Le conseil de classe des élus biarrots

Conseil municipal Biarritz

Avril 2014 : c’était la rentrée des classes pour l’équipe municipale, le temps des cahiers neufs et des bonnes intentions affichées. Depuis, en dehors de quelques révélations, beaucoup ont montré leurs limites et certains ont franchement déçu, à commencer par le premier magistrat de la Ville.

Alors que l’année scolaire se termine, Bisque, bisque, Basque ! a eu l’idée d’organiser avec quelques passionnés de vie publique le conseil de classe de l’équipe municipale de Biarritz. En se contentant de noter ceux qui participent, car entre les godillots de la majorité qui votent comme on leur demande et les opposants venus faire de la figuration, les citoyens qui suivent tous les conseils municipaux depuis deux ans, ne connaissent pas encore le son de la voix d’un bon tiers de l’assemblée. Revue de détail des progrès et difficultés de chacun.

 FÉLICITATIONS

Saint-Cricq◊ Pertinent, responsable et nuancé, il mérite largement les félicitations du jury. Jean-Benoît Saint-Cricq s’épanouit complètement dans le système Veunac qui laisse la parole à chacun, alors que les échanges avec Didier Borotra finissaient toujours par des éclats de voix et… un micro coupé par l’ancien maire. Pas toujours compris des Biarrots, le premier opposant est pourtant le seul à avoir incontestablement les épaules pour être maire en 2020, alors que la situation financière de la Ville reste délicate. Quand va-t-il vaincre la malédiction qui semble le poursuivre et le cantonner au rôle d’éternel opposant ?

ENCOURAGEMENTS

◊ Elle est loin la conseillère timide et empruntée qui rejoignait le conseil municipal en 2008 et ne savait plus très bien si elle était de l’opposition ou de la majorité ! Coincée par son mandat départemental, qui l’oblige à une certaine réserve, Maïder Arostéguy a fait d’énormes progrès et réussit à faire entendre sa voix et sa différence. Dotée de pragmatisme, de bon sens et de qualité d’écoute, Maïder a tout pour réussir en politique. Avec en plus un nom de famille qui n’est pas pour déplaire aux Biarrots.

◊ Partagé entre son activité de médecin et sa passion pour le surf, Guillaume Barucq ne rêvait sans doute pas en 2013 de devenir adjoint du maire. La première année, déconcerté sans doute par les critiques de ceux qui l’avaient poussé à se présenter, il a un peu flotté, avant de redevenir lui-même et de se montrer très intéressant, avec des points de vue personnels et courageux que ce soit sur l’écologie, la fiscalité, l’EPCI ou les compteurs Linky. Précieux dans une équipe, car il dit ce qu’il pense.

RÉVÉLATIONS ESPÉRÉES

Castagnede◊ Subtile et intelligente, Jocelyne Castaignède a l’œil vif des gens qui comprennent tout mais ne jugent pas forcément utile d’exprimer à voix haute leur ressenti. Parfois, quand Michel Veunac parle, son air entendu en dit long sur ce qu’elle pense. On aimerait que la deuxième adjointe chargée de la Culture sorte un peu de sa réserve et intervienne plus, car on devine un joli potentiel.

Amigorena◊ Bisque, bisque, Basque! a eu quelques prises de bec avec François Amigorena, mais l’homme est intelligent, a des capacités oratoires et des idées. Seul problème, il n’a pas de troupes pour le moment et se retrouve dans une situation inconfortable après s’être engueulé avec Lafite et Veunac. S’il réussit à fédérer autour de lui, il peut devenir une composante intéressante de l’élection de 2020.

Daguerre◊ Passionnée par son métier de médecin, Régine Daguerre consacre le temps qui lui reste au social et aux dires de tous réussit remarquablement dans cette tâche. Claire et carrée dans ses convictions, on la verrait très bien occuper un poste plus important dans la prochaine équipe municipale où sa capacité de travail ferait merveille.

 TABLEAU D’HONNEUR

Claverie◊ Il a les convictions changeantes et ses ennemis parleront d’opportunisme quand lui évoquera un simple pragmatisme. Peio Claverie a incontestablement un vrai talent politique et le système Veunac, avec un maire dépassé qui ne dirige pas grand-chose, fait de lui une pièce majeure de l’équipe municipale. Pour ces raisons, il aurait pu nous épargner quelques numéros de flagornerie publique à l’égard de son maire adoré qui ne sont pas dignes de lui et ne dupent personne.

Blanco◊ Aussi réservée en public que Peio Claverie est exubérant, Jeanine Blanco a une très noble idée du rôle d’un élu et fait son job avec ferveur. Toujours présente dans les manifestations publiques, toujours à l’écoute des gens, elle rend sympathique la politique, ce qui n’est pas un mince compliment. Précieuse dans une équipe pour sa disponibilité.

 ◊ Mélangeant parfois allègrement le municipal et le national dans sa détestation de l’actuel gouvernement socialiste, Frédéric Domège a le mérite de faire avec constance et application son métier d’opposant. Comme la droite est totalement divisée à Biarritz, surtout depuis les élections départementales, Frédéric a rarement l’occasion de travailler en équipe et cela se sent parfois dans ses interventions de franc-tireur.

Pinatel◊ Mais quand donc les femmes obtiendront les places qui leur reviennent de droit en politique ? Anne Pinatel a des idées, de la personnalité, de la trempe comme en témoigne son opposition à une hausse de la fiscalité locale, mais n’intéresse guère les machos de cour d’école de ce conseil municipal. Dommage, Biarritz aurait bien besoin de personnalités comme elle.

Boissier◊ Voilà un vrai malin, qui sait poser les bonnes questions en ayant l’air de ne pas y toucher. Engoncé dans une majorité municipale où les conseillers municipaux ont peu l’autorisation de s’exprimer, Hervé Boissier a osé, à propos de la prise en charge des frais de justice de Xavier Blaisot et Didier Borotra par la mairie, demander si les deux cas pouvaient être dissociés. Et on a même vu un ange traverser la salle du conseil municipal, les ailes chargées de procès-verbaux.

 APPLIQUÉ, MAIS PEU DOUÉ

◊ Il n’a même plus besoin d’ennemis politiques avec tous ses amis de la majorité municipale qui ne supportent plus ses indécisions chroniques, ses discours sentencieux et ses colères répétitives. À l’image de François Hollande, Michel Veunac a revêtu un costume dix fois trop grand pour lui. Alors, il gère la ville en petit boutiquier sans aucune vision d’avenir et, faute d’imagination, multiplie les bêtises comme la non-réorientation de la Cité de l’Océan ou le grignotage du Parc des sports d’Aguilera. Alors oui, Michel Veunac est plutôt sympathique et fait encore rêver quelques mamies biarrotes, mais est-ce suffisant pour diriger une ville aussi complexe que Biarritz ? D’autant que quelques flatteurs l’ont d’ores et déjà convaincu qu’il devait se représenter en 2020, époque où il n’aura « que » 74 ans. Malin, il annonce qu’il va se débarrasser de Lafite et des abertzale pour « ouvrir à droite ». Il n’y a que Brisson pour le croire, mais pour Veunac comme pour nous, tout plutôt qu’une nouvelle candidature !

 PEUT MIEUX FAIRE

◊ Par son parcours singulier de sportif de haut niveau et de chef d’entreprise formé à l’école américaine, Richard Tardits aurait pu constituer un renfort de poids pour une majorité municipale. Auteur d’une magnifique campagne électorale en 2014, il s’ennuie visiblement dans un rôle d’opposant qui n’est pas fait pour lui, alors qu’il a dix idées quand Veunac n’en a pas une. Quel dommage !

◊ Après des bons débuts, Bénédicte Darrigade, qui avait pris l’initiative malheureuse de s’allier à Louis Vial pour les élections départementales, s’est petit à petit étiolée. Accaparée par ses activités professionnelles, elle est devenue plus discrète, alors qu’elle a du sens pratique et de la pertinence quant à l’avenir de Biarritz. Si l’envie de « faire le job » d’opposante lui revient, elle réussira à coup sûr.

