Veunac, avec ses meilleurs vieux

Avec ses meilleurs vieux

Entrefilet de Sud ouest du 16 janvier.

Ancien directeur technique de la Ville de Biarritz, ce retraité, qui a quitté ses fonctions il y a une dizaine d’années,  en a gros sur la patate, et on le comprend. Chaque année, il était convié aux vœux du personnel municipal, ce qui était l’occasion de saluer les anciens collègues. Bien sûr, il avait entendu parler comme tout le monde de la baisse des dotations de l’État et avait conscience que les finances de Biarritz étaient au plus juste. Mais de là à imaginer qu’il ne recevrait pas en 2016 la moindre carte de vœux du maire actuel! De là à imaginer qu’il serait exclu de la cérémonie réservée au personnel municipal!

Comme ses collègues partis à la retraite, notre homme a attendu, attendu, en ce début d’année, sans jamais rien voir venir. Avant de découvrir grâce à un entrefilet de Sud Ouest du 16 janvier (photo jointe) que la cérémonie était exclusivement réservée aux salariés en poste et à ceux qui ont quitté les services municipaux depuis moins de cinq ans. Pas le moindre mot pour l’informer de ce changement de règles du jeu, ce qui n’étonne guère notre retraité qui a beaucoup pratiqué le nouveau maire du temps de Didier Borotra, et qui sait que, derrière les sourires de façade, se cache un vide abyssal…

Encore une fois, Michel Veunac a tout faux et Bisque, bisque Basque! le prouve :

Une carte de nouvel an, ça coûte deux euros, grand maximum, frais d’envois compris. Est-il normal de traiter ainsi les anciens employés municipaux par le mépris? Rappelons pour mémoire, que la première décision du nouveau maire en 2014  a été de s’octroyer, malgré une situation financière tendue,  un salaire très proche du plafond pour une ville de 25000 habitants, et nettement en hausse par rapport à Didier Borotra. Rappelons aussi  que ses revenus, de maire, vice-président de l’agglo et de conseiller régional, avec une impositions quasi-inexistante, avoisinent les 8000 euros par mois. Et qu’en plus, il ose se plaindre de la difficulté de sa tâche, alors que rien ni personne ne l’a contraint à se présenter!

Pour une fois que la Cité de l’Océan pouvait afficher complet!

Visiblement notre bon Michel Veunac a préféré privilégier ses propres revenus plutôt que la convivialité et le lien social, ce qui est perçu par le personnel municipal comme une forme de mépris. Mépris redoublé d’ailleurs, car notre retraité, fort en colère, s’est fendu d’une vigoureuse lettre à Michel Veunac, il y a plus de trois semaines, sans jamais recevoir la moindre réponse. Cette municipalité est décidément très classe et préfère se goberger, que manifester du respect à ceux qui les ont fait rois…

Par ailleurs, la cérémonie se déroulait le 15 janvier à la Cité de l’Océan, ce bâtiment naufragé qui ne compte plus qu’un défenseur, le maire. C’était une occasion rêvée de remplir les lieux, ce qui n’arrive que fort rarement (Les mauvaises langues disent même que la seule fois où la Cité de l’Océan a été bondée, c’était le jour de l’inauguration, car le champagne était offert…). Mais Veunac nous prouve depuis trois ans qu’il est l’homme des indécisions chroniques et des occasions ratées.

Oui décidément, cette ville n’a ni cœur ni mémoire. La médaille de la Ville, que Maïder Arostéguy souhaitait voir attirbuée à Robert Rabagny pour tout ce qu’il a apporté à Biarritz, a été refusée avec des cris d’orfraie. Michel  Veunac est dans la même logique quand il adresse ce magnifique bras d’honneur aux anciens qui ont œuvré, dans leurs fonctions,  pour la prospérité de Biarritz. Dans la vie, chaque homme est confronté à un choix : se regarder le nombril ou s’intéresser aux autres. Il y a longtemps que le gentil Michel a choisi…

La Marquise, crinoline par-dessus tête…

Marquise crinoline par dessus têteIl faut croire qu’elle faisait tordre le bec à trop de politiques. La Marquise de Vérité, célèbre pour ses lettres, ne paraitra plus dans La Semaine du Pays Basque. En revanche, Jean-Philippe Ségot et le dessinateur Pierre George continueront à la faire vivre sur son site (www.marquisedeverite.fr) et sur sa page Facebook, où vous pouvez la retrouver à tout moment, y compris ses anciennes lettres et tous les dessins…

