Le cri de colère de Nathalie, précaire depuis 28 ans

bonnet-phrygienGrosse castagne sur « Bisque, bisque, Basque ! », aujourd’hui, à propos de l’article « Un gouvernement indigne ». Un courageux anonyme est venu doctement expliquer que j’étais un journaliste populiste et que le « confort douillet des cabinets ministériels » n’était pas une réalité. Deux lecteurs assidus, Paul Bismuth et Nathalie ont tout de suite vivement réagi. Et comme l’anonyme était décidément nul en informatique, en trente secondes sa couverture est tombée. Il s’agit de Jean-André Schneck, énarque, membre du Chêne et des Républicains, et accessoirement voix de son maître de Max Brisson qui a déjà utilisé à mon encontre l’argument du « journaliste populiste ». Comme vous pourrez le constater par vous-même, le débat a fait rage (https://jeanyvesviollier.com/2016/05/12/ce-gouvernement-indigne/). Comme je ne voulais pas que ce cri de colère de Nathalie et son exaspération face aux élites bien pensantes se retrouvent dans les profondeurs du blog, j’ai décidé de mettre en exergue son texte de manante mécontente bien décidée à fesser le pédant énarque. Bonne lecture !

Il est sûr que ce n’est ni grâce à vous, ni grâce à la moindre initiative politique, bien au contraire. Pour le reste, parlez de ce que vous connaissez et cessez de nous faire prendre des situations de misère pour des situations humaines et enviables. Quand vous allez de petits contrat en chômage, vous n’avez aucun avenir. Vous n’êtes que dans la survie. Le compte à rebours entre le début de votre contrat et le chômage. La survie ne fait pas des citoyens. Elle fait des enragés. Ce que vous ne parvenez pas à comprendre. Si ma vie professionnelle est si enviable, échangeons ! Le problème est que vous ne pourriez pas tenir le choc, pauv’ mignon. Aujourd’hui, comme beaucoup, je n’ai strictement plus rien à perdre. Vous si. Ce que vous devrez mettre dans la balance si nous nous trouvons face à face. Ce que les gouvernants vont devoir intégrer, si les gens commencent à se soulever en masse.

Nos politiques ont voulu faire de nous des variables d’ajustement, éventuellement des incultes en se disant que nous serions plus malléables, des gens sans aveu (ce qui veut dire sans situation), ont déformé le vocabulaire, tordu la sémantique et brisé les liens sociaux. Très bien. Nous sommes désormais des mercenaires, des itinérants, des déracinés, des isolés mais aussi de plus en plus des barbares. Si c’est ce que vous jugez être l’avenir doré au service d’une économie qui devrait être au service de l’humain, grand bien vous fasse. Ne vous étonnez pas du retour de manivelle.
Quant à parler de celles et ceux qui végètent ou pas à l’ANPE, c’est d’une facilité telle qu’on se demande comment un esprit aussi brillant que le vôtre ne parvient pas à s’élever un peu. En même temps, comme vous ne volez pas au dessus de la ceinture si je m’en réfère à vos valeurs politiques et idéologiques, il n’y a là rien d’étonnant.

Enfin, j’espère qu’au nombre des agents publics vous comptez tous les hauts fonctionnaires qui bouffent à tous les râteliers et servent bien plus les petits intérêts du privé que ceux de l’Etat et de ce pays, ainsi que tous les suceurs de roue de votre espèce, qui sont le plus souvent rattrapés par les bretelles et recasés immédiatement par un copain politique, sans passer par la case « recherche d’emploi ».
Vous n’êtes ni réactionnaire ni révolutionnaire. Vous êtes anachronique et sans vision. En terme d’utilité – puisque c’est ainsi que sont traités les gens désormais et les chômeurs en particulier – la vôtre se discute donc amplement.

