« Palace, Palace ! »

Homme ? Femme ? J’ignore absolument qui est « Biarritz observateur », mais ce qui est sûr, c’est que l’auteur du texte qui suit, adressé ce jour à « Bisque, Bisque, Basque ! », connait parfaitement Biarritz. Analyse du naufrage inévitable qui nous attend avec le capitaine Veunac à la barre.
hotel-du-palaisContrairement à la célèbre série télévisée « Palace » qui avait le don de nous faire rire en se renouvelant d’épisode en épisode, ce conseil municipal a replongé le biarrot dans la désolation tant le déni de réalité est omniprésent. La logorrhée veunacienne fondée sur le recours aux « meilleurs experts de France » est une rhétorique éculée dans une majorité divisée et qui laisse béante les deux boulets financiers que constituent la Cité de l’Océan et l’hôtel du Palais. Tant que ces deux ces dossiers ne seront pas pertinemment traités, le développement de Biarritz restera empêché avec en filigrane une hausse de la fiscalité prévisible pour maintenir le bricolage actuel… auquel ont contribué la plupart des anciens du conseil actuel. Voilà qui explique aussi la bourbe dans laquelle Biarritz se trouve.

Avec des historiques fort différents, ces deux dossiers ont en commun d’être aujourd’hui des abymes financiers dans lesquels sont déversés des flots de subventions publiques diverses qui obèrent tout redressement efficace. En millions d’euros annuel pour le concept mort-né de la cité de l’océan, en pure perte alors qu’éclatent aux yeux de tous (en particuliers des prescripteurs de congrès) les besoins impérieux de remise à niveau de voirie et des outils de tourismes d’affaires, de requalification urbaine (quartier du Port-Vieux), et de rehaussement qualitatif de l’offre commerciale actuellement en décalage avec l’image de Biarritz. C’est l’emploi des jeunes Biarrots qui en est pénalisé. N’évoquons pas ici ce qui devrait idéalement être mené en termes de requalification architecturale afin de réparer des erreurs urbanistiques (requalification de certaines façades ; volontarisme auprès de propriétaires de certains hôtels problématiques).
Quant à l’hôtel du Palais, activité déficitaire financée à bout de bras par le contribuable biarrot (via un loyer dérisoire), comment croire un seul instant que ce qui est avancé procurera autre chose qu’un endettement déraisonnable ? Comment croire qu’un maigre contrat de distribution (et non de gestion) permettra, un contexte géopolitique très peu sûr, d’atteindre des objectifs de chiffres d’affaires et de résultat ultra optimistes nécessaires au remboursement d’un prêt gigantesque (mais somme toute peu important par rapport aux besoins d’entretien d’un vrai palace dans une course effrénée à la personnalisation et à l’innovation) ? Biarritz n’est pas sur la carte mondiale du luxe et de surcroit son offre commerciale est encore inadaptée à une telle clientèle. Les Biarrots n’ont plus vocation à financer avec leur impôt une activité hôtelière qui ne ressort en rien à l’intérêt public. Cela n’est pas sérieux et le conseiller Saint-Cricq a raison d’alerter sur le risque que fait courir un tel bricolage. Le logiciel du passé lui continue bien de tourner dans les têtes de l’exécutif municipal. Tout cela sent l’ignorance du monde réel, la gestion paternaliste d’antan, la jouissance pour un maire de maintenir un pouvoir exorbitant sur quelques centaines de familles biarrotes via l’emploi au Palais. Ces salariés qui resteraient salariés de la Socomix seront les premiers pénalisés : ils ne bénéficieront ni des avantages salariaux de FS, ni de la mobilité et de la formation FS. S’il est persévéré dans cette voie hasardeuse, il faudra tout revoir en 2020. En attendant, les parts de marché seront gagnées par les concurrents.

Biarritz, capitale du surf budgétaire

L’argument en défense et servi telle une antienne sur le « logiciel du passé » relève d’ailleurs de la tactique éculée de l’attribution à ses adversaires de ses propres tares. Grossière ficelle. Surtout, le faible taux de réalisation des engagements pourtant votés qui a été soulevé par le conseiller Brisson reste, en dépit d’un comique effet de manche chiffré par l’adjoint aux travaux, inexpliqué…sauf à comprendre que Biarritz est une capitale du surf budgétaire dans la figure de style classique du décalage des travaux sur les exercices ultérieurs. Et l’on connait la musique : à l’issue d’un premier mandat, on en demande un deuxième pour faire « tout ce qui reste à faire ». La politique à la Grand Papa, c’est fort innovant.

