Au théâtre, ce soir…

Les comiques sont de sortie !

La démocratie façon Claverie consiste à supprimer les conseils de quartier sans savoir ce qu’on va mettre à la place, tout en affirmant qu’ils sont indispensables.

Mais pourquoi diable aller payer plus de trente euros son billet à la Gare du Midi pour aller voir un comique de deuxième zone, quand on peut s’en offrir gratuitement toute une brochette, lors d’un conseil municipal et même se permettre une séance de replay sur le site de la mairie, si l’on n’a pas compris toutes les blagues échangées ?

(http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/).

On savait cet assemblage hétéroclite d’humoristes qui compose l’actuelle majorité municipale coupé de toute réalité et, lundi soir, on en a eu une saisissante illustration, en constatant à quel point manque dans cette troupe un homme ou une femme d’intérieur. Achetées 50 000 euros, les treize caméras qui « ornent » notre ville depuis juillet n’ont offert pendant trois mois que des images totalement floues, si l’on en croit Sud Ouest du 17 septembre. Heureusement la lumière, si l’on peut dire, est venue d’une inspection des services de la police nationale qui a constaté qu’une pellicule d’embrun salin déposée sur les verres de la caméra empêchait toute vision correcte. N’importe quelle ménagère habitant Biarritz sait qu’il faut faire régulièrement ses vitres si on veut voir ce qui se passe, mais visiblement ce détail avait échappé à l’aréopage municipal et personne n’avait eu l’idée de prendre son seau et sa petite éponge pour aller briquer les carreaux obscurcis. Mais notre grand ordonnateur Veunac l’a promis, « les services municipaux vont faire le nécessaire ». Nous sommes sauvés. Et nous pouvons désormais rire de bon cœur avec le duo de « frères ennemis » Frédéric Domège, Louis Vial.

C’est surprenant : Veunac hésite

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Mais qu’est-ce qu’on rigole !

L’opposition municipale, sans doute lassée de faire la claque aux mots d’esprit particulièrement éculés du très satisfait de lui-même Michel Veunac, avait décidé de s’éclipser, Marie Hontas restant seule aux côtés de Frédéric. Ce dernier, décidé malgré tout à faire le job, avait posé une double question à la majorité à propos des caméras et de l’armement de la police municipale. L’opposant Domège s’étonnait de ce choix de caméras fixes puisqu’il est impossible de zoomer un éventuel coupable : « S’il y a un mouvement de foule et qu’on s’en aperçoit quinze jours après, ça ne sert à rien ». Une impertinence qui a eu le don d’exaspérer le commandant de police honoraire Louis Vial, qui aurait bien mis Domège en garde à vue si le loisir lui en avait été donné. « Nous ne vous avons pas attendu pour être tous les jours aux côtés de la police municipale ». Retour gagnant de Domège qui rappelle qu’en démocratie le rôle de l’opposition consiste à poser les questions qui fâchent, tandis que Vial marmonne.

Indifférent à ce différend, le Monsieur Loyal du conseil municipal, flanqué de son clown blanc Lafite, enchaîne sur l’armement de la police municipale et dégaine son arme secrète : pour trancher, va être créée une commission, composée d’élus de la majorité, de l’opposition, de policiers municipaux et de quelques-uns de ces experts dont Veunac est si friand : « Armer ou ne pas armer la police municipale ? C’est une décision, je le confesse, que j’ai des difficultés à prendre ». La salle rit sous cape, car la véritable information serait que Veunac, au bout de trois ans de mandat, prenne seul une décision, sans hésiter et sans consulter le moindre spécialiste. Mais n’est pas Borotra qui veut.

Pas de quartier pour les conseils… de quartier !

Et vient alors le grand moment de la soirée où Michel Veunac, la main sur le cœur, jure qu’il ne veut pas la mort des conseils de quartier, comme pouvait le laisser croire l’interview sans nuance du grand démocrate Peio Claverie (Sud Ouest, 16/11), qui annonçait sans rire la suppression des conseils de quartier et son remplacement… par un voyage d’études à Mulhouse pour réfléchir à l’avenir : « En principe, le renouvellement des conseils de quartiers aurait dû intervenir en 2017, mais ils ne seront pas reconduits sous la forme actuelle (… ) Nous sommes en pleine réflexion. La disparition des conseils de quartier ne signifie pas l’enterrement de la démocratie participative à Biarritz. Nous n’avons pas besoin de conseils municipaux bis, mais de relais avec nos concitoyens. »

