Ostia, du maïs de Bidache au blé de la République…

Lasserre je me voyais déjàMa Toute Douce,

Nous avons connu, vous et moi, notre bien-bidonné de Jean-Jacques Lasserre, notre si croustillant Ostia de Ostia, il y a bien longtemps quand il faisait encore le maïs et l’élevage de la famille de la Noiraude, dans son exploitation de Bidache. Ah ! Qu’il est loin pour notre Bide-au-Chaud, le temps de son BEP agricole en 1961, à Masseube dans le Gers ! Rappelons que notre Ostia, l’heureux propriétaire de la Noiraude et de Max-la-Chips, dit « François de la Mélasse », est né dans ce village de Bidache le 11 mars 1944, exactement le jour même, où pour citer l’historien, « incommodé par des odeurs fétides et de la fumée sortant de l’hôtel particulier rue Le Sueur à Paris les voisins du Docteur Marcel Petiot appellent les pompiers. Ils y découvrent plus de 50 valises, des ossements humains, 655 kilos d’objets divers, des corps à moitié décomposés, des membres, un tas de cheveux. Une chambre à gaz a été aménagée dans l’hôtel, un judas permettait de regarder à l’intérieur et un puits recouvert de chaux vive est rempli de cadavres. »

De quoi donner au grassouillet bambin l’envie de faire de la politique, non ?

Après son BEP agricole, il n’a toutefois pas cherché à faire un doctorat tout aussi agricole dont le thème de sa thèse aurait pu être : « Mutations agricoles, ou du maïs de Bidache au blé de la République », mais a choisi de poursuivre ses études par correspondance pendant trois ans depuis la ferme de Bidache, où le soir à la douce lumière de la lampe à pétrole, il mordillait son crayon de bois, les doigts tortillant le lobe de l’oreille, pour rendre à temps ses devoirs qu’il envoyait à l’école Purpan de Toulouse, con !

A vingt ans, le Ostia rencontre Dieu et devient un fervent militant de la jeunesse agricole chrétienne. Et après sa rencontre avec Dieu, en 1968, le voilà qui va marier la Ostiette. Comme cadeau de mariage, dans cette campagne où la vie est rude et où l’on espère une orange à Noël, on offrira au jeune couple, une belle boîte vide en fer – qui contenait des biscuits Lu – pour y mettre les futures économies des tourtereaux. Cette boîte, désormais quelque peu rouillée, que l’on ferme toujours avec un solide « caoutchouc », après l’avoir emballé dans du papier journal, est toujours cachée dans le vaisselier de la cuisine et Ostiette y ajoute, chaque mois, la retraite de papa et ses cumulables salaires de sénateur et de président. Certains à Bidache disent même, Ma Chère Thérèse-Marie : « M’étonnerait pas que le bestiau en ait d’autres qui soient bien remplies et planquées sous la paille dans le poulailler… »

 Et puis un jour, on lui a payé le costume au camion du « Décroche-moi ça« , qui stationnait devant  la foire agricole de Bidache et tout a changé dans sa vie de dur laboureur. Il a ainsi pu devenir, dans le milieu des années 70, nous dit-on, un administrateur du crédit Agricole, où l’on n’est pas trop regardant sur la couleur des cravates, Dieu merci. Puis également un administrateur de la coopérative Lur Berri. Il y décora son bureau, ostia de ostia, avec de jolis calendriers en couleurs où figuraient de belles images de plats de lasagnes.

Dans ses fonctions, il a découvert l’intégrité, le respect du consommateur, le désintéressement…

Puis vint, ma Toute Douce, la carrière politique qu’on lui a connue. Après avoir été le talentueux « petit chose » partant de rien, voilà qu’il est devenu le gros machin embourbé dans ses contradictions et totalement dépassé par l’EPCI. Entouré par Pierre Lahore, surnommé depuis quelques semaines très poétiquement le cerf-volant au Conseil départemental, et par Max-la-Mélasse – une fine équipe… -, il lui fallait réagir devant les inquiétudes de la Ostiette qui, depuis quelques semaines, regardait d’un air désespéré la boîte en fer de la cuisine où l’on met les biftons à la fin du mois, provenant de la bonne paye du Sénat et du Conseil départemental. Un soir, elle lui a dit, au moment de servir la soupe :

– Papa, comme on disait là-bas dit !, « Le chameau ne voit pas la courbe de son cou ». Si tu continues comme ça avec ton Laurel Lahorre et ton Hardy Brisson, tu vas droit chez Paul Emploi. Et comment je vais continuer à me la remplir, moi, la boîte en fer et me payer la mise en plis à Saint-Palais en m’arrêtant chez la curiosité de Beguios pour parler de Monseigneur pendant des heures ? Hein papa ? »

– Eh bé maman, je sais pas… euh ostia de ostia !

