Tous mes meilleurs veaux…

carte-de-voeux-201735 000 journalistes et presque autant de façons de pratiquer le métier. En général, les confrères de mon ancienne vie parisienne se rappellent à mon bon souvenir deux fois par an : l’été, quand ils sont en panne de piste d’atterrissage et se souviennent que Biarritz n’est pas une destination trop désagréable ; au début de l’année, au moment du traditionnel échange de vœux. Comme l’autodérision n’a jamais fait de mal, fort de l’expérience de cette année débutante, voici donc les trois propos de début d’année, où vous êtes sûrs de réussir à me mettre en colère.

 » Ça t’occupe ! « 

Ayant longtemps sévi dans les écoles de journalisme, je reçois nombre d’appels téléphoniques de journalistes beaucoup plus jeunes que moi. Et très vite arrive la question insidieuse : « Mais qu’est-ce que tu fais de tes journées ? ». Je leur raconte que mon emploi du temps est presque aussi chargé qu’avant. Et comme je sens beaucoup de scepticisme, je leur explique qu’entre l’océan, le blog, les livres et les travaux de remise à neuf d’un appartement, je n’ai guère de temps libre. Et là le coup de grâce, le mépris aussi inconscient qu’infini, surgit : « Au moins, ça t’occupe ! ». Comme si j’étais une pauvre chose attendant dans l’ennui total la prochaine maison de retraite et la mort ! Pour ne pas envenimer les choses, j’évite de répliquer que je suis désormais libre tandis qu’ils sont toujours (comme je l’ai été !) des esclaves salariés à la merci des caprices rédactionnels de leurs patrons…

  » Tu écris moins… « 

Le propos vient souvent d’anciens confrères qui ont comme moi dépassé la soixantaine. Je suis frappé que la plupart aient pu cesser d’écrire du jour au lendemain, sans ressentir le moindre manque. C’est toujours l’un de ceux qui a laissé prospérer les toiles d’araignée sur son stylo, qui trouve le moyen de me dire : « On va sur ton blog, mais tu écris moins qu’avant ! ». Rien de nouveau sous le stéréotype, en fait. Quand je bouclais ma carrière de rugbyman, peu avant la quarantaine, j’avais toujours un de mes anciens coéquipiers qui avait frileusement arrêté le rugby à 30 ans, pour me dire « Tu joues moins qu’avant ! ». Peut-être, mais au moins, moi je joue, tandis que tu contemples…

 » Tu détestes Veunac « 

Restent enfin ceux qui suivent d’un peu près les affaires biarrotes et qui se sentent obligés de commenter les dernières croquignolades de la vie municipale. Et l’échange finit toujours par un péremptoire « Tu détestes Veunac ». Je ne connais pas Veunac et je n’ai strictement rien contre lui à titre personnel. En dehors d’une spectaculaire algarade, rue du Helder, pendant les municipales, nous nous croisons de loin. C’est faire insulte à ma passion du journalisme que d’imaginer un quelconque règlement de comptes. J’essaie juste d’analyser son action d’homme public et, au lieu de passer l’encensoir, d’appuyer là où ça fait mal, ce qui devrait être le rôle de la presse.

 Lecteurs de Bisque, Bisque, Basque !  je vous souhaite en ce début d’année de n’en faire qu’à votre tête et de cheminer là où votre cœur vous porte. Soyez libres, casse-pieds, impertinents, c’est le meilleur service que vous pouvez rendre à la démocratie !

6 réflexions sur “Tous mes meilleurs veaux…

  1. Comme tout cela me parle!….Merci JYV pour le plaisir que procure votre prose, parfois vitriolée, toujours pertinente, souvent drôle et toujours parfaite dans l’expression, nonobstant parfois le piquant argotique pour pimenter agréablement, nous ne sommes pas loin d’Espelette, que diable!
    Sur votre premier point, une éventualité serait de leur dire comme Juppé: « Moi, j’m’emmerde pas dans la vie, alors je les emmerde! ». Bon d’accord, contexte différent!…
    Sur second point peut-être aussi, et comme vous le rappelez, la liberté, celle dont nous bénéficions après avoir quitté le salariat, celle de pouvoir arbitrer nous-mêmes notre agenda des 18 heures sur 24 pendant lesquelles, comme moi, vous êtes sans doute actif, n’a vraiment pas de prix! Y compris quand nous en consacrons une partie à « du professionnel plus indépendant »!
    Sur votre troisième point, je rendrai un vibrant hommage à votre humour corrosif toujours alimenté par un regard acéré sur les hommes, leurs travers, leurs bassesses, mais aussi une vraie objectivité quand certains de leurs comportements ont l’heur de vous plaire.
    Nous ne partageons pas les mêmes idées politiques, c’est peu dire….Encore que….
    Mais j’ai eu grand plaisir à vous rencontrer et découvrir « de visu ».
    Bravo et merci pour ce que vous faites…..ce que j’ai toujours privilégié pour ma part sur « ce qu’ils (les hommes) sont »!……

  2. J aurai aime demander à M V de se joindre à moi…. pour vous présenter mes meilleurs vœux… mais Destizon m à fait comprendre que ce n était pas une bonne idée ! Bonne année à vous. JP Rigaud

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