Face à la haine et la bêtise, nul doute possible

Pas de quoi sauter au plafond avec Macron… Mais voter blanc ou s’abstenir, c’est renforcer le Front national.

« On ne débat pas avec le Front national, on le combat » avait dit Jacques Chirac en 2002. Face à la dédiabolisation du Front national, Emmanuel Macron, quinze ans plus tard, a pourtant bien fait d’accepter la confrontation avec Marine Le Pen, permettant à tout Français doté d’un peu de bon sens de percevoir, lors du débat d’hier, la nullité abyssale de celle qui postule sans complexe à la présidence de la République, sans être seulement capable de lire (et comprendre !) les fiches préparées par son entourage.

Deux heures de débat ont suffi à sérieusement écailler le vernis de la bonne mère de famille proche du peuple, et à laisser apparaître la femme haineuse prête à toutes les contradictions (l’euro, les retraites…) pour faire prospérer sa petite chapelle.

La députée Colette Capdevielle a tout à fait raison de rappeler sur Twitter que l’extrême-droite, quand elle prend le pouvoir, ne le rend jamais. L’affaire de la présidence du Front national est ainsi totalement édifiante et montre bien à quel point ce parti a du mal à dénicher des candidats présentables. Obligée de passer la main le temps de la présidentielle, Marine le Pen avait confié les clés du parti dans un premier temps à Jean-François Jalkh. Pas de chance, ce charmant garçon a été contraint de démissionner au bout de quatre jours pour avoir tenu des propos négationnistes et commémoré la mort de Pétain. Steeve Briois, son successeur, ne s’est rendu coupable « que » de diffamation raciale et devra en répondre devant un tribunal. Quant aux deux grands copains de Marine, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, ils sont, selon Le Canard enchaîné du 3 mai, adeptes des commémorations hitlériennes et des soirées déguisées en pyjama de déporté juif.

Voilà ce qu’est le Front national qui essaie d’endormir la population et de surfer sur les mécontentements ! Et vous êtes prêts à conforter cette bande de joyeux drilles en vous abstenant ou en votant blanc, ce qui aura pour effet mécanique d’augmenter le score du Front National ?

Arrêter le « to vote or not to vote » !

Alors oui, comme beaucoup, l’ultralibéral Macron, ne me fait guère rêver, même si l’objectivité oblige à reconnaître que dans cette campagne électorale d’une rare médiocrité, il a su garder son flegme et contre-attaquer avec un certain panache. Mais comment peut-on minauder, tergiverser, barguigner, atermoyer ou se poser des questions devant sa glace « To vote or not to vote ? », quand la peste brune est en passe de gangréner notre démocratie. Le silence de Jean-Luc Mélenchon, que l’on a connu plus inspiré en d’autres temps, relève de la faute politique absolue. Un leader politique est là pour exprimer haut et fort son avis et non pour se planquer derrière ceux qui le suivent. Commençons dimanche soir par élire un président respectueux des valeurs républicaines. Après, il sera toujours temps au moment des législatives, d’exprimer à nouveau ses convictions et de doter Macron d’une majorité susceptible de calmer sa libido libérale.

Mais avant cela, faisons le boulot en votant Macron : plus le Front national sera bas et mieux se portera notre démocratie !

Un volontaire pour informer Arosteguy !

Michel Veunac, Max Brisson ou Claude Olive ont été très clairs en lançant des appels à voter Macron. Mais visiblement, la malheureuse candidate aux législatives Maïder Arostéguy ignore totalement qu’une élection présidentielle se déroule cette semaine. Postulant à d’importantes fonctions nationales, elle ne se serait pas permis sinon d’afficher sa présence aux ballets Malandain à l’heure où les Français étaient tous devant leur poste à l’occasion d’un débat qui engage l’avenir de notre pays.

Qui va parler avec elle et faire en sorte qu’elle cesse de se ridiculiser ?

