La CGT fait son boulot… pas la presse !

Un pays de plus en plus paralysé… Pas mal pour un « petit syndicat en perdition », selon les médias.

Vous les pédants qui avez lu de la première à la dernière ligne, n’en doutons point, la loi El Khomri, vous avez entendu parler d’un amendement prévoyant la suspension de cette loi Travail, en cas d’inondations ou pendant la période de l’Euro ? On se demande donc bien pourquoi le gouvernement reproche à la CGT de faire des grèves pendant les intempéries ou les jeux du cirque footballistiques, alors que l’avenir de millions de salariés est en jeu.

Mais il est clair que dans la situation actuelle, les petits muscles du matamore Manuel Valls pèsent peu face aux gros bras de la CGT et que tous les moyens sont donc bons pour salir l’adversaire et tenter de rallier les indécis à la cause gouvernementale. Ainsi, notre très à droite Premier ministre vient d’inventer le concept de la grève qui ne doit pas déranger, en répétant sur tous les tons qu’on « prend en otages les Français ! ». Mais bien sûr que la CGT a raison d’insister, bien sûr qu’une grève doit emmerder le monde pour avoir une chance de réussir. Pour une fois qu’un syndicat fait son boulot et écoute les salariés, au lieu de passer en douce des accords avec le gouvernement, on ne va pas se plaindre, et les agitations sémaphoriques de toute l’équipe gouvernementale n’arrivent pas à cacher le fait que de plus en plus de monde se retrouve dans la rue (après la SNCF, la RATP, les éboueurs !) pour rejeter violemment un texte qui donne le sentiment de revenir au XIXe siècle.

C’est un membre du bureau politique national du PS qui parle, évoquant : « un gouvernement brutal, minoritaire et responsable des blocages », avant d’enfoncer le clou : « Ne croyez pas que cette loi a été « adoucie ». Ne croyez pas qu’ils l’ont amendée. Ils le disent, mais ils mentent, ce sont de grands, de gros menteurs » (http://www.filoche.net/) Et l’homme qui écrit cela sait de quoi il parle, puisque Gérard Filoche a été inspecteur du travail.

Les modérés diront que le gouvernement a été particulièrement maladroit, ceux qui ne croient plus beaucoup aux convictions socialistes penseront que Valls a voulu donner des gages au patronat, ce qui parait plausible quand on voit Pierre Gattaz, le patron des patrons, demeurer le dernier soutien inconditionnel du Premier ministre. Mais une chose est sûre, le gouvernement est responsable du désordre actuel, de l’image catastrophique de la France qu’il donne et n’a d’autre solution que de renoncer totalement à cette loi Travail qui scandalise tous les électeurs de gauche. Avec obligation de faire de la pédagogie pour que tout le monde comprenne où il veut aller, avant de se lancer dans un nouveau projet de cette envergure.

La faillite du quatrième pouvoir

Combattre une loi qui renvoie les salariés au XIXe siècle, c’est le rôle d’un syndicat.

Que Valls et la CGT s’accusent mutuellement d’avoir semé le désordre, c’est normal. Ce n’est pas la première fois qu’un bras de fer oppose en France un gouvernement autiste qui jure qu’il ne calera pas, à la rue qui gronde. Et, en général, à l’image du Contrat Première Embauche (CPE) voulu par Villepin, le gouvernement finit par estimer que « les conditions ne sont pas réunies » et enterre le projet comme en 2006. Mais, dix ans plus tard, un changement majeur s’est opéré qui semble avoir échappé à nombre d’observateurs. Avec le rachat des grands titres de la presse écrite ou audiovisuelle par des industriels comme Serge Dassault, Vincent Bolloré ou Pierre Bergé, le quatrième pouvoir est devenu quasiment inexistant. C’est pourtant le rôle de la presse d’expliquer, de nuancer, de pointer du doigt les contrevérités, qu’elles viennent d’un camp ou de l’autre, de contrebalancer en quelque sorte les trois pouvoirs que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Au lieu de cela, à quelques heureuses exceptions près comme Médiapart, L’Huma, Acrimed ou certains réseaux sociaux, une armée de porte-plumes, porte-micros ou porte-caméras, proférant des contre-vérités encore plus énormes que leurs egos, a bourré le mou des Français comme jamais, dans le seul souci de relayer la bonne parole patronale et de ne pas déplaire à la main industrielle qui les nourrit. Que n’a-t-on entendu sur la CGT ! Un syndicat en perdition qui n’a plus aucun crédit auprès des salariés. Demandez aux Parisiens qui souffrent tous les matins en espérant un train ce qu’ils pensent de l’absence de représentativité de la CGT ! Demandez-leur s’ils ont le sentiment d’un syndicat en déclin ! Et vous avez entendu la moindre autocritique d’un de ces donneurs de leçons, reconnaissant qu’il s’est peut-être fait intoxiquer par des patrons prenant leurs désirs pour des réalités ?

