« Causette » et le Thénardier de Bidache…

Carmen La Marquise

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Chez Ostia et Ostiette, les Thénardier de Bidache à la boîte de fer, on semble avoir très peu le moral ces temps derniers au vu de l’évolution des votes en faveur de l’EPCI :

 Mon pauvre Papa, j’ai peur que tu fasses tchoufa l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que te dit ta Chips, ce tchoupon, qui peut te sauver. Va falloir te remuer le tafanar, parce que cet EPCI, nous a foutu la scoumoune, comme on dit là-bas, dis !

(Ce langage rural de la Ostiette, Ma Douce Thérèse-Marie pouvant se traduire ainsi dans nos cercles :  » J’ai peur que tu échoues l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que dit ton Brisson, ce lèche-cul, qui peut nous sauver le pognon. Va falloir remuer ton gros cul, parce que cette EPCI, nous a foutu le malheur, dis! »)

De quoi donner des insomnies à notre ami Ostia qui, à la maison chaque nuit, se retourne la viande dans le torchon tout dégoulinant de sueur, et qui sait qu’il doit se tenir à carreau devant la Ostiette pour qui, dans la vie, l’important c’est avant tout la galette. Le Jean-Jacques Lasserre essaie donc de voir les choses en positivant :

– Mais bon, qu’avec mon salaire au conseil au Conseil départemental M’mam, nous rest’rait quand même pas mal de pognon à mettre dans la boîte en fer, non ?

– Eh bien ! Si c’est comme ça, dis ! Tu risques d’avoir des biblis plusieurs fois par semaine à l’avenir !

 Ostia, les biblis, ça me fout la cagate !

 Et il faut dire que le Ostia peut effectivement se poser quelques questions quant à son avenir de sénateur, vu qu’il a plus d’ennemis au pays désormais que d’eau dans le lait de la Noiraude pendant l’Occupation, comme l’expliquait cette semaine encore le futur Lehendakari à quelques visiteurs venus lui prêter allégeance dans son bureau :

– L’attitude d’Ostia, que voulez-vous, est celle d’un homme d’un autre temps, d’un autre âge. Lui qui pouvait finir sa carrière sur ce symbole fort d’un Pays Basque uni, réuni et enfin reconnu, se vautre complètement. Il est passé à côté de sa chance, de la grande histoire de sa vie. Cet EPCI qui se fait et qui annonce, un jour prochain, vous le verrez, une collectivité spécifique, aurait pu avoir Lasserre comme père. Il serait resté dans l’Histoire comme un homme remarquable. Or, désormais, il apparaitra comme le type dépassé et buté. Comme l’affreux cumulard. Triste fin dans les poubelles de l’histoire basque…

Et de rajouter à ses visiteurs amusés :

– Evidemment l’UDI que je préside, et les 75% de grands électeurs du Pays Basque qui ont voté oui avec enthousiasme à l’EPCI, ne pourront se reconnaître dans Ostia et sa liste pour les prochaines élections sénatoriales. Il ne pourra compter que sur très peu de voix venant des grands électeurs basques. Quelques-unes dans le voisinage de Bidache, mais ça fera court ! Et il n’est pas dit que les voix centristes du Béarn lui suffisent pour espérer retrouver son confortable matelas au Sénat. Surtout que l’UDI, cette autre sensibilité centriste du département, qui prend de l’élan, aura sa liste et des candidats qui ressembleront au visage d’Iparralde et qui, eux, rassembleront. Ostia peut commencer à mettre des cartons de côté dans sa grange pour son futur déménagement Paris-Bidache !

 Mais les angoisses nocturnes d’Ostia ne sont pas dues qu’aux plans du futur Lehendakari qui saura tuer le cochon comme il se doit. Ostia, en effet, dès qu’il rencontre un élu à qui il pense pouvoir venir en aide, poursuit ainsi son couplet :

– C’est affreux ce que devient ce Pays Basque. De mon temps, le Basque était un type moins rusé que le Charnégou. Il était chrétien et centriste et votait comme un seul homme pour moi et mes amis, sans poser de questions. On lui promettait l’entrecôte et on lui donnait des lasagnes et il était content ! Maintenant, tout cela se radicalise et se gauchise. Et il y a l’épouvantable Espagnac, la Frédérique, LA CAUSETTE (je respecte ici l’orthographe admis par le cerveau de notre ami Jean-Jacques), cette sorcière qu’a dû oublier de brûler le Conseiller Pierre de Rosteguy  de Lancre !

Et l’interlocuteur de lui demander :

– Un de la famille de la petite Maïder Rosteguy ?

– Mais non ostia ! T’as qu’à demander à Campa, c’est lui l’instructionné dans mes cabinets de Pau et de Paris qui me raconte ces histoires. J’ai pas le cœur à plaisanter quand je vois maman, le regard mauvais qu’elle me lance, en regardant la boîte à l’élastique qui va se vider. Mais la petite Arostéguy, celle-là aussi je m’en méfie ! Elle me doit TOUT, elle doit TOUT à la Chips. On en a fait une conseillère départementale et aujourd’hui, elle est une UDIste épouvantable, qui avait déjà pris la place de ma petite Marie-Claude Emballe-colis-du-Senat-en-2017 qui aurait dû être l’associée à la Chips aux départementales. Et voilà la Maïder me regarde avec des yeux moqueurs comme si j’avais de la paille au cul ! Tout cela est insupportable ! Ma vie est un enfer !

– Oui, alors et la Cosette ?

– Ah celle-là ! Personne ne la connaissait ici au Pays Basque ! Elle a été élue grâce au Béarn, la dernière fois. Et voilà qu’elle vient se mêler de ce qui la regarde pas et qui donne l’INDEPENDANCE aux Basques. En plus à ma Ostiette, l’indépendance ça lui donne des cauchemars ! Tu vois à quoi ressemblent mes nuits, ostia de ostia ! Et le Hollande qui n’a fait qu’un seul truc en quatre ans, il fallait que ce soit donner l’indépendance aux Basques ! Putain de ostia de ostia, c’est bien ma chance ! Alors cette sorcière, cette Causette, elle est devenue la Madone des Basques. Tu vas voir qu’ils vont lui élever une chapelle de Notre-Dame-de-la-Espagnac-de-la-Causette ! Et on lui mettra des cierges bientôt ! Oui, la Espagnac elle m’énerve à jouer tout le temps à la Causette qui fait pleurer son monde et moi, du coup, je passe pour le père Té- l’Merdier comme me l’a expliqué Copie-Colle qui a lu Hector Hugo en BD dans Spirou-Junior.

Il faut dire, Ma Toute Douce, que la petite Espagnac est redoutable et qu’un esprit éclairé du PS de Boucau  me disait l’autre jour: « En plus Frédérique sait merveilleusement  faire d’un ennemi d’aujourd’hui, un allié de demain ! »

 Enfin, je ne saurais terminer cette missive, Ma toute Douce, sans vous donner des nouvelles de notre bolchévique préféré, milliardaire de la BD, et de son complice notre ami Pierre George, qui viennent de sortir chez l’éditeur Atlantica, le tome 3 des aventures de Manzana et Patxaran (meilleures ventes toute catégorie des éditions Atlantica pour les tomes 1 & 2 !), nos flics biarrot et bayonnais, intitulé « Opération jambon » ! Un grand régal, où j’ai trouvé non sans surprise un nouveau personnage de fiction, un escroc à la petite semaine comme on les aime et les connait chez nous, dénommé Hubert Vindemess. Comme c’est curieux, cet affreux personnage me rappelle quelqu’un, mais qui ? Vous, Thérèse-Marie, dont l’esprit est aiguisé comme le rasoir d’Henri Etcheto au moment des campagnes électorales, vous trouverez peut-être la réponse à mon interrogation. Cet Hubert est ainsi décrit par notre auteur : « Autrefois arrêté pour trafic d’hosties frelatées, cet ancien légionnaire et premier lieutenant de Gaiztoa est prêt à tout pour s’enrichir. Les faux en tous genres sont sa spécialité et même lui n’est plus très sûr de son identité réelle. »  N’hésitez pas à m’aider à résoudre ce mystère. En tout cas nos deux auteurs sont en dédicace aux lieux et dates suivantes : Ce samedi 28 mai, à la librairie Darrigade à Biarritz de 10h30 à 12h30, le samedi 4 juin, centre Leclerc Anglet de 14h à 17 h, le samedi 11 juin, librairie Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz de 11h à 13h et le dimanche 12 juin, à la maison de la presse d’Ascain, de 10h à 12 h.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Que voulez-vous que l’on refuse à une Marquise, qui a le bon goût d’aimer les bandes dessinées ? Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Manzana et Patxaran sans le GIGN

page 45 Opération jambonReprenant la grande tradition des étapes pyrénéennes, Manzana et Patxaran n’hésitent pas à dévaler à vélo le col d’Ispéguy, à la poursuite de l’infâme Gaiztoa et de l’escroc à la petite semaine Hubert Vindemess. Mais contrairement aux coureurs du Tour de France, ils n’auront pas besoin au cours de cette « Opération jambon » du secours du GIGN et vont très bien se débrouiller seuls. Il est vrai aussi, que lorsqu’on compte au nombre de ses amis Géronimo, Pottoka et l’ancien rugbyman Soso Puleoto, on n’a vraiment pas grand-chose à craindre !