13 réflexions sur “Face à la haine et la bêtise, nul doute possible

  1. Quand des militants ou sympathisants de gauche se parent ainsi d’honneur, de discernement et d’honnêteté intellectuelle et forcent le respect démocratique, moi, gaulliste de droite humaniste et (faut-il dire « ex-« ?) juppéiste, je m’incline et j’applaudis.

    Quant à Maïder Arosteguy, elle se couvre d’opprobre et de honte, prouvant sa totale immaturité politique de filloniste coincée de la première heure et visiblement mauvaise perdante. Je pense qu’elle ne sera pas députée, parce qu’elle ne le mérite pas. Tout semble d’ailleurs indiquer qu’elle ne le désire plus vraiment. LR seraient avisés de changer de candidat. Ne succède pas à MAM et ne bat pas Sylviane Alaux dans la 6ème des P.A. qui veut. J’ajoute qu’après le débat d’hier soir, après que Macron ait montré le contraire de ce qu’on aurait pu craindre, c’est à dire un calme digne et une vraie solidité programmatique et explicative, assortie d’une vraie élégance pour dénoncer le comportement indigne, écoeurant de la hyène haineuse, incompétente et vulgaire que les Français avaient voulu lui opposer, après donc que l’on assiste certainement à un authentique changement d’époque et de génération dirigeante (Macron est en passe d’incarner un pouvoir quadra crédible), après que sans doute il ait gagné largement dimanche et soit ainsi doté d’une forte légitimité, comment considérer comme raisonnables et pertinents ces vieux routiers qui veulent encore imaginer une espèce de cohabitation multiforme qui empêcherait le président élu de mettre en oeuvre son projet?
    Moi gaulliste, j’attends avec intérêt la désignation du candidat En marche. Si c’est François Amigorena, je voterai pour lui.

  2. Correction Jean Yves : Macron est libéral pas « ultra » libéral.

    Ce qualificatif me semble sincèrement outrancier et son emploi récurrent dangereux. En effet Le projet de Macron n’est pas celui de la droite anglaise ou américaine qui elles sont pour nous vu de FR « ultra » libérales (et croyez moi vous verriez de suite la différence).

    Je déplore que trop de gens aient caricaturés Macron comme un « banquier assoiffé de sang » qu’il n’est pas, et on ainsi fait monter le sentiment du ni / ni. Nous avons bien vu hier que le gars tient la route face à la pression du Rottweiler le Pen.

    Il connait ses dossiers ainsi que le fonctionnement des structures de l’Etat et de l’administration (ok il a fait l’ENA que j’exècre mais aussi de la philo). N’excluons pas le fait de pouvoir aussi avoir une bonne surprise avec lui. Nous verrons bien si il est élu avec qui il gouvernera. Ce sera un premier signal fort envoyé puis viendra alors le temps des législatives ou il faut espérer – tjs si il est élu – qu’il puisse avoir une majorité pour pouvoir travailler.

    Vu de l’étranger c’est aussi un message de modernisme et d’espoir que la France enverrait (aussi aux autres pays européens) si elle portait à sa tête quelqu’un de moins de 40 ans dans un paysage politique ou les vieux crocodiles corrompus sont indéboulonnables.

    Je voterai pour lui dimanche sans aucun état d’âme ni pincement de nez. J’ai même assez hâte de voir la suite car il inspire un changement d’état d’esprit dans le défaitisme franco-FR ambiant.

    • Je voterai avec états d’âme Emmanuel Macron, mais je te rejoins, Paul Bismuth. On ne sait jamais comment quelqu’un se comportera en occupant une nouvelle fonction. Qui aurait parié un kopeck sur Mitterrand en 1981. L’homme de l’attentat de l’Observatoire et du pitoyable discours de Charléty en 1969, a enfilé le costume présidentiel et l’a rendu respectable. François Hollande, brave homme si il en est, n’a jamais su l’endosser.
      Macron a montré beaucoup de qualités pendant cette campagne, pugnacité, combativité et façon bien à lui de sauter sur les pots de merde, que ce soient les rumeurs d’homosexualité ou les comptes à l’étranger.
      Pour mon pays, je ne souhaite qu’une chose. Qu’il soit un excellent président en espérant qu’une gauche radicale préqente en nombre à l’Assemblée (Je rêve!) saura tempérer ses ardeurs libérales.

