Un micro indiscret trahit Veunac : « Destizon, je vais le casser ! »

Les élus de la majorité n’ont pas remarqué que les micros étaient restés ouverts pendant le déroulement du scrutin.

Les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! sont formidables. Un de nos lecteurs, qui souhaite sans doute qu’on le prenne en stage, a eu le bon réflexe de tendre l’oreille lors de l’interruption de séance provoquée par le vote pour désigner les quatre représentants de Biarritz pour l’EPCI. Si tout n’est malheureusement pas audible, malgré le travail d’un technicien ami qui a essayé de gommer les bruits parasites, on en entend suffisamment pour comprendre qu’entre le discours officiel sur le « rééquilibrage politique » nécessaire et la réalité, il y a comme un léger décalage.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Profitez de la bande vidéo aimablement fournie par la mairie (tant qu’elle restera en ligne !) et du fichier son que nous avons réalisé pour vivre cette nouvelle farce en direct.

lafite-demande-a-dire-un-petit-mot

46’22’’ : Alors que Super Mimi vient de lancer une de ces vannes à deux balles qu’il affectionne, « Qu’est-ce que ça serait si c’était l’élection du Président de la République », Guy Lafite intervient : « On peut peut-être dire un petit mot » … Le reste se perd dans le brouillard, mais notre cocu magnifique veut sans doute expliquer pourquoi il a demandé une interruption de séance.

veunac-si-vous-voulez

46’27’’ : Moue de mépris de Veunac : « Oui, enfin, si vous voulez » Le ton est tellement dissuasif que le courageux Premier adjoint, n’insiste pas et rentre immédiatement dans sa coquille. Cocu et condamné au silence !

finissons-vite-cte-rigolade

46’47’’ : Et pour bien marquer le mépris qu’il éprouve pour son adjoint aux Finances, Super Mimi se tourne ostensiblement vers Jocelyne Castaignède, oubliant complètement que les micros sont branchés : « Finissons vite cette rigolade ! ». La deuxième adjointe opine avant de rajouter : « C’est vraiment une image (catastrophique ?) qu’on donne ». Tandis que notre si remarquable maire, absolument pas conscient d’être le responsable de toute cette embrouille approuve : « C’est ça ! »

barucq-cest-con

47’55’’ : Le réalisateur s’ennuie pendant le vote et multiplie les gros plans sur les élus qui tapent la conversation en attendant leur tour. Visiblement l’image catastrophique donnée par la majorité ne préoccupe guère Peio Claverie et Guillaume Barucq que la situation a l’air de bien faire rire. On entend même un « C’est con ! » moqueur, sans avoir la certitude que l’expression ne vienne pas d’un autre micro.

je-vais-le-casser

48’50’’ : Alors que le réalisateur s’attarde sur le visage défait d’Éric Bonnamy qui semble comprendre qu’il ne sera pas élu et de Nathalie Sauzeau qui va procéder au dépouillement du scrutin, par un fabuleux miracle de la technique, la conversation qui se poursuivait depuis plus de deux minutes entre Veunac et Castaignède devient soudain très audible, pile au moment où Super Mimi, bravache, montre ses muscles : « C’est pas la fin du monde… Destizon… ce qu’il a fait, je vais le casser, je vais le briser » Et comme la paisible Jocelyne Castaignède semble sceptique, Super Mimi repasse la deuxième couche : « Ah oui, je vais le casser, celui-là ! »

Bisque, Bisque, Basque! n’a pas de temps libre pour l’inconsistance, mais si quelqu’un juge Patrick Destizon suffisamment intéressant pour rédiger sa nécrologie politique, il serait donc grand temps qu’il s’y mette.

Avis aux bidouilleurs

Si un ingénieur du son désœuvré ou un bidouilleur futé veut se pencher sur ces trois minutes où la majorité municipale tutoie les sommets du ridicule, pour nous offrir un verbatim complet, surtout qu’il ne se gêne pas. Nous pourrons ainsi vérifier que les guignols que nous avons élus ont toutes leurs chances pour le premier prix du festival du cirque de Monaco.

Au bain, l’an neuf !

bain-angloys-01Dans un premier temps, en bons Français que nous sommes, on râle : « Mais il est con, ce Rabagny, de nous faire lever un 1er janvier à 11 heures du matin ». Dans un deuxième temps, une fois sur place, on s’extasie sur le décor mis en place, sur cette magie du nouvel an qui donne à chacun envie de parler – et mieux encore, de trinquer ! – avec l’autre, sur ce soin du détail que met Robert Rabagny dans toutes les organisations qu’il imagine. Difficile d’imaginer mieux commencer l’année !

