Saint-Cricq et Brisson fessent le garçonnet Veunac

Le dernier conseil municipal ? Un bras de fer entre deux brillants élèves de terminale et un petit sixième vêtu d’une écharpe tricolore…

En attendant que la police municipale n’obtienne son armement, les pistoleros de l’opposition s’en sont donné à coeur joie.

L’article 68 de la loi « Égalité et Citoyenneté » interdit depuis le 30 décembre 2016 la fessée et les châtiments corporels à l’encontre des enfants, mais, fort heureusement, pas des politiques ! Même si il y a souvent du garçonnet en Veunac, avec ses incantations, ses phrases creuses et ses moulinets verbaux, Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq, qui avaient soigneusement préparé leurs interventions avec toute l’opposition, ont corrigé d’importance le garnement Veunac  à l’occasion du conseil municipal du 30 mars, que Sud Ouest a raconté de façon fort lointaine à ses lecteurs et quasiment sans donner la parole à l’opposition, sans doute à cause de ses délais de bouclage.

Alors si vous voulez vraiment savoir comment les tontons flingueurs Max et Jean-Benoît ont « dispersé façon puzzle »  le si gentil Michel Veunac, faites-vous plaisir, branchez Internet, écoutez à partir de 2 h13 et vous comprendrez tout.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Brisson à Veunac : « Vous qui excellez dans la communication »

La soixantaine lui réussit décidément bien. Patelin, drôle, habile, ne perdant jamais son calme, Max Brisson semble enfin se sentir heureux dans l’opposition et réussit sa meilleure intervention depuis 2014. Toujours très déférent envers « Monsieur le maire », même s’il n’en pense pas moins, Max Brisson relève « un hiatus entre vos discours, sur lequels vous excellez en général, et puis la réalité de la mise en œuvre… Mais ça vous permet de faire de très belles réunions au casino Bellevue, avec ou sans vos adjoints ». On se souvient en effet que Veunac avait fait un compte-rendu de mandat seul sur l’estrade, avant de faire de la place à ses adjoints pour la deuxième séance.

Et l’ancien premier adjoint de Didier Borotra d’agiter le martinet : « C’est la deuxième année que vous nous parlez du ravalement du casino municipal… Votre ambition à la Côte des Basques est considérable et elle fait consensus. Mais ce que vous allez faire, c’est deux cents mètres. Je ne vous en fais pas le reproche. Cela correspond aux capacités de financement de la Ville. »

Tandis que Veunac lève les yeux au ciel et semble prendre la Vierge effarouchée à témoin, Max Brisson, étincelant, enfonce le clou : « Il y a plein de choses que vous n’annoncez pas aux modestes élus d’opposition que nous sommes. C’est au détour d’une ligne budgétaire qu’on apprend des choses fortes sur le plan de circulation ou la piétonnisation de la Ville. Est-ce que vous ne pensez pas, vous qui excellez souvent dans la communication, que vous auriez pu davantage informer les Biarrots sur le sujet ? Il y a aussi ce qu’on n’apprend pas, comme ce qui concerne L’Hôtel du Palais. Il me semble nécessaire de dire ce que l’on va faire au moment où le directeur intérimaire s’en va.»

 Conscient de sa victoire oratoire, Max Brisson va même se montrer paternaliste à l’égard de l’ancien deuxième adjoint : « Baissez la garde, Monsieur le maire, en termes d’effets d’annonces, d’infographies, de magnifiques projets annoncés pour dire finalement la réalité de ce que vous pouvez faire ».

Priver Veunac, de ses effets de manche et de ses ronflantes annonces non suivies d’effet, mais il veut tuer le maire, ce Brisson !

Saint-Cricq à Veunac : « Des cocoricos déplacés »

Un conseil qui ne pipe mot pendant l’intervention de Saint-Cricq

Sans doute dopé par la prestation de son voisin, Jean-Benoît Saint-Cricq se montre lui aussi exceptionnellement percutant et offre une déculottée mémorable à Veunac. Après avoir noté que le budget remis aux opposants ne contient même pas toutes les informations obligatoires, mais « rassurez-vous, Monsieur le maire, je ne vais pas faire annuler votre budget, ce soir », l’incisif avocat détaille la politique financière du duo Veunac-Lafite et sort le bonnet d’âne : « Une ville comme Biarritz, avec un casino, avec des recettes significatives, pourrait fort bien être avantagée par une fiscalité bien moindre, s’il n’y avait pas des dépenses inconsidérées. Une fois de plus, vous nous proposez un budget de restrictions et de rigueur ».

