Les chaussettes de la daurade

LES CROQUIS DE L’ÉTÉ DE BISQUE, BISQUE, BASQUE ! (1/4)

Lorsque j’ai vu ces deux loustics arriver à sept heures du matin sur le ponton G du port du Brise-lames, avec leurs bermudas dans lesquels on en aurait logé quatre comme eux, leurs claquettes en plastique pas tout à fait idéales pour le bateau et leurs chaussettes blanches remontées à mi mollet, j’ai eu le pressentiment que la journée n’allait pas être banale.

C’est bien ici pour venir niquer le poisson ?

Les trois autres touristes déjà installés à l’arrière du Lorycaa, de placides pêcheurs de truites pyrénéens ravis de découvrir la pêche en mer, se regardent un peu interloqués, mais ne disent rien. Ce n’est pourtant que le début du festival !

Je m’appelle Alain Duclos et je suis moniteur de pêche au Yacht Club de l’Adour à Anglet. À Biarritz, tout le monde me connait sous le nom de Kojak, sans doute parce que, avec ma coupe de cheveux, je suis tout de suite peigné à la sortie de la douche. Comme souvent l’été, je suis accompagné par Jean-Pierre, un charmant garçon dont le seul défaut est d’être un fervent supporter de l’Aviron bayonnais, alors que je ne jure que par le Biarritz Olympique.

Ce qui ne nous empêche pas de nous comprendre au quart de seconde sur le bateau, en particulier quand nous longeons la digue nord de l’Adour et que le jusant rend la passe délicate à franchir. J’espère un instant que le roulis et les méchantes vagues qui arrivent de travers à cet endroit vont faire taire nos deux jeunes banlieusards, mais c’est peine perdue. Ils veulent tout voir, tout savoir, tout comprendre, ce qui me les rend plutôt sympathiques même si je sais que la cohabitation avec les trois autres pêcheurs, d’un modèle plus classique, risque d’être haute en couleurs.

Eh toi, Monsieur, quand tu n’amènes pas des touristes comme nous en mer, qu’est-ce que tu fais ?

Je leur réponds volontiers :

– Soit je pêche avec des copains, sois je dispute des concours.

– Des concours ? Des concours où c’est le premier qui prend le plus de poissons qui gagne ?

– C’est ça.

– Et nous, on pourrait en faire des concours ?

– Pas pour le moment, car il faut être licencié.

– Tu te rends compte, frère, au Pays basque, pour pas que leurs chômeurs s’ennuient, ils leur organisent des concours !

Je fais semblant de ne pas avoir entendu l’aparté entre Joe et Eddy, et ne cherche même pas à leur expliquer ce qu’est une licence dans un club sportif, désireux de leur laisser leurs illusions sur le Pays basque. J’adore quand on pense du bien de mon pays !

Pour les distraire, je les invite dans la cabine et leur montre le fonctionnement du sondeur qui nous permet d’avoir un dessin précis des fonds et de détecter les bancs de poissons. Il y en a bien un pour oser un timide « C’est de la triche ! », mais ils sont fascinés en voyant toutes ces taches de poissons représentées sur l’écran. J’ai beau leur dire que le sar est chipoteur (« C’est bien connu, le sar dîne à l’huile ») et la daurade parfois pimbêche (« La daurade adore vous laisser en rade »), j’entends déjà cliqueter les engrenages de leurs têtes, persuadés qu’ils sont de ramener du poisson à ne savoir qu’en faire.

Je trouve enfin la belle gravière où les pageots et les daurades roses ont l’habitude de venir chercher leur pitance. J’étudie quelques minutes les vents et les courants pour placer idéalement le bateau et jette l’ancre à l’eau. Avec trente-cinq mètres de fond, la pêche ne devrait pas être trop difficile pour nos débutants qui devraient connaître quelques belles sensations.

Sans nous concerter, Jean-Pierre, d’un naturel discret, décide d’occuper le côté tribord avec les trois pêcheurs pyrénéens, tandis que je suis sur bâbord avec mes deux banlieusards parisiens.

Apprendre aux deux impatients la lecture du fond pour que la ligne soit bien tendue et la perception des touches plus facile, montrer comment agiter doucement son appât pour que le poisson remarque le manège sans être effrayé, répondre aux inévitables questions et surtout donner les consignes de sécurité : interdiction formelle de prendre à pleine main un poisson qu’on ne connaît pas, car une piqûre de vive ou un coup de dent d’un baliste, ça ne pardonne pas. J’aime passionnément l’océan et ce métier de moniteur de pêche qui me permet de faire découvrir la mer à des inconnus me donne de profondes joies.

Contrairement à mes pronostics, mes deux élèves sont plutôt attentifs et appliqués. Le geste n’est pas encore très sûr et l’un d’eux rate une touche pour avoir laissé traîner trop de fil dans l’eau. Du côté de Jean-Pierre, les premiers tacauds et serrans, des poissons moins timides que les daurades qui attendent souvent un peu avant de se décider à mordre, arrivent dans le bateau sous les exclamations des deux frères qui aimeraient bien en faire autant. Je ne me fais pas de souci et je sens qu’ils restent confiants.

Une heure s’écoule, lorsque survient la première attaque sérieuse. Peio a eu une touche fulgurante et ferre le poisson au moment qui convient.

