Boudjellal le tout bon de Toulon

Boudjellal et Guazzini ont de l’estime l’un pour l’autre, ce qui n’a rien d’étonnant. Le premier justifie sa réputation de président le plus intelligent du Top 14, le deuxième raconte un management par le sexe au Stade Français.

« Je suis le plus grand escroc du rugby. Je ne l’ai jamais pratiqué de mon existence. Sauf une fois à l’école pendant dix minutes ». Que c’est bon le rugby quand il ne s’habille pas de langue de bois ! Avec « Un président ne devrait pas dire ça », malicieux clin d’œil à un autre président qui n’aura pas tout à fait réussi son quinquennat, le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal publie un livre très personnel et tout à fait passionnant où il n’hésite pas à s’attaquer aux clichés qui encombrent encore le rugby. « Je considère qu’il existe aujourd’hui davantage de valeurs dans le football que dans le rugby, où prime l’égoïsme le plus absolu. Les fameuses valeurs du rugby constituent un gros mensonge. J’y suis depuis dix ans et je les cherche encore. Dans toutes les commissions siègent des hommes corrompus qui n’ont pas la légitimité pour y être à cause de conflits d’intérêts ».

On l’aura compris, le roi de la provocation Boudjellal ne recule devant rien et n’hésite pas à sortir la sulfateuse face à ceux qui lui déplaisent. Mais ce serait une grosse erreur de limiter son livre à quelques phrases à l’emporte-pièce. L’ancien éditeur de bandes dessinées est avant tout un homme remarquablement intelligent qui n’hésite pas à mettre sur la table les sujets qui fâchent dans une France plus divisée que jamais. Son arrivée dans le rugby et les spectateurs qui le traitent de « bougnoule », mais aussi son enfance modeste avec un père conducteur de camion et son engagement à gauche : « Ne pas faire de politique aujourd’hui s’apparente à une non-assitance à personne en danger ». Ce qui n’empêche pas Boudjellal de se montrer lucide sur les défauts d’une gauche parfois angélique. Les créateurs de richesses que sont les entrepreneurs, les commerçants, les artisans et tous ceux qui prennent des risques doivent être valorisés car sinon il n’y aura que la misère à partager.

Un président-vedette qui assume

Le président de Toulon ne cache pas son amertume d’avoir été évincé de la Ligue alors que son club constitue une des principales puissances économiques du Top 14 et que siègent des présidents qui relèvent de faillite. Goze, mais aussi Wilkinson, Dominguez, Galthié, Laporte sont ainsi racontés par l’homme au tee-shirt et ce n’est pas triste. Boudjellal est convaincu que les nouveaux présidents de club doivent être des showman qui font partie intégrante du spectacle : « J’aime bien m’amuser avec les autres présidents, les titiller. C’est une vraie forme de respect et une façon de mieux cerner leur personnalité. » Mourad reconnaît qu’il joue un rôle face aux caméras de Canal +. « J’ai essayé de créer le rôle du président-manager. D’étoffer celui de président-vedette, mouvement impulsé par Max Guazzini ».

Et pour titiller, l’ancien éditeur de bandes dessinées en connaît un rayon : « Quand je dis que Thomas Savare, le président du Stade Français, a été premier dans un concours de spermatozoïdes, je ne fais que prendre acte qu’il est né, tant mieux pour lui, avec une cuillère d’argent dans la bouche. Moi je suis né dans la basse ville de Toulon avec la colère à la bouche. ».

Boudjellal est parfaitement conscient des dangers que court le rugby progfessionnel et veut y remédier. « Nous devons offrir plus qu’une place dans un stade : un moment de vie, un moment de live, un scénario imprévisible n’obéissant à aucune trame. »

Passionnant de la première à la dernière page, « Un président devrait dire ça plus souvent » mérite d’être offert à tous les inconditionnels de rugby mais aussi à tous les amoureux de l’existence. Car comment ne pas aimer cette France, libre, généreuse, créative incarnée par Boudjellal, loin si loin de celle voulue par Marine Le Pen ?

« Un président devrait dire ça plus souvent… », Mourad Boudjellal avec Arnaud Ramsay, éditions Robert Laffont, 270 pages, 19 €.

Adorable et insupportable Guazzini

Voilà un livre que certains rugbymen professionnels vont bien se garder de faire lire à leurs épouses ! Autant Boudjellal fait dans la distance et la présidentialité, autant l’écorché vif Guazzini pratique la confidence et l’envers du décor. Comme beaucoup de joueurs des années soixante-dix, je n’ai pas été très fan de ce « rugby plume dans le cul » inventé par Guazzini. Mais l’objectivité oblige à reconnaître qu’il a réussi à draîner un public de femmes et de jeunes dans des stades qui sentaient bon la carte vermeil et que la fédération serait bien bête de se priver de son talent tout comme de celui de Boudjellal.

Chanteur de variété, ami intime de Dalida, Guazzini c’est aussi NRJ, la radio libre qui a osé défier le pouvoir socialiste, où le grand Max comptait pourtant beaucoup d’amis, en invitant sous Mitterrand les jeunes à descendre dans la rue. C’est aussi une sensibilité et un flair hors pair qui vont l’amener à tout quitter pour le rugby et à choisir des hommes en adéquation avec son projet. Entre le « minet » Guazzini et l’électricien en survêtement Bernard Laporte, aucun point commun en apparence sauf que Guazzini a su voir dans l’ancien champion de France avec Bègles le passionné avide d’apprendre d’autres codes qui allait conduire le Stade Français au sommet.

