Clairs de lune à Biarritz

Pisseurs fous

Les voilà prévenus : les pisseurs fous à Biarritz n’ont qu’à bien se tenir !

Caméras installées un peu partout dans la Ville, affiches pour prévenir d’éventuels pollueurs qu’ils risquent une amende de 68 euros, chasse aux tags : l’équipe municipale a décidé de faire la guerre aux incivilités et on ne peut que saluer cette décision qui a permis aux habitants du centre-ville de passer enfin un été en toute quiétude comme le prouve cette vidéo, prise par Dominique, une lectrice clermontoise en vacances à Biarritz, dans la nuit du 27 au 28 août, à 3h33 du matin. Le sociologue averti qu’est Michel Veunac ne manquera d’ailleurs pas de noter que la parité est désormais une réalité dans la ville qu’il dirige et que les filles savent montrer leurs fesses aux passants aussi bien que les garçons.

 

Les moines copistes des Panama Papers…

Le secret le mieux gardé du mondeParce que vous croyez que le journalisme d’investigation, ça se pratique tranquillement pendant les heures de bureau et qu’on publie un article après avoir reçu deux mails et échangé trois coups de téléphone avec une source bien placée ? Bastian Obermayer se trouve chez ses parents, un jour où tout le monde chez lui est malade, lorsqu’il reçoit un mail d’un certain John Doe (l’équivalent de Monsieur Dupont en français) : « Intéressé par des données ? Je les partage volontiers ». Évidemment, en bon « chien de chasse » (le surnom donné dans la corporation aux spécialistes de l’investigation), il va dire oui, tout en sachant qu’on rencontre plus souvent un mythomane qu’une source authentique dans ce métier.

Le journaliste du Suddeutsche Zeitung, gros quotidien régional allemand ne se doute pas qu’il en prend pour deux années à travailler nuit et jour et ne plus voir sa famille. Appâté par les premiers documents fournis, où l’on trouve quelques chefs d’état mais aussi des amis de Poutine ou des vedettes du sport comme Lionel Messi, qui tous sont visiblement passés par un cabinet d’affaires panaméen Mossack Fonseca pour planquer dans des paradis fiscaux des fonds cachés, et vite aidé par son frère et une petite équipe du journal, le journaliste va recevoir 11,5 millions de documents concernant à peu près tous les pays du monde.

Secoués par ce qu’ils ont entre les mains, les deux journalistes vont avoir le bon réflexe de se tourner vers le Consortium International des Journalistes d’investigation et ce sont environ quatre cents journalistes de soixante-dix pays (dont Le Monde pour la France) qui vont explorer ce maquis vertigineux avant de lancer une publication conjointe en juin 2016.

Vernis à paillettes sur l’ordinateur

Avec « Le secret le mieux gardé du monde », le lecteur peut vivre un thriller haletant… et qui n’a rien d’imaginaire : « Nos collègues, qui sont dans la confidence, posent cette question de plus en plus souvent : avons-nous peur ? Tant qu’on n’y pense pas, non. Mais quand on commence à y réfléchir, oui. ». Enquêter sur un tel sujet, c’est aussi racheter sans cesse de nouvelles machines, car les ordinateurs du commerce ne sont pas assez puissants pour « mouliner » les données : « Les 2,6 teraoctets de données des serveurs du cabinet Mossack Fonseca montrent le monde de l’offshore dans ses moindres détails et de façon quasi instantanée. »

Chaque soir, de lourdes chaînes sont installées autour de l’ordinateur et du vernis à paillettes posé sur les vis pour prévenir toute tentative d’intrusion. Et c’est sans doute parce que les deux journalistes allemands ont eu l’idée de partager avec leurs confrères cette information trop grosse pour eux, que tout le monde sortira vivant de cette affaire, y compris dans des pays comme la Russie ou le Panama où assassiner un journaliste relève du passe-temps dominical.

Naïvement, nos deux confrères espèrent que le scandale des Panama Pampers mettra fin aux paradis fiscaux et aux sociétés écrans, ce qui semble fort peu probable. « Les règles d’une société, votées et soutenues par tous, perdent leurs sens si elles ne s’appliquent pas à ceux qui, grâce à leur fortune et leur pouvoir, sont en mesure de les contourner (…) L’employé ordinaire, impuissant, voit sur sa fiche de paie ce que l’État a déjà pris. En revanche, quelqu’un qui empoche ses dividendes via une société écran aux Îles Vierges britanniques peut décider lui-même s’il va déclarer ces revenus dans un pays où il profite de commodités et de protection.  Dans le monde de la finance, l’impression que « ceux d’en haut » peuvent faire ce qu’ils veulent est une réalité. »

Un constat désespérant pour un livre passionnant.

