Ivrogne, borgne et en rogne…

jean-edern-hallier-l-idiot-insaisissableAu temps de sa splendeur, si l’on peut qualifier ainsi le fait d’être l’objet d’une attention toute particulière du président de la République, ce ne sont pas moins de quatre-vingt policiers qui étaient attachés aux basques de Jean-Edern Hallier pour rapporter à François Mitterrand le moindre de ses faits et gestes. Car celui qui se surnommait lui-même « Le dandy de grand chemin » et qui aimait affirmer : « Je ne parlerai qu’en présence de ma vodka » est avant tout un enfant perdu de la littérature, qui a laissé un réel talent en jachère pour nourrir son ego de polémiques stériles et de coups médiatiques pas toujours très heureux.

Éborgné par les forceps à la naissance, ce fils de général, manifeste très vite un sens du titre et de la formule qui donneront à penser à certains critiques littéraires qu’ils tiennent là un nouveau Chateaubriand. « Le premier qui dort réveille l’autre » (1977) ou « Chaque matin qui se lève est une leçon de courage » (1978) restent des ouvrages plus que lisibles. Au point que le brave Bernard Pivot s’exclama « Cet écrivain sera un jour à l’Académie française » et que François Mitterrand – pas tout à fait un profane en matière de littérature !-voulut rencontrer le jeune homme en colère et se montra très séduit par son talent. Est-ce pour plaire à Mitterrand qu’Edern Hallier, l’année suivante, commettra un pamphlet féroce contre Giscard intitulé « Lettre ouverte à un colin froid » qui n’arrangera pas les affaires du président à fausse particule ?

Alors que la gloire annoncée n’arrive pas aussi vite qu’il le souhaite, Hallier estime que Mitterrand lui doit son élection de 1981. Il réclame sans succès le ministère de la Culture puis la présidence d’une chaîne de télévision, Mitterrand se méfiant de plus en plus de cet incontrôlable qui passe plus de temps en compagnie de la vodka ou de la cocaïne qu’avec sa plume. Hallier décide alors d’utiliser le journal qu’il a fondé, « L’idiot international » pour multiplier les allusions transparentes à l’enfant caché du président, avant de proposer à tous les éditeurs qu’il rencontre un manuscrit mettant au grand jour l’existence de Mazarine. Panique au château ! « Son pamphlet est une épée de Damoclès qui peut s’abattre d’un jour à l’autre. Le rebelle a mis à prix la tête du chef de l’état. François de Grossouvre serait prêt à négocier. Il lui a proposé cinquante mille franc en liquide pour que le livre ne sorte pas. Une somme provenant de la caisse des fonds secrets « De l’argent sale » lui aurait répondu Jean-Edern ».

La partie de cache-cache durera jusqu’en 1994, moment où François Mitterrand officialisera l’existence de Mazarine, tandis que l’écrivain prometteur est devenu un bouffon que plus personne ne prend au sérieux, même s’il séduit encore quelques midinettes avec une technique bien personnelle : « Je viens juste de finir ce manuscrit, mais je ne veux pas vous le faire lire, car sinon vous allez tomber amoureuse de moi ».

En 1997, lorsque ce quasi aveugle est retrouvé mort à 9 heures du matin à Deauville, à côté de son vélo, personne ne se posera beaucoup de questions. Pourtant ce même jour sa chambre d’hôtel et son appartement seront « visités », probablement par des services spéciaux en quête d’autres manuscrits sensibles.

Il faut dire que depuis 1982 et le faux enlèvement qu’il affirme avoir subi, après une prestation totalement ratée et alcoolisée à « Apostrophes », Hallier n’a plus guère de crédit. Disparu pendant une semaine, Hallier réapparaîtra soudainement devant le Palais des Congrès et arrêtera un automobiliste pour qu’il le conduise à la police. Mais la suite de l’histoire, l’ivrogne, borgne et en rogne s’est bien gardé de la raconter. Noyés sous la faconde verbale de l’écrivain qui leur donne force détails sur l’endroit où il était enfermé et sur ses ravisseurs qu’il a miraculeusement réussi à berner, les policiers ne savent pas trop quoi penser de cet enlèvement. Jusqu’à ce qu’un policier intrigué par la mise impeccable du « séquestré », ose l’impensable et demande à Jean-Edern de baisser son pantalon. Et là apparaît un caleçon blanc immaculé pas tout à fait ressemblant à celui que porterait quelqu’un enfermé depuis sept jours…

Oui, décidément avec Jean-Edern, incarnation même du talent gâché et du destin fourvoyé, tout finissait toujours en pantalonnade.

 « Jean Edern Hallier l’idiot insaisissable », Jean-Claude Lamy, éditions Albin Michel, 608 pages, 26 €.

Un fieffé menteur

Pour Michel Veunac, un nageur est un être décérébré qui laisse son cerveau au vestiaire quand il enfile son maillot de bain. 
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Sud Ouest, 25 février.

La construction d’un bassin olympique faisait partie de ses engagements électoraux. Et comme notre maire n’a pas peur de se mouiller, le 9 septembre 2015, lorsque l’équipe de France de natation était venue rendre visite aux jeunes nageurs de la Ville à la piscine municipale, Michel Veunac n’avait pas hésité à faire un selfie avec Florent Manaudou et à réitérer devant les enfants sa promesse d’un bassin olympique à hauteur de leurs rêves.

Et puis, dans Sud Ouest  du 25 février, une information qui n’a l’air de rien mais qui est tellement révélatrice du mode de fonctionnement du maire ! Après s’être ridiculisé tout seul comme un grand, lors du dernier conseil municipal, à propos de la piscine olympique, avoir prétendu que le club de sauvetage côtier ne comptait que 70 adhérents alors qu’il y en a 913, et s’être abrité derrière de discutables experts pour ne pas se lancer dans la construction de ce bassin olympique, notre Super Mimi a désormais le chlore qui lui sort des yeux dès qu’on lui parle lignes d’eau.

Les trois clubs de la Ville représentent plus de deux mille adhérents, mais Veunac ne veut plus en entendre parler. Sans doute parce que le secteur du rugby professionnel du BO, qui a ses petites et grandes entrées à la mairie, tient absolument à ce que le plateau Aguilera reste uniquement dévolu au rugby et accessoirement au tennis.

Or ne voilà-t-il pas que les facétieux (et efficaces !) garnements qui animent l’association Biarritz 2.0, présidée par Philippe Nalpas, ont lancé cette semaine une pétition demandant la construction de ce bassin olympique et recueilli 1300 signatures en moins de temps que notre magnifique édile municipal ne met pour faire un cent mètres brasse coulée, sa spécialité

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Même le Gros dégueulasse du regretté Reiser adore la piscine…

En lisant les commentaires plus souvent modérés qu’acerbes des pétitionnaires sur son manque de vision à long terme dans un département qui ne compte pas un seul bassin olympique, notre dictateur à écharpe tricolore a soudain eu le sentiment de boire la tasse et s’en est allé passer un soufflon mémorable aux dirigeants du club de sauvetage côtier, estimant qu’ils « n’ont pas à communiquer sur cette pétition ». Ce qui, traduit en langage non municipal, signifie que si les dirigeants ne réussissent pas à faire taire leurs grandes gueules d’adhérents, ils verront la subvention qui les concerne passer de la taille d’un bermuda de surfeur à celle d’un string brésilien. Le porte-flingue favori du maire, Peio Claverie, spécialiste des basses besognes municipales, est allé porter le même message aux deux autres associations de nageurs.

On avait déjà connu l’employé municipal Robert Rabagny viré pour avoir affirmé clairement ses idées politiques, voilà maintenant les membres d’un club municipal menacés parce qu’ils osent se mouiller et parler à voix haute. Et l’on aimerait savoir sur quelle loi s’appuie notre champion de nage en eaux troubles pour interdire à des citoyens membres d’une association de donner leurs points de vue.

Désormais, les enfants nageurs savent tous que leur maire est un fieffé menteur et les adultes ont compris qu’il se soucie de la démocratie comme de sa première bouée gonflable.

