Hôtel du Palais : oui, mais en partenariat

Max Brisson, comme Jean-Benoît Saint-Cricq, pense que le cautionnement d’un emprunt de 50 millions d’euros par la seule SOCOMIX est trop risqué. Pour lui la Ville doit s’adosser à un partenaire majeur comme la Caisse des Dépôts et Consignations.

Max Brisson avait réagi sur sa page Facebook, dès le 9 août, à propos de L’Hôtel du Palais. Il reprend son point de vue pour Bisque, Bisque, Basque !

« Cet été, l’hôtel du Palais réalise une bonne saison. C’est une excellente nouvelle. La municipalité, entend, on le sait, lier l’avenir de notre palace, le seul de la côte atlantique, au groupe canadien Four Seasons, qui a proposé le meilleur droit d’entrée (7 millions). En fait, la SOCOMIX, dont Biarritz est l’actionnaire majoritaire, resterait détentrice du fonds de commerce et serait responsable de la gestion et du personnel, la Ville demeurerait propriétaire des murs et Four Seasons prendrait en charge la commercialisation, le plan marketing et la politique clientèle.

Ce partage des tâches me convient. Je l’avais proposé en 2014. Je le soutiens car Il ne tourne pas le dos à l’histoire, qui fait du Palais un élément majeur de notre patrimoine et un outil de notre politique touristique, mais il ouvre un nouveau cycle qui ne pourra s’écrire qu’au travers de clientèles de plus en plus internationales quant à leurs origines et mondialisées dans leur mode de consommation.

Reste l’investissement nécessaire pour changer de dimension et son portage. Les différents groupes en compétition l’ont estimé entre 35 et 50 millions d’euros. C’est ce dernier chiffre qui a été retenu pour ouvrir la période de négociations exclusives dans laquelle nous sommes entrés avec Four Seasons. Les travaux seraient réalisés en deux hivers. Un pool bancaire est déjà prêt à fournir les sommes. Qui peut souscrire cet emprunt ? Voilà une des questions majeures qui se pose, parmi beaucoup d’autres, juridiques, économiques ou de gouvernance pour lesquelles la Ville et l’hôtel sont assistés par trois cabinets spécialisés.

La souscription par la seule SOCOMIX, avec caution exclusive de la Ville, me semble risquée, je n’y suis donc pas favorable. Pour moi, le portage de l’emprunt doit être collectif et donc réalisé au travers d’une société dédiée dans laquelle la SOCOMIX entrerait, associée à une institution majeure, comme la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC)  et des partenaires privés comme des banques. La prise de risque -l’augmentation du chiffre d’affaire de 50% n’est pas acquise – doit en effet être partagée. Elle ne peut être portée par les seuls Biarrots. La nouvelle municipalité a d’ailleurs cherché, dès son arrivée, à élargir le capital de Biarritz-Océan, raison de plus pour ne pas partir seul dans ce projet ambitieux, mais risqué, de construction d’un nouvel avenir pour le Palais.  De même, un autre tour de table, ne remettant pas en cause la majorité des parts acquise à la Ville, me semble nécessaire dans la constitution du capital de la SOCOMIX, société gestionnaire. Celui-ci doit s’ouvrir à des partenaires privés, en particulier ceux qui nous accompagneront dans la réalisation de l’investissement.

Bref, dans ce projet majeur pour Biarritz et son économie touristique, nous ne devons surtout pas être seuls. »

Max Brisson

5 réflexions sur “Hôtel du Palais : oui, mais en partenariat

  1. Cher Max,

    Tes réserves sur le montage prévu par le maire me semblent tout à fait fondées. Le risque semble considérable, surtout au regard des emprunts colossaux et des objectifs extrêmement ambitieux qu’il faudrait atteindre pour équilibrer les comptes. A l’heure actuelle, avec un Chiffre d’affaires de 20 M€ la SOCOMIX qui gère cet hôtel ne parvient à équilibrer ses comptes que grâce à une quasi absence de loyer pour la location des murs et du fonds de commerce. Emprunter 45 M€ sur 10 ans suppose des remboursements annuels de 5 M€. De plus le groupe FOUR SEASONS va nécessairement prélever un pourcentage sur le chiffre d’affaires. Autant dire que si l’augmentation de 50% du chiffre n’est pas au rendez-vous, ce sera le dépôt de bilan. Je comprends donc tes craintes.

    Par contre, invoquer la nécessité d’un « Partenariat » me paraît, à l’heure actuelle, prématuré.

    D’une part, le maire ne nous a pas fait part d’un tel projet et semble décidé à suivre son idée quelques soient nos objections. Il est donc urgent de réagir et d’alerter nos concitoyens.

