Grand flou sur l’Hôtel du Palais

Jean-Benoît Saint-Cricq tient à alerter les Biarrots sur l’inconscience et la légèreté dont fait preuve l’équipe dirigeante à propos de l’Hôtel du Palais : en envisageant de signer un bail emphytéotique avec la Socomix, la Ville se dépossède de fait de la propriété des murs et du fonds pour une durée qui peut aller jusqu’à 99 ans. Voici le texte complet de son intervention, mardi soir, au conseil municipal.

(Le titre et les intertitres sont de la rédaction)

Monsieur le Maire, mes Chers Collègues,

Le rapport de la SOCOMIX que vous nous soumettez comme chaque année, revêt, ce soir un intérêt particulier, au vu des projets qui sont les vôtres pour l’Hôtel du Palais et dont vous avez bien voulu nous dévoiler quelques éléments nouveaux lors de la Commission Générale d’hier soir.

Nous vous avons écouté avec intérêt sur les raisons qui vous ont conduit à faire certains choix : chiffre d’affaires stagnant, bénéfices modestes, manque de puissance commerciale, statut de Palace menacé et travaux importants à réaliser.

Le fait est que les résultats de cet hôtel sont modestes. L’an passé le bénéfice était de seulement de 39 000 € et cette année de 348 000 € mais grâce à une part de subvention de 151 000 € virée au résultat et à une provision pour risque de 88 000 € qui ont entraîné un résultat exceptionnel.

Effectivement, il n’y a pas de quoi pavoiser si l’on considère la situation exceptionnellement favorable de la SOCOMIX qui bénéficie de la part de la collectivité d’une quasi absence de loyer en regard de la valeur locative du bâtiment et de son fonds de commerce. Cette question a déjà été stigmatisée par la Chambre Régionale qui s’est émue de loyer basé uniquement sur les bénéfices, lorsqu’il y en a !

Dans de telles conditions, autant dire que cet hôtel est subventionné par nos impôts puisque la Ville ne prend pas les loyers qu’elle devrait exiger. Les Biarrots sont sûrement ravis de financer une partie des séjours de la clientèle modeste de cet hôtel ! C’est une situation qui dure depuis la création de la SOCOMIX et voilà bien un singulier montage Biarrot.

Tous les risques pour la SOCOMIX

Nous sommes tous d’accord pour considérer que quelque chose doit être entrepris et que la situation est complexe. Pour ma part, au vu des quelques éléments que vous avez bien voulu nous donner en avril, je me suis inquiété au regard de l’ampleur des investissements que vous nous avez annoncés. En effet, vous nous avez indiqué que le groupe Four Seasons que vous avez choisi exigeait de la part de son partenaire un investissement à hauteur de 50 millions d’euros, ce qui est considérable. Vos modestes explications ne permettaient pas d’appréhender la totalité du montage.

Ce que nous avons bien compris, c’est que Four Seasons laisserait la SOCOMIX que vous présidez gérer l’établissement et se contenterait par une sorte de contrat de franchise de concéder sa marque et sa clientèle moyennant redevance, en encadrant le fonctionnement de l’hôtel. Toutefois, toute la responsabilité de la gestion demeurera entièrement à la SOCOMIX qui prendra tous les risques financiers. S’agissant d’une société d’économie mixte détenue à 67 % par Biarritz, le risque apparaît grand de voir une telle entreprise, aux résultats aussi modestes, plombée d’une dette déjà conséquente de 10 millions d’euros s’embarquer dans des emprunts à hauteur de 50 millions d’euros.

Aussi, compte tenu du planning des opérations que vous aviez annoncé ai-je lancé sur Internet une pétition afin d’alerter la population. Je ne souhaitais pas que nous soyons placés devant le fait accompli et que cette affaire soit traitée à la hussarde au regard des enjeux et des risques courus par la collectivité. Loin de chercher la polémique et de me livrer à un procès d’intention, je souhaite, au contraire, qu’un débat aussi large que possible ait lieu sur ce sujet. Toutefois, vos explications, assez incomplètes, ne nous ont pas rassurés, loin de là.

Vous avez répété tout au long des derniers mois que vous aviez quatre objectifs:

– Conserver à la ville de Biarritz la propriété des murs et du fonds de commerce ;

– Maintenir le statut de Palace ;

– Maintenir une ouverture à l’année ;

– Maintenir les droits du personnel ;

Ces objectifs sont louables et nous y souscrivons.

Par contre, ce que vous nous avez révélé hier soir s’éloigne singulièrement de cet objectif en ce qui concerne la propriété des murs et du fonds de commerce.

