Didier Borotra, l’abonné du tribunal

Salarier son conjoint ou ses enfants est très tendance. Ce n’est ni François Fillon ni Didier Borotra qui diront le contraire.

Compte tenu de son calendrier judiciaire, il est sûr que le retraité Didier Borotra doit avoir du mal à terminer ses grilles de mots fléchés actuellement. Condamné par la cour d’appel de Pau, mercredi 25 janvier, à 30 000 euros d’amende dans l’affaire des procès-verbaux annulés, l’ancien maire de Biarritz va rendre visite, mardi prochain 31 janvier à 13h45, au tribunal correctionnel de Bayonne, en compagnie de sa fille Sophie et de l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel. Motifs retenus : complicité de prise illégale d’intérêts, prise illégale d’intérêts et recel de prise illégale d’intérêts, Sophie Borotra, fille de, ayant touché 35 000 euros pour une mission de conseils et de recherche d’économies de la Cité de l’Océan, alors que son père était président de la société d’économie mixte qui chapeautait l’établissement. Il est vrai qu’il est très tendance actuellement de salarier ses enfants et que ce n’est pas François Fillon qui dira le contraire.

L’auteur de ce blog étant le contribuable biarrot qui a porté plainte et provoqué cette affaire, Bisque, Bisque, Basque ! s’est efforcé de rester très elliptique pour que la Justice puisse faire son travail en toute sérénité et décider de la légalité ou de l’illégalité de cette mission confiée à la fille du maire. Maître Jean-Paul Malherbe me représentera et demandera un euro symbolique, tandis que Didier Borotra sera défendu par maître Daniel Lalanne, un avocat bordelais qui affirmait en 2007 que défilent dans son cabinet les BQD de la région, les « Bourgeois Qui Déconnent » (http://www.hugo-blog.com/?p=341). On lui laissera la responsabilité de ces propos.

Dès que le jugement sera rendu, Bisque, Bisque, Basque ! se fera en revanche un plaisir de vous raconter toutes les coulisses de cette affaire. Le trouillard qui a tout lâché à Sud Ouest, la panique de la garde rapprochée de Veunac ou l’indolence d’une opposition peu pressée de s’exposer.

La presse locale a très bien fait son travail dans cette affaire et, si vous voulez en savoir plus, il suffit de la consulter (voir documents joints). Si vous êtes un contribuable biarrot agacé par la décontraction de nos élus avec l’argent public, soyez présents mardi à cette audience. Ce sera l’occasion de montrer à ceux qui nous dirigent que nous restons des citoyens vigilants.

 Tribunal correctionnel de Bayonne, avenue de la Légion tchèque, mardi 31 janvier à 13h45.

borotra-proces-la-semaine

Article dans La Semaine du Pays basque du 27/1

Sous la plume de Goizeder Taberna, l’article (payant) de Mediabask consacré au procès.

L’article de Sud Ouest, du 7/2/2015, signé Muriel Bonneville.

Pénélope a trouvé le bon Filon

Faites ce qu’on dit, mais pas ce que l’on fait, le slogan de campagne des Fillon.

600 000 euros, c’est à peu près ce que gagne un ouvrier en une existence entière de travail. C’est aussi ce qu’a touché en huit ans, selon Le Canard enchaîné l’attachée parlementaire fantôme Pénélope Fillon, en plus des non négligeables émoluments de son mari. Tandis que la presse aux ordres insiste sur la légalité de l’opération (Fillon, malheureusement n’est pas le seul dans ce cas !) et que le candidat républicain s’efforce de créer un rideau de fumée en insistant sur la prétendue misogynie dont fait preuve le palmipède à l’égard de son épouse, Bisque, Bisque, Basque ! ne résiste pas au plaisir de rafraîchir la mémoire de ceux qui ne s’intéressent que de loin à la politique, avec le parcours d’un des pires faux-cul de la République.

