Petit maire, grosses ficelles

Ficelles

C’est un argument imparable : la baisse de la fréquentation touristique obligerait la Ville à augmenter les impôts pour relancer la machine à cash. Mais la hausse inégalée de l’activité touristique que nous connaissons actuellement, incite la Ville à aller puiser dans le porte-monnaie des Biarrots pour « rester à la hauteur ». Logique, non?

Oui, décidément, il y a du Édouard Balladur chez cet homme-là! Les Chiraquiens, qui n’avaient aucune illusion sur « l’ami de trente ans » de leur leader, le surnommaient « l’étrangleur ottoman« , pour sa capacité à se montrer toujours affable par devant et à vous passer un lacet autour du cou, si vous aviez le malheur de lui tourner le dos. C’est à un grand numéro d’enfumage que s’est livré, hier soir, Michel Veunac, notre étrangleur biarrot, qui a promené son monde, lors de ce conseil municipal du 10 février, sans jamais se départir de son exquise urbanité, tandis qu’une bonne partie des participants semblait soudain frappée d’amnésie collective.

Passons d’abord sur les détestables manœuvres que l’on croyait disparues à jamais, en même temps que Didier Borotra. Quand on est un élu retraité et qu’on se souvient de ce qu’est le monde du travail, on se doit de faciliter la vie des élus qui travaillent encore. Initialement prévu le 28 janvier, le débat d’orientation budgétaire a été reporté au 4 février puis au 10. Maïder Arostéguy, absente ainsi que Max Brisson, a tout à fait raison de déplorer sur sa page Facebook, ce non respect de la démocratie, en rappelant que la ville d’Anglet, tout comme le conseil départemental réussissent parfaitement à programmer les rendez-vous d’élus plusieurs mois à l’avance.  Mais, comme aurait dit Coluche, « il est pas jeune, le dernier qui a vu travailler Veunac » et l’on mettra donc ces errances de calendrier sur sa méconnaissance profonde des contraintes du monde du travail.

Le lyrisme du grand timonier

Et revenons maintenant à ce qui a constitué le cœur du débat d’hier, à savoir une hausse de la fiscalité locale, aussi prévisible que les vagues de submersion au moment des grandes marées. Comme à chaque conseil, Michel Veunac a tapé, à mots mouchetés, sur le vilain Didier Borotra, responsable de tous les malheurs actuels : « Il n’est pas facile de supporter des choix d’hier dans le contexte d’aujourd’hui« . (À se demander qui sont les idiots d’adjoints qui ont laissé ainsi agir le précédent maire!) Puis le grand timonier de Biarritz est parti dans une envolée lyrique : « Nous ne devons pas stopper la marche en avant que nous avons entreprise« , avant de lâcher en plein conseil une de ses exquises flatulences dont il a le secret, tout en se tournant tout sourire vers son adjoint Guy Lafite, pour faire croire que c’est lui le coupable : « Pour moi, la question de la fiscalité n’est pas taboue. Si nous devions avoir recours à de la fiscalité elle serait d’un niveau très faible« . On dit toujours ça… avant!

Amnésie collective

Le témoin, venu assister à ce conseil, se régale à l’avance du débat qui va suivre, mais étrangement l’assemblée semble frappée d’amnésie collective et ne plus se souvenir des propos tenus en ce même lieu, un an plus tôt. Frédéric Domège concentre ses tirs sur le gouvernement socialiste, grand pourvoyeur d’impôts, et déplore qu’on « étrangle encore un peu plus le contribuable biarrot déjà pénalisé par la hausse des parkings et de la cantine scolaire« . (Conseil : même pour rire, ne déposez pas discrètement dans la poche de la veste de Frédéric une carte du PS, il serait capable de faire un malaise à sa vue).

Jean-Benoît Saint-Cricq note pour sa part une volonté de prudence qu’il apprécie après les fastes à crédit de Borotra : « Je note que vous y allez sur la pédale douce. je suis plutôt satisfait de ce que je vois.  » Richard Tardits, mal remis du décalage horaire après avoir couvert le Superbowl, va évoquer un « gouvernement fédéral » au lieu de national et demander à Michel Veunac d’agir en chef d’entreprise et de « trouver des moyens pour augmenter nos revenus ». (Veunac a déjà trouvé le moyen d’augmenter ses revenus, ce qui est un bon début).

