Une embrouille signée Super Mimi

Les conseils se suivent et se ressemblent. Michel Veunac est toujours aussi pathétique.

Nul ne sait si Michel Veunac relève de Lourdes, ville des miracles, ou simplement des soins en urgence du docteur Barucq, mais on peut se demander combien de temps le bon maire qui ne nous dirige pas va continuer à se tirer des balles de pied, avec une maladresse qui finit par forcer le respect. Pas la moindre nostalgie dans ce propos du monarque Borotra, qui aurait réglé en deux froncements de sourcil cette histoires d’élection de quatre délégués supplémentaires à l’EPCI – et gare à celui qui ne vote pas comme j’ai décidé ! – mais juste un peu de pitié pour son diaphane successeur qui est visiblement fait pour diriger Biarritz comme je le suis pour les ballets Malandain.

Et puisque le grand journal local a décidé de ne pas vous raconter les coulisses de ce psychodrame qui dure depuis dix jours, de cette guerre des egos et des vanités majoritaires, consternante pour ceux qui s’intéressent à la vie politique, Bisque, Bisque, Basque !  va se faire un plaisir de vous narrer par le détail cette triste pantalonnade qui nous prouve une fois de plus – une fois de trop !- qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion et que nul n’est plus fort que Super Mimi Veunac pour mettre le bazar dans son propre camp.

Tout sauf Amigorena !

Lundi 19 décembre : Alors que l’opposition, après quelques grincements de dents de Frédéric Domège qui souhaitait être désigné, s’est mise d’accord depuis plusieurs jours pour présenter la candidature de Jean-Benoît Saint-Cricq, Michel Veunac réalise que le conseil municipal du 20 décembre doit procéder à l’élection de trois conseillers supplémentaires, membres de la majorité. En effet, si Veunac a vaguement évoqué le sujet avec ses adjoints, il n’a jamais tenu la moindre réunion de l’ensemble de sa majorité pour arriver à un consensus sur les trois noms. Le problème est pourtant relativement simple à résoudre. Michel Veunac peut opter pour une solution politique en décidant que les trois conseillers communautaires qui ont été fléchés mais pas élus en 2014 (Destizon, Ricord, Amigorena) doivent rejoindre l’EPCI, ou pour une solution technique en cherchant à composer une « dream team » alliant des compétences larges et fort à même de représenter au mieux Biarritz au sein du regroupement des 158 communes.

Alors qu’il est bloqué à Bordeaux par ses activités au conseil régional, Super Mimi téléphone donc à son directeur de cabinet pour qu’il organise en urgence une réunion de ses partisans pour se mettre d’accord sur trois noms. Et il demande à son porte-parole d’organiser un scrutin à un tour avec pour consigne de rayer le nom de François Amigorena. La ficelle est tellement grosse que des conseillers issus de la liste Veunac s’indigneront du procédé et refuseront de voter avant de quitter la salle. Le chef d’entreprise, par ses compétences, pouvait faire fort belle figure au sein de l’EPCI, mais c’est bien là le cadet des soucis de Veunac.

Mardi 20 décembre : Avec cette place libérée, puisque tout le monde sait désormais que Veunac ne veut pas d’Amigorena, les appétits se déchaînent. Barucq qui avait demandé en 2014 à être mieux situé dans la liste qui fusionnait pour le second tour et qui, en contrepartie, avait laissé sa place de conseiller communautaire à Patrick Destizon, a depuis longtemps fait savoir qu’il souhaite participer à l’EPCI. Les Abertzale estiment eux aussi qu’un nouveau poste doit leur échoir. Ce qui est aussi le point de vue de Guy Lafite. La castagne est telle que, le soir du conseil municipal du 20 décembre, Michel Veunac reporte au 28 décembre la désignation des quatre conseillers qui iront rejoindre à l’EPCI les sept autres déjà élus. Tout en affirmant que ce conseil reporté est rendu nécessaire par un décret d’application qui se fait attendre de la loi Notre. Un mensonge de plus à mettre au crédit de Super Mimi.

Veunac trahit son camp

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Pour ceux qui le suivent, Veunac est de plus en plus diaphane.

Nul ne sait si Guillaume Barucq a mis une fois de plus en jeu sa démission, mais Michel Veunac accède assez rapidement à la demande de son adjoint à l’environnement, ce qui a le don d’irriter fortement les Abertzale et les troupes de Lafite. Veunac se rend compte qu’il a besoin de deux postes supplémentaires pour apaiser la majorité disparate et hétéroclite qui est la sienne. Le brave Patrick Destizon est convoqué à la mairie. Super Mimi est persuadé qu’il va rapidement calmer les ambitions de celui qui, jusqu’à maintenant, s’est toujours distingué par sa servilité et sa flagornerie. Sauf que le domestique se rebiffe et annonce qu’il présentera tout de même une liste. Colère de Veunac, jamais aussi courageux que lorsqu’il se retrouve face à un plus faible que lui. « Patrick, tu n’es rien, ici. Le maire, c’est moi et je décide ! » Veunac rentre chez lui, persuadé qu’il a éteint l’incendie et annonce à ses adjoints que la liste de la majorité se composera de Guillaume Barucq, Maialen Etcheverry pour les Abertzale, Éric Bonnamy pour les partisans de Lafite, et Stéphanie Ricord en position inéligible. Et tranquille comme Lucky Luke venu à bout des méchants, notre Super Mimi local s’en va festoyer, après avoir guerroyé, persuadé être le grand pacificateur de la Ville.

