Le désorienté budgétaire

Catalogue d’incantations non chiffrées, le document d’orientation budgétaire fourni par Veunac a suscité l’ironie mordante de l’opposition.

L’affaire de la piscine olympique le démontre : Michel Veunac a tendance à se noyer dans un verre d’eau.

Un vieux cheval de retour comme Michel Veunac devrait savoir que l’homme politique, c’est celui qui voit et décide avant tout le monde, anticipant sur l’opinion publique, comme a pu le faire en son temps François Mitterrand au sujet de la peine de mort. Mais notre roi de la phrase creuse, adepte des énoncés ronflants, adore jouer à l’homme simple qui se réfugie derrière les spécialistes. Comme s’il ne savait pas que les experts se font grassement rétribuer par les municipalités pour dire ce qu’elles ont envie d’entendre !

Platitudes en papier de soie

Témoin, ce débat surréaliste, lors du dernier conseil municipal, sur l’éventuelle construction d’un bassin olympique à Biarritz ou dans l’agglomération : « Monsieur Saint-Cricq, vous êtes expert en tout (Comme si utiliser ses neurones relevait de l’expertise et non du simple bon sens !). Moi, je ne suis pas expert en piscine. J’ai écouté les experts. » Et notre bon maire, après avoir fustigé « le nomadisme des usagers de piscine », de s’embarquer dans une explication désopilante sur le nombre de mètres carrés de surface d’eau possible par habitant. Visiblement les experts convoqués n’ont pas tenu compte de la pluviométrie de la Côte basque et des baignoires, douches à l’italienne et autres jacuzzis appartenant à des Biarrots, mais ILS SAVENT ! Selon ces formidables experts, Biarritz dispose actuellement de 437 mètres carrés de « surface d’eau », alors qu’il en faudrait 560 pour être confortable et qu’on passerait à 1687 en cas de construction d’un bassin olympique. Le calcul a-t-il été fait en tenant compte de la population hivernale ou estivale de la Ville, personne n’en sait rien. Est-ce cela qu’on appelle une expertise au doigt mouillé ?

Alors oui, si vous voulez comprendre véritablement la méthode Veunac, sa façon d’emballer de papier de soie la moindre platitude et de masquer par des phrases ronflantes une pathétique absence d’idées, oubliez pour une fois les niaiseries de votre téléviseur et offrez-vous l’écoute du dernier conseil en admirant la façon dont l’opposition, pour une fois pugnace et unanime, a transformé Veunac en roi nu.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Après les préliminaires d’usage, le coup d’envoi des hostilités est donné à 2 h 42. Max Brisson, étonnamment offensif avait déjà envoyé un coup de griffe à propos d’une délibération sur l’aménagement de la Côte basque, très semblable à ce qui avait déjà voté il y a un an. Mais il nous garde le meilleur pour ce débat d’orientation budgétaire. Avec la technicité incontestable qui le caractérise et ce ton de gros matou qui envoie des coups de patte sans avoir l’air d’y toucher, il va très vite dégonfler l’oeuvre d’imagination rédigée par Veunac et Lafite, estimant que dans ce document, on trouve plutôt « une juxtaposition disparate d’actions parfois très détaillées, parfois à peine décrites, que la description d’une politique cohérente au travers des différentes facettes de l’action municipale ».

Brisson et Saint-Cricq excellents

La cohérence, c’est bien là le problème majeur de ce maire qui est persuadé qu’incantation vaut action. Et Max, qui a dû doubler sa dose de Banania matinal tellement il se montre pugnace, de continuer en dénonçant « une propension à lister ce qu’il faudrait faire, ce qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre (…) plutôt que de dire ce qui sera finalement réalisé en 2017 ou 2018. »  Et l’ancien premier adjoint, vraiment excellent, de reprendre les propos du maire qui liste ce que l’on « POURRAIT » faire au lieu de dire ce qu’on va faire, avant de conclure, dédaigneux comme un chat lassé de jouer avec une insignifiante souris ceinte d’une écharpe tricolore, « Votre document embrasse très large avec de très nombreux effets d’annonce ».

Après le professeur, place à l’orateur Jean-Benoît Saint-Cricq (2 h 58). L’habitué des prétoires en reprenant des extraits de ce rapport d’orientation budgétaire, va démontrer de façon totalement désopilante à quel point le maire actuel se réfugie dans des phrases vides de sens pour masquer son inaction et ses incapacités. Parlant d’un « rapport d’orientation budgétaire qui ne mérite pas tout à fait son nom », le talentueux avocat s’amuse à soulever le rideau du décor pour montrer le vide abyssal qui se trouve derrière. « À propos du commerce, vous voulez mettre en place de nouveaux outils de veille et d’observation de l’activité commerciale. Lesquels ? (…) Vous voulez faciliter l’offre marchande en participant au projet d’aménagement urbain pour développer les polarités commerciales des quartiers. Quel budget ? Quels moyens ? (…) À propos de L’Hôtel du Palais, quel montant de travaux ? quels partenaires ?»

Veunac fessé comme un garnement

Veunac pérore et tout le monde dort…

Et l’avocat biarrot d’ironiser aussi sur les chiffres annoncés par la Cité de l’Océan et de fustiger « les gens dépensiers qui ont fait n’importe quoi avec l’argent des Biarrots » avant de conclure : « Un cadrage budgétaire ? Non, de la poudre aux yeux ! »

Bisque, Bisque, Basque ! sait parfaitement que les châtiments corporels infligés aux enfants sont illégaux, mais si vous voulez voir Veunac fessé comme un vilain garnement, ne ratez pas la séance. D’autant plus que Frédéric Domège va se charger des finitions, en déplorant un « catalogue » d’annonces et une absence totale de réflexion sur le stationnement.

Face à cela notre Super Mimi n’a pas grand-chose à rétorquer. Comme un élève dissipé qui remettrait un devoir d’espagnol à son professeur d’anglais, il affirme avoir voulu faire un document d’orientation budgétaire différent des pensums réalisés par Didier Borotra et s’agace qu’on l’accuse de lenteur et d’indécision, avant d’énoncer cette docte remarque qu’il a dû afficher au-dessus de son bureau : « L’action est lente parce qu’elle est soumise à des contraintes et des difficultés à prendre en compte ».

Et dire qu’on a encore trois ans à devoir entendre des perles de cet acabit !

Motsch se fait toute petite

Nathalie Motsch, qui avait donné procuration à Patrick Destizon, n’était peut-être pas tout à fait absente par hasard. Cette pauvre Nathalie, qui affirme une ambition qui ne correspond pas toujours à ce qu’elle a démontré jusque-là, vient en effet de se prendre une série de portes en pleine poire. Lors de la première séance de l’agglomération Pays basque, qui s’est tenue dans les locaux de l’université de Bayonne, Nathalie Motsch a déposé sa candidature contre Guillaume Barucq pour siéger au bureau. Amusé par la situation, Jean-René Etchegaray l’a laissé développer ses arguments de candidate avant de lui révéler qu’elle avait été placée en quarantième position par Michel Veunac. Ce dernier avait juste oublié de la prévenir. Une traîtrise pour rien en quelque sorte et un grand moment de solitude pour l’ambitieuse Nathalie, qui s’est par ailleurs beaucoup agitée auprès du bureau national des Républicains, en affirmant que Maïder Arostéguy ne soutenait pas suffisamment François Fillon. Tentative de dégommage ratée et fin de non-recevoir totale pour cette manigance tout en élégance. On comprend mieux pourquoi Nathalie n’avait pas envie de croiser certaines personnes, hier soir.

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