Le 1er bain des Angloys avait été une franche réussite avec une météo particulièrement clémente et un vieux rock destiné à vous faire aimer la nouvelle année. La météo s’annonçant tout aussi clémente cette année, nul doute que la grande foule va se retrouver plage des Sables d’or. Le bain des Angloys aura lieu dimanche à midi pile et, si vous voulez respecter l’étiquette à fond, le dress-code prévu est le peignoir blanc, le nœud papillon et l’incontournable bouteille de champabain-angloys-03gne à la main.

bain-angloys-02

Une embrouille signée Super Mimi

Les conseils se suivent et se ressemblent. Michel Veunac est toujours aussi pathétique.

Nul ne sait si Michel Veunac relève de Lourdes, ville des miracles, ou simplement des soins en urgence du docteur Barucq, mais on peut se demander combien de temps le bon maire qui ne nous dirige pas va continuer à se tirer des balles de pied, avec une maladresse qui finit par forcer le respect. Pas la moindre nostalgie dans ce propos du monarque Borotra, qui aurait réglé en deux froncements de sourcil cette histoires d’élection de quatre délégués supplémentaires à l’EPCI – et gare à celui qui ne vote pas comme j’ai décidé ! – mais juste un peu de pitié pour son diaphane successeur qui est visiblement fait pour diriger Biarritz comme je le suis pour les ballets Malandain.

Et puisque le grand journal local a décidé de ne pas vous raconter les coulisses de ce psychodrame qui dure depuis dix jours, de cette guerre des egos et des vanités majoritaires, consternante pour ceux qui s’intéressent à la vie politique, Bisque, Bisque, Basque !  va se faire un plaisir de vous narrer par le détail cette triste pantalonnade qui nous prouve une fois de plus – une fois de trop !- qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion et que nul n’est plus fort que Super Mimi Veunac pour mettre le bazar dans son propre camp.

Tout sauf Amigorena !

Lundi 19 décembre : Alors que l’opposition, après quelques grincements de dents de Frédéric Domège qui souhaitait être désigné, s’est mise d’accord depuis plusieurs jours pour présenter la candidature de Jean-Benoît Saint-Cricq, Michel Veunac réalise que le conseil municipal du 20 décembre doit procéder à l’élection de trois conseillers supplémentaires, membres de la majorité. En effet, si Veunac a vaguement évoqué le sujet avec ses adjoints, il n’a jamais tenu la moindre réunion de l’ensemble de sa majorité pour arriver à un consensus sur les trois noms. Le problème est pourtant relativement simple à résoudre. Michel Veunac peut opter pour une solution politique en décidant que les trois conseillers communautaires qui ont été fléchés mais pas élus en 2014 (Destizon, Ricord, Amigorena) doivent rejoindre l’EPCI, ou pour une solution technique en cherchant à composer une « dream team » alliant des compétences larges et fort à même de représenter au mieux Biarritz au sein du regroupement des 158 communes.

Alors qu’il est bloqué à Bordeaux par ses activités au conseil régional, Super Mimi téléphone donc à son directeur de cabinet pour qu’il organise en urgence une réunion de ses partisans pour se mettre d’accord sur trois noms. Et il demande à son porte-parole d’organiser un scrutin à un tour avec pour consigne de rayer le nom de François Amigorena. La ficelle est tellement grosse que des conseillers issus de la liste Veunac s’indigneront du procédé et refuseront de voter avant de quitter la salle. Le chef d’entreprise, par ses compétences, pouvait faire fort belle figure au sein de l’EPCI, mais c’est bien là le cadet des soucis de Veunac.

Mardi 20 décembre : Avec cette place libérée, puisque tout le monde sait désormais que Veunac ne veut pas d’Amigorena, les appétits se déchaînent. Barucq qui avait demandé en 2014 à être mieux situé dans la liste qui fusionnait pour le second tour et qui, en contrepartie, avait laissé sa place de conseiller communautaire à Patrick Destizon, a depuis longtemps fait savoir qu’il souhaite participer à l’EPCI. Les Abertzale estiment eux aussi qu’un nouveau poste doit leur échoir. Ce qui est aussi le point de vue de Guy Lafite. La castagne est telle que, le soir du conseil municipal du 20 décembre, Michel Veunac reporte au 28 décembre la désignation des quatre conseillers qui iront rejoindre à l’EPCI les sept autres déjà élus. Tout en affirmant que ce conseil reporté est rendu nécessaire par un décret d’application qui se fait attendre de la loi Notre. Un mensonge de plus à mettre au crédit de Super Mimi.

