qui sait parler aux médias »

Hervé Martin, lui, en bon attaché de presse, sait parler à l’oreille des banques. Mais que c’est triste de voir un hebdomadaire qui défendait autrefois Robin des Bois et qui devient maintenant le chantre du shérif de Nottingham!

Une justice un pneu gonflée!

Goodyear 2Grande première sous la Ve République! Les salariés sont désormais priés de crever la gueule fermée et en silence, afin de ne pas froisser les délicates oreilles patronales, si l’on se fie au tribunal d’Amiens, qui vient de condamner huit ex-salariés de Goodyear à neuf mois de prison ferme pour avoir séquestré pendant trente heures, sans la moindre violence, le directeur des ressources humaines et le responsable de production de l’usine Amiens-nord. Pas de chemise arrachée comme à Air France, pas de coups portés, des plaintes déposées puis retirées dans un souci d’apaisement, mais un procureur qui refuse de prendre en compte la violence d’un patron-voyou envoyant au chômage, sans le moindre état d’âme, 1143 salariés.

goodyear cares

Des « séquestrés » qui semblent particulièrement malmenés, comme en témoignent les images de l’époque.

Décidément la gauche socialiste, quand elle se retrouve au pouvoir, ose ce que la droite la plus réactionnaire ne se permettrait même pas en rêve! Et qu’on ne vienne pas nous parler d’indépendance de la Justice! Depuis 1958, elle n’a jamais pris une décision sensible sans en référer à son ministère de tutelle, qu’il soit de droite ou de gauche. Ce verdict n’a donc pas été une surprise ni pour Hollande ni pour Valls. Ah, je l’imagine d’ici le petit matamore catalan, qui est tellement au goût du patronat, décider qu’il ne va plus se laisser emmerder par la CGT.  Pas de chance, ce jugement est tellement énorme, tellement scandaleux, qu’il pourrait bien se retourner contre ses instigateurs. Déjà l’édifice gouvernemental craquèle. Pascale Boistard, la secrétaire d’état aux Droits de la femme, a immédiatement réagi sur Twitter : «Au-delà des fonctions et responsabilités, devant une si lourde condamnation, je ne peux qu’exprimer mon émotion fraternelle», tandis que le député socialiste Yann Galut précise : «J’aimerais la même sévérité à l’égard des patrons voyous« .

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a tout à fait raison de voir dans ce jugement une « déclaration de guerre » et « une décision scandaleuse et injuste« . Le leader communiste, Pierre Laurent, dénonce « une criminalisation scandaleuse de l’action syndicale »  et Jean-Luc Mélenchon, ironique, twitte un retentissant « Merci Taubira ».

Étonnez-vous après cela, si ça pète très fort un de ces jours!

Les guygnolos de la mayrye de Parys

Guignolo 01C’est un peu comme sy des bons copayns organysayent pour mes obsèques une cérémonye relygyeuse à l’églyse Saynte-Eugénye, avec une homélye de Monseygneur Ayllet, suyvye d’un dyscours de Mychel Veunac, soulagé au plus haut poynt de me savoyr dysparu et me trouvant soudayn paré de toutes les qualytés… Ou comme sy Alayn Kryvyne se déplaçayt pour fayre l’orayson funèbre d’Alexandre de La Cerda! Le dessynateur Syné, pourtant party fâché de Charlye hebdo en 2008, a vrayment rayson de pousser un coup de gueule et de demander « d’arrêter la boucherye ».

Et l’on aymerayt byen connaître les deux ou troys garçons bouchers munycypaux quy ont eu la flamboyante ydée de cette lytanye ynsupportable d’hommages à des dessynateurs dont le fonds de commerce étayt la contestatyon de la socyété et la dénoncyatyon de la bêtyse, qu’elle soyt polytyque, relygyeuse ou mylytayre.

Guignolo 03

Après la bourde de ses servyces munycypaux, Anne Hydalgo a toutes les raisons de vouloyr se cacher derryère Françoys Hollande.

Passons sur le Y rajouté malencontreusement au nom de Wolynsky sur la plaque commémoratyve ynaugurée par Françoys Hollande et la mayre de Parys, Anne Hydalgo. Ce massacre orthographyque aurayt sans doute byen fayt ryre nos copayns dessynateurs, quy y aurayent vu l’œuvre des petyts mynets parfumés, n’ayant jamays ouvert un journal contestatayre de leur vye, quy se pressent autour de la nouvelle patronne de Parys.