Et dès samedi prochain, les deux policiers entament leur tournée basque et se feront un plaisir de vous offrir un dessin personnalisé et une dédicace de ce tome 3 de leurs aventures.

 

Les prochaines signatures :Scan amis Patxaran

 Samedi 28 mai, librairie Darrigade à Biarritz de 10h30 à 12h30

 Samedi 4 juin, centre Leclerc Anglet de 14h à 17 h.

 Samedi 11 juin, librairie Louis XIV à Saint-Jean-de-luz de 11h à 13h

 Dimanche 12 juin, maison de la presse à Ascain, de 10h à 12 h.

 

La mornifle pour tous

non à l'homophobie, au sexismeLes insultes n’étaient pas « méritées ». Encore moins les taloches en pleine gueule distribuées avec fureur ce samedi 14 septembre 2014, à 1h30 du matin, en plein centre de Biarritz. La victime, que nous appellerons François, un jeune enseignant de 30 ans résidant à Bayonne, a commis le double affront d’être homosexuel et de ne pas conduire assez vite, aux yeux de son agresseur, Pierre-Henri Michel, un entrepreneur basque âgé de 45 ans. Passablement énervé – et carrément éméché – ce dernier avait délivré sa sentence en boxant sa victime : « Sale Pédé, c’est tout ce que tu mérites ! ». Un an et demi après les faits, la justice a finalement fait tomber de son ring ce robuste militant de la mornifle pour tous.

Accompagné de trois amis, François s’apprête à rentrer à Bayonne quand il croise la route du quadra rompu aux rixes de rue. Après une balade nocturne en bord de mer, le groupe regagne sa voiture, garée à deux pas de la rue Gambetta. Pierre-Henri Michel, automobiliste aussi bourrin que bourré, lorgne sur la place de parking qui va se libérer. Il klaxonne pour avancer, fait signe de se grouiller puis invective les quatre amis qui restent interloqués. L’automobiliste pressé sort soudain de sa caisse, tape sur la voiture encore stationnée, avant de cogner François. Bilan de la manœuvre : une Clio cabossée et huit jours d’arrêt de travail prescrits par le médecin qui relève « un traumatisme facial avec excoriations et hématome au malaire gauche » et des « érosions cutanées thoraciques superficielles ».

Des mandales à 6000 balles

Alertée, la police n’aura aucun mal à cueillir, quelques minutes plus tard, l’agresseur qui s’est réfugié dans un bar voisin pour prendre un dernier canon avant d’aller au ballon. Ce mardi 10 mai, le tribunal d’instance finit de le faire décuver en le condamnant à verser 6163,25 euros à sa victime. La CPAM, qui s’est constituée partie civile, empoche pour sa part 446,06 euros.

Sévère même si, regrette François, le caractère homophobe de l’agression n’a pas été retenu par le ministère public comme circonstance aggravante. « Cette agression illustre malheureusement le climat délétère qui s’est installé dans le pays depuis plusieurs mois et qui conduit à l’expression d’une homophobie désormais décomplexée voire violente » avait pourtant dénoncé, Bernard Gachen, président de l’association LGBT les Bascos, dans Sud-Ouest au lendemain de l’agression (http://www.sudouest.fr/2014/09/16/une-agression-homophobe-denoncee-1672466-4037.php). Déjà condamné à trois reprises pour des faits de violences, Pierre-Henri Michel a joué sur un autre registre. Face au tribunal, l’agresseur a réclamé la clémence des juges en rappelant qu’il est le père d’un jeune garçon. L’avocate de François. s’est sentie obligée de rappeler que son client a lui aussi une famille qui préfère nettement voir le petit dernier intact plutôt que cabossé.

Antton Rouget

Décidément, il y prend goût, ce petit garnement ! Jeune journaliste indépendant, ayant déjà déjà collaboré avec plusieurs titres de presse locale et nationale : Le Canard enchaîné, Mediapart, l’Agence France-Presse ou encore la nouvelle revue d’enquête judiciaire Sang-Froid, Antton Rouget offre ce nouveau papier au blog Bisque, Bisque, Basque ! Un très grand merci.

Pour le contacter : @AnttonRouget ou anttonrouget@hotmail.com

 

Le lehendakari se garde l’UDI !

Peyico le Pirate

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Comme vous le savez les jeux sont faits en ce qui concerne le fameux EPCI du Pays Basque. Et d’un score que l’on croyait – ou imaginait – serré, on va vers une assez large victoire du « Oui ».

Cela va, bien entendu, faire le bonheur des partisans du « Oui », camp dans lequel on compte notamment la sénatrice Espagnac et les députées Capdevielle et Alaux. Et puis, évidemment, notre élégant Jean-René, maire de Bayonne et futur roi du Pays Basque. D’où cette formule déjà célèbre qu’il a prononcée l’autre soir (à une heure peu catholique comme dirait Monseigneur Aillet qui  n’arriverait pas à dormir du sommeil du brave après avoir bu une bouteille de Château de l’Hacienda et qui dirait au vicaire général : « Vous avez beau dire, y’a pas seulement que de la pommey’a aut’chose.« ) dans un bar du Petit-Bayonne devant un échantillon de son futur peuple basque :

– L’EPCI c’est MOI !

Dans les partisans du « Non », il reste évidemment notre bien gras d’Ostia, qui digère bien mal l’échec du « Non », vu qu’il risque de le payer le prix fort aux prochaines sénatoriales. Il est vrai que sa position de resplendissant buté reste incompréhensible aux yeux de beaucoup de maires basques, même si cela ne surprend guère le futur lehendakari Jean-René, qui commenta ainsi, entre deux irrintzina, la chose à un observateur qui évoquait ces faits dans ce Petit-Bayonne nocturne où il fait bon fêter les victoires :

– L’attitude du Ostia ? Oh cela ne me surprend pas et me fait penser à un proverbe russe que m’a, un jour dernier, rapporté à son retour de Vichy, en passant par Laval, un vieux consul épuisé de ce pays de neige et de deuils : « Mets un paysan à table, il mettra les pieds dessus« .

Mais au-delà de ces réjouissances et de l’esprit taquin de notre futur lehendakari, il faut toutefois se poser des questions quant à l’avenir des rapports entre les « Nonistes » et les « Oui-ouistes », car on a peur que cela laisse des traces sanglantes. Pour ce faire, il fallait donc une bonne volonté et un homme de paix. Et voilà que ce corsaire de Peyuco Duhart, maire de Saint-Jean-de-Luz, avec sa légendaire et diplomatique bonhommie, a décidé de jouer un coup qui peut être méditer comme une grande leçon, par ceux qui mangent des chips à pleine main en racontant des fadaises au lieu d’agir dans l’intérêt général. Ainsi le bon Peyuco a proposé la chose suivante :

– Le temps de l’apaisement et du travailler ensemble est revenu. Je propose donc de réunir les 10 présidents d’intercommunalité actuels du Pays Basque autour d’une bonne table pour réapprendre à se parler, à travailler ensemble, le plus uni possible, au sujet de l’avenir de notre petit coin de France, de notre cher Pays Basque.