CGT 04

Le patron de a CGT, Philippe Martinez, est considéré comme le principal adversaire de Valls. Mais, curieusement, la presse ne lui donne pas la parole.

De la même façon, au début du conflit, la presse unanime a titré « Valls-Martinez : le duel », mais, comme c’est bizarre, seul Manuel Valls a pu vanter longuement les « bienfaits » de sa loi Travail. Et quand le leader de la CGT Philippe Martinez, agacé de ne pouvoir s’expliquer, distribue un communiqué sur ses positions, la presse, au lieu de se réjouir de cette information supplémentaire, la récuse, obligeant les ouvriers du Livre à un coup de semonce.

Présidentielles : le grand ménage commence

Si les industriels propriétaires de journaux expliquent en partie cette soudaine pusillanimité de la presse, la proximité de l’élection présidentielle y est aussi pour beaucoup. C’est maintenant que se distribuent les places qui « donnent de la visibilité » selon la formule de Laurent Fabius, quand il était aux Affaires étrangères. Et comme en 2001, en 2006, ou en 2011, il s’agit de promouvoir des hommes sûrs à la tête des services politiques ou des rédactions et de virer ceux qui déplaisent au pouvoir en place. Aucun doute n’est possible, l’information sera bien « verrouillée » en 2017, car, encore plus violemment qu’avant, le grand ménage a commencé. Aude Lancelin, la directrice adjointe du « Nouvel Observateur » faisait l’unanimité pour sa rigueur journalistique. Considérée par Niel, Pigasse et Bergé comme « trop à gauche », elle vient d’être virée pour des motifs fumeux, alors que la vraie raison est sa non-allégeance à Hollande. (https://www.mediapart.fr/journal/france/230516/purge-l-obs-reprise-en-main-marianne?onglet=full) Coup de balai aussi à « Marianne » où le fantasque directeur de la rédaction Joseph Macé-Scaron, plutôt imprévisible dans ses réactions politiques, rejoint un improbable « comité éditorial » et est remplacé par Renaud Dély qui n’a jamais fait de mal à une mouche socialiste…

Et ce n’est qu’un début !

Pauvre presse !

C’est promis, Veunac ne fera plus le trottoir

Grisé par son écharpe tricolore, Michel Veunac n’hésitait pas à stationner systématiquement son véhicule sur le trottoir et dans un virage. Mais « il ne le fera plus », n’hésitant pas à se garer parfois « à plus d’un kilomètre de son domicile ». « Bisque, bisque Basque ! » est très fier d’avoir contribué à ce retour de vertu de notre édile municipal.

Si Michel Veunac vous parle de se rendre à Las Vegas, histoire de faire un petit poker au casino, surtout faites tout pour le dissuader, car il est certain que notre bon maire reviendra en slip de son expédition. Deux ans maintenant que nous pouvons observer, grâce à Internet, ses tics oratoires et ses mimiques, lors de ses interventions au conseil municipal et il est rare de croiser quelqu’un d’aussi lisible. Cette façon de gonfler la poitrine et de regarder son interlocuteur droit dans les yeux quand il profère un mensonge n’appartient qu’à lui. Et ce petit mouvement de tête, comme s’il souhaitait remettre sa mèche en place, quand il est embarrassé mais se refuse à l’exprimer à haute voix est tout aussi caractéristique.