La grande misère des assistants parlementaires

fillon-underwood

Avec cette affaire, les internautes s’en donnent à coeur joie…

Actuellement, chaque député dispose de 9561 euros mensuels pour rémunérer son ou ses attachés parlementaires. L’État aurait pu légiférer sur le salaire de ces assistants, il a préféré laisser les députés décider par eux-mêmes, ce qui démontre sa très faible envie de moraliser la vie publique. Les émoluments de ces petites mains indispensables aux parlementaires oscillent souvent entre 2000 et 3000 euros, ce qui est peu compte tenu de la précarité et des exigences de la fonction. Claude Bartolone, Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Jean-Christophe Lagarde ou Gilbert Collard n’ont pas hésité à salarier leurs épouses. Certaines effectuent un réel travail, tandis que l’action d’autres reste des plus nébuleuses. En 2014, Médiapart a constaté que 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés occupaient un poste d’assistant parlementaires. Et l’on vous passe les maîtresses, fort nombreuses, pour qui connaît les secrets d’alcôve de l’Assemblée nationale !

Pénélope Fillon doit être une surdouée de la politique puisque dès 2001, celle qu’on n’a jamais vu à l’Assemblée nationale démarre sa carrière avec une rémunération de 3900 euros par mois, puis 4600 l’année suivante, des salaires qui laissent rêveurs les « vrais » assistants parlementaires.

 

Petites combines sur le dos des contribuables

Quand Fillon jouait les Père la morale…

François Fillon a toujours été habile. Ce n’est pas lui qui se ferait gauler par la patrouille en salariant directement sa fille par le biais d’une Société d’économie mixte, comme quelque maire local de la Côte basque. Sitôt devenu ministre, Fillon va engager comme conseiller technique, et donc salarier, Igor Mitrofanoff, tout en le laissant continuer à travailler pour… Marc Joulaud. Si ce n’est pas un emploi fictif, ça y ressemble grandement. Quant à Jeanne Robinson-Behre, elle va occuper en parallèle un poste d’assistante parlementaire d’un sénateur UMP. Des « acrobaties » qu’elle n’a visiblement pas digérées, puisqu’elle affirme à propos de Pénélope : « Je n’ai jamais travaillé avec elle. Je n’ai pas d’info à ce sujet ».Manque de chance, Fillon est nommé ministre des Affaires sociales et du Travail en mai 2002, ce qui aurait pu compromettre la brillantissime carrière parlementaire de Pénélope. Mais son suppléant Marc Joulaud, ébloui par les qualités de la dame, va l’engager pour… 7900 euros par mois, un record toutes catégories pour ce poste. Les deux autres assistants parlementaires de Joulaud, que tout le monde connaît et voit travailler, Igor Mitrofanoff et Jeanne Robinson-Behre se partagent donc le reste de l’enveloppe soit… 800 euros chacun.

Inconnue au bataillon

L’équipe de campagne montre son vrai visage en menaçant la biographe Christine Kelly.

Et c’est là que ça se corse pour le donneur de leçons de la primaire de la droite, le candidat de la « transparence » de la « morale » et de « l’éthique ». Vous connaissez quelqu’un qui va être interrogé sur sa vie et qui ne va pas évoquer son travail ? Lorsque Christine Kelly écrit un livre sur le couple Fillon, jamais Pénélope ne parle de son activité d’assistante parlementaire. Mieux, en 2016, celle qui se présente comme une mère au foyer affirme devant les journalistes ne s’être « jamais impliquée dans la vie politique de son mari ». Olivier Picard, chroniqueur politique depuis 25 ans à l’Assemblée nationale est catégorique :  il n’a jamais croisé la trop discrète Pénélope et juge qu’elle est « indéfendable ».

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1644344-je-suis-journaliste-parlementaire-depuis-25-ans-penelope-fillon-est-indefendable.html

François Fillon, comme tous les politiques pris la main dans le sac, crie à la « boule puante ». Mais le parquet financier vient d’ouvrir, aujourd’hui même une enquête préliminaire pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits». Si les faits sont avérés, il risque une condamnation à de la prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité.