Veunac trahit son camp

embrouille-02

Pour ceux qui le suivent, Veunac est de plus en plus diaphane.

Nul ne sait si Guillaume Barucq a mis une fois de plus en jeu sa démission, mais Michel Veunac accède assez rapidement à la demande de son adjoint à l’environnement, ce qui a le don d’irriter fortement les Abertzale et les troupes de Lafite. Veunac se rend compte qu’il a besoin de deux postes supplémentaires pour apaiser la majorité disparate et hétéroclite qui est la sienne. Le brave Patrick Destizon est convoqué à la mairie. Super Mimi est persuadé qu’il va rapidement calmer les ambitions de celui qui, jusqu’à maintenant, s’est toujours distingué par sa servilité et sa flagornerie. Sauf que le domestique se rebiffe et annonce qu’il présentera tout de même une liste. Colère de Veunac, jamais aussi courageux que lorsqu’il se retrouve face à un plus faible que lui. « Patrick, tu n’es rien, ici. Le maire, c’est moi et je décide ! » Veunac rentre chez lui, persuadé qu’il a éteint l’incendie et annonce à ses adjoints que la liste de la majorité se composera de Guillaume Barucq, Maialen Etcheverry pour les Abertzale, Éric Bonnamy pour les partisans de Lafite, et Stéphanie Ricord en position inéligible. Et tranquille comme Lucky Luke venu à bout des méchants, notre Super Mimi local s’en va festoyer, après avoir guerroyé, persuadé être le grand pacificateur de la Ville.

Lafite, cocu magnifique

Mercredi 28 décembre, 10 heures : Tellement tranquille, notre Michel, qu’il a organisé la première réunion de l’ensemble de sa majorité depuis qu’il est élu, une heure seulement avant le début du conseil municipal, persuadé que les belles paroles lénifiantes dont il est coutumier apaiseront les plaies, à quelques jours des fêtes. En fait la réunion tourne à la castagne générale, style dernière page des albums d’Astérix. Les Veunaciens historiques se sentent floués et le disent. Patrick Destizon affirme qu’il maintient sa liste avec Anne Pinatel et Édouard Chazouillières, qui n’ont aucune chance d’être élus mais qui sont bien décidés à emmerder le maire.

Mercredi 28 décembre, 11 heures : Tout le monde croit que le psychodrame va se dénouer avant l’heure fatidique mais il n’en est rien et Veunac, totalement dépassé comme à son habitude, doit entamer la séance du conseil municipal sans savoir ce qui va se passer.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Regardez bien les visages des principaux protagonistes, mâchoires crispées, et main sur le revolver, prête à dégainer. Ce n’est plus Biarritz, perle de la Côte basque mais Règlement de comptes à OK Corall, avec le pistolero Veunac totalement emberlificoté dans son lasso.

embrouille-03

Interruption de séance ou commedia dell’arte?

Et c’est là, à la 36e minute de cette grotesque pantalonnade, que Guy Lafite réclame « une courte interruption de séance ». Une interruption de séance de 8 minutes qui va laisser pantois le réalisateur qui retransmet les images sur Internet, obligé de se contenter d’un plan fixe sur Marianne. Dommage pourtant d’avoir raté le spectacle de cette majorité déconfite, sous l’œil goguenard d’une opposition rassemblée.

Voyant que Patrick Destizon persiste dans sa volonté de présenter une liste, Guy Lafite à son tour, qui a compris qu’Éric Bonnamy n’avait plus aucune chance d’être élu, annonce à huis clos qu’il constitue une liste de son côté. Gros moment de flottement dans la majorité. Jusqu’à ce que Guillaume Barucq propose à Éric Bonnamy de lui céder sa place de tête de liste, à condition de le remplacer à mi-mandat. Comme si un poste de conseiller communautaire était un gâteau que l’on partage à sa guise, au lieu d’une tâche à accomplir nécessitant suivi et continuité. Une objection mise en avant par plusieurs élus.

embrouille-04

L’opposition, pour sa part, a manoeuvré intelligemment.

Finalement, le scrutin se déroule comme prévu, tandis que le cocu pas content Lafite ronge son frein. La liste Barucq obtient dix-sept voix et deux conseillers élus (Maialen Etcheverry et lui-même), Patrick Destizon, avec sept voix, sauve sa tête et son ego malmené et, bonne nouvelle pour les Biarrots, le pugnace Jean-Benoît Saint-Cricq participera aux travaux de l’EPCI.