On dit que les absents ont toujours tort et les huit conseillers qui faisaient défaut, Peio Claverie, François Amigorena, Louis Vial, Frédéric de Bailliencourt, Max Brisson (encore !), Bénédicte Darrigade, Pierrette Echeverria et Richard Tardits, ont raté plusieurs belles occasions de rire, lors de ce conseil municipal du 7 juin, même s’ils ont eu la chance d’échapper au numéro de l’austère-qui-ne-se-marre-pas, Guy Lafite, sur le budget. Heureusement, le toujours affable Michel Veunac s’est empressé de s’auto-féliciter : « En 2014, nous devions assumer l’héritage avec ce qu’il y avait de bon et de moins bon (Mouvement de tête). Dans la circonstance où nous sommes c’est un résultat qui est honorable (sourire béat d’autosatisfaction) ».

Mais c’est à propos du stationnement en ville que s’est produite une de ces habituelles parties de ping-pong verbal entre Jean-Benoît Saint-Cricq et Michel Veunac, qui a permis à Bisque, bisque, Basque ! de se rengorger. Le maire rappelle à son presque voisin qu’il ne dispose pas, lui, d’un parking. Avant, poitrine gonflée et regard vissé sur son interlocuteur, de proférer une complainte larmoyante comme il les aime : « Quand il m’arrive, une fois, de me garer devant chez moi, on me prend en photo et on me met sur Internet ».

On appréciera le « Une fois » très convaincant de celui qui se garait systématiquement sur le trottoir devant chez lui, jusqu’au jour où il a fait un grand couplet excédé sur les incivilités et a incité un citoyen à sortir son appareil photo. On mesurera aussi le sens des distances de celui qui nous gouverne. « L’été, je me gare à un kilomètre de chez moi ». C’est terrible tout de même ce truc qu’on appelle la démocratie et qui prévoit qu’un maire soit un citoyen soumis aux mêmes règles que les autres ! Heureusement, le très charitable Jean-Benoît Saint-Cricq s’est engagé à trouver un garage à louer pour le marcheur marathonien, avant de lui lancer cette petite pique : « ça vous évitera de vous mettre n’importe où et de vous faire tirer les oreilles ».

L’aumône faite à Borotra

Nous sommes donc tous rassurés de savoir que notre maire ne fera plus le trottoir désormais. Et comme Michel Veunac traverse visiblement une phase vertueuse, il a décidé de venir au secours d’un pauvre malheureux impécunieux, injustement malmené par des magistrats acharnés à sa perte, en demandant au conseil municipal de prendre en charge les frais de défense de l’ancien responsable de la police municipale Xavier Blaisot et d’un certain Didier Borotra, qui doit visiblement être soutenu par les services sociaux de la Ville, au vu de son dénuement.

Jean-Benoît Saint-Cricq s’étonne de cette décision que s’apprête à voter le conseil municipal : « Une prise de position de la Ville serait déplacée et mal ressentie par l’institution judiciaire. On ne respecte pas la neutralité qui sied dans ce type de contentieux ».

L’élève Guy Lafite, qui a bien révisé sa leçon, ne rate pas alors l’occasion de faire son intéressant : « La commune est tenue d’accorder sa protection au maire sauf si cette faute est détachable de l’exercice de ses fonctions » Pas un mot sur le malheureux Xavier Blaisot qui sert visiblement d’alibi dans cette affaire. Défendre un maire parce qu’un arbre est tombé sur un passant, c’est logique. Mais un maire qui fait annuler 4632 PV, est-ce au contribuable biarrot de payer pour sa défense ?

Bien que membre de la majorité, le très malin Hervé Boissier, ose la question qui fâche : « Est-ce qu’on peut dissocier les deux cas ? »

Et il faut voir le spectacle de Michel Veunac, se tortillant sur sa chaise d’embarras, tentant par des mouvements de tête saccadés de remettre sa mèche en place, et trouvant visiblement le temps très long. Avant de conclure, avec cet air docte et pontifiant, qui fait fondre les mamies biarrotes : « Nous ne prenons pas partie dans cette affaire »

Mais quel mauvais joueur de poker ! Bien sûr que si, et tout le monde le voit.

