La Marquise adore les têtes coupées

 

Saint Le-onVoilà qui devait arriver avec un gouvernement de gauche qui mène une politique de droite! La Marquise de Vérité finit par devenir révolutionnaire et se réjouit cette semaine de voir la tête du président de l’ACBA rouler dans le panier de son. En attendant, plaisir suprême, qu’on lui remette celle du patron de La Semaine du Pays basque. Comme un millier d’entre vous, vous pouvez recevoir chaque semaine, par mail, les lettres de la marquise, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr.

Le martyr de Saint-Léon Etchegaray

Ma Toute Douce,

La démission de Ché de la présidence de l’Agglo aurait pu ramener la double dose de chips à notre Chipstarrak en d’autres temps ! C’est ce que raconte cet élu d’une municipalité membre de l’agglo dans une conversation au lendemain des aventures du Lehendakari-jaune : « La Chips, au lendemain de son effroyable échec à la mairie de Biarritz en 2014 aurait déjà presque pu être président de l’Agglo, car il en avait été élu conseiller malgré sa défaite. Certains, dont son ami de l’époque Claude Olive, avaient en effet envisagé la possibilité que le Max Brisson avec les voix des UMPistes de l’époque, accède à cette présidence. Mais le J-R étant aussi candidat – et on voulait lui faire plaisir à l’époque – la chose ne s’était pas faite. Et s’il n’avait pas déconné en devenant un pro-EPCI, lui le soi-disant gaulliste, et n’avait pas léché la nouille à Batera du soir au matin, s’il n’avait pas ridiculisé son image aux élections régionales, s’il n’avait pas semé la zizanie chez les Républicains, enfin s’il avait été bon, cette fois on aurait pu lui refiler cette présidence, dans quelques jours, et le pognon qui va avec! » Et une élue importante des Républicains, hilare, de me confier l’autre jour sous les arceaux de Bayonne :« Oui, on lui aurait même dit avec plaisir : Oui, tu seras Président de là… gros ! »

Tout cela, ma toute Douce, est un peu trivial. Mais je dois vous dire que j’en ai bien ri… Avec l’âge, nous devenons cruelles, que voulez-vous ! Toutefois, nous ne faisons pas encore brûler en place de Grève (de la faim…) l’effigie de notre Chips, comme ce pauvre évêque de Bayonne l’autre jour à Saint-Jean-de-Luz ! L’évêque de Bayonne qui a le feu aux fesses, qui l’aurait dit ?

Pour en revenir à notre Chips, le laquais servile d’Ostia qui n’aime pas les pauvres (il ne faut pourtant pas insulter son propre avenir…), j’ai eu quelques nouvelles parisiennes assez insistantes quant à son avenir qui ne font que corroborer ce que ce membre influent d’un cabinet m’a expliqué cette semaine : « Le gros est sous tente à oxygène. Et le robinet est à notre portée. C’est nous qui contrôlons. Et comme nous, on n’aime pas voir souffrir les gens, on pourrait vite mettre fin à ses souffrances ! » Et un autre, encore plus flingueur de rajouter : « Oh, de toute façon, les bouteilles d’oxygène sont vides ! C’est la fin. »

Car figurez-vous, et malgré ce que l’on a pu lui dire lors de son dernier déplacement à Paris, les jours de la Chips semblent plus comptés que jamais en tant que secrétaire départemental des Républicains. Et le nom de son successeur, un jeune et sémillant élu du département, est déjà choisi pour lui succéder. C’est une question de jours dit-on, voire de courtes semaines. Et comme par hasard, notre jolie MAM, qui a fait un score très honorable de 45% des voix face au candidat de Sarkozy (Luc Chatel) à l’élection à la présidence du parlement des Républicains, n’aurait pas mis toutes ses forces pour sauver la Chips et lui laisser continuer à assassiner les bonnes volontés dans le parti. Elle aurait même confié à une de ses connaissances dans un salon de thé luzien l’autre week-end : « Je ne le supporte pas ! Il met des miettes partout dans ma voiture et postillonne sur mes vitres, ce qui oblige mes officiers de sécurité à avoir toujours de l’Ajax Vitres avec eux ! Un peu d’élégance au secrétariat départemental, qui rime avec compétence, ne ferait pas de mal ! » Oui, bientôt, notre gros, poupon aura tout son temps à consacrer à ruiner les pauvres avec son ami Ostia, dont je vous conterai quelques nouvelles aventures savoureuses dès la semaine prochaine…

Pour en revenir à la démission de notre saint Léon Etchegaray, le joli nom qu’on lui donne, depuis que ces vikings de la bande des quatre lui ont coupé la tête – ce qui ne l’empêche pas de continuer à  marcher – , je me suis renseignée, justement, sur la légende du martyr de saint Léon. On en dit ceci : « Selon la légende, Léon a marché plusieurs centaines de mètres tenant sa propre tête dans les mains, et à l’endroit de sa chute a jailli une source, dont l’eau a des vertus bienfaisantes pour les femmes prêtes à accoucher et pour soigner des maladies des yeux. »

Ce qui a épaté notre joli Marco Amestoy, le bondissant directeur de cabinet du Ché :

– Oh illustre illustré de ma jeunesse. Oh cadeau Bonux des Basques des terres les plus reculées, tu as vu ça ? Tu es devenu un saint parmi les saints, même si je ne comprends pas trop le rapport entre toi, les femmes enceintes et les aveugles, Grand Mamamouchi d’un peuple si fier d’être fier…

