Ce gouvernement indigne…

French Prime Minister Manuel Valls speaks during the session of questions to the government at the National Assembly in Paris on February 17, 2015. AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Manuel Valls restera à jamais le Premier ministre prétendument à gauche qui a osé passer en force, par l’artifice du 49-3, une réforme scandaleuse du Code du Travail.

Il faut n’avoir jamais quitté le confort douillet des cabinets ministériels, n’avoir jamais subi les exactions d’un patron exploiteur, ne s’être jamais fait entuber sur ses heures supplémentaires, pour oser présenter une telle réforme du Code du travail et s’étonner que les Français ruent dans les brancards. Mais qu’attendre d’autre d’un gouvernement qui mène une politique ultra-droitière, comme l’ont déjà démontré les lois sécuritaires, prétendument dirigées contre les terroristes et qui n’ont servi jusqu’à maintenant qu’à boucler à leurs domiciles quelques paisibles militants anti COP 21 ?

Le député communiste André Chassaigne a parfaitement raison, lorsqu’il parle d’un « coup de force contre le monde du travail, qui signe une régression historique du droit du travail par la remise en cause de la protection des salariés. », avant de s’étonner : « Qui aurait pu imaginer qu’un gouvernement se réclamant de la gauche ose ainsi anéantir notre modèle social, fierté de notre pays ? »

Alors que la tentative d’une motion de censure de la gauche a échoué à deux voix près, André Chassaigne sera un des rares députés à voter sans états d’âme celle de la droite, même s’il n’entretient pas la moindre illusion : « Je sais très bien que ce texte est à l’opposé de ce que l’on porte. Mais je ne vote pas sur le texte, je vote à partir du seul outil dont je dispose. ». Ce gouvernement indigne et irrespectueux des valeurs de gauche mérite de tomber.

Quant aux députés socialistes frondeurs, après leur baroud d’honneur, ils vont sagement rentrer dans le rang, surtout depuis qu’on les a menacés de ne pas leur accorder l’investiture aux législatives de 2017. La politique est un monde féodal où les vassaux s’écrasent !

Une bataille de gagnée, une guerre de perdue…

Le gouvernement serait pourtant bien inspiré d’envoyer quelques personnes de confiance dans la rue pour écouter ce qui se dit et mesurer le fossé qui s’est creusé avec les électeurs : « Avec une gauche comme celle-là, on n’a même plus besoin de droite ». Plusieurs de mes amis qui votent à gauche depuis quarante ans, affirment même qu’en cas de deuxième tour Hollande, Marine Le Pen, à la prochaine présidentielle, ils n’iront pas voter.

Grâce à un artifice constitutionnel et un détournement de l’esprit de l’article 49.3, les Hollande, Valls, Macron et autres petits marquis poudrés qui veulent nous renvoyer au monde du travail du XIXe siècle, ont le sentiment d’avoir remporté la bataille. Élus à courte vue, ils ne voient pas qu’ils sont en train de perdre la guerre. Après avoir réussi à contourner le Parlement, ils vont devoir désormais se coltiner la rue, dès mardi et jeudi prochain, et il ne fait pas de doute que le printemps va être chaud.

Ce n’est plus la peine que François Hollande, après avoir trahi à ce point ses électeurs, entretienne la moindre illusion sur son avenir présidentiel en 2017. Qu’il fasse réviser son scooter et qu’il parte, avec ou sans Julie Gayet, loin, très loin, très très loin…

À Hendaye, on emprisonne d’abord, on discute ensuite

Barry Mamadou Macka, 17 ans, a eu la mauvaise idée d’acheter des faux papiers affirmant qu’il avait 30 ans. Après 18 mois de calvaire, ce mineur guinéen passé par les maisons d’arrêt de Montpellier, Pau et le centre de rétention d’Hendaye vient de retrouver la liberté.
Migrant acte de naissance

L’authentique acte de naissance de Barry Mamadou. Dans le doute, la justice française a préféré emprisonner un mineur.

