Putain, deux ans déjà, deux ans seulement !

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Biarritz cherche toujours un costume adapté à son maire.

Cette élue de la majorité municipale a le sourire en évoquant Bisque, bisque, Basque ! : « Votre blog est drôle, mais vous êtes en dessous de la réalité à un point que vous n’imaginez même pas. Michel Veunac est d’une nullité vertigineuse et son costume de maire est dix fois trop grand pour lui. Pendant la campagne, nous étions surpris par les questions qu’il posait lors des réunions préparatoires. Nous avons confirmation de son incompétence, chaque jour, depuis son élection. »

Voilà aujourd’hui deux ans, le 4 avril 2014, Michel Veunac entamait son premier conseil municipal comme maire de Biarritz, ce qui, à soixante-neuf ans, représentait un sacré changement pour lui. Sociologue impécunieux, ne vivant que des commandes du monde politique, obligé d’emprunter de l’argent à son principal fournisseur, Jacques Darrigrand, pour faire campagne, Michel Veunac, s’est soudain retrouvé, en avril 2014, avec des revenus conséquents à disposition pour la première fois de sa vie, en cumulant les casquettes de maire, de vice-président de l’ACBA et de conseiller régional. Mais la médaille a toujours un revers : la fonction de maire de Biarritz est exigeante et c’est aussi la première fois de sa vie que le gendre idéal des Biarrots se retrouve à travailler véritablement, ce qui ne va pas sans grincements de dents, colères et imprécations. Deux ans plus tard, la méthode Veunac est devenue limpide à décrypter. Chronique d’une catastrophe inévitable pour ceux qui auraient encore quelques illusions.

LES HÉSITATIONS

Barboteuse 06Que c’est dur de prendre des décisions quand on n’en a pas l’habitude ! Dépassé, hésitant au minimum une semaine avant de signer l’abattage d’un platane, Michel Veunac, qui en dehors de la communication, domaine où il excelle, n’avait jamais plongé les mains dans le « moteur » municipal, a trouvé l’arme fatale des faibles et des indécis. Faire systématiquement appel à des « spécialistes », comme le directeur de Nausicaa à Boulogne pour le conseiller sur la Cité de l’Océan, réaliser des études pour gagner du temps ou créer une commission pour s’abriter derrière les autres. Comme si le rôle d’un maire n’était pas de décider par lui-même ! Résultat : deux ans après son élection, tous les projets sont encore au stade des études ou des plans, que ce soit Aguilera, les bassins de rétention ou la consolidation de la falaise de la Côte des Basques et pas un Biarrot n’est capable d’expliquer la vision d’avenir du maire, surnommé en interne Monsieur PlanPlan. En attendant, ces dispositifs coûtent très cher, ce qui a fait grincer les dents du grand argentier Lafite, lors du dernier conseil municipal, qui a évoqué « des frais d’études non négligeables ».

LES INCANTATIONS

Barboteuse 02Michel Veunac est comme les enfants qui croient qu’il suffit de dire « Sésame, ouvre-toi ! » pour que les problèmes disparaissent. Auteur d’une étude impérissable sur « les débordements festifs de la jeunesse à Bayonne » qui devait tout régler et qui n’a strictement rien réglé, il est l’homme des phrases répétées à l’envi à chaque conseil municipal. « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan », « L’économie de la Mer est l’avenir de Biarritz », « Ce budget est un budget de sagesse. Ce n’est pas un budget de renoncement ». Mais, derrière la phrase ronflante se cache un vide abyssal. La Cité de l’Océan est un désastre en matière de fréquentation ? Veunac, au lieu d’innover, reconduit les mêmes recettes à base de quincaillerie obsolète et ludo-scientifique en remettant de l’argent au pot et en faisant entrer dans le capital les collectivités départementales et régionales, dont ce n’est pas la vocation. L’économie de la mer ? Pas une seule phrase pour expliquer comment notre grand sage à écharpe tricolore compte s’y prendre pour faire gagner de l’argent à la Ville avec cette abstraction. Quant à parler d’un « budget de sagesse », quand on augmente la fiscalité des Biarrots de 3,5% une année où l’inflation est nulle, il faut un sacré toupet pour oser tenir de tels propos !

LES AFFABULATIONS

Barboteuse 04Oui, décidément, voilà vraiment quelqu’un à qui vous devez éviter d’acheter une voiture d’occasion ! Il faut voir Michel Veunac vous regarder droit dans les yeux et vous énoncer une de ces phrases ronflantes qui ne résistera pas au temps, pour mesurer la capacité aux vérités successives de notre nouveau maire.  Le 30 avril 2014, lors de son premier conseil municipal évoquant les orientations budgétaires, Michel Veunac trace fermement sa feuille de route : « Ne pas augmenter les taux de fiscalité, maîtriser l’encours de la dette et conserver une capacité d’autofinancement ». En 2015, « J’augmente la taxation sur les résidences secondaires pour ne pas avoir à toucher à la fiscalité des Biarrots ». Et en 2016 : « Si nous devions avoir recours à de la fiscalité, elle serait d’un niveau très faible ». Et l’an prochain, ce sera la faute à l’EPCI, s’il augmente à nouveau les impôts ? Même cinéma sur la Cité de l’Océan où, à l’en croire, « les investisseurs privés se montrent très intéressés pour entrer au capital ». Pas de chance, on les attend toujours ! Quant à la subvention, accordée au BO en 2014, elle était bien évidemment « exceptionnelle ».  Ce qui n’a pas empêché notre bon maire, en 2015, de rembourser par anticipation un emprunt contracté par le BO pour édifier la tribune Kampf et de verser au club 1,5 million d’euros. Étonnez-vous, après toutes ces libéralités, qu’il faille augmenter les impôts !