… Mays alors, la légyon d’honneur, les chœurs de l’armée et le récytal de Johnny Hallyday, c’est peut-être pousser le bouchon de la récupératyon un peu loyn! Cabu, pour ne parler que de celuy que je connayssays le myeux, détestayt les hommes quy ont besoyn d’une boutonnyère colorée au revers de leurs vestes pour Guignolo 02exyster. Quant à l’armée, pour avoyr suby la bêtyse adjudantesque pendant la guerre d’Algérye, yl la vomyssayt. En ce quy concerne notre Jojo natyonal, avec son QY de bygorneau, yl est clayr que toute l’équype de Charlye nourryssayt un méprys yncommensurable à l’égard de celuy « quy chante comme une seryngue », selon les mots de Syné. Et comble de bonheur pour les vyctymes de Charlye, c’est un journal qu’yls adorent, Ycy Parys (31/12) quy leur porte le coup de grâce  en affyrmant,  » C’est un choyx très judycyeux de la part de la mayrye de Parys que de fayre appel à l’ydole des jeunes pour cette cérémonye !« 

Mays vous n’allez pas byentôt leur foutre la payx et cesser de vouloyr normalyser à tout pryx cette bande de merveylleux gamyns quy s’efforçayent de refayre le monde avec des crayons!

Monsyeur Courtelyne, yntendant général de la mayrie de Parys, tyent à fayre savoyr à l’ensemble de la presse, que le stock de i est épuysé et que, faute de crédyts, il ne sera pas renouvelé avant 2017.

La sublime complexité de l’être humain

Rousselet À mi-parcoursQui vous a dit que le grand âge, consiste à décompter ses douleurs et se confire dans le passé? Avec cet humour qui le caractérise si bien, André Rousselet, 93 ans aux prunes, a proposé aux deux spécialistes de la télévision que sont Marie-Ève Chamard et Philippe Kieffer, qui l’ont rencontré pendant douze ans (!), d’intituler sa biographie « À mi-parcours« , ce qui témoigne d’une ambition fort louable. Et avec cet intime de Mitterrand, l’apanage de l’âge, c’est de garder l’esprit vif, de cultiver un sens de l’autodérision exceptionnel, de pouvoir raconter en toute liberté. et de flinguer sans remords mais avec humour ceux qui se sont mis sur son chemin.

Jamais a priori, François Mitterrand et André Rousselet n’auraient dû se rencontrer.  Élève médiocre, issu d’une famille aimante mais austère – papa Rousselet est juge! -, c’est un peu par hasard que le jeune André devient sous-préfet. Pour tromper son ennui, il passe ses nuits au casino le plus proche ou à courtiser les grandes bourgeoises désœuvrées qu’il côtoie. Nommé en Guadeloupe en 1949, il va se faire remarquer en dénonçant les fraudes électorales d’un élu local, Maurice Satineau, et se faire sévèrement remonter les bretelles par le pouvoir en place qui aurait souhaité qu’il ferme les yeux. C’est comme cela que le jeune ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, qui a entendu parler de l’affaire et qui déteste Satineau, lui propose sans le connaître de devenir son directeur de cabinet adjoint. Ces deux-là ne savent pas qu’ils en prennent pour plus de quarante ans!

En 1958, avec l’avènement de De Gaulle, Rousselet, sans emploi, entre chez Simca. C’est ainsi qu’il va s’intéresser à une compagnie de taxis, appartenant à cette société, la G7, la racheter et faire fortune. Avant de nouer des liens solides avec Mitterrand, l’année suivante au moment de l’affaire de l’Observatoire. Membre du premier cercle, il est même poussé par Mitterrand à être candidat à la députation à Toulouse et se retrouve élu député de la FGDS de Haute-Garonne le 12 mars 1967. Un candidat désespéré par ce poste et qui sera soulagé d’être battu le 30 juin 1968 : «  Je suis un orateur d’une nullité qui défie l’imagination et menace la carrière des plus grands humoristes(…) Je bafouille chaque fois qu’il y a plus de cinquante personnes devant moi (…) Je commence des phrases qui n’auront jamais de fin. Je me lance dans des démonstrations qui n’arriveront nulle part ». Allez dire du mal, de quelqu’un aussi doué pour se dénigrer lui-même!

La « colle aux doigts » des collecteurs

Jouant au golf chaque semaine avec Tonton, n’aimant guère la politique et étant à l’abri des tentations personnelles par sa fortune, Rousselet va devenir naturellement le grand argentier des campagnes électorales de François Mitterrand. Un grand argentier qui se vante de n’avoir jamais gardé un papier compromettant, mais qui ne cherche pas à cacher les méthodes plus ou moins légales utilisées pour faire cracher au bassinet les entreprises. Avec une image amusante pour évoquer ces collecteurs de fonds qui se multiplient pendant les campagnes électorales. Il y a « ceux qui ont de la colle aux doigts » et tendance à garder une partie de ce qui a été récolté et les autres, comme Joxe ou Bérégovoy, d’une probité indiscutable. Lors de l’élection présidentielle de 1981, c’est donc tout naturellement que François Mitterrand proposera à Rousselet de devenir son directeur de cabinet. Une fonction qu’il n’occupera qu’un an avant de retourner dans le privé, car il s’ennuie à ce poste. Ce qui ne l’empêche pas de nous offrir une magnifique galerie de portraits. De Jacques Attali, « l’intelligence extraordinaire de ce jeune homme et la diversité de ses compétences n’ont rien à envier à la puissante aptitude qu’il manifestera, au fil des années, pour la flatterie« , en passant par Pierre Bérégovoy qui se met à jouer au golf pour tenter de se gagner les bonnes grâces du président, à l’inénarrable Jack Lang : « Quand je pense au nombre de fois où je l’ai entendu se prévaloir d’avoir défendu Canal Plus, je préfère vous dire que je me trouve devant un cas d’amnésie qui pourrait intéresser la science. »  Sans compter les François de Grossouvre, Michel Charasse, Lionel Jospin, Michel Rocard ou autres satellites de la Mitterrandie…