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/01/25/emploi-de-penelope-fillon-pourquoi-le-parquet-ouvre-une-enquete_1543935

 

Des as de l’acrobatie sémantique

Château, manoir, maison, le discours sur cette propriété familiale datant du XVe siècle varie beaucoup en fonction des circonstances politiques. Un peu comme pour la femme au foyer Pénélope devenue soudain une très assidue assistante parlementaire.

Quand il était Premier ministre de Nicolas Sarkozy, le personnel de Matignon disait de Fillon qu’il était « le pire jouisseur de la Ve République ». Monsieur fait la morale, rallonge le temps de travail des Français, veut mettre à la rue des milliers de fonctionnaires, mais quand il est question de son petit confort, rien ne devient négociable. En voiture avec gyrophare, Sablé-sur-Sarthe n’est qu’à deux heures de Paris, mais François Fillon n’a jamais hésité à prendre les avions ministériels qui font tellement plus chic. C’est lui aussi à la fin de l’année 2010, alors que Sarkozy avait interdit à ses ministres de quitter l’hexagone qui se fera gauler en Égypte, à l’occasion d’un séjour somptueux offert par Moubarak. Pris la main dans le sac, il affirmera avec aplomb être en voyage officiel et diplomatique et s’efforcera de détourner les regards de la presse en direction de Michèle Allliot-Marie, partie accompagner ses parents en Tunisie.

Même duplicité quand le couple évoque la demeure familiale de Solesmes. Désireuse de montrer qu’elle est presque aussi bling-bling que Sarkozy, la famille Fillon parade en 2013 pour Paris-Match, dans les jardins du château de Beaucé, acquis en 2013. Miracle de la sémantique, depuis que le notaire calamistré de la Sarthe s’imagine en possible Président de la République, le bien familial est devenu « manoir » puis « maison ».

… Allez, on prend les paris que sous peu le très catholique candidat, avec son inimitable air de chien battu, va qualifier le salaire d’assistante parlementaire de la fidèle Pénélope comme une simple « aumône » destinée à entretenir son humble « masure » !

Alexandre de La Cerda bien plus fort que Jésus !

Les royalistes du Pays basque ne reculent devant aucun sacrifice pour commémorer la disparition du roi Louis XVI. Ils se risquent même à déguster l’improbable « Chäteau Miller La Cerda ».

Petit rappel pour ceux qui ont redoublé leur première année de catéchisme : il y a quelques décennies, Jésus, un grand échalas maigre et barbu toujours flanqué de ses douze copains, adorait, de loin en loin, réaliser un petit tour de magie comme multiplier les pains ou marcher sur l’eau, histoire de faire marrer les filles et d’entretenir sa légende. Mais, selon la Bible, l’enfant de Marie, qui était un peu lymphatique, s’est contenté d’une trentaine de miracles, soit à peu près un par année d’existence. Tandis qu’au Pays basque, nous avons bien mieux avec un Alexandre de la Cerda qui, en toute discrétion, accomplit des miracles quotidiennement.

Heureusement, son comité de canonisation qui prie pour lui et intercède en sa faveur au Vatican pour lui décrocher la fameuse auréole, veille. Sans la vigilance de ces hommes pieux, Bisque, Bisque, Basque !, le blog qui adore mettre en avant la vertu et la moralité, aurait raté un article fort bien troussé de Sud Ouest signé Thomas Villepreux (18/1).

la-cerda-05-et-les-royalistes

Une tête à gagner l’auréole sans confession…

On y apprend qu’une trentaine de nostalgiques, adeptes du raccourci saisissant, fêtent chaque 21 janvier, dans un restaurant de Bayonne la mémoire du roi guillotiné Louis XVI, persuadés que la France irait bien mieux si une tête couronnée nous dirigeait. Monseigneur Aillet, convié à jouer avec ces grands enfants au « Premier qui rira sera décapité », n’a pu se rendre disponible et la vénérable assemblée a dû se contenter cette année d’un baril de prêtre ordinaire en la cathédrale de Bayonne, avant de festoyer.