Une dépossession de la Ville pour 99 ans

Vous nous avez dévoilé votre intention d’apporter le fonds à la SOCOMIX. Bien que cette société soit détenue majoritairement par la Ville, elle compte des actionnaires privés et on ne peut donc plus dire que le fonds de commerce demeurera propriété exclusive de la ville comme vous osez l’indiquer dans la presse et sur le rapport de synthèse du conseil municipal de ce soir.

Concernant les murs, c’est la même chose puisque vous envisagez de concéder ceux-ci par un bail emphytéotique à la même SOCOMIX. Tout ceci n’est pas très rassurant car il s’agit d’une dépossession de notre ville. Le bail emphytéotique confère quasiment des droits de propriétaire au preneur. Il s’agit d’un droit réel immobilier et le bailleur qui n’a plus un seul mot à dire, ne retrouve son bien qu’au bout de 99 ans. Autant dire que l’hôtel n’appartiendra plus à la Ville. Bien sûr, ce montage va permettre aux banques et aux investisseurs que vous allez rechercher d’inscrire des hypothèques sur l’hôtel.

Ceci signifie que le patrimoine biarrot va être amputé au profit de la SOCOMIX qui va lourdement s’endetter. Avec quelques 10 millions d’euros de dettes actuelles, elle se retrouvera avec 60 millions d’euros d’endettement. Ces énormes investissements vont peser très lourdement sur sa trésorerie et il faudra que le succès soit au rendez-vous avec Four Seasons, sinon ce sera le dépôt de bilan.

Pour l’heure, nous attendons votre « business plan » ou prévisionnel mettant en évidence l’augmentation de 50 % du chiffre d’affaires que vous espérez tant pour équilibrer les comptes. Apparemment vous l’attendez, vous aussi, puisque les mouvements de personnel chez Four Seasons ont retardé de deux mois ces pièces indispensables. Vos interlocuteurs avaient disparu et on vous avait oublié.

Comprenez que nous soyons inquiets car vous aviez aussi des prévisionnels particulièrement optimistes pour la BIARRITZ Océan, prévoyant 550.000 visiteurs par an. Vous aviez aussi les meilleurs avocats du monde. Nous avons vu ce qu’il en était de ces belles affirmations. Nous avons aussi vu la grande braderie de la SOGICOBA lorsque vous avez bradé à ERILIA nos 650 logements sociaux pour 9 M€ de cash et 23 M€ de reprise de dettes, consacrant la perte de 90 Millions d’Euros d’actifs immobiliers acquis par notre ville en 50 ans.

De fait, si vous ne réussissez pas votre coup de Poker, l’hôtel du Palais n’honorera pas ses emprunts. Ce que les Biarrots redoutent et que vous prétendez éviter se réalisera. Ce sera la vente du fonds et peut-être celle des murs pour la durée restant à courir du bail. De plus, ayant choisi la voie du bail emphytéotique, vous n’aurez aucun moyen de contrôle du repreneur qui fera ce qu’il veut jusque dans 99 ans.

Entendons-nous bien, je ne dis pas que cette solution soit à repousser obligatoirement, je dis qu’un débat municipal doit avoir lieu sur le sujet car ces projets ne figuraient pas dans votre programme électoral.

Il existe en effet d’autre solutions.

Votre prédécesseur avait estimé qu’un plan pluriannuel d’investissement de 2 millions d’euros par an était suffisant pour maintenir le statu quo. Pour ma part j’aurais préféré que les choses continuent ainsi.

D’autres considèrent que la vente du fonds de commerce avec un bail commercial serait envisageable.

D’autres encore pensent à la vente de l’ensemble.

Des études engagées sans l’avis du conseil municipal

Mais ce que nous voyons, c’est que vous nous conduisez à marche forcée vers votre solution et, qu’au demeurant, vous avez déjà engagé les études préalables à cette solution en lançant des appels d’offres et en confiant à une foule d’intervenants des travaux sans la moindre autorisation de votre conseil municipal et sur la base des exigences de Four Seasons.

Nous serons donc extrêmement attentifs à la suite des opérations.

Pour finir et d’une façon plus générale, on peut s’interroger sur la vocation d’une collectivité locale à piloter un « Palace ». Une société d’économie mixte doit impérativement avoir un objet social d’intérêt public.

Les SEML revêtent la forme juridique d’une société anonyme, à savoir une société dont le capital est divisé en actions et qui est constituée entre des associés qui ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports. Elle doit comprendre sept associés minimum. Leur organisation et leur fonctionnement doivent être conformes au droit commun des sociétés tel que défini dans le code du commerce, étant précisé que les règles du code précité s’appliquent dans la limite des dispositions spécifiques aux SEML contenues pour l’essentiel dans le CGCT.