Difficile de dire le contraire alors que la hausse des prélèvements s’élève à 81% en quinze ans et à 1,4% cette année.

Et Saint-Cricq d’appuyer où ça fait mal : « Il faut dire aux jeunes Biarrots que si la Ville est incapable de leur payer un bassin olympique à 18 millions d’euros, c’est parce que la Cité de l’Océan a coûté trois fois plus cher.  Il y a un an, ce sont des membres de votre majorité qui ont fait remarquer que les Biarrots n’en peuvent plus et que ce n’est pas le moment, avec la crise, d’augmenter les impôts. J’observe que ceux qui vous ont dit ça, se sont finalement ravisés et n’ont pas démissionné»

C’est vrai qu’elle semble bien loin la frondinette qui avait agité la majorité en 2016 !

Procureur d’un jour, Saint-Cricq poursuit son implacable réquisitoire : « L’astuce de ce budget consiste à programmer des investissements que l’on ne réalise pas et que l’on reporte sur l’année suivante. Le département des Pyrénées-Atlantiques a réalisé dans l’année 92% de ses investissements prévus. À Biarritz, on est seulement à 71%, ce qui veut dire qu’il y a eu 9 millions d’euros de trop prélevés en 2016 grâce à des subterfuges. C’est la recette de Monsieur Lafite : on lève plus d’impôts que nécessaire et on crie victoire pour avoir restauré l’épargne. »

Et Jean-Benoît Saint-Cricq de sortir des chiffres qui vont faire frémir plus d’un Biarrot. « La dette de la Ville est de 66 millions et 345 000 euros, soit 2543 euros par habitant, ce qui dépasse de 66,27% la moyenne nationale. Que l’on vienne faire des cocoricos dans un contexte pareil, ça me paraît un peu déplacé ».

Motsch : « Le gentil Brisson et le méchant Saint-Cricq »

Après une tel feu nourri, la majorité ne se bouscule pas pour monter au créneau. Ce blog ne déborde pas de sympathie pour Guy Lafite et Nathalie Motsch, mais se doit de reconnaître qu’ils vont manifester un certain cran dans la tourmente. Avec l’humour à froid qu’il affectionne, Guy Lafite se lance : « L’illusionniste va essayer de répondre ». Il explique qu’il est beaucoup plus diffcile pour une mairie que pour un conseil départemental d’agir et considère que les retards pris sont souvent liés à l’attente de subventions. Quand aux hausses des prélèvements fiscaux, le grand argentier fait une promesse qui ne sera peut-être pas tenue « Il y a eu 2,5% de hausse de la fiscalité pendant ce mandat et il n’y aura pas autre chose. Le mandat précédent il y a eu beaucoup plus que cela »  Se comparer aux mauvais élèves est toujours rassurant pour les médiocres.

Nathalie Motsch, qui a remarqué le bon travail d’équipe de l’opposition, se lance dans la comparaison policière : « Vous vous êtes bien distribués les rôles. Il y a le gentil et le méchant. Je vais d’abord m’adresser au méchant : Monsieur Saint-Cricq, on est une équipe de rassemblement, on négocie, on se parle, comme on l’a prouvé l’an passé. Quant au gentil, ou du moins au gentil entre guillemets, vous savez bien Monsieur Brisson que le passage à l’opérationnel prend du temps. »

Mais je sens bien que vous vous impatientez et attendez les saillies de notre ami Michel pour tenter d’oublier la triste situation de Biarritz. Comme beaucoup d’électeurs biarrots, vous vous demandez pourquoi on a présenté au concours général de 2014 le dernier de la classe, vous plaignez sa majorité si mal représentée et réduite au silence par son maire et vous vous dites que le duo Brisson-Veunac, perçu en 2014 comme une alliance électorale de circonstance, manifesterait une autre carrure pour diriger la ville que notre actuel cancre, roi des moulinets verbaux et des mouvements de menton.

