Le plus beau voyage immobile de Biarritz

Attention danger : vous allez rentrer pour cinq minutes et ne pas voir l’après-midi passer !

C’est une discrète maison adossée à la tribune Serge Kampf, juste en face de l’entrée du Stade Léon Larribau. Elle ne paie pas de mine et pourtant ce musée des anciens du BO contient des trésors et peut vous offrir des après-midis autrement plus enchanteurs qu’une séance de rôtissage à la plage. « Le Stade Toulousain et L’ASM sont déjà venus au renseignement, pour savoir comment nous avons réussi à constituer une collection aussi importante. Eux aussi aimeraient bien avoir un musée consacré à leur équipe favorite », reconnaît avec fierté le président de l’amicale des anciens du Biarritz Olympique, José Urquini, que tout le monde appelle Julio.

Julio Urquini ne se contente pas d’accueillir les visiteurs. Il classe et ordonne toutes les coupures de presse sur son cher BO.

On dit que le rugby fait de vilains vieux, mais Julio est la démonstration faite joueur qu’il ne faut pas se fier aux adages. Malicieux et pétillant, il a porté les couleurs de l’équipe première du BO, au poste de trois-quarts centre, de 1953 à 1955, et ne jure plus que par le rouge et blanc depuis. Exilé à Paris pour raisons professionnelles, le club lui payait le billet de train pour qu’il puisse fouler le carré d’herbe d’Aguilera (C’est ainsi qu’il a pu jouer en championnat contre Limoges ou le redoutable Racing de Crauste, Moncla et Marquesuzaa), avant de lui trouver un job au musée de la mer, ce qui était tout de même nettement plus pratique pour ce joueur de devoir qui se qualifie lui-même de « pas plus doué que cela, mais vaillant ». Et depuis cette époque, Julio conserve toutes les coupures de presse qui lui passent entre les mains.

Questions trophées, le BO n’est pas démuni…

« J’ai commencé à archiver tout ce qui concernait le club de plongée de l’USB, dont j’étais membre et puis, tout naturellement,  j’ai continué avec mon cher BO » Et comme Julio et ses copains, les Darrieussecq, Ithurbide et autres, qui se partagent tour à tour la garde de ce musée, totalement gratuit, disposent d’un sacré réseau et de solides amitiés auprès des joueurs, c’est une formidable déambulation dans le rugby biarrot qui nous est proposée. Là un trophée, là un maillot dédicacé et partout l’émotion omniprésente pour ce club qui nous a tant fait rêver. Clin d’œil datant de l’époque où le rugby était véritablement amateur, on peut voir ainsi le réveil de voyage, offert à Michel Celaya, à l’occasion de sa première tournée avec l’équipe de France, mais aussi des photos du jeune Rabagny à l’école de rugby, ou de Serge Blanco quand il était junior. Et puis toutes ces images de liesse des joueurs et de la foule en rouge et blanc à chaque fois que ce club a soulevé le bouclier de Brennus. Éric, 10 ans, venu avec ses parents du Nord, et qui rêve d’un destin similaire à celui de Slimani ou de Ben Arous est subjugué.

Pour cette famille du Nord, passionnée par le rugby, le musée est une aubaine.

Les parents, qui sont visiblement moins rugby que leur fils, apprécient que des objets et photos concernant toutes les sections amateurs du BO figurent aussi dans le musée, des basketteuses féminines de l’immédiat après-guerre aux vainqueurs de la section tennis, en passant par le rink-hockey.

L’appel du soleil est trop fort. Après une longue discussion avec Julio et un court passage par la salle du premier étage où se trouvent toutes les archives papier minutieusement classées, la famille nordiste prend la direction de la plage, avec un fils au sourire aussi immense que le Stade de France. Avec un éclectisme qui honore les maîtres d’œuvre de ce musée, sont pourtant regroupés, à raison de cinq ou six classeurs par saison, tous les articles de Sud Ouest, Midi Olympique ou de L’Équipe, concernant le BO, mais aussi les exploits et vicissitudes de l’équipe de France et même, ce qui montre une ouverture d’esprit plutôt sympathique, les principaux articles évoquant les « amis-ennemis » de l’Aviron bayonnais.

Musée 09Et en plus, cerise sur la télécommande, si vous le souhaitez, le préposé à la garde du BO, est prêt à vous installer confortablement dans un fauteuil pour vous permettre de regarder les principaux matches de Coupe d’Europe ou de championnat de France de ceux qu’on appelait au début de ce siècle Les Galactiques.

Trois fois que je viens à ce musée et je ne m’en lasse pas, tellement le voyage immobile proposé est superbe !

Cherchez l’erreur !

Au lieu de se ruiner avec des spécialistes qui sont bien incapables de remettre à flot la Cité naufragée, Michel Veunac serait bien inspiré d’envoyer en stage chez les petits poucets du musée des anciens du BO, le personnel de la Cité de l’océan. Très vite ils comprendraient que les visiteurs sont intéressés par les histoires locales et qu’ils se fichent éperdument du grand requin blanc d’Afrique du Sud ou des abysses chinoises, quand ils visitent le Pays basque. D’un côté, un musée gratuit, passionnant et ancré dans le vécu des gens, de l’autre une ruineuse et inintéressante Cité de l’Océan à plus de 15 euros l’entrée. Il y a un problème ?

