Cancres un jour, cancres toujours !

Michel Veunac n’a pas besoin de dire qu’il serre les fesses à l’idée d’emprunter 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais, ça se voit.

Les profs appellent cela le « syndrôme de septembre ». Même les derniers de la classe, au moment de reprendre le chemin de l’école après les vacances d’été, se veulent plein de bonnes résolutions. Malheureusement, l’illusion se dissipe très vite.  Lors du conseil municipal du 28 septembre, l’espoir a duré plus d’une heure. L’écolier Veunac semble soudain presque capable d’endosser le costume de maire de Biarritz, il est presque capable de dialoguer avec son opposition, presque capable de reconnaître ses erreurs. D’où un début de conseil de très bonne facture où les élus discutent de l’aménagement d’Iraty, « un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer » selon Veunac, tandis que Saint-Cricq approuve l’idée de construire un nouveau pont pour désengorger le quartier de la Négresse et que Brisson fait remarquer judicieusement qu’il existe « des mixités compliquées » et que la cohabitation entre logements sociaux et centres commerciaux ne se passe pas toujours au mieux.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Chassez le prêt-à-penser et il revient au galop ! Pour conclure le débat sur Iraty, Michel Veunac ne peut s’empêcher d’avoir une de ces phrases creuses qu’il affectionne tant car il a soudain l’illusion d’être devenu visionnaire et finirait presque par se croire maire : « C’est un grand projet pour la Ville. Ce sont d’autres qui le feront aboutir. Mais un élu se doit de voir près et de voir loin ». Heureusement, l’élève qui peut envisager la classe supérieure ressurgit lorsque Maïder Arostéguy lance le débat sur le projet Aguilera. Veunac fait preuve d’une désarmante franchise sur ses lambinages passés : « L’opération a connu un peu de mou (…) Aguilera est un plateau sportif. Nous allons requalifier les équipements sportifs existant et en rajouter (…) Dans les zones périphériques, on peut faire 250 logements sociaux » Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour le poumon vert de la Ville, mais le dialogue est là et un instant le doute nous taraude. Et si Veunac n’était finalement pas aussi catastrophique qu’on l’a imaginé ?

« Fanfaronner, ce n’est pas mon style » (sic)

Malheureusement au bout d’une heure et quatre minutes à peu près respectables, ressurgit le Veunac des phrases longues et des idées creuses. Sur la Cité de l’océan que tout le monde a vu déserte tout l’été, le cancre patenté se sent obligé d’en faire dix louches d’eau salée : « Je voudrais sans fanfaronner, car ce n’est pas vraiment mon style, vous dire que les derniers chiffres de Biarritz Océan montrent que le plan de redressement nous permet de progresser. » Quand on part de zéro, on ne peut effectivement qu’avoir de bonnes surprises !

Et l’on en arrive au gros morceau de la soirée avec cet emprunt de 50 millions d’euros qu’envisage de faire la SOCOMIX pour restaurer l’Hôtel du Palais et attirer le groupe hôtelier Four Seasons. Un peu comme si vous disiez à votre propriétaire pour l’appartement que vous lui louez : « Je suis prêt à vous verser 10 euros de loyer mensuel supplémentaire, si vous me faites cinq millions d’euros de travaux ». Une décision folle, quand on connaît l’endettement de la Ville et qui a été dénoncée dans ce blog par Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq.

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/13/hotel-du-palais-oui-mais-en-partenariat/

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/12/saint-cricq-debusque-un-nouveau-lievre/

Tandis que Jean-Benoît Saint-Cricq explique les risques que prend la Ville, « La Socomix, voilà bien un singulier montage biarrot ! » et demande « un débat aussi large que possible », Max Brisson parle de « deux lignes rouges à ne pas franchir », « La vente du fonds, c’est une solution économique mais pas politique, car les risques que cela entraînerait, y compris pour le personnel pourraient être nombreux, tandis que l’autre ligne rouge, c’est « La Socomix et le partage du risque ». Frédéric Domège approuve : « La Ville doit rester propriétaire et les Biarrots sont très fiers de leur navire amiral », tandis que Bénédicte Darrigade se montre beaucoup plus nuancée : « Le volet financier m’inquiète. Vous prenez des risques majeurs et inconsidérés. Certains de nos concitoyens seraient prêts à abandonner le label Palace. »

Micro coupé façon Borotra

Et que fait l’élève médiocre ceint de tricolore pendant ce temps ? Il coupe le micro à Jean-Benoît Saint-Cricq, retrouvant les réflexes du tyran Borotra, avec cette vieille ficelle : « Vous vous appropriez la parole des Biarrots ! », la joue cachottier « Je suis au cœur d’une négociation, je ne veux pas la voir sur la place publique ! » avant d’avoir ce double aveu qui en dit long sur l’imagination du duo Veunac-Lafite : « Soixante ans plus tard, l’intuition géniale de Guy Petit, je vais la poursuivre ». Veunac menant en 2016 une politique des années cinquante, voilà qui est rassurant, avant de répondre plus spécifiquement à Bénédicte Darrigade : « Ces inquiétudes, je les entends, je les comprends, je les partage ! » Pas de doute possible, si même Veunac ne sait pas où il va, l’Hôtel du Palais est bien parti !

L’insupportable Lafite

cancres-un-jour-03

Monsieur je-sais-tout-et-je-ne-me-trompe-jamais a encore sévi…

Et c’est alors que le fort en thèmes Guy Lafite, qui doit avoir des douleurs chroniques aux cervicales, à force de hocher la tête avec mépris pendant tout le conseil, et une tendinite au cou à force de se rengorger d’autosatisfaction béate, se croit obligé de venir au secours de son seigneur et maître. Oubliant complètement le fiasco de la Cité de l’Océan dont il est en grande partie responsable avec Veunac et Brisson, l’énarque affirme « être entouré pour ce dossier des meilleurs experts » Ceux-là même qui ont annoncé que la Cité de l’Océan allait attirer 450 000 visiteurs ?

Et finalement, comme lors de l’année scolaire précédente, le spectateur qui a enduré les trois heures et vingt-quatre minutes de ce conseil, se demande qui il préfère du mauvais élève sympathique mais peu doué ou du premier de classe qui sait tout sur tout et n’écoute personne.

Avec deux cancres de cet acabit, la Ville a vraiment du souci à se faire !

Au purgatoire avec Lafite…

Nous avons très peu échangé avec Guy Lafite, mais il incarne totalement avec son invraisemblable arrogance, sa technocratie et son refus de reconnaître ses erreurs, la gauche que j’exècre. Ma main à couper qu’il va voter Macron à la prochaine présidentielle ! Et dans mes pires cauchemars, il m’arrive de m’imaginer au purgatoire avec le grand Saint-Pierre qui me laisse le choix entre discuter deux heures avec Guy Lafite ou boire une bouteille du Bordeaux produit par Alexandre de La Cerda. Sachant que l’enfer serait de discuter toute une journée avec Lafite en dégustant du vin de La Cerda !

Une réflexion sur “Cancres un jour, cancres toujours !

  1. quelle tristesse de voir une perle comme Biarritz managée comme une maison de retraite…. c’est juste pathétique et incroyable! aucun projet moderne, novateur, mobilisateur, médiatique quel naufrage cette équipe municipale

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s