Avec un management très particulier – quand on joue au rugby, on joue, quand on se lâche on se lâche ! – qui fera du Stade Français d’avant Thomas Savare un club tout à fait à part. Grand ami de Denise qui tient un club libertin rue Quincampoix à Paris, Guazzini, à la fortune limitée, ne peut offrir aux joueurs les meilleurs salaires de la capitale, mais peut leur garantir les fêtes les plus débridées. Guazzini sera même obligé de confectionner des cartes aux juniors du club, car Denise a pour habitude de ne pas faire payer les jeunes étalons rugbymen qui viennent dans son établissement. Mais les juniors ont parlé à leurs copains de ce bon plan et c’est la cohue… Sans complexe aucun, Max raconte aussi comment il a gagné le concours de la plus grosse face à Christophe Dominici, comment il a séduit Patrick Tabacco en lui présentant la chanteuse Hélène Segara ou déniché un hôtel à six heures du matin près de l’Étoile pour rendre service à un joueur qui avait un rancard improbable avec une danseuse du Pink Paradise.

Mais, fort heureusement, Max Guazzini ne se résume pas à ces péripéties extra-sportives. Insupportable quand il raconte les engueulades adressées aux joueurs dans les vestiaires, lui qui n’a jamais joué ni poussé une seule mêlée, Guazzini peut être touchant quand il explique le marketing de son club, sa stratégie maillots, ses calendriers des Dieux du Stade ou sa très grande piété l’amenant à arroser d’eau de Lourdes les en-but à chaque finale disputée par le club de son cœur. Et l’on a mal pour lui quand il se fait injustement déposséder de son club pour un trou de cinq millions d’euros dans son budget, lié à la faillite de sa régie publicitaire qui ne lui a jamais payé… cinq millions d’euros pourtant dûs.

Depuis ce jour,  probablement une grande solitude pour ce septuagénaire portant beau, mal masquée par sa dévotion pour ses deux chiens.

Part rapport au livre de Boudjellal, « Je ne suis pas un saint », manque un peu de hauteur de vues. Mais quelle chance le rugby français a de pouvoir compter dans ses rangs deux personnages de cette envergure qui nous changent agréablement des gros pardessus qui ne pensent qu’à bouffer !

« Je ne suis pas un saint », Max Guazzini, éditions Robert Laffont, 352 pages, 21 €.

Interdiction de laisser Mariner…

Entre une raciste incompétente et un illuminé ultralibéral, le choix est vite fait. Ce sera Macron… sans illusions.

À Biarritz, un électeur sur trois a trouvé acceptable les turpitudes de François Fillon. Comme si dans notre pays, la morale n’avait plus d’importance !

Biarritz a toujours manifesté beaucoup d’indulgence pour les élus un peu désinvoltes avec l’argent public, mais à ce point ! Alors que François Fillon ne récoltait que 28% de votes en sa faveur dans son département, les Biarrots, visiblement peu sensibles à la morale en politique, se sont tristement illustrés avec un tiers des votes accordés au mis en examen Fillon. Heureusement, et c’est là une des grandes consolations de cette bien triste élection, les Français ont fait preuve de bon sens en écartant le Tartuffe de la Sarthe du second tour de la présidentielle pour lui permettre, face à la Justice, de faire tranquillement la démonstration de son innocence et du complot à son encontre ourdi par la presse, ce qui devrait nous valoir quelques moments de franche rigolade.

Pas glamour le second tour

Et de rigolade on a bien besoin au vu des résultats nationaux de cette élection. On a connu plus sexy qu’un sprint final avec une représentante du Front national et un ectoplasme au programme tellement flou qu’il en devient très prévisible comme en témoignent la hausse de la Bourse au lendemain des résultats et les cris de joie, mal dissimulés, du Medef.

Pour leur part, les partisans d’une gauche radicale déplorent toux ceux qui, tentés par Mélenchon, ont cru malin de voter Macron dès le premier tour « pour faire barrage au Front national ». Mais il ne sert à rien de refaire le match. La règle du scrutin présidentiel étant connue de tous, il faut désormais se concentrer sur le second tour et se décider pour le moins pire des candidats, qui est évidemment Emmanuel Macron.

À ce sujet, Jean-Luc Mélenchon ne s’est guère montré inspiré. Ses tergiversations et sa façon de se planquer derrière la décision des militants relèvent de la posture. Face au Front national, le réflexe républicain doit être immédiat, le combat sans nuance et les petites manœuvres oubliées. Bravo au PS mais aussi à Raffarin, Juppé, NKM ou même François Fillon pour avoir donné des consignes claires dès dimanche soir.

Et honte à tous ceux, qu’ils soient membres de Lutte Ouvrière ou des Républicains, qui se perdent dans les méandres du ni-ni, en laissant aux autres le soin de faire le sale boulot électoral !

Marine la joue peuple, Macron people

Stéphane Bern, mais aussi Line Renaud, Pierre Arditi, Erik Orsenna sont venus faire la cour au nouveau chouchou des médias.