  3. Abstentionniste convaincu depuis des années, vu le menu, je pense aller voter dimanche. Non pas qu’ Emmanuel Macron éveille en moi une conviction idéologique soudaine, mais uniquement pour ramener le score de Marine Le Pen au plus bas. Une façon de lui dire d’aller se faire foutre, en somme.
    Voter blanc en comptant sur les autres pour que Macron gagne (ce qui est probable, vu l’avance) pour ensuite mieux s’enorgueillir de ne pas avoir voter pour lui aux prochaines manifestations et revendications me semble intellectuellement malhonnête, pour ne pas dire hypocrite. Si on me donnait le choix entre Le Pen et n’importe quel autre , j’irais voter pour n’importe quel autre.
    Voter blanc, quand l’extrême-droite est au second tour, est un acte désespéré et désespérant.
    Il n’est ni courageux, ni empreint de convictions respectables, même si les chances sont minces pour que Le Pen passe.
    Je terminerais par ces propos de Riss dans le Charlie Hebdo d’hier: «  »Ni banquier, ni raciste », les anti-racistes n’auraient donc pas de compte en banque et planqueraient leur argent dans une lessiveuse enterrée au fond de leur jardin. Ce non choix est en fait un choix. Celui de ne pas se mouiller et de laisser les autres le faire. Oui, il y aura toujours de bon couillons pour faire le sale boulot à la place des autres et glisser dans l’urne le bulletin du candidat qui déplait pour en éviter un bien pire. Un peu comme dans le métro quand une femme se fait agresser sous les yeux des passants indifférents qui se disent « il y a bien quelqu’un qui va s’en occuper, moi je n’ai pas le temps.
    Dimanche, il faudra choisir si vous vous arrêtez pour faire un geste ou si vous passez votre chemin » »

    • tb post ! n’oubliez pas qu’avec la couardise, la bêtise se marie en général assez bien.

      Les insoumis sont en fait de bien drôles de zozos que je n’aimerai pas voir arriver au pouvoir vu leur sectarisme….

    • Avis de recherche :

      la petite Maider Arostéguy a disparue. La dernière fois qu’elle a été vue, elle se recueillait devant un portrait de François Fillon à Lourdes avant le 1er tour des présidentielles.

      Depuis aucune nouvelle. Si vous avez des informations appelez Bisque Bisque Basque

  4. ON n’a, paraît-il, plus le droit de parler élection ce jour d’hui ;-(((
    Je m’abstiendrai donc de Twitter quoi que ce soit sur ce sujet …
    J’ai eu panne d’ordi de nombreux jours durant … ;-(
    Je suis en panne de voiture ces jours-ci … ;-(((
    Mais j’irai VOTER à pied et en pantoufles … demain … car ce DROIT de VOTE chèrement acquis par les FEMMES de mon enfance … mérite que je fasse le déplacement !
    Je souhaite seulement qu’il ne pleuve pas car mes pantoufles supporteraient mal le déplacement :-)))
    A LUNDI, sans doute, où l’on pourra s’exclamer en toute quiétude et limpidité … comme on le fait toujours sur le BLOG de Jean-Yves :-))))

    A Toutes et Tous, AMITIES !

  5. Monsieur Paul Bismuth au pseudonyme « humoristiquement » choisi, je présume, vous « exécrez » l’Ena……
    Je n’ai pas le sentiment global que vous racontez n’importe quoi. Je n’ai pas davantage celui que vous penchiez vers une quelconque forme de populisme, de gauche ou de droite, avec son cortège de mépris des élites, de nos institutions, de notre justice, de nos grandes écoles, voire de nos médias de façon sotte. Vous vous exprimez remarquablement et il me semble que vous êtes un républicain, peut-être même humaniste….