– Mais c’est simple Mon Marco-voiturage ! « A jailli une source », cela veut dire qu’après que les arriérés m’ont coupé la tête et alors que je marche toujours, jaillit la source pure du grand Pays Basque, dont je serai le plus grand des rois après Eneko Arista. « Vertus bienfaisantes pour les femmes prêtes à accoucher », c’est une parabole. Le Pays des Basques est prêt à accoucher d’une belle EPCI, et grâce à mon sacrifice cela se fera… Et en enfin « soigner des maladies des yeux », veut dire qu’à tous les partisans des arriérés, aveuglés par leur méprisable discours, je redonnerai la vue. Oui, saint Léon Etchegaray a parlé…

De quoi émouvoir le petit Marco – âme sensible – qui est tombé à genoux devant son maître au moment où une sainte auréole éclairait le bureau du maire Bayonne…

Du coup, j’ai su que notre Etché a joué, toute la journée de l’autre jeudi, jour de sa démission, les filles de l’air. Le matin, il avait vu les quatre maires pour mettre au point son communiqué de démission. Ils se mettent donc  d’accord et le communiqué devait être envoyé à midi. Et puis RIEN. Les quatre commencent à s’impatienter, et voilà qu’ils appellent le Ché, puis son directeur de cabinet. Pas de réponse… et messagerie vocale chez les deux compères !

On s’énerve, on s’énerve… Et on téléphone au secrétariat privé du maire à Bayonne. L’assistance, redoutable comme une porte de prison de dire : « Nous ne savons pas où est le maire de Bayonne ! Il a disparu, voilà ! Arrêtez de nous importuner avec vos histoires de communiqué ! Il le signera lundi… si le cœur lui en dit. »

Le ton monte vite et chez la bande des quatre on commente : « Mais c’est quoi ce type ! Il se prend pour le général ! Il est parti en hélico avec Marco à Baden-Baden ou quoi? »

Et là, on a l’idée de téléphoner à un membre des Républicains présent à la mairie de Bayonne : « Alors le Ché a disparu ? On le cherche partout !! » Et de s’entendre répondre : « Disparu !!! Non, il est en train de prendre le thé avec Marco dans son bureau et ils regardent un catalogue de cravates de chez Charvet ». Du coup, la bande des quatre a missionné un envoyé spécial, jouant à cache-cache avec les huissiers de la mairie de Bayonne pour accéder jusqu’au bureau du maire de Bayonne qui l’a accueilli avec ses grand yeux d’enfant innocent et qui lui a dit : « Ah, vous avez essayé de me téléphoner, AH BON ???  Je ne sais pas moi, mon téléphone ne doit pas bien fonctionner. Ah Marco, tu as oublié le tien à Mac-Do ? Pas de chance ! »

Enfin, maintenant, il faut trouver un successeur au Ché. Et s’il est certain que l’élégant maire de Biarritz va assurer l’intérim, on murmure de plus en plus que l’un des adjoints du « Patron » de  la Côte – notre Cher Claude Olive – qui n’est autre que l’ancien et très impressionnant préfet et très Laflaquière pourrait faire le job… De quoi faire sourire le futur Lenhendakari qui en dit la chose suivante : « Lui, c’est une sorte de paire de bottes droites dans ses propres bottes ! »

 Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

 

Hold-up réussi à Charlie

MohicansDenis Robert, vous savez, ce petit journaliste de province, momentanément passé par Libération, et qui avait suscité l’hilarité et la condescendance de la presse parisienne en évoquant une chambre de compensation au Luxembourg, une sorte de lessiveuse à argent sale. Sauf que les journaux dits d’investigation, auraient été bien inspirés en prenant la roue du tenace enquêteur de l’affaire Clearstream et en saluant sa pugnacité, alors que les procès lui tombaient dessus comme orage au printemps, car les faits lui ont donné raison.

Mais que voulez-vous, cet homme, en véritable journaliste, a l’art de naviguer à contre-courant et d’aller chercher les ennuis à plaisir! Denis Robert a une passion que je partage pour Cavanna, ce fils de maçon, qui a inventé et revivifié notre langue, comme pas un académicien ne l’oserait. Et c’est en tournant un documentaire sur l’auteur des « Ritals« , qu’il a découvert avec effarement comment était traité le fondateur historique, avec Choron, de « Charlie hebdo« .

Denis Robert sait qu’il va faire tousser l’intelligentsia, mais avec « Mohicans« , il se lance dans une édifiante enquête, qui nous montre comment Philippe Val et l’avocat du journal Richard Malka ont pris le pouvoir dans ce journal et ont grassement vécu sur la bête, pendant qu’ils étaient aux commandes. Et ce sont les mêmes, toute honte bue, qui ont montré leurs larmes devant les caméras, au moment des attentats, alors qu’ils étaient déjà fort éloignés du journal. Au point que Val, lorsqu’il a proposé de reprendre la direction de Charlie hebdo, après les attentats de janvier, s’est vertement fait éconduire par la rédaction.

Mais revenons à nos deux Mohicans, Cavanna et Bernier, dit professeur Choron, qui vont fonder Hara Kiri, et enthousiasmer une jeunesse qui n’en peut plus du gaullisme et de Pompidou. Dans ce titre foutraque, rien n’est fait dans les règles de l’art. Cavanna rédige, sous des pseudonymes, le journal presque à lui tout seul et le formidable bateleur Choron, ancien de la légion, impulse une équipe de vendeurs à la criée qui fait des miracles. Et l’on est effaré, en replongeant dans les collections de la liberté et de l’audace de cette équipe. « L’époque étant ce qu’elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, l’alcool, la sueur, la liberté sont devenus des marques ».