 « Bisque, bisque, basque! » qui a toujours adoré les contestataires, se fera un plaisir de publier les courriers de La Marquise, mais si vous souhaitez soutenir une presse libre et impertinente et faire rougir de honte le timoré propriétaire de La Semaine, vous pourrez recevoir automatiquement sa prose, en envoyant un mail à herculepoirot@hotmail.fr

« Les couettes d’Arcouet »

Ma Toute Douce,

L’endroit où il fallait se montrer, la semaine dernière, n’était autre que celui de la salle paroissiale de Ciboure où l’excellent Guy Poulou, le maire, notre Papi-le-Moko, recevait avec sa bonhomie  habituelle, bien des élus et personnalités de nos contrées.

On a même vu Jean-Jacques Lasserre, le célèbre Ostia, y faire un passage éclair, sans pour autant rester y déjeuner. C’est que l’excellent sénateur, le grand spécialiste de la grippe aviaire (je vous en reparlerai avec délectation dans ma prochaine lettre… « Maman, mets ton peignoir en crépon rose que je t’ai payé pour la Noël, et tu peux garder tes cheveux sur les bigoudis, mais va voir si la volaille ne tousse pas ostia de ostia… ») au Palais du Luxembourg avait probablement autre chose à faire de plus important que de partager le pain de l’amitié. Comme le disait cet élu : « Maintenant, il ne se bâfre plus trop avec nous. Pourtant Dieu sait s’il aimait boire quelques caisses de vieux pinard autrefois et c’était pas le dernier pour danser une java le ventre bien rebondi, ses quatre apéritifs bus, les joues bien rouges et les yeux brillants, ostia ! Mais son directeur de cabinet depuis qu’il ne porte plus ses survêt’ et ses baskets mais qu’il a des costumes de chez C&A, a dû lui expliquer que ça ne se faisait plus ! Pourtant le ostia il aimait bien se cramouiller la tronche ! »

Ce déjeuner à Ciboure fut très instructif, car je me dois déjà de vous dire que ce père-la-rigolade de Michel Hiriart, le maire de Biriatou, est bien toujours de ce monde (politique). Me voilà rassurée ! Car il se faisait bien rare depuis sa déculottée à sa propre succession à la tête de l’Agglo Sud, où ce corsaire de Peyuco lui a piqué la place en un tour de main, et cela avec un grand sourire de gentleman. Certains se demandaient d’ailleurs si le grand Mimi se remontrerait en dehors de sa mairie de Biriatou. Et le voilà qui était bien là ! Bon, je ne lui ai pas trouvé la mine joyeuse, mais il faut dire que s’il voulait se reconvertir professionnellement, il pourrait facilement prendre la direction des PFG du Pays Basque, ce qui lui irait comme un gant noir. Même que certains le surnomment avec affection Michou-les-grandes-pompes… funèbres ! Pourtant, moi qui le connais bien, je peux vous dire qu’en fait c’est un homme plein d’humour, plutôt drôle dans bien des circonstances, et qui sait s’en envoyer de joyeux, derrière la cravate. Mais bon, c’est vrai qu’il est d’un rancunier à en devenir buté !

Enfin notre Papi-le-Moko était dans une grande forme et en a profité pour lancer quelques traits d’esprit qui ont fait rire toute l’assistance. Ainsi quand il a remercié tous les élus, et quand est justement venu le tour de Michel Hiriart, qui se trouve être le président national des centres de gestion du personnel communal de toute la France, notre Papi-le-Moko a dit : « Merci à toi Michel qui est le Lehendakari de je ne sais pas trop quoi à Paris ! » Le Lehendakari a fait celui qui en riait même s’il n’aime pas que l’on se moque de quoi que ce soit qui puisse froisser son immense estime personnelle. Puis, devant l’absence à la fête de notre jolie Odile de Coral, comtesse d’Urrugne, Guy Poulou, l’œil brillant de confier à l’assistance : « Je vois qu’Urrugne est représenté par son curé et… par Daniel Poulou ! » Pour le curé, je ne sais pas… Thérèse-Marie, mais pour Daniel, l’ancien député, on ne peut pas dire que ce soit le plus grand des fans de la comtesse ! Mais Pépé-le-Moko n’aurait pas voulu conclure sans cette précision : « Quant à Daniel, que la comtesse ne s’inquiète pas ! Il ne se représentera pas si Dieu le veut, car il est amoureux ! » Comme quoi à Ciboure, l’esprit kaskarotte est toujours bien représenté, et par son premier magistrat en personne qui plus est ! Je regrette de ne pas déjeuner plus souvent avec l’excellent Guy.