Les dix (dont lui) ont donc dit oui, y compris le Parrain de la Côte, pourtant « Noniste » convaincu, notre Cher Claude Olive, ci-devant maire d’Anglet qui, s’il possède caractère et  tempérament, est tout le contraire d’un buté. Et cet accord facilement obtenu, le Peyuco a lancé, l’air de rien, avec ce grand sourire qui séduit tant les Luziennes sexagénaires aux halles :

– Eh bien il ne me reste plus qu’à choisir un bon restaurant pour vous y inviter tous ! Mais à une condition… C’est que le Président du Conseil des élus (c’est à dire, Ma Chère Thérèse-Marie, le futur Lehendakari  Etchégaray ) soit des nôtres !

Coup de maître ! Et tout le monde a accepté y compris le Parrain de la Côte qui a dit en se marrant, beau joueur :

 – Moi, Tchi-Tchi, je ne fais pas de politiqueu… c’est bien connu. Mais je fais bien volontiers de bons repas, Tchi-Tchi…

Ainsi, la semaine dernière, ce déjeuner a eu lieu. Le bon Peyuco, l’âme joyeuse, avait ainsi annoncé aux dix concernés :

– Nous mangerons des mets exquis, je vous le promets. Pour preuve, il n’y aura ni chips ni Château l’Hacienda à cette table !

Et de cette rencontre apaisée, est sorti un bilan optimiste, ainsi traduit par un convive : « Ce fut franc et loyal. On s’est dit les choses. C’était viril comme ambiance, mais on arrivera à s’entendre. » Et un autre de commenter : « Ce déjeuner marque une nouvelle époque. Celle où nous allons faire désormais de la politique en Pays Basque sans Brisson ni Lasserre. Le Pays Basque n’est plus à eux, nous leur avons repris les clés. Et là-dessus, nous sommes tous d’accord ! Comme une grande respiration dans la vie démocratique. »

 Ce dossier réglé, le lehendakari, de retour dans sa mairie, a fait venir en fin de journée  l’élégant Marco Amestoy, éminence grise et prestigieux  directeur de cabinet dans son bureau-à-la-moquette-toujours-pas-changée :

– Mon Marco, maintenant il est temps de me préoccuper des élections départementales de l’UDI du 4 juin prochain !

– Ah oui, évidemment, Sublime et Sublimissime penseur du Pays des Basques ! Toi qui en es le Président intérimaire par la volonté de Lagarde, à qui vas-tu laisser la place alors à la présidence de l’UDI ?

– A qui ? Eh bien à un homme que j’estime grandement. Un homme de projets et de progrès, un esprit lumineux, une belle et grande intelligence, un juste. Un Saint-Just même !

– Oh mais sublime échauguette des confluences du génie et de la stratégie, ce portrait correspond trait pour trait à toi !

– Eh bien, Mon Marco… Tu as trouvé !

– Oh j’en tremble de bonheur, en frémis d’émotion, en éclate de volupté et de joie.

– N’en fais pas trop quand même ! On dirait du Chipstarrak à qui l’on proposerait une nouvelle indemnité d’élu !

– Es-tu taquin Mon Maître !! Regarde mes menottes, elles ne sont point huileuses !

 Certes oui. Tiens je ne te connaissais pas cette cravate aux couleurs si chipsiennes…

– Je l’ai acquise chez Charvet pour célébrer la victoire du « Oui ». Mais dis-moi, Ponts du Génie et de Saint-Esprit réunis, pourquoi te présenter à cette présidence ?

 Eh bien pour quatre raisons. La première, c’est que  je suis le meilleur !

 Oui, je l’avoue.

 La seconde Bayrou ne doit plus avoir le monopole du centre dans ce département. J’aime bien François, mais cette situation n’a que trop duré…

– Oui et puis avec Ostia comme seul métayer, cela fait trop artisanal.

– On est bien d’accord ! Troisièmement parce que je serai le seul candidat, et que cela évitera des guerres fratricides dans la famille.

 Oui, on n’a pas besoin de cela ! Déjà la Durruty me donne assez de boutons avec ses malices.

– Enfin, le Président de l’UDI dans ce département, sera l’homme fort des législatives et des sénatoriales pour le centre et la droite en 2017. Il donnera les investitures !

– Voilà une stratégie que j’approuve. Tu me fais penser à mes belles années auprès d’Ostia, où j’appliquais MES stratégies de cet acabit, ce qui lui donnait la mine agricole et ravie. Oui, Glorieux Lehendakari, tout recommence ! Nous allons connaître, une fois encore, l’ivresse du vrai pouvoir. Tout recommence… Oh grande est ma joie ! TOUT RECOMMENCE ! je vais aller m’acheter une nouvelle cravate.

Et le Lehendakari, brusquement songeur et regardant par la fenêtre au-dessus de l’Adour la citadelle de Vauban, de murmurer :

 Vois-tu Mon Marco, dans cette affaire, il y a des moments où j’ai été bien seul… Le combat fut rude, ce qui rend la victoire plus belle. Moi, je savais le chemin. Je n’ai pas d’amertume, mais je garde dans la poche de ma veste une liste précieuse où j’ai inscrit, jour après jour, le nom de tous ceux qui ont voulu me tuer. J’ai du respect pour l’adversaire loyal et même brutal. Mais les fourbes, les traitres, les lâches me le paieront, si tel est mon bon plaisir. Certains, les mêmes évidemment, dès demain me parleront de mon triomphe et de ma gloire. Je ne les connais que trop bien ! Alors, je leur dirai ces mots de Sébastien le Preste de Vauban qui a bâti cette citadelle qui est là, intacte : « La véritable gloire ne vole pas comme le papillon ; elle ne s’acquiert que par des actions réelles et solides. Elle veut toujours remplir ses devoirs à la lettre. Son premier et véritable principe est la vérité…« 

Alors sans bruit, tel Louvois sachant s’éclipser quand Louis XIV demeurait solitaire dans ses songes, Marco quitta le cabinet de travail du futur Lehendakari, refermant avec mille précautions, et sans le moindre bruit  la porte capitonnée. Ainsi, Ma Chère, s’écrit aussi l’histoire politique et celles des hommes…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire, à la féliciter ou à lui raconter vos petits secrets. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

La police demande le respect ? Qu’elle soit respectable !

Violences policières 2

La police a raison de demander le respect. mais elle doit aussi se remettre en cause et gommer ses excès.

C’est comme s’il existait des blessés dignes d’intérêt et d’autres non… Ah ça, ils s’en sont donnés à cœur joie tout mercredi, les TF1, RMC, BFMTV et autres médias spécialisés dans le relais de la bonne parole gouvernementale pour prendre la défense des malheureux policiers obligés de manifester Place de la République pour qu’on les respecte. Et comme une voiture de police a eu la bonne idée de brûler quai Valmy, merveilleux hasard, juste devant les caméras de nombre de journalistes, tous ont pu nous offrir de magnifiques images d’insécurité aux heures de grande écoute.

Surtout qu’on ne s’y trompe pas. Je trouve inadmissible que des policiers soient blessés dans l’exercice de leurs fonctions de maintien de l’ordre, comme je trouve inadmissible que des manifestants qui viennent paisiblement exprimer leurs convictions le soient, mais, pour avoir arpenté le pavé des centaines et des centaines de fois en quarante ans de manifestations, je m’étonne un peu du manque flagrant de curiosité de certains de mes confrères journalistes, face à une situation autrement plus compliquée que ce qu’ils veulent bien nous raconter.

Une tradition dépassée

Les violences dans les manifestations ne datent pas d’hier. Elles remontent aux années 68, quand les policiers en pèlerine qui se tenaient par les coudes pour empêcher les manifestants de passer ont été très vite remplacés par des CRS casqués et armés de matraques. Inévitablement les manifestants ont commencé à adopter le casque de moto et le blouson en cuir pour se protéger, couplés aux baskets pour mieux courir. Et la « tradition » voulant que les anarchistes et les « autonomes » se retrouvent en tête ou en queue de cortège pour s’offrir une belle bagarre avec les forces de l’ordre, va petit à petit se créer. Et, tacitement, tout le monde trouve normal que trois abribus ou cabines téléphoniques soient cassés, histoire de signer le passage de la manifestation, estimant que « ça fait partie du folklore ». De la même façon que les bizutages dans les grandes écoles ne doivent plus être tolérés, cette tradition de casse, qui va désormais souvent de pair avec des pillages délibérés de magasins, doit être réprimée durement avant que des participants, qu’ils soient en uniforme ou en civil, n’y laissent la vie, car le suréquipement des forces de l’ordre entraîne « mécaniquement » le suréquipement de ceux qui veulent en découdre, au lieu de se contenter d’exprimer leur point de vue.