Le champ  d’intervention normal des SEML concerne les domaines suivants : aménagement, construction, exploitation de services publics à caractère industriel ou commercial (SPIC), activités d’intérêt général. Le principe de la liberté du commerce et de l’industrie a été consacré par les lois des 2-17 mars 1791 fait obstacle à la prise en charge d’activités industrielles et commerciales par les collectivités publiques.  La gestion d’un « Palace » semble quelque peu éloignée de l’intérêt public. De fait, la gestion de cet établissement, les modestes résultats que vous déplorez vous même et l’ampleur des travaux négligés depuis des années, démontrent amplement l’incapacité d’une mairie pour diriger efficacement un tel établissement.

Voilà pourquoi, avant d’engager une opération aussi coûteuse il convient d’ouvrir un débat municipal, de proposer différentes solutions aux Biarrots et de leur donner à choisir eux-mêmes ce qu’ils décident pour l’avenir de leur ville.

Jean-Benoît SAINT-CRICQ

Une nouvelle soirée tragico-comique

hotel-du-palais-003Un lecteur, sous le pseudo de « Biarritz Observateur » nous a envoyé un commentaire particulièrement intéressant en complément de notre article « Cancres un jour, cancres toujours ». Nous ne résistons pas au plaisir de publier son texte.

Iraty et un débat œcuménique …forcément puisqu’il s’agit de lancer de nouvelles études et concertation avec des réalisations…pour 2025-2030. « Voyons loin » pour ne pas dire tout ce que l’on ne fait pas aujourd’hui après une moitié de mandat ! Comique.

Sur l’Hôtel du Palais, entre les lignes rouges de l’un et les citations croquignolesques de l’autre, Biarritz reste bloquée aux années 50, comme l’a pertinemment fait remarquer Madame Darrigade à propos de Guy Petit et de son intuition « géniale » (Mieux vaudrait rechercher une solution architecturale pour le Victoria Surf de l’époque Guy Petit mais quand on n’arrive déjà pas à réorienter la Cité de l’Oh Néant…). Pourquoi ne pas remonter à Saint Martin ?

Preuve que l’aveuglement n’a pas de frontière politique, aucun n’ose demander la cession des murs comme cela se fait partout ailleurs dans le monde. Mais non, à Biarritz, ces Messieurs sont « responsables » avec l’argent du contribuable biarrot !
Allons donc pour un emprunt de 50 millions d’euros porté par la Socomix donc le contribuable, comme l’a expliqué Monsieur Saint-Cricq, avant d’être accusé de briser la confidentialité et de mettre en danger les négociations. Comme si Four Seasons se sentait menacé par un débat en Conseil municipal, quelle pantalonnade ! Michel Veunac se contredit d’ailleurs puisqu’il reconnait hier soir qu’il n’y a pas grand-chose à négocier dans ces contrats d’adhésion.

Veunac veut tout et ignore tout

Au résultat, Veunac veut tout, comme un enfant capricieux et ignorant de la réalité du secteur hôtelier après moult études payées à grand frais : un classement Palace, une ouverture à l’année (Saint-Jean-Cap Ferrat est fermé six mois par an alors qu’il appartient à des privés), garder la maitrise de la Ville sur le personnel (vit-on encore en économie administrée ? ou ne faut-il pas déplaire à quelques familles ?) et la rénovation ultra-luxe exigée par le futur marié (haut de fourchette de 50 millions en lieu et place de 35 millions semble-t-il avancés par les autres concurrents)….MAIS avec la garantie du contribuable biarrot, principalement, et …de la Caisse des Dépôts, la vieille dame du bon secours pour les causes difficiles.

Une mauvaise analyse qui conduit à faire porter les risques (non théoriques) aux Biarrots via la dette. Or avec un ratio de dix ans la dette de Biarritz est déjà colossale.
Monsieur Saint-Cricq a raison d’attirer l’attention avant que tout ne soit ficelé… Comme cela s’est passé avec la Cité de l’Océan et le PPP fiasco qu’on enseigne désormais aux étudiants en droit. La conjoncture géopolitique est très incertaine en Europe (cf le marasme de l’hôtellerie de luxe à Paris et sur la Côte d’Azur – 1 milliard d’euros de recettes en moins en 2016) …mais Biarritz et ses 26 000 âmes brillerait aux quatre coins du monde pour attirer toute l’année des clients ? Les prévisions très optimistes du futur marié, Four Seasons, ne seraient donc pas ou peu risquées ? Irréaliste.
Soit il faut descendre d’un cran vers un cinq étoiles, luxe, bien géré et rentable (ce que n’est pas l’Hôtel du Palais aujourd’hui et ce que ne propose pas Four Seasons qui veut un programme d’investissement colossal), soit il faut céder les murs avec garantie de la destination hôtelière du bâtiment, dont la vente servira en partie à financer la rénovation voulue par Four Seasons.