« Le secret le mieux gardé du monde, le roman vrai des Panama Papers », Bastian et Frederik Obermayer, éditions Le Seuil, 432 pages, 20 €.

À lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2016/05/14/panama-papers-des-familles-concernees-dans-le-64/

 

Hôtel du Palais : oui, mais en partenariat

Max Brisson, comme Jean-Benoît Saint-Cricq, pense que le cautionnement d’un emprunt de 50 millions d’euros par la seule SOCOMIX est trop risqué. Pour lui la Ville doit s’adosser à un partenaire majeur comme la Caisse des Dépôts et Consignations.

Max Brisson avait réagi sur sa page Facebook, dès le 9 août, à propos de L’Hôtel du Palais. Il reprend son point de vue pour Bisque, Bisque, Basque !

« Cet été, l’hôtel du Palais réalise une bonne saison. C’est une excellente nouvelle. La municipalité, entend, on le sait, lier l’avenir de notre palace, le seul de la côte atlantique, au groupe canadien Four Seasons, qui a proposé le meilleur droit d’entrée (7 millions). En fait, la SOCOMIX, dont Biarritz est l’actionnaire majoritaire, resterait détentrice du fonds de commerce et serait responsable de la gestion et du personnel, la Ville demeurerait propriétaire des murs et Four Seasons prendrait en charge la commercialisation, le plan marketing et la politique clientèle.

Ce partage des tâches me convient. Je l’avais proposé en 2014. Je le soutiens car Il ne tourne pas le dos à l’histoire, qui fait du Palais un élément majeur de notre patrimoine et un outil de notre politique touristique, mais il ouvre un nouveau cycle qui ne pourra s’écrire qu’au travers de clientèles de plus en plus internationales quant à leurs origines et mondialisées dans leur mode de consommation.

Reste l’investissement nécessaire pour changer de dimension et son portage. Les différents groupes en compétition l’ont estimé entre 35 et 50 millions d’euros. C’est ce dernier chiffre qui a été retenu pour ouvrir la période de négociations exclusives dans laquelle nous sommes entrés avec Four Seasons. Les travaux seraient réalisés en deux hivers. Un pool bancaire est déjà prêt à fournir les sommes. Qui peut souscrire cet emprunt ? Voilà une des questions majeures qui se pose, parmi beaucoup d’autres, juridiques, économiques ou de gouvernance pour lesquelles la Ville et l’hôtel sont assistés par trois cabinets spécialisés.

La souscription par la seule SOCOMIX, avec caution exclusive de la Ville, me semble risquée, je n’y suis donc pas favorable. Pour moi, le portage de l’emprunt doit être collectif et donc réalisé au travers d’une société dédiée dans laquelle la SOCOMIX entrerait, associée à une institution majeure, comme la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC)  et des partenaires privés comme des banques. La prise de risque -l’augmentation du chiffre d’affaire de 50% n’est pas acquise – doit en effet être partagée. Elle ne peut être portée par les seuls Biarrots. La nouvelle municipalité a d’ailleurs cherché, dès son arrivée, à élargir le capital de Biarritz-Océan, raison de plus pour ne pas partir seul dans ce projet ambitieux, mais risqué, de construction d’un nouvel avenir pour le Palais.  De même, un autre tour de table, ne remettant pas en cause la majorité des parts acquise à la Ville, me semble nécessaire dans la constitution du capital de la SOCOMIX, société gestionnaire. Celui-ci doit s’ouvrir à des partenaires privés, en particulier ceux qui nous accompagneront dans la réalisation de l’investissement.

Bref, dans ce projet majeur pour Biarritz et son économie touristique, nous ne devons surtout pas être seuls. »

Max Brisson

Saint-Cricq débusque un nouveau lièvre

 

L’Hôtel du Palais a besoin de rénovations, mais est-il raisonnable, en l’état actuel des finances de la Ville, de cautionner un emprunt de 50 millions d’euros

Décidément, l’actualité ne connaît pas de trêve estivale à Biarritz. L’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq, dont vous pourrez lire la réaction au feu d’artifice du 15 août, à la fin de ce post, vient de découvrir que la Ville s’apprêtait à cautionner un emprunt de 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais. Une imprudence totale, selon lui.