« Ouaaaahhh, les coups de tête ! » La canne plie et Peio, un ancien troisième ligne de Mauléon, a fort à faire pour ramener à bord son poisson. Je profite de l’occasion pour faire un peu de pédagogie : « Tiens ta canne droite… Cale-la sur ta hanche… Ne force pas… Remonte le fil régulièrement pour que le poisson ne puisse pas s’échapper… C’est pour ça qu’il donne des coups de tête » Et puis, quand je constate qu’il y a un client sérieux au bout du fil, je lance ce cri qui donne toujours des frissons aux pêcheurs : « Épuisette ! ». Jean-Pierre est à la manœuvre. Avec dextérité il passe le filet sous le poisson habilement maintenu en surface par Peio. Un beau sar de presque deux kilos gigote énergiquement dans le bateau. Peio a du mal à cacher sa satisfaction tandis que ses voisins le félicitent. « Le bol qu’il a celui-là ! » murmure Joe entre ses dents, tandis que son frère cadet Eddy inspecte minutieusement le morceau de gambas installé au bout de son hameçon. « Elle a une sale gueule ma crevette pour que personne n’en veuille ?»

Je suis habitué à gérer cette situation sur un bateau. Quand des pêcheurs attrapent du poisson et d’autres non, il vaut mieux être imaginatif. Pour faire diversion, j’ai en magasin un répertoire inépuisable d’histoires salaces, mais je sens que le moment est mal choisi.

D’autres daurades sont prises, toujours du même côté du bateau. Je déploie à la hâte une canne pour pêcher à mon tour et tenter de ferrer quelques beaux spécimens en laissant à Joe ou Eddy le plaisir de remonter le poisson. Discrètement, je sors mon arme secrète, une boîte de vers de Capbreton et leur montre comment enfiler l’appât sur l’hameçon avec une aiguille à locher. Avec ce dispositif, je suis sûr du résultat… Trop vantard, Kojak ! Rien ! Même moi, je n’arrive pas à avoir une seule touche, tandis que Jean-Pierre et ses boys n’arrêtent pas. Je sens mes deux élèves particulièrement crispés. Quand personne ne pêche, on peut toujours remonter l’ancre et tenter sa chance ailleurs, mais, dans le cas présent ils vont être quatre à hurler si j’annonce qu’on bouge.

Il est presque onze heures et je décide de faire preuve d’autorité. « Il ne nous reste plus que deux heures de pêche. On change de côté. » Courtois, les trois Pyrénéens flanqués de Jean-Pierre viennent prendre notre place, tandis que nous nous installons à la leur.

Nos lignes ne sont pas arrivées au fond que nous entendons crier dans notre dos « Épuisette ! » C’est Philippe qui est en plein combat à l’endroit précis où Eddy a patienté en vain pendant trois heures. Un superbe pagre vient remplir un peu plus le seau à poissons. Joe et Eddy, crispés sur leurs cannes ne disent plus un mot et je capte leur colère sourde. J’ai tenté de changer leurs bas de ligne, de leur montrer comment agiter leurs appâts sur le fond sablonneux, mais rien n’y fait. Et le pire, c’est qu’ils ne pêchent pas mal du tout par rapport à d’autres clients que j’ai pu avoir cette année… La pêche peut être cruelle parfois.

D’urgence, de toute urgence, trouver une idée pour dissiper les nuages noirs qui commencent à s’accumuler sur le bateau ! Je capte bien le regard inquiet de Jean-Pierre et décide que je dois me surpasser.

Grand cri de surprise de ma part, alors que je viens de me pencher sur ma boîte à hameçons.

– Joe, j’avais pas fait gaffe… Je sais pourquoi tu ne prends pas de poissons. Au Pays basque, on ne met jamais de chaussettes dans un bateau, sinon la daurade ne mord pas.

Arrête tes conneries, Kojak, je n’ai vraiment pas envie de rire !

Je reste imperturbable :

Tu as tort de ne pas m’écouter, Joe. Tu pêches bien et je ne comprenais vraiment pas pourquoi tu ne prenais pas de poisson avec ton frère. Tu devrais essayer, même avec une chaussette en moins, je suis sûr que tu verrais tout de suite la différence. Je ne peux pas t’expliquer pourquoi, mais c’est comme le vert pour les comédiens. Tu ne verras jamais un comédien porter cette couleur ou un pêcheur de daurades avec des chaussettes… »

Les deux frères se regardent en silence, l’air interrogateur. Il règne une tension absolue sur le bateau et, en silence, j’invoque le dieu des pêcheurs pour qu’il me vienne en aide. Je ne suis pas un garçon très exigeant, mais j’ai particulièrement besoin de lui aujourd’hui.

Alors que les trois pêcheurs locaux jettent de réguliers coups d’œil sur le côté et peinent à garder leur sérieux, Joe, exaspéré, décide soudain d’ôter ses chaussettes.

« J’en tiens un ! » Tout le monde croit à une blague, mais à la façon dont Joe bataille avec sa canne, il ne fait guère de doute qu’une belle prise est accrochée. Une daurade grise, un Zapatero comme on l’appelle ici, permet à Joe de goûter enfin à la sensation d’un sparidé livrant un beau combat pour sa survie.

Une fois le poisson mis à l’abri, Joe adresse un signe de tête autoritaire à son frère Eddy. Tandis que tout le bateau se retient pour ne pas hurler de rire, Eddy à son tour, l’air aussi honteux qu’une nonne faisant un striptease, ôte ses chaussettes.

J’ai peine à croire à un deuxième miracle possible. Et pourtant !

