Les absolus primaires de la droite

Dans le temple de la boxe de la salle Wagram, les coups entre les candidats de la droite sont restés très retenus. Normal, sur la détestation du salarié, du prof ou du syndicaliste, tous sont d’accord…

Ah, le bon médicament que voilà pour tous ceux qui ont mal à leur gauche ou qui frisent la dépression pour cause de quinquennat décevant au possible ! Le deuxième débat de la droite se déroulait le 3 novembre, jour annoncé de la gentillesse, dans la salle Wagram, l’ancien temple de la boxe. Les sept candidats de la primaire de droite, en politiques roués, ont su à merveille alterner les vacheries fielleuses, l’autodérision teintée de pain au chocolat et les amabilités mielleuses, tout en retenant leurs coups. Mais si l’on oublie les petites phrases, les effets de manche préparés longtemps à l’avance par des équipes de gagmans salariés, et si l’on s’intéresse au fond, aux propositions formulées par ces Docteur Diafoirus du futur quinquennat, on se sent tout de suite beaucoup moins malades d’être de gauche.

Car derrière les différences de façade, Le Maire qui remet sa cravate pour faire moins moderne, Juppé qui ne dit mot pour entretenir l’illusion du vieux sage, Copé et Kosciusko décidés à se payer Sarko, et Fillon qui débite sa leçon qui n’intéresse personne, que retenir sur le fond ? Sept enfants gâtés, nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui affichent leur haine du salarié, ce fainéant trop payé, leur envie de casser du syndicaliste, la nécessité de plus de police, de plus de juges, de plus de places de prison pour remettre le pays sur ses rails. Et quand on en arrive au sujet-phare de la soirée, notre école en déliquescence absolue (à 22h50 et avec des réponses d’une minute ce qui démontre la stupidité incommensurable de l’exercice !) tous d’être d’accord, après avoir tapé sur les profs, pour préconiser le port de l’uniforme et le chant quotidien de la Marseillaise…

Un débat tous les trois jours s’impose…

Non mais, sérieux, vous croyez que c’est avec cette confondante absence d’imagination et ces règles du XIX e siècle que vous allez transformer le pays ? Et vous avez une équipe appointée autour de vous pour proférer des âneries de cette taille en public ? Et vous croyez qu’on a envie de vous voir diriger le pays avec une imagination aussi atrophiée ? L’école ne se limite pas au bonnet d’âne et aux coups de règle sur les doigts et j’aurais tellement aimé vous entendre parler nouveaux savoirs, détection des métiers d’avenir, recherche des compétences chez l’enfant, évolution des enseignants au cours de leurs carrières…

Après, soyons lucides, le médicament est tellement bon pour toutes les âmes en peine de gauche, ravies des litanies d’inepties proférées par cette droite ringarde au possible, que l’on se prend à regretter que le prochain débat des candidats de la primaire de droite ne se déroule pas avant le jeudi 17 novembre.

Si le médecin pouvait nous prescrire un euphorisant comme le débat de la droite tous les trois jours, on finirait presque par trouver des qualités à Hollande, ce qui, convenons-en, requiert tout de même un bel effort d’imagination…

Laisse-béton, Michel!

Lou Ravi

Lou Ravi, une fois de plus, est persuadé avoir dupé tout le monde…

Il enfile les platitudes et les lieux communs à la vitesse à laquelle un commis-charcutier débite son andouille, tandis que le troisième âge, omniprésent salle Bellevue à l’occasion de ce troisième compte-rendu de mandat, se pâme. Michel Veunac n’a pas le moindre souci à se faire sur son avenir professionnel le jour où il ne sera plus maire. Une belle carrière de Pascal Sevran des maisons de retraite basques l’attend et, entre le thé de cinq heures et la soupe de six, il saura faire chavirer de bonheur son auditoire et fera toujours salle comble. Mais derrière cette facilité d’élocution de l’élu rompu à l’exercice de la prise de parole en public, se cache le pire de la politique : petitesse humaine d’un faux gentil, non-respect des engagements pris, mépris incroyable des électeurs, et dérive autocratique à la Borotra…