Et notre Super Mimi bien à nous pour notre plus grand malheur, notre ravi de service, qui vient de passer son propre camp au napalm puisqu’il n’a plus le moindre partisan à ses côtés, d’affirmer aux journalistes présents, comme s’il avait contrôlé quoi que ce soit dans cette histoire,  qu’il a « procédé à un rééquilibrage politique ».

Plus de majorité, une ville ingouvernable et un pantin à sa tête, ça, sans nul doute, c’est du « rééquilibrage politique » ! À la sortie, une figure en vue du conseil n’hésitait pas à dire aux journalistes : « Cette fois, je suis convaincu que Veunac n’ira pas au bout de son mandat ».

Mais qui va enfin se décider à mettre fin aux souffrances de Veunac et aux nôtres ?

Père Noël et mère Michèle

(Conte de Noël)

Occupant depuis des décennies ce bel appartement de Ciboure avec une vue magnifique sur l’océan et le fort de Socoa, Michèle reste pourtant indifférente au superbe paysage qui se trouve devant ses yeux, tout comme elle ignore les parures de Noël qui scintillent sous ses fenêtres. Il faut dire aussi qu’elle a tant à faire ! Patrick, son compagnon, inquiet pour la santé d’un de ses proches, a décidé de prolonger son séjour en Dordogne et de la rejoindre un peu plus tard. Passer cette veille de Noël seule, dans cette ancienne cité de corsaires qu’elle chérit particulièrement, ne soucie nullement Michèle qui se réjouit de ce temps libre inespéré, loin de son existence parisienne trépidante.

Pour faire comme tout le monde, Michèle regarde quelques minutes les niaiseries télévisuelles proposées à l’occasion de ce réveillon de Noël, avant de retrouver avec plaisir ses notes et ses carnets. Rien ne lui est plus agréable que le travail. Qui peut-elle entraîner dans l’aventure qu’elle prépare ? À qui faire confiance ? De qui se défier, alors qu’elle a déjà pris tellement de coups, subi tellement de trahisons dans sa carrière ? Tandis que résonnent dans le lointain quelques cantiques de Noël, Michèle répète en boucle sa phrase talisman qui va l’aider à faire les bons choix pour les mois à venir : « Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant. C’est ce qui est difficile, ce qui exige un effort, qui nous donne le sentiment de vivre un peu plus. Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant… »

Un léger bruit fait sursauter Michèle. Elle constate qu’elle s’est endormie sur le canapé et aperçoit une lueur diffuse dans la salle à manger. Elle ne pense pas une seconde à un possible cambrioleur. Mue par la curiosité qui a toujours été sa marque de fabrique depuis l’enfance, elle se dirige d’un pas résolu vers la source lumineuse. Avant de trouver le Père Noël penché sur le sapin que son amie Maialen lui a préparé avec soin, comme chaque année.

L’homme affiche un beau visage empreint de douceur, malgré sa barbe blanche.

Je ne t’ai pas fait peur au moins ?

Michèle ne peut s’empêcher de s’esclaffer.

Tu sais, j’ai un peu passé l’âge de croire au Père Noël !

Le vieil homme qui ne s’attendait pas à être dérangé dans son travail, semble hésiter sur la conduite à tenir.

Qu’on soit grand ou petit, tout le monde aime recevoir des cadeaux. Puisque tu es réveillée, profites-en donc pour regarder ce que je t’ai amené. Et si tu avais un verre à m’offrir, ce ne serait pas de refus.

Michèle se dit que les Pères Noël ne ressemblent plus guère à ceux de son enfance et qu’ils ont désormais de drôles de manières. Mais après tout, à part Robert Rabagny à Biarritz, elle n’en a pas connu beaucoup. Elle ramène donc une bouteille d’Egiategia, ce vin blanc fortement iodé, immergé dans l’océan du côté d’Urrugne.

Sitôt les verres servis, Michèle ne résiste pas au plaisir de déballer les deux cadeaux offerts par l’homme en rouge.

Oh, Père Noël, une urne magique ! Et une panoplie de candidate ! Mais comment as-tu deviné que rien ne pouvait me faire plus plaisir ?

Le Père Noël a du mal à réprimer un grand fou-rire.

Tu sais, Michèle, comme tous les politiques, tes souhaits ne sont pas très difficiles à déchiffrer.

Michèle cache difficilement sa joie et son émotion à la vue des cadeaux reçus.

 Je le savais, je le savais ! Je suis certaine que je vais être présidente de la République en 2017. Toi au moins, contrairement à tous les moqueurs, tu crois en moi !

Accablé à l’idée de tous les enfants qui l’attendent encore, le Père Noël qui avait déjà esquissé un pas vers la sortie, se rassoit lourdement.