 DÉCEPTION ÉVIDENTE

◊ Talentueux et doté d’une belle intelligence scolaire, Guy Lafite pourrait être un élément brillant de cette assemblée, s’il ne se montrait pas aussi hautain et méprisant. D’autant que ses résultats, même s’il amorce incontestablement le redressement financier actuel de Biarritz, ne plaident pas toujours en sa faveur. Qui sous Borotra nous a vanté les vertus de ce PPP désastreux souscrit pour la Cité de l’Océan ? Le bobo en cachemire déteste viscéralement Michel Veunac, mais se croit obligé de faire semblant en public, ce qui n’est pas très respectable. Il s’affirme aussi de gauche, mais ne manifeste jamais dans ses discours la moindre fibre sociale, ce qui est encore pire.

◊ Et on en arrive au plus gros ratage de ce groupe municipal ! Max Brisson avait toutes les qualités requises pour être maire et, ce qui est légitime, il a eu du mal à se remettre de son échec. Mais sa boulimie politique l’entraîne à vouloir être systématiquement candidat à tout, sans se soucier des contradictions que sa lubie électorale du moment peut provoquer et des dégâts faits à son image dans l’opinion publique. Contrairement à Jean-Benoît Saint-Cricq, Max Brisson a toujours bâclé son travail de premier opposant, multipliant les absences, les calculs à court terme ou les déclarations plus ou moins alambiquées. Une conception de la politique d’un autre temps.

 RÉORIENTATION SOUHAITABLE

Haye◊ Certes, les socialistes sont bien pâles en ce moment, mais être à ce point diaphane ! La dixième adjointe, Ghislaine Haye est l’alibi de gauche de Veunac et par son absence d’idées et son inexistence, alors qu’elle a visiblement une très haute idée de sa personne, elle réussit à faire de la transparence un art !

◊ Il fait partie de l’équipe municipale depuis le XIXe siècle ou presque, mais l’expression « homme public » n’a visiblement pas été inventée pour lui, car il traîne un ennui visible en conseil municipal, préférant agir en coulisses. Féru de pelote, Michel Poueyts devrait songer à passer la main…

◊ Il s’était fait remarquer, pendant la campagne électorale, en voulant « pendre à des crocs de boucher », les journalistes qui disaient du mal de son camp. Au vu du niveau infantile de ses interventions au conseil municipal, il est probable que le jeune Édouard Chazouillères, qui est le seul à penser qu’un brillant destin politique l’attend, a confondu un croc de boucher avec une épingle à nourrice.

◊ Ce gros malin qui s’imagine qu’on n’a pas remarqué ses manigances, s’arrange toujours pour parler le dernier, truffant ses propos de chiffres pour rappeler qu’il est un brillant économiste, ou de références culturelles qu’il étale comme de la confiture. Patrick Destizon ne voit pas qu’il rase tout le monde avec son ego mal contenu et ses propos décalés. Si Didier Borotra a une place dans sa maison de retraite…

(En photos, le premier de la classe et les conseillers municipaux les moins connus du grand public)

Brexit : la faute à Rachida

DatiMerci les Anglais. Une bonne baffe du matin qui remet les idées en place. Votre départ va nous faire du bien, pour une raison surtout : enfin nous avons une petite chance que l’Union Européenne se remette en question après cette dérive autiste prise depuis plus de vingt ans. En France notamment. Le refus de respecter le « Non » des français lors du referendum sur la révision de la constitution européenne reste une plaie ouverte sur le grand corps de la démocratie en France.

Quelques cicatrices parsèment ce corps : les téléphones de Rachida Dati en sont l’illustration. Figure de proue de ces députés arrogants pianotant sur leurs portables, sans écouter, sans voir, sans parler, simplement parce qu’ils s’en foutent. On l’a cherché, à force d’envoyer aux élections européennes nos cargaisons de voitures-balais, des copains et des coquins dont les partis politiques ne veulent plus, le résultat est là. Des députés fragiles devant les sirènes des lobbies trop puissants : tabac, industrie chimique, laboratoires pharmaceutiques, pétrole : à tel point que des projets de lois présentés par des députés sont des copiés/ collés de documents issus des lobbies eux-mêmes ! Des solutions existent. Obliger les députés à ne recevoir un lobby qu’en présence d’un représentant d’un lobby contradictoire, par exemple. Interdire dîners, déjeuners et voyages, serait bon aussi pour nos députés, d’ailleurs.

Virons Rachida Dati et tous ceux qui pianotent sur leurs téléphones pendant que les lois sont votées. Installons des citoyens qui auraient des comptes à rendre en terme de présence, de dossiers et de lois votées.

(Pour illustrer le propos, le débat entre Pascal Lamy et Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 : http://www.europe1.fr/emissions/mediapolis/mediapolis-250616-2782099)

Et revenons aux fondamentaux : l’Europe n’a pas été créée pour faire le lit d’une politique libérale dont le profit est la seule raison de vivre. Débarrassé de la City de Londres, occupons-nous du Luxembourg, dont le rôle toxique en matière de blanchiment d’argent sale a été démontré, et qui ne doit plus être un leader moral. L’âme de l’Europe, après la deuxième guerre mondiale, était l’union des peuples pour éviter les guerres. Aujourd’hui, la paix passe clairement par une politique de gestion humaine des réfugiés, par la relocalisation de l’économie après les dégâts de la mondialisation, une politique de défense commune, une main rendues aux jeunes européens au chômage, enfin un virage intelligent vers une écologie libérée des lobbies toxiques.  Parmi les électeurs en Grand Bretagne hier, qui comprenait le fonctionnement entre le parlement, la commission le Conseil ? Peu d’entre eux, comme en France d’ailleurs. Imaginons que la France vienne à répondre à un référendum genre «France Out ». Chiche que c’est le portable de Rachida qui ressortirait.

En attendant, encore merci les Anglais, ne laissons pas passer cette chance que vous nous avez offerte.

Sylvie BARRANS

Nėe à Bordeaux, Sylvie Barrans, après un bref passage aux Nouvelles de Tahiti et à Libération, est entrée au bureau de Paris du New York Times où elle est restée pendant 15 ans. Installée au pays Basque depuis 16 ans, elle se consacre principalement à l’écologie sous toutes ses formes, comme avec sa chronique  » La minute verte du Pays basque  » sur France bleu, ou ses piges au Mag de Sud Ouest

Un déni de démocratie qui se paie…

Le retour de bâton n’est pas surprenant, depuis le temps que l’Europe traite par le mépris les aspirations démocratiques des citoyens.

Ah, la belle brochette d’hypocrites que voilà, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, en passant par Bayrou ou Bruno Le Maire ! Tous, quand les médias les interrogent sur le Brexit anglais, évoquent une « catastrophe » et prennent un air compassé et entendu avec leurs interlocuteurs. Et c’est une vieille idée dominante de la classe dirigeante, gauche et droite confondues, qui ressort, non formulée mais tellement explicite : on ne va pas dire en public du mal du peuple, politique oblige, mais quand même on est entre journalistes et politiques et il n’est pas tout à fait normal que la voix de gens instruits, cultivés et visionnaires comme nous ou comme les Anglais qui ont voté pour le maintien de leur pays dans l’Union européenne ne compte pas plus que celle des prolos incultes qui ne comprennent décidément rien à rien et surtout à l’Europe. Désolé, mais en France et dans d’autres pays, des gens sont morts pour qu’un homme représente une voix et on ne voit pas pourquoi l’Europe échapperait à la règle.

Alors Hollande fait du vent en affirmant « L’Europe ne peut plus faire comme avant », Valls parle d’un « malaise trop longtemps ignoré », Juppé de « choc historique », mais tous, à l’exception de Marine Le Pen, se gardent bien d’évoquer ce qui serait le plus logique dans une démocratie, demander aux Français s’ils souhaitent poursuivre l’aventure européenne ou retrouver leur indépendance, car le résultat serait probablement le même qu’en Angleterre.

Cocu de Lisbonne mais pro-européen

Surtout qu’on ne s’y trompe pas. Contrairement aux électeurs frontistes, je souhaite de toutes mes forces l’Europe même si je fais partie des « cocus de Lisbonne », qui ont voté en 2005 contre une constitution européenne totalement illisible en pensant que les politiques allaient revoir leur copie et à qui on a fait subir en 2007 un insupportable tour de passe-passe dans la capitale portugaise, en méprisant les électeurs.