 

Nous voulons un referendum pour les emprunts du Palais 

« Comme deux groupes d’opposition vous l’ont indiqué dans Biarritz Magazine de juillet-août, le Maire qui est président de la SEM SOCOMIX qui gère l’hôtel du Palais, s’apprête à faire souscrire à cette société un emprunt colossal de près de 50 millions d’euros qui sera obligatoirement cautionné par la ville de Biarritz, afin d’effectuer les travaux exigés par son nouveau franchiseur le groupe  Four Seasons .

La promesse de voir passer le chiffre d’affaires de 20 à 30 Millions d’Euros sans disposer d’un prévisionnel précédé d’une étude de marché fiable n’étant qu’une promesse, le tout dans un contexte commercial dégradé, on peut craindre que la SOCOMIX soit rapidement en difficulté, alors que ne payant quasiment pas de loyer à la ville, elle peine à dégager un bénéfice.

Or, tout est déjà décidé, sans même un vote du conseil municipal. Alors même que la SOCOMIX ne gère pas une activité d’intérêt public (un Palace est-il un service public et pour qui?), on va souscrire le plus gros engagement financier que cette ville ait jamais pris, sans garantie de résultat.

Une faillite de la SOCOMIX nous rendrait redevables de sa dette. Notre endettement lié aux investissements passés est tel que nous sommes déjà sur le fil du rasoir. Si la fréquentation promise est identique à celle de la Cité de l’Océan, chacun peut imaginer la catastrophe.

L’équipe municipale n’ayant pas été élue sur ce projet, j’appelle à la mise en place d’un référendum d’initiative locale permettant aux électeurs, de décider de la mise en œuvre ou non d’un projet conformément aux articles LO1112-1 et suivants du code des collectivités territoriales. Ce référendum est ouvert à toutes les collectivités territoriales depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 (art. 72-1 al. 2 de la Constitution). L’affaire est trop importante pour être décidée par un seul !« 

Jean-Benoît Saint-Cricq

Sur son site Internet (http://www.jbsaintcricq.fr) et sur sa page facebook, l’élu biarrot appelle à signer une pétition. L’occasion ou jamais de montrer au maire que même en août les citoyens restent vigilants.

Un feu d’artifice qui ne s’imposait pas

Juste avant que la police municipale, après concertation avec le maire, décide de ne pas exercer son droit de retrait, Jean-Benoît Saint-Cricq avait fait parvenir à Bisque, bisque, Basque ! son point de vue sur ce discutable feu d’artifice prévu le 15 août.

 » Le 9 août au soir le maire a convoqué les élus de l’opposition pour leur faire part de sa décision de maintenir le feu d’artifice du 15 août et il nous a donné les détails du dispositif. Le choix du maintien d’une telle manifestation est difficile. Il y aura beaucoup de monde et des familles avec des enfants. Dans le contexte actuel cette manifestation ne s’imposait pas. Les autorités ont considéré que la manifestation pouvait être maintenue, mais c’était avec la participation des effectifs de la Police Municipale. Si celle-ci fait défaut, tout doit être remis en cause.

Pour ma part, je considère que la position des fonctionnaires est légitime. Je suis favorable à l’armement de notre Police Municipale qui aurait dû être mis en œuvre dès le début de l’état d’urgence. Pour le 15 août ce sera trop tard, compte tenu des délais de formation. Mardi soir lors de la réunion des élus j’ai proposé que nos policiers, lorsqu’ils seront armés, soient munis d’une caméra vidéo enregistrant leurs interventions pour les mettre à l’abri de débordements.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que tout se passe bien. « 

Ne pas confondre « se goberger » et « buller »

Piéton 11 aoûtUn très grand merci à Sud Ouest du 11 août pour cet éclat de rire matinal à la lecture du piéton. La rédaction, qui doit avoir sur son bureau un téléphone rouge directement relié à la mairie, précise en effet que « les privilégiés du 15 août » ne se gobergeront pas aux frais de la princesse Veunac, n’en déplaise à « ceux qui ironisent », mais se contenteront, plus modestement, « de quelques bulles » de champagne en compagnie de la délicieuse Nathalie Kosciusko-Morizet.