Mais, Michèle, tu n’as pas compris…

Michèle qui caresse machinalement le velours de sa robe de candidate, interrompt son geste, bouche bée. Le Père Noël s’efforce de se montrer pédagogue, conscient de la situation délicate dans laquelle il s’est fourré.

Quand tu étais petite, qu’est-ce que je t’offrais ?

Michèle sourit, extatique :

– Je ne risque pas d’oublier ! Une visite de l’Assemblée nationale pour mes sept ans ! Une invitation à l’Élysée, pour la fin de l’année 1956, où j’ai pu saluer, à dix ans, le président René Coty. Et puis des panoplies de conseillère municipale, de ministre, un déguisement en général de Gaulle avec le képi à étoiles qui me plaisait tant. Sans compter ces jeux de société « Politica » et « Que la meilleure gagne ! » que j’ai toujours conservés précieusement.

Le Père Noël se fait plus précis.

Et en 1972, qu’as-tu reçu pour Noël quand tu as démarré ta carrière politique ?

Michèle est perplexe. Elle ne voit pas du tout où veut en venir son interlocuteur.

Alors, là, aucun souvenir !

L’homme à barbe blanche sourit malicieusement.

Des parfums, des foulards de marque, et autres fariboles que toutes les jeunes femmes aiment généralement porter.

Michèle n’ose avouer son trou de mémoire. Le Père Noël, pour sa part, continue sur sa lancée.

Ensuite, tu as eu cette fabuleuse carrière politique que tout le monde connaît. Tu es la seule femme à avoir occupé avec brio les quatre ministères régaliens, Défense, Intérieur, Justice et Affaires étrangères…

Finalement, ce Père Noël est un gros macho planqué sous une houppelande rouge. Michèle lui réplique vertement :

Ah, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi et me sortir, comme Patrick mon compagnon, que POUR UNE FEMME j’ai eu une carrière inespérée ! Je veux devenir Président de la République !

Le Père Noël qui en a vu bien d’autres ne se départit pas de son calme.

Tu n’es pas la seule à avoir cette ambition. Michèle, toi qui as fait tant de choses dans ton existence et qui a gagné une place bien méritée dans les livres d’histoire, tu ne t’es jamais interrogée sur la fonction du Père Noël ?

Des coriaces, elle en a connu à l’Assemblée nationale où les bellâtres de l’opposition tentaient de lui faire perdre contenance lors des questions au gouvernement, mais cette interrogation doucereuse la laisse sans voix.

L’homme en rouge regarde sa montre avec agacement : « Nom d’un renne, je suis tellement en retard ! Et en plus, il faut que je t’explique ! Tu imagines un monde où tous les rêves seraient réalisés ? Ce serait invivable. Ma mission de Père Noël, c’est d’aider les enfants à croire au possible et les adultes à accepter l’idée de l’impossible. Quel que soit notre âge, nous restons tous d’incorrigibles rêveurs. À 80 ans passés, un ancien Don Juan restera toujours un homme émerveillé par les femmes et qui se remémorera en boucle ses bonnes fortunes passées. Un ancien directeur d’entreprise pensera sans cesse à ses plus beaux conseils d’administration. La nostalgie fait partie de la vie. Je dirais même qu’elle est indispensable à la vie. C’est ainsi qu’avec l’âge, on prend de la distance avec son propre parcours, on abolit ses désirs et ses ambitions pour petit à petit se détacher de tout. Mais je dois reconnaître que le pouvoir est une drogue particulièrement dure et que je vous plains sincèrement les politiques ! »

Michèle a du mal à dissimuler son émotion.

« Écoute-moi plutôt, au lieu de t’attendrir sur ton sort. En dehors de la malencontreuse affaire tunisienne, ton parcours est superbe et tu peux être fière de toi. Tu as baptisé ton mouvement politique « Nouvelle France ». Maintenant, donne l’exemple et laisse la place aux autres… Et quand c’est trop difficile, joue avec les cadeaux que je t’ai apportés. La nostalgie est souvent le premier pas qui mène à la guérison »

Un instant, le Père Noël a le sentiment qu’il va prendre en pleine figure la bouteille vide d’Egiategia. Heureusement Michèle se ressaisit et le Père Noël regrette de ne pas disposer de plus de temps à consacrer à la septuagénaire.