Mais la grande affaire de la semaine passée fut l’élection de tout un tas de militants des Républicains notamment pour siéger au conseil national. Et là, on a regardé de près les choses, car si les amis de Max-la-Chips ont été, une fois de plus, mal élus au Conseil national (il faut dire que dans sa grande solitude, il ne reste autour de lui que tous les « intellectuels » du parti qui n’excitent pas forcément les militants !), on observait surtout la lutte entre Sylvie Durruty et le père Arcouet, ce dernier voulant la peau de la Ford des Halles, comme J-R veut l’EPCI. L’objectif était donc de la faire battre lors de cette élection où il y avait plus de candidats (stratégie d’Arcouet) que de postes à pourvoir. Et du côté des amis d’Arcouet, on prédisait : « La Durruty, si on la fait battre, où si elle est élue dans les toutes dernières, ce sera fini pour elle, pour les Législatives. Et elle pourra se reconvertir en vendant des pièces détachées sur le Bon Coin ! » De son côté, la Sylvie, droite dans ses escarpins, disait à qui voulait l’entendre avec son éternel sourire de Joconde aux lèvres, ces dernières semaines : « Arcouet et ses sbires, n’ont rien compris ! Ils s’acharnent sur moi, comme le népotisme chez les Lasserre. Mais qu’ils se souviennent de 2014 aux municipales. On disait que j’allais me faire écrabouiller, ridiculiser, que j’étais partie trop tard. Et pan, je fais un beau score et le Che Garay est obligé de traiter avec moi, avec tous les égards. Je les aurai de la même façon, vous verrez que je serai élue et pas la dernière de la liste ! »

Et pour voir, on a vu Ma Douce ! La Sylvie nous a fait un triomphe ! Elue troisième de la liste et bien élue. Incontournable la nana, désormais… Et elle va prétendre à être désignée comme candidate face à la Colette Capdevielle pour 2017. Arcouet, lui, va devoir remiser ses pinceaux et sa colle pour la campagne des législatives, car il n’ira pas faire le colleur pour la Sylvie, qui toute joyeuse au soir de son élection disait avec un grand sens de la poésie : « Arcouet, il me prenait pour une nouille. Genre la nouille avec ses nattes qui attend la paire de ciseaux pour se faire scalper. Et bien on vu ce que l’on devait voir, et les couettes moi, c’est à Arcouet que je les ai taillées. Oui, j’ai coupé les couettes à Arcouet ! »

Enfin, saluons Ma Douce, l’élection à la première place de l’adorable biarrote  Anne Le Bihan, devançant tous les autres, y compris les deux secrétaires départementaux adjoints, ex-sbires de la Chips. Elle, dont Max la Chips, disait en 2014 : « La Le Bihan, elle ne représente qu’elle-même ! C’est-à-dire RIEN. Je la prends sur ma liste par pitié… Naplas, où t’as foutu mes Chips au Caramel ? » Et voilà que la fine analyse du Max s’est révélée exacte, puisque la petite Anne est désormais la plus populaire au niveau départemental de tous les Républicains. Comme le dit l’excellent Peyuco, en voyant ce résultat : « Brisson lui, pour ce qui est de “représenter” quoi que ce soit, il devrait songer à se reconvertir comme représentant en Chips ! Du moins s’il ne bouffe pas tous les échantillons dans la valise ! »

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Votre Marie, Marquise de vérité

Big Brother en Ovalie…

GPS rugby

Désormais le petit mouchard dans votre dos qui envoie 1200 données par seconde à votre préparateur physique, pèse 37 grammes pour 6 centimètres de longueur.