Un commandement défaillant

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Quand des gens qui venaient défiler pour exprimer leur opinion, se font matraquer, des haines durables s’installent.

Quand un joueur de rugby perd son sang-froid sur le terrain, c’est le rôle de son entraîneur de le calmer. Tout le monde peut comprendre qu’un CRS qui s’est fait injurier pendant des heures et bombarder de projectiles ait envie d’en découdre quand il reçoit l’ordre de charger. Mais, toutes les vidéos qui ont été prises du côté des manifestants (Frileusement, la majorité des journalistes suivent la manifestation à l’abri derrière les forces de l’ordre) montrent une tendance des officiers à fermer les yeux sur les excès de leurs hommes et à les couvrir s’ils sont pris en flagrant délit. Quand un lycéen de 15 ans, les mains menottées dans le dos, se fait casser le nez froidement par un CRS, est-ce vraiment nécessaire ?

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/video-lyceen-frappe-au-visage-par-crs-en-marge-dune-manifestation/

Quand des consommateurs attablés à une terrasse et regardant passer une manifestation contre la réforme du code du Travail se prennent une grenade lacrymogène et que l’une des intéressées qui proteste reçoit un coup de pied dans le ventre, est-on vraiment dans le rôle du « maintien de l’ordre ? »

https://www.youtube.com/watch?v=d5Xifqv6C0w

Et on ne parlera pas des manifestants ayant perdu un œil ou ayant eu une main arrachée, voire y ayant laissé la vie. Télérama, qui s’appuie dans son numéro du 23 mars sur ce rapport de l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la peine de mort, rappelle que 26 personnes sont mortes sous les coups de la police, entre 2005 et 2010, essentiellement “des jeunes issus de minorités visibles”. Et que dire de la mort du militant Rémi Fraisse, opposant à la construction du barrage de Sivens dans le Tarn, tué, en octobre 2014, par une grenade offensive, alors qu’il avait les mains en l’air selon tous les témoins ?

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/25/sivens-remi-fraisse-avait-les-mains-en-l-air-lorsqu-il-a-ete-tue-selon-de-nouveaux-temoignages_4890382_1653578.html

À chaque fois les médias annoncent l’ouverture d’une enquête par la police des polices et à chaque fois, on a le sentiment que le rôle de l’IGS (Inspection Générale des Services) consiste simplement à endormir l’opinion avant de disculper en douce le fonctionnaire mis en cause. Comment voulez-vous dans ces conditions que la haine ne se développe pas entre policiers et manifestants ?

D’autant plus que cette faillite du commandement se retrouve au sommet de l’État. Est-ce le rôle du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, d’annoncer, comme un chasseur présentant fièrement son tableau de chasse, le nombre d’interpellations après chaque manifestation et n’est-ce pas une incitation directe donnée à la police de « gonfler » à tout prix son tableau de chasse, quitte à ce que quelques paisibles badauds se retrouvent encabanés avec les autres ? On aimerait que ce ministre, fort efficace par ailleurs, se souvienne que son rôle consiste à maintenir l’ordre et non à faire dans la surenchère ? Au lieu de cela, comme en témoignent des vidéos de passants, des commandants de CRS lancent à leurs troupes « Instruction : violence maximum »

http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/03/violences-policieres-les-videos-nourrissent-colere-263939

Une culture de la provocation

Reste enfin, cette détestable habitude policière française de provoquer pour mieux discréditer. Que des policiers en civil se glissent au milieu des manifestants pour mieux repérer les casseurs, passe encore ! Mais que des policiers agissent et commettent des exactions pour retourner l’opinion publique contre les manifestants, voilà qui est inacceptable et qui se répète depuis cinquante ans! Manifestation de la sidérurgie lorraine à Paris, en 1979 : je n’ai jamais vu les grands boulevards aussi remplis. Une foule grave et digne s’est jointe aux ouvriers qui vont perdre leurs emplois. À deux mètres de moi, à hauteur du Boulevard Poissonnière, une automobiliste, sans doute venue d’une rue adjacente, se retrouve coincée au volant de son véhicule. Soudain un manifestant au visage caché par un capuchon sort un manche de pioche et lui explose son pare-brise. Nous sommes tellement surpris, alors que le cortège manifeste une dignité à toute épreuve, que nous nous lançons à deux ou trois à la poursuite du casseur. L’automobiliste court derrière nous en hurlant. Le fauteur de trouble parcourt quelques centaines de mètres avant de s’engouffrer dans la rue du faubourg Montmartre et de trouver refuge… dans un fourgon de police. Nous comprenons immédiatement, mais pas la femme qui nous a rattrapé et qui hurle « Il s’est trompé… Il s’est trompé… Arrêtez-le ! » et tambourine à la porte du véhicule, tandis que les policiers présents derrière les grilles du véhicule prennent l’air absent et regardent le ciel. Nous raccompagnons la femme à sa voiture et l’aidons à évacuer le verre brisé. Elle n’en revient pas et répète inlassablement qu’on lui aurait raconté cela, elle n’y aurait pas cru.

Les donneurs de leçons des grands médias défenseurs de la police ne sont pas sans savoir qu’une provocation du même ordre a eu lieu, le 1er mai dernier, place de la République. Des riverains, des journalistes, dans des messages privés, ont témoigné sur l’étrange attitude des forces de l’ordre ce soir-là… Mais c’est tellement plus simple de détourner le regard quand les faits ne correspondent pas aux postures que vous souhaitez adopter ! Résumons-nous pour ceux qui auraient raté l’épisode. Tous les soirs, les policiers contrôlaient les arrivants qui venaient rejoindre le collectif « Nuit Debout » et leur faisaient ouvrir leurs sacs pour vérifier qu’ils ne contenaient rien de dangereux. Le 1er mai, pas le moindre contrôle ! Et comme par hasard deux heures après, des jeunes casseurs commencent à dévaster la place de la République. La police charge particulièrement brutalement et s’en prend aux paisibles militants de « Nuit debout ». Résultat : dès le lendemain, les participants sont moitié moins nombreux, les tièdes ayant préféré rester chez eux.

http://www.20minutes.fr/insolite/1838331-20160503-manifestation-1er-mai-militants-nuitdebout-denoncent-violences-policieres-twitter

Et c’est sans doute à cause de mon mauvais esprit légendaire que je ne peux m’empêcher d’exprimer un certain scepticisme sur la voiture de police qui a opportunément brûlé, mercredi après-midi, devant  nombre de caméras. A priori l’identification des coupables devrait être simple, mais, curieusement, personne n’a encore été arrêté.

Alors oui, je comprends la fatigue et la colère des fonctionnaires de police. Mais pourquoi un travail objectif sur ce qui se passe réellement dans les manifestations n’est-il pas fait ? Pourquoi annonce-t-on systématiquement le nombre de fonctionnaires de police blessés et pas celui des manifestants ? Pourquoi les plaintes de victimes finissent-elles toujours par un non-lieu, même quand la vidéo prise par des témoins neutres est édifiante? La police veut être respectée et elle a raison, car elle est indispensable dans un état de droit. Mais qu’elle soit respectable et ne couvre pas systématiquement d’un voile pudique les excès que certains de ses membres commettent, avec la bienveillante complicité de leur hiérarchie.