Bisque, bisque, Basque !, qui n’a pas les moyens de s’offrir un téléphone rouge et doit se contenter d’une boule de cristal, ne s’est donc pas trompé en écrivant que  « les élites se prélasseront à l’Hôtel du Palais pour assister au spectacle, avec comme seul risque de prendre dans la figure un bouchon de champagne trop violemment manipulé. »

Puisque Michel Veunac est convaincu qu’il n’y a aucun risque le 15 août au soir, pourquoi ne donnerait-il pas l’exemple en s’installant sur la grande plage au milieu de la foule au lieu de se planquer dans son bunker, coupe de champagne à la main ?

Une nouvelle salve de Domège

Brisson DomègeFrédéric Domège, après les réactions de Max Brisson et Colette Capdevielle, nous fait parvenir son point de vue sur le maintien du feu d’artifice du 15 août. Comme il le note fort justement « les décideurs figurent rarement au rang des victimes ».

« S’il est un débat qui ne doit pas s’embarrasser de polémique politicienne, partisane ou électoraliste, c’est bien celui du feu d’artifice du 15 août. Il y a quelques jours, j’ai souhaité initier le débat sur l’opportunité de son maintien, parce qu’en cette période de prolongation de l’état d’urgence, il me semblait opportun. Certains m’ont fait le reproche d’avoir voulu faire  » un coup politique  » alors qu’il s’agissait pour moi d’un cas de conscience. Pouvons-nous en cette période de  » sale guerre « , jouer à la roulette russe avec la vie des autres, espérer en se bouchant les oreilles que tout se passe bien. Ma conscience d’élu, de citoyen, de père de famille m’interpellait.

D’ailleurs les décideurs figurent rarement au rang des victimes.
Certes, il est de la responsabilité du préfet, et du ministère de l’intérieur d’assurer la sécurité de l’événement et je ne partage absolument pas le point de vue qui consiste à dire que cela ne regarde pas les élus, à fortiori le maire. C’est au maire de Biarritz d’assurer la sécurité des Biarrots en premier chef. C’est lui qui en est comptable. N’est-il pas de ce point de vue, officier de police judiciaire dans le cadre de ses pouvoirs déconcentrés ?

En ce qui concerne le communiqué de la police municipale, je le prends exactement comme ma lettre ouverte au maire d’il y a une dizaine de jours, c’est à dire, ouvrir un débat légitime et nécessaire. Ce sont des professionnels, et je leur reconnais le droit, de dire si les moyens mis à leur disposition sont à même de leur permettre d’assurer la mission qui leur est donnée. On ne peut pas me taxer d’une quelconque sympathie à l’égard des syndicats, mais autant la grève d’Air France m’a hérissé le poil, autant l’alerte lancée aujourd’hui par la police municipale doit être prise au sérieux et entendue car elle est légitime. »

Frédéric DOMÈGE

15 août : Max Brisson prend position

Peu après la publication de « La police municipale en pétard », nous avons reçu ce texte de Max Brisson :

Brisson 22« Je suis favorable au développement des effectifs, à une formation accrue et à l’armement de notre police municipale dans les conditions prévues par la Loi et bien entendu dans le cadre des autorisations données par le préfet. J’ai la même position pour le développement d’un système de vidéo-surveillance et je souhaite que celui-ci soit, au moins l’été, relié à un poste de commandement permanent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je me réjouis d’ailleurs qu’un ancien journaliste du Canard soit désormais sur cette position.

Pour la soirée du 15, comme d’ailleurs pour les marchés nocturnes, je dis fermement que dans notre pays, c’est à l’ÉTAT, et donc au gouvernement, à l’armée et aux forces de police et de gendarmerie, placées sous ses ordres, de protéger les citoyens face à toute menace terroriste. Celles-ci sont en effet la conséquence de la guerre, que j’approuve, et que nous menons face à l’islamisme radical et à son État autoproclamé. Ce qui signifie conséquemment que c’est à ce même État, et en particulier au représentant du gouvernement dans le département, à savoir Monsieur le Préfet, d’évaluer le risque. Lui seul peut le faire (et non le Maire) en fonction des renseignements qui lui sont donnés par les services compétents de contrespionnage (DGSRI). C’est aussi à lui d’évaluer, en fonction de la réalité du risque, les moyens de sécurité mis en œuvre par ses propres services et la Ville pour autoriser ou interdire une manifestation. Ainsi fonctionne l’État, ou du moins fonctionnait-il voilà peu encore, avant que son affaiblissement ne conduise à laisser aux pouvoirs locaux des responsabilités qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer et dont on peut se demander s’il est d’ailleurs souhaitable qu’ils les exercent. Lorsqu’une organisation syndicale, censée défendre les intérêts catégoriels de ses mandants, s’estime en capacité de porter un jugement sur la sécurité publique face à la menace terroriste, c’est que plus rien ne tient dans notre République. Et s’il s’agit d’obtenir des moyens supplémentaires que je demande aussi, c’est que la conception du syndicalisme a aussi fichu le camp dans notre pays. »