« Tu ne vas pas forcément me croire, Michèle, mais j’éprouve une immense admiration pour tous les politiques. Ce que vous faites, le temps que vous consacrez aux autres, votre altruisme, votre souhait d’un monde meilleur, votre générosité de départ, même si elle se mue souvent avec le temps en féroce égoïsme, défient l’entendement. Pas un salarié normal n’accepterait de faire un tel job sans en référer immédiatement à son syndicat. Et je ne parle même pas des dégâts que vous provoquez dans vos propres familles. Une drogue dure, il n’y a pas d’autre terme !  Quand on a goûté au pouvoir, y renoncer de soi-même, en s’épargnant l’humiliation publique d’une cuisante défaite électorale, est un sacrifice presque équivalent à la peine de mort. Regarde Hollande comme il a tergiversé avant de se rendre à l’évidence. Rassure-toi, tu n’es pas la seule dans ton cas. Je te prends tous les paris que dans vingt ans, Max Brisson ou Peyuco Duhart, s’ils sont encore en position de remporter une élection, seront candidats à tout ce qui passera à leur portée. Et prends le jeune talent d’Anglet, le maire Claude Olive ou celle qui pourrait bien atterrir à l’Assemblée nationale, Maïder Arostéguy, ils finiront sans doute comme toi, à chercher encore un suffrage à emporter à soixante-dix ans passés, s’ils ont l’habileté de réussir une longue carrière politique. Je sais, tu as le sentiment que le sol s’ouvre devant toi en entendant mes propos, mais tu verras, Michèle, après les jours de pouvoir, une vie est possible et elle ne manque pas de saveur. »

Michèle se penche par la fenêtre de son appartement et tente de scruter la grisaille cotonneuse du jour naissant. Pas une voiture ne roule en ce matin de Noël, accentuant l’atmosphère ouatée. Dans le chenal, le chalutier Urtxintxa se laisse porter par les courants de la marée descendante pour se diriger vers Capbreton et ramener les précieux merlus, indispensables aux restaurateurs locaux. Malgré sa nuit agitée, Michèle est bien décidée à ne plus opiner machinalement de la tête quand on lui parle, mais à regarder désormais avec attention le monde qui l’entoure. Elle serre les dents et, comme premier exercice, se force à scruter longuement le chalutier bleu et rouge, les marins qui préparent les lignes destinées à capturer par plus de cent mètres de fonds le poisson roi des tables de Noël, le capitaine à la barre, attentif au jusant qui a piégé bien des débutants. Quand elle s’est levée de fort bonne heure, le premier réflexe de Michèle a été d’inspecter le sapin, aussi dépourvu de cadeaux que la veille au soir. Mais elle s’explique mal les deux verres et la bouteille vide sur le guéridon.

Pour se donner du courage à l’idée de descendre dans la rue dès qu’il y aura un peu plus de monde, pour se prémunir contre les réflexions fielleuses qui seront au départ beaucoup plus nombreuses que les gentilles, elle se répète en boucle, comme pour s’encourager dans le nouveau défi qu’elle se lance, « Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant. »

Sa décision est prise. Elle va renoncer à ses projets et chercher à réapprendre l’existence en mode ordinaire. À 9 heures, elle va prévenir Patrick, son compagnon qui ne va certainement rien comprendre à la nouvelle situation et à 10 heures, elle enverra un très bref communiqué à l’Agence France Presse.

Noël n’est vraiment pas le jour idéal pour communiquer, mais, en définitive, elle s’en moque. C’est aussi cela la vraie vie.

 

L’homme qui hésite plus vite que son ombre

Les conseils municipaux se suivent et se ressemblent. Michel Veunac est toujours aussi dépassé.

Tous ceux qui considèrent que l’actuelle majorité municipale n’est qu’un agrégat de petits intérêts personnels et contradictoires, en ont eu l’éclatante démonstration, à l’occasion de ce qui aurait dû être le dernier conseil municipal de l’année, avec, pour cerise sur le gâteau, l’élection des quatre derniers représentants de Biarritz à l’EPCI (7 autres conseillers communautaires ont été élus en 2014). Michel Veunac, le maire qui préfère toujours remettre au lendemain les décisions à prendre le jour même, a sidéré son opposition en annonçant qu’un conseil municipal se tiendrait le 28 décembre prochain à 11heures. Motif officiel : Le transfert de charges de l’EPIC Office de Tourisme Biarritz, en attendant la promulgation des décrets de la loi NOTRe, nécessite « par précaution » la tenue d’un nouveau conseil. Et ce conseil sera aussi mis à profit pour élire les représentants de l’EPCI.

Zizanies dans la majorité

minute-de-silence

La minute de silence en hommage aux Berlinois a permis à la majorité d’être pour une fois d’accord.