Rien n’est fait dans les règles, mais tous ceux qui ont participé en gardent un souvenir ému. Les journalistes et les dessinateurs ne sont presque jamais payés, les charges sociales « oubliées », mais dès qu’il y a trois sous, ils sont scrupuleusement partagés entre tous, avant que la question rituelle des soirs de bouclage ne soit posée par Choron : « Alors, ce soir, on baise ou on bouffe? », le grand argentier du journal ayant une nette préférence pour la première solution qui lui coûte beaucoup moins cher que la deuxième, les pisse-copie ayant une sérieuse propension à biberonner sévère.

De procès en censure, Hara-Kiri  va devenir Charlie hebdo, avant de péricliter en 1982. Dix ans plus tard, Philippe Val et Cabu qui se sont connus à La Grosse Bertha proposent de racheter le titre. Cavanna est favorable à l’idée, tandis que Choron ne veut absolument pas en entendre parler. C’est là qu’intervient l’habile avocat Richard Malka, qui va permettre à la société « Kalachnikov » (ça ne s’invente pas!) de relancer le titre. C’est incongru, mais Charlie hebdo a désormais des actionnaires.

Tandis que  l’on interdit à la standardiste de passer à Cavanna les journalistes qui le demandent – tout doit être supervisé par Val!  – le nouveau journal affiche des positions surprenantes, comme le prétendu antisémitisme de Siné. Ce qui ne l’empêche pas de faire fortune au moment de l’affaire des caricatures de Mahomet. Val empoche 300.000 € pour ce simple numéro, tandis que Cavanna végète à 1800 euros par mois. Mais le pillage n’est pas fini. Le grand copain de Carla Bruni et par ricochet de Sarkozy, ce qui lui vaudra de se retrouver à la tête de France Inter, où son autoritarisme laissera de mauvais souvenirs, monte avec la complicité de l’avocat Malka une société civile immobilière pour que Charlie soit plus grandement logé, mais ne se gêne pas pour réclamer un loyer exorbitant. Au total, c’est plus de un million d’euros que Val percevra, lors de ses trois dernières années à Charlie, soit 38737 euros mensuels. Avant de partir exercer ses talents à la radio et de laisser à Charb un journal exsangue financièrement.

Mais pouvait-on attendre autre chose d’un homme qui s’est produit pendant vingt-six ans, comme chansonnier, avec Patrick Font, tout en affirmant qu’il ne le voyait pratiquement plus, contre-vérité évidente qui a scandalisé tous ses amis, quand Patrick Font a connu de graves déboires judiciaires pour s’être intéressé d’un peu près aux jeunes enfants?

Oui décidément, Denis Robert avec ce dernier livre est un briseur de rêves et un emmerdeur. Mais un emmerdeur passionnant comme il en faudrait tant dans le métier de journaliste.

« Mohicans, Connaissez-vous Charlie?« , Denis Robert, éditions Julliard, 306 pages, 19,50 €.

La Marquise en pince pour Che Garay

La Marquise et Che Garay« Bisque, bisque, basque! » qui ne désespère pas de voir un jour la Marquise de Vérité pendre le propriétaire de La Semaine avec les tripes du premier évêque venu, se fait un plaisir de publier ses lettres, si délicieusement inspirées par Jean-Philippe Ségot. D’autant plus que cette semaine, la Marquise tombe en pamoison devant le révolutionnaire bayonnais Che Garay. N’hésitez pas à soutenir une presse libre et impertinente et le noble combat de la marquise de Vérité, en envoyant un mail à herculepoirot@hotmail.fr et vous pourrez recevoir gratuitement et automatiquement sa prose, chaque semaine.

La bande des quatre sort l’arme nucléaire !

Ma Toute Douce,

J’en tremble encore en vous écrivant cette lettre ! Notre joli futur Lendakari, l’élégant maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, vient de démissionner de son poste de Président de l’Agglomération ! Quelle histoire, mais quelle histoire ! Si j’étais bide-au-chaud comme qui vous savez, je vous dirais même « Ostia de ostia de ostia !« 

Figurez-vous que j’avais appris qu’en toute fin de semaine dernière, les maires d’Anglet, de Biarritz, de Bidart et de Boucau, tous vice-présidents de l’Agglomération, avaient décidé de passer à la vitesse très supérieure en expliquant dans un climat pas spécialement des plus tendres – on l’imagine – à notre futur Lehendakari de Jean-René, au cours d’une réunion top secrète, que s’il maintenait sa position de pro-EPCI envers et contre tous, eh bien ils arrivaient au constat TERRIBLE qu’il ne pouvait pas continuer à prétendre présider plus longtemps l’Agglomération toute puissante ! Le compte à rebours semblait bien lancé !

De la pure logique pour eux qui expliquaient alors à quelques proches : « Même si le vote de l’Agglomération n’était que consultatif, on a tout de même voté ! Et le Etché a été mis largement en minorité. A Bayonne, il a réussi à avoir une majorité de voix en faveur de son EPCI, mais à l’Agglo il ne doit pas oublier que c’est nous qui avons la majorité CONTRE l’EPCI et du coup CONTRE LUI !« 

Il faut dire que notre joli Lehendakari expliquait pourtant à son fidèle Marco-pilote ce qu’il retenait comme analyse de ce vote consultatif, il y a quelques semaines de cela : « Tu comprends Mon Marco-co, ils peuvent bien s’agiter, s’énerver, râler, fulminer, ronchonner, ce vote à l’Agglo n’a aucune importance, puisque seules les voix des conseils municipaux compteront. Il y a de la logique dans tout ça ! Puisqu’ils ont voté NON comme des arriérés dans leurs mairies, eux évidemment en tant que conseillers d’Agglo ils votent NON ici aussi. Et alors, je vais te dire mon Marco, ça me fait une belle jambe tout ça ! On verra s’ils vont tenter le putsch contre moi !« 