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La page Facebook de Biarritz Sauvetage Côtier.

 

N’hésitez pas à lire (et signer !) la pétition lancée par Biarritz 2.0

https://www.change.org/p/mairie-de-biarritz-etes-vous-favorable-%C3%A0-la-cr%C3%A9ation-d-un-bassin-de-50m-et-de-10-couloirs-%C3%A0-biarritz?recruiter=682795193&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

« Palace, Palace ! »

Homme ? Femme ? J’ignore absolument qui est « Biarritz observateur », mais ce qui est sûr, c’est que l’auteur du texte qui suit, adressé ce jour à « Bisque, Bisque, Basque ! », connait parfaitement Biarritz. Analyse du naufrage inévitable qui nous attend avec le capitaine Veunac à la barre.
hotel-du-palaisContrairement à la célèbre série télévisée « Palace » qui avait le don de nous faire rire en se renouvelant d’épisode en épisode, ce conseil municipal a replongé le biarrot dans la désolation tant le déni de réalité est omniprésent. La logorrhée veunacienne fondée sur le recours aux « meilleurs experts de France » est une rhétorique éculée dans une majorité divisée et qui laisse béante les deux boulets financiers que constituent la Cité de l’Océan et l’hôtel du Palais. Tant que ces deux ces dossiers ne seront pas pertinemment traités, le développement de Biarritz restera empêché avec en filigrane une hausse de la fiscalité prévisible pour maintenir le bricolage actuel… auquel ont contribué la plupart des anciens du conseil actuel. Voilà qui explique aussi la bourbe dans laquelle Biarritz se trouve.

Avec des historiques fort différents, ces deux dossiers ont en commun d’être aujourd’hui des abymes financiers dans lesquels sont déversés des flots de subventions publiques diverses qui obèrent tout redressement efficace. En millions d’euros annuel pour le concept mort-né de la cité de l’océan, en pure perte alors qu’éclatent aux yeux de tous (en particuliers des prescripteurs de congrès) les besoins impérieux de remise à niveau de voirie et des outils de tourismes d’affaires, de requalification urbaine (quartier du Port-Vieux), et de rehaussement qualitatif de l’offre commerciale actuellement en décalage avec l’image de Biarritz. C’est l’emploi des jeunes Biarrots qui en est pénalisé. N’évoquons pas ici ce qui devrait idéalement être mené en termes de requalification architecturale afin de réparer des erreurs urbanistiques (requalification de certaines façades ; volontarisme auprès de propriétaires de certains hôtels problématiques).
Quant à l’hôtel du Palais, activité déficitaire financée à bout de bras par le contribuable biarrot (via un loyer dérisoire), comment croire un seul instant que ce qui est avancé procurera autre chose qu’un endettement déraisonnable ? Comment croire qu’un maigre contrat de distribution (et non de gestion) permettra, un contexte géopolitique très peu sûr, d’atteindre des objectifs de chiffres d’affaires et de résultat ultra optimistes nécessaires au remboursement d’un prêt gigantesque (mais somme toute peu important par rapport aux besoins d’entretien d’un vrai palace dans une course effrénée à la personnalisation et à l’innovation) ? Biarritz n’est pas sur la carte mondiale du luxe et de surcroit son offre commerciale est encore inadaptée à une telle clientèle. Les Biarrots n’ont plus vocation à financer avec leur impôt une activité hôtelière qui ne ressort en rien à l’intérêt public. Cela n’est pas sérieux et le conseiller Saint-Cricq a raison d’alerter sur le risque que fait courir un tel bricolage. Le logiciel du passé lui continue bien de tourner dans les têtes de l’exécutif municipal. Tout cela sent l’ignorance du monde réel, la gestion paternaliste d’antan, la jouissance pour un maire de maintenir un pouvoir exorbitant sur quelques centaines de familles biarrotes via l’emploi au Palais. Ces salariés qui resteraient salariés de la Socomix seront les premiers pénalisés : ils ne bénéficieront ni des avantages salariaux de FS, ni de la mobilité et de la formation FS. S’il est persévéré dans cette voie hasardeuse, il faudra tout revoir en 2020. En attendant, les parts de marché seront gagnées par les concurrents.

Biarritz, capitale du surf budgétaire

L’argument en défense et servi telle une antienne sur le « logiciel du passé » relève d’ailleurs de la tactique éculée de l’attribution à ses adversaires de ses propres tares. Grossière ficelle. Surtout, le faible taux de réalisation des engagements pourtant votés qui a été soulevé par le conseiller Brisson reste, en dépit d’un comique effet de manche chiffré par l’adjoint aux travaux, inexpliqué…sauf à comprendre que Biarritz est une capitale du surf budgétaire dans la figure de style classique du décalage des travaux sur les exercices ultérieurs. Et l’on connait la musique : à l’issue d’un premier mandat, on en demande un deuxième pour faire « tout ce qui reste à faire ». La politique à la Grand Papa, c’est fort innovant.

La réalité que les Biarrots vivent au quotidien est pourtant indépassable, irréductible. On se demande parfois si le binôme municipal vit, marche et regarde Biarritz. Le quartier Port-Vieux attend un plan d’urgence pour le sortir de son abandon. En outre, Biarritz promet une AVAP mais n’a toujours pas de charte qualité d’occupation du domaine public soit le minimum d’une station classée pour un urbanisme commercial de qualité. Pire, en 2017 (!) La Rochefoucauld risque de voir arriver un nouvelle folie bétonnière et affairiste sur le BAB, imaginée par « l’ami » du Maire de Biarritz (voir et lire Mairie d’Anglet), ce cher Claude Olive, qui va faire passer son prédécesseur pour un futur prix Pritzker. Niant les besoins d’un rond-point, le béton s’apprête à se déverser, la banalisation de la RN10 à s’étendre aux portes de Biarritz en plein quartier à l’identité remarquable. Quels promoteurs faut-il remercier en contrepartie d’arrangements occultes au prétexte du logement social ? La réaction des habitants promet d’être vive. Cohérence en déshérence.

Le « Wipe out » final

La plongée en abyme fût pour la fin avec un entêtement inepte, servi par un esprit de clocher. Le bon sens, pratique et financier, impose à tout esprit responsable de ne s’engager dans l’onéreuse construction-maintenance d’une piscine de 50 m qu’à la seule échelle de l’agglomération voire de l’EPCI. On le voit, le projet n’est certainement pas mûr à ce stade et on ne comprend vraiment pas en quoi la construction précipitée d’un bassin de 25 m à la seule charge de Biarritz servant -logiquement d’ailleurs- une fréquentation d’habitants de l’agglo contribuerait à l’équilibre (financier) d’Aguiléra. Ici l’on trouverait soudainement 5 ou 6 millions d’euros quand l’urgence est ailleurs.

Un bon point pour l’adjoint à l’environnement qui, demandant du volontarisme dans l’exécution du Plan vélo (tout à fait bienvenu), laisse percevoir son opposition au tracé envisagé rue de l’Impératrice. Pour « ne pas pénaliser le stationnement des résidents», le flux sortant de voitures serait redirigé..vers les rues parallèles (Russie, Lavigerie/Alphonse XIII), voies résidentielles et encore plus étroites ! Une ineptie totale tant en termes de sécurité, de pollution et d’attractivité économique des grands hôtels de la zone. Comment peut-on ignorer à ce point les réalités de déplacement ? Oui au vélo mais avec un partage de bon sens. Faire de la place au vélo doit ici faire reculer le stationnement dans la rue, pas créer une nouvelle congestion.

Au résultat, les images des visages des conseillers municipaux montrent souvent de l’abattement, de la consternation presque une sidération et des colères rentrées. Jusqu’à quand ?

Biarritz Observateur

Bidart : Un « fléau », les résidences secondaires ?

Emmanuel Alzuri, maire de la ville, s’est livré devant les caméras de France 3 à un excès verbal qu’il regrette quelque peu.
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Trop de volets fermés, toute l’année, dans les stations balnéaires ? Le problème n’est pas si simple.