Le courage de Domège

Tout le monde souhaite que le feu d’artifice de Biarritz se tienne le 15 août. Mais faire le point à huis clos entre élus et sécuriser au maximum l’événement relève du bon sens.

À votre avis, si Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, vient rendre visite mardi aux élus municipaux de Bayonne, c’est uniquement pour être le premier à saluer le roi Léon ? N’ayant pas l’intention de relayer tout ce que j’entends pour ne pas favoriser le travail d’un illuminé qui se focaliserait sur la Côte basque, je peux juste constater, comme tous les journalistes de la région, une grande fébrilité de tous les responsables et les élus. Fébrilité totalement compréhensible après les attentats de Nice. Élu d’opposition à Biarritz, Frédéric Domège a donc tout à fait raison d’interpeller le maire de la Ville sur ce qu’il envisage de faire à l’occasion du feu d’artifice du 15 août et de demander la tenue d’un conseil municipal à huis clos (Sud Ouest, 25/7).

L’information n’est pas l’apanage d’une caste

Lorsqu’on est confronté à une menace terroriste, on ne peut pas tout dire et c’est parfaitement logique. Mais est-il normal qu’une petite caste d’initiés, policiers, élus, journalistes, sache à peu près ce qui se passe quand le grand public est maintenu dans l’ignorance ? Frédéric Domège raconte que son intervention lui a valu quelques coups de téléphone de compliments, comme les miens, et beaucoup de railleries, comme on peut le constater dans les commentaires Internet de l’article de Sud Ouest. À un de ses amis qui lui rétorquait « Il ne faut céder sur rien. Tu n’as pas de couilles en réclamant l’annulation du feu d’artifice ! », Frédéric, qui ne devait pas être le dernier quand il y avait une bagarre sur les terrains de rugby qu’il fréquentait, a juste répondu par une question : « « Mais au fait, tu y vas au feu d’artifice ? » Et l’autre, embarrassé : « Moi ? Jamais ! » Comme c’est facile d’être héroïque, quand on ne se trouve pas en danger soi-même ! Gageons que tous ceux qui, par peur d’une bronca des commerçants ou d’un vote sanction des festayres, nous incitent à faire comme si tout était normal dans notre beau pays, se garderont bien d’apparaître en public ou feront le service minimum les jours prochains.

La peur fait partie du courage

Ceux qui ont joué au rugby, ou qui ont fait de la boxe, deux sports que j’ai pratiqués, savent très bien que les imbéciles qui n’ont pas peur font rarement très long feu. Un soldat qui part au front sans son casque n’est pas un héros mais un idiot qui risque d’être blessé à la tête et de mettre en danger tous ses copains. Dans le vestiaire de rugby, ou avant de monter sur le ring, la peur est logique et même indispensable et le vrai courage c’est de la surmonter. Face à notre mode de vie français si précieux, si enviable, et si exécré par nos ennemis, nous devons bien évidemment continuer nos fêtes, nos coutumes, notre cohabitation heureuse basée sur nos différences, même si nous devons repenser toute notre existence à l’aune des attaques terroristes que nous subissons. Frédéric Domège raconte très bien : « Je suis élu. Je ne veux pas un jour me dire que quelqu’un a été blessé ou tué parce que je n’ai pas osé dire ce que je ressentais ». Bien évidemment les fêtes de Bayonne comme le feu d’artifice de Biarritz doivent de nouveau, dans un futur proche, rassembler les foules, mais le délai avant ces événements est-il suffisant cette année, alors que les exactions sanglantes se multiplient en France comme en Allemagne ?

La liberté collective avant la liberté individuelle

Quand un homme politique se manifeste, il est toujours tentant d’y voir un coup de communication pour exister. Sauf que la sincérité de Frédéric Domège dans cette affaire est totale et absolue. François Amigorena, dont la sincérité ne fait pas plus de doute que celle de Frédéric, même s’il a un point de vue différent, écrit : « Les commanditaires et les exécutants des assassinats qui ont endeuillé notre pays depuis le mois de janvier 2015 poursuivent un objectif principal : nous faire renoncer à notre mode de vie et à nos libertés. Annuler le feu d’artifice du 15 août à Biarritz serait indigne et offrirait une victoire inespérée à ces barbares obscurantistes » J’ai tendance à préférer la position de Frédéric à celle de François, mais je ne dispose pas des éléments d’information qui peuvent être communiqués à ces élus sous couvert de huis-clos pour qu’ils prennent une décision sereine et apaisée. Comme tout le monde, j’ai râlé quand des policiers voulaient fouiller mon sac et je râle beaucoup moins depuis quelques temps. J’ai râlé quand le gouvernement, excédé par les morts sur la route, m’a obligé à mettre une ceinture de sécurité, et je râle moins aujourd’hui car je suis bien obligé de constater qu’il avait raison.