Car une élection, jusqu’au jour du vote n’est jamais gagnée et le jeune paon Macron, ivre de lui-même et de son parcours météorique, ferait bien de s’en souvenir. Pendant qu’il se pavane à La Rotonde et contemple avec Brigitte son image dans les magazines, pendant qu’il essaie de nous faire croire à une nouvelle politique en exhumant du formol Bayrou ou Collomb, Marine se retrousse les manches et fait le job, que ce soit dans le Nord ou à Rungis. Malgré son passé de châtelaine de Montretout, elle arrive à convaincre les plus démunis qu’elle est à leurs côtés. Ce ne sont pas les people qui tournent autour du jeune énarque comme des papillons éblouis par la lumière qui feront gagner le candidat d’En marche. Et même si les sondages lui sont très favorables, un tour rapide sur les réseaux sociaux montre que beaucoup de militants chez Les Républicains sont restés dans la haine recuite de Hollande et affirment vouloir voter Marine Le Pen.

En 2002, les gens de gauche ont connu l’épreuve de devoir voter Chirac. La droite va découvrir, à l’issue de cette élection a priori imperdable pour elle, l’effet que cela fait d’aller à Canossa devant une urne. Mais voter pour ne veut pas dire adhérer : le Front national doit être combattu sans faiblesse, la tentation de la pêche à la ligne oubliée et le bulletin de votre où figurera le nom de Macron ne sera qu’un suffrage contre Marine.

… En attendant la belle bagarre des législatives pour faire triompher ses idées, la pâte à modeler Macron étant bien obligée de composer avec la majorité idéologique élue par les Français.

À lire sur Facebook la très intéressante réaction de Jacques-André Schneck, membre des Républicains, qui très tôt a pris ses distances avec Fillon et ne se pose pas de questions face au danger Front national :

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

Une pathétique nombriloscopie

Brillant orateur mais piètre écrivain, Didier Borotra, ego démesuré et absence totale de remise en cause, se rate complètement dans ses mémoires.

Qu’attendre en vérité de quelqu’un qui, à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, a affirmé avoir appris « par hasard » l’engagement de sa fille Sophie par la directrice de La Cité de l’Océan qui travaillait sous ses ordres ? Des approximations et de grandes gesticulations autosatisfaites.

La réalité Borotra, connue de tous les Biarrots, est toute autre que celle racontée dans le livre au titre ampoulé « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs ». Didier Borotra, c’est d’abord un homme qui rate complètement sa vie professionnelle avant de se raccrocher aux branches la cinquantaine venue grâce à la politique, quelqu’un qui a connu la gêne financière avant de prospérer sur le tard, le cumul des mandats aidant. Mais la vie antérieure du brillant gestionnaire Borotra est expédiée en dix lignes et devient « de graves tensions financières au sein de l’entreprise au mileu des années 1980. Cette responsabilité de gestion, lourde et préoccupante, a été surmontée grâce à la solidarité familiale. » Étonnez-vous après cela que la Ville, au moment de son départ, soit passée à ras de la mise sous tutelle préfectorale pour cause de surendettement !

Élu à regret à Biarritz

Même fable en ce qui concerne son implication dans la vie politique biarrote. À l’en croire, cet inconditionnel de Jean Lecanuet a cédé à la pression affectueuse de ses amis en se présentant à Biarritz : « Je dus une nouvelle fois y aller… plus contraint que porté par une réelle ambition. J’entends bien que ce goût du sacrifice peut paraître suspect ; certes ma sympathie à l’égard de Bernard Marie était nulle et, sincèrement, j’étais fort tranquille à la mairie d’Arbonne et au conseil général ».

Et l’on en arrive au morceau de bravoure de 1991 où l’angélique Borotra dément catégoriquement une quelconque « ambition de devenir maire ». C’est uniquement la peur de voir raser le casino municipal, ce chef d’œuvre de l’art déco, qui l’a poussé à faire sécession contre Bernard Marie. Comme c’est curieux, Borotra oublie totalement de citer les coupures de presse de l’époque où il se déclare, fin 1990, « enthousiasmé » par le projet d’implantation d’un nouveau casino sur la colline des hortensias. Talonné par Michèle Alliot-Marie que tout le monde voyait succéder à son père, le premier adjoint Borotra trahit Marie, car il n’en peut plus d’être vizir et se rêve calife. Mais si on le lit, c’est uniquement par amour de Biarritz et de la belle architecture qu’il a agi ainsi et non par arrivisme forcené.

Des costards à tout va

Et c’est là où « La renaissance de Biarritz » devient une énorme déception. Didier Borotra, même s’il est l’illustration des méfaits liés à vingt-trois de règne sans partage, a incontestablement été un maire qui avait une vision de sa Ville et qui a réveillé la belle endormie de la Cöte basque. Mais à force de ne pas s’attribuer la moindre erreur, le moindre ratage (Il continue à croire que la Cité de l’Océan deviendra « avec le temps, l’un des atouts majeurs de l’image et du développement de Biarritz » !), Borotra en devient totalement ridicule.

Prenez par exemple l’homme qui a été sénateur des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2011. Un sénateur tellement inexistant que M6 s’était amusé à faire un reportage sur lui, présent par hasard au Sénat et incapable de localiser son bureau. À part Pénélope Fillon, vous connaissez quelqu’un incapable de retrouver son bureau après dix-neuf ans passés au sein de la même entreprise ? Et qu’écrit celui qui devrait raser les murs après avoir si mal accompli son mandat : « Mon expérience de sénateur s’avéra assez décevante en raison de l’âge et du manque de dynamisme d’un grand nombre de mes collègues, du faible poids de l’assemblée dans les grands débats politiques et des difficultés éprouvées à faire émerger les majorités d’idées auxquelles j’aspirais » Si tu avais un peu plus participé au travaux, Didier, peut-être aurais-tu apprécié le Sénat !