 

L’heureuse exception biarrote

Pour quelqu’un qui habite le Pays basque et n’a jamais vécu de manifestation parisienne, il est sans doute difficile d’imaginer ce qui se passe dans la capitale. À Biarritz, plusieurs fois, la police, qu’elle soit nationale ou municipale, m’a beaucoup impressionné par sa façon de maintenir l’ordre avec fermeté et pragmatisme. L’anecdote qui me vient à l’esprit remonte au mois d’août 2015, rue du Helder, vers 5 heures du matin. Alors que je pars à la pêche, un adolescent d’une quinzaine d’années zigzague dans la rue au point d’empêcher une voiture de la police municipale de poursuivre son chemin. Après un appel de phares, le jeune homme se retourne et se met à insulter très violemment les deux fonctionnaires de police. La jeune femme qui était au volant descend, suivie par un géant, modèle Jérôme Thion ou David Couzinet. Réflexe de Parisien, je me dis que le môme va passer un très sale quart d’heure.  Au lieu de cela, je vais assister à une leçon de vertu républicaine. La jeune femme : « Monsieur, vous nous insultez, alors que nous faisons notre travail. Vous n’avez pas l’air bien et on s’inquiète pour vous ». Le gamin continue à marmonner, mais baisse d’un ton. « Vous étiez avec des amis ? Comment se fait-il qu’ils vous aient laissé seul dans cet état ? » Avant de conclure : « Où habitez-vous ? On va vous raccompagner, car vous allez provoquer un accident ».

Voilà une police respectable, loin, très loin, des contrôles au faciès et autres brutalités inutiles qui provoquent les haines durables…

Encore eux !

Couv_Manzana3 (2)« Opération jambon« , tel est le nom de code de cette nouvelle aventure. L’infâme Gaiztoa, après avoir raté son trafic de drogue à grande échelle, après avoir échoué à bétonner la Côte basque, va tout faire pour gagner un maximum d’argent en écoulant un jambon chimique et grossièrement imité. Ceux qui le goûtent tombent malades et ils sont suffisamment nombreux pour qu’un début de panique ébranle le Pays basque français.

Voilà donc nos deux policiers Patxaran et Manzana à nouveau mobilisés, prêts à tout pour défendre ce joyau de la gastronomie basque. Au cours de cette enquête, qui les conduira à Biarritz, Bayonne, Anglet, mais aussi aux Aldudes, à Baigorri et à Pasaia, ils pourront compter sur l’aide décisive de Géronimo, de Pottoka, et aussi de l’ancien pilier du BO Soso Puleoto.

Ce troisième tome des aventures de Manzana et Patxaran sera en vente dès la semaine prochaine… Et les dessins sont toujours de Pierre George.

 

p023

Comme c’est curieux, Pasaia, avec ses drapeaux basques à toutes les fenêtres, semble beaucoup plus plaire à Patxaran qu’à Manzana…

p056

Non, vous ne rêvez pas : Patxaran a accepté d’enfiler le maillot rouge et blanc des anciens du BO pour jouer aux côtés de Soso Puleoto.

Panama papers : des familles concernées dans le 64

Adresses 64

Extraites des 11,5 millions d’adresses qui ont fuité, voici les huit adresses de ce département où à un moment ou un autre a été domicilié un compte panaméen… Ce qui ne prouve pas que l’actuel occupant du domicile soit pour autant le titulaire du compte, même si des recoupements simples vont vous permettre de vous faire une idée.

Si pour la majorité des habitants de ce département, le Panama reste une lointaine réalité géographique, pour d’autres, qui ont le feu aux moteurs en ce moment, c’est encore beaucoup trop près. Rendons d’abord hommage à tous ces journalistes qui ont eu l’intelligence de s’associer pour dépouiller les 11,5 millions de données qui ont fuité du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Dans un métier où l’ego n’est pas mince, et où souvent la réputation tient à un article basé sur une photocopie aimablement fournie par un avocat, il fallait de la foi, de la ténacité et de l’humilité pour s’attaquer ainsi à la finance internationale, dans ce qu’on appelle désormais les Panama papers.

Merci ensuite à tous les petits génies de l’informatique, et en particulier à mon copain Michel, qui a su patiemment extraire les 876 adresses françaises et les 962 donneurs d’ordres passés en France, pour ne conserver que les huit qui nous intéressent au plus haut point.

Avant de regarder d’un peu plus près ces adresses et les détails qui y sont attachés, plusieurs remarques s’imposent. Si l’identification de l’ancien ministre Jérôme Cahuzac ne fait guère de doute, car on se demande vraiment quel est le pays du globe où il n’avait pas planqué un compte, d’autres s’avèrent plus complexes, entre les fautes de saisie des employés panaméens, les adresses volontairement elliptiques et la présence de comptes anciens, clôturés depuis.

Mais vous allez voir qu’avec un peu d’habitude, l’écheveau n’est pas si complexe que cela, si vous allez sur le site (en anglais) du consortium des journalistes.

https://panamapapers.icij.org/

Cliquez sur la rubrique « Panama papers companies revealed », tapez le nom propre ou le nom de ville qui vous intéresse et un magnifique graphique, révélant toutes les éventuelles sociétés écrans apparaîtra.

Par exemple si vous tapez successivement LESCAR, puis BAYONNE, CAMBO, HASPARREN et OLORON, vous obtenez ceci :

Lescar

LESCAR

BAYONNE

Cambo

CAMBO

HASPARREN

HASPARREN

Oloron Sainte-Marie

OLORON SAINTE-MARIE

Et surtout, si vous cliquez sur le nom mentionné ou sur les intermédiaires bancaires, vous obtenez tout le montage capitalistique qui a été réalisé, puisque certains se sont contentés de verser directement de l’argent, tandis que d’autres ont monté des sociétés écran.

Les sereins et les paniqués

Internet étant un outil merveilleux, il est très facile grâce aux pages blanches de retrouver les numéros de téléphone des intéressés, qui restent parfois sans voix quand vous leur demandez des nouvelles de leurs comptes au Panama, ou qui vous implorent de ne pas les citer car ils s’attendent d’un instant à l’autre à voir débarquer le fisc (qui doit se frotter les mains de voir ainsi leur travail facilité !)

D’autres ignoraient visiblement leur présence sur les listings de Panama papers et ne perdent en rien leur bonne humeur, demandant même au journaliste de leur communiquer le lien Internet, pour qu’ils vérifient par eux-mêmes avant de reconnaître les faits sans la moindre hésitation.

Ainsi le très affable Philippe Aubert, habitant à Urrugne, ne s’échappe pas. « J’étais à Hong Kong, dans les années 80 où je dirigeais la banque Paribas.  Aussi des amis asiatiques m’ont demandé de les conseiller quand j’ai crée ma société de conseils début 90. Latinate a donc signé avec ma société un mandat d’assistance dans la gestion de ses avoirs. Ma société recevait annuellement une commission, naturellement intégralement déclarée. L’activité a diminué et j’ai cessé définitivement en 2011. Je suis maintenant retraité, j’ai quitté la banque Paribas il y a vingt-cinq ans et je n’ai rien à cacher. »

Si on clique sur le nom de l’intéressé, de nombreux détails apparaissent, confirmant les propos de Philippe Aubert.

Philippe Aubert détails 01

Et l’on voit bien, quand on clique sur  LATINATE INVESTISSEMENTS LTD, que l’argent des clients du conseiller financier est passé par un certain nombre de sociétés intermédiaires comme THE BEARER ou BDO COMPAGNIE FIDUCIAIRE, avant d’atterrir à LATINATE INVESTISSEMENTS LTD.

Philippe Aubert détails 02

Mais l’ancien financier qui n’est pas dupe reconnait que dans la liste  mise à jour par les journalistes se cache presque autant de cas d’espèces que de noms.

Quand on vous disait que ce listing des Panama Papers était passionnant….

Allez les curieux, en chasse !

 

PAYS BASQUE SUD

L’ex boss de Yahoo! Europe rentre au bercail

Résidant à Bilbao, Javier Etxebeste boostait ses activités aux Îles vierges britanniques pendant qu’il dirigeait Yahoo! Europe. Il a fini par quitter le géant du web avant de rapatrier sa société off-shore au Pays Basque, fin 2013.

Son flair pour les bonnes affaires l’a propulsé à la direction générale de Yahoo! en Europe. Pendant plus de dix ans, Javier Etxebeste Otegi, entrepreneur basque passé par la présidence Yahoo! Iberia avant de prendre la tête du groupe sur le continent, a multiplié les coups dans le web et l’immobilier à Bilbao et à Londres. Mais, la success story de ce globe-trotter qui, parti de rien, a gravi les échelons du géant américain, était incomplète : en lien avec le cabinet Mossack Fonseca, Etxebeste a détenu une société off-shore dans le paradis fiscal des Îles vierges britanniques de 2002 à fin 2013, a découvert Bisque, Bisque, Basque! en se plongeant dans les Panama Papers.