Le risque zéro n’existe pas. Mais si des élus sortent d’un conseil municipal à huis clos, en disant qu’au vu des éléments qui leurs ont été communiqués, ils se sentent sereins pour autoriser le feu d’artifice, alors un progrès considérable aura été accompli. Frédéric Domège a donc mille fois raison dans sa démarche, et Veunac, qui s’est pour l’instant contenté d’un SMS au récalcitrant l’invitant à boire un verre avec lui, se montre une fois de plus à côté de la plaque.

Le vrai courage, c’est de lutter, pas de se faire tuer bêtement.

 

La lettre adressée à Veunac

Monsieur le Maire,


Dans quelques semaines, le 15 août, Biarritz organisera son grand feu d’artifice. Cette événement draine jusqu’à environ 100 000 personnes autour de la grande plage. Dans le contexte actuel de prolongation de l’état d’urgence il est de la responsabilité des élus de s’interroger sur l’opportunité ou non de maintenir cette manifestation. Certes il en est de votre compétence et de celle de monsieur le Préfet, mais votre décision engagerait tout le conseil municipal.

Certains diront qu’il ne faut pas céder aux terroristes, d’autres qu’il ne faut pas toucher à nos traditions, d’autres au contraire que le risque est trop grand pour ce qui n’est en fait qu’un simple feu d’artifice. Tous ces arguments, recevables au demeurant ne tiendront plus en cas d’attaque terroriste. Comment opposer la tradition, ou la résistance à une famille venant de perdre son enfant. Car il y a un avant et un après 14 juillet à Nice. 

Le rayonnement mondial de Biarritz peut nous faire penser que notre cité pourrait être une cible privilégiée et je crois que le risque est trop grand pour ne pas envisager une annulation pure et simple. Quoiqu’il en soit je vous saurai gré de bien vouloir réunir un conseil municipal à huis clos afin d’aborder ce dossier d’une importance capitale, et de nous exposer les mesures de sécurité mises en place en cas de maintien. Il est important que chacun puisse s’exprimer sur le sujet, sans considérations partisanes mais dans le seul but d’assurer la sécurité des Biarrots et de nos visiteurs.

Veuillez agréer monsieur le Maire mes sincères salutations.
Frédéric DOMÈGE, conseiller Municipal ( LR)

Richard Tardits joue très fin

Quelle bonne nouvelle de savoir Richard Tardits remobilisé. Nouvel adhérent de l’UDI, il se positionne clairement pour 2020.

Seuls ceux qui ne s’intéressent pas au Super Bowl s’imaginent que le joueur qui va réussir à tromper la vigilance des bloqueurs et à désintégrer le quaterback adverse, est un pur bourrin qui préfèrera toujours traverser les murs plutôt que de passer par la porte. Si Richard Tardits a été le recordman de sacks de l’université de Georgia, avec 29 réalisations, avant d’intégrer l’équipe professionnelle des New England Patriots, c’est parce qu’il sait surgir quand on ne l’attend pas, et qu’il reste doté, encore actuellement, d’un fort joli contre-pied.

Alors que de semaine en semaine, nous constatons un manque cruel de talents à la tête de la Ville, la décision qu’il vient de prendre va faire causer le landernau politique. En rejoignant les rangs de l’UDI, Richard Tardits, fait preuve du sang-froid et de la lucidité qui le caractérisaient quand il était joueur.

Auteur d’une très belle campagne électorale en 2014, avec l’appui du très subtil directeur de campagne Antoine Doury, obtenant 10,68% des voix en se présentant sans étiquette, ce qui est une sacrée performance dans ces conditions, Richard a compris que dans une ville comme Biarritz où nombre d’électeurs ne connaissent pas les candidats, il est indispensable, pour avoir une chance d’exister politiquement, de s’adosser à un parti.

Homme modéré et consensuel, mais surtout remarquable boîte à idées pour la ville de son cœur, même s’il est un peu trop libéral à mon goût, Richard Tardits va probablement se sentir très à l’aise dans un parti centriste. Et en plus, il va bénéficier de l’appui de Philippe Morel, militant comme on n’en fait plus, qui a toujours fait passer l’intérêt de son parti avant le sien et qui a eu le cran de demander et d’obtenir sa réintégration à l’UDI après avoir été exclu en septembre 2015 pour avoir soutenu aux Régionales Barthélémy Aguerre. On a connu plus rancunier !

Richard refuse de commenter sa récente adhésion pour l’instant, mais on peut se demander si le passage de Maïder Arostéguy de l’UDI aux rangs des Républicains est tout à fait étranger à cette décision. (Maïder a promis qu’elle commenterait cette évolution un peu surprenante, en septembre, pour les lecteurs de « Bisque, bisque, basque ! »). Même s’il s’est montré beaucoup moins présent dans les bagarres de conseil qu’un Jean-Benoît Saint-Cricq, car il est le premier à reconnaître qu’il ne se sent « pas fait pour l’opposition » (lire à ce sujet https://jeanyvesviollier.com/2016/06/30/le-conseil-de-classe-des-elus-biarrots/), voilà une très bonne nouvelle pour Biarritz et la promesse d’une future campagne électorale animée et intéressante. Car il est clair qu’ils sont nombreux à penser très fortement à 2020.