Même toupet de plume en ce qui concerne Michèle Alliot-Marie, de la part d’un homme politique dont la renommée n’est guère allée au-delà de Mauléon. Didier Borotra a le droit de détester la famille Marie, mais de là à écrire sur l’un des plus beaux parcours de la République : « Certes, son parcours politique l’a amenée à exercer de hautes responsabilités, la hissant à la tête de quatre ministères régaliens. Mais, quand on regarde de près quelle fut son action, on constate qu’elle aura laissé peu de traces durables de son passage » Vingt ans à faire partie de tous les gouvernements possibles, c’est ce que Didier imperator appelle ne pas laisser de traces ! Mais visiblement, comme l’avocat Robert Bourgui, Borotra a décidé d’offrir des costumes taillés sur mesure à tous ceux qui lui sont chers.

L’encensoir sans empathie

Et l’on s’étonne dans ce livre qui fait, disons-le tout net, un peu de peine pour son auteur d’une construction surprenante que l’éditeur aurait dû récuser. D’un côté une sorte de curriculum vitae laborieux où l’on retrace les grandes dates d’une existence sans raconter le dessous des cartes, un peu comme si Jérôme Thion nous rappelait dix ans plus tard le minutage des essais lors du dernier bouclier de Brennus au lieu de nous raconter l’ambiance des vestiaires, de l’autre des portraits qui arrivent sans prévenir au milieu du récit avec une hyperbole de superlatifs et une absence totale d’empathie, qui donnent à penser à une soirée des Césars où le lauréat n’oublie jamais de remercier le moindre décorateur ou preneur de son.

Vous l’aurez compris, derrière « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs » se cache surtout de la part de son auteur un manque absolu d’humilité qui est révélateur d’un manque total d’humanité. Et l’on plaint ce vieillard au cœur sec pour avoir fait dans ce livre fort loin d’être impérissable inlassablement le tour de son nombril avec sa plume.

« La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs », Didier Borotra, éditions Le Festin, 224 pages, 19 €.

Amnésie consciente et inconsciente…

Borotra évoque longuement le Foro, destiné à propager la gloire de Biarritz en Amérique du Sud mais oublie totalement de préciser aux lecteurs que sa fille qui vivait sur le continent américain touchait un salaire d’attachée parlementaire de sa part, quand il était sénateur, ce qu’elle a confirmé au tribunal. Encore plus fort que Fillon ! Ce qui n’empêche pas notre inénarrable Didier de nous faire un grand couplet sur l’argent et la politique : « Il faut reconnaître que beaucoup d’élus locaux ne font rien, sinon de la présence et touchent des indemnités exagérées » Fallait oser ! Comme il fallait oser affirmer n’être nullement intervenu dans la campagne des municipales de 2014 : « Max Brisson considérait qu’il était imbattable, Veunac qu’il était le plus légitime, tandis que Guy Lafite estimait qu’il était le plus compétent. Tout cela n’était pas faux, mais pas totalement exact non plus ».

D’autres erreurs, comme l’a souligné La Semaine du Pays basque d’aujourd’hui, traduisent une mémoire qui flanche et n’auraient pas dû passer au travers d’une relecture sérieuse. Borotra fait participer De Gaulle aux législatives de 1978 au lieu de 1968, parle de Bernard Marie député en 1993 alors qu’il avait abandonné son mandat en 1981 et le reste à l’avenant. Mais le détail que les Biarrots auront le plus de mal à lui pardonner est sans doute cette légende de photo, page 112, parlant du bouclier de Brénus et non de Brennus. À croire que Didier s’est pris un coup de bouclier sur la tête, lors de la dernière finale…

Enthousiasmant Laird Hamilton

Même sur de toutes petites vaguelettes de cinquante centimètres, Laird Hamilton avec son stand up foil réussit à voler sur l’eau.

Champion d’exception qui s’est frotté aux plus grosses vagues de la planète, Laird Hamilton est aussi un homme d’une modestie et d’une disponibilité incroyables. Parrain de la Maïder Arsotéguy Cup, venu à Biarritz par amitié pour l’organisateur Robert Rabagny, Laird Hamilton, après avoir longuement distribué des autographes à tous ses admirateurs, a sidéré aussi bien les surfeurs que les promeneurs qui se trouvaient là par hasard, samedi après-midi sur la Grande plage, en se livrant à une longue démonstration de stand up foil. Doté d’un aileron métallique, cette courte planche de paddle permet de voler au dessus de l’eau et devient impressionnante quand elle est maîtrisée par un champion du monde.

 « Admirez le surf du futur » s’est exclamé Rabagny, persuadé que nous verrons de plus en plus ce type d’engin sur nos côtes.

Un immense merci à Robert Rabagny pour avoir offert ce si beau spectacle à tous les Biarrots. Et une fois de plus la question se pose : mais comment la Ville peut-elle se passer d’un organisateur aussi créatif et talentueux ?

Les sondeurs, ces parasites de la République

Ils faussent régulièrement l’opinion et se trompent presque à chaque fois. À quand une interdiction des sondages lors des échéances électorales ?