Et le Marco de commenter : « Oh ! Tu es courageux Oh Mon Splendide Spectre Lumineux de l’Âme de tout un Peuple noble et fier ! Car, vois-tu, s’ils tentent le putsch, tu seras sur le moment peut être une citrouille, mais d’où sortira très vite une superbe Cendrillon !« 

Cette dernière réplique, Ma Chère Thérèse-Marie, laissa un instant notre joli Jean-René quelque peu surpris, même s’il a entendu bien des choses curieuses dans sa vie. Mais nous le savons, nous qui sommes des grands-mères attentives, que le petit Marco garde encore des références liées à l’univers magique des contes de fée, lui qui a cru longtemps et longtemps que le sublime potiron de Bidache pourrait un jour se transformer en un être plein de délicatesse et de subtilité, d’un simple coup de baguette magique par la formule toute aussi magique : « Abracadabra d’ostia de ostia et de la Noiraude réunis ! Sors de ce potiron et devient un génie lunaire et spectaculaire ! » Mais rien n’y fit et notre potiron resta tout confit.
Enfin, tout cela pour vous dire que la crise est devenue bien réelle, même si en avocat au sang aussi froid que l’Adour en période de fonte des neiges, notre Che-Garay, analyse désormais les choses ainsi : « Oui, ils ont durci le ton ! Mais je ne veux pas plier. Je reste droit dans mes bottes comme un Juppé-père ! Ah, si l’on m’a présenté comme un plat de nouilles pendant les municipales, et aussi comme un tout mou, eh bien moi je leur dis que je suis bien plus dur qu’ils ne le pensent. Et je garde intacte mon image de futur lehendakari, être de courage et de sacrifice !« 

Et le petit Marco quelque peu choqué de ce séisme – et qui probablement ne sera plus directeur de cabinet de son maire préféré à l’Agglo en solidarité avec son maître – vit alors son maître, en ce sinistre jeudi soir, revêtir son costume de torero et déclarer l’épée en main, et son communiqué de démission dans l’autre : « En résumé. Ils ont voulu me faire chier ! Mais ils vont voir que les beignes, moi aussi, je sais en distribuer et des sévères ! »

Un avis partagé par la Coco-au-JR, alias Colette Capdevielle, qui avec sa copine la redoutable Fredoche Espagnac, sont des partisantes inconditionnelles de l’EPCI. Au point que Colette expliquait avec force depuis quelques jours à tous ses visiteurs la chose suivante : « Cette affaire de l’EPCI, cette cabale contre le Ché-Garay, me rapproche de lui. Car, tous les deux, nous avons un point commun. Nous sommes des anciens avocats qui ne sont jamais aussi bons que quand le procureur fait un réquisitoire impitoyable. Au lieu de nous mettre par terre, nous démultiplions nos forces et notre talent. L’épreuve nous rend EXCEPTIONNELS. Le Etché ne cédera sur rien, RIEN. Pas le genre à mettre un genou à terre. Et moi, ce maire de Bayonne, je commence à le trouver vraiment bon aussi bien à Bayonne, que demain bon à la tête de l’EPCI ! Vous allez voir, son image grandira bien au-delà de la droite et du centre. Il sera aussi une sorte de saint laïque d’une partie de la gauche ! »

Du côté de la bande des quatre, on n’analyse pas la chose de la même façon, vous, l’imaginez bien :  » Il fallait que le J-R soit cohérent. Son EPCI, c’est la mort programmée de notre Agglo à nous au 31 décembre de cette année. Du moins si les communes votent OUI dans quelques semaines, ce qui n’est pas gagné pour le Ché. Car de plus en plus d’élus comprennent que nous allons être tous baisés dans cette affaire, surtout en matière de fiscalité. Donc il était logique qu’il en tire les conclusions et qu’il se casse de l’Agglo ! De toute façon, au moment de voter le budget, on pouvait le niquer et on l’aurait fait ! C’est tout !« 

Du coup, au plus haut sommet de l’Etat, on se dit ceci : « Nous avons mis depuis des semaines en place une vraie cellule de soutien psychologique au maire de Bayonne. On a étudié toutes les hypothèses, y compris celles des pires trahisons de certains des élus. A l’Agglo, comme à la Mairie. Pour oser le dégager de la mairie, il faudrait que se noue une redoutable alliance entre conseillers de la majorité favorable au non et l’opposition pour arriver à le dézinguer ! Cela paraît impossible à mettre en place. Le tout, après cette affaire, c’est qu’il tienne comme le roseau sous la tempête et se replie à la manœuvre sur sa présidence du Conseil des Élus.« 

L’affaire est donc sérieuse et la bande des quatre a mis toutes ses forces dans ce combat. C’est le maire de Biarritz en personne qui a pris le porte-parolat de l’affaire et ce garçon si bien élevé et si redoutable dans l’expression orale semble pouvoir ramener des puissantes personnalités à leur cause. Et du coup, toujours dans les plus hauts sommets, on redoute maintenant que certains élus et conseils qui avaient voté pour le oui, puissent changer d’avis devant les arguments du quatuor : « On sent bien que ça bouge chez certains. Notamment un élu comme Paul Baudry, le maire de Bassu et président d’Errobi, pourrait basculer vers les partisans du non. Et s’il entraine le maire de Cambo et quelques autres, alors ça peut être la CATASTROPHE !« 

