Clairs de lune à Biarritz

Pisseurs fous

Les voilà prévenus : les pisseurs fous à Biarritz n’ont qu’à bien se tenir !

Caméras installées un peu partout dans la Ville, affiches pour prévenir d’éventuels pollueurs qu’ils risquent une amende de 68 euros, chasse aux tags : l’équipe municipale a décidé de faire la guerre aux incivilités et on ne peut que saluer cette décision qui a permis aux habitants du centre-ville de passer enfin un été en toute quiétude comme le prouve cette vidéo, prise par Dominique, une lectrice clermontoise en vacances à Biarritz, dans la nuit du 27 au 28 août, à 3h33 du matin. Le sociologue averti qu’est Michel Veunac ne manquera d’ailleurs pas de noter que la parité est désormais une réalité dans la ville qu’il dirige et que les filles savent montrer leurs fesses aux passants aussi bien que les garçons.

 

Les moines copistes des Panama Papers…

Le secret le mieux gardé du mondeParce que vous croyez que le journalisme d’investigation, ça se pratique tranquillement pendant les heures de bureau et qu’on publie un article après avoir reçu deux mails et échangé trois coups de téléphone avec une source bien placée ? Bastian Obermayer se trouve chez ses parents, un jour où tout le monde chez lui est malade, lorsqu’il reçoit un mail d’un certain John Doe (l’équivalent de Monsieur Dupont en français) : « Intéressé par des données ? Je les partage volontiers ». Évidemment, en bon « chien de chasse » (le surnom donné dans la corporation aux spécialistes de l’investigation), il va dire oui, tout en sachant qu’on rencontre plus souvent un mythomane qu’une source authentique dans ce métier.

Le journaliste du Suddeutsche Zeitung, gros quotidien régional allemand ne se doute pas qu’il en prend pour deux années à travailler nuit et jour et ne plus voir sa famille. Appâté par les premiers documents fournis, où l’on trouve quelques chefs d’état mais aussi des amis de Poutine ou des vedettes du sport comme Lionel Messi, qui tous sont visiblement passés par un cabinet d’affaires panaméen Mossack Fonseca pour planquer dans des paradis fiscaux des fonds cachés, et vite aidé par son frère et une petite équipe du journal, le journaliste va recevoir 11,5 millions de documents concernant à peu près tous les pays du monde.

Secoués par ce qu’ils ont entre les mains, les deux journalistes vont avoir le bon réflexe de se tourner vers le Consortium International des Journalistes d’investigation et ce sont environ quatre cents journalistes de soixante-dix pays (dont Le Monde pour la France) qui vont explorer ce maquis vertigineux avant de lancer une publication conjointe en juin 2016.

Vernis à paillettes sur l’ordinateur

Avec « Le secret le mieux gardé du monde », le lecteur peut vivre un thriller haletant… et qui n’a rien d’imaginaire : « Nos collègues, qui sont dans la confidence, posent cette question de plus en plus souvent : avons-nous peur ? Tant qu’on n’y pense pas, non. Mais quand on commence à y réfléchir, oui. ». Enquêter sur un tel sujet, c’est aussi racheter sans cesse de nouvelles machines, car les ordinateurs du commerce ne sont pas assez puissants pour « mouliner » les données : « Les 2,6 teraoctets de données des serveurs du cabinet Mossack Fonseca montrent le monde de l’offshore dans ses moindres détails et de façon quasi instantanée. »

Chaque soir, de lourdes chaînes sont installées autour de l’ordinateur et du vernis à paillettes posé sur les vis pour prévenir toute tentative d’intrusion. Et c’est sans doute parce que les deux journalistes allemands ont eu l’idée de partager avec leurs confrères cette information trop grosse pour eux, que tout le monde sortira vivant de cette affaire, y compris dans des pays comme la Russie ou le Panama où assassiner un journaliste relève du passe-temps dominical.