Le rugby français est décidément incorrigible! Comme tous les présidents de clubs, Jacky Lorenzetti, qui n’a jamais pratiqué ce sport autrement que sur Playstation, se plaint du calendrier surchargé du Racing-Métro, actuellement en tête du championnat, mais n’hésite pas à malmener la santé de ses joueurs, quand ses petits intérêts personnels sont en jeu. Alors que les rugbymen du Top 14 qui ne sont pas retenus en sélection nationale bénéficient d’une trêve bien méritée de trois semaines, notre sémillant entrepreneur vient d’expédier toute sa troupe ciel et blanc, Dan Carter en tête, à… Hongkong, pour disputer un match, le 6 février contre la franchise néozélandaise des Highlanders dans le cadre – ça ne s’invente pas! – de la Natixis Rugby Cup.

Question récupération, on a vu mieux, mais ça n’empêche pas notre chef d’entreprise, propriétaire de châteaux dans le Bordelais, de pérorer dans Aujourd’hui (30/1) :  » Une tournée à Hongkong réussie, ça serait du vin vendu et des partenaires satisfaits « . Un propos qui montre à quel point cet homme s’intéresse au score des matches de son équipe!

Quant aux bons résultats actuels des Franciliens, ils sont peut-être tout simplement dus à un flicage de tous les instants, qui laisse loin derrières toutes les autres équipes du top14, fait se gratter la tête des anciens et se pâmer d’aise le journaliste geek de L’Équipe Magazine, Bruno Garay (30/1). Oublié le GPS de papa, qui tombait en panne en cours de match! Le Mac-Lloyd pèse 37 grammes, mesure 6 centimètres de long et 3 de large. Et surtout, il utilise une technologie sans fil et non le wifi, sans cesse parasité par les téléphones portables des spectateurs. La « bestiole » émet 1200 données par seconde que Laurent Debrousse, le préparateur physique du club francilien, peut consulter en direct sur son ordinateur pendant le match. Rythme cardiaque, nombre de collisions subies, vitesse, et même le déséquilibre de poussée entre la jambe droite et la gauche, pendant les mêlées. Et le journaliste de service, qui ne doit pas être au courant que les rugbymen ont des muscles mais aussi un cerveau,  de s’extasier sur les miracles réalisés par la science : «  Le GPS évalue avec une marge d’erreur de 10% le rythme de la respiration du joueur qui influe sur sa récupération. La conséquence est directe : après le match, le joueur dose lui-même sa boisson énergétique de façon plus efficace »

Comme si les joueurs après le match ne savaient pas quelle est la dose de houblon qui leur est nécessaire, les soirs de défaite et les soirs de victoire!

L’auteur de ce désolant publi-reportage doit ignorer qu’un des plus emblématiques capitaines de l’équipe de France, un dénommé Jean-Pierre Rives, joueur de gabarit modeste mais de courage exceptionnel, aurait tout de suite été éliminé par ce genre de gadget, alors qu’il était considéré avec ses compères Jean-Claude Skrela et Jean-Pierre Bastiat, comme membre de la meilleure troisième ligne du monde.

Parce que le talent, contrairement à la connerie, reste difficilement mesurable…

 

Et bientôt une puce à l’oreille?

À quand l’entraîneur équipé d’un joystick pour pouvoir manœuvrer son équipe à sa guise sur le terrain ? En attendant cette ultime étape, comme pour nos chiens et nos chats, une micro-puce devrait bientôt être implantée dans l’oreille des joueurs. Connectée au boîtier décrit plus haut, elle devrait permettre de mesurer l’importance des chocs subis, afin d’éviter les commotions. Voilà qui donne envie de jouer au rugby.

Brisson concède avoir un peu merdé

Brisson 22

Max Brisson, malgré sa défaite aux élections régionales, semble reverdir ces derniers temps. Il affirme avoir à nouveau « très envie de Biarritz ». Après presque deux ans de transparence, il était temps.