À 62 ans, à l’âge où beaucoup songent à la retraite, André Rousselet lance Canal Plus en ayant le coup de génie de recruter Pierre Lescure et Marc Tessier. La première année, c’est l’hallali contre la chaîne tenue par « l’ami du président ».  Au point que Mitterrand, qui veut que son septennat soit marqué par une démocratisation des médias, décide de confier les clés d’une chaîne concurrente, la cinq, à Silvio Berlusconi, sans jamais lui en parler. Rousselet l’emportera finalement et Canal Plus connaîtra un succès phénoménal, avant qu’Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy, ne décident de faire la peau à ce trop voyant compagnon de route de la gauche. Un compagnon de route qui restera loyal et fidèle à Mitterrand jusqu’au bout, au point de devenir son exécuteur testamentaire et de déplorer, avec son humour habituel,  de ne pas avoir trouvé un ou deux comptes planqués en Suisse, qui auraient bien aidé les deux familles que Tonton laissait derrière lui.

Vingt après, Mazarine Pingeot dans Le Journal du Dimanche (25/12/2015) a d’ailleurs tenu à rendre un hommage appuyé à celui qui a si bien su défendre les secrets de la famille : « André et mon père s’aimaient beaucoup. André est un homme d’affaires, avec plein d’idées novatrices tout le temps, et mon père c’était moins ça… L’entreprise, ce n’était pas vraiment son truc, alors il admirait l’entrepreneur Rousselet, et, inversement, ce dernier admirait le politique. Mon père n’était pas un homme d’argent, un peu nul dans ce domaine-là… Il avait une confiance totale en André. Il l’a désigné comme exécuteur testamentaire, et c’est bien le signe qu’il lui faisait une absolue confiance. Ce en quoi il a eu raison. André a toujours été d’une loyauté totale. »

On l’aura compris, ce gigantesque pavé où se mêlent élégance et coups de griffes, est totalement passionnant et fourmille d’anecdotes qui nous aident à comprendre pourquoi un homme comme François Mitterrand, avec ses pudeurs, ses fidélités et ses détestations,  pouvait susciter tant de sympathie et d’antipathie.

« André Rousselet, À mi-parcours« , par Marie-Ève Chamard et Philippe Kieffer, éditions Kero, 736 pages, 23,90 €.

Le transfert à sensation de 2016

Baignade Anglet 01

Même quand il abandonne son costume d’indien, Géronimo-Rabagny ne peut s’empêcher d’ériger un tipi sur la plage des Sables d’Or.

Ce type est un génie de la fête, qui sème la joie et la bonne humeur partout où il passe. Biarritz-la-snob, a fait de Robert Rabagny un retraité forcé. Qu’à cela ne tienne! Comme notre indien défroqué a besoin de fédérer et d’entraîner, il s’est fort opportunément souvenu qu’il avait pignon sur rue, plage des Sables d’or, en organisant, avec l’aide des commerçants de la chambre d’amour, le bain du 1er janvier pour tous les téméraires, encombrés par les excès alimentaires de la veille.

Baignade Anglet 03

Le beau soleil présent sur la Cöte basque va encore faire des envieux…

Avec Robert, aucun détail n’est laissé au hasard : sono à fond les baffles en bord de plage, tables à même le sable avec chandeliers, seaux à champagne et flûtes, coup de canon et ruban symbolique pour le départ de la baignade. L’ancien maître-nageur a même prévu la participation des sauveteurs au cas où une vague trop forte mettrait en difficulté un nageur. Et comme le soleil avait décidé de faire une escale prolongée sur Anglet, ce sont plus d’une centaine de téméraires qui se sont jetés à l’eau devant les caméras de nombreuses télévisions,  sous les applaudissements d’un bon millier de spectateurs.

Rires, échanges avec des anonymes, retrouvailles : difficile de mieux commencer l’année. Et une question qui revient sans cesse : comment une ville comme Biarritz a pu laisser partir, au mercato d’hiver, un tel talent?

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Baignade Anglet 04