Au lendemain de ce départ surprise de l’Angleterre, nos hommes politiques français, aveuglés par leur corporatisme étroit, nous montrent une fois de plus qu’ils ne se sentent pas coupables le moins du monde de la situation, alors qu’on aimerait les entendre dire : « Nous avons été particulièrement nuls sur la question européenne ». À les en croire, il n’est que deux solutions possibles, aimer inconsidérément l’Europe et donc tout accepter d’elle, y compris les pires absurdités bureaucratiques, ou détester l’Europe, la quitter et plonger la France dans le chaos le plus absolu…

Et pourquoi donc ne pas souhaiter vivement l’Europe, sans transiger le moins du monde sur la démocratie, pourquoi donc accepter comme un postulat unique le libéralisme à tout-va de Bruxelles, qui nous conduit à des idioties comme la loi Travail ?

C’est le boulot des politiques d’expliquer, de rendre compréhensible le projet européen, de se battre pour une constitution et des institutions simples et comprises de tous. Mais quand on voit la façon dont nos élus (lire l’article suivant) traînent des pieds et vivent comme une punition le Parlement européen, est-il vraiment étonnant que les Français, lassés de vivre au royaume d’Ubu-roi, avec ses ordres et contrordres permanents, se méfient du monstre technocratique bruxellois.

L’Europe devrait être une belle fille qui nous fait rêver, et non une de ces hideuses Parques de l’antiquité, qui avec ses grands ciseaux cherche sans cesse à réduire le champ de nos libertés. Et c’est à cette tâche que devraient s’atteler tous nos beaux parleurs, au lieu de culpabiliser les citoyens.

Le même déficit de démocratie pour la future EPCI

Quand on a la chance d’habiter le Pays basque, comment ne pas trouver un certain nombre de similitudes entre l’Europe actuelle et cette EPCI qui va regrouper les 158 communes du Pays basque ? Là aussi l’idée est séduisante, là aussi les politiques frétillent, parfois par convictions sincères et parfois à l’idée de nouvelles indemnités à empocher. L’invité que je suis dans cette région comprend parfaitement que « le train à ne pas rater », comme l’expriment les Abertzale, puisse séduire la grande majorité des conseils municipaux qui ont eu à s’exprimer sur le sujet et une part importante de la population. Mais, puisque le préfet veut à tout prix pour janvier 2017, ce regroupement de communes, puisque le consensus est en train de se faire sur ce projet, pourquoi ne pas voir plus loin et travailler la démocratie de cette institution en réclamant que les représentants de l’EPCI soient élus au suffrage universel, au lieu de hausser les épaules en se disant qu’on a bien le temps.

Dans les familles, comme dans les collectivités territoriales, il est bien rare de ne pas traverser une période de trouble. Quand l’EPCI connaîtra quelques ratés, ce qui n’aurait rien de surprenant pour un nouveau-né, les électeurs pourraient se souvenir, comme pour l’Europe, qu’on ne les a pas consultés directement et vouloir mettre à mal une construction qui a du sens.

La démocratie est la base de la vie collective et, pour l’Europe comme pour le Pays basque, transiger sur ce point c’est s’exposer à de fort possibles déconvenues.

Hollande, pourtant, n’a rien d’un primaire

hollande primaire

Le joueur François Hollande peut avoir le sourire : il vient de prendre tous ses rivaux socialistes à contre-pied… (Photo Slate.fr)

Le roi du poker-menteur vient encore de frapper ! Car vous n’êtes pas naïfs au point de croire que Jean-Christophe Cambadélis a décidé tout seul de l’organisation d’une primaire à gauche. C’est bien évidemment, l’Élysée qui anime la partie et distribue les cartes, même si c’est dans un endroit réputé pour ses mélanges hasardeux et parfois détonants, la Maison de la Chimie, que le secrétaire du PS a été chargé d’annoncer la nouvelle aux journalistes présents.

Alors que sa popularité stagne à 14 % d’opinions favorables (et un maigre 21% pour Manuel Valls), le président de la République, qui, questions coquineries, manœuvres d’appareil et partie remportées avec une paire de deux, en connait plus qu’un rayon depuis son long séjour rue de Solférino, sort le grand bluff, en ayant visiblement bien retenu les leçons de 2012.

Tandis que Nicolas Sarkozy coincé par sa fonction présidentielle avait dû jouer « passe » pour la droite, François Hollande n’a pas oublié à quel point le débat entre socialistes, qui fut plutôt de bonne tenue malgré quelques inimitiés féroces entre Montebourg, Valls, Ségolène Royal, Martine Aubry et lui-même, avait focalisé l’attention des médias sur la gauche et privé d’air son futur rival lors de la grande finale présidentielle. Alors, comme un joueur de poker, Hollande version 2015 pose les derniers jetons qui lui restent sur la table et annonce « Tapis ! » pour obliger ses adversaires potentiels à se découvrir.

Car les « créatures » qu’il a fabriquées pour amuser la galerie et venir animer la table des grands, commencent à s’émanciper sérieusement. C’était magnifiquement joué de sa part de faire mousser Emmanuel Macron pour ne plus laisser de périmètre de jeu à Manuel Valls. Le problème, c’est que le ministre des Finances, n’a pas vu que le roué Hollande le laissait gagner volontairement pour le valoriser et qu’il a fini par se prendre pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un politique talentueux.

Mélenchon a les genoux cagneux

En organisant une primaire, Hollande met Valls et Macron dans une position très compliquée. S’ils regardent la partie se dérouler sans eux, alors qu’ils ont quelques cartes dans leur jeu, ils seront terriblement frustrés, ainsi que tous ceux à droite qui les adorent. Mais s’ils surenchérissent pour tenter de rafler la mise, alors ils passeront pour des traîtres qui ne respectent pas leur obligation de loyauté gouvernementale et l’électeur sera tenté de leur faire payer.

Même casse-tête pour l’aile gauche du PS. Montebourg ou Hamon seront accusés de lâcheté s’ils ne participent pas aux primaires. Mais s’ils font sécession et se présentent sans passer par la case primaire, ils seront obligés de quitter le PS et, à gauche de la gauche, on voit mal Jean-Luc Mélenchon, dont l’esprit partageur n’est pas la qualité première, venir les accueillir sur ses genoux.

Quant aux écologistes, il se trouvera bien un écolo-compatible désireux de se faire mousser, style Placé ou de Rugy, pour y participer. Même si les effectifs des écolos tiennent désormais dans une cabine téléphonique, c’est toujours ça de pris…

Le coup de la primaire est donc magnifiquement joué, car, perdu pour perdu, Hollande montre à l’opinion publique qu’il est sport, tout en éliminant quelques dangereux rivaux. Et si le roi du tapis vert avait été encore premier secrétaire du PS, on se serait franchement pâmé pour son sens tactique et sa façon de gagner des parties improbables.

Le hic, c’est que depuis 2012 et même si on l’oublie trop souvent tellement il joue discret, François Hollande est Président de la république et censé veiller sur tous les Français. Vous imaginez en 1988, François Mitterrand s’abaissant à une primaire, si Charasse, Dumas ou Badinter avaient eu quelques velléités de se présenter à l’élection présidentielle ? Et après le coup de chapeau au joueur talentueux pour la façon dont il conduit sa partie avec si peu d’atouts dans son jeu, on en revient très vite à l’impression première : incontestablement, François Hollande est intelligent, habile, sympathique, mais, avec ses bluffs, ses roueries et ses hésitations, comment croire qu’il est fait pour ce costume présidentiel dix fois trop grand pour lui ?

Lors de la primaire socialiste, Ségolène Royal qui avait quelques bonnes raisons de lui en vouloir, et pas que politiques, avait eu ce propos assassin dans « Le Figaro » : « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisé en trente ans de vie politique ? Une seule ? »

Ségolène est trop dure : pendant son quinquennat, Hollande a consciencieusement planqué les moutons sous le tapis, pris des engagements financiers qui impliqueront les imbéciles qui seront élus à partir de 2017 et sorti de son paquet de cartes des lois sur la déchéance de nationalité ou sur le travail, que seuls des énarques de la promotion Voltaire, coupés de toute réalité, ont pu rédiger… au casino, sur un coin de tapis vert probablement, en espérant trouver la martingale gagnante !