Si un acquéreur potentiel d’un appartement sur la Côte basque s’est trouvé devant l’édition France 3 Pays basque du 10 mars, il a dû tomber de sa chaise en découvrant à quel point il n’est pas le bienvenu. Le sujet évoque la possibilité désormais offerte aux maires de surtaxer les propriétaires de résidences secondaires jusqu’à + 60%, ce qu’Anne Hidalgo, qui n’en rate décidément jamais une, vient de s’empresser de faire. Interrogé par la télévision locale, Emmanuel Alzuri, maire de Bidart mais aussi directeur de l’Office de Tourisme d’Anglet, semble sur la même longueur d’ondes, malgré quelques précautions oratoires : « Ce sont des mesures qui paraissent attentatoires aux libertés et en ce sens elles sont très gênantes, mais, en même temps, on s’aperçoit que si on n’utilise pas les outils qui sont à notre disposition pour se battre contre le fléau des résidences secondaires, on est, me semble-t-il à côté de la plaque. » Vérification faite dans le Larousse, le fléau est bien cette « calamité naturelle dont un pays a du mal à se défaire », définition totalement blessante et discriminante pour ceux qui arrivent d’une région moins favorisée que le Pays basque. Interrogé par « Bisque, Bisque, Basque ! », l’élu de Bidart est conscient que les mots ont dépassé sa pensée, comme il l’explique ci-dessous. Reste tout un catalogue d’idées reçues sur les résidents secondaires qu’il convient de dénoncer. Revue de détail.

COMPENSER LA BAISSE DES DOTATIONS DE L’ÉTAT

L’État, depuis 2012, réduit fortement les sommes qu’il versait aux communes. Quand les villes veulent garder le même train de vie, elles décident donc d’augmenter de 20 % ou plus les impôts locaux des propriétaires de résidences secondaires. Une taxation totalement inique puisque l’impôt devrait être le même pour tous, mais qui a l’avantage de ne pas faire grogner les autochtones.

FAIRE OUBLIER SES CARENCES EN MATIERE DE LOGEMENT SOCIAL

La loi impose 20 % de logements sociaux dans une ville. Biarritz piétine péniblement à 9%, Bidart à 14 %. Mais quand les jeunes se plaignent de ne pouvoir se loger dans leur ville natale, il est tentant pour un maire, même si c’est malhonnête intellectuellement, de leur dire que c’est la faute des résidents secondaires qui accaparent tous les logements.

DES « SECONDAIRES » QUI RAPPORTENT PLUS QU’ILS NE COÛTENT

Bien sûr la demande est plus forte sur la Côte Basque qu’au centre de la Creuse. Mais les droits de mutation qu’encaisse chaque ville sur les transactions immobilières sont proportionnels au prix payé et peuvent constituer une manne pour les stations balnéaires. Par ailleurs, un résident secondaire qui n’a pas passé son enfance dans une ville n’a rien coûté à la commune en matière de garderie ou de scolarité. S’il n’occupe son appartement qu’une partie de l’année, il cause moins de frais qu’un résident à plein temps au niveau du ramassement des ordures ménagères, par exemple. Enfin bien souvent, il s’installe à un moment de sa vie de relative aisance financière et rapportera donc beaucoup plus qu’il ne coûtera à la ville de son choix. Enfin, très souvent, le résident secondaire d’aujourd’hui va devenir le résident principal de demain. Et se souviendra des propos peu amènes tenus sur son compte.

UN FISC QUI SE GARDE BIEN DE FAIRE LE TRI

La notion même de résidence secondaire recouvre des réalités totalement différentes, mais le fisc, et derrière lui le législateur, se gardent bien de faire le tri. Pour le profiteur qui retape à la va-vite un gourbi pour faire du AirBnb pendant l’été, pour le quinquagénaire qui prépare sa retraite et pour le couple contraint à deux logements pour raisons professionnelles, même punition et même surtaxation ! Les lois Macron et la Loi sur le Travail prônent de nouvelles mobilités professionnelles, ce qui correspond à la réalité du marché du travail. Nombre de couples sont donc devenus au fil du temps des couples TGV qui se retrouvent les week-ends et travaillent l’un et l’autre dans des lieux fort éloignés. Mais il demeure une aberration de taille. Si, pour son travail, un couple marié a besoin de deux logements, l’un des deux sera considéré comme résidence secondaire et taxé comme tel. Absurdité totale, car à part divorcer, le couple n’a aucune solution face à ce qui constitue une injustice manifeste. Mais l’État et les communes ont tellement besoin d’argent qu’ils préfèrent ne pas se montrer trop regardants.

Alors oui, que nous soyons originaires du Pays Basque ou fraîchement installés, nous sommes malheureux pour tous ces jeunes qui n’arrivent pas à se loger dans la ville où ils sont nés et souhaitons que des solutions d’aide à ces familles soient mises en place. Quand une ville comme Biarritz passe en dix ans de 30 000 à 25 000 habitants, ce cataclysme démographique est bien la démonstration que le système ne tourne pas rond. Mais est-ce la faute des résidents secondaires ou est-ce l’incurie de certains maires qui ont laissé faire en se défaussant confortablement sur des victimes toutes désignées ? À vous de juger, avec les deux points de vue, diamétralement opposés d’Emmanuel Alzuri et Michel Lamarque.

 

Emmanuel Alzuri, maire de Bidart : « Les promoteurs nous prennent pour des fous »

 

alzuri-01Est-ce que le directeur de l’Office du tourisme d’Anglet que vous êtes, est très à l’aise avec le propos « ségrégationniste » tenu par le maire de Bidart, samedi soir ? N’avez-vous pas le sentiment que les résidents secondaires, qui ne coûtent pas de frais de scolarité à une ville, et ont moins de frais d’enlèvement des ordures ménagères, puisqu’ils ne sont pas là à l’année, sont aussi une chance pour une ville ?

Le mot « fléau » dans ce contexte n’est évidemment pas approprié : il est très exagéré. Et comme tout ce qui est excessif, il en devient insignifiant. Ce ne sont pas les résidences secondaires (ou bien évidemment les « résidents « secondaires) qui sont un fléau, mais la conséquence de leur multiplication sur la capacité des gens à se loger, due à la pression exercée sur les prix. Car il est un fait acquis : plus la zone géographique est dite « tendue » (appréciation portée par les Services de l’Etat sur la commune de Bidart), plus la simple « loi du marché » tend à exclure une forte partie de la population de toute possibilité d’accession immobilière.

Par ailleurs, d’un point de vue technique, la résidence secondaire n’est pas un modèle pour un développement touristique réussi : des volets clos pendant dans les périodes de faible activité n’apportent rien à la commune. Sur ce point, le Directeur de l’Office de tourisme d’Anglet et l’élu Bidartar partagent absolument la même vision. Attention à la vision cynique des choses qui consiste à dire que « ceux qui ne sont pas là paient pour ceux qui vivent là à l’année » car il ne faudrait pas occulter la réalité.

Par exemple, en haute saison, la commune doit mettre en place un certain nombre de moyens afin de dimensionner les services publics à la hauteur de la population réelle démultipliée par le remplissage des résidences secondaires. Ces moyens, ce sont en réalité, pour ne prendre que quelques exemples, des investissements coûteux à la dimension du pic de fréquentation (traitement des ordures ménagères-station d’épurations-système de transport). Ceux-ci ne sont pas optimisés puisqu’ils ne sont pas utilisés toute l’année. Et aussi, des emplois précaires de saisonniers, ce qui ne peut nous réjouir.