« J’en ai un moi aussi ! » Eddy se bat à son tour avec une belle bête, tandis que j’ai le sentiment que Jean-Pierre va tomber en syncope à force de se retenir de rire. Quand il va raconter ça aux Bayonnais…

Eddy sort une belle daurade rose, mais plus personne ne prête vraiment attention aux autres, car le poisson est soudainement devenu mordeur et chacun a fort à faire de son côté. Pour aider les deux frères à remplir leur seau, je capture coup sur coup trois beaux sparidés qu’ils pourront montrer triomphalement à leurs amis. Et de leur côté, ils réussissent à en sortir deux chacun.

Tandis que nous rentrons doucement dans l’Adour, je suis heureux en voyant les sourires qu’affichent nos cinq débutants et les échanges passionnés qu’ils ont désormais entre eux, toute timidité abolie… Ils en sont même à faire des selfies ensemble et à partager leurs adresses mail. Quand je vous disais que je fais le plus beau métier du monde !

Pour jouer mon rôle jusqu’au bout, j’ai même glissé à Joe, qui m’a assuré qu’il reviendrait l’an prochain : « Je m’en veux d’avoir mis autant de temps à réagir. Si j’avais vu plus tôt tes chaussettes, je te les aurais fait enlever tout de suite et tu aurais fait un carton. »

Joe et Eddy hochent la tête gravement. Le Pays basque est décidément une région pleine de mystères. Et, parole de Kojak, je ne serais pas plus surpris que cela, la saison prochaine, d’amener dans mon bateau un débutant venant de Pantin ou Sarcelles, un copain de copains de Joe ou Eddy, qui m’expliquera doctement qu’il est indispensable d’être pieds nus si on veut pêcher des daurades.

Une histoire certifiée authentique

Quelques détails ont été modifiés pour que les intéressés ne soient pas trop reconnaissables, mais cette histoire est véridique et a beaucoup fait rire les membres du Yacht Club qui connaissent la créativité de l’ami Kojak. Si vous souhaitez vivre une belle expérience de découverte de l’océan, le Yacht Club de l’Adour, qui possède deux bateaux au Port du Brise-lames à Anglet, peut vous emmener pêcher en mer tous les matins (départ 7 h 30 retour 13 h 30) pour la modique somme de 60 euros.

Pour tous renseignements : Yacht Club de l’Adour 05 59 63 60 31 et 06 14 74 60 20.

Géronimo déjà au taquet pour le derby

Exclusif : Les Bayonnais ont dû payer une très forte rançon pour obtenir la libération de Robert Rabagny…

Pour l’ouverture des fêtes de Bayonne et la foulée du festayre, Géronimo a tenu à être présent.

L’affaire remonte à quelques mois, mais par discrétion Bisque, Bisque, Basque ! a préféré ne pas la raconter tout de suite tant les négociations se sont avérées délicates. Début juin, un groupe de supporters de l’Aviron Bayonnais se retrouve chez Ramina, à l’heure entre chien et pottok, où les verres se remplissent par magie et font la course avec les idées. « Quel dommage tout de même que Géronimo ne soit plus là pour animer en octobre le prochain derby avec Pottoka ! » Et c’est alors qu’un polyglotte, spécialiste de l’import-export et habitué à avoir toujours son passeport sur lui pour pouvoir aller et venir entre Biarritz et Bayonne, décide de faire le faraud : « Je connais ses ravisseurs. Je peux peut-être tenter d’intervenir ».

Deux jours plus tard l’homme revient, aussi solennel qu’un ambassadeur français rentrant de Tchéchénie : « Ils sont prêts à le libérer pour bonne conduite, mais ils demandent une rançon considérable » Les convives s’approchent mais ne peuvent retenir un « Oh ! » de surprise en entendant les exigences biarrotes : « Le poids de Serge Blanco en jambons de Bayonne en échange de Géronimo »

C’est pour cette raison que vous avez sans doute aperçu ces jours derniers dans les rues du petit-Bayonne des quêteurs en maillot bleu en blanc avec cette pancarte « Un euro pour Géronimo ».

Pour une noble cause comme le rugby, le Bayonnais sait être généreux, mais l’entreprise s’avéra impossible. On voit plus souvent dans sa vie une passe croisée d’Iguiniz au stade Jean Dauger que la somme nécessaire pour acheter en authentiques jambons de Bayonne l’équivalent du poids de Blanco.

L’émissaire secret qui faisait les allées et venues entre Bayonne et Biarritz dut aller confesser son échec. Dans un geste de surprenante mansuétude, les ravisseurs, sans doute lassés par le babil matin, midi et soir de l’animateur biarrot, acceptèrent que la rançon se limite au poids de Nicolas Brusque, ce qui était déjà nettement plus réalisable.

L’échange jambons contre mascotte eut lieu dans la nuit du 14 au 15 juillet dans la ville neutre d’Anglet, non loin du restaurant Le rayon vert.

Restait un problème de taille à surmonter : malmené par de longs mois de détention où on lui passait en boucle le Vino griego en l’accusant de trahison, Robert Rabagny ne se rappelait plus qui était Géronimo et affirmait être le père de Koxka.

Le psychiatre Puleoto en renfort

Heureusement, existe à Biarritz un psychiatre remarquable qui, par discrétion, se prétend restaurateur. Robert s’est donc allongé sur le divan d’une des petites salles annexes du Txik Txak et Soso Puleoto, le propriétaire de l’établissement, pour lui remettre les idées en place, procéda comme Obélix avec le barde Assurancetourix.

Miracle, au bout de trois coups sur la tête, Rabagny se souvenait de tout, de ses courses au milieu de la pelouse, des boucliers de Brennus brandis devant la foule, du camion de Géronimo qui annonçait la fête à venir.

Malgré tout l’indien restait envahi par quelques scrupules, heureusement vite dissipés par le très psychologue Puleoto.