Naïvement, nos deux confrères espèrent que le scandale des Panama Pampers mettra fin aux paradis fiscaux et aux sociétés écrans, ce qui semble fort peu probable. « Les règles d’une société, votées et soutenues par tous, perdent leurs sens si elles ne s’appliquent pas à ceux qui, grâce à leur fortune et leur pouvoir, sont en mesure de les contourner (…) L’employé ordinaire, impuissant, voit sur sa fiche de paie ce que l’État a déjà pris. En revanche, quelqu’un qui empoche ses dividendes via une société écran aux Îles Vierges britanniques peut décider lui-même s’il va déclarer ces revenus dans un pays où il profite de commodités et de protection.  Dans le monde de la finance, l’impression que « ceux d’en haut » peuvent faire ce qu’ils veulent est une réalité. »

Un constat désespérant pour un livre passionnant.

« Le secret le mieux gardé du monde, le roman vrai des Panama Papers », Bastian et Frederik Obermayer, éditions Le Seuil, 432 pages, 20 €.

À lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2016/05/14/panama-papers-des-familles-concernees-dans-le-64/

 

Hôtel du Palais : oui, mais en partenariat

Max Brisson, comme Jean-Benoît Saint-Cricq, pense que le cautionnement d’un emprunt de 50 millions d’euros par la seule SOCOMIX est trop risqué. Pour lui la Ville doit s’adosser à un partenaire majeur comme la Caisse des Dépôts et Consignations.

Max Brisson avait réagi sur sa page Facebook, dès le 9 août, à propos de L’Hôtel du Palais. Il reprend son point de vue pour Bisque, Bisque, Basque !

« Cet été, l’hôtel du Palais réalise une bonne saison. C’est une excellente nouvelle. La municipalité, entend, on le sait, lier l’avenir de notre palace, le seul de la côte atlantique, au groupe canadien Four Seasons, qui a proposé le meilleur droit d’entrée (7 millions). En fait, la SOCOMIX, dont Biarritz est l’actionnaire majoritaire, resterait détentrice du fonds de commerce et serait responsable de la gestion et du personnel, la Ville demeurerait propriétaire des murs et Four Seasons prendrait en charge la commercialisation, le plan marketing et la politique clientèle.

Ce partage des tâches me convient. Je l’avais proposé en 2014. Je le soutiens car Il ne tourne pas le dos à l’histoire, qui fait du Palais un élément majeur de notre patrimoine et un outil de notre politique touristique, mais il ouvre un nouveau cycle qui ne pourra s’écrire qu’au travers de clientèles de plus en plus internationales quant à leurs origines et mondialisées dans leur mode de consommation.

Reste l’investissement nécessaire pour changer de dimension et son portage. Les différents groupes en compétition l’ont estimé entre 35 et 50 millions d’euros. C’est ce dernier chiffre qui a été retenu pour ouvrir la période de négociations exclusives dans laquelle nous sommes entrés avec Four Seasons. Les travaux seraient réalisés en deux hivers. Un pool bancaire est déjà prêt à fournir les sommes. Qui peut souscrire cet emprunt ? Voilà une des questions majeures qui se pose, parmi beaucoup d’autres, juridiques, économiques ou de gouvernance pour lesquelles la Ville et l’hôtel sont assistés par trois cabinets spécialisés.

La souscription par la seule SOCOMIX, avec caution exclusive de la Ville, me semble risquée, je n’y suis donc pas favorable. Pour moi, le portage de l’emprunt doit être collectif et donc réalisé au travers d’une société dédiée dans laquelle la SOCOMIX entrerait, associée à une institution majeure, comme la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC)  et des partenaires privés comme des banques. La prise de risque -l’augmentation du chiffre d’affaire de 50% n’est pas acquise – doit en effet être partagée. Elle ne peut être portée par les seuls Biarrots. La nouvelle municipalité a d’ailleurs cherché, dès son arrivée, à élargir le capital de Biarritz-Océan, raison de plus pour ne pas partir seul dans ce projet ambitieux, mais risqué, de construction d’un nouvel avenir pour le Palais.  De même, un autre tour de table, ne remettant pas en cause la majorité des parts acquise à la Ville, me semble nécessaire dans la constitution du capital de la SOCOMIX, société gestionnaire. Celui-ci doit s’ouvrir à des partenaires privés, en particulier ceux qui nous accompagneront dans la réalisation de l’investissement.