Quant à mon vocabulaire, il a le mérite d’être clair, contrairement à la langue de bois politicienne qui retire tout leur sens aux mots. Avant de donner des leçons de courtoisie, Monsieur, il faudrait d’abord apprendre que la première des courtoisies consiste à ne pas traiter de populiste quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous, à ne pas assimiler des gens qui n’ont pas cherché à se retrouver au chômage de saprophytes, à ne pas parler de l’Etat, de la France et de la citoyenneté, quand très visiblement vous et vos semblables n’en avez cure. Alors certes, il se peut que le populo, lorsqu’il parle véhémentement, postillonne un peu. Vous, ce sont des copeaux que vous bavez sur les micros. C’est tellement plus chic, plus sélect et mondain.

Et je me joins à Bismuth pour dire que les énarques sont totalement décalés quant à la réalité de ce pays. Nous ne sommes ni des statistiques, ni des numéros, ni des variables d’ajustement, ni des théories. Ce que nous vous rappelons ici. Vous êtes inculte de votre propre pays. Inculte de ce qu’est la notion de citoyenneté. Inculte en bien des matières et sur bien des sujets, ce qui explique probablement en partie l’état dans lequel est ce pays. Vous êtes de petits boutiquiers étriqués et affairistes au sens le plus péjoratif du terme.
En ce qui la concerne, la classe politique est un scandale ambulant. Et croyez bien que ça me fait mal de le dire si l’on se réfère à l’adage selon lequel on a les élus qu’on mérite. ça fait quand même quelques années désormais qu’on a de véritables purges qui devraient nous faire penser que nous sommes devenus un peuple de décérébrés incompétents, d’un abrutissement assez remarquable en revanche.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si c’est en toute conscience que vous préparez la guerre, qu’elle soit civile ou inter-Etats. Parce que c’est ni plus ni moins ce que vous êtes en train de faire. Et ça, c’est une accusation très directe. Mais qu’avez-vous d’autre à proposer évidemment… C’est du travail que de construire un projet commun. Il est facile de diviser pour mieux régner. En oubliant les risques. Parce que lorsque grâce à vous les classes moyennes auront fini de taper sur la partie basse de leur classe, qui tape sur les pauvres, qui tapent sur les miséreux (parce que c’est plus facile), il nous viendra peut-être à l’esprit que le poisson pourrit par la tête et que c’est donc la tête qui doit être coupée.

Par ailleurs, un type aussi brillant et cultivé qu’un énarque de votre espèce a certainement quelques notions d’Ancien Régime. Vous devez donc connaître cette formule concernant l’impôt qui devait se percevoir « le riche aidant le pauvre ». Il serait intéressant de l’appliquer aujourd’hui. Ce serait un progrès voyez-vous. Parce qu’assez curieusement, dès qu’il s’agit de progrès selon votre mode de pensée, vous puisez allègrement dans le XIXe siècle, au risque d’oublier des sentences aussi progressistes que celle-ci que vous trouvez au XIVe siècle. C’est dommage. Quand on plonge dans le passé, il faut ne pas hésiter à y aller franco.

Et vous devriez aussi peut-être relire le discours du 22 floréal de l’an II, que Barère lisait, devant la Convention Nationale. C’était un premier rapport fait au nom du Comité de Salut Public, sur les moyens d’extirper la mendicité dans les campagnes et sur les secours que doit accorder la République aux citoyens indigents.
Combien est d’actualité ce passage notamment : « Laissons à l’insolent despotisme la fastueuse construction des hôpitaux pour engloutir les malheureux qu’il a faits & pour soutenir momentanément des esclaves qu’il n’a pu dévorer. Cette horrible générosité du despotisme aide encore à tromper les peuples & à les tenir sous le joug. Quand les mendiants se multiplient chez le despote, quand ils lui choquent la vue, qu’ils lui donnent quelque inquiétude, des maréchaussées, des édits, des prisons sont sa réponse aux besoins de l’humanité malheureuse. »

Monsieur, vous n’êtes qu’une aberration en ce début de XXIe siècle. Et ces idéologies morbides et destructrices que vous véhiculez les uns et les autres sont littéralement nocives et létales pour notre société, notre pays, l’Europe et le monde.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s