« On met le paquet sur la sécurité, le centre s’est du coup vidé et nous on se fait chier » lâche ce policier qui tourne en rond, tandis que les murs du centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye sonnent creux depuis l’instauration de l’état d’urgence. Alors quand un migrant tombe dans les mailles du filet, la police ne lâche pas l’affaire. Ces derniers jours, le CRA comptait deux résidents pour 30 places, dont Abdoulaye Cissé, trentenaire guinéen qui doit quitter la France selon les autorités. Léger problème : Abdoulaye Cissé n’existe pas. Et à 17 ans, Barry Mamadou Macka, la véritable identité du réfugié guinéen, n’avait rien à faire derrière les barreaux. Au terme d’un périple administrativo-juridique aussi long qu’ubuesque, le jeune Barry, entré sans famille en France à l’âge de 14 ans, est sur le point de faire reconnaître ses droits. Sous le coup d’une expulsion, l’adolescent a été subitement libéré samedi 30 avril à Paris après avoir refusé d’embarquer vers la Guinée-Conakry et connu les joies d’une nouvelle détention. La faute à un fonctionnaire rigoureux, qui, après examen du dossier, a finalement contredit des décisions ayant déjà mené le jeune homme deux fois à la case prison.

Emprisonné sans la moindre vérification

C’est en octobre 2013 que Barry Mamadou découvre l’Europe. Né à Mamou, ville du centre de la Guinée-Conakry, le 4 novembre 1998, le collégien a réuni les économies de sa famille pour payer un réseau de passeurs bien intégré : « J’ai donné 8 000 euros pour des papiers et le trajet. 5000 euros provenaient des économies de mon père, décédé, et de la vente de ses vaches. Le reste m’a été prêté par un ami de mon père à crédit. Je devais le rembourser en arrivant en France ». Faux visa en poche, il débarque avec cinq autres mineurs à l’aéroport de Marseille en provenance du Mali voisin. Sa nouvelle identité : Abdoulaye Cissé. Âge : 30 ans à l’époque. Profession : commerçant. « C’était notre couverture pour les contrôles. Les passeurs nous ont chargé de produits en tout genre (huiles, chaussures, etc.), nous venions officiellement en France dans le cadre d’une foire. »

Arrivé à bon port, le groupe se disperse et Barry, sans point de chute ni famille, entame finalement une formation de cuisinier à Montpellier après des séjours à Paris et en Allemagne. C’est là, fin juillet 2015, que sa fausse identité refait surface : « Lors d’un contrôle, un policier a vu mon visa et l’âge qui lui était attaché. Je n’avais rien à faire en France… » L’adolescent, qui n’a pas vraiment le physique d’un adulte de 32 ans, conteste, extrait d’acte de naissance à l’appui : « Un autre policier m’a dit : ‘Tu n’as pas 32 ans… mais tu n’en as pas 17 non plus.’ » Insoluble. « Abdoulaye Cissé » est condamné pour usurpation d’identité à quatre mois de prison ferme.

 Retour à la case prison

À sa sortie de la maison d’arrêt de Montpellier, le migrant rejoint la ville de Pau sur les conseils d’un ex co-détenu. Nouvelle interpellation en novembre 2015. « J’ai encore montré mon extrait d’acte de naissance prouvant que j’ai 17 ans. Puis quand on m’a dit que je passerai mon temps à entrer et sortir de prison pour « usurpation d’identité », j’ai craqué et dit que mon âge était effectivement celui du visa… » Pour la justice, « Abdoulaye Cissé » essaie donc une nouvelle fois de se faire passer pour mineur : en récidive, il est condamné à 6 mois de prison puis envoyé le 23 mars au CRA d’Hendaye. Mais, en contact avec sa famille restée à Mamou, le jeune migrant a pu se procurer une copie de sa carte d’identité. Ce document, joint à l’extrait d’acte de naissance permet aujourd’hui de prouver qu’Abdoulaye s’appelle en réalité Barry, qu’il a bel et bien 17 ans et qu’il n’aurait jamais dû mettre les pieds dans une prison française ou un centre de rétention.