C’est sans doute la saison qui veut ça : les feuilles des arbres tombent et les hommes politiques se repentent. Jean-François Copé l’assure, il n’est plus le même depuis l’affaire Bygmalion. Nicolas Sarkozy, dont l’ego et la capacité à l’autosatisfaction sont loin d’être négligeables, n’hésite pas lui aussi à reconnaître quelques erreurs dans son livre, « La France pour la vie« . Retrouvailles un peu tendues, au Bar des Colonnes à Biarritz, avec le secrétaire départemental des Républicains, Max Brisson. Chacun tient à réaffirmer à l’autre, les yeux dans les yeux, ses positions, « Vous êtes un journaliste populiste « , « Votre communication est catastrophique « , avant un entretien-vérité de plus d’une heure, où le candidat malheureux aux municipales de Biarritz semble fendre l’armure avec soulagement. Évolution d’un homme politique intelligent et cultivé, malmené par son échec, ou nouvelle stratégie de communication pour tenter de se repositionner? Å vous de juger *.

« Après un an et demi de tergiversations,

je vais désormais jouer mon rôle « 

Comprenez-vous que les électeurs qui ont voté pour vous en 2014, aux élections municipales, soient un peu déroutés par ce qui ressemble à des atermoiements?

–   En 1995, j’ai déjà été candidat aux municipales, je savais que je serai battu et que je siègerai dans l’opposition. Pendant six ans, j’ai pleinement rempli, je crois, le rôle de leader de l’opposition à Didier Borotra. En 2014, la situation était différente. Je n’ai jamais été candidat pour me retrouver dans l’opposition mais pour exercer les fonctions de maire. Je n’avais pas imaginé la défaite et c’est vrai que je l’ai mal vécue. J’aurais dû immédiatement démissionner de mon poste de conseiller municipal et j’accepte la critique. Après un an et demi de tergiversations certainement regrettables, beaucoup de Biarrots les jugent en tous les cas ainsi, je vais désormais jouer mon rôle d’opposant, puisque c’est la tâche que m’ont confiée les électeurs.

Avant d’évoquer le mandat de Michel Veunac, revenons sur ces élections départementales. Était-ce votre rôle de vous présenter ?

– J’étais sortant ! Comme Michel Veunac aux régionales, à qui personne n’a d’ailleurs jamais posé la question alors qu’il avait dit, en 2014 pendant les municipales, qu’il se consacrerait à son seul mandat de maire et qu’il démissionnerait du Conseil régional en cas de victoire aux municipales. En ce qui me concerne, il était très difficile pour moi de poursuivre sans une nouvelle marque de confiance des Biarrots. Je ne pouvais rester sur un échec et cette victoire électorale m’a redonné le moral. En plus, je suis passionné par ce que je fais au conseil départemental et je m’entends très bien avec Jean-Jacques Lasserre. Je me félicite d’avoir pris cette décision, même si mon leadership sur Biarritz, à ce moment-là, a été durement secoué par un certain nombre de personnes qui m’étaient très proches.  Les Biarrots ont remis les pendules à l’heure. Cette victoire, un an après ma défaite des municipales, m’a donné une nouvelle légitimité et montré que certains m’avaient peut être enterré un peu vite

« Le coup de pied au cul reçu aux moment des régionales

m’a redonné envie de Biarritz »

– En vous présentant ensuite aux élections régionales dans la même liste que Michel Veunac, vous avez pris le risque de donner l’image d’un  candidat-à-tout. Et en plus, trois jours après la défaite, vous dites partout dans la presse que la candidate Virginie Calmels n’était pas à la hauteur. ça ne fait pas un peu mauvais joueur?

– D’être candidat aux régionales, ce n’est certainement pas ce que j’ai fait de mieux au cours de ces derniers mois, je vous l’accorde. Les derniers arbitrages sur la liste Calmels dans le département m’ont été imposés et je n’étais donc pas très convaincu par cette liste. Mais je n’ai pas voulu trahir mon camp, j’ai fermé ma gueule pendant la campagne où j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Je doute que la présence d’autant de centristes dans les six premiers – dont Veunac et Aguerre – était une bonne chose. Je pense qu’une liste Jean Lassalle-Max Brisson aurait connu plus de succès dans le département. Je me suis incliné mais le « coup de pied au cul » reçu m’a fait du bien, car il m’a fait prendre conscience à quel point le seul endroit où j’avais ma propre légitimité, sans rien avoir à demander aux états-majors parisien et bordelais, c’était Biarritz. J’espérais être élu conseiller régional et j’aurais démissionné du Conseil municipal. J’aurais travaillé différemment les dossiers biarrots à Pau et Bordeaux. En définitive, je suis ravi de ne pas avoir à partir du conseil, car cela aurait été un déchirement, et je pense que je vais y être beaucoup plus présent. J’ai en effet à nouveau grande envie de Biarritz, car je sais que le lien avec les Biarrots est le plus fort, en tous les cas bien plus solide que les « fidélités » politiques partisanes. J’espère que vous ne me trouvez pas populiste lorsque je dis cela (sourire).