La réalité que les Biarrots vivent au quotidien est pourtant indépassable, irréductible. On se demande parfois si le binôme municipal vit, marche et regarde Biarritz. Le quartier Port-Vieux attend un plan d’urgence pour le sortir de son abandon. En outre, Biarritz promet une AVAP mais n’a toujours pas de charte qualité d’occupation du domaine public soit le minimum d’une station classée pour un urbanisme commercial de qualité. Pire, en 2017 (!) La Rochefoucauld risque de voir arriver un nouvelle folie bétonnière et affairiste sur le BAB, imaginée par « l’ami » du Maire de Biarritz (voir et lire Mairie d’Anglet), ce cher Claude Olive, qui va faire passer son prédécesseur pour un futur prix Pritzker. Niant les besoins d’un rond-point, le béton s’apprête à se déverser, la banalisation de la RN10 à s’étendre aux portes de Biarritz en plein quartier à l’identité remarquable. Quels promoteurs faut-il remercier en contrepartie d’arrangements occultes au prétexte du logement social ? La réaction des habitants promet d’être vive. Cohérence en déshérence.

Le « Wipe out » final

La plongée en abyme fût pour la fin avec un entêtement inepte, servi par un esprit de clocher. Le bon sens, pratique et financier, impose à tout esprit responsable de ne s’engager dans l’onéreuse construction-maintenance d’une piscine de 50 m qu’à la seule échelle de l’agglomération voire de l’EPCI. On le voit, le projet n’est certainement pas mûr à ce stade et on ne comprend vraiment pas en quoi la construction précipitée d’un bassin de 25 m à la seule charge de Biarritz servant -logiquement d’ailleurs- une fréquentation d’habitants de l’agglo contribuerait à l’équilibre (financier) d’Aguiléra. Ici l’on trouverait soudainement 5 ou 6 millions d’euros quand l’urgence est ailleurs.

Un bon point pour l’adjoint à l’environnement qui, demandant du volontarisme dans l’exécution du Plan vélo (tout à fait bienvenu), laisse percevoir son opposition au tracé envisagé rue de l’Impératrice. Pour « ne pas pénaliser le stationnement des résidents», le flux sortant de voitures serait redirigé..vers les rues parallèles (Russie, Lavigerie/Alphonse XIII), voies résidentielles et encore plus étroites ! Une ineptie totale tant en termes de sécurité, de pollution et d’attractivité économique des grands hôtels de la zone. Comment peut-on ignorer à ce point les réalités de déplacement ? Oui au vélo mais avec un partage de bon sens. Faire de la place au vélo doit ici faire reculer le stationnement dans la rue, pas créer une nouvelle congestion.

Au résultat, les images des visages des conseillers municipaux montrent souvent de l’abattement, de la consternation presque une sidération et des colères rentrées. Jusqu’à quand ?

Biarritz Observateur

5 réflexions sur “« Palace, Palace ! »

  1. Je ne pourrai évoquer l’ensemble de cette poésie, mais concernant l’hôtel du palais il apparaît un peu d’ignorance sur le sujet! Je m’en explique :
    L’hôtel n’est pas déficitaire ! + 2,5 M pour l’exercice 2016/2017 avec des prévisions encore meilleures pour l’exercice à venir !!
    Les Biarrots n’ont jamais donné un euro car l’hôtel a toujours été en autofinancement
    Des formations seront prévues par four seasons pour l’ensemble des salariés durant la période des travaux
    Pour resumer : Hotel sain, un plus pour l’économie locale et le grand sud!!!
    Réjouissons nous d’être le 3eme Hotel de France avec cette marque prestigieuse qu’est Four seasons !!!!!

    D

    • Cher lecteur,
      J’admire votre angélisme quand vous affirmez que l’Hôtel du Palais n’a jamais coûté un sou aux Biarrots. Reprenez le rapport régional de la Cour des Comptes 2014 et vous découvrirez que le Palais verse une redevance de 170 000  € à la Ville, mais que, sous Borotra, 200 000 € étaient dépensés par la municipalité entre les nuitées et les frais de bouche. Quelle rentabilité! 

    • Si je comprends bien, la ville est super endettée mais elle est propriétaire d’un Palace défraichi qui vient de perdre son étoile et nécessite de lourds investissements…

      J’entends dire que le Maire aurait refusé de vendre à des acquéreurs du moyen-orient (et qui eux n’auraient pas demandé d’investissements de la ville car ils les assumaient), pour privilégier un deal ou la ville doit encore s’endetter plus …. et vous trouvez cela bien Duvignau !

      Si ces informations sont correctes, je me pince ! Biarritz comme n’importe quelle autre ville n’a pas la vocation à administrer un hôtel !

  2. Tout à fait exact Jean-Yves. Rappelons que les Biarrots ont financé l’achat des murs, renoncent chaque année à la perception d’un loyer de marché, participent indirectement à l’entretien du bâtiment, etc.
    C’est le résultat net qui importe et non le chiffres d’affaires. Quant à « l’autofinancement »…, il suffit de regarder la dette significative de l’ensemble…
    Cela n’ôte en rien le mérite qui revient aux salariés.

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