La risible sécession du petit épicier Macron

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Franchement, vous trouvez que cet homme, qui respire la modestie, l’humilité et l’écoute, a une tête de futur président de la République ? Pour diriger la supérette du coin, en revanche…

Mais évidemment qu’Emmanuel Macron est fait pour devenir Président de la République ! Cet homme n’a jamais été élu et n’a même pas un petit mandat municipal à présenter ? Parfait, il abordera le poste présidentiel avec l’incompétence requise et comme Hollande fera appel à ses copains de promotion de l’ENA. Le gentil Emmanuel a été auparavant banquier chez Rotschild et conseiller ministériel et ne sait donc rien de la vraie vie ? Strictement rien comme tous les inspecteurs des Finances qui n’ont connu que le confort des ministères, mais il aura un quinquennat pour la découvrir ! Brigitte Trogneux, son épouse, qui est aussi son ancienne prof de français, sera-t-elle de bon conseil ? Mais évidemment ! Avec ses vingt-quatre ans d’expérience supplémentaire, elle lui a appris ce vieil adage, déjà mis en application par Nicolas du temps de Cécilia qui veut que « la traîtrise n’attend pas le nombre des années »…

Avec un tel bagage, on comprend mieux dès lors les sorties remarquables de l’enfant chéri de François Hollande, une fois paré d’un costume de ministre de l’Économie. Le patronat a cru entendre des mots d’esprit, alors que ce n’était que de l’incompétence proférée à haute voix et du mépris absolu des salariés. Les abattoirs de Gad, en Bretagne, le jour de sa première sortie ? Notre gai Macron rentre tout fier de sa découverte en annonçant à la cantonade que les salariés sont « illettrés ». Il croise un peu plus tard à Lunel dans la rue deux militants qui se plaignent de la cherté de la vie ? Bon prince, il leur explique que « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », une réflexion qui vaut son pesant de mépris de caste. Il rencontre une déléguée syndicale CGT qui lui affirme devant les micros des journalistes, qu’elle a des idées pour lutter contre le chômage et il éclate de rire, hausse les épaules et tourne les talons. La classe absolue !

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Quand Macron rencontre un homme qui n’a pas les moyens de se payer un costume, il adopte tout de suite le regard franc et loyal du leader capable de diriger les Français. (Photo Paris Match)

Heureusement, notre surdoué, une seule fois dans son existence, a proféré une vérité en affirmant qu’il « n’était pas socialiste », ce dont tout le monde s’était aperçu depuis longtemps !

Il était donc parfaitement logique que Super Emmanuel réussisse une sortie à la hauteur de son brillant mandat, même si un petit joueur comme François Hollande s’est cru obligé de dire que « la loi Macron n’était pas la loi du siècle ». Pour tuer le père, qui avait poussé sa créature à abandonner les culottes courtes pour empêcher Valls d’exister, Macron a utilisé un couteau en plastique, n’ayant même pas le courage, autrement que par allusions vachardes et détournées, de dire à François Hollande ce qu’il lui reprochait. Il affirme aussi avoir pris sa décision de démissionner le 12 juillet, lors de son meeting à la Mutualité, mais s’est bien gardé de le dire tout de suite, histoire de s’offrir quelques vacances à Biarritz aux frais du contribuable. Il a aussi encensé Michel Sapin, au moment de la passation de pouvoir, alors que les deux hommes se détestent cordialement. Et enfin, en bon petit boutiquier qui bouffe à tous les râteliers, le cul sur les genoux du patronat et un œil sur les sondages, il s’est bien gardé d’annoncer une éventuelle candidature à la présidence de la République, espérant, sans la moindre lucidité, que les Français  le supplient de se présenter.

N’est décidément pas factieux qui veut : est-ce que Napoléon a attendu des sondages favorables (qui n’existaient pas à l’époque), ou tout simplement l’avis de ses généraux, pour s’emparer d’un drapeau et faire victorieusement traverser le pont d’Arcole à ses troupes ?

Les Français les plus âgés se souviennent comment ils se sont laissé prendre en 1974, par les fables à dormir debout colportées par les médias à propos du gentil footballeur accordéoniste et brillant technicien des Finances Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard, VGE était devenu un monarque puant, avide et égotiste. On espère que cette fois ils feront preuve d’un peu plus de lucidité à l’égard de ce détestable Emmanuel Macron, ne se laisseront pas prendre aux fariboles de quelques journalistes appointés par le patronat et qu’ils sauront en 2017, tout comme à Nicolas Sarkozy, lui infliger le coup de pied au cul qu’il mérite.