La grenouille Josy qui aimait tant le bœuf Ostia…

Dessin Pierre George

Ma Toute Douce,

Je le sais, vous allez avoir de la peine d’apprendre que vous lisez ce jour ma dernière lettre de la saison… Oui, sortez votre joli mouchoir brodé pour vous consoler bien vite de votre furtif chagrin, car si je ne vous écris plus dans les prochaines semaines de longues lettres au prétexte de pouvoir partir courir le monde comme chaque été – tant que mes vieilles jambes veulent encore me porter – j’essayerai toutefois de vous adresser quelques courtes cartes postales estivales. Guettez-les !  Enfin que cette période estivale donne ainsi un peu de répit à Ostia, à Chiptsatarak, à Un-Bru-de-sa-Personne et à la reinette Josy avant de les retrouver dès mi-septembre dans mes lettres.

Je sais déjà votre impatience !

Il faut bien dire que notre correspondance continue à provoquer des réactions bien délectables, même très loin de notre cher Pays des Basques… Ainsi figurez-vous que samedi dernier se tenait à la mairie de Pau, en présence de François Bayrou, une réunion strictement privée de la majorité municipale où il s’est dit bien des choses intéressantes. Ainsi l’indémodable Josy Poueyto, esprit charmant, cultivé et ô combien littéraire (le Prix Nobel n’est pas loin… ), qui occupe la lourde charge de première adjointe du beau François, et qui vice-préside aussi le Conseil départemental aux côtés d’Ostia et de la Chips (c’est quand même une consécration ça dans la vie, après avoir servi le grand André Labarrère !) a pris la parole devant ses collègues pour dire toute énervée avec la solennité de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf Ostia :

– C’est horrible ce qui est écrit dans cette Marquise concernant notre Jean-Jacques Lasserre ! C’est inadmissible ! Et je vous demande à tous solennellement de vous désabonner à cette lettre que vous recevez par mail. Faites-le comme moi je l’ai fait ! Et ce par solidarité avec notre cher Jean-Jacques dans lequel je croasse…croasse.. croasse… tant ! Il ne faut plus lire cela tellement c’est horrible ! Et j’ai même menacé cette marquise de procès si elle continuait à m’adresser cette lettre.

Eh oui, Ma Toute Douce, tout cela est véridique ! Tout comme la menace d’un procès digne de celui intenté à notre pauvre Marie-Antoinette… Heureusement que la Josy ne règne pas sur l’URSS, car nous aurions fini au goulag ! Enfin plaignons surtout les nerfs de notre pauvre Josy qui ne supporte pas de lire la vérité qui la dérange sur Ostia, Ostiette et Chipstarak… Notre Josy, qui grenouille en politique, en ancienne femme de gauche servant désormais des hommes de droite avec une ardeur exceptionnelle, et qui, comme son mentor d’Ostia, va volontiers manifester en soutien pour Charlie avec son écharpe tricolore au nom de la liberté de la presse… Cette même Poueyto, grand esprit libéral, belle intelligence, magnifique républicaine… Il convient de la féliciter pour tout cela. Qu’aurait pensé entre autre son mentor d’hier, notre cher André Labarrère, homme pétri d’humour et d’esprit, du spectaculaire virage politique avec triple saut arrière de la Josy ? Je ne préfère ne pas vous l’écrire…

Mais alors, me direz-vous, est-ce que beaucoup d’élus palois présents à cette réunion de samedi matin ont finalement demandé à être retirés de notre liste de diffusion depuis lors, suivant ainsi les consignes de la reinette paloise ? Eh bien je vais vous le dire… Un seul, figurez-vous ! Et je me fais une joie de vous donner l’identité de cet individu courageux, si loyal à sa petite Josy, en bon petit soldat comme on les aime… Il s’agit de Maître Pascal Giraud, notaire de son état, conseiller municipal délégué à Pau. Du petit fretin certes, mais qui éclaire de sa lumière la vie patrimoniale de Pau à en croire ses lourdes responsabilités. Gloire à toi Giraud-phare palois !

Et pendant que le petit notaire nous écrivait pour ne plus recevoir nos écrits (mais on sait que comme la Josy, il continuera à ne pas lire mes lettres tout en en parlant avec force détail chaque semaine), d’autres élus assistant à cette réunion m’ont raconté l’affaire que je viens de vous exposer en ayant des mots bien plus cruels que les miens sur le comportement hautement comique de notre belle reinette de la vie politique paloise, qui grenouille si bien entre gauche et droite, tout en encaissant ses indemnités qu’elle doit reverser aux plus pauvres chaque mois, je n’en doute pas… Ostia, la soupe est bonne ! Vous reprendrez bien quelques chips, jolie Josy ?

Et l’un d’entre eux, hilare, de me conter la chose suivante que je me fais un plaisir de vous rapporter avec gourmandise :

– La Josy est impayable ! Figurez-vous, Chère Marquise, qu’à l’occasion de l’affaire Baupin, La République des Pyrénées a consacré un long article au sexisme en politique. Et, du coup, ils ont recueilli des témoignages dont celui de la mère Josy :« Quand on interroge quelques-unes de nos élues béarnaises, pas de récit d’agressions caractérisées, mais parfois des réflexions machistes ou sexistes qui souvent font partie du quotidien. La première adjointe de la Ville de Pau, Josy Poueyto se souvient ainsi d’un certain malaise constaté quand elle a accédé en 2008 à la présidence du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) : « J’ai vraiment senti que certains avaient du mal à l’accepter tant au niveau de la hiérarchie que du conseil d’administration« . Et voyez-vous Chère Marquise, cet article a provoqué un énorme fou-rire à la mairie et au Conseil départemental chez bien des élus, car si effectivement l’arrivée de la Josy au Sdis a provoqué un « certain malaise », cela n’avait rien à voir avec du sexisme mais tout simplement avec… la compétence ! Ce qui prouve que l’incompétence peut aussi bien, dans notre société, être une vertu masculine que féminine.

Recommandons donc à notre sécateur-maire de Cambo, notre beau Petit Lu d’Arnaga, de fournir à la Josy, sa collègue, quelques plantes de son potager dans son joli petit panier pour lui apporter un peu de quiétude, cet été, même s’il n’existe pas de tisane réellement efficace pour lutter contre le ridicule qui, Dieu merci, en politique non plus, ne tue pas…

Je terminerai ma lettre en évoquant un autre ancien élu de gauche, lui diablement sympathique, le cher Galéry Gourret-Houssein, d’origine somalienne, qui fut le patron du parti socialiste à Biarritz, il y a quelques temps de cela face à Borotra. Lui, pas besoin de harceler des femmes, à en croire ses mémoires qui viennent de sortir sous le titre « Le Serpent volant, de la brousse à Biarritz » et qui vient de m’adresser son livre avec cette dédicace : « En bien ou en mal pourvu qu’on parle de moi ». Je vais donc exaucer son vœu. Ainsi dans un chapitre intitulé « Les femmes » notre Galery nous en raconte des chouettes comme dirait le petit-fils de mon jardinier. D’abord cette Chantal qui « s’approcha tout naturellement de moi pour me donner un baiser d’amoureux ! Surpris et sentant quelque chose de gluant s’introduire dans ma bouche, je la repoussai assez énergiquement. » Après il évoque Michèle qui… « était déjà penchée, la tête entre mes cuisses. Etonné et couvert de honte, je la tirai par les cheveux, mais elle résista et continua sa besogne ». Et il y en a d’autres du même acabit je vous le dis, de quoi faire trembler ma perruque poudrée !

Mais Galéry a aussi connu quelques célébrités, comme Brigitte Bardot en personne, chez Lipp (Bardot dont il écrit « à Djibouti, j’avais une affiche d’elle, collée au-dessus de mon lit, et je disais à mes copains : – Vous verrez, je la mettrai dans mon lit… »). Et voilà ce qu’il nous raconte :  « Elle était toujours belle, même si elle avait pris quelques années. » Et voilà qu’elle ramène notre Galéry chez elle, avenue Suchet. Là, elle lui dit « Assieds-toi, je me change et je reviens. »

Et alors ? Je sens votre curiosité s’aiguiser… Eh bien voici la suite : « Encore debout je regardai tout autour du salon et remarquai trois types groggy, avachis sur les canapés. Je n’avais pas besoin d’un dessin pour deviner ce qu’ils avaient consommé. Avec mon instinct de bédouin, je compris que je n’étais pas dans mon milieu et m’éclipsai aussitôt. » Et superbe notre Galéry de conclure : « C’était la première fois que je n’avais pas voulu tenir ma promesse ».

