Tous les enfoirés ne roulent pas pour Coluche

Merci patron!

Bernard Arnault, ridiculisé par un journaliste, c’est le film à ne pas manquer.

« Merci patron ! » est un film qui va vous donner la banane, dans ce monde d’enfoirés où les 62 personnes les plus riches au monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. Modeste directeur du « Fakir » à Amiens, « le journal fâché avec tout le monde ou presque » comme il se définit magnifiquement, François Ruffin n’a pas oublié les belles promesses de Bernard Arnault, au moment de racheter les vestiges de l’empire Boussac. Devant les caméras ou face à François Mitterrand, le sémillant entrepreneur, dont la fortune actuelle est estimée à plus de trente milliards d’euros, avait juré tout faire pour sauver l’emploi. En fait, seule la pépite Dior l’intéressait et il va abandonner à leur sort les ouvriers qui fabriquaient pour lui les costumes Kenzo.

Dans un premier temps, Ruffin a imaginé saboter le conseil d’administration de LVMH, en offrant aux anciens délégués syndicaux de l’usine abandonnée une action. Mais il ignore que Bernard Arnault ne mélange pas les torchons avec les serviettes. Au carrousel du Louvre, où se tient l’assemblée générale, les gros actionnaires peuvent lui parler en direct, tandis que les petits, sont bouclés dans une salle annexe où ils se contentent de suivre sur écran la bonne parole patronale.

Finalement le trublion Ruffin est viré, mais c’est mal le connaître que d’imaginer qu’il va en rester là. Prêt à se teindre en blond ou à se raser le crâne pour ne pas être repéré par les vigiles de LVMH, il va s’intéresser à la famille Klur, dont le naufrage est proche avec trois euros par jour pour vivre et la maison qui menace d’être saisie. Et Ruffin va avoir une inspiration de génie. Se faisant passer pour le fils de la famille, il annonce à LVMH qu’il va alerter les médias sur la situation de ses parents. Et ça marche ! Un émissaire du roi du luxe arrive, un flic matamore et bravache qui ignore être en caméra cachée et se permet de baver sur son patron (on lui souhaite bien du plaisir sur la suite de sa carrière !) On s’en voudrait de vous dévoiler la fin, mais la manœuvre est somptueuse et mérite un grand coup de chapeau. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est du journalisme déloyal : face à un patronat foncièrement retors, tous les coups sont permis quand une famille est en péril. (Ci-dessous la bande annonce)

https://www.youtube.com/watch?v=MsnrSzWJoJM

Et la leçon de journalisme du trublion continue, pendant la campagne de promotion. Invité pour parler de son film par Europe 1, puis déprogrammé avant d’être reprogrammé face au tollé, il sera finalement l’hôte de Jean-Michel Apathie qui va se ridiculiser en voulant jouer la voix de son maître. Au lieu de faire bêtement la promotion de son film, François Ruffin va profiter du temps de parole disponible pour évoquer le cas d’une autre grande fortune de France, Arnaud Lagardère, avant de quitter le studio en offrant un os en plastique à Apathie pour avoir bien monté la garde dans sa niche, devant la maison de son maître. Ne ratez pas, c’est un grand moment de journalisme !

http://www.metronews.fr/culture/francois-ruffin-sur-europe-1-le-realisateur-de-merci-patron-degomme-arnaud-lagardere-le-proprietaire-de-la-radio/mpbx!g98LiqatTRjh2/

Un gouvernement à courte vue

Et l’on en arrive à cette pitoyable tentative du gouvernement de vouloir réformer le Code du Travail. Valls et Macron s’imaginent qu’en donnant un coup de plumeau à leur texte, qu’en bricolant quelque peu les réformes proposées, qu’en offrant aux fonctionnaires un os à ronger avec une inespérée augmentation indiciaire, ils vont calmer la rue et faire taire la fronde. Si seulement, ils avaient travaillé un jour, un seul jour de leur existence, ailleurs que sous les ors des palais présidentiels, ils comprendraient que le déséquilibre entre les employeurs et les employés est déjà tel que plus aucune évolution n’est possible en direction du patronat sans mettre le pays dans la rue ! Faciliter les licenciements pour permettre de créer des emplois, mais qui va gober cette fable ? Plafonner les indemnités prud’homales sans se soucier le moins du monde des retraites chapeau ou des parachutes dorés, qui peut accepter ça ? Et voir un Gattaz se frotter les mains face à ce cadeau inespéré d’un Premier ministre dit de gauche, qui ose ce que la pire droite ne peut même pas imaginer dans ses rêves, qui peut le pardonner à ce gouvernement à la vue décidément très courte ?

L’ancien inspecteur du travail Gérard Filoche, qui estime que le Code du Travail actuel est déjà incroyablement indulgent pour le patronat, a bien raison quand il affirme « qu’un patron qui paie ses heures supplémentaires actuellement est un saint ». Forfaits, black, enveloppes, les figures libres autour du bulletin de salaire sont nombreuses pour les employeurs, à l’imagination sans limite, et la précarité garantie pour le salarié (Neuf embauches sur dix sont actuellement en CDD). Bien sûr, il existe des petits patrons totalement respectueux de leurs salariés, mais il est clair que cette réforme du Code du Travail a surtout pour but de redonner le sourire aux dirigeants du CAC 40 et éventuellement de préparer le financement de la campagne présidentielle.

« Merci patron ! » de François Ruffin a le mérite de nous remettre les idées en place, de nous montrer l’obscénité de ce patronat sans foi ni loi, prêt à empocher les subsides gouvernementaux tout en envisageant de s’installer dans un pays à la fiscalité plus clémente comme la Belgique. C’est le film à voir avant de se préparer à descendre dans la rue ces prochains jours et d’affirmer à ce gouvernement sans colonne vertébrale à quel point on ne souhaite plus entendre parler d’eux en 2017.

Une réflexion sur “Tous les enfoirés ne roulent pas pour Coluche

  1. Bientôt la Bérézina pour la gauche bobos-caviars….Le problème sera de choisir (ou pas)qui qui sera aux manettes,entre la peste et le choléra,les dé-tricoteurs du conservatisme libéral à moins que ne survienne in-extrémis un sauveur progressiste de derrière les fagots ?????

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