De quoi faire bondir Francisco Sanchez Rodriguez, juriste à la Cimade, qui a découvert ce dossier mi-avril : « La justice n’a pas fait les vérifications nécessaires dès la première interpellation. On se retrouve du coup avec un jeune mineur incarcéré puis placé en rétention de manière totalement irrégulière. »

Une ambassade sans imprimante

Saisi en référé, le juge des libertés, qui a statué sans convocation des parties, a refusé de lever la rétention du mineur en rappelant ses deux condamnations pour « usurpation d’identité ». Kafkaïen. L’ambassade de Guinée en France ne s’est elle non plus pas montrée très opiniâtre pour défendre son ressortissant ne « parvenant pas à imprimer » (sic) les documents d’identité qui lui ont pourtant été envoyés par mail et par fax (!).

Ulcéré, M. Sanchez Rodriguez alerte dans la foulée – en vain – procureur de la République de Pau, juge pour enfants et défenseur des droits.

En dernier recours, Maître Harold Chaney, avocat de Barry Mamadou Macka à Paris, a réclamé le 30 avril qu’un examen osseux soit réalisé en urgence tandis que son client refusait, à l’aéroport de Roissy, de rejoindre la Guinée-Conakry : «Ces tests ne sont pas forcément très précis mais, en l’espèce, ils permettront au moins de trancher entre 17 ans ou 30 ans ».

La solution viendra finalement, quelques heures plus tard, des autorités administratives : « La préfecture a pris la décision de libérer mon client qui avait été placé en cellule après son refus d’embarquement. Il s’agit d’une mesure discrétionnaire, sans motivation, mais on peut imaginer que la minorité de M. Mamadou Macka a clairement joué » expose Me Chaney.

Toujours sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune Barry n’en a pas terminé avec ses déboires mais s’ouvre pour lui la possibilité de faire reconnaitre ses droits de réfugié mineur. À peine libéré, l’adolescent, pourtant ébranlé par 18 mois de détention d’une hospitalité très française, a entrepris les démarches pour obtenir une carte consulaire et trouver un établissement scolaire. A-t-il seulement pens2 aux policiers qui se font royalement « chier » quand les centres de rétention se vident ?

Antton Rouget

Jeune journaliste indépendant, Antton Rouget a déjà collaboré avec plusieurs titres de presse locale et nationale : Le Canard enchaîné, Mediapart, l’Agence France-Presse ou encore la nouvelle revue d’enquête judiciaire Sang-Froid. Après sa percutante enquête sur La Semaine du pays basque, il offre ce nouveau papier au blog Bisque, Bisque, Basque ! Un très grand merci.

Pour le contacter : @AnttonRouget ou anttonrouget@hotmail.com

Le 8 mai, c’est tout le monde au pas !

Donald-au-garde-a-vousPlus respectueux de sa Ville et de l’histoire de son pays, que l’ancien conseiller municipal communiste, Bernard Ithurbide, ça n’existe pas ! Ce qui ne l’a pas empêché de se faire admonester en public par un ancien officier supérieur. Mais en matière de bêtise galonnée, le mieux est toujours à venir…

Perpétuant le geste d’Arnaud ARANA, évadé de France puis déporté politique, et d’Yvette GOURDIN, ancienne conseillère municipale PCF, le 8 mai dernier, avec un jeune communiste, nous avons déposé au pied du monument aux Morts une gerbe dédiée à toutes les victimes du nazisme. A la fin de la commémoration nous sommes vivement interpelés par un citoyen qui nous a reproché d’avoir mis nos mains dans le dos et non pas le petit doigt sur la couture du pantalon pendant que La Marseillaise retentissait. La solennité du moment m’a retenu de « l’envoyer à dix mètres ». Si ce Monsieur est en manque d’autoritarisme il peut essayer de calmer les goélands qui n’arrêtent pas de criailler pendant la minute de silence ou tenter de faire cesser la pluie qui trempe les papiers du maitre de cérémonie. Il parait que ce quidam est un ancien officier supérieur. Il aurait mieux fait, nous le pensons avec mon jeune camarade qui a été choqué, de s’abstenir d’un tel comportement et plutôt se féliciter de voir que le Parti Communiste entretient la flamme de la Résistance.