Max BRISSON

La réponse de Bisque, bisque, Basque :

Merci à vous d’avoir réagi aussi vite sur un sujet où il est vital de débattre et de ne pas faire comme si la menace d’attentats terroristes n’était qu’une vue de l’esprit. Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous écrivez. La hiérarchie que vous évoquez ne fait aucun doute, avec l’État comme premier responsable de la sécurité des citoyens, et le préfet pour prendre des décisions avant le maire. Mais il me semble que chacun a une vision liée à sa fonction et que la connaissance d’une ville par un maire est aussi irremplaçable que les décisions du ministre de l’Intérieur. Michel Veunac connait certainement mieux Biarritz que Bernard Cazeneuve. Vous avez eu la courtoisie de me préciser votre pensée par téléphone, en estimant que « le gouvernement ne prend pas ses responsabilités et que les décisions, comme celle d’interdire des rassemblements de plus de 10 000 personnes devraient être les mêmes de Dunkerque à Perpignan ». Je ne peux qu’être d’accord.

En revanche, je vous trouve bien sévère avec le syndicat des policiers municipaux. Qui en dehors d’une organisation syndicale peut porter à la connaissance du public de telles informations ? Pour ma part, sans doute parce que je suis un ancien syndicaliste, j’approuve complètement cette démarche.

Enfin, et je le conçois aisément, vous soulignez combien ma position peut être surprenante pour un ancien du Canard enchaîné, journal de tradition libertaire. L’hypothèse d’un ramollissement cérébral n’est pas tout à fait à exclure. Autre possibilité, face aux événements tragiques que nous vivons et qui m’ont beaucoup touché puisque j’ai perdu des amis, le sentiment que plus que jamais nous avons l’obligation d’aller vers l’autre, de nous comprendre, de nous montrer fermes et déterminés et ne pas faire preuve d’angélisme. Et dans cette situation, les politiques, comme les policiers ou les journalistes ont un rôle important à jouer.

Les suggestions de Colette Capdevielle

capdeviellePeu avant les fêtes de Bayonne, la députée socialiste Colette Capdevielle estimait que le conseil municipal aurait dû se réunir. Après un exposé des menaces connues et des mesures de protection prises, chaque conseiller municipal aurait voté à bulletin secret pour donner son avis sur l’annulation ou le maintien de ces fêtes. Avec le sens pratique qui la caractérise, la députée socialiste a adressé un SMS à Bisque, bisque, Basque !, après l’article sur la police municipale biarrote et les mesures de sécurité à prendre : « La ville de Bayonne a installé quatre-vingt-dix plots de béton à toutes les entrées de la ville, tous impossibles à franchir sauf à s’y écraser dessus (…) Bayonne et Biarritz étant dans la même agglomération , il me paraît assez logique de mutualiser ces plots entre communes voisines ».

Voilà déjà qui est autrement plus convaincant que les prières de Veunac en l’église Sainte-Eugénie, pour que tout se passe bien le 15 août.

La police municipale en pétard

feu d'artifice 02

Il est vraiment fort celui qui affirme pouvoir sécuriser Biarritz, le 15 août au soir ! (Photo cagouille64)

L’arsenal est véritablement impressionnant : trois bâtons télescopiques pour vingt-quatre policiers municipaux, et bien évidemment ni armes à feu ni radios ! Voilà de quoi faire trembler un illuminé qui fomenterait le dessein de faire un carton dans la population à l’occasion du feu d’artifice du 15 août à Biarritz. Depuis Didier Borotra et l’affaire des procès-verbaux volatilisés, les rapports entre la police municipale et le maire n’ont jamais été simples. Mais cette fois, l’inconscience de Michel Veunac, qui se croit plus malin que Martine Aubry et tous les maires qui ont décidé d’annuler les festivités prévues faute de pouvoir les sécuriser convenablement, a fait sortir de sa réserve la police municipale. Par l’intermédiaire de son syndicat, elle menace d’exercer son droit de retrait si des mesures sérieuses de protection des policiers, et par là même des citoyens ne sont pas prises.