LES EXACTIONS

Barboteuse 05La démocratie interne, jusqu’à maintenant, est le seul domaine, où Michel Veunac, s’est agréablement singularisé par rapport à son prédécesseur. Conseils municipaux consultables en direct ou en différé sur Internet, débats de bonne teneur, majorité autorisée à exprimer son point de vue. Les observateurs passionnés de vie publique ont pu croire un moment que Veunac avait les qualités de ses défauts et que, faute d’être efficace, il était capable d’écouter les idées et propositions des autres. Le dernier conseil municipal vient d’infliger un cruel démenti à cette vision trop idyllique du grand démocrate qui dirige la Ville. Derrière l’homme affable qui rend toutes les mamies totalement enamourées, se cache un teigneux rancunier. Lors du débat d’orientation budgétaire, plusieurs membres de la majorité comme Nathalie Motsch, Anne Pinatel ou François Amigorena, avaient exprimé leurs réticences à aggraver la fiscalité locale. Veunac avait fait semblant d’écouter avec le sourire. Mais une fois le rideau public fermé, dans les couloirs de la mairie, les factieux ont subi reproches, critiques sur leur incompétence et menaces. Au point que, lors du vote du budget, il n’y a pas eu un seul téméraire au sein de la majorité pour émettre la moindre remarque sur cette hausse pour le moins inacceptable. Que voulez-vous, on tient à ses petits avantages !

En conduisant au pouvoir, une majorité baroque, composée de dissidents républicains, de centristes, de socialistes et d’abertzale, Veunac a voulu imiter Didier Borotra, tout comme un enfant sur la plage, avec son petit ballon de rugby en plastique, peut rêver d’être Jérôme Thion ou Imanol Harinordoquy. Mais pour jouer en équipe, Veunac n’a ni l’autorité ni le charisme d’un Didier Borotra, dont l’intelligence n’a jamais été contestée. Alors qu’il prend vigoureusement position contre l’EPCI, la communauté qui doit regrouper toutes les communes basques, on lui souhaite bien du plaisir avec les composantes de sa majorité favorables à ce regroupement, que ce soient les abertzale ou les troupes de Guillaume Barucq. Mais après tout, si Veunac maîtrisait son sujet dans un domaine quelconque, depuis deux ans, on s’en serait aperçu.

L’AUTOSATISFACTION

Barboteuse 07Et on en arrive à une petite phrase que personne ne semble avoir relevée, lors du dernier conseil municipal du 24 mars. Alors que Max Brisson s’étonne de la lenteur avec laquelle les projets se mettent en place, Michel Veunac s’agace de cette mise en cause et lance, péremptoire : « Ces projets, je les réaliserai et si un mandat ne suffit pas, j’en ferai deux ! ». Notre magnifique édile semble avoir oublié l’essentiel. Alors qu’il est « l’homme qui n’imprime pas », celui qui est toujours le dernier à comprendre, que ce soit à l’ACBA ou à la tête de la Ville, Veunac, qui comme tout responsable est entouré de flatteurs (Ah, les génuflexions et la flagornerie de Peio Claverie lors des conseils municipaux !), est persuadé d’être devenu un phare encore plus étincelant que celui de la Ville. Et, dans ses rêves de grandeur, il ne se souvient plus qu’un maire n’est pas reconduit automatiquement pour un nouveau mandat, mais qu’il doit se soumettre au vote des électeurs…

… Il est vrai qu’en 2020, Michel Veunac n’aura que 74 ans et que notre beau parleur inefficace est tellement fait pour ce poste, un peu comme Hollande pour celui de Président de la république, qu’il serait vraiment dommage de ne pas reconduire un homme aussi méritant dans ses fonctions.

2 réflexions sur “Putain, deux ans déjà, deux ans seulement !

  1. Le souci dans cet article, c’est que tout est vrai. Malheureusement. Et on est même pas étonné, puisque les plus perspicaces et/ou intéressés par la vie politique locale le savaient. A part le FN, l’élection de Veunac est ce qui pouvait arriver de pire et… c’est arrivé, même si on sait dans quelles circonstances… Quel beau bilan en 2 ans: dette abyssale, augmentation des impôts, du prix des cantines, et un dimanche par mois sans voiture. Que du rêve!

  2. Et en plus Veunac perd son sang froid à tous bouts de champs.
    Il pique des coleres de malade, il devient tout rouge, il hurle sur les gens sans aucun respect pour eux.
    Belle image pour Biarritz!

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