Il était donc fin prêt pour la vie politique, non ?

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à très bientôt. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

La Marquise a décidé de tirer sa révérence pour l’été, ce qui est son droit le plus absolu. Que la vieille dame imaginée par Jean-Philippe Ségot se rassure : elle sera toujours la bienvenue chez « Bisque, bisque, Basque ! », car ce n’est pas tous les jours que la presse nous donne l’occasion de sourire. Et, pour lutter contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, vous pouvez écrire à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi dès septembre, par mail, les lettres de la Marquise.

Un gougnafier socialiste, un de plus…

Petit socialiste deviendra grand… à condition d’apprendre un minimum la courtoisie. (Photo Sud ouest)

Souvent l’information vous tend les bras au coin de la rue. Un jour, en, sortant des halles de Biarritz, je croise un militant distribuant des tracts. Il m’apprend qu’il est le nouveau secrétaire de la section socialiste de Biarritz. Ce que je peux vérifier peu après grâce à Sud Ouest (27/06/2015). Le nouveau nominé, Laurent Riberolles, semble bien décidé à traverser les murs : « Je vais m’atteler à ouvrir les portes et les fenêtres. Il faut un vent d’air frais et montrer aux Biarrots qu’on est à l’écoute, que nous ne sommes pas là que pour les militants ».

http://www.sudouest.fr/2015/06/27/un-vent-d-air-frais-1968200-4037.php

Un an plus tard, le sens de l’écoute de Lolo-les-grandes-oreilles et sa capacité d’empathie avec les Biarrots méritent vraiment d’être contés.

Alors que je n’avais plus eu de nouvelles de Laurent-le-Magnifique depuis plusieurs mois, je reçois un message privé sur Twitter.

Riberolles

Je ne suis pas plus surpris que cela car je sais que cela tangue à la section socialiste. L’énarque en pull mohair Guy Lafite, à peu près aussi à gauche que Macron, provoque des éruptions cutanées chez nombre de militants, en particulier avec ses prises de position anti-EPCI. J’ai beaucoup de travail, le rendez-vous ne m’arrange pas tellement, mais je considère que me déplacer relève de l’obligation morale.

Quand on est un responsable socialiste de premier plan, on ne discute pas avec la plèbe et on prend les initiatives. L’omnipotent Laurent, sans chercher à savoir où j’habite, m’assigne à verre partagé, chez Kostaldea, au-dessus de la chambre d’amour à Anglet, le mardi 24 mai à 18 heures. Je me mets au garde-à-vous, j’enfile mes rangers, la droite ornée d’une rose rouge, la gauche d’un pédalo avec son capitaine, et j’obtempère en notant consciencieusement le rendez-vous sur mon agenda.

Le jour dit, je poireaute une bonne demie heure avant de dégainer le téléphone portable. Le très surmené secrétaire de section concède qu’il a complètement oublié le rendez-vous et qu’il est en pleine réunion. Ce qui peut arriver, même à des gens très biens.

Agacé d’avoir perdu presque deux heures, je rentre chez moi. Et depuis le 19 mai ? Rien, ni twitt, ni SMS, ni mail et encore moins un coup de téléphone d’excuse ! Ce qui est beaucoup moins acceptable.

Mais il est vrai que lorsqu’on est le responsable d’une section politique aussi imposante que celle du parti socialiste à Biarritz (trente adhérents, les jours de grand beau), on ne s’appartient plus et qu’il est parfaitement normal de s’affranchir des règles de la bienséance et de la courtoisie les plus élémentaires. Après tout l’exemple vient d’en haut et l’ambitieux Laurent, qui n’a pas des yeux dans le dos, ne peut à la fois scruter le sommet de la pyramide socialiste et sa base… Le mépris de Hollande pour ceux qui l’ont élu, le mépris de Valls à l’égard des salariés avec sa loi Travail qu’il veut passer en force, n’ont finalement d’égal que celui de l’immense secrétaire de la section de Biarritz qui ne va pas commencer une carrière politique en s’abaissant à être poli… Il réussira, ce petit !

Bru et Brisson, les futurs dépités de la sixième !

Dessin Pierre George

Ma Toute Douce,

 J’ai trouvé, en rentrant de promenade, votre lettre où vous m’annonciez avec une émotion non contenue que notre Max-la-Chips renouait enfin avec le succès. Une missive dans laquelle vous disiez votre bonheur ! Mais hélas, la vieille dame que vous êtes, s’est trompée lourdement… Ce n’est pas notre Chips, notre Max Vico à nous, qui vient de remporter à Montreuil le 100 mètres, mais le jeune et sémillant Jimmy Vicaut… Il ne faut pas confondre les catégories ni les pochettes de chips !

Pourtant notre Chipstarrak a toujours des ambitions bien ancrées et ne recule devant rien ! C’est même à cela qu’on le reconnait… Au point que ces jours derniers, il s’en est allé à Paris, voir Sarkozy qui l’a reçu aimablement, comme l’on reçoit toujours les victimes d’attentat MAMiste.

Et savez-vous ce que notre ami a demandé au petit teigneux ? Vous ne devinez-pas ?

Eh bien, tout simplement, d’avoir l’investiture pour les législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques… Je ne plaisante pas, Chère Thérèse-Marie !

De retour en terres basques, la Chips n’a pu s’empêcher de confier à Nalpas-plat, tout joyeux : « C’est fait ! Sarko est d’accord ! Ce sera MOI, MOI, MOI !« 

Nalpas en a mouillé tout son kleenex, expliquant à ses amis : « Brisson c’est comme Eurotunnel. Quand l’action ne vaut plus rien, eh bien il faut mieux les garder en portefeuille que de la refiler. Et moi des actions Brisson j’en ai des milliers ! Qui sait, je vais pouvoir peut-être me refaire !« 

Tout cela devient pathétique, Ma Chère, car moi qui ai quelques amitiés en haut lieu chez les Républicains, j’ai, par souci du devoir, vérifié méticuleusement l’information, vous le pensez bien… Et un haut dirigeant de la bande à Sarko m’a bien gentiment expliqué ainsi les choses : « Eh oui, Sarko a vu le gros ! Et Sarko se marrait encore le lendemain en disant : ‘Je n’ai pas pu dire un NON ferme au pauvre Brisson, tu comprends. On se doit de respecter un grand blessé à l’agonie. Mais franchement, comment peut-il y croire qu’on lui donnera finalement l’investiture, lui qui a tout merdé dans sa ville et son département ? Lui le valet de ferme de Bayrou et Lasserre ! De toute façon, la sixième c’est à la vieille, et c’est elle qui décidera. Et si elle n’y va pas, elle y mettra n’importe qui sauf lui ! Enfin, par humanité, il fallait laisser entendre au pauvre Brisson ce qu’il voulait entendre et s’il m’avait demandé s’il serait le prochain président des Etats-Unis ou même la future reine d’Angleterre, je lui aurais dit oui !’ « 

 

Mais il est vrai que la sixième attire bien des convoitises et que certains qui, eux, auraient des chances de se faire investir ou élire, sont toujours en grande réflexion… C’est le cas de Paul Baudry, le dynamique maire de Bassussarry, élu pour la première fois en 1995, et réélu avec 75% des voix en 2014, ce qui doit laisser bien rêveur notre Chips… L’ami Paul, qui est l’un des artisans, aux côtés de ce corsaire de Peyuco, de l’apaisement autour de la future EPCI entre OUI-istes et NON-istes, et grand partisan du futur Lehendakari Etchegaray qu’il juge « le plus légitime parmi les légitimes« , était effectivement annoncé comme l’un de ceux qui pourraient surprendre dans cette élection législative. Seulement le Paul, Ma Douce, est un sentimental, attaché à son village comme le Basque obligé de partir aux Amériques, l’était autrefois. Et s’il est flatté de trouver beaucoup de partisans à sa candidature, lui le Gaulliste séguiniste, viré de l’UMP par la Chips pour avoir soutenu la candidature de la petite Candy Darrigade l’année passée aux départementales (la sanction frappant Baudry ayant d’ailleurs été immédiatement annulée par les instances nationales dès que Max-la-Mélasse a été foutu à la porte du secrétariat départemental), confiait l’autre dimanche à quelques proches : « Avec cette histoire du non-cumul, il faudrait que je lâche Bassu. C’est ça qui me fait vraiment hésiter. Ce serait le crève-cœur absolu. Etre député c’est bien, oui évidemment, mais ne pas pouvoir rester un petit maire, chaque jour les mains dans le cambouis, cela me parait absurde ! Pour moi être député, c’est justement être un élu de base et du quotidien qui fait comprendre à Paris la difficulté de notre job de maire ! » Il faut dire que le Paul sera, de plus, l’un des vice-présidents de l’EPCI et qu’il compte bien s’y donner à fond. J’en suis fort marri, mais je pense qu’il faudra compter sans lui cette fois.