    D’autre part, je crains que ta solution de « portage collectif de l’emprunt réalisé au travers d’une société dédiée dans laquelle la SOCOMIX entrerait, associée à une institution majeure, comme la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC)  et des partenaires privés comme des banques » soit irréalisable.

    Précisons le contexte :

    Biarritz est propriétaire en direct des murs et du fonds de commerce. Depuis 1956 notre ville a donné à bail le fonds de commerce à la Société d’économie mixte SOCOMIX moyennant un loyer fixé proportionnellement aux… bénéfices (quand il y en a) ! Ce sont des facilités exceptionnelles pour l’exploitant que la Chambre Régionale de la Cour des Comptes n’a pas manqué de stigmatiser dans son rapport de 2013 en les considérant comme anormales.

    Cet hôtel vaut à tout le moins 200 M€ murs et fonds. Avec un rendement de 2% n’importe quel investisseur serait en droit d’attendre un rendement de 2% l’an, soit 4 M€ minimum. Or avec le montage actuel le loyer servi pour l’exercice clôturé en 2015 a été de 98.377,00 € HT ! (un loyer équivalent à la location de deux villas) !

    C’est dire que cet établissement est largement subventionné car on peut dire que la ville lui fait quasiment « cadeau » du loyer.

    Avec si peu de charges, l’exercice 2015 s’est clôturé par un résultat de seulement 39.600 € !

    De tels résultats justifient amplement tes craintes. Avec un loyer normal nous aurions connu 1,9 M€ de pertes.

    Nous savons désormais, grâce à Four Seasons, que pour être dans le coup, cet hôtel a besoin de 50 M€ d’investissements.

    La seule chose qui intéresse les banques et les investisseurs, ce sont les garanties immobilières et certainement pas un fonds de commerce aux résultats si modestes.

    La SOCOMIX n’est que locataire gérante et, à ce titre n’a quasiment pas d’actif puisque les murs et le fonds appartiennent à la Ville. L’entrée de la SOCOMIX au capital d’une société n’apporterait donc rien.

    Si des investisseurs sont intéressés, ce sera par l’immeuble lui même et là, nous ne sommes plus d’accord et, à mon avis les Biarrots non plus.

    Certes, l’objectif poursuivi par notre maire, et révélé dans son communiqué du 8 avril dernier, me paraît difficile à réaliser, savoir :

    – La Ville de Biarritz et la SOCOMIX restent propriétaires des murs et du fond de commerce
    dont FOUR SEASONS assurera la gestion au quotidien,
    – Conserver et pérenniser le positionnement « Palace » de l’établissement.
    – Maintenir son ouverture à l’année,
    – Maintenir les droits détenus par le personnel de l’Hôtel du Palais.

    Pour que la ville conserve la propriété des murs et du fonds, il faut qu’elle emprunte en tant que propriétaire les 45 ou 50 M€ évoqués précédemment.

    Mais, il ne faut pas se leurrer, si nous recourrons à un « Partenariat » tel que celui que tu envisages, autant dire que nous n’aurons plus la propriété des murs car n’importe quel investisseur voudra des garanties hypothécaires. Constituer une SCI revient à déposséder la ville des murs de l’hôtel.

    La seule piste réaliste consiste à conserver les murs de l’hôtel et à rechercher un groupe susceptible d’acquérir le fonds de commerce. En échange cet hôtelier nous servira un loyer conforme au prix du marché. La négociation permettrait de transférer la charge de la mise aux normes sur ce locataire.

    C’est seulement une question de négociation du bail commercial.

    Toutes ces modalités doivent être soumises à l’approbation de nos citoyens car il s’agit d’un patrimoine commun. Une bonne négociation peut remettre la ville à flots. Une mauvaise négociation peut nous précipiter dans un gouffre. Voilà pourquoi j’appelle à un référendum.

    • Cher Monsieur,

      Le biarrot et contribuable que je suis partage avec vous un certain nombre de constats :
      – le caractère atypique voire anormal de l’équilibre financier actuel qui ne tient que par une indexation du loyer tout à fait dérogatoire;
      – le taux d’augmentation du CA particulièrement ambitieux, pour ne pas dire optimiste en ces temps incertains pour l’hôtellerie de luxe, de l’actuel prétendant FS ;
      – la nécessité que l’HDP ait les moyens que se développer de jouer un rôle de locomotive du tourisme en Pays basque.