Max et l’EPChips !

Chipstarrak a faim

(Dessin Pierre George)

Ma toute Douce,

La vie est parfois bien cruelle et rien n’est acquis sur cette terre !

Je me souviens des espoirs déçus de notre pauvre Max Brisson, de notre cher Chipstarrak, que nous avons connu tout mioche quand il jouait aux « politiciens et aux entrepreneurs » dans les rues de Boucau. Ah qu’il était mignon, tout frisé, ce jeune et brillant gamin si sage qui travaillait bien à l’école et collait les affiches du général de Gaulle sur les murs de la cité ouvrière avec son tube de colle Uhu. Après des études brillantes et l’agrégation d’histoire ou de géographie – je m’y perds -, le voilà qui s’est lancé dans la vie politique. Conseiller municipal de feu Bernard Marie qu’il appelait « Mon papa« , puis conseiller régional grâce à la bonté de MAM qu’il appelait « Ma grande sœur« , puis conseiller général aux côtés du Parrain de la Côte, l’excellent Claude Olive, qu’il appelait « Mon petit frère« , il les a tous, un jour ou l’autre, fabuleusement trahis avant de se prendre la fameuse pelle (du 18 juin) en plein dans la tronche !

Évidemment, cela fait mal… Mais personne ne l’avait forcé à faire la danse du ventre devant Borotra, puis à mener sa campagne électorale des municipales de 2014 comme on mène un veau à l’abattoir de Mauléon. Non personne…

Aujourd’hui, le bilan est triste (contrairement à Anne du même nom…), car si Ostia et Ostiette – du moins pour le moment – ont beaucoup de galette qui rentre chaque mois, pour Max-la-Mélasse les caisses ont un peu de mal à se remplir et la mise au régime a commencé. Du temps où il glorifiait Borotra soir et matin en venant lui faire des bisous dans son bureau et en saoulant ses proches par des : « Didier, DIDIER MON AMI, m’a dit que j’étais le SEUL, l’UNIQUE, le MEILLEUR » (ce qui faisait alors dire avec un grand sourire à l’élégant Michel Veunac qui armait patiemment ses scuds : « Certes, mais il ne lui a pas dit le meilleur des quoi…« ), le Max s’engrangeait dans le gosier une belle indemnité de premier adjoint, avec un joli bureau vue sur mer et une place de parking gratuite en plein centre-ville. Il cumulait les chips gentiment et voyait son avenir sous les meilleurs auspices (son avenir est-il désormais dans le meilleur des hospices ?) en commentant ainsi les choses à son fidèle Domège-sans-intérêts : « A moi les chips de maire et celles du Conseil général ! A moi les bons gueuletons au Palais. A moi les Chips Gold ! » Oui, la vie est bien cruelle, Chère Thérèse-Marie, et ses derniers espoirs furent déçus quand il s’est fait éjecter d’une position éligible aux régionales par l’insupportable Calmels qui aime mieux aller câliner le beau Mathieu Gallet à la Cité du Vin de Bordeaux que la Chips à la Cité de l’Océan.

Pourtant Chipstarrak avait un dernier espoir ! Oui, un ultime…

Il s’agit de l’EPCI, la future grande institution que doit présider le Lehendakari Etchegaray à partir du mois de janvier… Et notre Chips, qui danse le fandangros à Saint-Pée, prépare la brosse à reluire pour le Ché :

– Jean-René est mon ami ! Il est à la fois mon nouveau père, mon nouveau grand-frère, mon IMMENSE idole. C’est la plus grande des intelligences basques universelles. Il y a chez lui du Napoléon et du De Gaulle. Je conserve d’ailleurs dans ce petit écrin qui ne quitte pas ma poche de chips une mèche sacrée de ses cheveux que je vénère et que j’embrasse chaque matin et chaque soir. C’est un Saint !

Et de rajouter dès qu’il croise le Marco Amestoy, le fameux directeur de cabinet du Ché :

 Marco, MON Marco, toi qui as toujours été mon AMI, MON fils spirituel, à qui j’ai appris au temps de la splendeur du Ostia, l’art de la politique, je compte sur TOI, pour faire partie de l’entourage de notre futur empereur des Basques. Tu me dois bien ça, hein MON MARCO si beau ?