Heureusement pour lui, Veunac est persuadé d’être très bon comme maire de Biarritz. Lui qui raffole des experts en tous genres, devrait pourtant engager en urgence un gagman pour améliorer ses répliques, qui deviennent de plus en plus prévisibles et consternantes.

Sur le bassin olympique, annoncé dans son programme électoral : « Il m’arrive de me tromper, c’est rare ! »

 En réponse à Max Brisson : « Le temps de l’opposition n’est pas le temps d’une majorité qui travaille » Une phrase qui a tellement plu à Veunac qu’il la répètera à deux ou trois reprises, tout heureux d’avoir trouvé quelque chose d’original à dire.

En réponse à Jean-Benoît Saint-Cricq : « Depuis quinze ans, vous tenez un discours catastrophique. Vous faites une fixation, je ne vais pas répondre à ça ».

 Et pour conclure : « Nous nous travaillons, et je n’ai pas l’impression de perdre mon temps »

Nous si.

Armement de la police municipale : Veunac désarmant

C’est typique de la méthode Veunac : deux pas en avant, deux pas en arrière, une visite, une consultation d’experts et ça repart. Pour cause d’état d’urgence, Veunac avait réuni en mars majorité et opposition pour doter la police municipale de pistolets 9 mm et de caméras pendant les interventions. Tout le monde était d’accord. Mais notre maire vient de fixer une nouvelle réunion, d’annoncer une visite à Pau et d’affirmer que « l’armement des policers faisait toujours débat au sein de sa majorité ». État d’urgence ou pas, pour lambiner, notre Super-Mimi est toujours le champion !

2 réflexions sur “Saint-Cricq et Brisson fessent le garçonnet Veunac

  1. trop de focus sur les mots, les bons mots (notre tradition de salon à la FR, frivole et vide de contenu mais méchante à soit pour le spectateur?) mais zéro capacité à travailler en transversal et à se focaliser sur le fond des dossiers (former des coalitions, chercher des consensus etc)…. triste politique FR

    quant aux policiers municipaux armés encore une fois JY regardons ce qui marche dans les pays ou les incivilités sont moindres et les prisons vides (pays du nord de l’EU) : policiers de quartiers, de proximité, prévention, peine sans emprisonnement voila ce qui marche et réduit la récidive pas les matraques plus longues et plus lourdes, ni les tasers et encore moins flingues donnés à des bourrins mal formés, mal payés qui se prennent pour des cowboys en mal de reconnaissance sociale et qui surjoue l’autorité.

  2. Il est rassurant de voir que le maire de Biarritz- petit maire en vérité, élu avec le quart des inscrits- doit tenir compte d’une opposition pugnace- Je demande que le maire de Biarritz cesse, à l’instar de son prédécesseur, de remplacer le carrelage couleur sable, qui fait partie du patrimoine de Biarritz, par des revêtements bitumeux. Le maire doit faire enlever la grand balafre bitumeuse qui dénature le grand trottoir de l’avenue Victoria, une des plus belles de Biarritz. A la faveur des travaux, avenue de la Marne, ce même carrelage va disparaître si personne n’intervient. Par ailleurs, le 26 novembre 2015, sur ordre du maire, les services de la ville de Biarritz ont recouvert, à l’entrée du parking du Pavillon Louis XIV, où je demeure, le carrelage couleur sable par du goudron. Nous avons demandé à Monsieur Veunac, de faire enlever ce goudron. Il n’a pas répondu. Il a tort, car nous n’ allons pas en rester là. Nous demandons à l’opposition de protéger ce carrelage couleur sable qui orne certains trottoirs de Biarritz, car ce carrelage est plus élégant que le goudron. Veunac, balafre, goudron, bitume, corruption, promesses non tenues, ce sont des éléments de langage qui vont fleurir dans les rues de Biarritz, quand il le faudra, si le maire poursuit la destruction d’une partie du patrimoine de Biarritz. En attendant, on ne manquera pas de l’interpeller à l’occasion d’une rencontre en ville, mais, comme son prédécesseur, on ne le voit jamais en ville.

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