Michel Veunac, quand il énonce une contre-vérité, a toujours une façon caractéristique de se redresser sur sa chaise et de tendre le cou. Monsieur Loyal va donc venir au secours du garçon de piste Claverie : « J’ai été le créateur des conseils de quartier. Esseulé, il y a vingt ans, on ne peut donc pas me reprocher de vouloir régler leurs comptes à ces quartiers. Il s’agit juste de leur donner une architecture différente » Mais alors, pourquoi diable les supprimer en attendant d’avoir trouvé la formule idéale ? L’explication est simple, même si Veunac, en vieux comédien rompu à la scène, a tendance à prendre les spectateurs pour des imbéciles. Des citoyens de valeur, amoureux de leur ville et combattifs ont intégré ces quartiers protestant contre l’implantation des compteurs Linky ou autres décisions municipales, et Veunac, pas assez cajolé dans le sens du poil et préférant vaincre sans péril, adopte le courage fuyons.

L’ajointe aux « Salauds de pauvres! » lucide : « Personne ne m’écoute! »

Incapable d’apprivoiser ses concitoyens, Veunac se mue soudain en dompteur pour montrer son autorité aux lionceaux de la majorité municipale. Tandis que François Amigorena renaude à payer une subvention de 56 000 euros à l’association Surfrider et dénonce une gestion un peu aventureuse, il se fait sèchement recadrer par le dompteur : « Vos considérations d’ordre moral ou citoyen, vous les gardez pour vous ! » Même soufflet public pour Nathalie Motsch qui propose de consentir une simple avance de trésorerie. L’adjointe à l’urbanisme, que l’on ne surnomme plus que « l’adjointe aux salauds de pauvres » depuis qu’elle veut supprimer les logements sociaux, a même un vif mouvement de dépit quand elle constate que son immense personne laisse tout le monde indifférent : « Mais, il ne m’écoute pas ! »

Quant à Veunac, apprenant que des tablettes numériques ont été distribuées aux élus pour un prochain conseil municipal « zéro papier », le 20 décembre prochain, il s’étonne d’avoir été l’oublié de la distribution : « Peut-être qu’on estime que je suis totalement fossilisé dans l’usage du papier » Tout le monde opine de la tête en oubliant que l’ancien deuxième adjoint de Borotra avait pourtant manifesté un don certain pour le copier-coller lors de la rédaction de son impérissable étude sur les débordements festifs de la jeunesse bayonnaise.

Soulagé, le public se dissipe sans demander aux comédiens de remonter sur scène pour une ultime révérence. Même si on lui doit de grands moments de franche hilarité, cette troupe composée de vieux cabots et de jeunes opportunistes aux dents longues, s’est montrée au final assez peu convaincante. Heureusement que le spectacle était gratuit !

 

L’expo qui contredit la mairie

cm-21-nov-04Ouverte jusqu’à samedi tous les après-midis au collège Fall, une exposition regroupant photos anciennes et vidéo contemporaine, permet de mieux appréhender le quartier de la Négresse tel qu’il était quelques décennies plus tôt. Lieu d’échanges sympathiques avec les bénévoles présents, il a été organisé par … le conseil de quartier de la Négresse et démontre l’inanité des propos du maire voulant les supprimer.

4 réflexions sur “Au théâtre, ce soir…

  1. Aréopage. A moins que cet « aéropage » soit une jolie façon de dire que ces gens-là n’ont pas les pieds sur terre, ou qu’ils sont dans les nuages (de brume marine…)

  2. ah le monde du cirque…. ses jongleurs, ses fauves, ses clowns, ses magiciens, ses acrobates
    On dirait un conseil municipal à Biarritz. C’est navrant au carré

  3. Conseiller moi-même, je ne me sens pas essoufflé du tout. Avec nos collègues de tous les quartiers nous nous somment sentis insultés par les propos de Peio Claverie. Notre bénévolat ne convient plus aux politiques de la ville et la pensée unique. Soit! Quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage; Quand on veut se débarrasser des relais citoyens/élus,on les accuse d’être un conseil municipal-bis. Loin de nous ce désir et si certains pensent cela, ils devraient peut-être s’interroger sur les motivations de ce besoin. Nous ne rentrerons pas un moule de béni-oui-oui alors que tant de choses restent à faire pour le mieux vivre au quotidien.
    Oui à la citoyenneté participative.

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