Une imparité de plus en plus dérangeante

(Illustration Corporate assistance)

La parité Canada Dry, c’est la parité qui, comme cette boisson sans alcool, a le goût de la parité, la couleur de la parité, mais qui n’est pas de la parité. C’est-à-dire exactement ce qui se pratique en France. Et si pour une fois, tous les mecs que nous sommes, on utilisait les grandes gueules dont la nature nous a généreusement dotés pour se battre pour une cause qui s’impose ?

Vous avez-vu la façon actualité amusante dont la presse a traité la journée de protestation du 7 novembre et les inégalités de salaire hommes-femmes qui tournent entre 15 et 20% ? C’était pourtant une fort bonne idée du collectif « Les Glorieuses » (http://lesglorieuses.fr/) de demander de s’arrêter de travailler ce jour-là à 16h34 et jusqu’à la fin de l’année, puisqu’à travail égal, le salaire féminin n’a rien à voir avec celui des hommes. Malheureusement, de façon fort prévisible, les médias en ont profité pour multiplier les reportages condescendants et faussement compatissants. Il n’y a pourtant vraiment pas de quoi rire quand on sait que les résultats universitaires des femmes sont bien supérieurs à ceux des hommes et qu’il est incompréhensible, dans notre pays où les diplômes ont tant d’importance, qu’on en arrive à de telles disparités. En dehors de vagues comités Théodule, est-ce que le gouvernement ou les syndicats se sont attaqués au problème ? Certainement pas et tant que les hommes ne descendront pas dans la rue aux côtés des femmes, il en sera de même.

16% seulement de femmes maires !

Même exaspération quand on regarde la vie politique française à l’aune de la parité. Si la parité est respectée au niveau des ministres, tous les ministères régaliens comme les Affaires étrangères, la Justice, la Défense ou l’Intérieur sont actuellement occupés par des hommes. Alors que les partis paient des amendes s’ils ne respectent pas la parité, on ne retrouve que 26% de députées femmes et 25% de sénateurs, car les circonscriptions difficiles leur sont systématiquement réservées (« Aujourd’hui », 4/11). Il serait pourtant simple, si le législateur a vraiment envie que les deux chambres soient à égalité homme-femme, sans que le nombre de parlementaires ne change, de fusionner deux circonscriptions et de demander aux électeurs de voter pour un binôme homme-femme, mais il est clair que la caste masculine au pouvoir trouve la situation actuelle parfaite. Ce qui permet à la France de figurer au 63e rang mondial, juste derrière l’Irak et d’être devancé par le Rwanda, la Bolivie ou Cuba, les trois bons élèves de la parité (Source : http://www.ipu.org/french/issues/wmndocs/classif.htm)

Déconvenue encore plus grande quand on atteint l’échelon municipal. À quoi sert l’alternance homme-femme légalement obligatoire sur les listes, si après l’élection, les gros machos qui nous gouvernent, décident de se coopter entre eux pour se répartir les postes d’adjoints, réservant la petite enfance ou les affaires sociales à la femme la plus méritante de leurs listes. Dans notre pays, en 2016, il n’y a que 16% de femmes maires. Combien de décennies encore, va-t-on supporter un tel état de fait ?

Les machos de L’Équipe… et les autres

Safi N’Diaye, remarquable troisième ligne de l’équipe de France.

Et puis, il y a le machisme quotidien, celui que nous devons combattre pied à pied, même si nos interlocuteurs masculins, forcément masculins, haussent les épaules quand on proteste en ayant l’impression qu’on leur fait perdre leur temps. Dans L’Équipe datée du 9 novembre, le rugby, pour une fois, fait l’ouverture du journal avec une rubrique de sept pages. Comme souvent de nombreux papiers intéressants avec la préparation du XV de France (masculin) avant son match contre les Samoa, les joueurs tricolores (et masculins) qui vont passer au révélateur lors de cette série de tests, le XV idéal (masculin bien sûr) vu par nos confrères étrangers, l’éviction de Jacques Delmas de l’équipe (masculine) du RC Toulon et des articles sur Bézy, Plisson ou Kockott, joueurs en vue du top 14 (masculin, vous l’aviez deviné). Et il ne manque rien à cette rubrique ? En toute simplicité, le XV de France féminin rencontre aujourd’hui à Londres son homologue anglais pour un « crunch » qui s’annonce prometteur. Cette équipe joue bien et pratique un rugby particulièrement plaisant. À chaque match diffusé sur France 4, elle attire entre 800 000 et un million de spectateurs, mais les machos de L’Équipe ont décidé que le match ne valait pas une ligne et se sont contentés de l’annoncer, sans commentaire, dans la rubrique des programmes télé. Et quand on leur téléphone pour protester, ils se gardent bien de rappeler.

Et ils ont prévu de fêter au Canada Dry tant de bêtise et d’aveuglement ?

9 lignes en tout et pour tout…

Pour raconter le tirage au sort du mondial et la défaite 10 à 5 du XV de France féminin, L’Équipe datée du 10 novembre, dans son immense bonté machiste, a tout de même consacré neuf lignes au rugby féminin. C’est pas un peu trop ?

2 réflexions sur “Une imparité de plus en plus dérangeante

  1. Ben quoa ? depuis quand la parité c’est plus un homme et un homme ? en voila des idées pourquoi pas des femmes tant que vous y êtes !!!

  2. Notre beau pays basque avance à petits pas sur le chemin de la parité même si pour le moment (et pour encore quelques dizaines d’années…) les femmes dans la politique vernaculaire s’épanouissent comme l’asparagus dans les bouquets de fleurs et ne sont que les ornements qui permettent de mettre en valeur l’essentiel , les mâles dominants et responsables …

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