François Amigorena se prononcera lui aussi contre toute hausse de la fiscalité, tandis que le jeune Chazouillères, habitué à mettre des fers au feu partout pour assurer le grand destin politique qu’il s’imagine l’attendre, opte pour un fort peu courageux « Oui, mais« .

Répétitive flagornerie

Vient ensuite le bal de ceux à qui les hausses d’impôt ne font pas peur comme Jocelyne Castaignède, Guillaume Barucq ou Régine Daguerre, qui estiment que dans leurs domaines respectifs, la culture, l’environnement ou le social, une baisse de 2% de leur budget est impensable.

Et puis, comme il faut des courtisans dans toute assemblée, Peio Claverie, qui va finir par se faire un tour de reins à forces de génuflexions, ouvre le bal : » Ce n’est pas de la flagornerie, Monsieur le maire, (Mais si, mais si…) mais je voudrais vous féliciter que vous donniez la parole à chacun (…) Personne n’a envie de jouer avec la fiscalité. La fiscalité, ce n’est pas un jeu. » Avant de conclure, pour justifier la probable hausse d’impôts : « Les Biarrots nous reprocheraient de ne pas tenir nos promesses. J’ai envie que Biarritz continue à être un phare ». Peio, que l’on a connu autrement plus mordant et caustique dans l’opposition, semble juste avoir oublié les promesses faites par Michel Veunac, il y a un an. Le grand âge, sans doute.

Le courage de Pinatel et Darrigade

Heureusement, deux femmes, l’une de la majorité, l’autre de l’opposition, ont eu le bon sens de pointer du doigt le sac de nœuds tissé par le maire. Bénédicte Darrigade, tout d’abord, qui estime qu’il ne faut pas, en pleine crise  » envoyer un très mauvais signal aux ménages biarrots »  et surtout Anne Pinatel qui rappellera le grand numéro fait par Veunac, lorsqu’il avait plaidé, en 2015, pour la hausse des taxations sur les résidences secondaires afin que les Biarrots soient à l’abri de toute envolée des impôts locaux : « On avait alors justifié cette hausse en expliquant que ça éviterait que les ménages biarrots subissent une augmentation. On ne peut pas dire le contraire maintenant. »

Anne est vraiment naïve. Il y a longtemps que le vieux cheval de retour Michel Veunac, à l’image d’Édouard Balladur,  est convaincu que, pour survivre en politique, il suffit de dire tout et son contraire et que, plus les ficelles utilisées sont grosses, mieux elles passent.

Paroles de phraseur

Faute d’agir, Michel Veunac adore les phrases ronflantes et le jargon de sociologue, apte à impressionner les foules.

À propos de la fermeture des petits commerces : « Une étude s’impose sur l’évolution de la physionomie de la commercialité dans les zones périphériques« .

Sur les classes moyennes, les plus touchées par les hausses d’impôts : « La moyennisation des classes représente en fait 80% de la population« .

Sur le personnel communal et un budget en hausse de 1,30% : « Il faut prendre en compte le GVT, le glissement Vieillesse Technicité« 

Heureusement que Veunac n’a pas fait l’ENA comme Lafite!

2 réflexions sur “Petit maire, grosses ficelles

  1. Le mauvais mec au mauvais endroit. La faillite de la maison biarrote tout le monde la connait, c’est essentiellement le gouffre de la Cité de l’Océan et des mauvais choix jamais remis en question. Ce petit maire est complètement inconscient. Il n’a aucun garde fou, ses adjoints sont au dessus des nuages et des trottoirs de Biarritz, l’opposition fait mollement acte de présence. On continue à favoriser le touriste et à enfoncer le biarrot. Au moins pour les prochaines municipales, on sait déjà pour qui ne pas voter, 4 ans avant !

  2. Maintenant que nous avons perdu 5 millions d’Euros à Kléber, peut on savoir combien on va perdre à Aguilera ? Et tout ça pour compenser la perte d’habitants due à la ZPPAUP!!!!! C est pas grave, dormez en paix, on veille sur vous!!!!

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