C’est le 7 mars 2002 que l’ancien étudiant en économie de l’université de Deusto, issu de la première génération d’élèves de l’ikastola (école immersive en langue basque) San Fermin de Pampelune, découvre Mossack Fonseca, le Panama et l’hospitalité reconnue des Îles vierges britanniques. À l’époque président de Yahoo! Iberia après en avoir été directeur général pendant trois ans, il créée la société off-shore Weaver Associates LTD par l’intermédiaire de Thomas Short, un noble anglais qui gère aussi, au passage, les affaires de deux arrière petits-enfants du dictateur Franco, Francisco et Juan José Franco Suelves.

Weaver Associates gère les activités immobilières et de conseil d’Etxebeste, pendant que celui poursuit son ascension en accédant, en novembre 2002, à la direction générale de Yahoo! Europe, en charge notamment de la gestion des marchés (sic). Il quittera ce poste deux ans plus tard pour se concentrer sur ses affaires personnelles à travers le monde (Bilbao, Londres, mais aussi l’Australie, l’Inde et le Brésil) : les sociétés Nestoria et Lokku (vente de biens immobiliers en ligne), revendues au groupe australien Mitula en septembre 2015, et Daybat (conseil en entreprise).

En décembre 2013, Javier Etxebeste rapatrie finalement Weaver Associates LTD, qui deviendra Dida Investments au Pays basque. Pour quelles raisons ? Sollicité pour s’expliquer sur ses investissements, l’entrepreneur a refusé de répondre à nos questions. « Je construis l’avenir à travers le monde mais, malheureusement, regrettait-il dans une interview en mai 2013, dans notre société, si tu veux développer tes affaires, tu te transformes en esclave ». C’est sans doute pour échapper à cette terrible épreuve, qu’Etxebeste a planqué son business dans les paradis fiscaux.

Antton Rouget

Le cri de colère de Nathalie, précaire depuis 28 ans

bonnet-phrygienGrosse castagne sur « Bisque, bisque, Basque ! », aujourd’hui, à propos de l’article « Un gouvernement indigne ». Un courageux anonyme est venu doctement expliquer que j’étais un journaliste populiste et que le « confort douillet des cabinets ministériels » n’était pas une réalité. Deux lecteurs assidus, Paul Bismuth et Nathalie ont tout de suite vivement réagi. Et comme l’anonyme était décidément nul en informatique, en trente secondes sa couverture est tombée. Il s’agit de Jean-André Schneck, énarque, membre du Chêne et des Républicains, et accessoirement voix de son maître de Max Brisson qui a déjà utilisé à mon encontre l’argument du « journaliste populiste ». Comme vous pourrez le constater par vous-même, le débat a fait rage (https://jeanyvesviollier.com/2016/05/12/ce-gouvernement-indigne/). Comme je ne voulais pas que ce cri de colère de Nathalie et son exaspération face aux élites bien pensantes se retrouvent dans les profondeurs du blog, j’ai décidé de mettre en exergue son texte de manante mécontente bien décidée à fesser le pédant énarque. Bonne lecture !

Il est sûr que ce n’est ni grâce à vous, ni grâce à la moindre initiative politique, bien au contraire. Pour le reste, parlez de ce que vous connaissez et cessez de nous faire prendre des situations de misère pour des situations humaines et enviables. Quand vous allez de petits contrat en chômage, vous n’avez aucun avenir. Vous n’êtes que dans la survie. Le compte à rebours entre le début de votre contrat et le chômage. La survie ne fait pas des citoyens. Elle fait des enragés. Ce que vous ne parvenez pas à comprendre. Si ma vie professionnelle est si enviable, échangeons ! Le problème est que vous ne pourriez pas tenir le choc, pauv’ mignon. Aujourd’hui, comme beaucoup, je n’ai strictement plus rien à perdre. Vous si. Ce que vous devrez mettre dans la balance si nous nous trouvons face à face. Ce que les gouvernants vont devoir intégrer, si les gens commencent à se soulever en masse.

Nos politiques ont voulu faire de nous des variables d’ajustement, éventuellement des incultes en se disant que nous serions plus malléables, des gens sans aveu (ce qui veut dire sans situation), ont déformé le vocabulaire, tordu la sémantique et brisé les liens sociaux. Très bien. Nous sommes désormais des mercenaires, des itinérants, des déracinés, des isolés mais aussi de plus en plus des barbares. Si c’est ce que vous jugez être l’avenir doré au service d’une économie qui devrait être au service de l’humain, grand bien vous fasse. Ne vous étonnez pas du retour de manivelle.
Quant à parler de celles et ceux qui végètent ou pas à l’ANPE, c’est d’une facilité telle qu’on se demande comment un esprit aussi brillant que le vôtre ne parvient pas à s’élever un peu. En même temps, comme vous ne volez pas au dessus de la ceinture si je m’en réfère à vos valeurs politiques et idéologiques, il n’y a là rien d’étonnant.

Enfin, j’espère qu’au nombre des agents publics vous comptez tous les hauts fonctionnaires qui bouffent à tous les râteliers et servent bien plus les petits intérêts du privé que ceux de l’Etat et de ce pays, ainsi que tous les suceurs de roue de votre espèce, qui sont le plus souvent rattrapés par les bretelles et recasés immédiatement par un copain politique, sans passer par la case « recherche d’emploi ».
Vous n’êtes ni réactionnaire ni révolutionnaire. Vous êtes anachronique et sans vision. En terme d’utilité – puisque c’est ainsi que sont traités les gens désormais et les chômeurs en particulier – la vôtre se discute donc amplement.

Quant à mon vocabulaire, il a le mérite d’être clair, contrairement à la langue de bois politicienne qui retire tout leur sens aux mots. Avant de donner des leçons de courtoisie, Monsieur, il faudrait d’abord apprendre que la première des courtoisies consiste à ne pas traiter de populiste quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous, à ne pas assimiler des gens qui n’ont pas cherché à se retrouver au chômage de saprophytes, à ne pas parler de l’Etat, de la France et de la citoyenneté, quand très visiblement vous et vos semblables n’en avez cure. Alors certes, il se peut que le populo, lorsqu’il parle véhémentement, postillonne un peu. Vous, ce sont des copeaux que vous bavez sur les micros. C’est tellement plus chic, plus sélect et mondain.

Et je me joins à Bismuth pour dire que les énarques sont totalement décalés quant à la réalité de ce pays. Nous ne sommes ni des statistiques, ni des numéros, ni des variables d’ajustement, ni des théories. Ce que nous vous rappelons ici. Vous êtes inculte de votre propre pays. Inculte de ce qu’est la notion de citoyenneté. Inculte en bien des matières et sur bien des sujets, ce qui explique probablement en partie l’état dans lequel est ce pays. Vous êtes de petits boutiquiers étriqués et affairistes au sens le plus péjoratif du terme.
En ce qui la concerne, la classe politique est un scandale ambulant. Et croyez bien que ça me fait mal de le dire si l’on se réfère à l’adage selon lequel on a les élus qu’on mérite. ça fait quand même quelques années désormais qu’on a de véritables purges qui devraient nous faire penser que nous sommes devenus un peuple de décérébrés incompétents, d’un abrutissement assez remarquable en revanche.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si c’est en toute conscience que vous préparez la guerre, qu’elle soit civile ou inter-Etats. Parce que c’est ni plus ni moins ce que vous êtes en train de faire. Et ça, c’est une accusation très directe. Mais qu’avez-vous d’autre à proposer évidemment… C’est du travail que de construire un projet commun. Il est facile de diviser pour mieux régner. En oubliant les risques. Parce que lorsque grâce à vous les classes moyennes auront fini de taper sur la partie basse de leur classe, qui tape sur les pauvres, qui tapent sur les miséreux (parce que c’est plus facile), il nous viendra peut-être à l’esprit que le poisson pourrit par la tête et que c’est donc la tête qui doit être coupée.