– À combien s’élèvent les droits de mutation dans une ville comme Bidart ? Estimez-vous que ces droits sont liés pour une grande part à l’achat et à la revente de résidences secondaires ?
Les droits de mutation à Bidart s’élevaient à 809 774 € en 2016. (« Une sorte de record du monde », précise le maire) Nous n’avons pas les moyens techniques de savoir précisément à quel phénomène est lié le montant de ces droits. Le marché est, il est vrai, très dynamique, tant quantitativement que qualitativement. Ceci exclut de fait, mécaniquement, une grande partie de la population (il est courant  à Bidart de voir des biens vendus au-delà du million d’euros et ne sont pas rares les transactions à 2, 3 ou 4 millions). Arrive alors une population extérieure au territoire avec des moyens souvent sans limite. Le problème bien connu qui découle de ces transactions est le phénomène des « prix de référence » qu’elles installent dans la commune. Ces références s’auto-alimentent et se diffusent, elles « sont le marché » et  transforment l’écosystème local en une véritable machine à exclusion.

– Par ailleurs, quel est le pourcentage de logements sociaux dans votre ville et ne croyez-vous pas que, avant de fustiger, des gens désireux de venir s’établir dans une belle région, il convient de respecter la loi ?

Nous ne fustigeons personne et tout le monde est bienvenu à Bidart, mais passer  ponctuellement ses vacances dans sa résidence secondaire (et la louer sur « AirBnB » le reste du temps)  et s’installer durablement dans une région pour y vivre à l’année sont des démarches diamétralement différentes. Respectables l’une comme l’autre, mais différentes.

Bien évidemment, dès lors qu’on «s’établit dans une belle région » pour y vivre l’essentiel de son temps, on n’est plus considéré comme un résident secondaire. Donc, pas concerné par aucune des mesures fiscales proposées par le Gouvernement.

En 2016, Bidart comptait 13.2% de logements sociaux. Nous travaillons d’arrache-pied au respect de la loi en matière de production de logements sociaux, bien que ce soit une course sans fin.  Depuis l’adoption du PLU fin 2011, la commune impose 50% de logement social dans tout programme immobilier à partir de seulement 4 logements. Ces règles sont uniques : Bidart est la seule commune de tout le Pays Basque à le faire, et ce, sur l’ensemble de ses secteurs urbanisés, qu’ils soient face à la mer ou à l’intérieur des terres et quand nous expliquons ces règles à des promoteurs, ils nous prennent pour des fous.

Si ce règlement de mixité sociale volontariste a déjà produit des effets positifs pour les Bidartars, de nombreuses demandes de logement dont encore en attente. C’est pourquoi, dans quelques semaines, ces 50% s’appliqueront jusqu’à 10 logements, puis 60% jusqu’à 30 logements et enfin 70% au-delà de 30 logements. Et ceci, en combinant locatif social et accession sociale, pour un parcours résidentiel complet.

Pour en terminer, je vous rappelle notre intention : éviter de bétonner l’ensemble du territoire au prétexte qu’il faut construire des logements, alors même qu’un grand nombre d’entre eux est vide la plupart du temps ou exclusivement dédié à la location touristique.

Nous recherchons l’équilibre pour notre commune.

Pouvoir offrir aux jeunes générations la possibilité de vivre un parcours résidentiel dans la commune dans laquelle ils ont grandi.

 

Michel Lamarque : « Je déteste qu’on désigne un bouc émissaire »

michel-lamarqueDirecteur de TVPI et principal opposant à Emmanuel Alzuri, Michel Lamarque a été plutôt consterné par les propos tenus sur France 3 :

« Que penser des résidences secondaires ? D’abord je déteste qu’on désigne quelque bouc émissaire que ce soit. Les résidences secondaires font partie de l’histoire et de l’économie du Pays basque, qui a toujours été une terre d’accueil, pour les gens les plus simples ou les plus fortunés. Il y a trente ans, il n’y avait pas de problème de logement au Pays basque, parce que les jeunes partaient ailleurs. 

Aujourd’hui le solde migratoire s’est inversé, et c’est ça qui crée des tensions sur les prix de l’immobilier, pas une invasion de migrants à carte Platinium. Un problème de riche en quelque sorte, puisque le Pays basque ne voit plus partir ses enfants, et doit juste les loger !

J’ai donc toujours été réservé sur la « punition » fiscale des résidences secondaires, déjà pénalisées, en toute discrétion, par l’absence « d’abattement à la base ». En prélevant un impôt sur le manque d’anticipation de certains élus, ou la démagogie de certains autres, les communes gagneraient beaucoup plus d’argent ! »

Le désorienté budgétaire

Catalogue d’incantations non chiffrées, le document d’orientation budgétaire fourni par Veunac a suscité l’ironie mordante de l’opposition.

L’affaire de la piscine olympique le démontre : Michel Veunac a tendance à se noyer dans un verre d’eau.

Un vieux cheval de retour comme Michel Veunac devrait savoir que l’homme politique, c’est celui qui voit et décide avant tout le monde, anticipant sur l’opinion publique, comme a pu le faire en son temps François Mitterrand au sujet de la peine de mort. Mais notre roi de la phrase creuse, adepte des énoncés ronflants, adore jouer à l’homme simple qui se réfugie derrière les spécialistes. Comme s’il ne savait pas que les experts se font grassement rétribuer par les municipalités pour dire ce qu’elles ont envie d’entendre !

Platitudes en papier de soie

Témoin, ce débat surréaliste, lors du dernier conseil municipal, sur l’éventuelle construction d’un bassin olympique à Biarritz ou dans l’agglomération : « Monsieur Saint-Cricq, vous êtes expert en tout (Comme si utiliser ses neurones relevait de l’expertise et non du simple bon sens !). Moi, je ne suis pas expert en piscine. J’ai écouté les experts. » Et notre bon maire, après avoir fustigé « le nomadisme des usagers de piscine », de s’embarquer dans une explication désopilante sur le nombre de mètres carrés de surface d’eau possible par habitant. Visiblement les experts convoqués n’ont pas tenu compte de la pluviométrie de la Côte basque et des baignoires, douches à l’italienne et autres jacuzzis appartenant à des Biarrots, mais ILS SAVENT ! Selon ces formidables experts, Biarritz dispose actuellement de 437 mètres carrés de « surface d’eau », alors qu’il en faudrait 560 pour être confortable et qu’on passerait à 1687 en cas de construction d’un bassin olympique. Le calcul a-t-il été fait en tenant compte de la population hivernale ou estivale de la Ville, personne n’en sait rien. Est-ce cela qu’on appelle une expertise au doigt mouillé ?

Alors oui, si vous voulez comprendre véritablement la méthode Veunac, sa façon d’emballer de papier de soie la moindre platitude et de masquer par des phrases ronflantes une pathétique absence d’idées, oubliez pour une fois les niaiseries de votre téléviseur et offrez-vous l’écoute du dernier conseil en admirant la façon dont l’opposition, pour une fois pugnace et unanime, a transformé Veunac en roi nu.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Après les préliminaires d’usage, le coup d’envoi des hostilités est donné à 2 h 42. Max Brisson, étonnamment offensif avait déjà envoyé un coup de griffe à propos d’une délibération sur l’aménagement de la Côte basque, très semblable à ce qui avait déjà voté il y a un an. Mais il nous garde le meilleur pour ce débat d’orientation budgétaire. Avec la technicité incontestable qui le caractérise et ce ton de gros matou qui envoie des coups de patte sans avoir l’air d’y toucher, il va très vite dégonfler l’oeuvre d’imagination rédigée par Veunac et Lafite, estimant que dans ce document, on trouve plutôt « une juxtaposition disparate d’actions parfois très détaillées, parfois à peine décrites, que la description d’une politique cohérente au travers des différentes facettes de l’action municipale ».

Brisson et Saint-Cricq excellents

La cohérence, c’est bien là le problème majeur de ce maire qui est persuadé qu’incantation vaut action. Et Max, qui a dû doubler sa dose de Banania matinal tellement il se montre pugnace, de continuer en dénonçant « une propension à lister ce qu’il faudrait faire, ce qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre (…) plutôt que de dire ce qui sera finalement réalisé en 2017 ou 2018. »  Et l’ancien premier adjoint, vraiment excellent, de reprendre les propos du maire qui liste ce que l’on « POURRAIT » faire au lieu de dire ce qu’on va faire, avant de conclure, dédaigneux comme un chat lassé de jouer avec une insignifiante souris ceinte d’une écharpe tricolore, « Votre document embrasse très large avec de très nombreux effets d’annonce ».