Un compte-rendu de mandat dévoyé

Au pied de leur maître, les plantes vertes de la majorité sont bien sages…

Le subtil agencement de la salle Bellevue annonce déjà la couleur. Contrairement aux années précédentes, où le maire jouait groupé avec sa majorité, cette fois, c’est Veunac seul sur l’estrade, et les adjoints à ses pieds. Guillaume Barucq a refusé d’être présent et préféré suivre la séance devant son ordinateur (Sud Ouest, 5/11) « Ce n’est pas un caprice d’enfant gâté, mais nous sommes une majorité plurielle, le bilan est une œuvre collective. » On ne peut que lui donner raison.

http://ville.biarritz.fr/3e-compte-rendu-maire-consultez-video/

Mais, pour ce pauvre Moi-d’abord Veunac, l’exercice démocratique qui consiste à rendre compte aux électeurs de ses actions n’a rien d’évident. Alors, puisqu’il il n’a rien fait d’autre que tergiverser depuis son avènement, avec un art consommé de la vieille ficelle, il joue de l’effet d’annonce en se déclarant abruptement favorable à la construction d’un parking souterrain dans la falaise de la Côte des Basques. Et ponctue ce revirement subit avec un de ces mouvements de menton qui font tout son charme : « Le principe de réalité a prévalu », ou cet impérissable : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » Mais si, Michel, les imbéciles aussi peuvent changer d’avis.

La boîte à absence d’idées de Veunac

Guillaume Barucq raconte : « Veunac avait évoqué au passage l’idée d’un parking, mais je n’étais absolument pas au courant qu’il allait annoncer ce projet au public, sans en avoir parlé à sa majorité. C’est d’autant plus scandaleux que nous nous sommes ralliés à lui entre les deux tours à cause de son opposition à ce parking. » Et l’on admirera au passage le mépris qu’affiche désormais le maire pour les électeurs qui lui ont fait confiance… Ce qui ne l’empêche pas de geindre quand il estime qu’on lui manque de respect. Mais, pour reprendre un de ces truismes bien présent dans la boîte à absence d’idées de Veunac, « Quand on veut être respecté, il faut être respectable ! »

compte-rendu-barucq

Beaucoup plus cohérent, Barucq annonce qu’il démissionnera de son mandat si ce parking voit le jour. On espère simplement que cet élu responsable ne claquera pas la porte du conseil municipal mais ira rejoindre les rangs de l’opposition, maintenant qu’il a compris qui était le sans foi ni loi qui nous dirige.

Miam miam, le béton !

Mais si ce compte-rendu de mandat se limitait à une annonce surprise et à un petit tiraillement entre un maire et un de ses adjoints, il est clair que vous ne trouveriez pas ce papier dans Bisque, Bisque, Basque ! Il est plus que temps que vous vous demandiez la raison véritable de ce putsch de Veunac, très semblable à celui fait par Borotra en son temps. Sociologue de formation, Michel Veunac pourrait apporter ses lumières, même si ce ne sont pas des leds dernier cri, sur la chute de la démographie et réfléchir au moyen d’attirer de jeunes couples à nouveau dans Biarritz. Ou tenter de transformer enfin en réalité cette « économie de la mer » qu’il ne cesse d’évoquer sans jamais rien concrétiser. Au lieu de cela, et alors qu’il n’a jamais eu dans ses précédents mandats la moindre responsabilité en liaison avec le BTP, il vient de nous démontrer avec ce mini-putsch où il a mis moralement et physiquement sa majorité à ses pieds, que désormais le béton devenait sa chasse gardée à lui et lui seul, comme l’avait fait son prédécesseur.

Et, comme c’est étrange, 80% des maires de notre beau pays font le même choix. Les angéliques diront que tous ces élus ont une âme de bâtisseur. Les pragmatiques, adeptes de l’actualité judiciaire, vous expliqueront les amours très passionnées entre le BTP et les maires, qui finissent parfois devant les tribunaux. Devinez pourquoi ?

Biarrots, ne vous laissez pas faire, souvenez-vous des désastres du précédent mandat et révoltez-vous tant qu’il est encore temps !