Jean-Benoît Saint-Cricq a alors beau jeu de se moquer : « La loi NOTRe a bon dos. La vraie raison de ce report, c’est votre incapacité à présenter une liste cohérente à l’EPCI. Contrairement à l’opposition, votre majorité n’a pas réussi à accorder ses violons. Je ne vois pas pourquoi le vote est différé ce soir. Nous ne sommes pas des marionnettes. »

Qu’on se le dise, la fréquentation de la mairie dans la semaine qui vient va donc être particulièrement dangereuse, les invectives, menaces et horions entre gentils élus devant être le pain quotidien de cette majorité qui n’arrive pas à s’entendre sur ses représentants, mais cherche à nous faire croire qu’elle est capable de gouverner la Ville au mieux des intérêts des Biarrots. Car pour ceux qui se rêvent à l’EPCI, il ne s’agit pas d’idéologie ou de convictions à défendre, juste d’egos martyrisés et dans ce cas-là pas de quartier, comme dirait Peio Claverie ! Et une fois de plus, le pauvre Lucky Luke qui nous gouverne est bien incapable de se faire respecter de ses troupes.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Nouvelle preuve en a été donnée lorsque Jean-Benoît Saint-Cricq, aussi pétillant que le champagne qui nous attend pour la fin de l’année, a osé la question qui fâche à propos de la convocation devant le tribunal correctionnel de Didier Borotra, de Sophie Borotra et de Françoise Pautrizel (2h15’ sur la vidéo) à propos de la mission confiée à la fille de l’ex-maire à la Cité de l’Océan. Et l’on admirera la vitesse avec laquelle Michel Veunac esquive et botte en touche. « L’instruction est en cours. Le jugement attendu en janvier. Je ne m’exprimerai pas sur ce dossier »

Lucky Luke, on vous dit !

Motsch la galérienne

Et comme on ne rit jamais assez en cette période de fêtes de fin d’année, vous pouvez aussi vous offrir un grand moment comique (1h15’ sur la vidéo) en écoutant le débat de très bonne facture, avec de solides interventions de Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq, Guillaume Barucq ou Richard Tardits sur le logement social et en regardant Nathalie Motsch, l’adjointe à l’urbanisme qui voulait supprimer le logement social à Biarritz, ramer comme une malheureuse pour faire oublier sa bévue et tenter de retrouver un peu de crédibilité. Pour celle qui se veut candidate aux législatives, le chemin du Palais-Bourbon reste tout de même assez éloigné.

Charlot dispute la primaire

Vincent Peillon a regardé les programmes de cinéma de son quartier. Et comme rien ne lui plaisait, il s’est dit qu’il ferait un très bon président de la République.

Ah le respectable candidat que voilà ! L’homme qui fait passer ses convictions et son appartenance au parti avant ses intérêts personnels ! Celui que l’on souhaite comme Président de la République, tant il est évident qu’il portera haut les couleurs de la vertu, de la morale et de l’intégrité sans faille. Résumons les faits pour ceux qui auraient raté quelques épisodes sur la désinvolture mode d’emploi.

Ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon a trouvé normal de verser le dixième des émoluments reçus au parti socialiste, comme le précisent les statuts du parti, jusqu’en 2014. Nommé ensuite député européen, après avoir été éconduit par Manuel Valls, Vincent Peillon s’est montré aussi désinvolte avec les obligations financières dues à son parti qu’avec la feuille de présence de l’Assemblée européenne. Classé 467e sur 761 en matière d’assiduité, Vincent Peillon n’a assisté qu’à 11 réunions sur 27 de la commission des Affaires étrangères depuis février 2015 et reste totalement inconnu de ses collègues, puisqu’on le voit principalement le mardi, jour de la signature de la feuille d’émargement qui permet de toucher ses indemnités. (Un sport pratiqué aussi par Dati, Mélenchon ou Marine Le Pen, tous d’accord pour prendre du pognon sans bosser).

(http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/comment-peillon-peine-a-justifier-ses-nombreuses-absences-au-parlement-europeen-894661.html)

Et pendant deux ans, ce grand militant socialiste n’a pas daigné octroyer un centime à son parti, ce qui l’a obligé à signer en catastrophe un chèque de 19 500 euros pour pouvoir se présenter à la primaire. Cher, tout de même, pour une possible déculottée et quelques minutes de gloire télévisuelle. Mais ce manque de vertu socialiste, n’a visiblement pas gêné les 19 parlementaires, les 10 élus locaux, les 60 conseillers régionaux et départementaux et les 15 membres du conseil national du PS qui lui ont accordé sans barguigner leur signature.

