Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon, la descendante de la prestigieuse épicerie biarrotte a déjà adopté tous les travers des politiques les plus roués.

Maïder Arosteguy a fait sienne la devise de Jean-Claude Dusse, le séducteur des Bronzés : sur un malentendu, ça peut passer aux législatives. (Capture d’écran du blog de la candidate)

Surtout ne vous amusez pas à jouer à la marelle avec Maïder Arostéguy, car vous êtes certain de perdre ! Même si le Pays basque, en matière de figures politiques, compte quelques spécialistes réputés de la haute-voltige, on n’a jamais vu une candidate démontrer une aussi incroyable agilité pour passer d’une case à l’autre. Notre Nadia Comaneci locale fait ses débuts en politique à Biarritz en 2008 sur la liste d’un de ses amis personnels, Jean-Benoît Saint-Cricq. Ce qui ne l’empêchera pas de planter là dès le premier conseil municipal le godelureau qui l’a fait élire pour sauter dans les bras de Patrick Destizon. Là aussi les amours vont tourner court et deux séances plus tard, la novice en politique, adepte du trapèze volant, crée son groupe avec une colistière Denise Servy. Pendant six ans, Maïder Arostéguy sera officiellement dans l’opposition sans que personne ne s’en aperçoive, soutenant avec la majorité la Cité de l’Océan chère à Borotra et appliquant un principe simple : se faire oublier et guetter le coup suivant.

Même picorage au sein des partis politiques. Visant le conseil départemental, elle adhère à l’UDI, cette belle maison de passe du département, où à l’exception de quelques convaincus comme Philippe Morel, les ambitieux du suffrage universel viennent se faire ripoliner en centriste avant de se donner au plus offrant, à l’image du marcheur de dernière minute Vincent Bru qui vient de quitter l’UDI pour le MoDem, contre la perspective de devenir député.

L’alliance pour les départementales LR-UDI permet à Max Brisson et Maïder Arosteguy d’être élus en 2015. Mais l’ascenseur ne monte pas assez vite à son gré et Maïder redoute de ne pas obtenir l’investiture de l’UDI pour les législatives 2017. Maline, elle a compris qu’elle possède un nom de famille qui parle aux gens et  remarqué que les grands partis manquent beaucoup de femmes, alors que les amendes pour non respect de la parité ne cessent de croître. Elle quitte donc l’UDI au printemps 2016 pour rejoindre Les Républicains. Grande copine de Corine Martineau, elle a l’intuition de parier Fillon avant les primaires. Bingo ! Maïder  se retrouve investie pour les législatives. Jusque-là, pas grand-chose à dire. L’ambition, le flair et la chance font partie de la panoplie de l’élu potentiel.

Manque de morale

C’est en 2017 que tout se complique et que cette candidate, que j’apprécie à titre personnel mais certainement pas à titre politique, va tomber dans tous les travers des élus les plus roués, alors que l’on attend des novices fraîcheur, enthousiasme et volonté de moraliser la vie publique. Ce qui nous vaudra d’ailleurs un échange téléphonique où je lui annonce que je vais désormais la combattre dans ce blog et où elle conclura impavide : « Merci pour cet échange républicain ». Obtenir une investiture aux législatives à cinquante ans, neuf ans après des débuts comme simple conseillère municipale, relève de l’exploit et Maïder le sait.

Quand le vilain Canard enchaîné, révèle fin janvier que Pénélope est assistante parlementaire de son mari depuis vingt ans, sans que quiconque ou presque ne trouve trace de son activité, c’est la catastrophe pour Maïder qui voit l’appétissant gâteau que lui réserve l’Assemblée nationale s’éloigner d’elle. D’où une page Facebook, un blog, un compte Twitter surréalistes, fustigeant les journalistes, criant au complot et affirmant sans la moindre distance que Fillon est le seul président possible pour la France.

