15 août : Max Brisson prend position

Peu après la publication de « La police municipale en pétard », nous avons reçu ce texte de Max Brisson :

Brisson 22« Je suis favorable au développement des effectifs, à une formation accrue et à l’armement de notre police municipale dans les conditions prévues par la Loi et bien entendu dans le cadre des autorisations données par le préfet. J’ai la même position pour le développement d’un système de vidéo-surveillance et je souhaite que celui-ci soit, au moins l’été, relié à un poste de commandement permanent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je me réjouis d’ailleurs qu’un ancien journaliste du Canard soit désormais sur cette position.

Pour la soirée du 15, comme d’ailleurs pour les marchés nocturnes, je dis fermement que dans notre pays, c’est à l’ÉTAT, et donc au gouvernement, à l’armée et aux forces de police et de gendarmerie, placées sous ses ordres, de protéger les citoyens face à toute menace terroriste. Celles-ci sont en effet la conséquence de la guerre, que j’approuve, et que nous menons face à l’islamisme radical et à son État autoproclamé. Ce qui signifie conséquemment que c’est à ce même État, et en particulier au représentant du gouvernement dans le département, à savoir Monsieur le Préfet, d’évaluer le risque. Lui seul peut le faire (et non le Maire) en fonction des renseignements qui lui sont donnés par les services compétents de contrespionnage (DGSRI). C’est aussi à lui d’évaluer, en fonction de la réalité du risque, les moyens de sécurité mis en œuvre par ses propres services et la Ville pour autoriser ou interdire une manifestation. Ainsi fonctionne l’État, ou du moins fonctionnait-il voilà peu encore, avant que son affaiblissement ne conduise à laisser aux pouvoirs locaux des responsabilités qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer et dont on peut se demander s’il est d’ailleurs souhaitable qu’ils les exercent. Lorsqu’une organisation syndicale, censée défendre les intérêts catégoriels de ses mandants, s’estime en capacité de porter un jugement sur la sécurité publique face à la menace terroriste, c’est que plus rien ne tient dans notre République. Et s’il s’agit d’obtenir des moyens supplémentaires que je demande aussi, c’est que la conception du syndicalisme a aussi fichu le camp dans notre pays. »

Max BRISSON

La réponse de Bisque, bisque, Basque :

Merci à vous d’avoir réagi aussi vite sur un sujet où il est vital de débattre et de ne pas faire comme si la menace d’attentats terroristes n’était qu’une vue de l’esprit. Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous écrivez. La hiérarchie que vous évoquez ne fait aucun doute, avec l’État comme premier responsable de la sécurité des citoyens, et le préfet pour prendre des décisions avant le maire. Mais il me semble que chacun a une vision liée à sa fonction et que la connaissance d’une ville par un maire est aussi irremplaçable que les décisions du ministre de l’Intérieur. Michel Veunac connait certainement mieux Biarritz que Bernard Cazeneuve. Vous avez eu la courtoisie de me préciser votre pensée par téléphone, en estimant que « le gouvernement ne prend pas ses responsabilités et que les décisions, comme celle d’interdire des rassemblements de plus de 10 000 personnes devraient être les mêmes de Dunkerque à Perpignan ». Je ne peux qu’être d’accord.

En revanche, je vous trouve bien sévère avec le syndicat des policiers municipaux. Qui en dehors d’une organisation syndicale peut porter à la connaissance du public de telles informations ? Pour ma part, sans doute parce que je suis un ancien syndicaliste, j’approuve complètement cette démarche.

Enfin, et je le conçois aisément, vous soulignez combien ma position peut être surprenante pour un ancien du Canard enchaîné, journal de tradition libertaire. L’hypothèse d’un ramollissement cérébral n’est pas tout à fait à exclure. Autre possibilité, face aux événements tragiques que nous vivons et qui m’ont beaucoup touché puisque j’ai perdu des amis, le sentiment que plus que jamais nous avons l’obligation d’aller vers l’autre, de nous comprendre, de nous montrer fermes et déterminés et ne pas faire preuve d’angélisme. Et dans cette situation, les politiques, comme les policiers ou les journalistes ont un rôle important à jouer.

Les suggestions de Colette Capdevielle

capdeviellePeu avant les fêtes de Bayonne, la députée socialiste Colette Capdevielle estimait que le conseil municipal aurait dû se réunir. Après un exposé des menaces connues et des mesures de protection prises, chaque conseiller municipal aurait voté à bulletin secret pour donner son avis sur l’annulation ou le maintien de ces fêtes. Avec le sens pratique qui la caractérise, la députée socialiste a adressé un SMS à Bisque, bisque, Basque !, après l’article sur la police municipale biarrote et les mesures de sécurité à prendre : « La ville de Bayonne a installé quatre-vingt-dix plots de béton à toutes les entrées de la ville, tous impossibles à franchir sauf à s’y écraser dessus (…) Bayonne et Biarritz étant dans la même agglomération , il me paraît assez logique de mutualiser ces plots entre communes voisines ».

Voilà déjà qui est autrement plus convaincant que les prières de Veunac en l’église Sainte-Eugénie, pour que tout se passe bien le 15 août.

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