Est-ce à dire que vous allez enfin devenir combattif lors des prochains conseils municipaux ?

– Dans mon esprit, je n’ai jamais cessé de l’être, mais j’ai été dérouté de me retrouver sur un siège de l’opposition. Mon attitude a sans doute été le reflet de mon propre désappointement. Je ne vais pas me lancer dans une opposition permanente et systématique, d’autant plus que le groupe d’opposition, issu de ma liste, est aujourd’hui très divers. Mais on va se retrouver sur des dossiers comme celui d’Aguilera et nous montrer fermes et déterminés dans notre opposition. De la même façon, en ce qui concerne la Cité de l’Océan, j’aurais plutôt fait le choix de réorienter le bâtiment. Mais c’est Michel Veunac qui est aux manettes et, pour les finances des Biarrots, je souhaite que les idées qu’il préconise soient les bonnes.

« EPCI : on ne va pas laisser

des bouts de Navarre ou de Soule abandonnés »

Votre principale divergence de vues avec Michel Veunac, concerne l’EPCI, cette communauté d’agglomérations qui va regrouper les 158 communes du Pays basque. Vous demeurez très favorable à ce regroupement?

– J’ai toujours été gaulliste et je fus longtemps centralisateur et jacobin, mais j’ai beaucoup évolué en trente ans de vie publique. Je suis aujourd’hui très girondin, très décentralisateur. Le parti socialiste était, depuis le non brutal de Manuel Valls à une collectivité à statut particulier, dans une impasse au Pays basque. Il a tendu un piège à la droite et au centre. Le PS était persuadé que les élus de droite refuseraient ce projet et que les Abertzale allaient à nouveau se jeter dans ses bras. Il n’en a rien été puisque qu’avec moi, d’autres élus de la droite et du centre sont restés fidèles à leur engagement pour une reconnaissance institutionnelle du Pays basque et militent aujourd’hui pour un EPCI unique. Mais au-delà du piège socialiste, se dessine surtout une occasion unique de réconcilier la République et le Pays basque, et se pose aussi une question majeure de solidarité territoriale. On pourrait bien sûr se contenter de fédérer le Pays basque utile en rejetant les parties les plus pauvres du territoire et ainsi laisser à son destin une partie de la Navarre ou de la Soule. Cela je ne peux l’accepter. De toute façon, il faut bouger. Les intercommunalités à cinq, comme  l’ACBA, sont totalement obsolètes, mais si on commence à tronçonner le Pays basque, on ouvre la boîte de Pandore. J’aimerais d’ailleurs que les adversaires de l’EPCI, comme Michel Veunac, aient un découpage alternatif à présenter. Quel morcellement du Pays basque proposent-ils ? Ils se gardent bien de le dire. Le point où je donne raison à mon ami Claude Olive, c’est lorsqu’il réclame l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel,  ce qui aurait permis de régler la question de la représentativité de chaque territoire et à chaque citoyen de prendre ses responsabilités.

« Je déteste le Sarkobashing

et la Juppémania »

Sur votre page Facebook et votre compte Twitter, j’ai le sentiment que vous vous affichez de plus en plus sarkoziste…

– … Ce n’est pas tout à fait exact. Je me refuse simplement à participer à l’actuel Sarkobashing qui m’insupporte. Je ne succombe pas plus à la Juppémania, ce qui ne veut pas dire qu’Alain Juppé n’a aucune chance de devenir président de la République.

Je vais essayer d’être un des pivots de mon parti dans l’organisation de primaires exemplaires.

Michèle Alliot-Marie vient d’être élue présidente départementale des Républicains avec 83% des suffrages. On dit que vous n’êtes pas les meilleurs amis du monde. Pensez-vous que vous allez conserver votre poste de secrétaire départemental?