Marco, quelque peu gêné par tant de débordement, la cravate bien droite et scintillante de mille fils de soie, le costume impeccablement coupé, les pompes parfaitement lustrées, les mains méticuleusement manucurées, de fuir vers les toilettes les plus proches à la recherche d’un lavabo :

– Il m’a encore broyé la main ce type ! Mais c’est quoi ce truc qui colle, gras et gluant que j’ai sur les mains ? Mais c’est pas Dieu possible ! Il n’y a pas de gel antiseptique dans ces commodités ? Je crois qu’il va vraiment falloir que je revêtisse mes nobles mains de gants immaculés semblables à ceux de la reine d’Angleterre quand je verrai la Chips me poursuivre dans les couloirs. Mais c’est pas vrai ce truc, ça ne part pas ! Quelqu’un aurait du white-spirit ?

Alors le sort des Basques préoccuperait-il à ce point notre joli Chips ? Un tel cœur pour une si noble cause, cela ne mérite-t-il pas un peu d’indulgence de notre part, Ma Toute Douce ? J’ai failli y croire, jusqu’à ce qu’un proche de notre Max ne me raconte cette petite anecdote des plus croustillantes : « Il y a quelques temps, le Brisson m’a fait des confidences que je vous répète car je connais votre grande discrétion. Toute cette affaire est en fait une affaire de chips ! Figurez-vous qu’il a découvert que l’EPCI aura quinze vice-présidents et qu’ils percevront probablement dans les 2000 euros d’indemnités par mois chacun ! Et il ne se cache pas d’y prétendre et rêve à cet apport de chips supplémentaires pour arrondir ses revenus et son beau bidon ! C’est juste aussi simple que cela… Ma chère Marquise. »

Voilà donc le stratagème ! Toujours une affaire de pognon comme on dit du côté de Bidache. Alors, j’ai fait ma petite enquête pour savoir si notre Chips pourra bientôt festoyer sur le dos de nos impôts… Et le résultat ne va pas lui faire plaisir, vous allez voir… S’il est vrai que la Chips sera obligatoirement membre du futur EPCI, vu qu’il est déjà conseiller de l’Agglo à Bayonne, il ignore peut-être que les postes de vice-présidents seront donnés en priorité aux présidents des agglos sortantes. Il y en a dix sortants, dont neuf qui sont détenus par des hommes ! Si notre bien aimé Jean-René devient Lehendakari comme il se doit, il y aura donc neuf vice-président et une vice-présidente en quelque sorte de droit avant de désigner les cinq autres. Alors, ne peut-on pas penser que très logiquement pour les cinq postes qui resteront à pouvoir, l’on choisisse de les attribuer à des femmes ? Ce serait la moindre des choses dans cette société qui se décide enfin à appliquer la parité depuis peu… Et ce n’est pas au Pays basque, dans le cadre d’une nouvelle institution, que l’on se montrerait ringard ! On arriverait ainsi alors à dixhommes (avec le lehendakari à la présidence) et à six femmes, ce qui se serait déjà très en défaveur de nos condisciples Ma Toute Douce !

Pour en revenir à notre Chips, et comme il a très peu de chances de changer de sexe avant la fin de l’année, il va encore une fois devoir renoncer à ses folles espérances. Que voulez-vous quand le sort s’acharne…

Gardez bien cette nouvelle pour vous, car je ne voudrais pas casser le moral de notre joli joufflu une fois encore par une « fuite » de notre correspondance. Il semblerait toutefois qu’il pourrait avoir comme lot de consolation un poste de conseiller délégué, ce qui correspond en fait non pas aux bonnes poches de chips Gold qu’il visait chaque mois, mais plutôt à quelques petites miettes un peu molles…

Mais cette histoire de parité, qui fait le malheur de notre Max, semble aussi inquiéter notre si distingué préfet, qui en grand stratège EPCI-pien – et qui voit toujours si loin à des milliers de kilomètres même en plein brouillard – se doute que les recours lancés par les NONistes pourraient trouver une oreille favorable à Paris justement au nom de cette fameuse parité, figurez-vous ! Car dans ce collège de plusieurs centaines de conseillers, l’on ne pourra pas y appliquer une stricte parité. Il se pourrait donc que ce soit là le talon d’Achille de toute l’affaire ! Si la bataille de l’EPCI est gagnée par le vote des conseils municipaux, il se peut qu’elle se prolonge dans des recours plus ou moins interminables au nom de la parité…

Oui, Ma Chère, la vie politique in the Basque Country n’est pas un long fleuve tranquille…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Cantona… plus rien à dire !