Miller La Cerda, appellation d’origine incontrôlée

la-cerda-03-et-les-royalistesEt qui est le grand ordonnateur de la cérémonie, chargé d’établir le repas avec le maître queux et d’apporter son vin ? Notre faiseur de miracles quotidiens, Alexandre de La Cerda. En octobre 2016, l’homme qui se déclare sur les étiquettes de son dit-vin nectar « Château Miller La Cerda », propriétaire récoltant à Saint-Martial en Gironde, avait avoué à Bisque Bisque Basque !  avoir vendu toutes ses vignes en 2009.

(https://jeanyvesviollier.com/2016/10/31/le-chateau-mille-leurres-dalexandre-de-la-cerda/)

la-cerda-04-et-les-royalistesMais après tout, pourquoi être plus royaliste que le roi ? Si un amateur comme Jésus a réussi à multiplier les pains, il est bien logique que le très pieux Alexandre réussisse à multiplier le vin, et à le vendre quotidiennement, même si l’appellation reste d’origine un peu incontrôlée. Et question appellation, notre chroniqueur local en connaît un rayon, lui dont le patronyme officiel, si on l’en croit, est Von Miller de Roberty La Cerda Castro Cabrera Y Leuse (Sud Ouest, 5/4/2010). Un miracle généalogique de plus ?

Antoine Descotte : « Ma boîte à Job, ça fonctionne ! »

ma-boite-a-jobComme si, en matière d’aide aux demandeurs d’emploi, il pouvait y avoir matière à rivalité, comme si toutes les idées nouvelles n’étaient pas bonnes à prendre ! Lorsqu’ils décident de monter une association 1901, en mars 2015, les membres du conseil d’administration de « Ma boîte à Job » Antoine Descotte, Yannick Broussé, Marie-Claire Sallaberry, Marie-Claude Albanesi, Cathy Biscay, n’imaginent pas une seconde qu’ils s’entendront dire un jour, de la bouche du directeur de Pôle emploi Bayonne : « Vous êtes clairement nos concurrents ». Tous, par leurs fonctions, sont au contact de chercheurs d’emploi en détresse et perçoivent bien une évolution du monde du travail que les institutions peinent à suivre. Directrice de Herrikoa, une structure de financement participatif au Pays basque, Marie-Claire Sallaberry constate que peu est fait pour aider ceux qui veulent lancer leur entreprise. Attachée parlementaire de Jean-Jacques Lasserre, Marie-Claude Albanesi décide elle aussi de s’impliquer mais se récrie contre un trop évident mélange des genres. « Ma boîte à Job n’est surtout pas une association politique, mais un outil destiné à aider ceux qui souhaitent retrouver du travail ».

https://www.facebook.com/maboiteajob/

Inspiré par la mission emploi de Drancy

ma-boite-a-job-02

Un conseil d’administration de « Ma Boîte à Job ». Yannick Broussé, trésorier, Antoine Descotte président, Cathy Biscay administratrice, Marie-Claude Albanesi secrétaire, Marie-Claire Sallaberry, administratrice et Carole Van Der Loo, administratrice et ancienne salariée.