Cité de l’Oh Néant : 33 visiteurs en plus chaque jour

Quant à La cité de l’Oh Néant, l’information donnée par le maire est savoureuse : 1000 entrées supplémentaires (gratuites ou payantes ? en août 2016. Calcul fait : soit 33 entrées supplémentaires par jour …pour un investissement 2016 programmé de 1,140 millions. Tragique ! Qui peut supporter une telle gabegie ?

Enfin Aguilera : la grossière technique du flou, celle que préfère Veunac assortie de quelques saillies pontifiantes : Je vous fais une cote mal taillée à 250 logements maximum, entendons-nous, mais je vous refais les tennis. Ne me remerciez pas…On sent poindre le « respect » pour les Biarrots. Aucune assurance donnée sur l’esthétique de ces futurs bâtiments (il faut pourtant impérativement respecter le style néo-basque du quartier, les Biarrots sont excédés par l’expérimentation bétonnée) ni sur leur hauteur (R+ ?) et encore moins sur le devenir du terrain Bendern, auquel les biarrots tiennent plus que tout, autant pour sa valeur sportive, architecturale qu’historique (quel promoteur local, acheteur d’études passées, faut-il remercier ?)

En attendant, Biarritz perd des part de marché dans les congrès, ses principaux outils économiques deviennent obsolètes faute d’entretien régulier, ses rues et trottoirs sont d’un autre âge et le commerce biarrot n’est pas accompagné collectivement vers le haut de gamme (pas de charte qualité d’occupation du domaine public, pas de résolution des conteneurs enterrés dont certains pourrissent l’image de commerces devant lesquels ils sont placés, pas de végétalisation des grandes artères commerçantes grisées par la pierre de Chine ; pas de requalification du quartier Mazagran-Port-Vieux…). La « proximité » qui était l’engagement de campagne du tandem élu n’est vérifiée que lorsqu’il s’agit de ponction fiscale. Pour le reste, le vide et le localisme révèlent une cruelle absence de vision pour Biarritz. Tragique !

Biarritz Observateur

 

Cancres un jour, cancres toujours !

Michel Veunac n’a pas besoin de dire qu’il serre les fesses à l’idée d’emprunter 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais, ça se voit.

Les profs appellent cela le « syndrôme de septembre ». Même les derniers de la classe, au moment de reprendre le chemin de l’école après les vacances d’été, se veulent plein de bonnes résolutions. Malheureusement, l’illusion se dissipe très vite.  Lors du conseil municipal du 28 septembre, l’espoir a duré plus d’une heure. L’écolier Veunac semble soudain presque capable d’endosser le costume de maire de Biarritz, il est presque capable de dialoguer avec son opposition, presque capable de reconnaître ses erreurs. D’où un début de conseil de très bonne facture où les élus discutent de l’aménagement d’Iraty, « un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer » selon Veunac, tandis que Saint-Cricq approuve l’idée de construire un nouveau pont pour désengorger le quartier de la Négresse et que Brisson fait remarquer judicieusement qu’il existe « des mixités compliquées » et que la cohabitation entre logements sociaux et centres commerciaux ne se passe pas toujours au mieux.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Chassez le prêt-à-penser et il revient au galop ! Pour conclure le débat sur Iraty, Michel Veunac ne peut s’empêcher d’avoir une de ces phrases creuses qu’il affectionne tant car il a soudain l’illusion d’être devenu visionnaire et finirait presque par se croire maire : « C’est un grand projet pour la Ville. Ce sont d’autres qui le feront aboutir. Mais un élu se doit de voir près et de voir loin ». Heureusement, l’élève qui peut envisager la classe supérieure ressurgit lorsque Maïder Arostéguy lance le débat sur le projet Aguilera. Veunac fait preuve d’une désarmante franchise sur ses lambinages passés : « L’opération a connu un peu de mou (…) Aguilera est un plateau sportif. Nous allons requalifier les équipements sportifs existant et en rajouter (…) Dans les zones périphériques, on peut faire 250 logements sociaux » Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour le poumon vert de la Ville, mais le dialogue est là et un instant le doute nous taraude. Et si Veunac n’était finalement pas aussi catastrophique qu’on l’a imaginé ?

« Fanfaronner, ce n’est pas mon style » (sic)

Malheureusement au bout d’une heure et quatre minutes à peu près respectables, ressurgit le Veunac des phrases longues et des idées creuses. Sur la Cité de l’océan que tout le monde a vu déserte tout l’été, le cancre patenté se sent obligé d’en faire dix louches d’eau salée : « Je voudrais sans fanfaronner, car ce n’est pas vraiment mon style, vous dire que les derniers chiffres de Biarritz Océan montrent que le plan de redressement nous permet de progresser. » Quand on part de zéro, on ne peut effectivement qu’avoir de bonnes surprises !

