Primaire de gauche : Si Hollande avait un peu de dignité… (2/3)

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Quoi que fasse Hollande, ça finit toujours par lui tomber dessus…

Au temps où François Hollande régnait en maître rue de Solférino et où ses amis socialistes rivalisaient de surnoms aimables à son égard, « La fraise des bois », « Le culbuto », « Monsieur petites blagues », il ne serait venu à personne l’idée de contester au Premier secrétaire du parti socialiste un réel talent dans ses relations avec les journalistes, et pas uniquement avec Valérie Trierweiler.

Il faut croire que l’atmosphère de L’Élysée est devenue bien mortifère pour que, dans ce domaine comme dans tous les autres, notre bon François cumule les déconvenues. Arrêtons-nous tout d’abord sur ces soixante-et-un rendez-vous accordés à Fabrice Lhomme et Gérard Davet, comme si le fait était exceptionnel. De tous temps les journalistes ont assidûment fréquenté l’Élysée. La seule différence avec le précédent quinquennat, c’est que sous Sarkozy, Patrick Buisson et consorts avaient bureaux et ronds de serviette à l’Élysée et que François Hollande a eu le bon goût d’épargner les deniers de l’État en allant dîner chez ses interlocuteurs.

Le syndrome Nafissatou Diallo ?

Mais, à la lecture de « Un président ne devrait pas dire ça », on reste confondu devant la collection de vacheries inconscientes adressées aussi bien aux magistrats qu’aux footballeurs par celui qui se qualifie lui-même de « spectre de l’Élysée », alors qu’il devrait être le rassembleur de tous les Français. Et l’on a un petit sourire de pitié en écoutant ses laborieuses explications sur les « sans dent » ou ses rodomontades sur son « courage ». C’est même à se demander si l’agréable François Hollande – frappé par le même syndrome destructeur que DSK avec Nafissatou Diallo ? – n’a pas laissé parler son inconscient en provoquant une crise pour éviter d’avoir à se représenter.

Car soyons clair, lorsqu’un président de la République s’invite à la table d’un journaliste qui sait qu’il va bénéficier d’une façon ou d’une autre des confidences qui vont lui être faites, l’homme d’état est tout à fait en mesure de poser ses conditions et de déterminer si l’entretien est « on » ou « off ».

Les rétropédalages forcenés de son dernier carré de fidèles, de Frédérique Espagnac à Jean-Marie Le Guen, affirmant que le président n’était pas au courant de la sortie du livre, montrent bien un président qui ne maîtrise absolument plus sa communication. Pas plus que son quinquennat d’ailleurs ! Comme l’affirme le député PS de Seine-Maritime Guillaume Bachelay : « On est plus dans le dépôt de bilan que dans le bilan ».

On nous serine sur tous les toits que Hollande est plus déterminé que jamais et qu’il va se déclarer en décembre pour la prochaine élection présidentielle. S’il avait un tout petit peu de dignité, au vu de son calamiteux quinquennat, au vu de ses ratages dans presque tous les domaines et en particulier dans l’inversion de la courbe du chômage, le « capitaine de pédalo » qui n’est jamais descendu de son frêle esquif pour prendre la barre du paquebot France déclarerait dès maintenant qu’il renonce à un nouveau mandat, au lieu de se complaire dans ces petits jeux politiques qui désespèrent les Français.

Aventure personnelle ou avenir de la gauche ?

Rêvant d’avoir, face à lui, un Nicolas Sarkozy qu’il est persuadé pouvoir écrabouiller à nouveau, François Hollande ne réalise pas qu’il est hors réalité, même si on peut comprendre l’envie d’en découdre du bon bougre Hollande, qui s’est retrouvé dans un costume beaucoup trop grand pour lui, face à une authentique canaille comme Sarkozy, qui a méprisé les lois de la République, aussi bien en 2007 qu’en 2012, en faisant financer sa campagne par de l’argent libyen ou en trichant sur ses comptes de campagne par l’intermédiaire de Bygmalion.

Mais, quand on est obsédé par l’Histoire, tout comme l’était François Mitterrand, on doit sentir quand elle vous donne rendez-vous. Il n’est pas digne de la fonction présidentielle de se laisser aller à des petites phrases, pas plus qu’il n’est envisageable d’aller montrer ses muscles dans une primaire quand on est un président sortant.

En cédant sa place dès maintenant et en renonçant à se présenter à la présidentielle, François Hollande prouvera que son avenir lui importe moins que l’avenir de la gauche. S’il persiste, il démontrera que seul compte son destin personnel et que la gauche pour lui n’est qu’un colifichet qu’on sort pour les grandes occasions.

Souhaitant vivement la victoire finale d’un candidat de la gauche de la gauche, je ne suis pas fan de Manuel Valls, de sa façon de cajoler les patrons, de ses postures et de cette abomination nommé Loi travail. Mais le Premier ministre a tenu bon dans la tempête et s’est montré d’une loyauté sans faille au président. C’est à Manuel Valls d’aller en découdre face aux autres candidats de la primaire de gauche et, qui sait, de renverser la table électorale face à une droite qui ne rêve que de libéralisme sauvage et d’assassinat des droits des travailleurs…

Allez, François, pour une fois montre-toi à la hauteur et arrête tes manœuvres à deux balles !

 

Demain

Primaires : Tout faire pour pas que Sarkommence ? (3/3)

https://jeanyvesviollier.com/2016/10/16/primaires-tout-faire-pour-pas-que-sarkommence-33/

5 réflexions sur “Primaire de gauche : Si Hollande avait un peu de dignité… (2/3)

  1. tout bon sauf pour Valls, qui est un brutal dans son type de management, homme du sérail et qui ne comprend malheureusement rien à tout les défis qui se posent en ce monde complexe. Valls est un homme de parti entouré de fadas (par ex Bauer qui grenouillait avant auprès de Sarko avant de tourner sa veste) bref rien de nouveau à attendre avec Valls non plus je le crains

    • Pas plus fana de Valls que vous. Brutal, libéral et désireux de plaire à la droite : je souscris. Néanmoins, par fidélité aux institutions de la Ve République, quand le président a failli, j’estime que c’est au Premier ministre de s’y coller.
      PS : Bauer est un ami de toujours de Valls (ils se sont connus au PSU) qui a rallié Sarko avant de revenir voir son copain de jeunesse… ce qui, effectivement, ne rassure pas.

      • le probléme de tous ces clowns est qu’ils ne connaissent que la vie dans un parti politique dans une société en croissance (post 2nde guerre mondiale) et basé à paris. pour le reste la société et leur pensée s’est arrêtée à la fin de leurs études toutes réalisées dans les mêmes SciencesPO, ena, hec etc…. le monde d’aujourd’hui et de demain est technique, scientifique, ultra complexe Ce n’est pas d’administrateur dont nous avons besoin mais de penseurs capables de comprendre les enjeux et d’arbitrer entre les solutions qui ne sont souvent pas accessibles au pékin de base (=moi).
        Quant au discours sur l’autorité il me sort par les trous de nez. je n’en peux plus de ces conneries bonnes à faire croire aux retraités que l’on va élever en 2016 les gamins comme en 1950. c’est pathétique….
        et si on déclarait la République autonome de Bisque Bisque Basque : au programme tout en commun, éducation, entre-aide, soins, philosophie, musique, méditation, dialogue ….
        to be continued ;o)

  2. Quelle France , mais c’était aux socialistes de le débarquer ce Hollande qu’ils voulaient -Si on a pas un bon cheval on fait pas la course

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