Collomb fait l’œuf

Et le pire, c’est qu’ils n’ont même pas conscience des énormités qu’ils profèrent, tous ces élus qui se plaignent avec la cuillère d’argent dans la bouche ! Depuis que les ensoutanés ont quitté le navire, La Semaine du Pays basque est redevenu un hebdomadaire tout à fait lisible où chaque semaine un ou plusieurs articles nous font rire ou réfléchir ce qui est l’essence même du journalisme. Et comme, je faisais semblant de m’indigner contre la chronique de Jean-Philippe Ségot où il fustige le maire de Lyon qui affirme ne plus pouvoir s’en sortir avec 4 000 € par mois, en lui disant qu’il m’avait devancé de quelques heures, notre preux chevalier de la plume a décidé d’offrir son texte aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! Un grand merci à notre académique palmipède de la Côte basque.

 A en tomber sur le cumul !

gerard_collomb

Non seulement, Gérard Collomb pleure misère, mais en plus, il ment sur ses revenus réels.

L’histoire est intéressante, et doit faire réfléchir les élus qui sont allés voir François Fillon, il y a quelques jours, pour lui demander de revenir sur la loi anti-cumul… quand ils rencontreront un électeur au coin de la rue qui leur demandera le sens de leur démarche.

En effet, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, est venu pleurnicher parce que le Sénat lui retenait de l’argent chaque mois sur ses émoluments en tant que sénateur, parce qu’il séchait purement et simplement certaines séances et réunions.

« Mes revenus sont plafonnés, je ne touche donc rien en tant que maire de Lyon et président de la Métropole. Je suis donc tombé à 4 000 euros par mois », pleurniche-t-il auprès de notre confrère Le Point ! C’est vrai que 4 000 €, ce n’est rien de nos jours ! Même pas de l’argent de poche ! Pourtant, j’en connais des centaines qui aimerait bien toucher 4 000 € et qui travaillent aussi “dur” que Monsieur Collomb, et probablement dans des tâches et des conditions de confort bien moins heureuses…

Déjà, cette histoire de 4 000 € est choquante. Mais de plus, Monsieur Collomb est un big menteur, comme l’a découvert notre autre confrère Lyon Métropole : « Reste à savoir si l’élu a été ponctionné par la Chambre Haute, au point de n’avoir perçu “que” 4 000 euros par mois. En réalité, la sanction financière s’est élevée à seulement 710,02 € par mois durant un trimestre. Une somme qui correspond à 50 % de l’indemnité de fonction de 1420,03 €. Gérard Collomb a donc conservé durant la période considérée, la quasi-totalité de ses revenus, soit 8 982,04 € mensuels (indemnités plafonnées + 710,02 €), sans parler de l’enveloppe pour les frais de mandat et sa retraite d’agrégé de l’Éducation nationale ».

Mais il est vrai que rien n’oblige le sénateur-maire à cumuler, et qu’il pourrait devenir l’un des porte-parole anti-cumul. Mais là, ce serait trop simple et causerait probablement quelques misères à son petit budget annuel. Notre confrère poursuit : « Comme une ode à la fin du cumul des mandats ? Le maire de Lyon n’y est pourtant pas favorable. La disparition programmée sur les bancs du Sénat des grands élus locaux, conduira, selon lui, à faire siéger une cohorte “de mauvais, d’apparatchiks de partis et de retraités”. En attendant cette joyeuseté, Gérard Collomb a bel et bien été rattrapé par la patrouille, ou plutôt par le règlement du Sénat. Il s’est donc vu amputer, par Gérard Larcher, d’une partie de ses revenus durant le premier trimestre 2016 ».

Et ledit Gérard Larcher de ne pas louper le sénateur-maire de Lyon, comme le raconte notre consœur Sophie Majou : « Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a en tout cas réglé mercredi ses comptes avec le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb (PS). “Est-ce qu’on peut être maire de Lyon à temps plein et sénateur à temps plein ?” a demandé M. Larcher en présentant ses vœux aux membres de l’Association des journalistes parlementaires. «II semble que non, puisque c’est lui-même, M. Collomb, qui le dit », a-t-il poursuivi.