Humainement et sportivement, Éric Cantona est un homme exceptionnel… Mais il vient de perdre une belle occasion de se taire!

Qu’on ne s’y trompe pas : je suis un fan absolu d’Éric Cantona et tout me plaît chez lui, l’homme, comme le sportif ou l’acteur. Que ce soit ce port de tête altier de celui qui ne courbera jamais l’échine, son coup de pied façon Kung Fu à un spectateur de Crystal Palace qui le chambrait, ou les vingt-quatre films auxquels il a participé depuis « Le bonheur est dans le pré », tout trouve grâce à mes yeux, tellement je préfère ce type de citoyen engagé, aux robinets d’eau tiède que l’on propose habituellement à l’adulation des foules.

Je me sens donc d’autant plus à l’aise pour estimer qu’Éric Cantona a perdu une belle occasion de se taire en affirmant dans The Guardian : « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique (…) Je ne suis pas surpris qu’il ait utilisé la situation de Benzema pour ne pas le prendre. (…) Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur en France aujourd’hui, mais il a des origines. Je suis autorisé à m’interroger à propos de ça ».

En fait, Éric Cantona n’a visiblement pas digéré de ne pas avoir joué la finale de la Coupe du Monde 1998, où le bien falot Stéphane Guivarc’h, qui n’avait pas le quart du huitième de son talent, lui avait été préféré et il accuse Didier Deschamps, ce « porteur d’eau » comme il le qualifie avec dédain, d’être responsable de son éviction, ce qui n’est pas faux. Mais « The King » de Manchester United devrait savoir que dans les sports collectifs, ce ne sont pas les meilleurs qui jouent, mais ceux qui sont capables de se fondre dans un projet collectif. En 1958, le capitaine du XV de France Lucien Mias avait ainsi dit au fantasque pilier Amédée Domenech : « Amédée, tu es le meilleur d’entre nous, mais sans toi on joue mieux » … Et Amédée s’était contenté de regarder le match de la tribune.

Le cas de Ben Arfa est exactement comparable à celui de Domenech ou de… Cantona. Dans une équipe qui est toute entière à son service, Ben Arfa a fait une saison exceptionnelle, à la mesure de son talent qui n’est pas mince. Mais Didier Deschamps, par un souci qui semble plus relever du pragmatisme que de la couleur de peau, estime que l’équipe fonctionne mieux sans le meneur de jeu niçois, ce qui relève de la compétence de l’entraîneur et non du racisme.

La lucidité du président de SOS racisme

Quant à Karim Benzema, qui lui aussi a disputé des matches remarquables en équipe de France, son absence est surtout due à la méforme de… Valbuena. Après la pitoyable affaire de la sextape, il est évident que Deschamps a louvoyé, en espérant que Mathieu Valbuena allait redevenir aussi étincelant que par le passé et qu’il allait réconcilier les deux joueurs. Mais force est de constater que le petit lutin lyonnais n’a pas été au mieux cette année et que son absence de gabarit ne l’autorise pas à jouer en méforme. Dans ces conditions, il était difficile de laisser à la maison la victime d’un odieux chantage et de retenir celui qui, par bêtise, par naïveté ou cupidité – la justice tranchera ! – s’est montré le fauteur de troubles des Bleus.

Comme pour Éric Cantona, on comprend la tristesse de Karim Benzema à l’idée de ne pas porter le maillot bleu. Mais de là à estimer que c’est leur origine ethnique qui est à l’origine de leur non-sélection, il y a un pas qu’un personnage public n’a pas le droit de franchir.