Les rois de la courbe vendent du vent et le savent. Mais tant qu’ils trouveront des gogos pour acheter leurs sondages et des crédules pour les prendre au sérieux…

Ils ont annoncé Juppé pour la primaire de la droite, Valls pour celle de la gauche, et bien évidemment Hillary Clinton à la présidence des États-Unis, mais, toute honte bue, ils continuent à avoir leurs sièges réservés sur toutes les chaînes de télés où ils nous expliquent doctement l’évolution des tendances électorales, alors que près de 40% des Français avouent ne pas avoir encore pris leur décision.

Mais pour ces nouveaux docteurs Folamour de l’Audimat, pas le moindre doute, pas la plus petite remise en cause et des tripatouillages à faire hurler n’importe quel amoureux de la démocratie. Tous les Français vont aller aux urnes dans quelques jours avec l’idée très nette que les petits chevaux électoraux Le Pen et Macron sont les plus près du poteau final suivis de Fillon et Mélenchon, puis de Hamon, les « petits » candidats n’étant là que pour faire beau dans le paysage. Mais qu’en savent-ils, ces spécialistes qui ne voient jamais rien venir et qui poussent les Français à « voter utile » dès le premier tour, en agitant un classement totalement putatif, alors que personne n’a la moindre idée du résultat final ?

Si vous disposez de soixante minutes, ne ratez surtout pas le replay de l’excellent « Envoyé Spécial » d’Élise Lucet et vous allez mieux comprendre l’hypocrisie sans nom de tous ces jolis cœurs qui veillent jalousement sur le devenir de leur goûteux fromage en se parant des atours de la science.

 

La malice des sondés

Ah, il m’a bien fait rire, l’étudiant bordelais qui a parfaitement compris comment fonctionne l’attrape-gogo (minute 16’). Quentin, dix-neuf ans, se fait de l’argent de poche en répondant aux sondages en ligne sur Internet et touche pour cela environ un euro pour vingt minutes de travail (Ils sont princiers, ces sondeurs, même Macron n’a pas encore osé proposer ce salaire horaire!). Mais il a remarqué que le style étudiant célibataire et fauché n’était pas très prisé des producteurs de graphique. Alors, il s’est rajouté vingt ans d’âge, inventé une femme, deux enfants et des revenus annuels de quarante mille euros et se retrouve sollicité par les sondeurs, trois ou quatre fois par semaine.

La ruse ne date pas d’hier, puisque dans le club de rugby où je jouais l’un de nos coéquipiers occupait nos trajets en autocar avec des « enquêtes d’opinion » qu’il était censé faire au porte-à porte. Suivant les voyages, je me suis donc retrouvé ménagère de plus de cinquante ans anxieuse sur le choix de sa lessive ou mère de famille inquiète pour les dents de ses enfants. Nous avons tous ri de concert de la supposée « bêtise » des sondeurs qui faisaient confiance à de jeunes rugbymen chahuteurs comme nous. Sans comprendre que ces « marchands de vent », loin d’être bêtes, étaient parfaitement conscients de nos petits truandages mais bien obligés d’en passer par là pour vendre quelque chose à leurs commanditaires.

Écoutez bien Jean-Daniel Levy, le responsable du département politique d’Harris interactive (minute 19). Bien sûr qu’il ne va pas tordre le cou à la poule aux œufs d’or qui le fait vivre grassement, alors il louvoie, minimise, parle « d’une réponse sur six mille » biaisée, alors qu’il n’en sait strictement rien. Et l’on en arrive à ces redressements effectués par chaque sondeur. « Les instituts ne veulent pas donner les chiffres bruts (qui seraient pourtant plus près de la vérité !) car cela donnerait une mauvaise information ». Ben, voyons !

Sur quels critères sont faits les redressements ? Par qui ? Dans quelle intention ? Même le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, auteur d’une loi réglementant les sondages n’en sait rien et parle de « redressements au doigt mouillé ». Et l’on s’étonne ensuite de voir les sondeurs se planter avec cette constance qui force l’admiration…

Le narcissisme des élus

Pour LCI, ( et les autres!) pas de doute, Juppé va triompher aisément.

Face à cet amateurisme désarmant, le législateur pourrait très bien rédiger une loi interdisant les sondages en période électorale. Sauf que, parmi les politiques, ces grands nombrilistes qui faute de glace se mirent dans les sondages, on ne trouverait peut-être pas une majorité d’élus décidés à faire de la peine à leurs amis sondeurs. On pensait par exemple Nicolas Sarkozy heureux de vivre et sûr de lui avec ses talonnettes de sept centimètres qui lui permettaient d’arriver à l’épaule de Carla. Dans l’excellente émission d’Élise Lucet, on apprend que trois cent trente-trois sondages ont été commandés par l’Élysée entre 2007 et 2009. Aux frais des contribuables, bien entendu. Mais vous conviendrez avec moi que dépenser 4186 € pour savoir si sa liaison avec Carla Bruni altère l’image de marque du chef d’État Nicolas 1er, était indispensable.