La politique, tous les Français le savent, est un métier difficile et corrupteur, même si tous les élus ne sont pas pourris, loin de là. Ce sont les meilleurs au départ, les plus altruistes, qui s’y intéressent et qui se dévoient avec le temps au fil d’arrangements improbables entre amis. Si on commence à accepter qu’un candidat soit parjure, qu’il se présente à la plus haute fonction de l’État en étant mis en examen pour « escroquerie aggravée » voire « faux en écritures publiques », si on s’égosille à le soutenir parce que c’est son intérêt du moment, alors bien évidemment, quand on se retrouvera une fois élue confrontée à un problème moral, on fera preuve du même manque de rigueur et on franchira la ligne jaune. Cette première raison suffit déjà largement à perdre toute envie de voter Arosteguy. Mais il y a pire.

Manque de courage

Le soir du premier tour, c’est comme si la lumière s’était soudain éteinte dans la maison Arosteguy. D’un seul coup les écrits de la candidate potentielle ne s’intéressent plus à la vie publique, mais affichent des clochettes de muguet, des vues de ce Pays basque si beau et si ensoleillé et de ces gens si merveilleux qui vont voter immanquablement pour vous aux prochaines législatives. Pourtant, il reste deux candidats en lice qui devraient mobiliser tout politique digne de ce nom. D’un côté Macron avec son mouvement hybride ni droite ni gauche mais républicain, de l’autre la représentante d’un parti antirépublicain et raciste, qui cherche à dédiaboliser son mouvement et ne dupe personne. On ne rigole pas avec le Front national, on le combat !

 L’attitude ambigüe d’un Jean-Luc Mélenchon m’a scandalisé, celle de Maïder Arosteguy tout autant. Quand des Brisson ou Olive se montrent très clairs dans leurs choix, même si ça ne leur a sans doute pas fait plus plaisir qu’à moi de voter Macron, notre ambitieuse se complaît dans une équivoque ambiguïté, histoire de ratisser le plus large possible et de ne pas se mettre à dos pour les législatives des militants républicains susceptibles de voter Marine Le Pen.

Le vrai courage en politique, c’est d’être devant ses électeurs et non planquée derrière, c’est d’anticiper, d’annoncer clairement ses décisions et quand on n’est pas suivi de savoir en tirer les conclusions qui s’imposent. Face au parti de la haine, ce n’est pas très glorieux de rester ainsi silencieuse. Pour la même raison, je ne voterai pas Vincent Bru, arriviste de la dernière heure, qui pour justifier son investiture, annonce qu’il va adhérer à En Marche (Il est temps !) et affirme avoir voté Macron à deux reprises. Un politique ne vote pas à titre personnel. Il éclaire les citoyens moins avertis que lui et rend publique la couleur de son vote.

Manque de convictions

Morale, courage et convictions, voilà ce qu’on attend d’un politique et ce que l’on cherche vainement dans cette candidature Arosteguy. Si Maïder avait assisté à quelques débats à l’Assemblée Nationale, elle aurait une petite idée du niveau requis, de la culture historique et politique des participants, du talent oratoire nécessaire et du rythme infernal demandé à ceux qui participent véritablement à toutes les séances, comme la députée Colette Capdevielle (Quel dommage, que je ne dépende pas de la Ve circonscription, mon choix serait vite fait !). J’avoue que je ne peux pas imaginer un élu qui ne soit pas passionné par la vie publique, qui ne pense pas qu’à cela.

Le lendemain du débat de deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tout Biarritz ne parlait que du Facebook de Maïder Arosteguy, qui assistait à une représentation des ballets Malandain à l’heure où Macron pilonnait Marine. Un peu comme si le président de la fédération française de rugby Bernard Laporte publiait un selfie de lui juché sur un âne à l’heure de la finale du top 14. Et beaucoup de se demander sérieusement si la candidate des Républicains n’est pas beaucoup plus intéressée par son devenir personnel, par les avantages liés à la députation, que par l’avenir de la France. Dans l’opposition municipale depuis trois ans, Maïder brille par une navrante absence de convictions et une prudence absolue quand il s’agit d’émettre un avis ou de faire de la peine à ce cher Michel Veunac. Mais dans ses tracts électoraux, la nouvelle venue nous annonce en toute modestie que « La France a besoin d’un changement majeur en 2017 » … et qu’il faut donc voter pour elle.

Le changement avec les vieilles pratiques d’antan, serait donc incarné par notre sémillante candidate ?  Entre l’école où on joue à la marelle et l’Assemblée où l’on pratique souvent la corde raide, il est long, très long le chemin. Sans doute beaucoup trop long pour la « petite » Arosteguy, comme on l’appelle ici, même si à Biarritz on a tendance à élire tout ce qui porte l’étiquette « À droite ».