– Tout le monde sait qu’un fort contentieux, lié à Didier Borotra, m’a opposé à Michèle Alliot-Marie. Tout cela est de l’histoire très ancienne. Depuis 2010, nous avons trouvé un modus vivendi.  Je me réjouis de sa belle réélection. C’est d’ailleurs moi qui le lui ai annoncée et qui l’ai félicitée le premier. La fonction de secrétaire départemental, elle, n’a rien à voir avec le processus électoral que nous venons de connaitre et qui s’est d’ailleurs traduit par un fort renouvellement de nos cadres. Aujourd’hui, quatre des six délégués de circonscription sont des trentenaires comme mes deux adjoints. Le secrétaire départemental dépend directement du président national du parti qui le désigne. À ce poste, on sait quand on est nommé, mais on ne sait jamais quand on s’arrête. Beaucoup, c’est vrai, essaient de m’opposer à Michèle Alliot-Marie et ont dit qu’elle n’était pas étrangère à ma rétrogradation à la huitième place non éligible sur la liste aux élections des régionales. Ils perdent leur temps, moi je sais comment cela s’est passé et donc que c’est faux. »

À quand la machine

à mesurer la sincérité des politiques?

Max Brisson reconnaissant ses erreurs, voilà qui n’est pas banal! Bien sûr, à certains moments de l’entretien, j’ai eu envie de rire sous cape. Les hommes politiques, adeptes des sincérités successives, cèdent toujours « à la pression affectueuse de leurs amis » lorsqu’ils annoncent leur candidature et se résignent à rester sur des listes qui ne leur conviennent pas, uniquement pour ne pas faire de tort à leur parti. Mais derrière ces postures de politiques, assez semblables aux postures que peuvent prendre des journalistes ou des avocats dans l’exercice de leurs métiers, il y a aussi le talent indéniable de l’homme et ses convictions. La reconquête de Biarritz et de ses électeurs ne va pas être simple pour Max Brisson, après ses absences et son pas de deux avec Michel Veunac. Mais l’agrégé d’histoire qu’est Max sait bien qu’en sport comme en politique, les rebondissements les plus extraordinaires sont toujours possibles. Et que, sans forfanterie, il dispose d’une dimension intellectuelle bien supérieure à celle du maire actuel, Michel Veunac, espèce de gendre idéal sans charisme ni idées. Sur l’EPCI, où il y a plus de coups à prendre que de mandats à récolter, l’animal politique qu’est Max Brisson m’a semblé totalement sincère et convaincu. Je l’ai aussi trouvé très « cash », et inhabituellement lucide, dans sa façon de reconnaître ses erreurs. Il faut dire aussi que l’horizon électoral est totalement dégagé jusqu’à la présidentielle et les législatives de 2017 et qu’il sera désormais plus facile de s’opposer. Les prochains débats au conseil municipal seront donc à suivre avec attention.

Malheureusement, Michel Veunac reste le roi des coups en douce. La date du débat sur les orientations budgétaires, l’un des plus importants conseils municipaux de l’année, vient d’être successivement modifiée deux fois, interdisant à Max Brisson et à Maïder Arostéguy d’être présents, du fait de leurs obligations professionnelles. À Anglet, la date des conseils municipaux est connue un an à l’avance et ne change jamais. Pourquoi Michel Veunac ne s’impose-t-il pas la même règle au lieu de se livrer à ces coups de vice d’un autre âge?

* Cet entretien s’est déroulé le dimanche 24 janvier, à Biarritz. Lorsque j’ai perçu la véritable envie de s’expliquer de Max Brisson, (Un politique qui reconnait des erreurs, c’est tellement rare!), je lui ai proposé d’amender l’entretien, c’est à dire de le relire et de me proposer des corrections, pratique plutôt inhabituelle entre journalistes et politiques, mais qui me paraissait adaptée aux circonstances. Max a reçu une première ébauche de ce papier, dimanche 31 janvier, vers 16 heures. À 18 heures, il me renvoyait quelques précisions dans son interview, sans chercher à modifier tout ce qui correspond à mon propre regard, à savoir les titres, l’entame et la fin du papier, n’hésitant pas à préciser dans son mail : « Je crois sur mes propos n’avoir rien retiré sur le fond par rapport à ce que je vous avais dit aux Colonnes. J’ai juste précisé certains points et même cogné un peu plus. «