Si la gauche semble, sous Hollande, beaucoup moins gourmande de sondages, le vaniteux petit Catalan qui a donné sa parole de soutenir le vainqueur de la primaire de gauche avant d’aller faire des mamours à Macron, est visiblement un grand Narcisse qui ne s’ignore pas. Tout y passe en matière de sondages, sa coupe de cheveux, son air colérique, ou son apparence. Là aussi, aux frais des contribuables. Valls aurait mieux fait pour ses costumes de demander à l’ami de Fillon, ça nous aurait coûté beaucoup moins cher.

La paresse des journalistes

Pour remporter la primaire de la gauche, Le Figaro voit Montebourg.

Reste un aspect qu’Élise Lucet – allez savoir pourquoi ! – a passé sous silence. Si les sondages prolifèrent, c’est bien qu’il y a des imbéciles pour les acheter et d’autres pour les utiliser et donc les crédibiliser. Et il n’aurait pas été inutile de souligner la paresse des journalistes – presse écrite ou télévision, même combat ! – qui préfèrent visiblement torcher un article ou monter un débat d’une heure avec les derniers chiffres fournis par les adeptes du doigt mouillé plutôt que de plonger dans les programmes et de poser les questions qui fâchent, ce qui est leur rôle.

Bien sûr, il y a des exceptions notables et des journalistes obligés de se prêter à cet exercice journalistique à la demande de leur patron, mais les Français seraient tout aussi bien informés si l’on chassait les sondeurs des écrans et les remplaçait par Élisabeth Tessier ou autres manieurs de boules de cristal.

En fait, l’histoire des sondeurs, c’est un peu l’histoire de Mazarine, la fille autrefois cachée de François Mitterrand : il y a une élite qui sait mais qui, pour mille raisons diverses d’intérêt personnel ne dit rien et des gogos qui ne savent pas et prennent les chiffres fournis pour science triomphante, se perdant ainsi dans des conjonctures électorales absurdes.

Je vais voter Mélenchon au premier tour, mais j’en ai marre d’entendre autour de moi des citoyens avertis et réfléchis dire : « Hamon me plaît beaucoup mais j’ai peur de perdre ma voix en votant pour lui ». SI Hamon vous paraît l’homme de la situation, votez pour lui !

Oui, les sondeurs sont les parasites de la République et font main basse par leurs affabulations sur la plus élémentaire démocratie. Alors, en attendant que quelqu’un donne à ces petits marquis poudrés le grand coup de pied aux fesses qu’ils méritent et les chasse de la vie politique, faites-leur un grand bras d’honneur et votez sans calcul pour le candidat qui vous plaît réellement au premier tour. Et il sera toujours temps au second tour d’éliminer Marine avec le moins pire qui restera en lice.

Taubira sans forcer son talent

Parfois, la politique donne envie d’applaudir : Colette Capdevielle avait invité sa copine, l’ancienne ministre de la Justice, à débattre à Bayonne, à l’issue d’un conseil citoyen.

Le meeting à Pau et les contraintes d’avion ont laissé peu de temps à Christiane Taubira pour échanger, mais sa simplicité et sa disponibilité ont fait merveille.

Être scandalisé par les comportements d’un Fillon, d’un Le Roux ou d’un Cahuzac, ne signifie pas pour autant être dégoûté de la politique. La députée socialiste Colette Capdevielle qui souhaite « faire de la politique autrement », l’a bien compris en mettant en place les 23 et 30 mars derniers, un conseil citoyen sur la transition démocratique, avant de faire un compte-rendu public le 10 avril dernier.  Pas de doute que les propositions des dix-sept participants de ce conseil citoyen amélioreraient nettement la vie publique en France : élections des sénateurs, mais aussi des conseillers communautaires au suffrage universel direct, président de la République détenteur d’un mandat unique, députés limités à deux mandats, parité absolue homme-femme, suppression de la Haute Cour de Justice.

Président du groupe parlementaire socialiste à l’Assemblée nationale, Olivier Faure souligne le bon de travail de réflexion effectué par ce conseil citoyen, « on peut être élu et partager avec vous l’essentiel de ce qui a été dit », avant de revenir à l’élection présidentielle : « L’intuition chez Benoît Hamon est de considérer que cette démocratie ne peut plus être intermittente ».

« La démocratie, notre bien commun »

Les quatre représentants du conseil citoyen avec Olivier Faure, Colette Capdevielle et Christiane Taubira.

Mais les sympathisants, présents salle Albizia à Bayonne, sont surtout venus pour écouter la « reine » Taubira qui, sans forcer son talent, va conquérir l’auditoire. « Bravo à Colette Capdevielle pour cette initiative. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas de divorce entre les citoyens et les élus, car vous considérez que la démocratie est notre bien commun. Vous ne tournez pas le dos à la chose politique, vous dites très clairement qu’elle ne vous convient pas sous sa forme actuelle. C’est dans une relation de respect mutuel que l’on peut avancer, même s’il est vrai que notre démocratie est fatiguée. » 

Cette magnifique oratrice qui ne cache pas « militer depuis 2002 pour une VIe République » estime qu’il faut moderniser les institutions de 1958 « car nous sommes devenus des citoyens plus instruits, plus cultivés, plus intelligents ». Claire dans sa condamnation de certaines pratiques – « Un député corrompu, c’est un de trop ! » -, Christiane Taubira dénonce aussi les fausses bonnes idées comme le referendum d’initiative populaire, « une usine à gaz, une fausse concession faite aux citoyens. Dans vingt-cinq ans on n’y sera pas arrivé ! », avant de conclure, magnifique : « Si on ouvre les espaces pour la parole citoyenne, elle sera forcément enrichissante »

Et l’on repense avec beaucoup de tendresse à cette ministre de la Justice applaudie au sein de l’hémicycle par une opposition qui ne l’avait guère épargnée, après le beau combat mené par elle en faveur du mariage pour tous. Bon petit soldat du socialisme, elle soutient sans états d’âme le candidat Benoît Hamon un peu partout en France. Le stupide système des primaires lui a ôté la moindre chance de pouvoir prétendre à l’élection présidentielle. Et pourtant, Taubira présidente de la France, voilà qui aurait eu une autre gueule que le bien fade Macron, l’insupportable Marine ou l’escroc patenté Fillon.