Liberté de la presse façon Arosteguy

À l’image du grand démocrate Veunac qui refuse de répondre à mes questions de journaliste, Maïder Arosteguy a décidé que je n’aurai plus accès à son compte Twitter. Un peu plus habile en matière de réseaux sociaux que Vincent Bru qui ne sait toujours pas comment ça marche, comme se plaît à le raconter François Amigorena, Maïder n’a visiblement pas réalisé que créer un nouveau compte Twitter prend trente secondes. J’ai donc une nouvelle identité, fort discrète celle-là, qui me permet en tant qu’abonné de tout savoir des commentaires visionnaires et définitifs de la candidate.

Et ce n’est pas triste !  

Le document qui disculpe (sur un point) Maïder Arosteguy

« Je me suis engagée dès réception du courriel à représenter le Président dans le cadre de ma délégation. Votre critique de mon absence au débat ne me paraît pas justifiée… » La candidate aux législatives conteste formellement un point et le document qu’elle adresse à Bisque, Bisque, Basque ! montre sa bonne foi  sur son absence au débat de deuxième tour.  Dont acte, ce qui n’excuse pas pour autant le grand silence face à Marine Le Pen.

 

7 réflexions sur “Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

  1. J’attends avec impatience un billet donnant suite à cette saillie : « Quel dommage, que je ne dépende pas de la Ve circonscription, mon choix serait vite fait ! »…

    • Je peux vous répondre très tranquillement. J’accorde plus d’importance à la personne qu’à son étiquette politique. Je ne suis pas un grand fan du parti socialiste, comme ce blog peut en témoigner, mais je pense que Colette Capdevielle est une excellente députée, bosseuse et très préoccupée par la moralisation de la vie publique. Même si je voterai pour elle au deuxième tour (Si elle est encore en course!), je suis plus nuancé sur Sylviane Alaux.

      • Vivivi. 2 choses me rassurent néanmoins en ce qui concerne la 5 eme et 6 eme Circonscription. Nos deux amis sont plutôt des soutiens de B. Hamon donc de fait et sans aucune (S) hésitation (S) de ma part. Je vote Sylviane Alaux.
        Celui-ci est en train de nous concocter avec Mr Jadot quelque chose de bien, d’humaniste, intègre, intelligent, citoyen, participatif.
        Certaines des propositions de son programme sont expérimentées un peu partout dans le monde: le revenu universel, la taxation des robots entre autre.
        Il souhaite sortir également du tout nucléaire en favorisant le renouvelable, ce qui soit dit en passant permettrait une relance de l’économie et la création d’emploi durable.
        Le 1er Juillet 2017 sera la date de la formation de ce nouveau mouvement politique. Pour ma part il a mon total soutien et dévotion. Si il faut que les choses changent autant qu’elles le fassent dans le sens de l’humain plutôt que dans celui du profit.

  2. Dans la VIe ce sera Alaux aussi sans entrain. Le recyclé Bru impossible. Si j’étais Bayonnaise ce serait Capdeveille avec joie

  3. Apres m’avoir traitée de gauchiste (!) Arosteguy m’a aussi bloquée sur Twitter ce qui ne me fait pas une peine immense mais montre sa notion de « débat public » je n’ai en effet à aucun moment été incorrecte avec elle.
    Et en ce qui me concerne voir réélue Sylviane Alaux qui est une députée de terrain qui ne passe pas son temps en mondanités notamment au Palais me conviendrait tres bien.
    Dans le genre âne qui change de râtelier FX Menou n’est pas mal non plus. Peut-être espère t-il que Vincent Bru apres avoir été brillamment élu devienne ministre et lui laisse ainsi sa place à l’Assemblée ?

  4. Je ne sais pourquoi mais plus je vois Maïder plus je pense à Brel et à « la chanson de Jacky » dont la traduction en anglais par Scott Thomas , plus édulcorée que la version originale de Brel, révélait le rêve de Jacky d’être « Cute in a stupid ass way » … rêve que Maïder a presque réalisé elle qui est déjà « so cute » …

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