 

Heureusement que pour nous distraire, il nous reste notre petit Un-Bru-de-sa-personne, le maire de Cambo. L’impayable petit LU, qui rêvait d’être sénateur et qui n’est que sécateur d’Arnaga, veut toujours croire à ses chances !

Et je me suis laissé dire que le paon de Chanteclerc faisait des pieds et des mains pour être reçu par François Bayrou, histoire de le convaincre de lui attribuer une investiture pour ces législatives. Ce qui explique qu’il fait, jour et nuit, la roue devant Ostia qui lui aurait promis de lui filer un coup de main pour ce faire. Et sans rire, on imagine tout à fait les chances du petit Lu d’être élu député en terres basques en se recommandant d’Ostia ! Je crains bien que le rêve insensé du Vincent de devenir parlementaire ne se réalise jamais, lui qui voudrait pourtant quitter la mairie en 2020 après un long règne qui semble avoir trouvé ses limites.

Au point d’ailleurs que le Pascal Sevran des mamies de Cambo commence à organiser sa succession et semble décidé à filer les clefs de la mairie à un de ses conseillers municipaux, le Peio Etchelecu, patron de la laiterie Agour d’Hélette, alors qu’il les avait pourtant promises à son second adjoint, l’excellent vice-président de l’Aviron bayonnais Christian Devèze. Mais comme ce dernier ne semble pas prêt à se laisser faire (ce qui n’est pas dans son caractère), le Un-Bru-de-sa-personne en devient tout énervé à tout propos et voilà que l’autre jour le Vincent – qui fut d’abord opposé à l’EPCI avant de s’y rallier (il espère une vice-présidence qu’il aura bien du mal à avoir…) – s’est permis de lui couper salement la parole (comme le font tous les grands démocrates) à ce sujet l’autre jour en Conseil municipal, au point de devoir lui faire, par la suite, platement des excuses en devenant tout rouge comme un gratte-cul, peuchère ! Depuis le Christian semble avoir pris ses distances avec son sécateur-maire et lui garde un paonneau de sa paonne… Une fronde au pays du petit Lu nous réjouirait bien dans les prochains mois… La fin de mandat risque d’être joyeuse !

D’autant plus que le paon de Chanteclerc s’il sait si bien faire la roue devant Ostia, rabat vite son caquet et ses plumes dès que l’on lève la voix, comme le racontait autrefois l’excellent maire d’Arcangues Jean-Michel Colo : « Bru c’est bien plus la poule d’eau que le paon pour moi ! Dès qu’il se mettait à faire l’instruit dans une réunion, il me suffisait d’élever un peu la voix et de frapper de mon poing la table. Et t’avait plus qu’à chercher le Vincent dessous où il jouait des castagnettes !« 

Heureusement qu’il a tout l’été pour se détendre dans les jardins d’Arnaga en se faisant des infusions aux plantes… Sa rentrée risque d’être chaude !

 

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

La CGT fait son boulot… pas la presse !

Un pays de plus en plus paralysé… Pas mal pour un « petit syndicat en perdition », selon les médias.

Vous les pédants qui avez lu de la première à la dernière ligne, n’en doutons point, la loi El Khomri, vous avez entendu parler d’un amendement prévoyant la suspension de cette loi Travail, en cas d’inondations ou pendant la période de l’Euro ? On se demande donc bien pourquoi le gouvernement reproche à la CGT de faire des grèves pendant les intempéries ou les jeux du cirque footballistiques, alors que l’avenir de millions de salariés est en jeu.

Mais il est clair que dans la situation actuelle, les petits muscles du matamore Manuel Valls pèsent peu face aux gros bras de la CGT et que tous les moyens sont donc bons pour salir l’adversaire et tenter de rallier les indécis à la cause gouvernementale. Ainsi, notre très à droite Premier ministre vient d’inventer le concept de la grève qui ne doit pas déranger, en répétant sur tous les tons qu’on « prend en otages les Français ! ». Mais bien sûr que la CGT a raison d’insister, bien sûr qu’une grève doit emmerder le monde pour avoir une chance de réussir. Pour une fois qu’un syndicat fait son boulot et écoute les salariés, au lieu de passer en douce des accords avec le gouvernement, on ne va pas se plaindre, et les agitations sémaphoriques de toute l’équipe gouvernementale n’arrivent pas à cacher le fait que de plus en plus de monde se retrouve dans la rue (après la SNCF, la RATP, les éboueurs !) pour rejeter violemment un texte qui donne le sentiment de revenir au XIXe siècle.

C’est un membre du bureau politique national du PS qui parle, évoquant : « un gouvernement brutal, minoritaire et responsable des blocages », avant d’enfoncer le clou : « Ne croyez pas que cette loi a été « adoucie ». Ne croyez pas qu’ils l’ont amendée. Ils le disent, mais ils mentent, ce sont de grands, de gros menteurs » (http://www.filoche.net/) Et l’homme qui écrit cela sait de quoi il parle, puisque Gérard Filoche a été inspecteur du travail.

Les modérés diront que le gouvernement a été particulièrement maladroit, ceux qui ne croient plus beaucoup aux convictions socialistes penseront que Valls a voulu donner des gages au patronat, ce qui parait plausible quand on voit Pierre Gattaz, le patron des patrons, demeurer le dernier soutien inconditionnel du Premier ministre. Mais une chose est sûre, le gouvernement est responsable du désordre actuel, de l’image catastrophique de la France qu’il donne et n’a d’autre solution que de renoncer totalement à cette loi Travail qui scandalise tous les électeurs de gauche. Avec obligation de faire de la pédagogie pour que tout le monde comprenne où il veut aller, avant de se lancer dans un nouveau projet de cette envergure.

La faillite du quatrième pouvoir

Combattre une loi qui renvoie les salariés au XIXe siècle, c’est le rôle d’un syndicat.

Que Valls et la CGT s’accusent mutuellement d’avoir semé le désordre, c’est normal. Ce n’est pas la première fois qu’un bras de fer oppose en France un gouvernement autiste qui jure qu’il ne calera pas, à la rue qui gronde. Et, en général, à l’image du Contrat Première Embauche (CPE) voulu par Villepin, le gouvernement finit par estimer que « les conditions ne sont pas réunies » et enterre le projet comme en 2006. Mais, dix ans plus tard, un changement majeur s’est opéré qui semble avoir échappé à nombre d’observateurs. Avec le rachat des grands titres de la presse écrite ou audiovisuelle par des industriels comme Serge Dassault, Vincent Bolloré ou Pierre Bergé, le quatrième pouvoir est devenu quasiment inexistant. C’est pourtant le rôle de la presse d’expliquer, de nuancer, de pointer du doigt les contrevérités, qu’elles viennent d’un camp ou de l’autre, de contrebalancer en quelque sorte les trois pouvoirs que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Au lieu de cela, à quelques heureuses exceptions près comme Médiapart, L’Huma, Acrimed ou certains réseaux sociaux, une armée de porte-plumes, porte-micros ou porte-caméras, proférant des contre-vérités encore plus énormes que leurs egos, a bourré le mou des Français comme jamais, dans le seul souci de relayer la bonne parole patronale et de ne pas déplaire à la main industrielle qui les nourrit. Que n’a-t-on entendu sur la CGT ! Un syndicat en perdition qui n’a plus aucun crédit auprès des salariés. Demandez aux Parisiens qui souffrent tous les matins en espérant un train ce qu’ils pensent de l’absence de représentativité de la CGT ! Demandez-leur s’ils ont le sentiment d’un syndicat en déclin ! Et vous avez entendu la moindre autocritique d’un de ces donneurs de leçons, reconnaissant qu’il s’est peut-être fait intoxiquer par des patrons prenant leurs désirs pour des réalités ?