Futur maire ? Futur premier adjoint ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire, car dans cette ville morcelée, celui qui remporte l’écharpe tricolore a toujours bricolé une alliance improbable du genre Michel Veunac et Peio Claverie. Mais il ne fait nul doute que Richard Tardits ferait un magnifique ambassadeur de Biarritz et qu’avec des Saint-Cricq, Barucq, Arostéguy ou Amigorena candidats, les citoyens pourraient enfin rêver à des jours moins noirs que ceux qu’ils connaissent actuellement

Car après deux années où l’on a pu mesurer « l’étendue » du talent de l’actuel duo dirigeant, le cauchemar pour les Biarrots serait d’imaginer que la prochaine échéance se limiterait à un duel Veunac-Lafite… Et pourquoi pas Destizon comme troisième larron, pendant qu’on y est ?

Veunac bashing

Le bashing, la curée en français, consiste à s’acharner sur une personnalité publique, tout en racontant des histoires vraies, ce qui est la base du journalisme. Au « Canard enchaîné », on appelait cette décision journalistique, toujours prise en concertation avec le rédacteur en chef, « attendrir la bête ». Quand Michel Veunac, me déniant toute qualité de journaliste, refuse de répondre aux questions simplissimes que je pose au service de presse, comme le coût des fêtes d’Halloween ou la raison de la présence de sa voiture sur le trottoir, j’estime qu’il trahit ses devoirs d’élu et de transparence vis-à-vis des électeurs et je prends un malin plaisir, ne craignant strictement aucune mesure de rétorsion ou perte d’espaces publicitaires pour Bisque, bisque, Basque !, à taper sur lui comme le sourd que je suis. Je regrette d’ailleurs que les confrères en activité ne me soutiennent pas dans ce combat pour l’information.

Mais tout ce que j’écris sur Michel Veunac ne relève pas d’une animosité particulière. Je reste persuadé que l’homme est sympa, même si le maire est totalement dépassé par sa fonction et aligne les mauvaises décisions comme perles dans un collier. Lors du papier publié sur le conseil de classe des élus, où Bisque, bisque, Basque ! s’est permis de singer les appréciations scolaires et de noter le travail des élus, il ne s’est pas trouvé un élu, un seul élu, pour estimer que le Premier magistrat de la Ville avait du talent, ce qui est très révélateur… Et il n’y a pas le moindre bashing dans ce fait !

Et deux millions de plus pour la Cité naufragée !

cIT2 02

À plusieurs reprises, Michel Veunac a annoncé triomphalement un mieux très net de la Cité de l’Océan… Le rapport remis aux conseillers de l’agglo le prouve : une fois de plus, il a menti !

Vous referez bien un petit tour de manège ! Il suffit d’être riverain, au lieu d’être élu, pour savoir que la Cité de l’océan est un bide absolu, mais ce n’est pas pour autant que le moussaillon Michel Veunac va cesser de souquer ferme pour nous faire croire au renflouement de la Cité naufragée, à peu près aussi probable que l’élection de Guy Lafite à la Présidence de la République. Et comme le roi des baratineurs à écharpe tricolore ne doute de rien, il nous a déjà fait nombre de grands numéros, lors des derniers conseils municipaux sur le « redressement très net » de la Cité de l’Océan. Les chiffres sont cruels, comme le prouve le rapport remis aux conseillers de l’Agglo, qui vont être appelés demain 20 juillet à mettre à nouveau la main au portefeuille : en comptant les scolaires, les groupes, les tarifs réduits, on arrive à… 136 visiteurs par jour, soit 50 000 annuellement. Où est-il le temps où le premier adjoint Max Brisson, répondant aux questions du Journal du Pays basque (20/9/2011) triomphait à propos de la Cité de l’Océan : « Avec Didier Borotra, Biarritz joue de nouveau dans la cour des grands » et considérait un objectif de 400 000 visiteurs par an « envisageable » ?

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110920/291832/fr/Avec-Didier-Borotra-Biarritz-joue-nouveau-dans-cour-des-grands

Veunac va nous faire détester la Cité de l’Océan

N’importe quel élu normalement constitué, face à un bide aussi durable se poserait des questions sur la réorientation nécessaire du bâtiment pour arrêter le massacre financier, mais notre Michel, sans doute inspiré par les SDF qui traînent place Clémenceau, va arriver ce soir au Conseil de l’Agglo, avec une sébile et une pancarte « Deux millions d’euros pour que ma Cité reste propre »…Et le plus incroyable, c’est que les élus, qu’ils soient de la Région, du département ou de l’Agglo, vont traîner des pieds mais venir au secours du malheureux mendiant, à hauteur de 426 000 euros chacun, tandis que les Biarrots auront l’immense plaisir de voir 852 000 euros (un demi-milliard de centimes tout de même, pour ceux qui comptent encore en anciens francs !) s’envoler en attractions ludo-scientifiques et autres inepties voulues par le monarque Didier Borotra et son pâle suiveur Michel Veunac. Comme le répète à chaque conseil municipal le pilote fou du bâtiment en perdition : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan » C’est plutôt mal parti.