Car Ostia a eu beau faire revenir au Conseil départemental cet esprit brillant de David Haure pour s’occuper de la communication du Conseil départemental, la machine communicante de Ostia ne semble pas vraiment se mettre en marche. Même la Chips – apprenant à réaliser les nœuds les plus coulants avec une corde – n’a pu s’empêcher de lui dire :

– Il est vrai Mon Bide-au-Chaud que dans le dernier numéro de ton magazine « 64 », ton édito ne rend pas compte de ton génie, Oh Mon Seul-Président-qui-me-reste.

– Ah bon Mon Max-la-Mélasse, tu crois ?

– Oui Mon Sublime penseur agricole. Ecrire des phrases comme « La société évolue. Les populations et les territoires changent. Aujourd’hui, les besoins de chacun ne sont pas les mêmes qu’hier », même pour un élève de CP, on trouverait ça faible…

– Ah ostia de ostia ! Haure, sans mon Marco Amestoy que m’a volé ce fourbe d’Etchegaray, c’est vrai que ça ne le fait plus du tout…

– Le Marco tu aurais dû te le récupérer…

– Ah ne me parle pas de ça ! Maintenant il ne me parle même plus. Il me regarde avec l’air d’un hautain aristocrate à qui l’on imposerait de faire le voyage en autocar assis à côté d’un représentant de coopérative agricole. Pourtant maman, elle m’a payé de belles cravates comme lui, non ?

– Hum… De la cravate aux savates, il y a encore du travail ! En fait, tu devrais prendre un pro de la communication, même mieux, un homme de l’information !

– Ah oui ostia ! Le petit Fleuri de Cambo me parle souvent d’un futur nouvel ami à moi, qui s’rait un grand capitaine d’industrie et qui a justement quelqu’un à me proposer, du côté de Domezain…

– Là… laisse tomber Mon gros ! Sinon tu vas te recevoir un coup de bec d’un canard que je connais qui te fera regretter d’en avoir gavé tant et tant par le passé…

– Ostia, mais qui alors ???

Et c’est là qu’est apparu dans le paysage, Philippe Campa, journaliste et ancien directeur de l’agence Sud Ouest du Pays Basque jusqu’en 2012, avant d’aller diriger L’l’Indépendant, du côté de Narbonne, qu’il a quitté quand Jean-Michel Baylet en a pris le contrôle.

Et comme me le dit une amie religieuse : « Chacun doit trouver la voie pour gagner son paradis ». Ainsi  Philippe Campa, bon vivant, amateur de tauromachie et de rugby, homme avenant et affable, qui a laissé un bon souvenir à Sud Ouest, a pris le Chemin de Compostelle en sens inverse…

Il faut dire que celui qui a déclaré lors de sa prise de fonction à L’Indépendant « Je suis un pur journaliste », aura bien du travail à réaliser pour redorer l’image de Ostia chez ses anciens confrères ! Mais Campa, s’il est aussi décrit comme un opportuniste et un carriériste – ce qui n’est pas d’ailleurs un reproche sous ma plume – a aussi des qualités rares d’écoute et sait parfaitement dire à celui qu’il veut conquérir ce qu’il a envie d’entendre, à en croire ses anciens collègues qui le connaissent parfaitement et rigolent en douce en évoquant sa nomination comme directeur de la communication du département au Ostia :  » Sacré Philippe ! Oui, c’est un type avenant, plaisant et séducteur au possible. Pour attraper ce poste, il a dû expliquer à Ostia qu’il était un homme d’immense envergure, une sorte de Bonaparte pour le Pays Basque face aux Chouans, un sénateur qui avait devant lui un immense avenir ministériel. Et pour s’assurer du soutien de La Chips, il a dû lui expliquer qu’il serait maire de Biarritz en 2020, qu’il en faisait son affaire. Il a même pu faire croire à Vincent Un-Bru-de-sa-personne qu’il siégerait au Palais Bourbon l’année prochaine. Et vous verrez, il est même capable de passer des soirées avec Pierre Lahore à jouer au « Cochon qui rit » en lui disant qu’il porte des pompes superbes. »

Pourtant, il semblerait qu’un esprit malin ait accroché dans le bureau du nouveau patron de la com’ ce proverbe : « On ne fait pas d’un âne, un cheval de course« . Ostia !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

La Marquise de Vérité a été exclue de La Semaine du Pays basque. Combattez la censure, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s