Après le professeur, place à l’orateur Jean-Benoît Saint-Cricq (2 h 58). L’habitué des prétoires en reprenant des extraits de ce rapport d’orientation budgétaire, va démontrer de façon totalement désopilante à quel point le maire actuel se réfugie dans des phrases vides de sens pour masquer son inaction et ses incapacités. Parlant d’un « rapport d’orientation budgétaire qui ne mérite pas tout à fait son nom », le talentueux avocat s’amuse à soulever le rideau du décor pour montrer le vide abyssal qui se trouve derrière. « À propos du commerce, vous voulez mettre en place de nouveaux outils de veille et d’observation de l’activité commerciale. Lesquels ? (…) Vous voulez faciliter l’offre marchande en participant au projet d’aménagement urbain pour développer les polarités commerciales des quartiers. Quel budget ? Quels moyens ? (…) À propos de L’Hôtel du Palais, quel montant de travaux ? quels partenaires ?»

Veunac fessé comme un garnement

Veunac pérore et tout le monde dort…

Et l’avocat biarrot d’ironiser aussi sur les chiffres annoncés par la Cité de l’Océan et de fustiger « les gens dépensiers qui ont fait n’importe quoi avec l’argent des Biarrots » avant de conclure : « Un cadrage budgétaire ? Non, de la poudre aux yeux ! »

Bisque, Bisque, Basque ! sait parfaitement que les châtiments corporels infligés aux enfants sont illégaux, mais si vous voulez voir Veunac fessé comme un vilain garnement, ne ratez pas la séance. D’autant plus que Frédéric Domège va se charger des finitions, en déplorant un « catalogue » d’annonces et une absence totale de réflexion sur le stationnement.

Face à cela notre Super Mimi n’a pas grand-chose à rétorquer. Comme un élève dissipé qui remettrait un devoir d’espagnol à son professeur d’anglais, il affirme avoir voulu faire un document d’orientation budgétaire différent des pensums réalisés par Didier Borotra et s’agace qu’on l’accuse de lenteur et d’indécision, avant d’énoncer cette docte remarque qu’il a dû afficher au-dessus de son bureau : « L’action est lente parce qu’elle est soumise à des contraintes et des difficultés à prendre en compte ».

Et dire qu’on a encore trois ans à devoir entendre des perles de cet acabit !

Motsch se fait toute petite

Nathalie Motsch, qui avait donné procuration à Patrick Destizon, n’était peut-être pas tout à fait absente par hasard. Cette pauvre Nathalie, qui affirme une ambition qui ne correspond pas toujours à ce qu’elle a démontré jusque-là, vient en effet de se prendre une série de portes en pleine poire. Lors de la première séance de l’agglomération Pays basque, qui s’est tenue dans les locaux de l’université de Bayonne, Nathalie Motsch a déposé sa candidature contre Guillaume Barucq pour siéger au bureau. Amusé par la situation, Jean-René Etchegaray l’a laissé développer ses arguments de candidate avant de lui révéler qu’elle avait été placée en quarantième position par Michel Veunac. Ce dernier avait juste oublié de la prévenir. Une traîtrise pour rien en quelque sorte et un grand moment de solitude pour l’ambitieuse Nathalie, qui s’est par ailleurs beaucoup agitée auprès du bureau national des Républicains, en affirmant que Maïder Arostéguy ne soutenait pas suffisamment François Fillon. Tentative de dégommage ratée et fin de non-recevoir totale pour cette manigance tout en élégance. On comprend mieux pourquoi Nathalie n’avait pas envie de croiser certaines personnes, hier soir.

Fillon nous vole… la campagne

Mettez fin à ses souffrances, débranchez-le, qu’on puisse enfin parler programmes et combattre une droite digne de ce nom !

fillon-tartuffe-Obs

La Une très réussie de « L’Obs » du 9 février

La vraie Pénélope, celle qui, il y a quelques siècles, éprouvait un durable béguin pour Ulysse, prête à attendre une bonne vingtaine d’années qu’il termine ses péripéties méditerranéennes, était déjà une adepte du double emploi. Pour faire lanterner ses prétendants, elle défaisait la nuit la tapisserie qu’elle exécutait le jour, histoire qu’elle ne finisse jamais. Mais elle le faisait bénévolement. Notre modeste Pénélope Fillon à nous, même si son indécent mari nous fait lanterner à plaisir, se contente d’être une virtuose du double emploi, fictif de préférence. Assistante parlementaire de son mari en 2012 et 2013, mais aussi journaliste à La Revue des deux mondes, la discrète Pénélope – comme c’est ballot ! – n’a laissé aucun souvenir à personne dans son travail. Et alors qu’elle est officiellement assistante parlementaire dans la Sarthe, elle raconte à la BBC qu’elle vit à Paris et s’y ennuie beaucoup. Pas de badge, pas d’accréditation, pas de trace écrite de son travail et des salaires à faire rêver tous ceux qui s’échinent chaque jour devant leur machine-outil.

Mais dans les « bonnes familles », suivant l’expression favorite du sénateur Longuet, les enfants se doivent de faire encore mieux que les parents. Si Pénélope a réussi sans encombre le double emploi invisible, Marie, la fille aînée du couple a réussi le triplé, cumulant l’École de formation du Barreau et un stage rémunéré dans un cabinet d’avocats, tout en étant « assistante parlementaire » de son père à hauteur de 3800 euros bruts mensuels. « Impossible ! » affirment tous les anciens élèves de l’école et les avocats actuels qui se souviennent de leurs emplois du temps de dingue quand ils jonglaient entre études et stage. Mais chez les surdoués, que voulez-vous…

Du temps dérobé à la démocratie

Et pendant ce temps, papa Fillon, propriétaire d’une modeste maison de 1107 mètres carrés avec dépendances qu’il nomme manoir ou château suivant l’interlocuteur, s’égosille, avec une obscénité dont il ne semble pas conscient, à dire que tout cela est « légal ». S’il n’est effectivement guère moral de salarier sa femme et ses enfants, la loi interdit absolument les emplois fictifs, ce qui ne devrait pas tarder à être démontré par la brigade financière et faire voler la prétendue légalité mise en avant par François-le-petit.

En attendant, il ne se passe pas un jour sans que nous n’ayons droit aux entrées par des portes dérobées de celui que Chirac appelait le « non-fiable » et Sarkozy « le fourbe », tandis que des manifestants à l’extérieur du meeting l’attendent aux cris de « Voleur ! » ; pas un jour sans qu’un curé un peu courageux ne se laisse aller à une lecture de la Bible bien sentie devant ce Tartuffe grandiose ; pas un jour sans que la ménagère ne soit interrogée sur la confiance qu’elle porte à Fillon.

Avec tout ce temps honteusement volé à la démocratie par une « vermine », selon les termes de Jean-Luc Mélenchon, nous devons nous contenter d’images expéditives des autres candidats et deviner par des lectures attentives ce qui est en train de se passer à quelques semaines de la présidentielle : l’assagissement de Hamon, l’absence de programme de Macron, la jubilation de Marine Le Pen.

Après ce qu’il a fait, après sa trahison de Père-la-Morale donneur de leçons, Fillon est le seul à croire, en ses chances d’être élu. Il envoie la droite dans le mur, ce qui m’indiffère et fait le jeu de Le Pen, ce qui me fait beaucoup moins rire. Tant que ce pitoyable candidat sera en lice, aucune victoire électorale ne pourra avoir la moindre noblesse. Alors qu’attend son parti pour mettre fin à ses souffrances et le débrancher ? Le pays a besoin d’un candidat qui puisse défendre les idées de son camp sans être lui-même un infâme profiteur.

Ce matin, et j’ai peine pour tous les militants sincères qui ne peuvent se résoudre à l’inéluctable, 22% de Français lui faisaient encore confiance. 22% de trop !