« Et si quelqu’un ne peut pas exercer les deux mandats, il a la liberté de ne pas les exercer, c’est un choix », a asséné l’élu des Yvelines.

« Ce que M. Collomb nous dit constitue une sorte d’hommage à la réforme que nous avons définie ensemble au Sénat », a poursuivi M. Larcher. Celle-ci, appliquée depuis plus d’un an, frappe directement les absents récidivistes au portefeuille.

Il a précisé que les questions d’actualité sont maintenant suivies par plus de 75 % des sénateurs, et que le taux de présence en commission est de plus de 80 %. Larcher a par ailleurs réfuté l’excuse avancée par M. Collomb, un agenda « impossible à organiser ». « Les questions au gouvernement sont fixées deux mois avant le début de la session, les commissions siègent tous les mercredis matins, et pour les votes solennels, c’est la conférence des présidents qui les fixe, trois semaines ou un mois à l’avance», a déclaré M. Larcher.

Monsieur Collomb devra donc se faire à l’idée de choisir, en septembre prochain, lequel de ses mandats il choisira. Pauvre chou ! Pour conclure, je voudrais évoquer Jean-François Kahn qui se demandait samedi sur France Culture où sont les grands esprits qui composait au XIXe siècle le parlement ? Victor Hugo fut parlementaire. Eh oui !

Ne devrait-on pas, au-lieu d’avoir ces cumulards pleurnichards à la Collomb, penser à faire élire des écrivains, des académiciens, des philosophes, des scientifiques, des prix Nobel, histoire de relever un peu le niveau, et de donner un peu plus de dignité et de hauteur à la fonction de parlementaire ? Il serait temps…

Jean-Philippe Ségot

2 réflexions sur “Collomb fait l’œuf

  1. tb article.
    Totalement hors sol sur la question du cumul notre édile lyonnais. Collomb fait caguer (c’était rop tentant il fallait que je la fasse ;o)

    Perso la question – à laquelle je n’ai pas la réponse – est comment exercer crédiblement deux fonctions requérant chacune 100% du temps dispo? un indice: la réponse est dans la question.

    On sait bien que si ils cumulent c’est pour l’argent et que tout le pipeau autour n’est que du flan. Il faut donc bien sur une lois anti-cumul clair : un mandat point barre et une limitation du nombre de mandats successifs (par ex. 2 ou 3 max) afin de permettre de régénérer le microcosme et d’éviter la « professionalisation » des élus à vie (je vois Juppé depuis que je suis gamin et je vais avoir 48 ans…).

    Toutefois si on veut attirer des gens honnêtes et compétents il faut aussi que la rémunération soit à la hauteur. En 2017 maire d’une (grande) ville est un job 24/7 et les responsabilités bien réelles (eg financières, légales, personnelles etc). Si le salaire est moyen (ce qui à mon avis est le cas aujourd’hui à ce niveau de responsabilité, alors la tentation est soit de cumuler soit….de « balkany-ser »si vous voyez ce que je veux dire).

    La situation est donc complexe, accepter que des élus soient bien payés mais être hyper exigeant et contraignant à leur égard.

    Quant aux pléthores de députés et sénateurs, conseillers locaux, d’agglo du haut, d’agglo du bas, d’agglo de côtés et j’en passe, il faut tailler dans le gras ce qui permettrait alors d’avoir des mandats uniques bien rémunérés et moins de chefs à plumes qui se disputent le bout de gras dès que possible.

    La question qui me taraude est pourquoi Macron trimballe un boulet comme Collomb qui n’a pas inventé la roue (bien qu’il le pense évidemment, satisfait de lui qu’il est à longueur d’interviews cire-pompes) ?

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