(http://www.sdpm.net/2016/08/biarritz-64-les-policiers-municipaux-denoncent-un-dispositif-de-securite-insuffisant-et-deposent-un-droit-de-retrait.html)

Lundi dernier, sur France Info, un responsable syndical de la police, expliquait avec beaucoup de professionnalisme et de lucidité que « résister, c’est s’adapter » et non jouer les matamores, faire courir des risques à des touristes mal informés sous prétexte de sauver des intérêts mercantiles et plastronner en disant que la vie continue comme avant, malgré les attentats. Un point de vue qu’il est difficile de ne pas ratifier.

Après Frédéric Domège, qui a eu le courage de demander un conseil municipal à huis clos pour décider du maintien ou de la suppression du feu d’artifice, nous devons être reconnaissants à la police municipale de prendre ses responsabilités et de tirer publiquement la sonnette d’alarme. Mais malheureusement, le sous-doué que nous avons élu à la tête de la Ville ne fait pas la différence entre le vrai courage qui implique de s’adapter aux circonstances, et l’obstination qui nécessite de camper sur des positions préétablies.

Le courage n’est pas l’obstination

N’importe quel gestionnaire avisé aurait plié les voiles depuis longtemps au vu des piteux résultats de la Cité de l’océan. Mais Veunac, seul contre tous, persiste et signe et continue à mettre de l’argent dans la machine à sous, alors que tout le monde sait que la partie est définitivement perdue. De la même façon, comme Jean-René Etchegarray, malgré les pressions du préfet, a maintenu les fêtes de Bayonne, qui se sont passées sans heurt, Michel Veunac, qui se croit encore dans une cour d’école où on joue à celui qui a la plus grosse, se sent obligé de s’obstiner dans sa volonté de faire tirer le feu d’artifice dans une ville impossible à sécuriser à cette époque. En oubliant juste un détail : pendant que les touristes de la Ville, en quête de la belle bleue, la belle rouge ou du bouquet final, se demanderont à quels artificiers ils risquent d’avoir affaire, les élites se prélasseront à l’Hôtel du Palais pour assister au spectacle, avec comme seul risque de prendre dans la figure un bouchon de champagne trop violemment manipulé.

Mais c’est tellement facile d’être courageux avec la peau des autres !

Le communiqué du Syndicat de la Police municipale

Le 15 août prochain, aura lieu à Biarritz (64) et comme chaque année, un grand feu d’artifice rassemblant plusieurs milliers de spectateurs sur cette cité balnéaire du sud-ouest particulièrement fréquentée. Seulement, en raison du climat actuel, les Policiers Municipaux par la voix de leur syndicat dénoncent l’insuffisance du dispositif de sécurité ne garantissant pas la protection des agents. Ils estiment que l’évènement est de nature à mettre gravement en danger les agents, mais aussi la population.

En effet  : 

– Les voies d’accès à la manifestation ne seront bloquées que par de simples barrières métalliques, surveillées par 1 policier municipal et 1 agent de surveillance de la voie publique (agent de stationnement appelé ASVP) ;

Or, les policiers municipaux viennent ici dénoncer fermement leurs conditions de travail, mises en exergue lors de cet évènement particulier :

– les policiers municipaux de Biarritz ne sont pas équipés d’armes à feu ;

– les policiers municipaux de Biarritz ne sont pas équipés de radios ;

– les policiers municipaux ne disposent que de 3 bâtons télescopiques pour 24 agents ;

-il n’est pas prévu que les policiers municipaux qui gardent les voies d’accès soient renforcés par des policiers nationaux dûment armés ou des militaires ;

-enfin, il est totalement prohibé et illégal que des agents de surveillance de la voie publique assurent des missions de sécurité et de surveillance générale ; leurs seules missions légales est le stationnement conformément à la Jurisprudence constante.

Les Policiers Municipaux demandent immédiatement :

– à être renforcés de manière conséquente, par des militaires en armes ou des policiers nationaux qui seront à même de neutraliser un individu le cas échéant, qui tenteraient de franchir par la force les barrières de sécurité, par exemple ;

– que les ASVP ne soient pas affectés à des missions dangereuses de sécurité, conformément à la réglementation, puisque ce sont des agents du stationnement ;

En cas de non réponse, ou de refus, les agents feront valoir le soir même, leur droit de retrait. Le syndicat rappelle que nombre de communes ont pris leurs responsabilités en annulant des manifestations dont elles n’étaient pas en mesure d’assurer convenablement la sécurité. Nous rajoutons, qu’à titre d’exemple, les fêtes se déroulant dans d’autres cités balnéaires du sud-ouest comme sur le Bassin d’Arcachon, ont déployé un dispositif exceptionnel de sécurité.