Clientélisme électoral et renvois d’ascenseur

La question s’était déjà posée au moment de la recapitalisation de la Cité de l’Océan, en 2015, à hauteur de 1 572 000 euros. Est-ce le rôle d’unecIT2 03 Région, d’un Département ou d’une Agglo de financer un bâtiment qui ne présente aucun intérêt pour les populations concernées ? Sincèrement, il est permis d’en douter.  Alors que la plaisanterie de cette fois-ci (Patience, il y en aura d’autres !) va s’élever à 2 130 000 €, on peut se demander si nos élus ne s’offrent pas quelques petits renvois d’ascenseur avec l’argent public. Et si les alliances, parfois surprenantes, lors des élections départementales et régionales de 2015, ne se sont pas négociées moyennant recapitalisation et subventions pour le malheureux impécunieux biarrot. Dernier point enfin, il semblerait que pour former la future EPCI, les agglomérations vont fusionner en une entité unique, avec leurs actifs… et leurs passifs. Alors c’est le moment de dépenser puisque les dettes vont être planquées sous le tapis commun !

L’ineptie du ludo-scientifique

Si la bienveillance des élus laisse un peu perplexe, l’entêtement de Michel Veunac pose question. À nombre de reprises, avec ses hésitations, ses incertitudes et son absence de feuille de route claire, les électeurs ont pu constater que l’imagination n’était guère au pouvoir du côté de la mairie. Tous ont dit que la société marseillaise qui avait vendu les premières attractions n’avait pas tenu ses promesses et qu’entre le projet présenté et le résultat final il y avait comme la longueur du paquebot France. C’est Michel Veunac qui avait présenté cette société à Didier Borotra, qui, lui, avait fait du béton et de l’architecture sa chasse gardée. Et qui est-ce qui persiste à faire appel à la même société ? Michel Veunac !

Même si une de ces fameuses attractions ludo-scientifiques connait un éphémère succès, elle ne peut pas permettre à un bâtiment comme la Cité de l’Océan de gagner durablement de l’argent. Ces attractions fourguées en moyenne à 500 000 euros pièce, ne sont en fait que des prototypes « bêta » que l’on teste dans les musées avant de les développer pour le grand public dans les deux ans qui suivent. François Amigorena l’avait souligné fort justement, il y a un an, à propos des lunettes à réalité virtuelle qui sont désormais en vente dans toutes les boutiques spécialisées. Et l’on peut vraiment se demander si le bêta n’est pas celui qui achète ce type d’attraction.

Une réorientation vigoureuse de la Cité de l’Océan s’impose donc. Biarritz, avec le surf, a une histoire magnifique et des collections somptueuses qui dorment dans les armoires. Raconter au public une histoire basque, comme le faisait l’ancien Musée de la mer face au rocher de la Vierge, avec la chasse à la baleine, c’est parler au cœur des touristes, et éviter de devoir remettre sans cesse de l’argent au pot, avec des collections pérennes, beaucoup moins onéreuses.

Au lieu de faire preuve d’un entêtement pour le moins suspect, Michel Veunac serait bien inspiré, lui qui s’imagine grand démocrate, d’organiser un referendum pour savoir si les Biarrots veulent qu’on poursuive l’effort dans la direction choisie par la municipalité ou s’il faut réorienter d’urgence le mégalomaniaque bâtiment voulu par Dider Borotra et ses adjoints.

… Et vous ne savez pas quel va être le nom de la prochaine attraction achetée à prix d’or avec l’argent de vos impôts ? « La Cité engloutie » !

Ah, si seulement…

Le rugby amateur froidement malmené

Maillots dépareillés SCUF

À droite, l’équipe juniors 1 du SCUF, club de troisième division de l’époque, en 1973. Trois anciens jeux de maillot noir et blanc sont utilisés pour « habiller » l’équipe. Depuis le rugby est devenu professionnel, l’argent coule à flots, mais le monde amateur n’en voit toujours pas la couleur. (Si quelqu’un me reconnait, il est fort!)

Les crimes parfaits sont toujours réalisés au cœur de l’été, quand le citoyen ordinaire jouit d’un repos bien mérité et prête moins attention à l’actualité. L’assemblée générale de la ligue nationale de rugby, qui s’est tenue samedi dernier, n’a pas échappé à la règle et le « gros pardessus » Paul Goze peut se féliciter d’avoir réussi, ni vu ni connu, un superbe hold-up en faveur de Canal plus, avec la complicité bienveillante d’un autre « gros pardessus » Pierre Camou.