Et l’on en arrive au gros morceau de la soirée avec cet emprunt de 50 millions d’euros qu’envisage de faire la SOCOMIX pour restaurer l’Hôtel du Palais et attirer le groupe hôtelier Four Seasons. Un peu comme si vous disiez à votre propriétaire pour l’appartement que vous lui louez : « Je suis prêt à vous verser 10 euros de loyer mensuel supplémentaire, si vous me faites cinq millions d’euros de travaux ». Une décision folle, quand on connaît l’endettement de la Ville et qui a été dénoncée dans ce blog par Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq.

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/13/hotel-du-palais-oui-mais-en-partenariat/

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/12/saint-cricq-debusque-un-nouveau-lievre/

Tandis que Jean-Benoît Saint-Cricq explique les risques que prend la Ville, « La Socomix, voilà bien un singulier montage biarrot ! » et demande « un débat aussi large que possible », Max Brisson parle de « deux lignes rouges à ne pas franchir », « La vente du fonds, c’est une solution économique mais pas politique, car les risques que cela entraînerait, y compris pour le personnel pourraient être nombreux, tandis que l’autre ligne rouge, c’est « La Socomix et le partage du risque ». Frédéric Domège approuve : « La Ville doit rester propriétaire et les Biarrots sont très fiers de leur navire amiral », tandis que Bénédicte Darrigade se montre beaucoup plus nuancée : « Le volet financier m’inquiète. Vous prenez des risques majeurs et inconsidérés. Certains de nos concitoyens seraient prêts à abandonner le label Palace. »

Micro coupé façon Borotra

Et que fait l’élève médiocre ceint de tricolore pendant ce temps ? Il coupe le micro à Jean-Benoît Saint-Cricq, retrouvant les réflexes du tyran Borotra, avec cette vieille ficelle : « Vous vous appropriez la parole des Biarrots ! », la joue cachottier « Je suis au cœur d’une négociation, je ne veux pas la voir sur la place publique ! » avant d’avoir ce double aveu qui en dit long sur l’imagination du duo Veunac-Lafite : « Soixante ans plus tard, l’intuition géniale de Guy Petit, je vais la poursuivre ». Veunac menant en 2016 une politique des années cinquante, voilà qui est rassurant, avant de répondre plus spécifiquement à Bénédicte Darrigade : « Ces inquiétudes, je les entends, je les comprends, je les partage ! » Pas de doute possible, si même Veunac ne sait pas où il va, l’Hôtel du Palais est bien parti !

L’insupportable Lafite

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Monsieur je-sais-tout-et-je-ne-me-trompe-jamais a encore sévi…

Et c’est alors que le fort en thèmes Guy Lafite, qui doit avoir des douleurs chroniques aux cervicales, à force de hocher la tête avec mépris pendant tout le conseil, et une tendinite au cou à force de se rengorger d’autosatisfaction béate, se croit obligé de venir au secours de son seigneur et maître. Oubliant complètement le fiasco de la Cité de l’Océan dont il est en grande partie responsable avec Veunac et Brisson, l’énarque affirme « être entouré pour ce dossier des meilleurs experts » Ceux-là même qui ont annoncé que la Cité de l’Océan allait attirer 450 000 visiteurs ?

Et finalement, comme lors de l’année scolaire précédente, le spectateur qui a enduré les trois heures et vingt-quatre minutes de ce conseil, se demande qui il préfère du mauvais élève sympathique mais peu doué ou du premier de classe qui sait tout sur tout et n’écoute personne.

Avec deux cancres de cet acabit, la Ville a vraiment du souci à se faire !

Au purgatoire avec Lafite…

Nous avons très peu échangé avec Guy Lafite, mais il incarne totalement avec son invraisemblable arrogance, sa technocratie et son refus de reconnaître ses erreurs, la gauche que j’exècre. Ma main à couper qu’il va voter Macron à la prochaine présidentielle ! Et dans mes pires cauchemars, il m’arrive de m’imaginer au purgatoire avec le grand Saint-Pierre qui me laisse le choix entre discuter deux heures avec Guy Lafite ou boire une bouteille du Bordeaux produit par Alexandre de La Cerda. Sachant que l’enfer serait de discuter toute une journée avec Lafite en dégustant du vin de La Cerda !