Bernard Ithurbide

MAM et les seconds couteaux…

Ma Toute douce,

MAM cible

(Dessin de Pierre George)

Depuis que notre Chère Michèle Alliot-Marie est de nouveau candidate aux législatives dans la sixième, en 2017, les spéculations vont bon train sur ceux qui pourraient se présenter face à elle. Mais avant de vous en dire plus sur les deux gamins qui désirent lui faire la peau, il me faut répondre à votre interrogation figurant dans votre dernière missive. Vous m’écriviez : « J’ai rencontré MAM à Paris, Chère Marie, et elle ne semble pas avoir encore pris sa décision de se présenter aux législatives comme vous le prétendez ! »

Comme vous avez mis le doute dans mon esprit, j’ai demandé à mon chauffeur de me conduire par une belle journée ensoleillée de la semaine passée, chez mon vieil ami ZZ, qui habite bien au-delà de la Croix Blanche de Senpere, et qui sait bien des choses sur le monde politique local.

Arrivée à la porte de sa bergerie, notre Zuhur Zaharra m’a dit :

– Content de vous voir, je suis ! Ah bai, je sais pourquoi vous montez jusqu’ici nire txikia.  Vous racontez, je vais…

Et mon vieux Basque, esprit brillant, m’a expliqué que ce que vous a dit MAM est en fait dans sa stratégie :

– Té, la vieille est une maline. Un pottok, comme elle, j’avais dans le temps ! Tu croyais le tenir, et hop, le voilà par un buisson qui le camp, me foutait ! La Michèle, à son entourage, a dit depuis des semaines qu’il fallait se tenir prêt pour la bataille. Et les voilà tous qui en ordre, se sont mis. Et là, l’amatxi de la sixième, te leur dit de sa voix autoritaire qu’elle a : « Mais enfin mes amis ! Mais enfin ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de ma candidature que vous osâtes répandre ! Mais je n’ai jamais rien dit de semblable, me semble t-il. Où êtes vous donc allé chercher ces fadaises ? » Et devant leurs figures étonnées, l’amatxi  a aussitôt lâché : « Eh bien voilà ! C’est malin, maintenant je vais me trouver dans l’obligation de tenir VOS engagements et de me présenter. Ah croyez-vous que c’est malin ! Vous rendez-vous compte dans quelle situation vous me mites ?« 

Voilà l’explication de notre cher vieux Basque, qui s’y connaît bien en matière de coup de chamelle, comme c’est normal dans le Zaharra ! Excusez-ma petite plaisanterie…

Et comme nous parlions de MAM, il est allé plus en avant dans son raisonnement :

– Maintenant, se méfier, la Michèle elle doit ! Mais avantage elle a ! Car avec la loi nouvelle, sur le non cumul des ardi gasna de la République, les grands maires de la Côte n’iront pas contre elle. Ni le Kotte, ni le Peyuco, ni le Mixel. Vous verrez, Dame Marquise, qu’elle aura en face d’elle que des seconds couteaux. Gagner elle pourra ! Mais… Mais…

– Oui cher Zuhur Zaharra ?