On ne saura donc assez féliciter le chroniqueur Guy Carlier et le président de SOS Racisme Dominique Sopo, pour la lucidité de leurs propos lors d’un débat sur BFM-TV (1/6) « Oui, il y a de nombreuses raisons de s’indigner du racisme ambiant en France, mais l’équipe de France de football, en la personne de son sélectionneur Didier Deschamps, ne semble vraiment pas être concernée par ce problème ». Une réponse, pleine de dignité, face au nauséabond commentaire de Marine Le Pen qui s’est empressée de tisonner les communautarismes : « Je ne suis pas étonnée que Monsieur Benzema cache ses turpitudes derrière une charge aussi violente à l’égard du peuple français ».

Éric, tu es un des plus grands personnages du football français et j’imagine que depuis ton mariage avec Rachida Brakni, toi qui es un écorché vif de naissance, tu mesures encore plus à quel point le racisme peut faire de dégâts. Mais tu t’honorerais en reconnaissant que tu t’es montré excessif dans tes propos. Car tu sais très bien, comme tous ceux qui ont pratiqué le foot, le rugby ou d’autres sports collectifs, que l’origine ethnique d’un coéquipier, que ce soit sur le terrain ou sous la douche, est bien la dernière préoccupation d’un joueur. Dans un monde de brutes, où tout est fait pour que nous nous repliions sur nos communautés d’origine, le sport fait figure de délicieuse exception culturelle, de reposante oasis. Alors, s’il te plaît Éric, ne le salis pas par des propos inconsidérés !

La douce revanche du « con de la famille »

DebréDécidément, les vilains petits canards noirs restent toujours les plus intéressants de la portée ! Imaginez un peu comme il a dû s’amuser dans son enfance, le petit Jean-Louis, en étant le fils du très rigolo Michel Debré, « inventeur » de notre constitution et Premier ministre du grand Charles. Doté de surcroît de trois frères, tous brillants dans leurs études, tandis que l’intéressé ratait superbement son baccalauréat. D’où ce surnom de « con de la famille », méchamment colporté par son faux jumeau Bernard, qui en matière de haine recuite et de courte vue peut se targuer d’être un spécialiste. Heureusement, par le biais d’une capacité en droit, suivie d’une licence, avant de louper Sciences-Po, le vilain petit canard Jean-Louis va décrocher un poste de juge d’instruction, tout en demeurant un conseiller technique officiel ou officieux de Jacques Chirac, à qui il voue amitié et admiration.

Député de l’Eure, puis médiocre ministre de l’Intérieur, responsable de l’expulsion des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, Jean-Louis Debré va se patiner avec le temps, devenant un honorable président de l’Assemblée nationale puis un excellent Président du Conseil constitutionnel en 2007, qui n’hésitera pas à retoquer les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

Définitivement guéri de la vie politique, (« La politique n’est pas le royaume des amitiés sincères et durables. La lutte pour le pouvoir et les ambitions les rendent précaires, voire inexistantes »), Jean-Louis Debré réussit avec « Ce que je ne pouvais pas dire » un livre drôle et efficace de la première à la dernière page.  Et comme le vilain petit canard noir est loin d’être maladroit avec un stylo et voue une passion sans limite à la littérature (Pour l’avoir croisé un nombre incalculable de fois dans la Librairie Delamain qui fait face au Conseil constitutionnel, je peux témoigner de sa boulimie de papier imprimé !), l’ouvrage va faire passer un très bon moment à tous les passionnés de vie publique.