Fâcheuses fatalités familiales

la-succession-par-jean-paul-dubois« Nous étions les petites mains, les petits gants de l’entreprise, la classe ouvrière d’un drôle de monde, qui partait chaque jour au labeur avec son casque de mineur coloré et son étrange outil de travail dont l’âme était gainée de châtaigner coupé à la lune descendante et le corps, d’une armure blonde tressée d’osier ». Diplômé de médecine comme son père, Paul s’offre un supplément d’adolescence en acceptant un poste de pelotari professionnel à Miami, cette ville où il peut « pleuvoir à boire debout », ce qui ne calme nullement les parieurs, adeptes de cesta punta. Car, au début des années 70, « le Jaï-Alaï de Miami était une sorte de chapiteau de cirque sous lequel entraient et sortaient toutes sortes de bêtes curieuses, vedettes de cinéma sanctifiées, producteurs opiomanes, chanteurs déglingués, gangsters en vue ou rangés » Avec son coéquipier cubain, Joey Epifanio, Paul n’est qu’un modeste soutier, chargé comme des centaines d’autres de faire vibrer les spectateurs. « Ces gens-là auraient tué pour avoir une place à ce spectacle étincelant où l’on voyait des types aux mains d’osier courir, danser contre les murs et sauter dans la lumière comme des bulles de champagne. »

Le salaire est modeste, mais Paul est heureux de pouvoir vivre sa passion au quotidien, depuis quatre ans. Jusqu’au jour où le consulat de France lui annonce le décès de son père, avec lequel il n’a plus de contact depuis des années. Un suicide abominable. Seul rejeton d’une famille particulièrement tourmentée, Paul est obligé de demander trois semaines à son employeur pour pouvoir régler la succession de ce père qu’il n’apprécie guère. À Toulouse, il faut négocier avec un employé des pompes funèbres aux dialogues surréalistes « Après-demain, 24 décembre, cela vous convient ? Alors 11 heures au crématorium. C’est la meilleure heure. », affirmation qui laisse Paul perplexe : « On allait donc mettre mon père au four à « la meilleure heure » pour un tarif de base. La mort, parfois, savait tenir son rang ».

Surprise, alors que Paul s’attend à être seul pour faire incinérer ce père à qui il ne connaît pas d’amis, une foule de patients reconnaissants vient assister à la cérémonie. Perplexe, le fils va plonger dans les carnets intimes de son père et découvrir son secret. Ce qui ne l’empêche pas de repartir le plus vite possible à Miami. Mais entretemps, les joueurs professionnels de cesta punta se sont mis en grève, obligeant Paul à trouver un emploi de serveur avant de reprendre, la mort dans l’âme, le cabinet médical de son père à Toulouse, puis de vagabonder au Pays basque avant de finir à Ciboure.

Mais là n’est pas l’essentiel dans ce roman qui est tout sauf un récit sur la pelote basque. Les amitiés, les amours ratées qui vous laissent pantelant et surtout le poids du karma familial contre lequel vous vous débattez, intéressent autrement plus cet ancien journaliste sportif de Sud Ouest, qui a reçu le Prix Fémina en 2004 pour Une vie française et qui fait preuve d’autant de maîtrise dans chacun de ses livres que de modestie dans ses propos « Je suis venu à l’écriture, car c’est le moyen de gagner sa vie le moins douloureusement possible ».

« La succession » vient d’être retenu dans la première sélection de seize titres du Prix Goncourt. N’étant pas publié par Gallimard, Grasset ou Le Seuil, il sera probablement écarté du sprint final, mais qu’importe. Si l’on mesure la valeur d’un livre au parfum tenace qu’il vous laisse après avoir terminé la dernière page, alors « La succession » est un roman superbe, avec une écriture à nulle autre pareille et une petite musique totalement personnelle. Et pour ma part, je n’ai aucun doute : si Jean-Paul Dubois décide un jour de vendre sa splendide écriture, je casse ma tirelire tout de suite pour la lui acheter !

« La succession, Jean-Paul Dubois, éditions de l’Olivier, 240 pages, 19 €.

La placide cagouille charentaise promène le BO

Si Soyaux-Angoulême reste à ce niveau de jeu, son maintien en Pro D2 est assuré, car les Charentais ont su faire preuve d’un pragmatisme de vieux briscard face au BO.

Les Charentais adorent jouer aux paysans pas très malins : « Oh moi, quand je vois un escargot qui met son clignotant, je le laisse passer ! » et ils ont magnifiquement réussi à endormir le Biarritz olympique en son jardin d’Aguilera. Impossible pour ma part de choisir entre la ville qui m’a appris à jouer au rugby et celle qui m’accueille depuis plus de dix ans, juste le simple souhait de voir un beau match. Pourtant, lorsque Nicolas Brusque s’avance au milieu de la pelouse pour rendre hommage dans un très beau discours au speaker décédé Jean-Louis Berho, lorsqu’on capte l’émotion des joueurs biarrots, on se persuade que les visiteurs charentais ne vont guère peser lourd.