L’idée de départ est simple « Le Pays basque compte majoritairement des petites entreprises. Nous essayons de mettre en adéquation l’offre et la demande en discutant longuement avec ceux qui recherchent du travail et en les accompagnant dans leurs évolutions ». Les fondateurs ont tous en tête l’exemple de la mission emploi fondée en juillet 2013 à Drancy et qui, aux dires de tous, est un beau succès et le travail effectué par Patrice Hiriart avec sa page Helpworker. Des bénévoles s’attellent au lancement d’une page Facebook qui met en avant des offres d’emploi, jusque-là restée anonymes. Avant d’être mises en ligne, ces offres sont vérifiées et analysées. Parfois, après un échange téléphonique avec l’entreprise, elles sont reformulées et, comme par miracle, le plus souvent la situation se débloque. Très vite la fréquentation des pages s’envole. En juin 2015, l’association reçoit ses premiers chercheurs d’emploi… et se retrouve très vite débordée par les demandes. Aujourd’hui, ils sont plus de 12 000 à avoir exprimé leur enthousiasme pour le travail accompli.

ma-boite-a-job-facebook

Une page Facebook très vivante et qui contient des pépites pour les chercheurs d’emploi.

La subvention de 7587,80 euros accordée par le conseil départemental a permis de recruter une personne bénéficiaire du RSA et une nouvelle à venir. Malheureusement du côté de la politique locale, malgré deux longs entretiens avec les 2 derniers présidents de l’Agglo et des promesses formulées à la fin de l’échange, c’est le bide. Comme si aider les gens à retrouver du travail n’était pas du ressort des maires qui devraient se contenter de subventionner les associations macramé ou pâte à sel de leur ville ! Le conseil d’administration de « Ma boîte à Job » déborde de projets comme des ateliers d’insertion où des personnes éloignées de l’emploi pourraient réapprendre les obligations quotidiennes liées au travail. Mais ce sont les finances qui ne suivent pas.

« C’est rageant, constate Marie-Claude Albanesi, car notre mise en relation des chercheurs avec les entreprises fonctionne. On en a fait la preuve ! ». La meilleure démonstration ? Des conseillers Pôle emploi dirigent en douce les chercheurs d’emploi dont ils ont la charge en direction de l’association. Tandis que le directeur de Pôle emploi, au lieu de se réjouir, grince des dents. Il ne doit pas savoir que, lors d’un récent sondage de BVA, huit Français sur dix ont estimé que le gouvernement n’était pas compétent pour réduire le taux de chômage.

 

Les coulisses de ce reportage

Au départ, un fervent lecteur de Bisque, Bisque, Basque ! Patrice Hiriart qui commente souvent les articles du blog et qui est passionné par le sport et la lutte contre le dopage. Lors de notre première rencontre, il me parle de sa page Helpworker destinée à aider les demandeurs d’emploi. La démarche me séduit et je suis intrigué quand il rejoint bénévolement Ma boîte à Job. Ne croyant que ce que je vois, je lui demande de m’organiser un rendez-vous avec les « inventeurs » du projet. Et là, joie rare du reportage, je tombe sur une démarche inspirée et généreuse, et je croise une équipe qui pétille d’intelligence. Bon, vous attendez quoi pour leur filer un coup de main d’une façon ou d’une autre ?

boite-a-job-super-travail

Collomb fait l’œuf

Et le pire, c’est qu’ils n’ont même pas conscience des énormités qu’ils profèrent, tous ces élus qui se plaignent avec la cuillère d’argent dans la bouche ! Depuis que les ensoutanés ont quitté le navire, La Semaine du Pays basque est redevenu un hebdomadaire tout à fait lisible où chaque semaine un ou plusieurs articles nous font rire ou réfléchir ce qui est l’essence même du journalisme. Et comme, je faisais semblant de m’indigner contre la chronique de Jean-Philippe Ségot où il fustige le maire de Lyon qui affirme ne plus pouvoir s’en sortir avec 4 000 € par mois, en lui disant qu’il m’avait devancé de quelques heures, notre preux chevalier de la plume a décidé d’offrir son texte aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! Un grand merci à notre académique palmipède de la Côte basque.

 A en tomber sur le cumul !

gerard_collomb

Non seulement, Gérard Collomb pleure misère, mais en plus, il ment sur ses revenus réels.