7 réflexions sur “La risible sécession du petit épicier Macron

  1. si je suis d’accord avec vous sur presque tout cher Mr Viollier, toutefois 2 points sont à mon avis importants à souligner :

    1- nos institutions sont à bout de souffle. L’homme (la femme) providentiel(le): cela ne marche plus dans un monde complexe. Il faut donc sortir de ce régime (la 5ème république) dont la constitution rappelons le encore une fois a été rédigée par/pour un militaire né au 19ème siècle. Il faut moins d’élus dans les chambres, mieux payés et sans cumul de mandat, renouvelable une fois max.

    2 – faut-il avoir été élu avant de se présenter ? à mon avis non. On voit bien – avec les résultats calamiteux de ceux qui sont des professionnels de la politique – qu’avoir été élu n’est pas gage de résultats positifs, au contraire (des expériences de managements ont été faites comparant les résultats de prises de décisions de type généraliste (par ex administratif) par des « professionnels » comparées aux décisions prises par des gens tirés au sort et guess what : la 2ème catégorie sans sortait mieux. (bien sur nous n’allons pas tirer au sort pour un emploi de chirurgien ou de dentiste ;o)).

    Le problème, et vous mettez le doigt sur LA tare de notre pays, c’est la caste énarchique qui truste toutes les positions décisionnaires de la bureaucratie FR devenu un monstre, caste qui passe son temps à régler des comptes dans des jeux de pouvoir compulsifs et incompréhensibles des non initiés (ils se détestent presque tous les uns les autres et devraient régler leurs problèmes sur des divans de psy au lieu de nous prendre en otage de leur pouvoir tout en nous méprisant).

    Illustrons la confiance des français dans un système unique au monde (personne ne la copié) via une question simple posée hier sur le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualites/2016/09/01/01001-20160901QCMWWW00109-faut-il-supprimer-l-ena.php

    Il faut casser la caste, changer les institutions et dépoussiérer notre personnel politique affaissé dans le confort des mandats multiples à vie.

    Quant à Macron, le soufflé retombe en général tout seul donc il suffit d’attendre et on devrait vite s’apercevoir que libéraliser le trafic autocar n’est pas rocket science, et ce n’est pas avec cela que nous allons concurrencer la silicon valley, les chinois, ou les allemands.

    bonjour chez vous!

    • Tout à fait d’accord sur l’analyse d’un système politique tout à fait dixneuviémiste. Le problème étant de savoir ce qui n’est plus dixneuviémiste dans les mentalités. Ce qu’on voit à l’œuvre aujourd’hui n’a rien de futuriste quand même. On n’a toujours pas commencé à réfléchir sur la notion même de travail au XXIe siècle. On n’avait déjà pas réfléchi à la notion que cela recouvrait au siècle précédent… Ca fait quand même pas mal de retard à rattraper d’un seul coup.
      Vrai également ce que vous dites concernant l’attente d’un messie. Ne rêvons pas. Nous sommes en France et il est hors de question qu’on puisse avoir une femme providentielle tout de même. Ca se saurait depuis le temps. En France les gens attendent plutôt un papa. Pas une maman. Ne parlons même pas de la réélection à l’infini de gens dont tout le monde sait pourtant qu’ils sont de vrais malfrats. Il y a quand même un vrai problème français ici.

      Cela étant posé, il ne faut pas méconnaître le fait que le cerveau humain est programmé pour croire, que parler aux sens a toujours été plus efficace que parler à l’intelligence en matière d’adhésion (cf. l’ensemble des religions et l’apparat ou les rites qui vont avec, religions que je ne limite jamais aux dits monothéismes je le précise) et ajoutez par dessus cela la nette tendance au culte de la personnalité. Le mélange est quand même assez rude à la base, pour qu’on puisse se dire qu’il y a du boulot pour que ce stade soit dépassé.
      Une petite fenêtre d’optimisme quand on voit les nouveaux modes de société qui se mettent en place parallèlement à la société officiellement reconnue… mais avec la limite qu’elle ne font projet commun que pour un nombre restreint de personnes et n’envisagent pas vraiment la relation au reste d’un monde qui n’est quand même pas celui des Bisounours. Au delà, on doit repenser déjà ce système sympathique.