Mais le promu, qui affiche aussi le plus petit budget de Pro D2, ne se montre nullement intimidé et manifeste une solidarité défensive à toute épreuve et une totale placidité sous la grêle biarrote (les escargots, c’est connu, adorent le temps humide !). Ric ouvre le score pour Angoulême dès la deuxième minute. Tandis que les Biarrots font tomber le ballon à plaisir ou les perdent dans les rucks, les Charentais profitent du moindre turn-over pour attaquer avec vivacité. 9 à 6 en leur faveur à la mi-temps et un probable soufflon mémorable dans les vestiaires biarrots de la part de l’entraîneur Darricarère.

À la peine physiquement, les Charentais encaissent coup sur coup deux essais de Nabou (47e) et Vaka (51e) et se replient momentanément dans leur coquille, sans pour autant oublier les fondamentaux du jeu.  Le match semble plié. Mais c’est mal connaître la mentalité de l’escargot charentais, modèle d’obstination quand il trace sa route. Pénalité après pénalité, Soyaux-Angoulême grignote son retard, fait déjouer Biarritz, avant que Ric, à la 75e minute, ne parachève le désastre 21 à 20.

Et le public biarrot, qui ne se sera manifesté qu’au moment où les Rouges et Blancs menaient au score, de se lever et quitter en masse l’arène, laissant les supporters angoumoisins clamer leur joie, alors qu’il reste encore cinq minutes à jouer et que tout est possible. Quel signal encourageant pour les joueurs sur le terrain !

Oui, décidément, Jean-Louis Berho méritait beaucoup mieux pour son ultime hommage.

 

Koxka et les puceaux

angouleme-01À chaque visite à Aguilera, l’ineptie de la mascotte Koxka, corsaire d’opérette à la langueur adolescente, me frappe davantage. C’est ça le symbole de Biarritz ? Après une brève apparition sur la pelouse avec une main molle agitée, Koxka a passé ensuite son temps à tortiller des fesses dans les travées des spectateurs, les empêchant de voir le match et leur cassant bien les koxkoï. Qu’on l’enferme ! De la même façon, il est parfaitement naturel que le club donne des places à ses jeunes joueurs… à condition qu’ils respectent les cochons de payants ! Juste derrière nous, travée B, rang 9, trois puceaux en short, qui venaient visiblement de s’entraîner, ivres de la permission de 23 heures accordée par leurs parents, sont venus débiter leurs niaiseries pendant toute la fin du match, racontant à haute voix leurs exploits amoureux d’onanistes invétérés tombés sous le charme de leur couette. Il y avait 5 678 spectateurs seulement à Aguilera, dont nombre d’invitations gratuites. Au vu du spectacle proposé et du mépris pour ceux qui ont payé leur place dans les tribunes, le chiffre ne devrait guère décoller lors des prochaines rencontres…

La risible sécession du petit épicier Macron

Macron 01

Franchement, vous trouvez que cet homme, qui respire la modestie, l’humilité et l’écoute, a une tête de futur président de la République ? Pour diriger la supérette du coin, en revanche…

Mais évidemment qu’Emmanuel Macron est fait pour devenir Président de la République ! Cet homme n’a jamais été élu et n’a même pas un petit mandat municipal à présenter ? Parfait, il abordera le poste présidentiel avec l’incompétence requise et comme Hollande fera appel à ses copains de promotion de l’ENA. Le gentil Emmanuel a été auparavant banquier chez Rotschild et conseiller ministériel et ne sait donc rien de la vraie vie ? Strictement rien comme tous les inspecteurs des Finances qui n’ont connu que le confort des ministères, mais il aura un quinquennat pour la découvrir ! Brigitte Trogneux, son épouse, qui est aussi son ancienne prof de français, sera-t-elle de bon conseil ? Mais évidemment ! Avec ses vingt-quatre ans d’expérience supplémentaire, elle lui a appris ce vieil adage, déjà mis en application par Nicolas du temps de Cécilia qui veut que « la traîtrise n’attend pas le nombre des années »…

Avec un tel bagage, on comprend mieux dès lors les sorties remarquables de l’enfant chéri de François Hollande, une fois paré d’un costume de ministre de l’Économie. Le patronat a cru entendre des mots d’esprit, alors que ce n’était que de l’incompétence proférée à haute voix et du mépris absolu des salariés. Les abattoirs de Gad, en Bretagne, le jour de sa première sortie ? Notre gai Macron rentre tout fier de sa découverte en annonçant à la cantonade que les salariés sont « illettrés ». Il croise un peu plus tard à Lunel dans la rue deux militants qui se plaignent de la cherté de la vie ? Bon prince, il leur explique que « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », une réflexion qui vaut son pesant de mépris de caste. Il rencontre une déléguée syndicale CGT qui lui affirme devant les micros des journalistes, qu’elle a des idées pour lutter contre le chômage et il éclate de rire, hausse les épaules et tourne les talons. La classe absolue !