CGT 04

Le patron de a CGT, Philippe Martinez, est considéré comme le principal adversaire de Valls. Mais, curieusement, la presse ne lui donne pas la parole.

De la même façon, au début du conflit, la presse unanime a titré « Valls-Martinez : le duel », mais, comme c’est bizarre, seul Manuel Valls a pu vanter longuement les « bienfaits » de sa loi Travail. Et quand le leader de la CGT Philippe Martinez, agacé de ne pouvoir s’expliquer, distribue un communiqué sur ses positions, la presse, au lieu de se réjouir de cette information supplémentaire, la récuse, obligeant les ouvriers du Livre à un coup de semonce.

Présidentielles : le grand ménage commence

Si les industriels propriétaires de journaux expliquent en partie cette soudaine pusillanimité de la presse, la proximité de l’élection présidentielle y est aussi pour beaucoup. C’est maintenant que se distribuent les places qui « donnent de la visibilité » selon la formule de Laurent Fabius, quand il était aux Affaires étrangères. Et comme en 2001, en 2006, ou en 2011, il s’agit de promouvoir des hommes sûrs à la tête des services politiques ou des rédactions et de virer ceux qui déplaisent au pouvoir en place. Aucun doute n’est possible, l’information sera bien « verrouillée » en 2017, car, encore plus violemment qu’avant, le grand ménage a commencé. Aude Lancelin, la directrice adjointe du « Nouvel Observateur » faisait l’unanimité pour sa rigueur journalistique. Considérée par Niel, Pigasse et Bergé comme « trop à gauche », elle vient d’être virée pour des motifs fumeux, alors que la vraie raison est sa non-allégeance à Hollande. (https://www.mediapart.fr/journal/france/230516/purge-l-obs-reprise-en-main-marianne?onglet=full) Coup de balai aussi à « Marianne » où le fantasque directeur de la rédaction Joseph Macé-Scaron, plutôt imprévisible dans ses réactions politiques, rejoint un improbable « comité éditorial » et est remplacé par Renaud Dély qui n’a jamais fait de mal à une mouche socialiste…

Et ce n’est qu’un début !

Pauvre presse !

C’est promis, Veunac ne fera plus le trottoir

Grisé par son écharpe tricolore, Michel Veunac n’hésitait pas à stationner systématiquement son véhicule sur le trottoir et dans un virage. Mais « il ne le fera plus », n’hésitant pas à se garer parfois « à plus d’un kilomètre de son domicile ». « Bisque, bisque Basque ! » est très fier d’avoir contribué à ce retour de vertu de notre édile municipal.

Si Michel Veunac vous parle de se rendre à Las Vegas, histoire de faire un petit poker au casino, surtout faites tout pour le dissuader, car il est certain que notre bon maire reviendra en slip de son expédition. Deux ans maintenant que nous pouvons observer, grâce à Internet, ses tics oratoires et ses mimiques, lors de ses interventions au conseil municipal et il est rare de croiser quelqu’un d’aussi lisible. Cette façon de gonfler la poitrine et de regarder son interlocuteur droit dans les yeux quand il profère un mensonge n’appartient qu’à lui. Et ce petit mouvement de tête, comme s’il souhaitait remettre sa mèche en place, quand il est embarrassé mais se refuse à l’exprimer à haute voix est tout aussi caractéristique.

On dit que les absents ont toujours tort et les huit conseillers qui faisaient défaut, Peio Claverie, François Amigorena, Louis Vial, Frédéric de Bailliencourt, Max Brisson (encore !), Bénédicte Darrigade, Pierrette Echeverria et Richard Tardits, ont raté plusieurs belles occasions de rire, lors de ce conseil municipal du 7 juin, même s’ils ont eu la chance d’échapper au numéro de l’austère-qui-ne-se-marre-pas, Guy Lafite, sur le budget. Heureusement, le toujours affable Michel Veunac s’est empressé de s’auto-féliciter : « En 2014, nous devions assumer l’héritage avec ce qu’il y avait de bon et de moins bon (Mouvement de tête). Dans la circonstance où nous sommes c’est un résultat qui est honorable (sourire béat d’autosatisfaction) ».

Mais c’est à propos du stationnement en ville que s’est produite une de ces habituelles parties de ping-pong verbal entre Jean-Benoît Saint-Cricq et Michel Veunac, qui a permis à Bisque, bisque, Basque ! de se rengorger. Le maire rappelle à son presque voisin qu’il ne dispose pas, lui, d’un parking. Avant, poitrine gonflée et regard vissé sur son interlocuteur, de proférer une complainte larmoyante comme il les aime : « Quand il m’arrive, une fois, de me garer devant chez moi, on me prend en photo et on me met sur Internet ».

On appréciera le « Une fois » très convaincant de celui qui se garait systématiquement sur le trottoir devant chez lui, jusqu’au jour où il a fait un grand couplet excédé sur les incivilités et a incité un citoyen à sortir son appareil photo. On mesurera aussi le sens des distances de celui qui nous gouverne. « L’été, je me gare à un kilomètre de chez moi ». C’est terrible tout de même ce truc qu’on appelle la démocratie et qui prévoit qu’un maire soit un citoyen soumis aux mêmes règles que les autres ! Heureusement, le très charitable Jean-Benoît Saint-Cricq s’est engagé à trouver un garage à louer pour le marcheur marathonien, avant de lui lancer cette petite pique : « ça vous évitera de vous mettre n’importe où et de vous faire tirer les oreilles ».

L’aumône faite à Borotra

Nous sommes donc tous rassurés de savoir que notre maire ne fera plus le trottoir désormais. Et comme Michel Veunac traverse visiblement une phase vertueuse, il a décidé de venir au secours d’un pauvre malheureux impécunieux, injustement malmené par des magistrats acharnés à sa perte, en demandant au conseil municipal de prendre en charge les frais de défense de l’ancien responsable de la police municipale Xavier Blaisot et d’un certain Didier Borotra, qui doit visiblement être soutenu par les services sociaux de la Ville, au vu de son dénuement.

Jean-Benoît Saint-Cricq s’étonne de cette décision que s’apprête à voter le conseil municipal : « Une prise de position de la Ville serait déplacée et mal ressentie par l’institution judiciaire. On ne respecte pas la neutralité qui sied dans ce type de contentieux ».

L’élève Guy Lafite, qui a bien révisé sa leçon, ne rate pas alors l’occasion de faire son intéressant : « La commune est tenue d’accorder sa protection au maire sauf si cette faute est détachable de l’exercice de ses fonctions » Pas un mot sur le malheureux Xavier Blaisot qui sert visiblement d’alibi dans cette affaire. Défendre un maire parce qu’un arbre est tombé sur un passant, c’est logique. Mais un maire qui fait annuler 4632 PV, est-ce au contribuable biarrot de payer pour sa défense ?

Bien que membre de la majorité, le très malin Hervé Boissier, ose la question qui fâche : « Est-ce qu’on peut dissocier les deux cas ? »

Et il faut voir le spectacle de Michel Veunac, se tortillant sur sa chaise d’embarras, tentant par des mouvements de tête saccadés de remettre sa mèche en place, et trouvant visiblement le temps très long. Avant de conclure, avec cet air docte et pontifiant, qui fait fondre les mamies biarrotes : « Nous ne prenons pas partie dans cette affaire »

Mais quel mauvais joueur de poker ! Bien sûr que si, et tout le monde le voit.

Max et l’EPChips !

Chipstarrak a faim

(Dessin Pierre George)

Ma toute Douce,

La vie est parfois bien cruelle et rien n’est acquis sur cette terre !