Soso, le BO a une autre mascotte. Est-ce utile que je redevienne Géronimo ?

– On est en république Robert et chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Si tu es heureux en indien, continue !

– Soso, je suis tout de même inquiet. À la mairie, comment vont-ils le prendre ?

– Mais, Robert, ils t’ont déjà viré honteusement. Que veux-tu qu’ils te fassent de plus ?

– Et le BO, tu crois qu’il va apprécier le retour de l’indien ?

– Ils se sont débarrassés de toi, Robert, donc, tu ne crains rien…

Jérôme Thion, qui prépare un Iron man, a participé à la course.

Totalement ragaillardi, Robert a retrouvé sa coiffe d’indien et est bien décidé à ne plus lui laisser prendre la poussière, comme il l’a confié à Sud Ouest (25/7).

Un homme qui est capable de vous annoncer qu’il a repeint dans la nuit le pont Grenet en rouge et blanc, qui crie aux participants de la foulée du festayre « Bienvenue à Biarritz ! »  et qui trouve le moyen de se faire applaudir par les Bayonnais, n’est pas un homme ordinaire. Robert a annoncé que cinq jours avant le derby d’octobre qui se déroulera à Bayonne, il sortira le camion et ira mettre le feu à toute la Côte Basque. C’est avec impatience que l’on attend que la fête commence… ou plutôt recommence avec cette irremplaçable figure du rugby local !

Et n’oubliez pas qu’une très bonne biographie de Robert Rabagny, alias « Monsieur Biarritz Bonheur » est toujours en vente ! Par modestie, je ne dirai rien de l’auteur mais il ne fait pas de doute qu’il a eu de la « plume » pour parler de l’indien…

Qui craint le grand méchant Caslou ? C’est p’têt’ vous, c’est pas nous !

L’ancien patron de La Semaine a traîné Bisque, Bisque, Basque ! devant le TGI de Paris pour « cyber harcèlement ». Verdict ? Débouté et condamné à verser 3 000 euros.

Une fois de plus, le pauvre pêcheur Hubert de Caslou a raté sa proie, et est rentré bredouille.

Cet homme, décidément, ne doute de rien. Ancien officier de marine à la retraite, il s’est convaincu qu’il suffisait d’avoir épousé une descendante d’une grande famille de la presse pour être capable de diriger un journal : on se souvient du désastre qui s’ensuivit avec La Semaine du Pays Basque. Le même Caslou a tenté cette année de faire mordre la poussière à Bisque, Bisque, Basque ! en réclamant 13 000 euros de frais de procédure et dommages et intérêts à ce blog gratuit, m’entraînant devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, histoire d’alourdir l’addition.

Quand un patron de presse attaque un journaliste, on s’attend à ce que les lois sur la presse servent d’arbitre. Mais Hubert de Caslou est capable de… créativité juridique. Lorsqu’il adresse une assignation à Bisque, Bisque, Basque ! en février 2017, il a délibérément laissé passer de trois jours le délai légal pour intenter une action en diffamation (il sait très bien que l’enquête menée a été sérieuse et que j’ai encore des cartouches en réserve) et justifie son action par un décret datant du 4 août 2014 instituant l’article 222-32-2-2 du code pénal destiné à réprimer les cyberharceleurs.

Une plainte en diffamation pour un journaliste, c’est un peu comme une sortie de route pour un pilote professionnel, ça arrive même si ce n’est pas souhaitable. Et quand on s’efforce d’offrir une information libre de toute complaisance et susceptible de faire sourire les lecteurs, le risque est bien évidemment décuplé. Mais je tombe des nues devant cette plainte infamante, qui me fait un peu le même effet que si on me brandissait la convention collective des bouchers-charcutiers, profession honorable s’il en est, pour me reprocher mes écrits de journaliste.

La démonstration implacable de Saint-Cricq

En route donc pour le Palais de Justice de Paris, le 6 juin dernier, face au « serial procédurier » Hubert Lamour de Caslou qui aura passé un temps non-négligeable devant les tribunaux cette année.

L’argumentaire de son conseil, Maître Darrière est simple :  Bisque, Bisque, Basque !  est, selon lui, un blog personnel et ne peut être considéré comme un support de presse. Hubert de Caslou ne comprend pas l’acharnement que je manifeste à son égard. 18 articles lui ont été consacrés entre février et octobre 2016, et le fait que son nom soit inscrit dans les « tags » en bas de l’article et qu’il reçoive un SMS lorsqu’un article parle de lui est bien une preuve de cyber harcèlement. Pour tenter de faire correspondre son action au cadre légal, il exhibe de surcroît un certificat médical daté du 17 novembre 2016 évoquant des « symptômes physiques et psychiques préoccupants ».

Bluffé par sa précision, son sens du détail, et sa combativité sans faille lors des conseils municipaux biarrots, j’ai eu l’excellente idée de faire appel à Maître Saint-Cricq qui va se faire un plaisir de mettre à mal la défense adverse.

Si 18 articles ont été écrits sur La Semaine du Pays basque en six mois, c’est parce que cet hebdomadaire faisait l’actualité. Ce n’est pas la faute de Bisque, Bisque, Basque ! si des salariés ont décidé d’entraîner aux Prud’hommes leur patron, si une descente de l’inspection du travail a eu lieu, si un partisan des « exécutions sommaires et des camps de travail forcé » a été recruté ou s’il a fallu procéder à une liquidation judiciaire de l’entreprise. Chaque article avait une justification journalistique, la meilleure preuve étant que Bisque, Bisque, Basque ! a cessé de s’intéresser à Hubert de Caslou en octobre 2016, à partir du moment où il avait disparu du paysage médiatique basque.