Voilà donc où nous en sommes, ma Douce Amie, dans ce dossier qui devrait connaître bien d’autres rebondissements dans les semaines à venir. Il faudra notamment élire le nouveau président de l’Agglo. On parle aussi bien de Michel Veunac que du « Patron » de la Côte, l’excellent Claude Olive, pour lui succéder. Et les partisans du NON, membres de la bande des quatre, disent d’un ton ironique : « Même s’il arrive à obtenir le OUI, qu’il se méfie de ce qui va se passer par la suite ! Qu’est-ce qui dit qu’il sera élu Lehendakari une fois le machin en marche ? N’oublions pas que ce sont les Basques de l’intérieur qui auront la majorité absolue des voix. Et ils mettront l’un des leurs à la présidence, vous verrez !« 

Voilà ce que je peux écrire de cette terrible affaire qui me donne bien des insomnies, moi qui suis une vieille aristocrate qui craint plus que tout les révoltes qui se transforment, souvent en Révolution !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de vérité

Triple bonheur

France Irlande 03

Que ce soit chez les seniors, les moins de vingt ans, ou les féminines, comme sur cette photo où Gaëlle Mignot s’apprête à marquer en force, les Tricolores ont tout raflé ce week-end face aux équipes irlandaises… Et en plus, en nous offrant un rugby, imparfait certes, mais tellement plus ambitieux que celui proposé sous l’ère Saint-André.

Si le cerveau de l’ouvreur irlandais Jonathan Sexton ressemble désormais à une pierre ponce, à force de multiplier les commotions, il ne l’empêche pas de mettre encore au point quelques coups de vice, si caractéristiques du rugby. Appliqués mais fort peu dominateurs, les jeunes tricolores de Guy Novès, statistique incroyable, ne pénètrent dans les 22 mètres adverses qu’à la 55e minute. Il faut dire que le XV tricolore connait depuis peu un sérieux coup de mieux avec les rentrées de Ben Arous et Slimani, justement vexés de ne pas être présents au coup d’envoi, et celle du vibrionnant Maxime Machenaud, demi de mêlée à la malice niveau bac, quand Bézy végète encore en classe primaire.

S’ensuivent sous les poteaux irlandais trois mêlées où les Tricolores concassent et malaxent à l’envi le pack irlandais. Et c’est à ce moment-là que le rusé Sexton, qui a vu que son coach s’apprête à le remplacer, reste au sol sur un contact anodin, alors que l’arbitre vient de siffler une nouvelle mêlée en faveur des Bleus. Normalement, le jeu aurait dû continuer à se dérouler, et le neurologue de Sexton  ne pas s’inquiéter, mais l’arbitre sud africain Peyper, qui a lui aussi entendu parler du cerveau troué aux mites de Sexton, arrête le chronomètre, permettant au paquet d’avants verts de se refaire une santé. Heureusement, alors que les vieilles mules au maillot décorés d’un trèfle ahanent et s’échinent en vue d’une quatrième séquence de laminage, ce coquin de Machenaud ouvrira très vite, permettant à Maxime Médard d’atterrir en terre promise. 10-9, score final, et un petit point d’avance qui suffit largement au bonheur de la jeune troupe bleue, emmenée par un Guirado tonitruant qui a cassé du Vert comme à ses plus beaux jours.

Certes, deux victoires à l’étriqué ne suffisent pas à faire le printemps du rugby français, mais on saura gré à Guy Novès d’avoir insufflé de l’enthousiasme et de l’envie à une équipe qui traînait sa misère sur le terrain sous l’ère Saint-André et d’avoir redonné un peu de moral aux spectateurs et téléspectateurs qui n’osaient même plus dire qu’il étaient Français.

Superbe rugby féminin

Car, pour ceux qui ne ratent jamais un match de la planète ovale diffusé sur petit écran, ce week-end était vraiment enthousiasmant. Après avoir atomisé l’Italie, la semaine précédente, 40 à 3, les moins de vingt ans, sont brillamment venus à bout des Irlandais 34 à 17, dominant outrageusement la deuxième mi-temps. Et, comme c’était décidément le week-end des talonneurs, avec ce temps boueux propre à châtier les téméraires désireux de faire des grandes envolées, on a pu admirer une nouvelle pépite toulousaine, l’ancien trois-quarts centre devenu talonneur, Peato Mauvaka, qui sait décidément tout faire balle en main et qui n’est pas le dernier quand il s’agit de découper de la viande.

Et pour parachever ce week-end de rêve, comment ne pas s’enthousiasmer pour le rugby féminin, pour la générosité, la technique et le bonheur de jouer manifestés par toutes les protagonistes du France-Irlande féminin, largement remporté 18 à 6 par les joueuses de Gaëlle Mignot (encore une capitaine, talonneur!) avec un brio certain.

Surtout que France 4 ne se prive pas de nous diffuser à nouveau du rugby féminin de haut niveau, car le spectacle est superbe!

 

Hollande en pleine déchéance de rationalité…

Eemaniement-du-gouvernement

Je n’ai pas confiance en toi, et toi non plus, donc rien ne s’oppose à ce que nous continuions la comédie…

Remercions vivement François Hollande et Manuel Valls d’avoir douché l’enthousiasme des Français, au cas improbable où il existerait encore un ou deux de nos concitoyens s’imaginant qu’un remaniement ministériel puisse servir à améliorer l’équipe dirigeante du pays et à mieux gouverner la France. Voilà un homme, élu en 2012 sur sa bonhommie, sa capacité fort momentanée à l’amaigrissement et sa placidité, ce qui nous changeait agréablement du petit nerveux qui l’avait précédé, et qui -propos incroyable!- demandait à être jugé sur les résultats obtenus. Presque quatre ans plus tard,  l’ancien président du conseil général de Corrèze, qui avait annoncé qu’il allait créer 500.000 emplois avec la mesure phare de son quinquennat, le contrat génération, en a tout juste obtenu 40.000, selon le rapport de la Cour des Comptes. Quant à l’inversion de la courbe du chômage, toujours promise mais jamais réalisée, qui devait conditionner sa décision de se représenter en 2017, elle culmine sur les sommets malgré les deux milliards d’euros que Hollande s’apprête à injecter, au cas où un miracle de dernière minute se produirait.