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Tandis que L’Équipe ou Midi Olympique se pâmaient sur la convention qui va désormais lier les clubs à l’équipe de France et permettre aux internationaux français de jouer à armes égales avec leurs rivaux (enfin !), aucun média ne semble avoir relevé le nouveau mauvais coup porté au rugby amateur.

Bien entendu, tout le monde a pleurniché sur la baisse des audiences dans les stades, tout en se gardant bien de poser les bonnes questions. Si l’impact est minime en Top 14, avec moins 1,5% de spectateurs par rapport à la saison précédente, il est très net en Pro D2 avec moins 7%, soit 1 197 000 de spectateurs évaporés. Voilà ce qui arrive quand on programme des matches le jeudi soir, au mépris des supporters qui travaillent et quand la Pro D2 devient la variable d’ajustement rugby de Canal plus, avec des matches le jeudi, le vendredi ou le dimanche.

La santé de la chaîne cryptée est précaire, tout le monde le sait, la clé sur la porte n’est pas loin, ce qui n’empêche pas la Ligue de se jeter tête baissée dans ses bras et de continuer à mépriser plus que jamais les « cochons de payants » qui ont encore des velléités d’aller au stade.

Un deuxième match de Top 14 le dimanche

Ainsi Midi Olympique (11/7), pas plus ému que cela par cette information pourtant désolante, nous apprend que pour la prochaine saison , deux blocs distincts seront formés entre la Pro D2 et le Top 14. Les jeudis et vendredis soir seront uniquement consacrés à la deuxième division de l’élite (Que les salariés se débrouillent !), et les samedis et dimanches exclusivement réservés au Top 14.

Et au passage, pour servir l’appétit sans limite de l’ogre crypté, la diffusion d’un deuxième match, le dimanche, sans doute à 14 heures, sera autorisé, tandis que celui offert aux téléspectateurs à 16 heures sera maintenu.

Vous l’avez compris, tout le rugby amateur dont le précaire équilibre économique tient grâce à la buvette et aux sandwiches vendus le dimanche après-midi, vient d’être balayé d’un revers de main, avec un mépris qui laisse pantois.

Alors pour être cohérents, suggérons à Canal plus, compte tenu de son aversion affichée pour le monde amateur, de cesser de fanfaronner avec son appellation « La chaîne du rugby » et de devenir « La chaîne du pognon ». Mais on vous le dit, tout va bien dans le meilleur des mondes ovales puisque les dirigeants de ce sport continueront à péter dans la soie pendant que les bénévoles s’esquinteront la santé à tenter de faire survivre le club de leur cœur, sans la moindre aide ni considération.

… Vivement un grand coup de balai à la Fédération comme à la Ligue !

Une VIe République s’impose

Le passage en force d’une loi sur le Travail, qui va bouleverser la vie de millions de Français, par le subterfuge de l’article 49.3, montre à quel point nos institutions sont à bout de souffle…

L’historique victoire de la France contre l’Allemagne, lors de l’Euro de foot, ne doit surtout pas faire oublier la forfaiture historique d’un gouvernement de gauche osant faire passer par le biais de l’article 49.3 une loi scélérate qui concerne des millions de travailleurs. Si l’avant-dernière victoire de la France contre l’Allemagne remontait à la Coupe du Monde 1958 avec un 6 à 3 inoubliable et quatre buts de Just Fontaine, c’est aussi en 1958 qu’un certain Michel Debré rédigeait, à la demande du général de Gaulle, notre constitution actuelle, qui plus que jamais apparaît vieillotte et dépassée, après avoir montré bien des qualités à ses débuts.

Michel Debré, tout comme le général de Gaulle, voulaient mettre fin au « régime des partis », à ces alliances mouvantes et improbables vécues sous la IVe République où le pays était devenu ingouvernable. En permettant au gouvernement d’engager sa responsabilité face à un texte de loi, grâce à l’article 49.3, les Guy Mollet, Edgar Faure et autres grands spécialistes de l’opposition à géométrie variable se retrouvaient obligés d’agir à visage découvert, ce qui freinait considérablement leur ardeur. Cette bonne idée a été totalement dévoyée avec le temps et Michel Debré, en voyant l’usage ahurissant fait par le gouvernement Valls de l’article 49.3 doit être en vrille dans sa tombe. Oui, plus que jamais, au vu des « tricheries » permanentes que se permettent les politiques, une VIe République s’impose.