Les agents demandent qu’une réflexion sur les moyens de la Police Municipale soit très rapidement menée avec notre syndicat, sans quoi, notre démarche sera répétée autant de fois que nécessaire et la presse en sera à chaque fois alertée.

Notre délégation a alerté Mme la Directrice de la Police Municipale à ce sujet, sans succès à ce jour.

SDPM délégation Aquitaine

15 août : Max Brisson prend position

Brisson 22Peu après la publication de « La police municipale en pétard », nous avons reçu ce texte de Max Brisson :

« Je suis favorable au développement des effectifs, à une formation accrue et à l’armement de notre police municipale dans les conditions prévues par la Loi et bien entendu dans le cadre des autorisations données par le préfet. J’ai la même position pour le développement d’un système de vidéo-surveillance et je souhaite que celui-ci soit, au moins l’été, relié à un poste de commandement permanent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je me réjouis d’ailleurs qu’un ancien journaliste du Canard soit désormais sur cette position.

Pour la soirée du 15, comme d’ailleurs pour les marchés nocturnes, je dis fermement que dans notre pays, c’est à l’ÉTAT, et donc au gouvernement, à l’armée et aux forces de police et de gendarmerie, placées sous ses ordres, de protéger les citoyens face à toute menace terroriste. Celles-ci sont en effet la conséquence de la guerre, que j’approuve, et que nous menons face à l’islamisme radical et à son État autoproclamé. Ce qui signifie conséquemment que c’est à ce même État, et en particulier au représentant du gouvernement dans le département, à savoir Monsieur le Préfet, d’évaluer le risque. Lui seul peut le faire (et non le Maire) en fonction des renseignements qui lui sont donnés par les services compétents de contrespionnage (DGSRI). C’est aussi à lui d’évaluer, en fonction de la réalité du risque, les moyens de sécurité mis en œuvre par ses propres services et la Ville pour autoriser ou interdire une manifestation. Ainsi fonctionne l’État, ou du moins fonctionnait-il voilà peu encore, avant que son affaiblissement ne conduise à laisser aux pouvoirs locaux des responsabilités qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer et dont on peut se demander s’il est d’ailleurs souhaitable qu’ils les exercent. Lorsqu’une organisation syndicale, censée défendre les intérêts catégoriels de ses mandants, s’estime en capacité de porter un jugement sur la sécurité publique face à la menace terroriste, c’est que plus rien ne tient dans notre République. Et s’il s’agit d’obtenir des moyens supplémentaires que je demande aussi, c’est que la conception du syndicalisme a aussi fichu le camp dans notre pays. »

Max BRISSON

La réponse de Bisque, bisque, Basque :

Merci à vous d’avoir réagi aussi vite sur un sujet où il est vital de débattre et de ne pas faire comme si la menace d’attentats terroristes n’était qu’une vue de l’esprit. Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous écrivez. La hiérarchie que vous évoquez ne fait aucun doute, avec l’État comme premier responsable de la sécurité des citoyens, et le préfet pour prendre des décisions avant le maire. Mais il me semble que chacun a une vision liée à sa fonction et que la connaissance d’une ville par un maire est aussi irremplaçable que les décisions du ministre de l’Intérieur. Michel Veunac connait certainement mieux Biarritz que Bernard Cazeneuve. Vous avez eu la courtoisie de me préciser votre pensée par téléphone, en estimant que « le gouvernement ne prend pas ses responsabilités et que les décisions, comme celle d’interdire des rassemblements de plus de 10 000 personnes devraient être les mêmes de Dunkerque à Perpignan ». Je ne peux qu’être d’accord.

En revanche, je vous trouve bien sévère avec le syndicat des policiers municipaux. Qui en dehors d’une organisation syndicale peut porter à la connaissance du public de telles informations ? Pour ma part, sans doute parce que je suis un ancien syndicaliste, j’approuve complètement cette démarche.