Les Français ont compris depuis fort longtemps que le costume de président est beaucoup trop ample pour le fugueur en scooter et que n’est pas Mitterrand qui veut. Mais, se croyant toujours à la manœuvre rue de Solférino, Hollande clame son mépris de la France et bâtit un gouvernement « spécial présidentielles de 2017« , qui inévitablement va lui péter à la gueule. Revue de détail de toutes les absurdités et de toutes les déchéances de rationalité contenues dans cette nouvelle équipe ministérielle.

Elle a bon dos la parité!

C’est un homme qui écrit cela, mais je ne supporte plus cette prétendue parité en politique qui n’existe pas dans la réalité. « 19 hommes et 19 femmes, car le président tenait à la parité » ont ronronné en boucle les radios et les télés. Mais qui occupe les ministères régaliens de la Justice, de l’Intérieur et de l’Armée? Des hommes bien sûr!

Et qui se retrouve avec des secrétariats d’État aux titres aussi improbables que chargée de la Biodiversité (Barbara Pompili), chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (Ségolène Neuville), chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie (Pascale Boistard) ou de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage  (Clotilde Valter)? Des femmes, bien sûr! Alors, qu’on arrête un peu avec la parité, tant que l’on n’aura pas, sans que cela ne suscite le moindre commentaire ni le moindre étonnement, des femmes aux plus hautes responsabilités de l’État et à la présidence de la République.

Des écolos lamentables… comme d’habitude!

Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili, Jean-Baptiste Placé : tous attendaient le grand jour où ils allaient enfin pouvoir bénéficier de la voiture de fonction et de la sirène à deux tons. Ah, ça, ils vont le payer cher leur moment de griserie, avec toutes les couleuvres que Valls va leur faire avaler! On a déjà vécu le film avec Cécile Duflot, plutôt mordante et sympathique à ses débuts et totalement dépassée, lorsqu’elle s’est retrouvée au cœur de l’appareil d’État. Hollande qui redoute de voir surgir une candidature Nicolas Hulot qui lui compliquerait sérieusement la réélection, pense avoir bien joué en s’assurant le soutien des Verts. Mais il devrait savoir que chez les écolos ou prétendus tels – car lequel d’entre eux se préoccupe encore d’écologie? – il y a autant de courants et de micro-partis que d’individus. Même manœuvre, en conviant à la table gouvernementale le vieux cheval de retour Jean-Michel Baylet et son lilliputien Parti radical de Gauche, dont les assemblées générales tiennent dans une cabine téléphonique. Encore une fois, on est dans un calcul à courte vue, où les intérêts de notre pays seront malmenés par les exigences de petits marquis qui ont démontré depuis fort longtemps leur inexistence politique.

Valls-Ayrault : bonjour l’ambiance!

Même perversité dans le traitement réservé à Jean-Marc Ayrault. Premier ministre appliqué et loyal, il a payé pour l’indécision chronique de son président et a été injustement écarté par le jeune arriviste Valls, qui était sous ses ordres et bien décidé à lui faire la peau. Et, comme toujours, Hollande avait flanché malgré les mises en garde de Valérie Trierweiler, qui lui avait dit : « Si tu files les clés à Valls, tôt ou tard il partira avec le camion« . Ce n’est que justice de voir Jean-Marc Ayrault, homme sincère et convaincu, revenir au gouvernement, à un moment où ses liens privilégiés avec Angela Merkel seront plus que précieux. Mais, vous tous qui subissez des injustices dans le cadre de votre travail, essayez d’imaginer ce qui se passerait si votre actuel patron se retrouvait sous vos ordres. Couinements, grincements de dents et cacophonies, sont à prévoir, mais Hollande n’en a cure : il veut être réélu en 2017 et le reste l’indiffère.

Un « traître » plus facile à surveiller

Valls peut se féliciter de la mollesse de Hollande. Mis en garde par ses amis, sur une trahison de plus en plus évidente de son Premier Sinistre,  comme Coluche qualifiait le chef du gouvernement, le capitaine de pédalo n’a pas osé trancher. Ou s’est dit que Valls serait plus facile à contrôler à Matignon qu’à l’extérieur du périmètre gouvernemental. Valls ne manque pas de culture politique et sait très bien que, si Hollande est réélu en 2017, il est fort probable que les Français choisiront un homme de droite en 2022. Ce qui ne satisferait guère ses rêves élyséens. En droitisant exagérément ses positions, ce qui ne lui est pas trop difficile, vous en conviendrez, Valls fait coup double. Il s’attire des sympathies chez les électeurs de droite qui pourraient s’avérer fort utiles si Juppé était élu en 2017 et tenait sa promesse de ne faire qu’un mandat, et coupe le président de son électorat naturel… Qu’il sera toujours temps de regagner, quand la présidentielle sera venue. On peut accuser Hollande d’être dépassé par sa fonction, mais tout le monde conviendra qu’il sait faire de la politique et qu’il se montre sans doute fort habile en faisant semblant de faire confiance au petit matamore catalan.

Voilà donc le gouvernement improbable que François Hollande est venu défendre devant les caméras de TF1 et FR2. Un gouvernement qui ne peut pas être efficace et fonctionner et qui n’est qu’une machine de guerre destinée à servir les intérêts personnels du futur candidat. Difficile d’afficher plus beau mépris de la France et des Français qu’avec cette nouvelle équipe, bancale et dénuée de toute homogénéité!