Lafite, cocu magnifique

Mercredi 28 décembre, 10 heures : Tellement tranquille, notre Michel, qu’il a organisé la première réunion de l’ensemble de sa majorité depuis qu’il est élu, une heure seulement avant le début du conseil municipal, persuadé que les belles paroles lénifiantes dont il est coutumier apaiseront les plaies, à quelques jours des fêtes. En fait la réunion tourne à la castagne générale, style dernière page des albums d’Astérix. Les Veunaciens historiques se sentent floués et le disent. Patrick Destizon affirme qu’il maintient sa liste avec Anne Pinatel et Édouard Chazouillières, qui n’ont aucune chance d’être élus mais qui sont bien décidés à emmerder le maire.

Mercredi 28 décembre, 11 heures : Tout le monde croit que le psychodrame va se dénouer avant l’heure fatidique mais il n’en est rien et Veunac, totalement dépassé comme à son habitude, doit entamer la séance du conseil municipal sans savoir ce qui va se passer.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Regardez bien les visages des principaux protagonistes, mâchoires crispées, et main sur le revolver, prête à dégainer. Ce n’est plus Biarritz, perle de la Côte basque mais Règlement de comptes à OK Corall, avec le pistolero Veunac totalement emberlificoté dans son lasso.

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Interruption de séance ou commedia dell’arte?

Et c’est là, à la 36e minute de cette grotesque pantalonnade, que Guy Lafite réclame « une courte interruption de séance ». Une interruption de séance de 8 minutes qui va laisser pantois le réalisateur qui retransmet les images sur Internet, obligé de se contenter d’un plan fixe sur Marianne. Dommage pourtant d’avoir raté le spectacle de cette majorité déconfite, sous l’œil goguenard d’une opposition rassemblée.

Voyant que Patrick Destizon persiste dans sa volonté de présenter une liste, Guy Lafite à son tour, qui a compris qu’Éric Bonnamy n’avait plus aucune chance d’être élu, annonce à huis clos qu’il constitue une liste de son côté. Gros moment de flottement dans la majorité. Jusqu’à ce que Guillaume Barucq propose à Éric Bonnamy de lui céder sa place de tête de liste, à condition de le remplacer à mi-mandat. Comme si un poste de conseiller communautaire était un gâteau que l’on partage à sa guise, au lieu d’une tâche à accomplir nécessitant suivi et continuité. Une objection mise en avant par plusieurs élus.

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L’opposition, pour sa part, a manoeuvré intelligemment.

Finalement, le scrutin se déroule comme prévu, tandis que le cocu pas content Lafite ronge son frein. La liste Barucq obtient dix-sept voix et deux conseillers élus (Maialen Etcheverry et lui-même), Patrick Destizon, avec sept voix, sauve sa tête et son ego malmené et, bonne nouvelle pour les Biarrots, le pugnace Jean-Benoît Saint-Cricq participera aux travaux de l’EPCI.

Et notre Super Mimi bien à nous pour notre plus grand malheur, notre ravi de service, qui vient de passer son propre camp au napalm puisqu’il n’a plus le moindre partisan à ses côtés, d’affirmer aux journalistes présents, comme s’il avait contrôlé quoi que ce soit dans cette histoire,  qu’il a « procédé à un rééquilibrage politique ».

Plus de majorité, une ville ingouvernable et un pantin à sa tête, ça, sans nul doute, c’est du « rééquilibrage politique » ! À la sortie, une figure en vue du conseil n’hésitait pas à dire aux journalistes : « Cette fois, je suis convaincu que Veunac n’ira pas au bout de son mandat ».

Mais qui va enfin se décider à mettre fin aux souffrances de Veunac et aux nôtres ?

7 réflexions sur “Une embrouille signée Super Mimi

  1. En avançant en âge, parait-il que l’on devient raisonnable, la preuve que non.
    Prendre François en bouc émissaire, cela tourne à la politique parisienne, mais à celle de la ville.

  2. Les Guignols des Biarrots, on rit mais les dindons de la farce c’est nous. L’incompétence faite Veunac, brillamment secondée par des seconds couteaux qui rêvent de manger plus de gâteau que le calife. Cette municipalité ne fera probablement pas 3 ans de plus, ce qui serait une libération pour Biarritz.

  3. Retransmission du conseil municipal, écoutez bien à la 49’00, Veunac dit à Castaignede : « Destizon celui là je vais le casser, le broyer si si je vais le casser tu vas voir… »

  4. Grandiose de mieux en mieux ! façon puzzle : « Mais il connaît pas Raoul, ce mec ! il va avoir un réveil pénible. J’ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule. Mais maintenant c’est fini, je vais le travailler en férocité, le faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux le voir ! Et je vous promets qu’il demandera pardon, et au garde-à-vous ! »

    Les Tontons Flingueurs – M. Audiard

    Une belle année 2017 pour Bisque Bisque Basque et tous les lecteurs ;o)

  5. C’est pas Lafite qui est cocu. C’est son équipe de gauche. Leur candidat Éric Bonnami est passé à la trappe à cause de Lafite qui a refusé de laisser ses proches déposer une liste autonome de celle de Veunac. Le candidat Bonnami aurait été élu d’office avec leurs 9 voix. Mais il y a fort à parier que Lafite a sacrifié Bonami et son équipe pour un poste bien placé au sein de l’Epci (au bureau ?), place promise par Veunac… Quand ils se tiennent par la barbichette…les convictions et les fidélités à son équipe ne tiennent plus, seul l’intérêt personnel compte ! ça risque de chauffer dans le groupe de gauche de la majorité…

    • Qu’ils se tiennent par la barbichette, pas le moindre doute. Mais vous oubliez juste que les sept conseillers membres de l’ACBA (dont Guy Lafite et Michel Veunac) se retrouvent automatiquement au sein de l’EPCI.

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