Je me souviens des espoirs déçus de notre pauvre Max Brisson, de notre cher Chipstarrak, que nous avons connu tout mioche quand il jouait aux « politiciens et aux entrepreneurs » dans les rues de Boucau. Ah qu’il était mignon, tout frisé, ce jeune et brillant gamin si sage qui travaillait bien à l’école et collait les affiches du général de Gaulle sur les murs de la cité ouvrière avec son tube de colle Uhu. Après des études brillantes et l’agrégation d’histoire ou de géographie – je m’y perds -, le voilà qui s’est lancé dans la vie politique. Conseiller municipal de feu Bernard Marie qu’il appelait « Mon papa« , puis conseiller régional grâce à la bonté de MAM qu’il appelait « Ma grande sœur« , puis conseiller général aux côtés du Parrain de la Côte, l’excellent Claude Olive, qu’il appelait « Mon petit frère« , il les a tous, un jour ou l’autre, fabuleusement trahis avant de se prendre la fameuse pelle (du 18 juin) en plein dans la tronche !

Évidemment, cela fait mal… Mais personne ne l’avait forcé à faire la danse du ventre devant Borotra, puis à mener sa campagne électorale des municipales de 2014 comme on mène un veau à l’abattoir de Mauléon. Non personne…

Aujourd’hui, le bilan est triste (contrairement à Anne du même nom…), car si Ostia et Ostiette – du moins pour le moment – ont beaucoup de galette qui rentre chaque mois, pour Max-la-Mélasse les caisses ont un peu de mal à se remplir et la mise au régime a commencé. Du temps où il glorifiait Borotra soir et matin en venant lui faire des bisous dans son bureau et en saoulant ses proches par des : « Didier, DIDIER MON AMI, m’a dit que j’étais le SEUL, l’UNIQUE, le MEILLEUR » (ce qui faisait alors dire avec un grand sourire à l’élégant Michel Veunac qui armait patiemment ses scuds : « Certes, mais il ne lui a pas dit le meilleur des quoi…« ), le Max s’engrangeait dans le gosier une belle indemnité de premier adjoint, avec un joli bureau vue sur mer et une place de parking gratuite en plein centre-ville. Il cumulait les chips gentiment et voyait son avenir sous les meilleurs auspices (son avenir est-il désormais dans le meilleur des hospices ?) en commentant ainsi les choses à son fidèle Domège-sans-intérêts : « A moi les chips de maire et celles du Conseil général ! A moi les bons gueuletons au Palais. A moi les Chips Gold ! » Oui, la vie est bien cruelle, Chère Thérèse-Marie, et ses derniers espoirs furent déçus quand il s’est fait éjecter d’une position éligible aux régionales par l’insupportable Calmels qui aime mieux aller câliner le beau Mathieu Gallet à la Cité du Vin de Bordeaux que la Chips à la Cité de l’Océan.

Pourtant Chipstarrak avait un dernier espoir ! Oui, un ultime…

Il s’agit de l’EPCI, la future grande institution que doit présider le Lehendakari Etchegaray à partir du mois de janvier… Et notre Chips, qui danse le fandangros à Saint-Pée, prépare la brosse à reluire pour le Ché :

– Jean-René est mon ami ! Il est à la fois mon nouveau père, mon nouveau grand-frère, mon IMMENSE idole. C’est la plus grande des intelligences basques universelles. Il y a chez lui du Napoléon et du De Gaulle. Je conserve d’ailleurs dans ce petit écrin qui ne quitte pas ma poche de chips une mèche sacrée de ses cheveux que je vénère et que j’embrasse chaque matin et chaque soir. C’est un Saint !

Et de rajouter dès qu’il croise le Marco Amestoy, le fameux directeur de cabinet du Ché :

 Marco, MON Marco, toi qui as toujours été mon AMI, MON fils spirituel, à qui j’ai appris au temps de la splendeur du Ostia, l’art de la politique, je compte sur TOI, pour faire partie de l’entourage de notre futur empereur des Basques. Tu me dois bien ça, hein MON MARCO si beau ?

Marco, quelque peu gêné par tant de débordement, la cravate bien droite et scintillante de mille fils de soie, le costume impeccablement coupé, les pompes parfaitement lustrées, les mains méticuleusement manucurées, de fuir vers les toilettes les plus proches à la recherche d’un lavabo :

– Il m’a encore broyé la main ce type ! Mais c’est quoi ce truc qui colle, gras et gluant que j’ai sur les mains ? Mais c’est pas Dieu possible ! Il n’y a pas de gel antiseptique dans ces commodités ? Je crois qu’il va vraiment falloir que je revêtisse mes nobles mains de gants immaculés semblables à ceux de la reine d’Angleterre quand je verrai la Chips me poursuivre dans les couloirs. Mais c’est pas vrai ce truc, ça ne part pas ! Quelqu’un aurait du white-spirit ?

Alors le sort des Basques préoccuperait-il à ce point notre joli Chips ? Un tel cœur pour une si noble cause, cela ne mérite-t-il pas un peu d’indulgence de notre part, Ma Toute Douce ? J’ai failli y croire, jusqu’à ce qu’un proche de notre Max ne me raconte cette petite anecdote des plus croustillantes : « Il y a quelques temps, le Brisson m’a fait des confidences que je vous répète car je connais votre grande discrétion. Toute cette affaire est en fait une affaire de chips ! Figurez-vous qu’il a découvert que l’EPCI aura quinze vice-présidents et qu’ils percevront probablement dans les 2000 euros d’indemnités par mois chacun ! Et il ne se cache pas d’y prétendre et rêve à cet apport de chips supplémentaires pour arrondir ses revenus et son beau bidon ! C’est juste aussi simple que cela… Ma chère Marquise. »

Voilà donc le stratagème ! Toujours une affaire de pognon comme on dit du côté de Bidache. Alors, j’ai fait ma petite enquête pour savoir si notre Chips pourra bientôt festoyer sur le dos de nos impôts… Et le résultat ne va pas lui faire plaisir, vous allez voir… S’il est vrai que la Chips sera obligatoirement membre du futur EPCI, vu qu’il est déjà conseiller de l’Agglo à Bayonne, il ignore peut-être que les postes de vice-présidents seront donnés en priorité aux présidents des agglos sortantes. Il y en a dix sortants, dont neuf qui sont détenus par des hommes ! Si notre bien aimé Jean-René devient Lehendakari comme il se doit, il y aura donc neuf vice-président et une vice-présidente en quelque sorte de droit avant de désigner les cinq autres. Alors, ne peut-on pas penser que très logiquement pour les cinq postes qui resteront à pouvoir, l’on choisisse de les attribuer à des femmes ? Ce serait la moindre des choses dans cette société qui se décide enfin à appliquer la parité depuis peu… Et ce n’est pas au Pays basque, dans le cadre d’une nouvelle institution, que l’on se montrerait ringard ! On arriverait ainsi alors à dixhommes (avec le lehendakari à la présidence) et à six femmes, ce qui se serait déjà très en défaveur de nos condisciples Ma Toute Douce !

Pour en revenir à notre Chips, et comme il a très peu de chances de changer de sexe avant la fin de l’année, il va encore une fois devoir renoncer à ses folles espérances. Que voulez-vous quand le sort s’acharne…

Gardez bien cette nouvelle pour vous, car je ne voudrais pas casser le moral de notre joli joufflu une fois encore par une « fuite » de notre correspondance. Il semblerait toutefois qu’il pourrait avoir comme lot de consolation un poste de conseiller délégué, ce qui correspond en fait non pas aux bonnes poches de chips Gold qu’il visait chaque mois, mais plutôt à quelques petites miettes un peu molles…

Mais cette histoire de parité, qui fait le malheur de notre Max, semble aussi inquiéter notre si distingué préfet, qui en grand stratège EPCI-pien – et qui voit toujours si loin à des milliers de kilomètres même en plein brouillard – se doute que les recours lancés par les NONistes pourraient trouver une oreille favorable à Paris justement au nom de cette fameuse parité, figurez-vous ! Car dans ce collège de plusieurs centaines de conseillers, l’on ne pourra pas y appliquer une stricte parité. Il se pourrait donc que ce soit là le talon d’Achille de toute l’affaire ! Si la bataille de l’EPCI est gagnée par le vote des conseils municipaux, il se peut qu’elle se prolonge dans des recours plus ou moins interminables au nom de la parité…

Oui, Ma Chère, la vie politique in the Basque Country n’est pas un long fleuve tranquille…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.