Petit maire, grosses ficelles

Ficelles

C’est un argument imparable : la baisse de la fréquentation touristique obligerait la Ville à augmenter les impôts pour relancer la machine à cash. Mais la hausse inégalée de l’activité touristique que nous connaissons actuellement, incite la Ville à aller puiser dans le porte-monnaie des Biarrots pour « rester à la hauteur ». Logique, non?

Oui, décidément, il y a du Édouard Balladur chez cet homme-là! Les Chiraquiens, qui n’avaient aucune illusion sur « l’ami de trente ans » de leur leader, le surnommaient « l’étrangleur ottoman« , pour sa capacité à se montrer toujours affable par devant et à vous passer un lacet autour du cou, si vous aviez le malheur de lui tourner le dos. C’est à un grand numéro d’enfumage que s’est livré, hier soir, Michel Veunac, notre étrangleur biarrot, qui a promené son monde, lors de ce conseil municipal du 10 février, sans jamais se départir de son exquise urbanité, tandis qu’une bonne partie des participants semblait soudain frappée d’amnésie collective.

Passons d’abord sur les détestables manœuvres que l’on croyait disparues à jamais, en même temps que Didier Borotra. Quand on est un élu retraité et qu’on se souvient de ce qu’est le monde du travail, on se doit de faciliter la vie des élus qui travaillent encore. Initialement prévu le 28 janvier, le débat d’orientation budgétaire a été reporté au 4 février puis au 10. Maïder Arostéguy, absente ainsi que Max Brisson, a tout à fait raison de déplorer sur sa page Facebook, ce non respect de la démocratie, en rappelant que la ville d’Anglet, tout comme le conseil départemental réussissent parfaitement à programmer les rendez-vous d’élus plusieurs mois à l’avance.  Mais, comme aurait dit Coluche, « il est pas jeune, le dernier qui a vu travailler Veunac » et l’on mettra donc ces errances de calendrier sur sa méconnaissance profonde des contraintes du monde du travail.

Le lyrisme du grand timonier

Et revenons maintenant à ce qui a constitué le cœur du débat d’hier, à savoir une hausse de la fiscalité locale, aussi prévisible que les vagues de submersion au moment des grandes marées. Comme à chaque conseil, Michel Veunac a tapé, à mots mouchetés, sur le vilain Didier Borotra, responsable de tous les malheurs actuels : « Il n’est pas facile de supporter des choix d’hier dans le contexte d’aujourd’hui« . (À se demander qui sont les idiots d’adjoints qui ont laissé ainsi agir le précédent maire!) Puis le grand timonier de Biarritz est parti dans une envolée lyrique : « Nous ne devons pas stopper la marche en avant que nous avons entreprise« , avant de lâcher en plein conseil une de ses exquises flatulences dont il a le secret, tout en se tournant tout sourire vers son adjoint Guy Lafite, pour faire croire que c’est lui le coupable : « Pour moi, la question de la fiscalité n’est pas taboue. Si nous devions avoir recours à de la fiscalité elle serait d’un niveau très faible« . On dit toujours ça… avant!

Amnésie collective

Le témoin, venu assister à ce conseil, se régale à l’avance du débat qui va suivre, mais étrangement l’assemblée semble frappée d’amnésie collective et ne plus se souvenir des propos tenus en ce même lieu, un an plus tôt. Frédéric Domège concentre ses tirs sur le gouvernement socialiste, grand pourvoyeur d’impôts, et déplore qu’on « étrangle encore un peu plus le contribuable biarrot déjà pénalisé par la hausse des parkings et de la cantine scolaire« . (Conseil : même pour rire, ne déposez pas discrètement dans la poche de la veste de Frédéric une carte du PS, il serait capable de faire un malaise à sa vue).

Jean-Benoît Saint-Cricq note pour sa part une volonté de prudence qu’il apprécie après les fastes à crédit de Borotra : « Je note que vous y allez sur la pédale douce. je suis plutôt satisfait de ce que je vois.  » Richard Tardits, mal remis du décalage horaire après avoir couvert le Superbowl, va évoquer un « gouvernement fédéral » au lieu de national et demander à Michel Veunac d’agir en chef d’entreprise et de « trouver des moyens pour augmenter nos revenus ». (Veunac a déjà trouvé le moyen d’augmenter ses revenus, ce qui est un bon début).

François Amigorena se prononcera lui aussi contre toute hausse de la fiscalité, tandis que le jeune Chazouillères, habitué à mettre des fers au feu partout pour assurer le grand destin politique qu’il s’imagine l’attendre, opte pour un fort peu courageux « Oui, mais« .

Répétitive flagornerie

Vient ensuite le bal de ceux à qui les hausses d’impôt ne font pas peur comme Jocelyne Castaignède, Guillaume Barucq ou Régine Daguerre, qui estiment que dans leurs domaines respectifs, la culture, l’environnement ou le social, une baisse de 2% de leur budget est impensable.

Et puis, comme il faut des courtisans dans toute assemblée, Peio Claverie, qui va finir par se faire un tour de reins à forces de génuflexions, ouvre le bal : » Ce n’est pas de la flagornerie, Monsieur le maire, (Mais si, mais si…) mais je voudrais vous féliciter que vous donniez la parole à chacun (…) Personne n’a envie de jouer avec la fiscalité. La fiscalité, ce n’est pas un jeu. » Avant de conclure, pour justifier la probable hausse d’impôts : « Les Biarrots nous reprocheraient de ne pas tenir nos promesses. J’ai envie que Biarritz continue à être un phare ». Peio, que l’on a connu autrement plus mordant et caustique dans l’opposition, semble juste avoir oublié les promesses faites par Michel Veunac, il y a un an. Le grand âge, sans doute.