– Attention, elle devra faire ! Car pour gagner chez nous, un bon suppléant, avoir elle devra ! Qu’elle ne nous sorte pas encore un politique ! Ici, on aime qu’à côté du gros, un petit, il y ait, té ! Un bon gars de l’intérieur, connu, reconnu, qui a réussi dans la société. Un de chez nous ! De l’intérieur de la sixième, il lui faudra trouver ! Moi, je vous le dis !« 

Ah, et quand le petit-fils de Zuhur Zaharra, Patxi, qui avait assisté à notre entretien, a eu la gentillesse de me raccompagner jusqu’à mon automobile, il m’a résumé en un langage de jeune le fond du problème, avec un sens politique bien proche de celui de son aitaxi :

– L’aitaxi a raison, vous savez Marquise. La mère Alliot-Marie, il faut qu’à 70 berges, elle nous propose un duo un peu plus sexe, quoi ! Il faut tenir compte de la nouvelle mentalité des électeurs, aujourd’hui ! Il faut que cette candidature soit fun ! Comme dirait l’aitaxi « Ecrire une belle fin d’histoire pour sa carrière« .

Voilà donc, ce que je peux vous dire au sujet de vos inquiétudes. Non seulement MAM ira aux législatives, puisqu’elle veut être la première femme dans l’histoire à présider l’Assemblée Nationale, mais elle a aussi grand intérêt à se débusquer le candidat rare qui aura une autre figure que le petit Lu d’Arnaga qu’elle avait choisi en 2012…

À propos du Vincent-un-bru-de-sa-personne, on ne sait s’il va se décider à partir contre MAM avec ses petits muscles de centriste, mais il y aura bien du monde à l’UDI pour se porter candidat et le paon de Cambo va devoir se battre, comme dans Radin-des-Bois qu’il aime tant. Mais il me faut surtout vous parler du couple qui a le vent en poupe ces temps-ci et qui est déjà dans les starting-blocks… Un couple de quadra constitué d’un homme et d’une femme. Et ce n’est pas un pléonasme, car aujourd’hui  les couples, vous le savez, – même si ça traumatise nos amis de Béguios qui jouent de la harpe à Monseigneur – cela peut très bien être deux personnes du même sexe ! Alors du côté de la sixième circonscription à l’UDI, voilà qu’un Luzien, Stéphane Alvarez, président de la Croix Rouge, conseiller municipal de notre bon Peyuco, assureur de son métier, partirait avec une biarrote, Camille Darrasse, notre fameuse hôtesse de l’air, fille de l’adjointe du Parrain de la Côte, Nicole Darrasse.

De quoi provoquer ces commentaires d’Henri Levrero, le Tonton-Flingueur de MAM :

– Manquait plus que ça ! L’assureur peut se prendre une assurance sur la vie avec moi et une bonne ! Avec sa tronche de premier de la classe, je vais te le renvoyer au fond des bancs près du poêle, se réchauffer les fesses. Quand à l’hôtesse de l’air, l’assureur va pouvoir lui chanter du Dutronc,  avant que je lui scotche les lèvres avec du chatterton rouge : « Fini le pilotage, Mais vive le pelotage. » et la gamine lui répondra : « Fini le décollage, mais vive le collage. »

Il faut dire que le bel Alavarez, surnommé par ses collègues au conseil municipal Brett Sinclair, a quelques chances de faire un joli tour de piste, comme me le confiait ce maire d’un village de la Côte : « Il est sympa, gentil et tendre. C’est un mec bien qui fait un gros boulot avec la Croix-Rouge. Et ça se sait, y compris dans les villages de l’intérieur. Lui, aurait fait bon suppléant pour MAM, car on sait qui c’est… Mieux que le Bru qui fut une erreur autant politique que poétique ! Il sait y faire avec les vieilles, un peu comme Bru, mais en beaucoup moins ringard, tasse de thé et petit doigt en l’air en moins !« 

Certes le Brett Sinclair luzien est un peu passé dans tous les partis politiques de droite et du centre, et court après un poste, mais après tout est-ce un drame ? Et au moins, il sait ce qu’est la misère des pauvres gens lui, contrairement à Ostia qui préfère le coup que la Croix. Rouge, s’entend… Ostia de ostia ! :

– Maman, t’as donné mes vieilles cravates aux pauvres ?

– Eh non, Papa, ils en veulent pas !

– Mais on peut essayer de leur refiler le vieil imper à la Chips qu’il avait oublié chez nous et avec lequel tu avais couvert la Noiraude cet hiver… je vais le passer à laver dans la Vedette et il fera tout propre. Et avec le tissu, ils pourront habiller aux moins douze sans-dents !