Bref, dans ce projet majeur pour Biarritz et son économie touristique, nous ne devons surtout pas être seuls. »

Max Brisson

Saint-Cricq débusque un nouveau lièvre

 

L’Hôtel du Palais a besoin de rénovations, mais est-il raisonnable, en l’état actuel des finances de la Ville, de cautionner un emprunt de 50 millions d’euros

Décidément, l’actualité ne connaît pas de trêve estivale à Biarritz. L’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq, dont vous pourrez lire la réaction au feu d’artifice du 15 août, à la fin de ce post, vient de découvrir que la Ville s’apprêtait à cautionner un emprunt de 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais. Une imprudence totale, selon lui.

 

Nous voulons un referendum pour les emprunts du Palais 

« Comme deux groupes d’opposition vous l’ont indiqué dans Biarritz Magazine de juillet-août, le Maire qui est président de la SEM SOCOMIX qui gère l’hôtel du Palais, s’apprête à faire souscrire à cette société un emprunt colossal de près de 50 millions d’euros qui sera obligatoirement cautionné par la ville de Biarritz, afin d’effectuer les travaux exigés par son nouveau franchiseur le groupe  Four Seasons .

La promesse de voir passer le chiffre d’affaires de 20 à 30 Millions d’Euros sans disposer d’un prévisionnel précédé d’une étude de marché fiable n’étant qu’une promesse, le tout dans un contexte commercial dégradé, on peut craindre que la SOCOMIX soit rapidement en difficulté, alors que ne payant quasiment pas de loyer à la ville, elle peine à dégager un bénéfice.

Or, tout est déjà décidé, sans même un vote du conseil municipal. Alors même que la SOCOMIX ne gère pas une activité d’intérêt public (un Palace est-il un service public et pour qui?), on va souscrire le plus gros engagement financier que cette ville ait jamais pris, sans garantie de résultat.

Une faillite de la SOCOMIX nous rendrait redevables de sa dette. Notre endettement lié aux investissements passés est tel que nous sommes déjà sur le fil du rasoir. Si la fréquentation promise est identique à celle de la Cité de l’Océan, chacun peut imaginer la catastrophe.

L’équipe municipale n’ayant pas été élue sur ce projet, j’appelle à la mise en place d’un référendum d’initiative locale permettant aux électeurs, de décider de la mise en œuvre ou non d’un projet conformément aux articles LO1112-1 et suivants du code des collectivités territoriales. Ce référendum est ouvert à toutes les collectivités territoriales depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 (art. 72-1 al. 2 de la Constitution). L’affaire est trop importante pour être décidée par un seul !« 

Jean-Benoît Saint-Cricq

Sur son site Internet (http://www.jbsaintcricq.fr) et sur sa page facebook, l’élu biarrot appelle à signer une pétition. L’occasion ou jamais de montrer au maire que même en août les citoyens restent vigilants.

Un feu d’artifice qui ne s’imposait pas

Juste avant que la police municipale, après concertation avec le maire, décide de ne pas exercer son droit de retrait, Jean-Benoît Saint-Cricq avait fait parvenir à Bisque, bisque, Basque ! son point de vue sur ce discutable feu d’artifice prévu le 15 août.

 » Le 9 août au soir le maire a convoqué les élus de l’opposition pour leur faire part de sa décision de maintenir le feu d’artifice du 15 août et il nous a donné les détails du dispositif. Le choix du maintien d’une telle manifestation est difficile. Il y aura beaucoup de monde et des familles avec des enfants. Dans le contexte actuel cette manifestation ne s’imposait pas. Les autorités ont considéré que la manifestation pouvait être maintenue, mais c’était avec la participation des effectifs de la Police Municipale. Si celle-ci fait défaut, tout doit être remis en cause.

Pour ma part, je considère que la position des fonctionnaires est légitime. Je suis favorable à l’armement de notre Police Municipale qui aurait dû être mis en œuvre dès le début de l’état d’urgence. Pour le 15 août ce sera trop tard, compte tenu des délais de formation. Mardi soir lors de la réunion des élus j’ai proposé que nos policiers, lorsqu’ils seront armés, soient munis d’une caméra vidéo enregistrant leurs interventions pour les mettre à l’abri de débordements.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que tout se passe bien. « 

Ne pas confondre « se goberger » et « buller »

Piéton 11 aoûtUn très grand merci à Sud Ouest du 11 août pour cet éclat de rire matinal à la lecture du piéton. La rédaction, qui doit avoir sur son bureau un téléphone rouge directement relié à la mairie, précise en effet que « les privilégiés du 15 août » ne se gobergeront pas aux frais de la princesse Veunac, n’en déplaise à « ceux qui ironisent », mais se contenteront, plus modestement, « de quelques bulles » de champagne en compagnie de la délicieuse Nathalie Kosciusko-Morizet.