      Pour autant :
      – comme votre collègue Max Brisson, vous évacuez la question d’une vente des murs, qui en tant que Biarrot et après réflexion, relève dans l’inconscient nourri par les municipalités qui se sont succédées d’une représentation fantasmagorique assimilant les Biarrots à cet édifice remarquable. Avec un peu de distance, vous conviendrait que cette logique conduirait alors à ce que la Ville se porte acquéreur du Régina par exemple, autre édifice à vocation principalement hôtelière et non moins remarquable. Ce n’est pourtant pas réaliste. Pas plus que la Ville de Paris ne possède ni le Crillon, ni le Meurice, ni le Plazza Athénée, ni etc….

      Or, analysé posément, si la détention par le Ville a pu, à une certaine époque, conduire à sauvegarder l’édifice, force est de constater qu’une ville de 26.000 hbts n’a pas les moyens d’assurer le développement à un niveau très concurrentiel de Palace d’un tel hôtel, sauf à mettre en péril ses finances déjà fortement obérées par l’entêtement mortifère de l’actuel maire à ne pas réorienter la Cité de l’Océan en Musée d’art créateur de revenu comme partout ailleurs (autre dossier).

      Précision : si les résultats espérés par l’exploitant FS n’étaient pas au rdv, l’endettement de la ville propriétaire de l’HDP qui en découlerait imposerait une augmentation très importante des impôts locaux alimentant alors le départ de Btz des classes moyennes. Sociologiquement ce serait un bouleversement considérable et néfaste pour l’équilibre de Biarritz.

      La vente d’un fonds de commerce incluant mobiliers, matériels, outillages, clientèle, droit au bail , nom commercial, enseigne, etc, appelle des doutes sérieux sur sa valorisation. A titre personnel, je serais, en tant que Biarrot, plus opposé à la vente de pièces de mobiliers rares, composant un ensemble unique, acquis par la Ville au fil du temps et susceptibles dès lors d’être dispersés. En revanche, la vente des murs d’un édifice classé aux Monuments Historiques préserverait son entretien, sa destination et in fine sa pérennité.
      Pour quelle raison ce qui se fait partout ailleurs dans le monde en matière d’hôtellerie de grand luxe serait-il ici à Biarritz dangereux, non pertinent et attentatoire aux intérêts des habitants ? Bien entendu, une consultation des Biarrots s’impose qu’il y ait cession des murs (peu risquée) ou emprunt cautionné par la Ville (bien plus risqué).

      Conserver les murs aujourd’hui, c’est encourager une fuite en avant, toujours plus d’emprunt, plus de risques pour les seul contribuables biarrots déjà fortement ponctionnés, pour espérer rester dans une course à l’innovation laquelle par construction est perdue d’avance pour une collectivité locale, a fortiori de taille modeste comme Btz.
      Le courage en politique devrait conduire à dire aux Biarrots que le modèle économique actuel de l’hôtellerie de luxe ne permet pas de vivre avec des schémas obsolètes.

      • Voilà un point de vue, cher Biarritz Observateur, que je partage totalement. À l’évidence, la ville de Biarritz n’a pas les moyens d’entretenir un bâtiment comme l’Hôtel du Palais et doit le vendre. En plus quand on parle d’une sorte d’héritage des Biarrots, on se moque vraiment du monde. L’Hôtel du Palais depuis les débuts du règne de Dider Borotra a toujours été une machine à corrompre. Rappelez-vous que le rapport de la Cour des comptes relevait 200 000 euros par an de factures non nominatives émises par la mairie en direction de l’Hôtel du Palais. Borotra invitait le directeur de Sud Ouest pour avoir la paix et des politiques de niveau national pour se donner du lustre. Mais les Biarrots dans tout cela?

  2. Dans votre article nous avons l’impression que MB cautionne dés le départ le probleme dont JBSC nous informe .Il est à l’origine de cette information
    MB n’est pas capable de lever ce type d’informations , il gesticule en voulant être toujours dans le train : il suffit de lire son texte long et vide qui n’est pas réfléchi
    Écrire et blabloter pour exister
    Aimant bcp vos rubriques et vos analyse veuillez à ce que la paternité des épisodes qui vont suivre soient respecter
    Bien à vous

    • Désolé, cher lecteur, mais je suis en désaccord total avec vous.
      Quand un membre majeur de l’opposition pense que le maire se trompe et l’écrit, la base du journalisme, c’est de publier son point de vue sans y toucher. Libre à vous, ensuite, de penser qu’il « blablote » (Je suppose que vous avez voulu dire « blablate »)
      Par ailleurs, je le répète encore une fois, ce blog est libre et gratuit et nul n’a la moindre obligation de me lire. Alors, personne ne peut se sentir autorisé à me dire ce que je dois écrire, ou pire encore penser.
      Bien amicalement.

      Jean-Yves Viollier

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