 

Saint-Cricq et Brisson fessent le garçonnet Veunac

Le dernier conseil municipal ? Un bras de fer entre deux brillants élèves de terminale et un petit sixième vêtu d’une écharpe tricolore…

En attendant que la police municipale n’obtienne son armement, les pistoleros de l’opposition s’en sont donné à coeur joie.

L’article 68 de la loi « Égalité et Citoyenneté » interdit depuis le 30 décembre 2016 la fessée et les châtiments corporels à l’encontre des enfants, mais, fort heureusement, pas des politiques ! Même si il y a souvent du garçonnet en Veunac, avec ses incantations, ses phrases creuses et ses moulinets verbaux, Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq, qui avaient soigneusement préparé leurs interventions avec toute l’opposition, ont corrigé d’importance le garnement Veunac  à l’occasion du conseil municipal du 30 mars, que Sud Ouest a raconté de façon fort lointaine à ses lecteurs et quasiment sans donner la parole à l’opposition, sans doute à cause de ses délais de bouclage.

Alors si vous voulez vraiment savoir comment les tontons flingueurs Max et Jean-Benoît ont « dispersé façon puzzle »  le si gentil Michel Veunac, faites-vous plaisir, branchez Internet, écoutez à partir de 2 h13 et vous comprendrez tout.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Brisson à Veunac : « Vous qui excellez dans la communication »

La soixantaine lui réussit décidément bien. Patelin, drôle, habile, ne perdant jamais son calme, Max Brisson semble enfin se sentir heureux dans l’opposition et réussit sa meilleure intervention depuis 2014. Toujours très déférent envers « Monsieur le maire », même s’il n’en pense pas moins, Max Brisson relève « un hiatus entre vos discours, sur lequels vous excellez en général, et puis la réalité de la mise en œuvre… Mais ça vous permet de faire de très belles réunions au casino Bellevue, avec ou sans vos adjoints ». On se souvient en effet que Veunac avait fait un compte-rendu de mandat seul sur l’estrade, avant de faire de la place à ses adjoints pour la deuxième séance.

Et l’ancien premier adjoint de Didier Borotra d’agiter le martinet : « C’est la deuxième année que vous nous parlez du ravalement du casino municipal… Votre ambition à la Côte des Basques est considérable et elle fait consensus. Mais ce que vous allez faire, c’est deux cents mètres. Je ne vous en fais pas le reproche. Cela correspond aux capacités de financement de la Ville. »

Tandis que Veunac lève les yeux au ciel et semble prendre la Vierge effarouchée à témoin, Max Brisson, étincelant, enfonce le clou : « Il y a plein de choses que vous n’annoncez pas aux modestes élus d’opposition que nous sommes. C’est au détour d’une ligne budgétaire qu’on apprend des choses fortes sur le plan de circulation ou la piétonnisation de la Ville. Est-ce que vous ne pensez pas, vous qui excellez souvent dans la communication, que vous auriez pu davantage informer les Biarrots sur le sujet ? Il y a aussi ce qu’on n’apprend pas, comme ce qui concerne L’Hôtel du Palais. Il me semble nécessaire de dire ce que l’on va faire au moment où le directeur intérimaire s’en va.»

 Conscient de sa victoire oratoire, Max Brisson va même se montrer paternaliste à l’égard de l’ancien deuxième adjoint : « Baissez la garde, Monsieur le maire, en termes d’effets d’annonces, d’infographies, de magnifiques projets annoncés pour dire finalement la réalité de ce que vous pouvez faire ».

Priver Veunac, de ses effets de manche et de ses ronflantes annonces non suivies d’effet, mais il veut tuer le maire, ce Brisson !

Saint-Cricq à Veunac : « Des cocoricos déplacés »

Un conseil qui ne pipe mot pendant l’intervention de Saint-Cricq

Sans doute dopé par la prestation de son voisin, Jean-Benoît Saint-Cricq se montre lui aussi exceptionnellement percutant et offre une déculottée mémorable à Veunac. Après avoir noté que le budget remis aux opposants ne contient même pas toutes les informations obligatoires, mais « rassurez-vous, Monsieur le maire, je ne vais pas faire annuler votre budget, ce soir », l’incisif avocat détaille la politique financière du duo Veunac-Lafite et sort le bonnet d’âne : « Une ville comme Biarritz, avec un casino, avec des recettes significatives, pourrait fort bien être avantagée par une fiscalité bien moindre, s’il n’y avait pas des dépenses inconsidérées. Une fois de plus, vous nous proposez un budget de restrictions et de rigueur ».

Difficile de dire le contraire alors que la hausse des prélèvements s’élève à 81% en quinze ans et à 1,4% cette année.