Se faire tirer dessus et fermer sa gueule…

Ce ne sont pas François Fillon ou Jérôme Cahuzac qui vous diront le contraire, l’argent rend dingue. Dans notre angélisme, on pensait juste qu’un journal de copains, qui vivotait péniblement jusqu’en 2014, avant de connaître une renommée mondiale suite aux assassinats commis par les frères Kouachi, pouvait échapper à cet engrenage fatal. On savait que c’était tendu à Charlie hebdo, mais on mettait cela sur le compte du traumatisme vécu. Et puis Marie Bordet et Laurent Telo, deux solides confrères de la presse nationale, viennent nous souffleter au visage et nous raconter un véritable hold-up commencé… « Le jour d’après ».

On se souvient tous de la sidération des Français, de ce pigeon facétieux déposant sa fiente sur le costume de Hollande à l’occasion de la grande marche, des panonceaux « Je suis Charlie », de l’oraison funèbre de Luz à Charb en l’église de Pontoise « Qu’est-ce qu’on s’est bien enculés ! » Et puis comme toujours, l’actualité passe à autre chose et les survivants et les blessés, loin des caméras, se répètent inlassablement les événements du jour tragique en tentant de refaire un journal, malgré tous les absents.

Une DRH et une communicante à Charlie !

Première surprise pour ces miraculés, l’arrivée de l’ex-communicante de DSK, Anne Hommel. « Elle met en place une adresse mail unique qui centralise toutes les demandes d’interviews. C’est pratique, mais c’est aussi le moyen idéal de tout contrôler. (…) Aucun des Charlie n’est joignable sans passer par le filtre Hommel. Elle décide qui parle et à quel média ». Voilà les grandes gueules Patrick Pelloux ou Zineb El Rhazoui définitivement muselées ! Et puis comme on ne recule devant aucun sacrifice dans ce qui était, il y a peu encore une famille, une directrice des ressources humaines, Marika Bret, ex-copine de Charb, est nommée. Dans un journal de vingt salariés, ce qui doit constituer une sorte de record du monde !

Laurent Léger qui a eu la vie sauve en se jetant au sol lors de la fusillade comprend le danger. Il demande que l’ensemble de la rédaction devienne actionnaire du journal pour pouvoir participer aux décisions à prendre. Il se fait sèchement rabrouer par Riss le nouveau directeur de la rédaction, de retour de l’hôpital, qui aura cette réponse pleine de poésie : « Allez-vous faire foutre ! » Pendant ce temps, les blessés qui séjournent encore à l’hôpital, Lançon, Fieschi et Nicolino, s’étonnent de ne recevoir aucune visite de leur direction. Celle-ci est trop occupée à verrouiller son pouvoir pour perdre son temps à des futilités.

Riss prend l’oseille

Michel et Denise Charbonnier, les parents de Charb, qui détiennent 40% des actions du titre, cèdent en douce leurs parts à la direction. C’en est fini pour les contestataires qui ont juste eu le plaisir de se faire tirer dessus dans le cadre de leurs fonctions : « Pendant que [la direction] serinait qu’il fallait laisser les parents de Charb tranquilles, donner du temps au temps, attendre l’été pour ouvrir les négociations, les parts de Charb étaient achetées pour un montant inconnu. » Colère de la rédaction qui découvre que le directeur et son adjoint n’ont pas déboursé un euro personnel : « Cette opération s’est déroulée sans que Riss ni Éric Portheault aient à débourser un centime. C’est la société éditrice qui a payé les parts de la famille de Charb. La participation des deux hommes a mécaniquement augmenté. Elle passe de 40 à 70% pour Riss et de 20 à 30% pour Éric Portheault. Le tour est joué ».

Un tour d’autant plus discutable que c’est le trésor de guerre qui a servi à financer ce coup de force. Le numéro spécial d’après attentat devait venir en aide aux familles des victimes. Mais sur les trente millions d’euros récoltés, seuls quatre seront distribués à ceux qui ont perdu un proche, malgré les promesses de l’époque. Et le reste va gentiment grossir le magot de Charlie, et de ses deux actionnaires.

Le mot de la fin à Patrick Pelloux, le médiatique médecin urgentiste qui a décidé de s’éloigner, écœuré par ce qu’il a vu : « Un journal qui prône l’alter-mondialisme ne peut pas se retrouver entre les mains de deux actionnaires. C’est comme si des militants végétariens bouffaient des entrecôtes ! »… Ou comme si Cahuzac devenait le Premier ministre de Fillon pour mieux nous faire la morale.

« Charlie hebdo, le jour d’après », Marie Bordet et Laurent Telo, éditions Fayard, 288 pages, 19 €.

Lire aussi sur Charlie hebdo : https://jeanyvesviollier.com/2016/02/24/hold-up-reussi-a-charlie/

C’est le trambus ou le tram motus ?

L’association Biarritz 2.0 s’étonne du silence de la mairie biarrote sur le sujet.

Voilà à quoi devrait ressembler l’avenue de la reine Victoria, à partir d’août prochain, si l’on se fie aux informations données par l’Agglo.

C’est un joli bébé de dix-huit mètres de long, soit trois de plus que les bus actuels, qui devrait, à partir d’août 2017, contribuer à saturer encore un peu plus Biarritz. Un trambus, c’est un tramway avec des pneus. La majorité du temps, il circule dans des couloirs réservés, mais peut aussi s’insérer dans le trafic. Mais, alors que les Bayonnais ont pu participer à plusieurs réunions publiques pour qu’on leur explique le projet, alors que les Angloys disposent d’une maquette et d’un plan d’aménagement très détaillé, les Biarrots sont à la traîne et personne, à six mois des premiers coups de pelle n’est capable de dire quel impact va avoir ce trambus sur le stationnement, le plan de circulation ou les embouteillages de Biarritz

L’association citoyenne Biarritz 2.0, qui a déjà fait parler d’elle à propos des cantines scolaires ou de l’aménagement d’Aguilera, a donc eu un très bon réflexe en proposant aux Biarrots intéressés de participer à une réunion au Tonic Hôtel, le 1er février dernier. Et le succès était au rendez-vous, puisque soixante participants se sont réunis dans la salle.

Un brontosaure à roulettes ?

François-Xavier Menou, Philippe Nalpas, et Fabrice Bach.

Tour à tour, Philippe Nalpas, François-Xavier Menou et Fabrice Bach ont partagé avec l’assistance les maigres informations dont ils disposent et distribué à tous ceux qui le souhaitent un dossier de presse préparé par leurs soins pour aider chacun à prendre conscience de l’enjeu et lancer le débat sur la place publique.

Constatant que les bus actuels sont souvent vides, et que dénicher une place de stationnement inoccupée devient presque aussi difficile que de rencontrer un visiteur heureux à sa sortie du Musée de l’Océan, l’assistance se lâche et déplore la tactique d’évitement de la mairie. Ce n’est une découverte que pour les nouveaux venus.

Un auditoire très intéressé par le sujet.

Le débat est parfois imprécis, mais il est bon enfant et chacun fait l’effort d’écouter l’autre et de comprendre comment va fonctionner ce futur brontosaure à roulettes. On note même avec amusement un Monsieur, nouvellement installé avenue de la Marne, et qui parle des « Biarrotains ». Max Brisson rappelle qu’en 2014, il avait proposé que le trambus s’arrête au rond-point de l’Europe et à Iraty et que les voyageurs finissent avec des navettes, ce qui semble relever du bon sens.

Une réunion simple et efficace, bouclée en une heure chrono, avec une association qui ne se contente pas de faire de la politique trois mois avant les élections municipales et qui donne le sentiment d’un grand bol d’air en pleine affaire Fillon.