Cotisation à département variable, CV à diplômes imaginaires

Et, pour ne pas accabler la gauche, on passera sous silence les trouvailles d’un Arnaud Montebourg, inventeur de la cotisation à département variable. Il verse 172 euros mensuels à la fédération de Saône-et-Loire, ce qui en fait un quasi smicard, si l’on se réfère à la loi des dix pour cent, tandis que le trésorier national Christian Bataille estime qu’il devrait verser mille euros pour mois et chiffre l’arriéré dû par l’ex spécialiste du fabriquons français et de la marinière Armor-Lux à 40 000 euros. Et Montebourg affirme qu’on lui envoie des boules puantes quand on lui parle gros sous !

Et, même s’il n’est pas candidat à cette primaire, on ne manquera pas aussi de saluer l’imagination du nouveau ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, qui, pour avoir suivi quelques cours à HEC et l’ESSEC, s’est déclaré diplômé de ces deux grandes écoles, ce qui est faux, avant de rétropédaler furieusement et de charger son assistant qui l’aurait « mal compris », en mettant son CV en ligne.  Ce n’est pas beau de mentir ainsi quand on est ministre de l’Intérieur. Mais, à force de tricheries permanentes, d’approximations avec les faits ou la vérité, on finit par trouver normal l’impensable. Bernard Cazeneuve, pour une telle approximation aurait dû démettre immédiatement le néo ministre de ses fonctions. Il s’est contenté d’opter pour le silence gêné.

Oui, décidément, quand la gauche enclenche la machine à perdre, elle sait être tout à fait impressionnante.

Cacocolis de Noël

Chez GLS, on pratique l’école du rire : le livreur annonce une date pour le colis et quand on appelle un numéro surtaxé pour protester, on vous annonce que le paquet attendu est à Brive. Pas grave, à deux semaines de Noël, vous n’avez que ça à faire !

Les Français sont toujours persuadés d’être les plus malins du monde. « Les courses dans les magasins ? Les attentes interminables ? Fini tout ça. Désormais, je commande tout par Internet. Je choisis tranquillement chez moi et suis livré à domicile » Raconté comme cela, on serait presque séduit. Malheureusement, entre temps, des sociétés ont vu la mine d’or à exploiter et la réalité est toute autre, car entre le chatoyant magasin virtuel et le consommateur frénétique derrière son écran, se trouve… un transporteur bien réel celui-là… et parfois bien lourd !

Pour une tête de bois avérée, bricoleur du dimanche, une commande à la société myparquet.com s’impose. Je suis informé que le colis numéro 00A1802G sera livré le lundi 12 décembre entre 10 heures et 13 heures par la société GLS France. Ne voyant rien venir le lundi vers midi et devant partir, j’appelle un numéro surtaxé à 0,80 euros la minute et, sans que personne ne décroche, reçois un SMS m’informant que la livraison est repoussée au mardi 13 décembre, toujours de 10 heures à 13 heures. Et en avant pour trois nouvelles heures d’attente totalement vaines ! C’est bien connu, si l’on en croit Fillon et les livreurs, les Français sont tous des fainéants qui peignent la girafe, et non les murs de leurs appartements, du matin au soir.

Si vous aimez souffrir, ne ratez surtout pas cette lecture.

Excédé, je téléphone à nouveau le mardi à 13 heures, poireaute de longues minutes (Pas grave, l’argent rentre ainsi dans les caisses de GLS !) avant qu’un interlocuteur goguenard m’annonce que mon colis est… à Brive ! Ni un mot d’excuses, ni rien et le sentiment de m’être fait arnaquer par une société qui a tout intérêt à ce que ses colis n’arrivent pas à l’heure pour faire fonctionner le jackpot des surtaxes. Une mésaventure qui n’a rien d’inhabituel si l’on se fie au Facebook « Transporteur GLS arnaque », où les histoires les plus hallucinantes se succèdent.

Le responsable de la communication de myparquet.com ne cherche pas à s’échapper et déplore ce qui vient d’arriver : « Il va falloir qu’on remédie au problème d’organisation de GLS. Ça ne correspond plus à l’image que l’on souhaite donner de notre société. »

Si pour éviter trente minutes d’attente dans un magasin, il faut sacrifier deux demies journées sans obtenir le produit désiré, nul doute que l’enthousiasme pour les nouvelles technologies et le commerce en ligne va baisser.

C’est promis, comme les maris volages repentis, je ne ferai plus d’infidélité aux magasins de proximité qui m’entourent et ne risquerai pas d’attraper de MST : le Malaise Suite aux Transports.