Et Saint-Cricq d’appuyer où ça fait mal : « Il faut dire aux jeunes Biarrots que si la Ville est incapable de leur payer un bassin olympique à 18 millions d’euros, c’est parce que la Cité de l’Océan a coûté trois fois plus cher.  Il y a un an, ce sont des membres de votre majorité qui ont fait remarquer que les Biarrots n’en peuvent plus et que ce n’est pas le moment, avec la crise, d’augmenter les impôts. J’observe que ceux qui vous ont dit ça, se sont finalement ravisés et n’ont pas démissionné»

C’est vrai qu’elle semble bien loin la frondinette qui avait agité la majorité en 2016 !

Procureur d’un jour, Saint-Cricq poursuit son implacable réquisitoire : « L’astuce de ce budget consiste à programmer des investissements que l’on ne réalise pas et que l’on reporte sur l’année suivante. Le département des Pyrénées-Atlantiques a réalisé dans l’année 92% de ses investissements prévus. À Biarritz, on est seulement à 71%, ce qui veut dire qu’il y a eu 9 millions d’euros de trop prélevés en 2016 grâce à des subterfuges. C’est la recette de Monsieur Lafite : on lève plus d’impôts que nécessaire et on crie victoire pour avoir restauré l’épargne. »

Et Jean-Benoît Saint-Cricq de sortir des chiffres qui vont faire frémir plus d’un Biarrot. « La dette de la Ville est de 66 millions et 345 000 euros, soit 2543 euros par habitant, ce qui dépasse de 66,27% la moyenne nationale. Que l’on vienne faire des cocoricos dans un contexte pareil, ça me paraît un peu déplacé ».

Motsch : « Le gentil Brisson et le méchant Saint-Cricq »

Après une tel feu nourri, la majorité ne se bouscule pas pour monter au créneau. Ce blog ne déborde pas de sympathie pour Guy Lafite et Nathalie Motsch, mais se doit de reconnaître qu’ils vont manifester un certain cran dans la tourmente. Avec l’humour à froid qu’il affectionne, Guy Lafite se lance : « L’illusionniste va essayer de répondre ». Il explique qu’il est beaucoup plus diffcile pour une mairie que pour un conseil départemental d’agir et considère que les retards pris sont souvent liés à l’attente de subventions. Quand aux hausses des prélèvements fiscaux, le grand argentier fait une promesse qui ne sera peut-être pas tenue « Il y a eu 2,5% de hausse de la fiscalité pendant ce mandat et il n’y aura pas autre chose. Le mandat précédent il y a eu beaucoup plus que cela »  Se comparer aux mauvais élèves est toujours rassurant pour les médiocres.

Nathalie Motsch, qui a remarqué le bon travail d’équipe de l’opposition, se lance dans la comparaison policière : « Vous vous êtes bien distribués les rôles. Il y a le gentil et le méchant. Je vais d’abord m’adresser au méchant : Monsieur Saint-Cricq, on est une équipe de rassemblement, on négocie, on se parle, comme on l’a prouvé l’an passé. Quant au gentil, ou du moins au gentil entre guillemets, vous savez bien Monsieur Brisson que le passage à l’opérationnel prend du temps. »

Mais je sens bien que vous vous impatientez et attendez les saillies de notre ami Michel pour tenter d’oublier la triste situation de Biarritz. Comme beaucoup d’électeurs biarrots, vous vous demandez pourquoi on a présenté au concours général de 2014 le dernier de la classe, vous plaignez sa majorité si mal représentée et réduite au silence par son maire et vous vous dites que le duo Brisson-Veunac, perçu en 2014 comme une alliance électorale de circonstance, manifesterait une autre carrure pour diriger la ville que notre actuel cancre, roi des moulinets verbaux et des mouvements de menton.

Heureusement pour lui, Veunac est persuadé d’être très bon comme maire de Biarritz. Lui qui raffole des experts en tous genres, devrait pourtant engager en urgence un gagman pour améliorer ses répliques, qui deviennent de plus en plus prévisibles et consternantes.

Sur le bassin olympique, annoncé dans son programme électoral : « Il m’arrive de me tromper, c’est rare ! »

 En réponse à Max Brisson : « Le temps de l’opposition n’est pas le temps d’une majorité qui travaille » Une phrase qui a tellement plu à Veunac qu’il la répètera à deux ou trois reprises, tout heureux d’avoir trouvé quelque chose d’original à dire.

En réponse à Jean-Benoît Saint-Cricq : « Depuis quinze ans, vous tenez un discours catastrophique. Vous faites une fixation, je ne vais pas répondre à ça ».

 Et pour conclure : « Nous nous travaillons, et je n’ai pas l’impression de perdre mon temps »

Nous si.

Armement de la police municipale : Veunac désarmant

C’est typique de la méthode Veunac : deux pas en avant, deux pas en arrière, une visite, une consultation d’experts et ça repart. Pour cause d’état d’urgence, Veunac avait réuni en mars majorité et opposition pour doter la police municipale de pistolets 9 mm et de caméras pendant les interventions. Tout le monde était d’accord. Mais notre maire vient de fixer une nouvelle réunion, d’annoncer une visite à Pau et d’affirmer que « l’armement des policers faisait toujours débat au sein de sa majorité ». État d’urgence ou pas, pour lambiner, notre Super-Mimi est toujours le champion !