 

Philippe Nalpas pense évidemment à 2020

portrait-nalpasOn va encore me reprocher de n’écrire des articles que sur Les républicains ! Ce n’est pas faux, mais il faut dire qu’ils sont à Biarritz nettement plus nombreux que les membres du Front de gauche ou du Parti communiste. Et puis, même si nos idées ne sont pas les mêmes, il est difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour Philippe Nalpas, toujours souriant et affable et pour l’association qu’il a montée, car il n’y a jamais trop d’associations citoyennes dans une ville. Cet ancien étudiant en droit, devenu spécialiste des placements financiers, ne louvoie pas. Passionné de politique, il a l’honnêteté de reconnaître qu’il « rêve de 2020 ». Conscient de tout ce qu’il doit à Max Brisson, il se dit « fier d’être un de ses derniers fidèles ». Cet ancien conseiller municipal de l’ère Borotra qui considère que dans une ville comme Biarritz « la partie travaux est intéressante » porte un jugement assez sévère sur l’opposition et la majorité actuelles : « Biarritz 2.0 se positionne sur des sujets sur lesquels l’opposition nous laisse la place ». Quant à la majorité, « on sent que la machine n’arrive pas à se mettre en marche ».

L’association qu’il préside, Biarritz 2.0, affiche la moitié des chiffres de 2020. Mais de là à dire que Philippe Nalpas est en bon chemin…

 Si le travail de l’association Biarritz 2.0 vous intéresse, vous pouvez joindre Philippe Nalaps au  06 64 77 88 52 ou sur Facebook

https://www.facebook.com/Biarritz-20-1005036626213780/

Cassez-vous et cachez-vous, Monsieur Fillon !

Quand on entend la défense de son entourage sur les « bonnes familles », on est fier de faire partie des mauvaises familles…

La position de François Fillon, assiégé de toutes parts, est intenable…

Chaque soir, au moment de s’endormir, cette question récurrente : est-ce qu’au début de l’année 1789, la noblesse française, face au tiers état, faisait preuve de la même morgue, de la même arrogance, de la même inconsciente désinvolture qu’une partie de cette classe politique française, qui campe actuellement sur les plateaux de la télévision française pour justifier l’injustifiable et le million d’euros d’argent public encaissé par la famille Fillon ?

Le beau regard franc du collier de Messire Gérard Longuet.

Prenez par exemple messire Gérard Longuet, ce jeune gandin qui dans sa folle jeunesse au quartier Latin s’amusait avec ses copains d’Occident à redresser idéologiquement les gauchistes à coups de barre de fer. Le seigneur de Lorraine explique sur BFM qu’il est tout à fait normal de salarier ses enfants, quand on est sénateur, même s’ils ne sont pas tout à fait avocats : « Ce sont des choses qui arrivent dans toutes les bonnes familles ». Effectivement, s’il faut maintenant perdre son temps à se justifier pour des foucades à 4 000 € d’argent de poche, où va-t-on ? Et si on empêche le connétable de la Sarthe (qui ne gagne guère à être connu !) pour un million versé indûment à sa famille de se présenter à la fonction suprême, nul doute que notre pays est foutu !

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/fillon-emploie-ses-enfants-une-chose-qui-arrive-dans-toutes-les-bonnes-familles-selon-longuet-909243.html

 Manant de père en fils depuis des siècles, je suis ravi d’avoir enfin compris ce qui sépare en France les bonnes familles des mauvaises familles, grâce à cette affaire.

– Dans les bonnes familles, on pense sincèrement que le pain au chocolat que la bonne va acheter coûte quinze centimes tandis que dans les mauvaises familles on le regarde dans la vitrine en trouvant qu’il est bien cher.

– Dans les bonnes familles, on fait appel aux amis entrepreneurs pour trouver un stage aux enfants, tandis que dans les mauvaises on se retrouve dans le meilleur des cas à compter les poches plastiques utilisées chez Auchan ou à ne pas valider ses diplômes faute d’employeurs complaisants prêts à vous offrir un stage.

– Dans les bonnes familles, on poursuit ses études paisiblement et on obtient des séjours Erasmus, tandis que dans les mauvaises, on multiplie les petits jobs à douze euros de l’heure tandis que, comme par hasard, votre dossier n’est jamais complet au moment de partir étudier à l’étranger.

– Dans les bonnes familles on envoie les enfants dans les meilleures écoles privées pendant que les élèves des mauvaises familles, ces sots qui veulent singer l’aristocratie, rêvent de métiers auxquels ils ne peuvent accéder (4 à 6 000 euros l’année pour une école de journalisme !) preuve de la faillite de notre système républicain.

 – Dans les bonnes familles, on n’hésite pas en tant que maire à faire employer sa fille par l’entreprise que l’on dirige avant d’expliquer à la Justice qu’on ne savait rien ou à la salarier comme assistante parlementaire quand elle décide de vivre en Amérique du Sud. Dans les mauvaises familles on espère bêtement un contrat précaire et rêve de décrocher le graal, un CDI.

– Dans les bonnes familles, la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite, celle qui trempe dans le bénitier, et on sourit en voyant un ministre socialiste chargé de faire la chasse aux fraudeurs, détenteur de comptes offshore. Dans les mauvaises familles, on se fait plumer par son banquier au moindre déficit et on ignore ce qu’est un compte en Suisse.

– Dans les bonnes familles, on vous explique qu’il est normal que votre épouse, qui n’a ni badge, ni mail professionnel et se contente d’un service de pigeons voyageurs entre Paris et son château de la Sarthe, touche plus que le député qui vous a remplacé. Dans les mauvaises familles, on reste sans voix devant tant de mauvaise foi.

– Dans les bonnes familles, on considère comme négligeable une somme d’un million d’euros et on fait la morale aux manants qui ne gagneront jamais cela de leur vie en leur expliquant qu’il ne faut pas jeter le quignon de pain dur et le consommer le lendemain dans la soupe.

Obscène !

Alors oui, Monsieur Fillon, vous qui voulez devenir le seigneur et maître de tous les Français, je vous avoue que je m’honore depuis que votre affaire est sur la place publique de faire partie des mauvaises familles.

– Fier dans cette mauvaise famille d’un grand-père qui donnait à un châtelain oisif comme vous la moitié de sa récolte de métayer et qui, ancien maire de son village, n’hésitait pas, à quatre-vingt ans passés, à prendre son tracteur pour aller déverser du fumier devant la sous-préfecture.

– Fier , dans notre maison où il n’y avait pas grand-chose, de la ronéo familiale qui permettait à mon père d’exprimer ses profonds sentiments anticolonialistes pendant la guerre d’Algérie et de distribuer des tracts de son cru.

– Fier de mon frère, instituteur puis directeur d’école. Jeune retraité, il a réussi tout au long de sa carrière à ne jamais prendre un seul jour d’arrêt, même quand il y avait droit au moment de la naissance de ses filles, simplement parce qu’il pensait que les enfants dont il avait la charge seraient pénalisés.

– Fier d’être membre de cette mauvaise famille et de n’être pas devenu, grâce à ma génétique familiale, un cireur de pompes de la classe dominante en place…

Monsieur Fillon n’avez-vous pas conscience d’être obscène avec vos pitoyables dénégations, vos demi-vérités, et vos dénonciations, qui ne dupent personne, d’un complot universel contre vous ? N’êtes-vous pas peiné, tout comme le manant que je suis, pour tous ces vrais assistants parlementaires, tous ces militants sincères, tous ces élus remarquables que vous salissez avec votre morgue et vos approximations ? Ne comprenez-vous pas qu’à force de vouloir, à gauche comme à droite, conserver vos privilèges à tout prix, vous allez soit propulser Marine Le Pen à la tête du pays soit provoquer une insurrection nationale ? Il y a deux siècles, la noblesse se reconnaissait à ses particules. Maintenant la nouvelle noblesse se reconnaît à ses mandats électoraux et à ses casseroles.

Alors, Monsieur-la-vertu, Monsieur le donneur de leçons de morale, Monsieur l’abonné du premier rang à l’église locale, renoncez à la présidentielle dès aujourd’hui, cassez-vous, et allez-vous cacher dans votre si joli château de Solesmes, qu’en magnifique hypocrite vous qualifiez de maison quand il s’agit d’être élu par le bon peuple. Et, en attendant que vous rendiez l’argent, estimez-vous heureux si les manants, comme en 1789, ne montent pas à l’assaut de votre château en cherchant à mettre votre tête au bout d’une pique.