Ensuite Hubert de Caslou n’a été victime d’aucun harcèlement, puisque, par ordre d’apparition, il n’arrive qu’en quinzième position dans ce blog, bien après Michel Veunac, Max Brisson, Didier Borotra ou même Géronimo, l’ex mascotte du BO !

« Taguer » le nom d’une personne que l’on cite est une pratique absolument courante dans tous les supports de presse numériques et il n’y avait pas d’intention maligne dans ce fait, pas plus que dans celui d’envoyer des SMS aux personnes concernées par un article, histoire de leur permettre d’exercer un éventuel droit de réponse.

Caslou seul responsable de sa réputation numérique

Quant à la réputation numérique de l’intéressé, ce blog, simple témoin des acrobaties financières du personnage, n’y est pas pour grand-chose puisqu’il suffit de taper Hubert de Caslou sur un moteur de recherche pour apprendre qu’une de ses sociétés, Discom, vient d’être mise en redressement judiciaire ou pour trouver immédiatement des traces de ses brillants résultats financiers dans toutes les sociétés qu’il dirige.

http://dirigeants.bfmtv.com/Hubert-LAMOUR-DE-CASLOU-4718376/

Enfin le certificat médical prête à sourire. La généraliste consultée reconnaît qu’elle voit le sémillant ex-officier de marine pour la première fois. Quand on a cinq de ses sept salariés qui intentent une action en Justice contre vous, une liquidation judiciaire à assumer, un actionnaire principal Gérard Lignac qui n’est pas content de vous et qui affirme à Bisque, Bisque, Basque ! : « Caslou n’aura plus un sou ! », il est assez naturel d’être tendu. Et pour montrer l’état de santé très préoccupant du plaignant, maître Saint-Cricq a déniché sur Internet une photo où on le voit tout sourire, trois jours après ce certificat très alarmiste, remettre le prix Air & Cosmos à un bel aréopage.

Les lois de la presse s’appliquent à un blog de presse

Reste le cœur de la procédure et cette nouvelle tendance à contourner les lois sur la presse. François Fillon, par exemple, s’est bien gardé de porter plainte pour diffamation contre Le Canard enchaîné. Il a utilisé l’article L97 du code électoral qui interdit la propagation de « fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses ». Bisque, Bisque, Basque !  n’est pas un blog personnel, comme voudrait le faire croire maître Darrière, un de ces blogs où on se prend en selfies avec les copains devant son verre de rosé, mais un blog d’information qui parle de l’actualité locale et nationale, rédigé par un journaliste professionnel. Pour maître Saint-Cricq, cette affaire ne peut donc être jugée qu’au regard des dispositions des lois sur la presse de juillet 1881. Donner satisfaction à Hubert de CASLOU reviendrait à prononcer l’oraison funèbre de la Loi sur la Presse et de la Liberté d’expression dans notre beau pays ! Le texte sur le harcèlement ne permet pas de tels errements.

La Présidente de la 5ème chambre du T.G.I. de Paris va parfaitement suivre ce raisonnement du juriste biarrot et débouter Hubert de Caslou de l’ensemble de ses demandes, le condamnant, le 19 juillet 2017, à me verser 3 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Ils sont donc deux, jusqu’à maintenant, à ne pas encore avoir compris que Bisque, Bisque, Basque ! est un blog d’informations et doit être traité comme tel. Michel Veunac, le maire de Biarritz, qui continue à refuser de répondre à mes questions et s’étonne de mes réactions virulentes et ce malheureux Hubert de Caslou, qui en tant qu’ancien patron de La Semaine et actuel d’Air & Cosmos aurait mieux dû connaître le cadre juridique régissant nos métiers. Puisqu’il a souhaité revenir dans l’actualité du Pays Basque, nous nous ferons donc un plaisir de raconter ses prochaines audiences aux Prud’hommes face à ses anciens salariés. Mais après cette farce pas très catholique concoctée par l’homme à particule, comment ne pas penser à cette chanson de Churchill et Ranell  si populaire entre les deux guerres? (https://www.youtube.com/watch?v=ag4O7gQGf_A)

« Qui craint le grand méchant loup ?

C’est p’têt’ vous, c’est pas nous

Voyez d’ailleurs comme on tient le coup

Tralala la la »

À Ondres aussi, le maire agite la matraque judiciaire

Encore une nouvelle tentative d’intimidation de Bisque, Bisque, Basque !

Éric Guilloteau, le maire d’Ondres, aime les journalistes… Surtout quand ils marchent au pas.

Ancien élu d’opposition à Ondres, démissionnaire depuis, Dominique Lapierre, membre d’Anticor a fait parvenir la semaine dernière une lettre à Bisque, Bisque, Basque ! Suite à une audience au Tribunal administratif de Pau, le 28 juin dernier, il racontait sa surprise d’avoir été débouté, alors qu’un membre de la majorité municipale a participé à un débat concernant le Plan Local d’Urbanisme (PLU), ce qui est interdit par la loi puisqu’il était directement concerné. Et l’ancien responsable de la sécurité des courses automobiles au ministère des Sports concluait, un peu amer : « La prochaine loi de moralisation de la vie publique, chère à l’éphémère ministre de la justice béarnais, semble vouloir zapper le niveau de la politique locale pourtant bien gangrénée. À en juger ceux qui se sont fait prendre les doigts dans le pot de confiture à Lahonce, Biarritz, Urrugne ou Ciboure notre sud-ouest va-t-il devenir le pays de cocagne pour les élus peu scrupuleux dont le patrimoine prospère au fil des mandats ? »

Intéressé par le sujet, Bisque, Bisque, basque ! publie la lettre sans se douter qu’il va s’attirer les foudres du maire Éric Guilloteau, qui menaçe immédiatement l’auteur du blog d’un procès en diffamation si l’article n’est pas immédiatement retiré. Et sur quel ton !