    Alors, moi qui suis un ancien de l’Ena, laquelle a transformé ma vie, qui ai travaillé comme un fou pour y entrer et ensuite pour en sortir dans un rang correct, moi qui y ai appris le sens du service public et de l’intérêt général comme nulle part, qui me suis toujours efforcé ensuite de le mettre en oeuvre, par périodes successives où j’ai été fonctionnaire, cadre d’entreprise privée ou publique, responsable d’associations, et que sais-je encore, je vous propose de me dire ici en quelques mots pourquoi vous « exécrez » l’une de mes écoles, que pour ma part je défendrai toujours, parce que j’en connais bien les objectifs fixés à sa création (par Charles de Gaulle) et ses résultats au fil des temps (les obbjectifs n’ont globalement pas été manqués) et parce que, paraphrasant Churchill parlant de la démocratie, je pourrais dire que c’est le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres (pour former essentiellement la haute fonction publique, voire, à la marge, quelques cadres d’entreprise et, encore plus à la marge, quelques politiciens)!
    Si vous vous prêtez à ce jeu, m’aurez-vous donné quelques raisons d’exécration que je m’efforcerai d’être votre contradicteur, devant Jean-Yves et les lecteurs de « BBB »…..
    « À votre bon coeur »!

    • Cher Monsieur Schneck j’apprécie votre ouverture d’esprit et votre humanisme. Vous avez fait l’ENA et cela prouve bien que l’exception ne fait pas la règle.

      Les énarques qu’il m’a été donné de fréquenter dans mon parcours professionnel sont des gens qui pensent, agissent dans un paradoxe constant qui confine à la schizophrénie : compétition et esprit de corps. Compétition car il leur faut toujours être au dessus des autres, le premier dans son environnement, tout le temps, partout (surtout entre énarques; vous connaissez le principe et la violence qui découle du classement) et esprit de corps, de type clanique voir mafieux (je pèse mes mots), se protégeant toujours quelque soit l’ignominie commise par l’un des leurs avec un système de renvoi d’ascenseur opaque (j’ai été témoin de malversations commise par des énarques).

      J’ai vu la haute administration protéger les siens car c’est la « tradition » dans la « maison », au mépris de la Justice et de la Démocratie (les élus qui tentent d’agir se font promener comme des enfants dans un système établi dont ils ne maitrisent ni les codes ni les pratiques).

      Ls citoyens de base ne sont que des variables d’ajustement pour ces « élites » aux schémas de pensées trop souvent conformistes, procédant d’une sorte de clonage qui ne correspond en 2017 en rien aux défis qui viennent (sociétés ultra complexes, inter-connectées, techniques et scientifiques, multilinguisme etc, domaines ou les énarques se distinguent par leur incurie crasse mais imposent leur pouvoir décisionnaire sans faillir sur des domaines qu’ils ne maitrisent tout simplement pas.

      Je passerai rapidement sur les délires égotiques des énarques qui confinent au ridicule (le cas de Mme Saal était éloquent). N’importe quel fonctionnaire du rang aurait été saqué s’il avait commis les mêmes pertes sur les deniers publics, pas une énarque.

      La haute administration FR quasi entièrement confiée aux énarques a donc un fonctionnement mafieux, comme serait malsaine n’importe quelle structure aux mains d’une école/groupe hégémonique gérant tous ses rouages aux postes clefs.

      A l’étranger vous trouvez des économistes, des juristes, des scientifiques, des ingénieurs, des administrateurs, des humanistes, des philosophes, des doctorants aux postes clefs. Aucun autre pays n’a une seule école qui forme tous ses cadres administratifs sauf la France (avec le succès que l’on sait: blocage à tous les échelons de l’administration dans quasiment tous les domaines).

      Il faut abolir cette école ou sinon limiter la durée de travail dans la fonction publique des énarques à max. 15 ans pour qu’une aération des structures se fasse enfin.

      Ceci étant dit le fait que vous soyez issu de cette école n’enlève en rien a a qualité des propos toujours dignes et qui semblent sincères des posts que vous publiez. Il y a certainement un nombre d’énarques honnêtes et avec un sens du service de l’Etat mais la concentration n’est jamais bonne ou qu’elle se produise.

      Bien à vous

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