Quant à la Camille, on l’a dit très dynamique, volontaire et engagée très tôt dans le militantisme politique chez les centristes… de quoi rajeunir les cadres et ringardiser le Pascal Sevran des mamies de Cambo qui devra, s’il se présente, abandonner ses vestes de chez Thiery & Sipetit pour s’offrir des pantalons de chez G-Star, et de courir chaque matin et chaque soir dans les allées d’Arnaga pour, comme le dit le petit neveu de mon jardinier, « se mouler un peu le cul » !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Visiblement la liberté réussit à La Marquise de Vérité, qui n’a jamais été aussi percutante que depuis son départ de La Semaine. Comme dirait De Gaulle, c’est désormais « La Marquise outragée, La Marquise brisée, La Marquise martyrisée, mais La Marquise libérée ». Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les censeurs à l’eau bénite et les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Denis Robert gâche le métier… de mari !

Denis Robert 06

Ramuntxo est totalement perplexe, lorsque Denis Robert parle. Mais comment fait-il pour faire ainsi battre tous les cœurs féminins ? (Photo Frédéric Verbeke)

Les femmes reprochent généralement aux hommes d’être incapables de mener plusieurs tâches à la fois, ce qui, jusqu’à vendredi dernier au moins, n’était pas tout à fait exact car il nous arrive de manier magnifiquement la fourchette d’une main tout en tenant notre verre de l’autre. Malheureusement, ce week-end, venu de son grand Est natal, Denis Robert a gâché notre bonne conscience de maris médiocres.

Après sa magistrale enquête sur Clearstream, voilà un homme qui aurait pu pantoufler tranquille dans le journalisme et faire fructifier son petit capital de sympathie. Au lieu de cela, il bouillonne d’idées et de projets, menant tout de front et réussissant à être aussi un excellent documentariste pour le cinéma, un scénariste de BD tout à fait intéressant, un écrivain qui mérite le détour et même un plasticien qui expose dans des galeries parisiennes. Mais comment fait-il ?

Conscients du danger, Black and Basque et Eklektika avaient délégué les plus beaux hommes connus sur la Côte basque pour tenter de contrer le charisme du visiteur, à savoir le sculptural Jules Edouard Moustic, l’époustouflant Ramuntxo Yala et le beau ténébreux Cédric Duplessis, mais force est de constater que lors des trois conférences qu’il a tenues, à Urrugne sur Cavanna, à Bayonne sur le journalisme, et à Saint-Jean-de-Luz sur ses romans et bandes dessinées, les femmes n’avaient d’yeux que pour le journaliste mosellan. Et même les maris jaloux de convenir à regret, après chaque rencontre, que Denis Robert est aussi humble que passionnant !

Heureusement, pour le plus grand soulagement de tous les hommes vivant au Pays Basque, Denis Robert a l’excellente idée de regagner la Moselle dès aujourd’hui, et, après trois conférences au super, nos épouses vont retrouver les joies de la vie à l’ordinaire avec nous. Surtout, qu’il y reste dans son Grand Est !

Lire aussi les papiers très sympas d’Eklektika et de Mediabask, deux titres qui pratiquent un journalisme intéressant :

http://www.eklektika.fr/denis-robert-pays-basque-black-and-basque/

http://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20160504/journalisme-des-raisons-d-esperer

Cette exquise Marquise…

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

« Les meilleurs sont les vers qu’on ne finit jamais » – Edmond Rostand
« Les meilleurs sont les verres qu’on ne finit jamais » – Château de l’Hacienda

PaonMa Toute Douce,

Comme les aventures du petit maire de Cambo, notre Vincent-un-Bru-de-sa-personne, semblent vous distraire, je m’en voudrais de ne pas vous donner quelques nouvelles de ce précieux personnage… Tout d’abord, il semble avoir eu connaissance de mes dernières lettres (ne seriez-vous pas aussi discrète que vous me l’affirmez et gardez-vous bien cette correspondance pour votre seul usage, Chère Thérèse-Marie ?). Notre précieux Vincent a, figurez-vous, passé bien des jours au Conseil départemental à pleurnicher sur ce que l’on écrit à son sujet auprès de bien des élus de la majorité qu’il a croisé et qui ont bien ri de son courroux, coucou !