Car si le Conseil constitutionnel est une institution sérieuse qui a de plus en plus de travail, on y trouve parfois des rivalités de cour d’école, en particulier entre les deux anciens présidents de la République Valéry Giscard d’Estaing et Chirac. Si pour le premier le compteur est resté bloqué en 1981, malgré de loin en loin de brillantes fulgurances, le deuxième est resté, avant que la maladie ne l’oblige à démissionner, l’élève brillant mais chahuteur qui a le don de faire rire toute la classe, profs compris. Profitant d’un habituel retard de VGE, Chirac va ainsi s’installer dans le fauteuil du monarque déchu et faire pouffer l’assistance en lançant « Je sens l’intelligence qui remonte ». Et quand les deux ennemis sont présents, chacun prend d’ailleurs un malin plaisir à ne pas écouter l’autre et à perturber son intervention en chiffonnant des papiers ou en se faisant servir le thé. Lorsque Giscard publiera, en 2009, le très mièvre « La princesse et le président », où il laisse entendre un lien intime avec la princesse Diana, Jean-Louis Debré qui connaît par cœur son Chirac, lui fera jurer de ne pas intervenir publiquement. Et celui qui était surnommé par le personnel féminin du RPR, « Monsieur douze minutes, douche comprise », de lancer à son voisin, à voix faussement basse, du ton de l’homme à femmes qui se moque de son voisin puceau : « Tu crois vraiment qu’il se l’est faite ? », ce qui tétanisera VGE dans son intervention.

Jospin encensé, Dati vilipendée

Debré Chirac

Douze ans d’écart entre Jean-Louis Debré et Chirac, mais une amitié totale et absolue. Et quelques virées en commun dans les bistrots proches du Conseil constitutionnel ou à Saint-Germain, qui ont eu le don de mettre Bernadette en fureur.

Heureusement, « Ce que je ne pouvais pas dire », ne se limite pas à ce registre et on y trouve aussi des portraits très subtils des figures majeures de la vie politique actuelle. Sarkozy, pour qui le monde se limite aux vassaux qui le servent et aux ennemis qu’il veut « écrabouiller », mais aussi Juppé, qui « ne croit qu’en lui et cela se voit. Il extériorise peu de chaleur humaine, malgré une sensibilité réelle. Timide, il n’arrive pas à exprimer ces sentiments. Ce handicap crée avec les autres une distance qu’il ne parvient pas à combler. » ou Hollande, si chaleureux, si courtois… et si incapable de décider !

Debré est d’ailleurs le premier à se moquer de lui-même. À l’occasion d’un Salon du Livre à Dijon, où il dédicace un de ces romans policiers qu’il adore écrire, Debré est accosté par un vieux monsieur qui le félicite… pour son action de député. Jean-Louis lui explique qu’il a quitté l’Assemblée nationale en 2007. Désarroi du vieux monsieur : « Et à part, écrire des livres, qu’est-ce que vous faites ?». « Je suis président du Conseil constitutionnel » L’homme repart très déçu, n’ayant visiblement aucune idée de l’importance du poste.

Et c’est dans l’analyse même du fonctionnement du Conseil constitutionnel, que ce soit au moment des lois en faveur du mariage pour tous ou pendant l’examen des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, que Jean-Louis Debré, défenseur féroce de notre actuelle Constitution imaginée par son père, se montre le plus intéressant, privilégiant manifestement la valeur humaine des gens qu’il croise à leur étiquette politique. Ainsi, il ne cache pas ses sympathies pour Christine Taubira ou Henri Emmanuelli et se montre fort élogieux sur le sens de l’État et la capacité de travail de l’austère qui se marre rarement Lionel Jospin. En revanche, il ne rate guère Rachida Dati et ses caprices de star, Jean-François Copé à l’arrivisme forcené, ou le diaphane président du Sénat, Jean-Pierre Bel, prédécesseur de Gérard Larcher.

Et surtout, il pousse un coup de gueule majeur contre des lois de plus en plus mal ficelées et truffées d’amendement qui les rendent inapplicables, avant de se souvenir, fort à propos de ce qu’écrivait, il y a près de deux siècles, Jules Michelet : « La politique est l’art d’obtenir de l’argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres ». Maxime toujours d’actualité pour les présidentielles de 2017.

« Tout ce que je ne pouvais pas dire » n’a donc rien d’un livre complaisant ou nostalgique. C’est plutôt l’ouvrage d’un homme qui pose sa cravate avec soulagement avant de décider de se confier à ses amis.  Et nous vérifions avec plaisir qu’un homme qui déteste aussi viscéralement Nicolas Sarkozy ne saurait être tout à fait mauvais.

« Ce que je ne pouvais pas dire« , Jean-Louis Debré, éditions Robert Laffont, 360 pages, 21 €.