Bisque, bisque, Basque !, qui n’a pas les moyens de s’offrir un téléphone rouge et doit se contenter d’une boule de cristal, ne s’est donc pas trompé en écrivant que  « les élites se prélasseront à l’Hôtel du Palais pour assister au spectacle, avec comme seul risque de prendre dans la figure un bouchon de champagne trop violemment manipulé. »

Puisque Michel Veunac est convaincu qu’il n’y a aucun risque le 15 août au soir, pourquoi ne donnerait-il pas l’exemple en s’installant sur la grande plage au milieu de la foule au lieu de se planquer dans son bunker, coupe de champagne à la main ?

Une nouvelle salve de Domège

Brisson DomègeFrédéric Domège, après les réactions de Max Brisson et Colette Capdevielle, nous fait parvenir son point de vue sur le maintien du feu d’artifice du 15 août. Comme il le note fort justement « les décideurs figurent rarement au rang des victimes ».

« S’il est un débat qui ne doit pas s’embarrasser de polémique politicienne, partisane ou électoraliste, c’est bien celui du feu d’artifice du 15 août. Il y a quelques jours, j’ai souhaité initier le débat sur l’opportunité de son maintien, parce qu’en cette période de prolongation de l’état d’urgence, il me semblait opportun. Certains m’ont fait le reproche d’avoir voulu faire  » un coup politique  » alors qu’il s’agissait pour moi d’un cas de conscience. Pouvons-nous en cette période de  » sale guerre « , jouer à la roulette russe avec la vie des autres, espérer en se bouchant les oreilles que tout se passe bien. Ma conscience d’élu, de citoyen, de père de famille m’interpellait.

D’ailleurs les décideurs figurent rarement au rang des victimes.
Certes, il est de la responsabilité du préfet, et du ministère de l’intérieur d’assurer la sécurité de l’événement et je ne partage absolument pas le point de vue qui consiste à dire que cela ne regarde pas les élus, à fortiori le maire. C’est au maire de Biarritz d’assurer la sécurité des Biarrots en premier chef. C’est lui qui en est comptable. N’est-il pas de ce point de vue, officier de police judiciaire dans le cadre de ses pouvoirs déconcentrés ?

En ce qui concerne le communiqué de la police municipale, je le prends exactement comme ma lettre ouverte au maire d’il y a une dizaine de jours, c’est à dire, ouvrir un débat légitime et nécessaire. Ce sont des professionnels, et je leur reconnais le droit, de dire si les moyens mis à leur disposition sont à même de leur permettre d’assurer la mission qui leur est donnée. On ne peut pas me taxer d’une quelconque sympathie à l’égard des syndicats, mais autant la grève d’Air France m’a hérissé le poil, autant l’alerte lancée aujourd’hui par la police municipale doit être prise au sérieux et entendue car elle est légitime. »

Frédéric DOMÈGE

15 août : Max Brisson prend position

Peu après la publication de « La police municipale en pétard », nous avons reçu ce texte de Max Brisson :

Brisson 22« Je suis favorable au développement des effectifs, à une formation accrue et à l’armement de notre police municipale dans les conditions prévues par la Loi et bien entendu dans le cadre des autorisations données par le préfet. J’ai la même position pour le développement d’un système de vidéo-surveillance et je souhaite que celui-ci soit, au moins l’été, relié à un poste de commandement permanent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je me réjouis d’ailleurs qu’un ancien journaliste du Canard soit désormais sur cette position.