Un mandat présidentiel unique de 7 ans

Jacques Chirac reste le président de la République le plus aimé des Français, mais il a joué un sacré tour de cochon à la démocratie, en 2002, en transformant le septennat en quinquennat. Ce n’est pas par souci de moderniser les institutions qu’il a imposé le quinquennat comme nouvelle norme présidentielle, mais à cause de son âge (70 ans en 2002) qui risquait de faire tiquer les Français, au cas où ils en prendraient pour sept ans, que « le roi fainéant », comme le surnommait Sarkozy-la-classe, s’est décidé à agir. Résultat, qui s’est vérifié en 2007 et 2012, au bout de dix-huit mois, avec ce format court, le président n’a plus la possibilité de réformer le pays et ne s’intéresse plus qu’aux sondages de popularité dans l’optique de sa future réélection. En 2012, le diagnostic de François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, parlait à tous les Français : baisse de la dette et moralisation de la vie publique en luttant contre le cumul des mandats. Résultat : Hollande, pour tenter d’être élu, dépense à tout va, et obère l’avenir du vainqueur de la présidentielle de 2017, tandis que les élus, locaux comme nationaux, thésaurisent à un moment où le pays tire la langue comme jamais. Voilà l’explication de l’actuel succès dans les sondages de Juppé, même s’il manifeste des signes d’essoufflement ces derniers temps. Les Français savent parfaitement qu’on ne peut pas vivre à crédit éternellement et planquer les dettes sous le tapis. Avec Juppé-droit-dans-ses-bottes, qui aura presque 72 ans au moment de l’élection, ils sont persuadés qu’ils auront un président qui aura le cran de réformer le pays et qui ne sera pas obnubilé par sa réélection.

En créant un mandat unique de sept ans, le vainqueur de l’élection présidentielle retrouve le temps de faire évoluer considérablement le pays et peut travailler sereinement jusqu’au bout puisqu’il sait qu’il n’aura pas à affronter à nouveau le suffrage universel.

Des indemnités en corrélation avec le monde du travail

Dans l’esprit du législateur de 1958, le citoyen qui brigue un mandat doit toucher une modeste indemnité destinée à couvrir les frais inhérents à sa fonction. Mais, de discrètes augmentations en coups de pouce indiciaires pas discrets du tout, on en arrive pour le moindre élu local à des « indemnités » qui ressemblent plutôt à des salaires de cadres très supérieurs. Entre sa ville, sa communauté d’agglomération, le conseil départemental ou régional, le maire qui n’arrive pas à atteindre le « plafond » légal de 8 000 euros, quasiment pas imposés, mérite presque d’être traité de débile profond. D’où ses réflexions haïssables que les politiques, dans leur corporatisme aveugle, ne perçoivent même plus comme telles : « Tu comprends, j’ai absolument besoin de cette indemnité pour vivre ». La politique n’est plus affaire de conviction mais de plan de carrière et c’est choquant.

Il est clair que si l’on calait les indemnités d’un maire d’une ville moyenne comme Biarritz au niveau du SMIC, avec des adjoints à cinq cents euros, l’enthousiasme serait sans doute moins grand. Ceux qui se présenteraient le feraient par conviction et non par opportunisme, ce qui apporterait un vent de fraîcheur, et ils ne passeraient pas leur temps à réfléchir au coup suivant au lieu de se consacrer au mandat pour lequel ils ont été élus. Quand on sait que le salaire médian en France tourne autour de 1500 euros, un plafond de 3 000 euros pour les cumulards de la politique modifierait sans doute beaucoup la donne et calmerait les appétits d’une partie de ces 360 000 élus français qui trouvent la soupe particulièrement goûteuse. La limitation à deux mandats, un national et un local deviendrait une règle absolue, comme l’avait promis un certain François Hollande avant d’être réélu. Au lieu de cela on se retrouve avec un ministre de la Défense qui est aussi président de la Région Bretagne. Qui peut sérieusement croire que Jean-Yves Le Drian soit en mesure d’exercer correctement ces deux fonctions ?

Des frais de mandat soumis à contrôle

Avec 5177 euros net d’indemnité par mois, le salaire d’un député n’a rien d’extravagant, même à l’aune du salaire minimal en France et ne mériterait qu’un léger coup de rabot en cas de passage à la VIe République. En revanche, il est invraisemblable que les « frais de mandat » d’un montant mensuel de 5771 euros mensuels ne soient quasiment soumis à aucun contrôle. On a vu ainsi un député manger uniquement dans le restaurant que venait de monter sa fille, établissement qui se situait à… six cents kilomètres du Palais-Bourbon. Ce système profite donc aux élus qui trichent et ne travaillent pas, tandis que le député consciencieux, qui a des frais réels liés à son activité, va toujours endurer des sourires entendus sur ses substantielles indemnités de frais. Quand un Didier Borotra, à son modeste niveau de maire, se permet de dépenser, sans le moindre justificatif, 200 000 euros chaque année à l’Hôtel du Palais, et subit en retour une simple remontrance de quelques lignes de la chambre régionales des comptes, il est normal que le citoyen ordinaire s’indigne. Quand il confie à sa fille une étude sur les économies à faire à la Cité de l’Océan, payée 48 000 euros et que la Justice ne trouve rien à y redire, il y a vraiment de quoi s’étrangler.

Les politiques font toujours mine de s’étonner de leur impopularité absolue auprès de leurs concitoyens. Tout comme Valls qui veut croire que les manifestations contre la loi Travail ne sont que des réactions épidermiques qui vont très vite se dissiper. Ils n’ont absolument pas conscience du côté obscène de leur comportement, quand ils se crispent sur leurs avantages indus, tout en défendant, sans la moindre crise de conscience, des réformes du travail qui vont encore plus fragiliser les moins bien lotis, précariser ceux qui se croyaient à l’abri, et renvoyer le monde du travail, le vrai, pas celui qui a le cul collé aux fauteuils empire des cabinets ministériels, à la merci totale d’un patronat qui, en France, a rarement brillé par son intégrité et son intelligence.