Par ailleurs, un type aussi brillant et cultivé qu’un énarque de votre espèce a certainement quelques notions d’Ancien Régime. Vous devez donc connaître cette formule concernant l’impôt qui devait se percevoir « le riche aidant le pauvre ». Il serait intéressant de l’appliquer aujourd’hui. Ce serait un progrès voyez-vous. Parce qu’assez curieusement, dès qu’il s’agit de progrès selon votre mode de pensée, vous puisez allègrement dans le XIXe siècle, au risque d’oublier des sentences aussi progressistes que celle-ci que vous trouvez au XIVe siècle. C’est dommage. Quand on plonge dans le passé, il faut ne pas hésiter à y aller franco.

Et vous devriez aussi peut-être relire le discours du 22 floréal de l’an II, que Barère lisait, devant la Convention Nationale. C’était un premier rapport fait au nom du Comité de Salut Public, sur les moyens d’extirper la mendicité dans les campagnes et sur les secours que doit accorder la République aux citoyens indigents.
Combien est d’actualité ce passage notamment : « Laissons à l’insolent despotisme la fastueuse construction des hôpitaux pour engloutir les malheureux qu’il a faits & pour soutenir momentanément des esclaves qu’il n’a pu dévorer. Cette horrible générosité du despotisme aide encore à tromper les peuples & à les tenir sous le joug. Quand les mendiants se multiplient chez le despote, quand ils lui choquent la vue, qu’ils lui donnent quelque inquiétude, des maréchaussées, des édits, des prisons sont sa réponse aux besoins de l’humanité malheureuse. »

Monsieur, vous n’êtes qu’une aberration en ce début de XXIe siècle. Et ces idéologies morbides et destructrices que vous véhiculez les uns et les autres sont littéralement nocives et létales pour notre société, notre pays, l’Europe et le monde.

Les Biarrots refusent Linkysition d’ERDF

Sur http://www.next-up.org/France/Linky.php vous trouverez les informations et les autocollants permettant de – tenter !- de s’opposer au coup de force d’ERDF.

Comme tous les élus, Michel Veunac maîtrise à merveille la recette du pâté d’alouette, comme ont pu le constater les Biarrots présents à la réunion d’information, organisée à son initiative mercredi 11 mai au Casino de Biarritz : appliquant à la lettre la recette du fameux pâté qui prévoit un cheval pour une alouette, notre grand démocrate, roi du débat équilibré, a invité cinq intervenants totalement favorables aux compteurs Linky, face au  représentant de « Biarritz Antennes », dans le rôle de l’alouette pas décidée à se laisser plumer.

(http://www.facebook.com/Biarritz-Antennes-1654239588174934/)

Premier constat extraordinaire, les deux représentants de L’Agence Régionale de Santé et de l’Agence Nationale des Fréquences concèdent que les études scientifiques sont loin d’être terminées et qu’ils sont bien incapables pour le moment de dire si les ondes électromagnétiques émises par ces nouveaux boîtiers peuvent être nocives. Ce qui n’empêche pas ERDF, faisant fi de tout principe de précaution, d’installer à toute allure les fameux compteurs dans Biarritz, y compris quand les citoyens refusent. La raison de cette hâte ? « La possibilité pour les clients de mieux gérer leur consommation », ritournelle reprise par une des responsables de l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie. Comme si le souci d’ERDF était de moins faire payer ses clients !

Après une heure de pitoyables hésitations, d’étranges louvoiements et d’édifiantes dérobades d’interlocuteurs postulant au concours du meilleur bafouilleur, tout le monde a compris que les instances nationales d’ERDF ont décidé de ne pas envoyer des lumières à ce débat, par crainte de friture sur la ligne et que les zones d’ombre du projet ne sont pas près d’être éclaircies avec ces intervenants à bas voltage.

Prenant son rôle de Monsieur Loyal très à cœur (« On ne va pas passer Linky par le 49.3 »… « Je m’aligne sur la position des maires de France »… « La diabolisation de Linky est excessive », Michel Veunac donne alors la parole à une salle sous haute tension, comme on en voit rarement à Biarritz.

Entre les témoignages de nouveaux « heureux propriétaires » de compteurs Linky, souffrant d’acouphènes ou d’insomnies, et ceux d’anciens ingénieurs contestant totalement les affirmations d’innocuité d’ERDF, on comprend vite que le nouveau joujou est loin d’être anodin.

Un vilain mouchard qui va enrichir ERDF

D’autant plus que le problème sanitaire n’est pas le seul posé par ce compteur. Qui a envie d’introduire chez lui un petit rapporteur ? La Ligue des droits de l’homme, dans un communiqué daté du 19 avril dernier constate : « Linky est très bavard : les informations qu’il collecte constituent une intrusion dans la vie privée de soixante-six millions d’habitants, car le transfert des données détaillées sur la consommation d’énergie (par exemple toutes les dix minutes) permet notamment d’identifier les heures de lever et de coucher, les heures ou périodes d’absence, ou encore, sous certaines conditions, le volume d’eau chaude consommée par jour, le nombre de personnes présentes dans le logement, etc. Au point que la Cnil a travaillé sur un « Pack de conformité » et préconisé qu’EDF obtienne de l’usager son consentement pour le transfert de ses données. Or de ce consentement il n’est absolument pas question dans les courriers envoyés par ERDF annonçant le remplacement des compteurs. »

(http://www.ldh-france.org/linky-compteur-communicant-en-dit-beaucoup-notre-vie-privee/)

A cette question, les responsables d’ERDF ont les fusibles qui sautent et se gardent bien de répondre. Mais non, c’est juré, ERDF, ce n’est pas l’Inquisition ni même linkysition ! Mais, alors que la vente de données ciblées rapporte des sommes colossales, il serait bien étonnant qu’à terme ERDF, résiste aux sollicitations policières ou à la tentation de revendre à Damart, ou autres marchands de soupe, la liste de ceux qui chauffent encore leur domicile le 15 mai. Ce que la Poste pratique depuis des années par l’intermédiaire de sa filiale Mediapost, avec des facteurs touchant des primes lorsqu’ils donnent des informations sur vous.

Et l’on ne vous parle pas du coût financier et écologique des 35 millions de compteurs électriques en parfait état de marche qui vont alimenter les déchetteries ! Ou de cette réflexion désopilante d’un responsable d’ERDF, qui avait visiblement dû mettre la veille ses doigts dans la prise : « Les salariés qui installent les compteurs n’ont pas à être malmenés… D’ailleurs ce ne sont pas des électriciens ! » On avait compris !

Tandis que du côté des intervenants, le court-circuit est total, Michel Veunac s’efforce de jouer au maire débranché qui ne sait pas pourquoi il est là (Nous non plus, d’ailleurs !) : « Je suis pris dans un étau entre les questions légitimes que vous vous posez, mes ignorances et la loi ».

Heureusement l’adjoint à l’Environnement Guillaume Barucq, dans une intervention très claire, aussi publiée sur son blog, affirme qu’il refuse en tant que médecin l’installation de ce nouveau compteur à son domicile, faute d’études scientifiques sérieuses et s’étonne, même si une loi a été votée, qu’on ne laisse pas le libre choix aux citoyens.

(http://www.biarritz2020.fr/linky-pour-un-libre-choix-des-citoyens/)

Enfin un peu de clarté dans ce monde d’illuminés !