Espérons toutefois qu’il a quand même des moments de détente nocturne et qu’il peut se délecter de quelques bouteilles de Château de l’Hacienda, le soir, dans sa jolie maison, en se récitant du Rostand, notamment ce vers de Cyrano : « La peur d’être raillé, toujours au cœur me serre ». En fait, reconnaissons-le, boire un petit coup ne fait jamais de mal à personne du moment que l’on ne prend pas le volant après… Et cela peut bien consoler de la dureté de la vie politique. Mais si pour le fleuri d’Arnaga son cœur se serre… heureusement qu’il se desserre quand il pense à son ami Lasserre même si leurs goûts littéraires ne sont pas exactement les mêmes.

Evidemment le Ostia, l’homme à la boîte de fer, préfère lire le soir le catalogue Ducatillon, « Le catalogue des éleveurs », et rêver devant la Couveuse Ducat 60 à 499€ :

– Tu crois maman qu’on peut s’en payer une ? Regarde dans la boîte, Ma Ostiette, s’il reste de la galette !

Pourtant, il trouverait bien de l’inspiration chez Rostand, si cher à son Vincent d’épaule : « Ce sont les cadets de Gascogne, De Carbon, de Castel-Jaloux, bretteurs et menteurs sans vergogne », « Eh bien ! oui c’est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haïsse ».

Peu importe au fond, car notre Bide-au-chaud se prend de plus en plus d’affection pour le petit fleuri d’Arnaga, comme me le racontait cet élu flamboyant : « Bru est redoutable. C’est le plus exquis des garçons, charmant, délicat, voire primesautier. Il vous complimente toujours sur tout, de sa voix suave… ça c’est la façade, c’est son côté séducteur. Mais, sachez-le, le Pascal Sevran des retraités de Cambo, dès que vous avez le dos tourné, peut tout à fait dire le contraire de ce qu’il vient de vous dire à l’instant. Le seul problème, c’est que ses interlocuteurs le savent, se méfient et n’hésitent pas à confronter les versions. On a même un petit jeu entre certains d’entre nous à ce sujet. Et là, on rigole ! »

 Et de m’expliquer pourquoi Bru est dans les petits papiers de l’ogre du Pays basque : « Du coup Ostia qui est complètement dépassé par les évènements, et dont la popularité ne cesse de chuter,  cherche de nouveaux alliés. Et comme Bru est favorable à l’EPCI, il veut s’en servir pour essayer non seulement d’améliorer son image, mais aussi pour sa future campagne pour le Sénat. »

Il faut dire qu’Ostia confiait à Pierre Lahore, cet esprit lumineux, son petit soleil, son resplendissant Chanteclerc à lui : « Ô soleil ! Toi sans qui sans qui les choses ne seraient pas ce qu’elles sont », sa nouvelle stratégie :

– Je dois me trouver de nouveaux soutiens au Pays Basque depuis que la Chips est devenue un renégat. Je vais donc flatter le petit Bru !

– Ah bon ! Alors que le Fleuri d’Arnaga vote oui à l’EPCI !!?

– Ostaia de ostia, ne m’emmerde pas avec ça, où je te renvoie à ta baballe Copie-Colle !

– Bien Mon Maître… Pourtant il n’a pas marché dans ta combine anti-basque ?

– Laquelle, ô Valet de « La ferme ! » ??

– Eh bien quand tu lui as proposé, pour qu’il change d’avis et vote NON, la présidence d’une grande communauté d’agglo, une vraie principauté où il aurait régné sur Cambo et Hasparren entre autres. Une vraie principauté de prince où il aurait pu porter des culottes en soie !