Le plus suavement possible, Bisque, Bisque, basque ! qui a connu un paquet d’agités politiques dans sa vie antérieure, s’efforce de lui répondre :

Se rendant compte qu’il a peut-être ignoré quelques règles élémentaires de bienséance, Éric Guilloteau se fait plus aimable au téléphone. Il m’explique que la justice lui a donné raison, m’adresse des documents le prouvant, mais, au lieu de faire usage d’un droit de réponse comme le prévoit la loi, le cowboy landais qui brandit la menace judiciaire plus vite que son ombre, continue à évoquer un procès en diffamation si je ne retire pas l’article. Ce que je ferai à contre cœur, ignorant encore à ce moment le verdict du procès m’opposant à Hubert de Caslou (Lire l’article au-dessus).

Mais il y a décidément, chez cet élu socialiste un goût certain pour le rapport de force et ce n’est pas le maire communiste de Tarnos, Jean-Marc Lespade qui dira le contraire. Quelques heures plus tard, je recevrai un troisième mail où il concède une erreur, mais explique que la modification du PLU a conduit l’élu concerné à… un appauvrissement.

Puis il en revient à sa tête de turc favorite, Dominique Lapierre, avant de clamer son mépris pour les médias locaux, qui ne « ressortent pas grandis » de cette affaire, puisqu’ils ne sont pas d’accord avec le maire de Ondres.

Bisque, Bisque, Basque ! estimant que les tribunaux sont déjà suffisamment engorgés, se gardera de publier les dernières lignes du mail reçu, totalement injurieux pour Dominique Lapierre, car ils pourraient valoir de sérieux ennuis au premier magistrat d’Ondres. Et comme il vaut mieux rire de tout, même avec ceux qui manquent parfois sérieusement d’humour, Bisque, Bisque, Basque ! a retrouvé le magazine municipal numéro 65, daté de décembre 2015 où le maire y va de son couplet sur la liberté d’expression.

https://www.ondres.fr/ville-ondres/wp-content/uploads/2015/12/Magazine-Municipal_n65_decembre2015.pdf

Encore un maire qui n’hésite pas à dire « Je suis Charlie ! » … mais uniquement quand la liberté de la presse ne le dérange pas.

Sophie Bussière : « Macron, c’est l’illusion du renouveau »

Secrétaire départementale, la candidate malheureuse des Vert aux législatives 2017 croit dur comme fer au renouveau de son parti.

Pull bleu et verre de grenadine, la représentante des Verts, Sophie Bussière, refuse les clichés. « Nous sommes un parti politique et pas seulement un mouvement environnementaliste ».

Avocate et membre du barreau de Bayonne, spécialiste du droit du travail et du droit de l’environnement, Sophie Bussière est réputée pour son franc-parler, une qualité bien agréable à l’heure de la langue de bois généralisée, pratiquée par les politiques. Convaincue et convaincante, la jeune quadragénaire qui a fait ses études de droit à Pau avant d’ouvrir son cabinet à Anglet en 2004, vit avec sérénité la déroute électorale que vient de subir son parti. « Nicolas Hulot est une prise de guerre. On est dans le marketing. On prend les paris sur le nombre de mois qu’il va passer au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire avant de claquer la porte ? » Adhérente d’Europe Écologie Les Verts (EELV) depuis 2011, Sophie Bussière n’est visiblement pas conquise par l’actuel Président de la République : « Macron, c’est l’illusion du renouveau ».

« J’adore faire campagne »

Avec 3,5 % des suffrages recueillis, lors des dernières législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, la représentante écologiste pourrait manifester quelques signes de découragement. Il n’en est rien. « Il y avait beaucoup de candidats et un contexte politique complètement incohérent. Dans le département, nous avons un socle de militants qui a cru bon de voter utile dès le premier tour, alors qu’ils soutenaient habituellement pour les écologistes. Et malgré cela, nous avons recueilli 1 824 suffrages soit 40 voix de plus qu’en 2012 ».

La candidate reprend son souffle et a du mal à masquer sa passion : « Malgré mon emploi du temps compliqué, j’adore faire campagne. On m’avait dit que le porte à porte était une épreuve particulièrement difficile. En fait, nous avons été bien accueillis partout et les questions que nous posaient nos interlocuteurs étaient très pertinentes. »

Le fait de ne plus avoir d’élus EELV à l’Assemblée nationale ne semble pas trop inquiéter l’avocate. Pour un peu elle y verrait presque une chance de faire repartir son parti sur des bases solides.

« J’ai décidé d’adhérer chez les Verts pour les idées. Je me sentais politiquement proche de personnages comme Alain Lipietz ou Éva Joly. Je pense qu’il ne sert pas à grand-chose, comme on a pu le vivre entre 2012 et 2014, d’avoir des ministres avant de compter un grand nombre d’élus locaux. » Pour la secrétaire départementale, qui se dit très favorable à « une dose de proportionnelle », l’avenir des Verts passe par « une galaxie plus large » avec de solides implantations locales et des lanceurs d’alerte au niveau national.