La Chips chez Henri Hourra

Fandango Brisson

(Dessin Pierre George)

Ma Toute Douce,

Ces chroniques, que vous me faites le plaisir de lire et de commenter chaque semaine, semblent attirer, de-ci, de-là, quelques lectures… Et je dois bien vous avouer que la vieille dame que je suis, aime à recevoir, par la magie de l’Internet, du courrier de quelques-uns de mes fidèles lecteurs. Je fais mon miel de ces lectures, que je garde en général pour moi. Mais cette semaine, je m’en voudrais de ne pas vous faire partager cette correspondance reçue d’un lecteur camboar, suite à la publication de quelques écrits sur le petit Lu d’Arnaga, le si précieux Vincent-Un-Bru-de-sa-Personne…

« Mes hommages Chère Marquise,

Je serais très honoré de pouvoir recevoir régulièrement dans ma misérable masure Votre Lettre hebdomadaire. Les premières dont j’ai eu connaissance, ont été captivantes et ô combien enrichissantes pour le manant que je suis. Il se trouve que j’appartiens au tiers-état de bas-étage de la charmante cité de Cambo-les-bains et donc, vous l’aurez deviné Chère Marquise, vous qui semblez plus puissante que l’oracle de Delphes, je m’intéresse de très près au destin régional et national, voire international, du petit-lu local, ci-devant petit duc d’Arnaga et roitelet de la Mairie depuis le siècle dernier … Néanmoins, je n’ose l’imaginer, comme vous le susurrez, courir en petites foulées sur les sentiers rostandiens en collant moulant afin de se mouler les fesses. Il s’en dégagerait un érotisme tel, que même les angelots asexués veillant au bord du jardin à la française en rougiraient, si bien que la facture de 180 000 € votée dernièrement au Conseil municipal pour les restaurer s’en trouverait conséquemment alourdie… Ne pourriez-vous intercéder afin que ses muscles fessiers se moulassent de façon plus aristocratique et moins roturière ? La populace kanboarde vous en saurait infiniment gré…

Dans l’attente de lire vos délicieux propos dans une prochaine Lettre, recevez honorable Marquise l’expression de ma profonde révérence plébéienne.

 Ilargi »

Vous comprendrez combien cette prose m’a amusée… Qu’Ilargi m’écrive quand bon lui semble ! Et je dois également vous livrer le commentaire quelque peu trivial que me fit mon vieux jardinier, Balthazar, à qui je parlais de justement de cet envoi charmant l’autre après-midi : « Té M’am la Marquise… 180.000 zeuros pour se muscler le cul… Qui l’eût cru ! »

 Mais à propos de musculation et de vie sportive, laissez-moi donc vous parler de notre ami Max-La-Chips qui poursuit sa dure vie de chercheur de subsides… Tout d’abord, il s’est décidé à faire quelques efforts vestimentaires et s’est amené, l’autre jour, à une réunion biarrote des Républicains avec une chemise immaculée du plus bel effet, sous l’œil éperdu d’admiration de Nalpas-Plat et de son non moins joyeux drille, le gracieux FX-qui-s’fixe.

Oui, ces deux cerveaux brissoniens, ont pu admirer la blancheur inhabituelle (presque suspecte, pourrions-nous dire…) de la chemise de notre Max-la-Mélasse et la particularité de la confection des manches de la chose, qui donnèrent l’impression de provenir des terres espagnoles voisines.

Mais le plus comique de l’histoire, fut le côté « coupe slim » du nouvel habit qui semblait quelque peu manquer d’ampleur pour l’auguste ventre de l’ami d’Ostia. Et à écouter le récit plein d’humour de cet aimable participant, je n’ai pu m’empêcher de pouffer : « Comment vous dire Chère Marquise… Max était comme compressé du bas ! Du coup, on pariait sur la résistance des boutons, nous attendant à tout moment à les voir traverser la pièce telles des ogives nucléaires. En fait, cette coupe slim lui donnait un peu la silhouette d’un artichaut, si vous voyez ce que je veux dire… Et cette blancheur si éclatante du tissu, est-ce un investissement bien raisonnable dans le fond ? Car, à mon humble avis, les futures taches finalement s’y verront beaucoup plus qu’avant encore… »

Toutefois sa nouvelle chemise blanche, le Max-la-Mélasse a pu l’essayer l’autre dimanche, 8 mai, à la Fête des Ikastolas, lors de la 33e édition d’Herri Urrats qui a accueilli pas loin de 50.000 participants. Et personne ne pourra lui reprocher de venir faire de la politicaille chez les Basques dont il espère les bonnes grâces pour la suite de sa carrière. Mais en revanche du côté de Biarritz, très peu de « Compagnons » des Républicains biarrots ont apprécié qu’il aille danser le fandango du côté de Saint-Pée, choisissant ainsi incompréhensiblement de sécher purement et simplement les cérémonies du 8 mai au Monument aux Morts de Biarritz, comme l’expliquait cet ancien bien énervé : « Franchement Brisson qui se dit gaulliste et qui nous serine depuis quelques mois son amour retrouvé pour Biarritz, qui veut à nouveau en être maire après avoir été foutu à la porte de partout, ose, lui le soi-disant gaulliste, sécher les cérémonies anniversaires de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Pourtant pour un gaulliste, rien n’est plus sacré que cela ! Le maire Michel Veunac lui était bien là, ainsi que plusieurs de ses adjoints et pour l’opposition heureusement qu’il y avait  Maïder Arostéguy, une vraie Biarrote elle !»

Eh oui, que voulez-vous ma chère, notre Chips a inventé du côté de Senpere, le fandango-bras-d’honneur au Général, qui ne manquera pas d’être apprécié comme il se doit par ceux qui ont encore des valeurs conformes à leur engagement…

Et il faut dire que ce choix de la Chips a toute une histoire, comme me l’a raconté ce proche de l’inimitable champion de la dextérité intellectuelle qu’est le modeste et humble Pierre Lahore, directeur de cabinet de Ostia : « En fait, Lasserre qui aime les Basques comme le baigneur aime le cambouis à la plage, n’avait pas du tout l’intention d’aller salir son nouveau costume que lui a payé la Ostiette chez Toto Tissu, en allant chez ces sauvages de Saint-Pée. Du coup, il avait désigné une élue du Conseil départemental, Bénédicte Luberriaga, pour aller faire causette aux peuplades reculées et leur raconter ses habituelles inepties. Mais là, le Brisson qui est jaloux de ses petites prérogatives et si respectueux de la parité et de la place des femmes dans la vie politique, a commenté ainsi les choses au Ostia :

– Ecoute, celle-là elle est gentille mais elle est nulle. Personne ne la connaît à part sa coiffeuse. C’est pas parce qu’elle est élue du territoire, parce qu’il fallait des bonnes femmes, qu’elle peut parler comme ça aux Basques, MES amis. Tu vois, je préfère que ce soit moi que tu désignes. Je suis premier Vice-Président, après tout. »

Du coup la Bénédicte (un prénom qui décidément pose des problèmes à la Chips…), qui est pourtant une brave fille, a été écartée sans ménagements au profit du gros qui se réjouissait auprès de ses proches au Conseil départemental :

–  C’est moi qui irai chez Henri Hourra ! L’autre nouille, je l’ai dégagée. C’est bon pour mon image ! C’est bon pour être dans la presse ! C’est bon que ce soit MOI chez les Basques ! 

Mais à Pau, du côté de chez Ostia, l’ambiance fut d’un coup moins bonne et le maquignon de Bidache était tout coupe-morose :

– La Chips qui n’est plus rien m’a encore joué un tour de cochon. Ah je n’aurai jamais dû lui céder. Ostia de ostia, merde alors ! En plus la Bénédicte va m’en vouloir.

Et là, Lahore ou Campa, a expliqué au Ostia :

– Il y a une solution ! Il te suffit de dire que TOI tu t’y rendras finalement. Comme ça, c’est TOI qui parles en tant que président et la Chips devra la fermer…

Et figurez-vous, Ma Chère Thérèse-Marie, qu’ainsi il fut fait. Et notre pauvre déserteur gaulliste de Max-la-Mélasse n’a eu finalement que le droit de se taire au lieu de se faire remarquer devant SES amis basques, préparant ainsi sa future vice-présidence à l’EPCI, comme le disait l’excellent directeur de cabinet de Claude Olive, GP Chartier, l’autre jour dans un commentaire Facebook devenu célèbre : « Mais oui Max, tu vas l’avoir ta vice-présidence« .

Ce qui a fait rigoler bien du monde ! Mais de cela je vous en reparlerai bientôt, car là aussi la Chips imagine pouvoir se faire un peu de pognon bien facilement…

Lasserre a donc fait son discours de traitre à Herri Urrats dans l’indifférence la plus totale. Il pourra toutefois se consoler au repas de la kermesse de Bidache ce week-end en dégustant son potage aux perles du Japon et son cochon grillé. Ostia de ostia, un bon coup de rouge là-dessus et il ne pensera plus à cette histoire désolante.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

 

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…