Oui, avec une gauche comme celle-là au pouvoir, il n’y a plus besoin de droite…

En pleine poire…

La fabrique du monstreÀ cinq centimes d’euros la bestiole vivante, la capture de cafards est devenue une activité très lucrative pour les gamins des cités nord de Marseille, qui rêvent de baskets Nike étincelantes et de polos Lacoste. Les hommes de mains de promoteurs véreux n’hésitent pas à racheter des boîtes et des boîtes de ces cafards vivants pour les déverser dans les cages d’escalier de locataires récalcitrants qui refusent de quitter les lieux et empêchent de juteux profits. Dans ces cités de l’ennui, où toute occasion de gagner de l’argent est bonne, la plupart des gamins se déclarent pourtant « bac plus » : « À bientôt 14 ans, Kevin est un BAC + 7, et il n’en est pas peu fier. Sept interpellations par des brigades anti-criminalité, des BAC, suivies de sept gardes à vue, ont fait de lui un « mec respecté » dans la cité ».

Prix Albert-Londres, en 2014, pour sa série d’articles « Quartiers shit », Philippe Pujol, qui a vécu son enfance dans ces cités, nous plonge dans un Marseille fort loin du Vieux-Port et de la Bonne-Mère. Car Marseille, c’est aussi 280 mineurs assassinés en vingt ans. Avec lui, nous partons sur la trace de Kader, un ado frimeur et tête brûlée, qui a voulu s’élever un peu trop vite dans la hiérarchie du trafic de drogue et qui se retrouvera le corps criblé de balles. Nous assistons à la dérive de toute la famille et au chagrin absolu de Nadir son père, qui avait fait de l’honnêteté et du travail des vertus cardinales pour les siens. Parce qu’il menace « le business », Nadir sera « abattu par deux kalachnikovs juste un an après son fils. Ne comprenant rien à la situation, le père de Kader promettait de tuer tout le monde, ceux qui trafiquent. On l’a donc neutralisé avant ». Tandis que la police et les autorités municipales se félicitent ostensiblement quand les voyous en arrivent à s’entretuer et ne daignent même pas ouvrir une enquête.

« L’apparat, mon gars, l’apparat ! »

C’est tout le système marseillais, de Defferre à Gaudin, que Philippe Pujol nous fait vivre, le clientélisme, la corruption des élites, et le grand banditisme quasi-inévitable quand on a eu le malheur de naître en bas de l’échelle sociale. « Le Vieux-Moulin, construit à la va-vite en 1954, fut l’une de ces cités dont l’urgence était proportionnelle au mépris que portaient les autorités à ses occupants. Tout en haut, les gitans, et, en bas, le reste dans l’ordre d’arrivée : Italiens, Espagnols, Arméniens et Maghrébins. Ceux qui trouvaient ailleurs partaient rapidos, les autres s’enracinaient là comme des herbes folles ». Et puis, pour acheter la paix sociale, les élus balancent de l’argent à des associations, sans trop chercher à en savoir plus : « il y a un pognon immense qui est lâché un peu partout ; pas du saupoudrage, du noyage. Du fric, il y en a, mais avec une déperdition incroyable ; des associations qui se concurrencent, qui se disputent des minots en fonction de ce qu’ils rapportent comme aide par le conseil général, la Ville ou le conseil régional ».

On l’aura compris, Philippe Pujol, tout comme Florence Aubenas visitant dans « En France » le quart monde du salariat, pratique le journalisme d’immersion, loin très loin de ces journalistes de télévision qui viennent passer deux jours sur place avant de diffuser un de ces lieux communs qui endort l’opinion.

On se prend une grande claque en pleine poire avec ce portrait de Marseille, mais Philippe Pujol sait de quoi il parle, comme en témoigne ce dialogue savoureux avec un ami d’enfance : « Toi, tu es bien Français, tu n’habites plus les quartiers populaires, tu as des diplômes… » Je saisis la balle au bond : « mais j’ai moins de fric que toi ». Les mains croisées derrière la tête, il lâche dans un rictus : « T’en as pas besoin pour exister, toi, du fric… Nous, ouais… Pour plus être le bon petit Arabe comme nos parents ; L’apparat, mon gars, l’apparat… »

Avec cette « fabrique du monstre », Philippe Pujol fait honneur au journalisme de terrain, si loin de l’habituel journalisme d’extrapolation de nombre de confrères parisiens. Comment ne pas être d’accord avec lui, lorsqu’il estime que Marseille est « l’illustration visible des malfaçons de la République française ».

« La fabrique du monstre« , Philippe Pujol, éditions Les Arènes, 316 pages, 20 €.

Une’interview de l’auteur : http://www.corsematin.com/article/derniere-minute/rencontre-avec-philippe-pujol-journaliste-prime-et-chomeur.1594520.html