Jean-Yves Viollier

On ne réveille pas une opposition qui dort

Fidèle à son habitude, l’opposition s’est montrée particulièrement prudente dans l’affaire Sophie Borotra. Surtout pas de vagues, ce qui s’impose pour la Cité de l’océan.

S’opposer, ou ne pas insulter l’avenir et finir sur les genoux de Veunac ?

Heureusement que Michel Veunac compte quelques sympathiques trublions dans sa propre majorité, car sans eux son actuel mandat finirait par ressembler à un séjour en camp de vacances. En dehors de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui à chaque conseil se montre mordant et incisif, c’est peu dire qu’entre les absences réitérées des uns, la détestation visible du job d’opposant des autres et le souci de tous de ne pas insulter l’avenir, l’opposition biarrote n’a guère brillé de mille feux depuis 2014.

Max Brisson s’indigne de cette affirmation : « C’est vrai que nous avons flotté au début, mais lors de l’élection des délégués à l’EPCI nous avons su nous rassembler pour présenter la candidature commune de Jean-Benoît ». Le fait ne souffre d’aucune discussion, surtout face au pitoyable spectacle offert par la majorité. Mais, pour l’observateur passionné de la vie politique locale, le malaise persiste sur le fonctionnement de l’opposition. Entre les alliances de circonstance au moment des départementales et des régionales, les déclarations de Michel Veunac affirmant qu’il veut se débarrasser de certains indésirables de sa majorité et ouvrir sur sa droite en 2020, on a vraiment l’impression d’être dans ce détestable entre-soi que la population reproche aux politiques. Surtout s’attaquer à mots couverts et à fleurets mouchetés, fermer les yeux sur certaines petites dérives qui pourraient aussi survenir dans son propre camp le jour où l’on redeviendra la majorité et se garder de toute parole qui pourrait compromettre son plan de carrière politique et revenir en boomerang en 2020. L’affaire Sophie Borotra en est un saisissant exemple.

Un très grand sentiment de solitude

Pendant deux mois, après la lecture de l’article de Sud Ouest du 7 février 2015, j’ai attendu. Quelques échanges téléphoniques passés les jours suivant m’avaient permis d’en savoir un peu plus et de vérifier que le quotidien régional disait vrai. Chaque matin j’ai espéré, espéré, en me disant : « Mais il y en a bien un qui va se réveiller et faire le job! » Peine perdue. C’est le 7 avril 2015 exactement, quand j’en ai eu marre de jouer à sœur Anne qui ne voit rien venir que je me suis décidé à contacter Maître Malherbe et à rédiger une plainte destinée au procureur. Ce n’est pas une décision simple à prendre. Je suis retraité désormais avec des moyens limités et je n’ai plus la machine de guerre du Canard enchaîné derrière moi. Et face à une ville comme Biarritz, je deviens un lanceur d’alerte qui risque d’y laisser des plumes financières, comme le prouve la demande de dommages et intérêts de Didier Borotra, formulée à mon encontre et heureusement rejetée par le tribunal. Même pas peur, même pas mal! Ton opération intimidation est ratée, Didier.

Après le dépôt de plainte, de nombreux mois se sont écoulés. J’ai pensé un moment que le procureur allait classer sans suite. Dans une petite ville comme Biarritz, il est difficile de ne pas se rencontrer et j’ai croisé à de nombreuses reprises des élus, en particulier de l’opposition. Je leur ai raconté ma démarche. Ils ont hoché la tête silencieusement et ne m’ont pas offert le moindre soutien. Ou m’ont dit, comme Richard Tardits, que j’apprécie beaucoup par ailleurs, « Mais c’est de l’histoire ancienne ! » Qu’on m’explique à quoi sert une opposition qui ne s’oppose pas et qui ne s’estime pas gardienne des deniers publics ?

Une Justice et un avocat qui ont du cran

En octobre, divine surprise, avec la convocation devant le tribunal de Didier et Sophie Borotra ainsi que de Madame Pautrizel. La Justice a fait son travail. Maître Malherbe me conseille de me porter partie civile, ce que je ne souhaite pas car j’estime que je vais au-delà de mon rôle de journaliste. Chevaleresque, il me propose même de défendre gratuitement le parti l’association ou l’élu qui reprendra le flambeau et se portera partie civile à ma place. Je le remercie chaleureusement, persuadé qu’avec mes amitiés politiques et un dossier aussi édifiant que celui-ci, je vais trouver sans peine un preux chevalier, défenseur des contribuables lésés. Un mois de démarches usantes où tout le monde me promène à qui mieux mieux avant d’esquiver. Cette fois je rédige une lettre destinée à tous les élus de l’opposition où je leur demande de prendre mon relais.

 lettre-a-lopposition

 

Pas un mot, pas un coup de téléphone, pas un mail, comme si cette demande provenait d’un empêcheur de pantoufler en rond. Max Brisson nuance : « C’est faux ! Nous nous sommes réunis pour convenir de la conduite à tenir après votre lettre et Jean-Benoît Saint-Cricq a été chargé de poser une question en notre nom à tous ».

« L’un de vous aurait peut-être pu m’écrire ou me téléphoner pour m’informer ? » Silence.

Max Brisson affirme que l’opposition va suivre le dossier. « Si la famille Borotra est condamnée, nous demanderons le remboursement des sommes perçues ». Sachant que le jugement sera rendu le 28 mars et qu’il ne fait guère de doute que Didier Borotra fera appel s’il est condamné, comme il l’a fait pour l’affaire des PV, voilà qui nous reporte sans doute à 2019. Et à ce moment-là, on nous expliquera qu’on ne peut pas agir à cause de la proximité des élections municipales, car ce serait pris pour une manœuvre politique ?

Le Mémorex est un très bon médicament pour stimuler la mémoire. Je ne saurais trop conseiller aux Biarrots une cure suivie jusqu’en 2020, date des prochaines élections municipales, pour qu’ils n’oublient pas l’attitude de leurs élus qui quelques semaines avant la date fatidique ne manqueront pas de soudain s’intéresser à eux et de leur distribuer des tracts leur promettant monts et merveilles.

anticor

Anticor ou Anti-courage fuyons ?

Je n’avais pas le moindre doute, l’association « Anticor », contre la corruption et pour l’éthique en politique, allait se ranger à mes côtés dans ce dossier. Mi-octobre, je contacte le siège national qui me demande de me tourner vers le référent régional, Monsieur Alain Lacassagne. Je lui envoie un mail détaillé et il me répond qu’il est actuellement débordé, ce que je comprends très bien. Ne voyant rien venir dans les deux mois suivants, je découvre que mon interlocuteur qui est si fier dans les dîners en ville de son appartenance à Anticor, est architecte, résident bayonnais, centriste impliqué en politique et… travaille avec la ville de Biarritz sur l’aménagement de logements sociaux.

Furieux de son silence et ayant l’impression de m’être bien fait promener, je me tourne à nouveau vers le siège de l’association, demandant à avoir un nouvel interlocuteur. « Monsieur Lacassagne est quelqu’un de très bien, qui sait faire la part des choses entre son métier et son appartenance à notre association ». C’est évident ! Et quand je demande si l’association est prête à se porter partie civile dans l’affaire Sophie-Didier Borotra : « Oh, ça ne se fait pas comme ça ! Notre conseil d’administration se réunit tous les trois mois et décide à ce moment-là ».  « Donc, vous vous réunirez en mars 2017 pour un procès qui va avoir lieu le 31 janvier 2017 ? » « Absolument ! ». Voilà de l’efficacité citoyenne !

 Lire à ce sujet, le témoignage d’Agnès Gouinguenet :

https://blogs.mediapart.fr/agnes-gouinguenet/blog/120416/pourquoi-jai-demissionne-danticor