Pour la soirée du 15, comme d’ailleurs pour les marchés nocturnes, je dis fermement que dans notre pays, c’est à l’ÉTAT, et donc au gouvernement, à l’armée et aux forces de police et de gendarmerie, placées sous ses ordres, de protéger les citoyens face à toute menace terroriste. Celles-ci sont en effet la conséquence de la guerre, que j’approuve, et que nous menons face à l’islamisme radical et à son État autoproclamé. Ce qui signifie conséquemment que c’est à ce même État, et en particulier au représentant du gouvernement dans le département, à savoir Monsieur le Préfet, d’évaluer le risque. Lui seul peut le faire (et non le Maire) en fonction des renseignements qui lui sont donnés par les services compétents de contrespionnage (DGSRI). C’est aussi à lui d’évaluer, en fonction de la réalité du risque, les moyens de sécurité mis en œuvre par ses propres services et la Ville pour autoriser ou interdire une manifestation. Ainsi fonctionne l’État, ou du moins fonctionnait-il voilà peu encore, avant que son affaiblissement ne conduise à laisser aux pouvoirs locaux des responsabilités qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer et dont on peut se demander s’il est d’ailleurs souhaitable qu’ils les exercent. Lorsqu’une organisation syndicale, censée défendre les intérêts catégoriels de ses mandants, s’estime en capacité de porter un jugement sur la sécurité publique face à la menace terroriste, c’est que plus rien ne tient dans notre République. Et s’il s’agit d’obtenir des moyens supplémentaires que je demande aussi, c’est que la conception du syndicalisme a aussi fichu le camp dans notre pays. »

Max BRISSON

La réponse de Bisque, bisque, Basque :

Merci à vous d’avoir réagi aussi vite sur un sujet où il est vital de débattre et de ne pas faire comme si la menace d’attentats terroristes n’était qu’une vue de l’esprit. Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous écrivez. La hiérarchie que vous évoquez ne fait aucun doute, avec l’État comme premier responsable de la sécurité des citoyens, et le préfet pour prendre des décisions avant le maire. Mais il me semble que chacun a une vision liée à sa fonction et que la connaissance d’une ville par un maire est aussi irremplaçable que les décisions du ministre de l’Intérieur. Michel Veunac connait certainement mieux Biarritz que Bernard Cazeneuve. Vous avez eu la courtoisie de me préciser votre pensée par téléphone, en estimant que « le gouvernement ne prend pas ses responsabilités et que les décisions, comme celle d’interdire des rassemblements de plus de 10 000 personnes devraient être les mêmes de Dunkerque à Perpignan ». Je ne peux qu’être d’accord.

En revanche, je vous trouve bien sévère avec le syndicat des policiers municipaux. Qui en dehors d’une organisation syndicale peut porter à la connaissance du public de telles informations ? Pour ma part, sans doute parce que je suis un ancien syndicaliste, j’approuve complètement cette démarche.

Enfin, et je le conçois aisément, vous soulignez combien ma position peut être surprenante pour un ancien du Canard enchaîné, journal de tradition libertaire. L’hypothèse d’un ramollissement cérébral n’est pas tout à fait à exclure. Autre possibilité, face aux événements tragiques que nous vivons et qui m’ont beaucoup touché puisque j’ai perdu des amis, le sentiment que plus que jamais nous avons l’obligation d’aller vers l’autre, de nous comprendre, de nous montrer fermes et déterminés et ne pas faire preuve d’angélisme. Et dans cette situation, les politiques, comme les policiers ou les journalistes ont un rôle important à jouer.

Les suggestions de Colette Capdevielle

capdeviellePeu avant les fêtes de Bayonne, la députée socialiste Colette Capdevielle estimait que le conseil municipal aurait dû se réunir. Après un exposé des menaces connues et des mesures de protection prises, chaque conseiller municipal aurait voté à bulletin secret pour donner son avis sur l’annulation ou le maintien de ces fêtes. Avec le sens pratique qui la caractérise, la députée socialiste a adressé un SMS à Bisque, bisque, Basque !, après l’article sur la police municipale biarrote et les mesures de sécurité à prendre : « La ville de Bayonne a installé quatre-vingt-dix plots de béton à toutes les entrées de la ville, tous impossibles à franchir sauf à s’y écraser dessus (…) Bayonne et Biarritz étant dans la même agglomération , il me paraît assez logique de mutualiser ces plots entre communes voisines ».

Voilà déjà qui est autrement plus convaincant que les prières de Veunac en l’église Sainte-Eugénie, pour que tout se passe bien le 15 août.