      Concernant les prises de décision éclairées… pour avoir vu des comportements assez intéressants au niveau local, la paralysie de l’administration qui ne peut plus fonctionner faute de prise de décision (et évidemment le décideur n’est jamais responsable de sa propre incurie), le refus d’entendre les professionnels rabroués voire insultés parce qu’ils vous rappellent la réalité… comment voulez-vous qu’on ne vive pas cela de manière démultipliée au sommet de l’Etat ? Et ça va très vite. Je me souviens du cas d’un maire qui était suppléant. Super élu local. Rien à dire. Voilà que le/la député-e dont il était suppléant devient ministre et donc il se retrouve à l’assemblée en lieu et place. On l’a vu changer de comportement en direct en moins d’un mois. On ne le reconnaissait même plus.

      Enfin, dans un pays qui ne se complait que dans la reconnaissance des compétences par le concours (ce qui d’emblée élimine la saine émulation et le travail en commun au profit de la rivalité individuelle et de la victoire du plus teigneux), qui revendique l’intelligence tout en crachant sur elle, l’énarchie a de beaux jours devant elle. Il en sort des teigneux, d’une inculture crasse y compris dans la connaissance de leurs propres concitoyens, dont chacun des promus gagnerait sans problème au jeu du maillon faible. C’est à dire une coalition d’abrutis éliminant au préalable les plus intelligents, pour porter à leur tête des médiocres, tant il est vrai qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois.
      Quant à savoir si l’intelligence est nécessaire au gouvernement… sujet de philo pour le prochain bac (brevet d’aptitude au chômage).

  2. Pour un type qui a déclaré avoir pu prendre la mesure des limites de l’action politique, un seul constat s’impose: ne surtout pas prétendre à un mandat présidentiel. Partant en effet du principe simple que le sommet d’une carrière politique se situe à la présidence, autant dire que le sommet des limites ou, pour dire les choses autrement, le maximum de limites, doit se rencontrer à cette place. Une équation simple a donc dû lui permettre de se rendre compte qu’il n’y avait aucun intérêt à devenir président de la République, sauf à vouloir servir de potiche entretenue.

    Autre constat que ce délicieux garçon a pu faire très certainement : on rigole mieux et on est mieux payé dans une banque où l’ont travaille activement à provoquer la prochaine crise financière – et la paupérisation de la population qui pourra, par voie de conséquence, redevenir servile -, que dans les allées du pouvoir politique, depuis longtemps, et plus encore chaque jour qui passe, complètement asservi à l’économie et la finance. De toute façon, il suffit de suivre les carrières d’un ancien directeur du Crédit Lyonnais, devenu patron de la banque européenne après avoir mis sa banque quasi en faillite, et l’autre coco de la Société Générale, dont nous avons dû assumer fiscalement les inconséquences, pour comprendre que la médiocratie et la récompense à l’incompétence (pour ne pas dire pire) ont de grands et beaux jours dans ce pays.

    Il faut reconnaître qu’il est plus facile de mettre un pays à genoux avec l’aide de « son amie qui est la finance »… et Gattaz qui considère que l’avenir de ce pays, c’est quand même le bénévolat. Encore un effort et ce dernier nous affirmera que l’avenir de ce pays, ce sont les bénévoles qui payent un dédommagement au MEDEF pour travailler. Mais bon… Comme il nous promet deux millions de recrutement de bénévoles contre des allègements supplémentaires de charges patronales, de quoi se plaindrait-on sans avoir l’impression d’être en plus absolument ingrat-e-s ? Et puis, au train où vont les diminutions de charges, il faudra bien que quelques bénévoles se remettent à casser des cailloux pour entretenir les routes empruntées par les entreprises de transport. Par exemple.

    Quand je pense qu’on se plaint de n’avoir, parmi nos têtes pensantes, personne de capable d’une vision d’avenir… C’est vraiment ne pas vouloir entendre les propos et projets d’aussi géniaux penseurs.

      • Là je flamberais littéralement mon seuil de Peter et pourrais prendre avec détermination le titre de sommet volant… ou de chef d’escadrille version Audiard…

      • une équipe.
        on devrait présenter une équipe à chaque élection présidentielles avec des profils connus et identifiés comme X ou Y expert dans tel domaine va gérer tel domaine etc. (et pas seulement « c’est un brillant centralien, énarque, whatever etc.) . Comme cela on saurait à qui on confit les clefs du camion.
        J’ai toujours était sidéré que l’on puisse nommer à des postes censés requérir une compétence techniques des gens qui visiblement ne connaissent rien au domaine dont ils auront la charge ou pire (les énarques) qui prétendent avoir une connaissance universelle…
        ce sont « ces brillants cerveaux » qui gèrent notre pays depuis 50 ans et on voit le résultat et la mouise dans laquelle nous sommes.
        2017 et son concours de tocards me donne déjà la nausée rien qu’en pensant aux noms qui risquent de figurer sur les bulletin de vote.

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