Sophie Bussière, qui ne nie pas les errances de certains dirigeants des Verts (Elle ne donne pas de nom, mais comment ne pas songer à Jean-Vincent Placé ou Cécile Duflot ?) est persuadée qu’une nouvelle génération de dirigeants, comme Julien Bayou, l’actuel porte-parole d’EELV, va émerger et revivifier le parti. Dans ses fonctions départementales, elle apprécie la liberté d’action qu’on lui laisse et estime ne pas manquer de sujets à traiter entre la LGV, les mines d’or ou la qualité des eaux de baignade.

Mais a-t-elle suffisamment de militants pour l’épauler sur tous ces sujets ? « C’est vrai, nous ne sommes pas très nombreux dans le département »

Quand on vous disait que Sophie Bussière était d’une désarmante franchise…

Hôtel du Palais : Saint-Cricq a les idées claires

Dans un communiqué de presse limpide et sans langue de bois, l’avocat biarrot  explique les risques encourus par les Biarrots avec l’Hôtel du Palais.

Contrairement à tous les élus qui estiment qu’il ne faut surtout pas porter ce dossier sur la place publique, Jean-Benoît Saint-Cricq, en apportant sa compétence, aide les Biarrots à comprendre les enjeux. (Photo Sud Ouest)

Bisque, Bisque, Basque ! ne remerciera jamais assez ce lecteur sagace qui est allé dénicher sur la page Facebook du meilleur opposant à la politique suicidaire de Michel Veunac ce communiqué de presse daté du 11 juillet qui nous avait totalement échappé. Une fois de plus, Jean-Benoît Saint-Cricq démontre son bon sens et ses aptitudes face à une nouvelle « aventure municipale » qui pourrait s’avérer encore plus catastrophique que celle de la Cité de l’Océan. Par commodité de lecture, face à ce texte, long et passionnant, la rédaction s’est simplement permise de rajouter des intertitres. Vous pouvez retrouver le texte initial sur :

https://www.facebook.com/jean.saintcricq/posts/10213614539257026

 

L’Hôtel du Palais ou la quadrature du cercle

Lorsqu’en avril 2016 le maire nous informait de son choix arrêté pour confier au groupe Four Seasons la gestion de l’Hôtel du Palais et nous indiquait qu’il lançait une négociation « exclusive » avec cet opérateur, nous nous sommes interrogés sur le contenu de cette opération.

Nous savions tous que cet hôtel nécessitait d’importants travaux de rénovation puisque pendant la mandature précédente un plan d’investissement de 20 millions d’euros financé par la ville avait été décidé, les travaux devant s’échelonner sur une dizaine d’années.

Notre inquiétude était grande au regard du flop de la Cité de l’Océan dont la Ville subit toujours les conséquences. En effet, le maire nous annonçait pas moins de 50 millions d’euros pour le remise à niveau de l’hôtel et pareille somme n’est plus du tout à la portée de notre ville déjà fort endettée. Comment diable financer de tels investissements ?

Beaucoup de Biarrots ont pensé que, tout simplement, la ville allait vendre le fonds de commerce et peut-être les murs au groupe Four Seasons. Ils étaient bien excusables car la communication de la mairie n’était pas spécialement claire à ce sujet.

« Une modalité de loyer de nature à permettre bien des dérives »

Une appréciation correcte du problème suppose d’en connaître les données.
Il faut d’abord savoir que Biarritz est l’une de seules villes de France à être propriétaire des murs et du fonds de commerce d’un « Palace ». Cet situation s’explique historiquement par la rachat du Palais en 1960 par la Ville afin d’éviter sa vente à la découpe et la constitution en 1961 de la Société d’économie mixte locale (SEML) SOCOMIX dont la ville est actionnaire à 65 % et qui s’est vue confier l’exploitation de l’établissement dans le cadre d’un contrat de location-gérance extrêmement favorable puisque le loyer est symbolique car basé, non point sur le chiffre d’affaires ou sur la valeur des biens donnés en location, mais sur les bénéfices (lorsqu’il y en a).

Chacun comprendra que la SOCOMIX émanation de la ville, ait pu bénéficier de conditions favorables, mais cette modalité de loyer était de nature à permettre bien des dérives et surtout à occulter un fait dérangeant, à savoir que l’hôtel du Palais est un établissement qui vit sous subvention municipale sous forme de loyer non pris. Très récemment, en 2010 la ville a reçu un loyer de seulement 91.000 €. Or, compte tenu de la valeur de cet hôtel, murs et fonds, de l’ordre de 200 M€, n’importe quel propriétaire exigerait un loyer de 4 millions d’euros par an. Ajoutez à cela les subventions d’équipement versées par la Ville de l’ordre de 1,5 millions d’euros par an et vous avez la participation de la ville au fonctionnement de l’établissement. Quant aux résultats, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 millions d’euros, cet établissement ne dégage quasiment pas de résultat, ce qui ne laisse aucune marge pour le financement des travaux colossaux devenus indispensables pour la poursuite de l’exploitation.

« Four Seasons ne prenait aucun risque et ne finançait rien »

Certes, l’Hôtel du Palais est le fleuron de notre hôtellerie, mais il faut s’interroger sérieusement sur les décisions auxquelles notre municipalité va être confrontée.

La solution envisagée avec le groupe Four Seasons n’était pas une vente, ni des murs, ni du fonds, mais un simple contrat dit de gestion, fort mal baptisé car en réalité le gestionnaire demeurait toujours la SOCOMIX présidée par le maire de Biarritz. Le groupe Four Seasons dans le cadre de ce que l’on pourrait mieux désigner par un contrat de franchise, louait sa marque, son fichier client et détachait une équipe de coaches pour encadrer le fonctionnement. Vous aurez ainsi compris qu’il ne s’agissait même pas d’une prise en gérance, et que l’entière responsabilité de l’exploitation et des pertes éventuelles demeurait à la SOCOMIX, donc, indirectement à la ville.