L’histoire est intéressante, et doit faire réfléchir les élus qui sont allés voir François Fillon, il y a quelques jours, pour lui demander de revenir sur la loi anti-cumul… quand ils rencontreront un électeur au coin de la rue qui leur demandera le sens de leur démarche.

En effet, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, est venu pleurnicher parce que le Sénat lui retenait de l’argent chaque mois sur ses émoluments en tant que sénateur, parce qu’il séchait purement et simplement certaines séances et réunions.

« Mes revenus sont plafonnés, je ne touche donc rien en tant que maire de Lyon et président de la Métropole. Je suis donc tombé à 4 000 euros par mois », pleurniche-t-il auprès de notre confrère Le Point ! C’est vrai que 4 000 €, ce n’est rien de nos jours ! Même pas de l’argent de poche ! Pourtant, j’en connais des centaines qui aimerait bien toucher 4 000 € et qui travaillent aussi “dur” que Monsieur Collomb, et probablement dans des tâches et des conditions de confort bien moins heureuses…

Déjà, cette histoire de 4 000 € est choquante. Mais de plus, Monsieur Collomb est un big menteur, comme l’a découvert notre autre confrère Lyon Métropole : « Reste à savoir si l’élu a été ponctionné par la Chambre Haute, au point de n’avoir perçu “que” 4 000 euros par mois. En réalité, la sanction financière s’est élevée à seulement 710,02 € par mois durant un trimestre. Une somme qui correspond à 50 % de l’indemnité de fonction de 1420,03 €. Gérard Collomb a donc conservé durant la période considérée, la quasi-totalité de ses revenus, soit 8 982,04 € mensuels (indemnités plafonnées + 710,02 €), sans parler de l’enveloppe pour les frais de mandat et sa retraite d’agrégé de l’Éducation nationale ».

Mais il est vrai que rien n’oblige le sénateur-maire à cumuler, et qu’il pourrait devenir l’un des porte-parole anti-cumul. Mais là, ce serait trop simple et causerait probablement quelques misères à son petit budget annuel. Notre confrère poursuit : « Comme une ode à la fin du cumul des mandats ? Le maire de Lyon n’y est pourtant pas favorable. La disparition programmée sur les bancs du Sénat des grands élus locaux, conduira, selon lui, à faire siéger une cohorte “de mauvais, d’apparatchiks de partis et de retraités”. En attendant cette joyeuseté, Gérard Collomb a bel et bien été rattrapé par la patrouille, ou plutôt par le règlement du Sénat. Il s’est donc vu amputer, par Gérard Larcher, d’une partie de ses revenus durant le premier trimestre 2016 ».

Et ledit Gérard Larcher de ne pas louper le sénateur-maire de Lyon, comme le raconte notre consœur Sophie Majou : « Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a en tout cas réglé mercredi ses comptes avec le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb (PS). “Est-ce qu’on peut être maire de Lyon à temps plein et sénateur à temps plein ?” a demandé M. Larcher en présentant ses vœux aux membres de l’Association des journalistes parlementaires. «II semble que non, puisque c’est lui-même, M. Collomb, qui le dit », a-t-il poursuivi.

« Et si quelqu’un ne peut pas exercer les deux mandats, il a la liberté de ne pas les exercer, c’est un choix », a asséné l’élu des Yvelines.

« Ce que M. Collomb nous dit constitue une sorte d’hommage à la réforme que nous avons définie ensemble au Sénat », a poursuivi M. Larcher. Celle-ci, appliquée depuis plus d’un an, frappe directement les absents récidivistes au portefeuille.

Il a précisé que les questions d’actualité sont maintenant suivies par plus de 75 % des sénateurs, et que le taux de présence en commission est de plus de 80 %. Larcher a par ailleurs réfuté l’excuse avancée par M. Collomb, un agenda « impossible à organiser ». « Les questions au gouvernement sont fixées deux mois avant le début de la session, les commissions siègent tous les mercredis matins, et pour les votes solennels, c’est la conférence des présidents qui les fixe, trois semaines ou un mois à l’avance», a déclaré M. Larcher.