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Quand Macron rencontre un homme qui n’a pas les moyens de se payer un costume, il adopte tout de suite le regard franc et loyal du leader capable de diriger les Français. (Photo Paris Match)

Heureusement, notre surdoué, une seule fois dans son existence, a proféré une vérité en affirmant qu’il « n’était pas socialiste », ce dont tout le monde s’était aperçu depuis longtemps !

Il était donc parfaitement logique que Super Emmanuel réussisse une sortie à la hauteur de son brillant mandat, même si un petit joueur comme François Hollande s’est cru obligé de dire que « la loi Macron n’était pas la loi du siècle ». Pour tuer le père, qui avait poussé sa créature à abandonner les culottes courtes pour empêcher Valls d’exister, Macron a utilisé un couteau en plastique, n’ayant même pas le courage, autrement que par allusions vachardes et détournées, de dire à François Hollande ce qu’il lui reprochait. Il affirme aussi avoir pris sa décision de démissionner le 12 juillet, lors de son meeting à la Mutualité, mais s’est bien gardé de le dire tout de suite, histoire de s’offrir quelques vacances à Biarritz aux frais du contribuable. Il a aussi encensé Michel Sapin, au moment de la passation de pouvoir, alors que les deux hommes se détestent cordialement. Et enfin, en bon petit boutiquier qui bouffe à tous les râteliers, le cul sur les genoux du patronat et un œil sur les sondages, il s’est bien gardé d’annoncer une éventuelle candidature à la présidence de la République, espérant, sans la moindre lucidité, que les Français  le supplient de se présenter.

N’est décidément pas factieux qui veut : est-ce que Napoléon a attendu des sondages favorables (qui n’existaient pas à l’époque), ou tout simplement l’avis de ses généraux, pour s’emparer d’un drapeau et faire victorieusement traverser le pont d’Arcole à ses troupes ?

Les Français les plus âgés se souviennent comment ils se sont laissé prendre en 1974, par les fables à dormir debout colportées par les médias à propos du gentil footballeur accordéoniste et brillant technicien des Finances Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard, VGE était devenu un monarque puant, avide et égotiste. On espère que cette fois ils feront preuve d’un peu plus de lucidité à l’égard de ce détestable Emmanuel Macron, ne se laisseront pas prendre aux fariboles de quelques journalistes appointés par le patronat et qu’ils sauront en 2017, tout comme à Nicolas Sarkozy, lui infliger le coup de pied au cul qu’il mérite.

Pour les pottoks aussi, c’est la rentrée

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Une petite escapade buissonnière, un jour de rentrée des classes, quoi de plus normal ?

Grosse surprise en ouvrant les fenêtres, en ce jeudi 1er septembre, à l’heure où les enfants tiennent fébrilement la main de leurs mamans avant d’affronter leur première rentrée scolaire. Dix pottoks, profitant d’élagueurs qui avaient mal fermé leurs enclos, s’étaient décidés à faire l’école buissonnière pour s’offrir une grande tournée de rentrée avec les fleurs du jardin. Car contrairement à ce que pourraient laisser croire leur taille modeste, ces petites bêtes sont solides à table et ne sont pas du genre à s’en laisser conter quand le déjeuner sur l’herbe est servi.

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Unanimité des pottoks présents sur la qualité de la cantine…

Très occupée avec les chères têtes blondes rentrant à l’école, ce qui est totalement compréhensible, la police municipale a mis plus de deux heures à venir sur les lieux. Tandis que nous tentions de retenir les charmants poneys avec tout le pain disponible, afin qu’ils n’aillent pas sur la route provoquer une collision, nous avons pu constater que les mamans des deux jeunes pottoks présents dans le troupeau, ne dédaignaient ni les caresses, ni les quignons de pain, mais s’arrangeaient toujours pour faire écran afin que nous ne puissions pas toucher à leurs petits. Pas prêtes, visiblement, à les confier au premier maître d’école venu.

Presque trois heures plus tard, le propriétaire, bougon et de fort méchante humeur, a enfin récupéré ses animaux, sans même s’enquérir de savoir s’ils avaient fait des dégâts. Rien de grave, les pottoks, eux, étaient charmants, avenants et fort bien éduqués.

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Dans le cadre du tiers temps pédagogique, activité dégustation de pain en attendant l’arrivée du propriétaire.