Enfin, et je le conçois aisément, vous soulignez combien ma position peut être surprenante pour un ancien du Canard enchaîné, journal de tradition libertaire. L’hypothèse d’un ramollissement cérébral n’est pas tout à fait à exclure. Autre possibilité, face aux événements tragiques que nous vivons et qui m’ont beaucoup touché puisque j’ai perdu des amis, le sentiment que plus que jamais nous avons l’obligation d’aller vers l’autre, de nous comprendre, de nous montrer fermes et déterminés et ne pas faire preuve d’angélisme. Et dans cette situation, les politiques, comme les policiers ou les journalistes ont un rôle important à jouer.

Les suggestions de Colette Capdevielle

capdeviellePeu avant les fêtes de Bayonne, la députée socialiste Colette Capdevielle estimait que le conseil municipal aurait dû se réunir. Après un exposé des menaces connues et des mesures de protection prises, chaque conseiller municipal aurait voté à bulletin secret pour donner son avis sur l’annulation ou le maintien de ces fêtes. Avec le sens pratique qui la caractérise, la députée socialiste a adressé un SMS à Bisque, bisque, Basque !, après l’article sur la police municipale biarrote et les mesures de sécurité à prendre : « La ville de Bayonne a installé quatre-vingt-dix plots de béton à toutes les entrées de la ville, tous impossibles à franchir sauf à s’y écraser dessus (…) Bayonne et Biarritz étant dans la même agglomération , il me paraît assez logique de mutualiser ces plots entre communes voisines ».

Voilà déjà qui est autrement plus convaincant que les prières de Veunac en l’église Sainte-Eugénie, pour que tout se passe bien le 15 août.

 

L’inconscience des chaînes en blabla continu

Nombre de consultants des chaînes d’information en continu, pour justifier leur titre fort discutable de « spécialistes », se sentent obligés d’en rajouter et finissent par livrer des informations qui nuisent à notre pays.

Le 15 juillet au matin, France 2 présente aux téléspectateurs mal réveillés des images de l’attentat de Nice avec un homme légèrement blessé à une jambe, allongé à même le bitume à côté du cadavre de sa femme dissimulé sous un drap. Depuis la chaîne a présenté ses excuses pour l’incontestable atteinte à la dignité humaine subie par cette victime en état de choc et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a ouvert la voie à une procédure de sanction contre la chaîne publique.

Mais si tous les membres du CSA ne sont pas actuellement en train de se faire dorer au soleil, ils feraient bien de s’intéresser aussi aux chaînes d’information en continu, qui font souvent preuve d’une incroyable légèreté face aux événements qui nous frappent.

Être journaliste, c’est être responsable de ce qu’on écrit et des signaux que l’on adresse à la population. L’actualité se montrant moins dense, en ce début du mois d’août, les chaînes s’en donnent à cœur joie avec l’assassinat du prêtre Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray et multiplient les interventions de « spécialistes » ou prétendus tels qui, visiblement, ne réfléchissent guère aux conséquences de leurs propos.

Informations sur telle ou telle « messagerie instantanée » « très prisée par les terroristes et difficilement détectable par les services secrets », longues explications sur la façon de monter des sites fantômes qui disparaîtront avant d’avoir pu être détectés par la police, ou cartes détaillées sur les façons de rejoindre des filières clandestines à destination de la Syrie.

On imagine les conséquences de ces informations sur des jeunes gens tentés d’habiller leur mal-être aux couleurs du djihadisme !

Le journalisme consiste à raconter des histoires vraies. Mais, quand notre pays est « en guerre » si l’on se fie aux propos gouvernementaux, ou pour le moins en proie à des menaces terroristes répétées, le devoir de chacun est de faire attention à ce qu’il dit et ce qu’il publie.

La direction de France 2, qui a voulu ouvrir son antenne à partir de 0h30, le 14 juillet au soir après les attentats de Nice, reconnait avoir travaillé avec les journalistes présents, pas toujours spécialistes de ces questions, et s’être plantée. Mais les dizaines d’indications susceptibles d’aider des gens n’ayant pas de bonnes intentions à notre égard, que livrent chaque jour les chaînes de blabla en continu, que ce soit par inconscience ou pire pour tenter de retenir les auditeurs devant leurs écrans, me semblent d’une toute autre gravité.

On en finirait presque par préférer Jean-Pierre Pernaut, le présentateur de TF1, avec ses inusables lavandières de Perros-Guirrec ses reportages sur les nougats de Montélimar ou les protège-nougats du Sud-Ouest, en l’occurrence les espadrilles de Mauléon.