Monsieur Collomb devra donc se faire à l’idée de choisir, en septembre prochain, lequel de ses mandats il choisira. Pauvre chou ! Pour conclure, je voudrais évoquer Jean-François Kahn qui se demandait samedi sur France Culture où sont les grands esprits qui composait au XIXe siècle le parlement ? Victor Hugo fut parlementaire. Eh oui !

Ne devrait-on pas, au-lieu d’avoir ces cumulards pleurnichards à la Collomb, penser à faire élire des écrivains, des académiciens, des philosophes, des scientifiques, des prix Nobel, histoire de relever un peu le niveau, et de donner un peu plus de dignité et de hauteur à la fonction de parlementaire ? Il serait temps…

Jean-Philippe Ségot

Merci TVPI

rabagny-tvpiAlors que la biographie de Robert Rabagny « Monsieur Biarritz Bonheur » poursuit une belle carrière au Pays basque et qu’il ne se passe pas de jour sans que l’ancienne mascotte ne soit arrêtée en ville par des lecteurs, de nombreux internautes ont regretté de ne pas avoir vu sur TVPI, le reportage qui nous a été consacré., car ils étaient absents pendant les fêtes de Noël. Grâce à la gentillesse de la chaîne locale qui nous a fait parvenir ses fichiers, nous pouvons vous permettre d’accéder à ce reportage, très travaillé comme tout ce que fait cette chaîne.

www.tvpi.fr

Et pour ceux qui ne sont pas très fans de Koxka, l’adolescent boutonneux qui hante désormais le stade d’Aguilera, ou de l’anémique Père Noël qui n’intéresse personne lors des fêtes de fin d’année, vous apprécierez sans doute de revoir en vidéo le flamboyant Géronimo, l’extraordinaire équipage du Père Noël Rabagny ou quelques extraits du concert des Beach Boys.

Ce n’est pas de la simple nostalgie, mais avec Robert, Biarritz avait un tout autre éclat.

Aussi gauches que primaires

primaire-de-gauche

Même Thomas Pesquet dans sa station spatiale paraît moins coupé de la réalité que les sept prétendants au trône de gauche qui nous ont offert un long voyage au bout de l’ennui.

Parler en quatre-vingt-dix secondes maximum de la lutte contre le terrorisme ou de son programme économique est à peu près aussi simple que vider l’océan à la petite cuillère. Mais, pour ceux qui auront survécu à l’interminable échange de banalités qu’a été ce premier débat de la primaire de gauche clôturé à plus de 23h30, démonstration a été faite que ces primaires, non contentes d’être une offense à la démocratie – les bobos friqués et disponibles établissant le casting des candidats qui seront soumis ensuite au suffrage universel -, relèvent aussi de l’ineptie politique pure et simple, chacun étant obligé comme dans un concours de miss de se montrer le plus primaire et le plus démagogue pour avoir une chance de l’emporter.

Si Spock avait bossé un jour dans sa vie…

Prenez par exemple le délicieux Benoît Hamon, qui visiblement plait beaucoup aux sondeurs, sans doute à cause de ses yeux bleus et de ses oreilles pointues qui évoquent le personnage de Spock dans Star Trek. Il propose un revenu universel d’existence, ce qui peut être une bonne idée. En décembre, il parlait de 800 euros par mois, avant de revoir sa copie autour de 700. Coût de l’opération entre 300 et 400 milliards d’euros par an. Et le candidat, bravache, d’annoncer « Ce projet se réalisera en plusieurs étapes ». Tandis que les réseaux sociaux se pâment (Hamon l’emporte très nettement sur Twitter, sans doute pour avoir engagé le plus grand nombre de petites mains), le candidat est bien incapable d’expliquer comment il financera son projet. Et si le gentil Benoît avait un seul jour de son existence travaillé ailleurs qu’au parti socialiste ou dans le confort douillet des ministères, il saurait que le vrai problème est le faible niveau du salaire minimum, tellement voisin de ce qu’on peut toucher par l’assistanat qu’il dissuade d’aller travailler. Dans les zones rurales où il faut faire des kilomètres pour rejoindre son employeur et dépenser des fortunes pour faire garder ses enfants, on économise parfois de l’argent à rester chez soi. Mais quel est le socialiste qui a compris depuis Mitterrand que la première urgence, c’est de relever le salaire minimum à un niveau décent ?