Le courage de Pinatel et Darrigade

Heureusement, deux femmes, l’une de la majorité, l’autre de l’opposition, ont eu le bon sens de pointer du doigt le sac de nœuds tissé par le maire. Bénédicte Darrigade, tout d’abord, qui estime qu’il ne faut pas, en pleine crise  » envoyer un très mauvais signal aux ménages biarrots »  et surtout Anne Pinatel qui rappellera le grand numéro fait par Veunac, lorsqu’il avait plaidé, en 2015, pour la hausse des taxations sur les résidences secondaires afin que les Biarrots soient à l’abri de toute envolée des impôts locaux : « On avait alors justifié cette hausse en expliquant que ça éviterait que les ménages biarrots subissent une augmentation. On ne peut pas dire le contraire maintenant. »

Anne est vraiment naïve. Il y a longtemps que le vieux cheval de retour Michel Veunac, à l’image d’Édouard Balladur,  est convaincu que, pour survivre en politique, il suffit de dire tout et son contraire et que, plus les ficelles utilisées sont grosses, mieux elles passent.

Paroles de phraseur

Faute d’agir, Michel Veunac adore les phrases ronflantes et le jargon de sociologue, apte à impressionner les foules.

À propos de la fermeture des petits commerces : « Une étude s’impose sur l’évolution de la physionomie de la commercialité dans les zones périphériques« .

Sur les classes moyennes, les plus touchées par les hausses d’impôts : « La moyennisation des classes représente en fait 80% de la population« .

Sur le personnel communal et un budget en hausse de 1,30% : « Il faut prendre en compte le GVT, le glissement Vieillesse Technicité« 

Heureusement que Veunac n’a pas fait l’ENA comme Lafite!

Le journaliste, ce facteur d’intranquillité

Informer n'est pas un délitPetite piqûre de rappel à destination des confrères bien décidés à ronronner tranquilles, sans troubler la sieste des notables qui les entourent :  » Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie « , affirmait Albert Londres en 1929.

Alors que ce propos semble plus que jamais d’actualité, Fabrice Arfi de Mediapart et Paul Moreira de l’agence Premières Lignes, ont eu l’idée de s’adresser à la fine fleur des journalistes d’investigation pour raconter leurs enquêtes les plus sensibles et les obstacles que l’on a sciemment dressés sur leurs routes. Fabrice Lhomme, Gérard Davet, Caroline Monnot, Denis Robert ou Martine Orange, même si certains d’entre eux se détestent cordialement, ont tous accepté de jouer le jeu, conscients que le grand public doit comprendre les enjeux de la liberté de la presse, à l’heure où le droit d’informer est trop souvent attaqué.

Fabrice Arfi, qui a réussi à démontrer les mensonges de Cahuzac, se voit en chien de garde de la démocratie : «  Et un bon chien de garde, il aboie, il réveille les voisins la nuit. Rarement, il se laisse caresser dans le sens du poil« . Tout devrait être fait pour faciliter le travail d’investigation, ce qui est loin d’être le cas : « L’esprit de la démocratie, précisément, consiste à garantir la possibilité de la questionner, de la déranger, de la provoquer même. Dans cet écosystème compliqué, les journalistes ont pour mission d’être des facteurs de grande intranquillité, non pas en ayant le monopole des opinions, mais, au contraire, en considérant que ce sont avant tout les faits, toutes ces petites vérités accumulées, qui font le grand jeu de la conversation publique. » Dans la réalité, des pressions, des menaces, des chantages et un législateur qui n’est pas très cohérent sur la protection des sources du journaliste.

Tous les exemples choisis sont passionnants et le lecteur comprendra vite pourquoi la profession de journaliste est classée dans les dix métiers les plus stressants du monde.

Paul Moreira insiste pour sa part sur le retard de la France en matière de transparence et raconte l’expérience, menée en 2005 par la journaliste de Canal +, Virginie Roëls : «  En France, elle frappa à la porte de plusieurs ministères et demanda à consulter les notes de frais d’un ministre ou d’un maire. Ses demandes incongrues ont été accueillies avec stupéfaction, voire avec un rire des hôtesses d’accueil. On la traita en excentrique, une semi-folle venue encombrer les guichets. On la pria de déguerpir avec une amabilité variable.

Elle tenta la même expérience en Suède, accompagnée d’un professeur de droit spécialiste de l’accès aux documents administratifs. Celui-ci lui proposa d’aller réviser les notes de frais et le salaire de janvier 2005 du ministre de la Justice Thomas Bodstrom, au ministère à Stockholm. Ils furent invités à rejoindre une salle prévue à cet effet, avec des ordinateurs en accès libre. Ils n’eurent même pas à décliner leur identité. Chaque citoyen désirant vérifier la juste utilisation de l’argent public, a le droit de le faire en tout anonymat. ».

Voilà qui laisse rêveur, surtout dans une ville comme Biarritz, où le maire refuse de répondre à des questions aussi simples que le coût des fêtes d’Halloween, tandis que son grand copain Blanco, interrogé sur les subventions versées au B0, vous regarde droit dans les yeux avec un sourire narquois : « On n’est pas là pour vous faciliter la vie« . Estimant ne pas avoir de comptes à rendre, même pour l’argent public versé à son club de cœur.

Seule consolation pour les citoyens qui ont un tempérament de lanceurs d’alerte : les hommes publics qui finissent en prison sont nettement plus nombreux en France qu’en Suède.

« Informer n’est pas un délit« , sous la direction de Fabrice Arfi et Paul Moreira, éditions Calmann-Levy, 240 pages, 17 €.