Décidément, la presse oppresse Veunac

Veunac conférence de presse

Une fois de plus, lors du conseil des élus, Michel Veunac s’est ridiculisé en jouant au matamore et en affichant son ignorance absolue du fonctionnement de la presse.

Est-ce sa faute si cet homme développe une allergie totale à la plume, que ce soit celles de l’indien Géronimo ou celle des journalistes ? Faire la liste des colères de Michel Veunac, depuis qu’il a été élu maire, c’est comme vouloir compter le nombre de pages d’un roman d’Umberto Eco ! Mais au hit-parade des vitupérations veunaciennes, nul doute que les journalistes ne figurent dans le trio de tête, avec Guy Lafite et les élus de la majorité qui refusent une hausse de la fiscalité.

Vendredi, lors du conseil des élus, c’est la jeune et prometteuse journaliste de Mediabask, Bénédicte Saint-André, qui a dû essuyer les foudres du professeur de vertu Veunac, comme le raconte avec beaucoup de verve, notre confrère Untxia dans BAB Info (http://babinfo.com/bien-faire-laisser-braire/).

L’article qui a déchaîné l’ire veunacienne était pourtant bien tourné et plutôt équilibré. Quant au titre « Les chiens aboient et la caravane passe », il était judicieux, puisqu’une grande majorité des maires de l’intérieur est favorable à une EPCI unique Pays basque, tandis que les maires de la Côte sont plutôt réticents et regardent passer le convoi qui se met en marche.

Faut-il une carte du PS pour demander des subventions à Rousset ?

Courageux mais pas téméraire, Veunac qui ne prend le risque d’attaquer que lorsqu’il n’y a pas de péril (Face aux caméras de M6, il avait fui lâchement, tout comme il esquive quand Bisque, bisque, Basque ! l’asticote), a ressorti son habituel et très limité répertoire sur les journalistes : « Vous avez une carte de presse ? ». Notre bon Michel, qui m’avait déjà fait ce coup, en 2014, au moment des élections municipales, affirmant que j’étais un « vague collaborateur du Canard enchaîné », ne doit pas savoir que la carte de presse n’est nullement obligatoire pour écrire dans un titre et qu’elle cautionne simplement le fait que 51% des revenus annuels sont d’origine journalistique. Quand Jean d’Ormesson ou Daniel Picouly publient des chroniques dans la presse parisienne, ils ne sont nullement titulaires d’une carte de presse, ce qui ne les empêche pas d’être journalistes en même temps qu’écrivains. À ce propos, est-ce que le brillant sociologue Michel Veunac était titulaire d’une carte professionnelle lorsqu’il a écrit l’étude de complaisance sur « Les débordements festifs de la jeunesse à Bayonne » payée 56.000 euros (une étude « à la lisière du conflit d’intérêt », selon Colette Capdevielle) ou détenteur d’une carte du parti socialiste lorsqu’il a réussi à piquer des subventions à Alain Rousset pour sa piteuse Cité de l’Océan ?

« Oh, mon bon maire adoré ! », ça va comme titre ?

La suite du dialogue entre Michel Veunac et Bénédicte Saint- André, que vous pourrez écouter en direct sur BAB Info, est tout aussi impayable :

« Qui êtes-vous, Madame ?

– Je suis celle qui a écrit le papier.

– Et vous pensez qu’un titre “les chiens aboient, la caravane passe”, vous pensez que c’est un titre… hein ?

– Je tiens à assurer le plus grand respect que j’ai pour votre fonction et votre opinion…
– Et vous trouvez que c’est un titre respectueux ?

– C’est une expression à lire évidemment au sens figuré.

– Ah oui mais moi je lis les choses au sens propre, Madame. Enfin vous avez votre opinion j’ai la mienne. Et donc c’est quelque chose de scandaleux !”

 À part « Oh, mon bon maire adoré »,  on voit mal quel titre d’article pourrait convenir à l’irascible Veunac et on mesure bien là toute la morgue de l’élu pour la corporation des journalistes. On regrettera juste que l’inexpérience relative de Bénédicte Saint-André l’ait amené à se justifier, ce qu’elle n’avait pas à faire. Pour se remettre les idées en place, Veunac ferait bien de lire l’ouvrage du journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, chroniqué dans ce blog, « Informer n’est pas un délit ».

https://jeanyvesviollier.com/2016/02/09/le-journaliste-ce-facteur-dintranquillite/)

La presse est libre et le journaliste n’a pas à être admonesté par un élu. Si ce dernier n’est pas content de l’article publié, il n’a qu’un recours, comme tous les citoyens : assigner l’auteur de l’article au tribunal pour diffamation. Mais où est la diffamation dans ce qu’écrit Bénédicte de Saint-André ? Heureusement, la jeune journaliste de Mediabask, jointe au téléphone, affirme n’être nullement traumatisée par ce coup de gueule et se dit déterminée à écrire comme elle l’entend.  Elle ira loin, et Michel Veunac n’a pas fini de grincer des dents !

C’est triste, un élu qui n’imprime plus…

En revanche, l’élu a l’obligation démocratique de répondre aux questions du journaliste. Quand Veunac refuse de répondre à Bisque, bisque Basque ! sur des questions aussi simples que le budget d’Halloween, ou les raisons qui l’amènent à stationner sur le trottoir devant chez lui en plein virage, il ne respecte pas son écharpe tricolore.

Ancien syndicaliste, très militant sur la profession de journaliste, je déplore que les confrères n’aient pas eu le réflexe de me soutenir dans ce légitime combat. Tant que le maire Michel Veunac ne répondra pas à mes questions, je continuerai donc à taper comme un sourd (et question surdité, je m’y connais !) sur cet élu qui ne respecte pas les obligations démocratiques de son mandat. Mais décidément l’exercice du métier de journaliste n’est pas simple sur la Côte basque. Le plus cocasse dans cette histoire étant que notre bon maire de Biarritz, se souvient fort opportunément, quand ça l’arrange, que sa fille Caroline est journaliste. Fifille doit être horrifiée en entendant son père et peut-être qu’une formation en accéléré sur les droits et devoirs des élus vis-à-vis des journalistes, lui éviterait de se ridiculiser régulièrement. À moins, qu’il ne soit définitivement trop tard et qu’il n’imprime plus…

À La Semaine du Pays basque, aussi, ça tangue !

On me raconte qu’il s’en passe des belles aussi à La Semaine du Pays basque, cet hebdomadaire dirigé par un nobliau, ancien pilote d’hélicoptère, qui multiplie les voltiges aériennes lorsqu’il s’agit de signer des contrats aux journalistes ou aux correspondants, et les trous d’air au moment de les rémunérer. N’hésitez-pas, confrères, Bisque, bisque Basque ! se fera un plaisir de relayer vos déboires et de tout raconter en détails, si vous le souhaitez…

2 réflexions sur “Décidément, la presse oppresse Veunac

  1. Ne lâchez rien: nous sommes en 2016 plus sous l’ORTF.
    Ces petits marquis aussi ridicules qu’ils sont incompétents doivent répondre à toutes les questions. Ils se présentent à des fonctions électives et représentatives ? Qu’ils assument la transparence qui sied à leurs fonctions, rémunérées par l’impôt.
    À tous les journalistes libres : continuez à défendre l’information ! Notre liberté est à ce prix

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