Le ringard Montebourg veut faire marcher au pas la jeunesse

Mon intention n’est pas de m’en prendre spécialement à Benoît Hamon. Tous les candidats, hier soir, ont donné le sentiment d’être des beaux parleurs n’ayant pas la moindre idée concrète à proposer pour redresser la France dès 2017. Un peu comme des sinistrés qui regarderaient brûler leur maison tout en évoquant calmement avec les pompiers la prochaine Ferrari qu’ils vont s’offrir. Entre Jean-Luc Bennahmias qui ne se souvient pas des mesures qu’il a inscrites dans son propre programme, François de Rugy de l’école Jean-Marc Ayrault, capable d’endormir n’importe qui dans les cinq minutes, ou Vincent Peillon, aussi lisse que son brushing, le téléspectateur sincèrement à gauche a l’impression de vivre un cauchemar.

Alors pour se donner l’air présidentiable, on enfile un costume bleu, on réajuste la cravate et on ressort des vieilles idées planquées dans l’armoire derrière la naphtaline. Le fringant Montebourg, qui a connu l’armée dans un bureau de pistonnés caserne Mortier, veut « rétablir le service militaire ». Il a donc oublié que l’armée a été pour notre génération l’école de la bêtise galonnée du sergent Kronembourg, de la fainéantise absolue, de l’alcoolisme élevé au rang de divinité. C’est ça la gauche moderne ?

Et comme Bisque, Bisque, Basque ! déteste tirer sur les ambulances, personne ne s’appesantira sur les propos de la candide Sylvia Pinel déclarant « L’entreprise, ce n’est pas la guerre ». Si seulement, cocotte, tu avais fait autre chose dans ta vie qu’intégrer dès ton plus jeune âge le Parti Radical de Gauche pour sauter sur les genoux cagneux de Jean-Michel Baylet, tu saurais que bien souvent l’entreprise c’est Beyrouth Bagdad et Mossoul réunis. Comme le prouvent le nombre sans cesse croissant de suicides sur le lieu de travail.

Valls candidat ne connaît pas… Valls Premier ministre

Reste enfin le propos le plus stupéfiant entendu pendant cette trop longue soirée, un propos que les commentateurs ne semblent pas avoir relevé. Tandis que Manuel Valls, que tous ses petits camarades se sont bien gardés de malmener frontalement, est interrogé sur la Loi Travail, il balaie le sujet d’un revers de main : « Un vieux débat qui ne m’intéresse pas ! ». Vingt-huit millions de salariés qui sont aussi des électeurs sont concernés, ils ont le sentiment que la gauche les a trahis et veut les obliger à dire « Merci mon bon maître » à ceux qui daigneront les employer, mais le schizophrène candidat Valls Manuel ne veut pas savoir ce qu’a fait le Premier ministre Manuel Valls.

C’est désolant pour tous les militants socialistes sincères, désolant pour tous les élus qui font consciencieusement leur boulot, mais, face à ce spectacle d’une gauche exsangue et totalement vermoulue dans ses propositions, face à ces apparatchik-candidats qui ne savent rien de la vraie vie, on se dit, quel que soit le chagrin qu’on éprouve, qu’à un moment il faut se rendre à la raison, savoir refermer le couvercle du cercueil socialiste et aller chercher les valeurs de gauche du côté de Jean-Luc Mélenchon. De profundis !