– Ostia ! C’est vrai qu’il n’a pas voulu marcher dans la combine, mais j’ai d’autres tours dans mon sac de blé pour me le mettre dans la poche…

– Ahhhh !!!

– Oui, fais-moi confiance, nom d’une noiraude !

Et c’est ainsi que le Ostia s’est emparé du petit Bru à qui il confie, de plus en plus, d’importantes missions, relevant notamment du secteur touristique :

– Avec sa vieille baraque d’Arnaga, le petit Lu se rêve d’un grand destin touristique. Alors je vais désormais me le mettre en première ligne pour le tourisme.

Propos qui a quelque peu surpris Copie-Colle, pourtant grand stratège sur un terrain de handball :

– Mais le Brisson est le président du Comité du Tourisme départemental, ô grosse plume rurale ! Il va mal prendre que tu refiles le meilleur à Bru !

– Mais je me fous du Max-la-Mélasse désormais ! Il s’est fait niquer comme un centriste chez les Républicains. Il n’est plus rien ! Je lui donnerai mes fonds de paquets de chips, et ça lui ira très bien comme cela.

– Mais le un-Bru-de-sa-personne est-il si facilement enroulable, ô Mon Comique agricole ?

– Mais oui ! D’ailleurs mon excellent nouveau communiquant que je me suis offert, Mon Philippe Campa-à-moi, m’a expliqué que Bru  était suffisamment vaniteux comme le paon de Chanteclerc de Rostain…

– Euh… Rostand, pas Rostain… Rostain, c’est une boucherie- charcuterie-conserverie des Hautes-Alpes…

– Ah ! Oui, enfin voilà ce qu’il m’a écrit le Campa sur le postille…

– Le post-it !

 Ecoute Copie-Colle au lieu de faire le malin :

« Je suis prêtre-Pétrone et Mécène-Messie,

Volatile volatilisateur de mots,

Et que, juge gemmé, j’aime, emmi mes émaux,

Représenter ce goût dont je suis…

Le… dirai-je gardien ? »

– Je ne comprends pas tout ce qu’il écrit le Rouston ! Mais un argument de poids supplémentaire m’a convaincu !

– Ah oui…

 Tu sais qui admire le paon dans Chanteclerc ?

– Non…

 Eh bien… la pintade ! Ah, ahhhh, ahhhhhhhh…. Ostia de Ostia !

Notre Vincent est donc bien enrôlé et a reçu déjà des missions du Ostia. Il commence à rencontrer, de ci, de là, bien des responsables pour parler tourisme, laissant Max-la-mélasse dans le fossé. Et de plus le Ostia n’a pas manqué d’arguments supplémentaires pour séduire le petit LU :

 J’ai lu que tu voulais te présenter contre la vieille dans la sixième. Parfait ! MAM, je me la déteste comme la grippe-aviaire. Je te soutiendrai donc de tout mon poids, ostia ! Et avec moi, tu vas gagner ces législatives, tu verras…

Le fleuri d’Arnaga, qui sortait de chez la manucure, en a été tout impressionné, et Ostia, goguenard, de commenter à quelques proches :

 Quand j’étais maquignon, j’en ai vendu d’autres ! Bru c’est un littéraire qui fait des phrases avec des mots.

Avant de vous quitter, je dois vous dire un mot de ce qui passionne au plus haut point tout le Pays des Basques ces derniers jours et probablement même en dehors de nos frontières… Figurez-vous que notre bolchévique préféré, cette autre plume de vérité, ce Jean-Yves Viollier, qui préfère les croisières syndicales à celles de la CGT (Compagnie Générale Transatlantiques) que nous fîmes autrefois avec tant de plaisir, nous donne dans son blog des nouvelles de l’éditeur de La Semaine du Pays Basque, hebdomadaire où nous ne sommes plus en odeur de sainteté, alors que nous ne manquâmes pourtant aucune grand-messe en la cathédrale de Bayonne. Et c’est édifiant !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité