Attention, crayon à suivre…

Olivier Ruiz, la dernière recrue de La Semaine, affiche un talent de plus en plus évident.

Il manifeste la timidité des modestes, surtout quand on le réveille en pleine sieste, et peine à croire qu’on puisse s’intéresser à ses dessins. Difficile pourtant de ne pas remarquer ce caricaturiste de talent qui sévit depuis quelques semaines à La Semaine du Pays basque en remplacement du dessinateur Pierre George. Personnages immédiatement reconnaissables, belle utilisation de la couleur, deuxième degré qui donne un supplément d’âme aux lettres de La Marquise de Vérité, la rubrique sans doute la plus lue de toute la presse locale.

Olivier Ruiz, 43 ans, infirmier de nuit à Bordeaux, renoue avec ses premières amours, puisqu’il est titulaire d’un DEUG d’Arts plastiques à la fac de Bordeaux. Nul doute que s’il continue à se montrer aussi efficace et incisif dans ses dessins, une très belle carrière l’attend. Les inconditionnels des pages politiques du Pays basque n’auront donc aucune peine à reconnaître MAM, Olive adoubant Arostéguy, la mairie de Bayonne fief de Jean-René Etchegaray,  Max Brisson le porte-poisse, ou François Fillon, évoqué par la Marquise cette semaine pour sa triomphale tournée au Pays Basque. Et il a même fallu que ce sacré garnement de Ruiz ajoute une étiquette portant mon nom à une casserole cabossée, comme si j’avais une quelconque responsabilité dans les orchestres polyphoniques qui ont accueilli le Père-la-Vertu de la Sarthe.

Sale môme, va !

Valls presque aussi indigne que la droite

L’ancien Premier ministre trahit et, en plus, cherche à nous faire croire qu’il est « responsable ».

Malgré ses postures vertueuses, l’ancien Premier ministre vient de montrer sa vraie nature, celle d’un arriviste méprisable.

Au mépris de la morale la plus élémentaire, la droite a décidé de la jouer comme Michel Blanc dans Les Bronzés, en se disant que sur un malentendu, et tant pis pour les principes, le mis en examen pour escroquerie aggravée Fillon peut se retrouver président de la République. Et maintenant c’est Manuel Valls qui apporte sa solide contribution à la pire élection présidentielle de toute l’histoire de la Ve République en reniant sa parole.

Valls a signé une charte s’engageant à soutenir le vainqueur de la primaire de gauche, les quatre millions de téléspectateurs qui ont assisté au débat face à Benoît Hamon l’ont entendu affirmer qu’il serait évidemment loyal et se conformerait au verdict des urnes. Mais nous vivons décidément une époque sans foi ni loi. Aucune illusion à avoir : la plupart des politiques, il y a vingt ans, étaient tout aussi menteurs que les tristes sires qui font aujourd’hui la une de l’actualité. Mais à la différence de la génération actuelle, ils évitaient de se contredire en public, ce qui ne semble plus gêner la classe politique en course pour cette élection. Fillon persiste après avoir annoncé qu’il se retirerait en cas de mise en examen et Valls appelle à voter Macron. Comme l’affirme Arnaud Montebourg « Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l’honneur d’un homme comme Manuel Valls : rien. »

La dictature des sondages

Mais cette pathétique turlupinade de Valls ne mériterait pas trois lignes si, pour se justifier, il n’ancrait dans l’opinion publique deux idées fausses. Il faut « barrer la route à Marine Le Pen » et « voter utile » dès le premier tour en mettant un bulletin Macron. Dans un autre registre, Jean-Luc Mélenchon, se montre tout aussi obsédé que Valls par les sondages, puisqu’il tente de galvaniser ses troupes en affirmant qu’il doit dépasser Fillon cette semaine « et qu’on s’attaquera après au suivant ».

Il est évident que je combattrai toujours Marine Le Pen, mais qui nous permet d’affirmer que la candidate du Front national est actuellement au coude à coude avec Macron, et nettement devant Fillon, Mélenchon et Benoît Hamon ? Les sondeurs, qui se plantent sur toutes les élections majeures comme en témoigne l’avènement de Donald Trump, sont à peu près aussi fiables que les aruspices, ces devins étrusques qui prédisaient l’avenir en contemplant les entrailles d’une bête sacrifiée pour l’occasion. Mais, mine de rien, ils façonnent l’opinion publique et, avec la complicité des journalistes qui trouvent nettement plus facile de commenter le dernier sondage plutôt que de parler des programmes des candidats, ils faussent totalement l’élection. Désolé, Messieurs les sondeurs, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous continuiez à vous intéresser à l’achat de voitures par la ménagère de moins de cinquante ans ou de couches culottes par les pères de moins de trente ans, mais vos prédictions de charlatans qui expliquent à posteriori qu’ils avaient raison devraient être strictement interdites à l’occasion des élections car elles faussent le jeu démocratique.

Laisser parler ses convictions au premier tour

Et l’on en arrive à cette notion de « vote utile » qui me hérisse totalement. En fonction de sondages qui sont totalement faux et qui relèvent beaucoup plus du doigt mouillé que de la science, en fonction des inclinations des médias qui se sont pâmés tour à tour pour Balladur, Bayrou ou Macron, il faudrait donc voter tactique au lieu d’exprimer ses convictions. Si le législateur a prévu des élections à deux tours, il y a une raison. Au premier tour on choisit, et au deuxième on élimine, si le candidat de son cœur n’est pas présent. Et c’est très bien ainsi. Pour justifier son attitude scélérate, Valls essaie de nous faire croire qu’il faut s’opposer à Marine Le Pen dès le premier tour en choisissant Macron. Affirmation qui n’a d’autre but que d’éclaircir l’horizon politique de l’ex-maire d’Evry, même si, pour le moment, Macron fait mine de dédaigner cet apport un peu trop connoté. Le premier tour d’une élection est l’occasion unique de faire une radioscopie du peuple français, de voir qui aspire à l’extrême gauche, ou au Front national, qui est libéral ou anti-libéral. Il sera bien temps de penser à voter tactique ensuite.

Entre les primaires où les bobos friqués décident de qui se présentera au suffrage universel, les turpitudes de candidats qui élèvent le mensonge au rang de religion, les chaînes télé qui sans vergogne n’invitent que les grands candidats et la dictature des sondages qui conditionnent l’opinion des Français, cette élection est décidément très pénible.

Vite une sixième République avec la fin de cette monarchie présidentielle, un mandat unique de sept ans pour le chef de l’État et des candidats qui devraient obtenir les signatures des Français et non de grands électeurs, afin de revivifier notre démocratie à bout de souffle !

Cette médecine de plus en plus virtuelle…

Médecin qui ne salue pas son patient, inutiles analyses de laboratoire, « seringueur » fou… Témoignage vécu, clinique Aguiléra.

Ancien gibier d’hôpital, me portant beaucoup mieux depuis que je fréquente nettement moins les médecins, j’ai une certaine connaissance des rituels des blouses blanches. C’est donc sans la moindre appréhension, même si je sais par expérience vécue que mon existence peut basculer sur un simple examen radiologique, que je me rends clinique d’Aguiléra pour passer un scanner. Depuis trente ans, mes veines « larges comme des autoroutes » sont un sujet de plaisanterie récurrent pour les infirmières chargées de me faire des injections, tellement elles n’ont aucun problème à me piquer, mais le jeune homme qui m’accueille (infirmier ? interne ?) ne semble pas du même avis.

Et une injection pour rien, une !

Perplexe, il fait rouler sous ses doigts les veines du bras gauche puis du bras droit, hésite beaucoup et semble aussi à l’aise qu’une poule avec un couteau. Finalement après un premier lancer de fléchette à côté de la cible (« Désolé, je ne suis pas dans la veine »), la deuxième tentative semble la bonne et il peut m’injecter le produit iodé prévu pour l’examen. À mi-injection, j’entends alors une conversation un peu lointaine, avant que le jeune homme ne revienne penaud. «  Finalement, le docteur dit que vous n’avez pas besoin de produit pour ce scanner ». Voilà qui rassure sur la compétence du service où je viens d’atterrir ! Et un grand merci pour la saloperie injectée dans mon corps, alors qu’elle était inutile, un grand merci pour la prise de sang deux jours avant qui n’avait aucune raison d’être et un grand merci de la part de l’assurance maladie pour les 37 euros gaspillés.

Bêtement, comme tous ceux qui ont connu une médecine à visage humain, je m’imagine que la radiologue va venir me saluer et s’enquérir de la raison de ce scanner. D’autant plus que l’examen m’a été prescrit début février, que j’ai eu droit à sept semaines d’attente avant de pouvoir trouver une date possible et que mon état de santé a évolué depuis. Mais c’est oublier que je suis dans une usine qui travaille à la chaîne où l’humain est la dernière des préoccupations. Un médecin qui dit bonjour à son patient avant l’examen, et puis quoi encore ?

Scanner ou jeu vidéo ?

Mon seringueur fou m’installe donc sur le scanner, court se mettre à l’abri des rayons et l’examen démarre. D’habitude une voix humaine prend le micro pour demander à l’examiné de cesser de respirer ou de se relâcher, mais, décidément, on n’arrête pas le progrès à Aguilera. Comme dans un jeu vidéo un peu dingue, c’est une voix préenregistrée qui donne les ordres au fur et à mesure de l’examen. Surtout pas d’échange entre humains !

Quand c’est fini, on me demande de me rhabiller et d’attendre dans le couloir. Dix minutes après cette expérience de médecine virtuelle, je suis appelé à la caisse pour payer (examen non conventionné, bien entendu), et on m’annonce que le compte-rendu va m’être remis dans les cinq minutes.

J’ose proférer un timide « Mais je ne vais pas voir la radiologue ? ».

Soupir entendu : « Ah bon, vous voulez la voir ? »

Oui, mon médecin m’a demandé de lui préciser un certain nombre de choses et je vous ai confié des radios faites antérieurement que j’aimerais récupérer.

Re-soupir :

Bon, je vais voir si elle peut vous recevoir, mais elle est très prise.

Et en plus, ils se plaignent !

Nouvelle attente de dix minutes, avant que la radiologue, que je découvre à ce moment seulement, n’apparaisse dans le vestibule de son bureau. Elle est pressée et ne me propose pas d’entrer. Ce qu’elle me dit ne regarde que moi mais me laisse perplexe, car les propos ne semblent pas en accord avec ce qui est mentionné dans le compte-rendu qui m’est remis. Craignant une confusion entre deux patients, je lui demande s’il y a une évolution par rapport aux clichés antérieurs que j’ai amenés.

Agacée, la blouse blanche, qui vient de m’accorder au bas mot une soixantaine de secondes et reste debout alors que je suis assis, a un temps d’hésitation avant de me reprendre des mains les radios qu’elle n’a visiblement pas regardées auparavant. Le tout dure trois secondes, en comptant la remise des clichés dans l’enveloppe : « Vous verrez cela avec votre médecin traitant ».

En sortant, impossible de louper dans les couloirs les affiches annonçant une grève des radiologues le 23 mars à cause de la baisse tarifaire décidée par l’État. Bien sûr, il ne s’agit surtout pas de mettre tous les médecins dans le même sac. La médecine est un art plutôt qu’une science, le dialogue avec le patient la base de tout et certains médecins, je dis bien certains,  méritent un respect absolu. Mais allez savoir pourquoi, ce jour-là, la cause des radiologues me motive à peu près autant que Serge Dassault faisant appel à la générosité publique pour financer une de ses campagnes électorales.

Une superbe haie du déshonneur

À Biarritz, plus d’une centaine d’agitateurs de casseroles ont réservé à François Fillon l’accueil qu’il mérite.

Casseroles et banderoles étaient de sortie à Iraty.

Finalement, ils ne sont pas si difficiles à reconnaître que cela, les Fillonistes ! Il y a les honteux qui regardent le bout de leurs chaussures en pénétrant dans la halle d’Iraty, un peu comme si on les surprenait à l’entrée d’un bordel espagnol, les farauds et faraudes, manteaux de fourrure et tristes figures qui la jouent « Même pas honte ! », et puis cette litanie d’handicapés, qui souffrent d’une malformation congénitale du majeur et qui passent le doigt pointé vers le ciel devant la haie du déshonneur que nous formons. Au moins cent cinquante de ces malheureux, qui pâtissent visiblement beaucoup plus de leur articulation bloquée que des mensonges et approximations de leur champion, ont pu ainsi nous adresser un salut républicain à la mesure de leur intelligence.

Encore un pauvre hère atteint d’une malformation congénitale du majeur.

Les agitateurs de casseroles que nous sommes (une bonne centaine selon Sud Ouest ) ne remercieront donc jamais assez la police de nous avoir placés derrière des balustrades métalliques, tout près de l’entrée principale de la halle d’Iraty, l’endroit parfait pour faire connaissance avec cette France rassie et dépassée.

Fort courageusement, le repris de justesse Fillon, flanqué de ses maigres troupes de notables de seconde zone, a pu ainsi échapper à la bronca en entrant par l’arrière du bâtiment, mais tous les autres, les Fillonistes ordinaires, très ordinaires même, les aveugles à la morale plus qu’élastique venus gober les bobards éhontés de leur candidat, ont bien été obligés de monter les marches d’Iraty au milieu d’un superbe concert de casseroles et de slogans comme « Fillon en prison » ou, histoire que tous ces pauvres bougres ne se perdent pas, « L’escroc, c’est par là, la République, c’est par ici ».

La visite de la France friquée

Merci à la Ville pour l’installation de ces barrières métalliques idéales pour que nos casseroles se fassent entendre.

Le tour rapide dans le parking sursaturé d’Iraty est édifiant : beaucoup de Bordelais et de Toulousains et surtout une magnifique collection de voitures de luxe. Le spectacle des candidats au meeting, tout autant. On découvre une France âgée, friquée et monocolore, où la canne est beaucoup plus présente que les baskets et le costume, sans doute offert par les amis, que la parka.

C’est la France du catholicisme rétrograde, celle qui frétille à Sens commun et déplore le droit à l’avortement et le mariage pour tous. C’est la France frappée d’autisme et de cécité qui ne veut pas voir qu’elle soutient un scélérat.

Les quincailliers se frottent les mains. Grâce à Fillon, les ventes de casseroles explosent…

Côté agitateur de casseroles, l’ambiance est autrement plus joyeuse et l’on se félicite d’être du bon côté de la barrière. Des jeunes, des vieux, des antifascistes, et des casseroles de toutes les formes et les couleurs qui ont dû conforter les bénéfices de tous les quincaillers du coin. Et on dira après que Fillon ne fait rien pour le commerce !

L’homme qui se retrouve avec une nouvelle affaire tous les jours et qui déshonore la démocratie par son attitude, pensait sans doute en organisant ce meeting à Biarritz, trouver une ville toute acquise à sa cause. Au point que Le Figaro, faussement compatissant, a cru bon de s’étonner : « Accueilli par un concert de casseroles, même à Biarritz ». Alors que les partis de gauche – honte à eux ! – n’ont pas appelé à manifester contre ce voyou de la République, savoir qu’une centaine de citoyens courageux se sont déplacés pour lui réserver l’accueil qu’il mérite donne chaud au cœur…

Oui, quelle belle, quelle magnifique soirée !

À ne pas rater, le très bon papier du Monde : « Fillon, une campagne qui se délite »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/25/francois-fillon-un-candidat-en-perdition_5100606_4854003.html

Avec tout le fric qu’il a empoché, on espère que Fillon va nous rembourser nos investissements fort mal en point.

 Élus : nous n’oublierons pas

Si mon meilleur ami, m’annonçait qu’il rejoint les rangs du Front national, il cesserait dans la seconde d’être mon meilleur ami. Il était frappant de constater, hier, qu’aucun ténor de niveau national n’avait jugé bon de faire le déplacement à Biarritz. Les Baroin, Larcher et consorts confient en privé qu’ils n’y croient plus. Alors les seconds couteaux, les Olive, Brisson ou Arostéguy, ont vu l’occasion de prendre la lumière et se sont précipités pour conforter le voyou de la République. Quand François Fillon aura pris dès le premier tour la claque électorale qu’il mérite et que tout le monde le lâchera, je les imagine déjà nous expliquer qu’ils ont agi ainsi par « fidélité à leur camp ».  Mais un homme politique a-t-il le droit d’être plus aveugle qu’un citoyen ordinaire ? Nos élus locaux nous envoient un message très clair : la victoire de leur camp et donc leur devenir personnel est beaucoup plus important à leurs yeux que toute considération morale comme le rejet d’un candidat à la présidence de la République mis en examen pour « escroquerie aggravée ». Ils font fi de la morale ? Nous oublierons de voter pour eux et les combattrons lors des prochaines échéances électorales.

 

Tous à vos casseroles !

Malgré sa mise en examen et ses mensonges à répétition, il continue ! Fillon doit donc être accueilli comme il convient, vendredi à Biarritz.

Le talent de François Fillon doit être salué comme il se doit.

Fillon fait de nous la risée de l’Europe, mais persiste et signe, alors que l’enquête concernant les emplois de son épouse et de ses enfants vient d’être élargie à des faits de « faux et usage de faux » et « d’escroquerie aggravée ». Notre pays est actuellement classé en vingt-troisième position au niveau de la corruption, derrière l’Estonie ou l’Uruguay et juste devant le Qatar (www.transparency.org). Rien d’étonnant donc à ce que nos confrères européens ne comprennent pas comment ce « Donal Trump à la Française », peut continuer à viser la présidence de la République ; « un candidat disqualifié pour la présidentielle » selon Le Soir, qui « imite le populiste Berlusconi » pour Blitz, tandis que le quotidien libanais L’Orient Le Jour parle d’un « mépris des règles les plus élémentaires de la vie démocratique. ».

L’immoralité de l’un n’excuse pas l’immoralité de l’autre

Oh, on les entend d’ici, ce dernier carré d’autistes fillonistes qui continue à crier au complot et à l’assassinat politique et s’agite actuellement autour des enfants de Bruno Le Roux, comme si l’immoralité d’une affaire (promptement réglée avec la démission du ministre de l’Intérieur !) pouvait excuser l’immoralité bien plus monstrueuse de l’autre. Une affaire Fillon qui ne cesse de s’amplifier d’ailleurs avec des cadeaux d’amis pas du tout désintéressés, des relevés d’horaires de travail de Pénélope qui semblent apocryphes aux policiers, des interventions auprès de riches hommes d’affaires pour vendre son carnet d’adresses d’ancien Premier ministre. Avec, pour le Père-la-morale des primaires, un seul mot d’ordre évident « Par ici la monnaie ! »

Il faudra que des élus tout à fait respectables comme Claude Olive, Max Brisson, ou Maïder Arostéguy, qui annoncent qu’ils seront présents vendredi, halle d’Iraty, pour venir soutenir leur champion, nous expliquent pourquoi ils font passer la logique de parti avant le respect élémentaire de la morale publique et ne prennent pas leurs distances, comme l’a fait Bruno Le Maire, avec des faits qui ne relèvent pas de la droite ou de la gauche mais de l’immoralité démocratique et de l’esprit de lucre.

Si vous avez la curiosité de regarder l’agenda de campagne de François Fillon, vous constaterez d’ailleurs que le rusé Sarthois, qui s’est bien gardé de bouger une oreille lundi soir sur TF1 par peur d’une balle perdue, prévoit assez peu de meetings en province, par crainte des manifestants en colère et des images télé qui s’ensuivraient.

(https://www.fillon2017.fr/agenda/)

En 2012, Sarkozy avait fini réfugié dans un café.

Fort de ses petites habitudes à l’Hôtel du Palais (Merci, Borotra !) et de son enracinement familial à Ascain, Fillon est persuadé qu’il va faire un déplacement sans risque à Biarritz. En 2012, les Bayonnais ont su accueillir comme il convenait Nicolas Sarkozy. Il est plus que temps pour les Biarrots de montrer qu’en matière de contestation, ils ont autant d’aptitudes que leurs voisins et amis. Alors pour rendre un hommage sympathique au talent exceptionnel de ce grand orfèvre de l’utilisation des deniers publics, un concert de casseroles en l’honneur de ce mélomane averti s’impose. Tous à Iraty, vendredi à 18 h !

Petits arrangements avec la démocratie

Nicolas Dupont-Aignan a parfaitement raison : le débat organisé par TF1, avec… cinq candidats seulement, est inacceptable.

Les électeurs, et eux seuls, ont le droit de décider qui est un petit ou un grand candidat. Mais sûrement pas les sondeurs ou TF1 !

Quand on voit la constance avec laquelle les sondeurs se trompent, que ce soit en France ou aux États-Unis, on se demande pourquoi TF1, pour son débat de lundi soir, n’a pas préféré baser sa sélection sur les candidats aux yeux bleus ou ceux qui sont gauchers, plutôt que sur les cinq candidats qui seraient en tête des intentions de vote… selon ces spécialistes de la désinformation qui n’avaient vu venir ni Fillon ni Hamon, lors des primaires.

Invité au journal de TF1, samedi soir, le candidat Nicolas Dupont-Aignan a décidé de quitter le plateau pour protester « Je souhaite que par mon geste, votre chaîne renoue avec la démocratie ». Une attitude que semblent comprendre les électeurs puisqu’il totalisait dimanche soir plus de 37 000 commentaires favorables sur sa page Facebook.

Déterminé, Nicolas Dupont-Aignan a même déposé un recours devant le Conseil d’État pour être invité à débattre par la première chaîne, recours qui a été rejeté.

Le CSA pas gêné

Quant au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, pas gêné du tout malgré le rôle de gendarme des programmes qu’il devrait tenir, il a estimé que « l’organisation d’un débat avec cinq candidats relevait de la liberté éditoriale de TF1 et ne remettait pas en cause les règles du pluralisme dans la mesure où le principe de l’équité était respecté par ailleurs. ». On croit complètement rêver, car comment des candidats comme Philippe Poutou ou Jean Lassalle qui se sont qualifiés in extremis le 17 mars dernier, peuvent-ils apparaître de façon crédible dans les sondages ?

Avec les primaires, cette vaste farce où un petit pourcentage des Français décide pour les autres du casting à venir, avec les casseroles et la mise en examen de Fillon qui passe en force et avec cet oukase de TF1, qui décide d’elle-même qui sont les grands et les petits candidats, c’est toute notre démocratie qui est mise en pièce petit à petit.

Je ne partage absolument pas les idées de Nicolas Dupont-Aignan, mais si Mélenchon Hamon et Macron avaient un peu de dignité (un terme que Fillon ne connaît pas), ils devraient refuser de participer à cette mascarade. Marine Le Pen, pour sa part, a clairement défendu la position de Nicolas Dupont-Aignan et estimé que tous les candidats devaient être traités à égalité.

Quant à nous, téléspectateurs d’un soir et futurs électeurs, si ce débat doit se dérouler dans ces conditions, consacrons notre « temps de cerveau humain disponible », selon l’expression du PDG de l’époque Patrick Le Lay, à de toutes autres activités que ce débat tronqué et truqué…

… Comme lire avec attention, sur Internet, les programmes détaillés de chaque candidat, histoire d’en apprendre beaucoup plus.

Ce rugby gangréné par le fric

Lorenzetti et Savare peuvent faire les malins devant les caméras, ils ont bafoué toutes les valeurs du rugby.

Antoine Burban n’a rien d’un tendre sur le terrain mais il est au bord des larmes lorsqu’on lui parle d’une fusion possible entre le Stade Français et le Métro Racing (L’Équipe, 14/3) : « Le plaisir que j’aurais pu avoir à faire mon dernier match ici, devant mes enfants, ils me l’enlèvent. Le rêve d’être fidèle à un seul club, je ne pourrai pas l’avoir. Ça fait onze ans que j’abîme mon corps pour ce club. Je ne peux pas cautionner que cette fusion tue le Stade Français ». Pascal Papé, l’emblématique capitaine des Bleus et Roses, qui n’a pas pour habitude de s’échapper sur un terrain, n’y va pas par quatre chemins (L’Équipe, 15/3) : « On parle de l’humain, là ! On ne parle pas d’immobilier ou de planche à billets. Cette histoire, c’est un délire de riches. On ne bafoue pas comme ça cent trente-quatre ans d’histoire ».

Papé et Burban n’ont pas hésité à aller au contact de leurs supporters et à dire ce qu’ils pensent.

Le joueur qui n’a pas hésité à inciter ses coéquipiers à se mettre en grève, ce qui met en péril toute la fin du championnat, a parfaitement raison quand il évoque un « délire de riches ». De grandes fortunes qui n’ont jamais joué au rugby se disent qu’elles auront beaucoup de visibilité en prenant la tête du Top 14… jusqu’au jour où elles commencent à trouver que la danseuse leur coûte un peu cher. Vous avez déjà entendu Lorenzetti ou Altrad parler rugby ? C’est à se tordre de rire ou à pleurer de désespoir tellement ils sont incompétents en la matière ! Et fort naturellement, ces présidents, qui se soucient du rugby comme de leur premier million gagné dans le monde des affaires, trouvent tout à fait normal de fomenter leurs petits coups en douce sans avoir le réflexe de consulter leurs joueurs dans un sport où l’affect, l’envie de se surpasser pour les autres demeurent des valeurs essentielles.

Oui l’argent pollue vraiment tout désormais dans le rugby et passe bien avant l’équité sportive ou le respect d’un maillot.

Huit matches sur les grandes chaînes ce week-end

Autre exemple de la gloutonnerie sans limite de ceux qui dirigent le rugby. Lors des négociations de contrat avec la télévision, Paul Goze et ses copains de la Ligue ne regardent que le montant final du contrat qu’ils vont empocher sans se soucier de savoir s’ils ne sont pas en train de tuer leur sport. Ce week-end, entre France 2, France 4 et Canal +, ce sont huit matches qui sont proposés aux téléspectateurs. Même si Bernard Laporte a réussi à repousser d’une petite heure le deuxième match de Top 14 du dimanche, il demeure évident que les petits clubs auront bien du mal à attirer des spectateurs après une telle bacchanale de rugby et que les recettes de la buvette vont être plus que réduites. Sournoisement, cette télévision impose ses règles au lieu de respecter le sport qui lui ouvre ses portes : mi-temps portées à quinze minutes, histoire de pouvoir diffuser de la pub ; mêlée qui n’intéresse plus les réalisateurs préférant papillonner sur les visages des belles filles en tribunes au lieu de nous proposer les images de cet affrontement qui constitue la base même du rugby ; chaînes qui n’hésitent pas à infliger aux spectateurs des horaires hallucinants pour aller au stade, dans le seul but de gonfler -très momentanément l’audience… matches hivernaux à 21 heures ou le dimanche à 12h30, on en passe et des meilleures. Des audiences qui sont d’ailleurs en berne à force de servir du rugby à n’importe quelle heure. À quand une grève des spectateurs ?

L’équité sportive bafouée

Et l’on ne parlera même pas de l’équité sportive qui est visiblement le cadet des soucis des instances nationales et internationales. Prenez le Tournoi des VI Nations où l’Italie se prend rouste sur rouste. Il existe un groupe B, ou l’on peut croiser l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique, ainsi que la Géorgie qui caracole nettement en tête de sa poule, avec quatre victoires en quatre matches. Le bon sens et l’équité sportive voudraient que le dernier du groupe A descende et cède sa place au premier du groupe B, ou qu’un match de barrage au minimum oppose les deux équipes. Hors de question, répondent en chœur tous les responsables du rugby qui rappellent que cette compétition se déroule uniquement sur invitations. L’explication est beaucoup plus prosaïque : l’Italie, malgré sa belle collection de défaites, reste une destination très prisée par les supporters et remplit les stades tandis que les recettes liées à la Géorgie demeureraient très incertaines. Donc on ne touche à rien et tant pis si on interdit ainsi aux équipes secondaires toute progression.

Entre la fusion possible Stade Français-Racing, qui va à l’évidence fausser la fin du championnat, les aberrations du Top 14 où les jeunes joueurs français n’ont plus l’occasion de bénéficier de temps de jeu et l’avidité des télévisions qui se comportent en prédateurs de ce sport, il y a vraiment de quoi désespérer.

Le manager du Castres olympique Christophe Urios devrait se réjouir du bazar actuel puisque son équipe doit accueillir le Stade Français et qu’il pourrait se retrouver avec cinq points gagnés sur tapis vert, mais il aime trop ce sport pour perdre toute lucidité : « Ce qui est le plus grave, c’est que j’ai l’impression que notre rugby part complètement en couilles ». On ne saurait mieux dire.