Fous Seasons ne prenait donc aucun risque et ne finançait rien, hormis une somme de 7 millions d’euros, fort alléchante, promise comme ticket d’entrée, mais bien vite récupérée au travers de la redevance supportée par la SOCOMIX dans le cadre du contrat de franchise.

Alors, quid des travaux ? Eh bien les travaux devaient être financés par la SOCOMIX. Mais, la SOCOMIX n’est qu’une locataire gérante, dépourvue de patrimoine et ne peut donc emprunter auprès des banques. Comment va-t-elle trouver les financements ? Eh bien la ville va lui donner le fonds de commerce, ce qui se nomme un « apport » et, par ailleurs, lui consentir un bail emphytéotique des murs pour une durée de 60 ans. Ainsi les banques vont pouvoir inscrire une hypothèque sur les murs et la SOCOMIX va pouvoir lever les quelques 50 Millions d’euros qui lui sont nécessaires pour financer ses travaux.

Sur le papier tout cela semble fonctionner, sauf que …

La SOCOMIX affiche déjà 10 millions d’Euros d’endettement (reliquat de l’emprunt souscrit pour la construction du SPA).

Rembourser 50 millions d’Euros supplémentaires sur 20 ans, suppose le paiement de quelques 3,5 M€ par an, soit une augmentation de 17% du CA annuel, sans parler de la redevance due au franchiseur. On voit ici que le pari est de taille. Il y a dans cette affaire une prise de risque non négligeable car, si la croissance n’est pas au rendez-vous les dettes seront bien là.

« Une mise à niveau hors de portée de nos finances »

Les conséquences de ce montage peuvent être désastreuses si les résultats ne sont pas rendez-vous. Ce qui était proposé avec le contrat Four Seasons impliquait nécessairement en cas d’échec, la perte des murs et du fonds de commerce récupérés par les créanciers dans la procédure de faillite.

De fait, malgré les conditions plus que favorables dont cet établissement a bénéficié pendant cinquante-cinq ans, il faut déplorer que les équipes municipales qui se sont succédées, au moins depuis 20 ans n’aient pas provisionné les travaux nécessaires. L’outil a été exploité jusqu’à la corde dans le cadre d’une gestion bien peu rigoureuse stigmatisée par la Chambre Régionale des Comptes. J’invite ceux qui le souhaitent à une relecture du Rapport d’observation de 2013 (disponible sur le site de la Chambre ou sur le mien) qui met en évidence des gratuités d’un montant phénoménal, près de 200.000 € par an pendant les sept années de la période contrôlée, sans parler des voyages de l’épouse du Directeur qui n’avait aucune fonction dans l’établissement, outre bon nombre d’anomalies de gestion.

Le dernier cadeau empoisonné de Didier Borotra a été décrocher l’appellation « Palace » pour le Palais, ce qui oblige à une mise à niveau hors de portée pour nos finances.

Le quadruple objectif affiché par M. Veunac, tout à fait louable, qui consiste à ne pas se défaire des murs ni du fonds, conserver le niveau « Palace », ouvrir douze mois par an et conserver les 180 salariés, procède de la recherche de la quadrature du cercle.

Il convient de réfléchir sérieusement aux choix qui vont être faits et qui nous engagent pour les trente ans qui viennent.

« Je m’interroge sur la légalité du montage »

Pour ma part, je m’interroge sur la légalité de ce montage car une SEML n’a pas vocation à gérer autre chose que des activités d’intérêt public et la gestion d’un Palace ne procède pas de l’intérêt public ( http://www.collectivites-locales.gouv.fr/societes-deconomie… ).

La hauteur des engagements à envisager est telle et les risques sont tels qu’il n’est pas possible de suivre ceux qui voudraient jouer la surenchère et emprunter encore plus pour satisfaire aux exigences de Four Seasons qui veut une enveloppe de travaux de 64 millions d’euros ce qui, avec le financement des 23 mois d’arrêt d’activité porterait à 72 millions d’euros les emprunts nouveaux et à 82 millions d’euros l’endettement de la SOCOMIX.

Les gains escomptés d’une enseigne Four Seasons ne sont pas certains car, de plus le choix de cet opérateur suppose un repositionnement en termes de clientèle. Avec seulement 100 suites et des tarifs trois fois supérieurs la clientèle traditionnelle du Palais serait perdue. Est-on sûr de capter la clientèle hyper riche visée par Four Seasons à Biarritz ? En tout cas, le risque inhérent à ce changement de stratégie serait exclusivement supporté par la SOCOMIX autant dire par Biarritz. De surcroît la période n’est pas faste pour les palaces, comme en témoignait Christophe Laure, président de l’Umih Prestige, « C’est une crise jamais vue depuis 20 ans ». Madame Gwenola Dolet, directrice de France Hôtels & Hospitality estime qu’il faudra de cinq à sept ans avant que les Palaces retrouvent une activité normale (Express 3408 du 26.10.2016 « Le blues de Palaces).

La décision de M. Veunac de stopper les démarches avec Four Seasons apparaît donc sage.

« Vendre murs et fonds semble plus raisonnable »

En définitive, après ce balayage d’horizon, il ne reste plus qu’à faire le choix entre trois possibles :

– Emprunter de 50 à 70 Millions, faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan.

– Vendre le fonds de commerce en transférant la charge des travaux sur le preneur (prix de la cession) avec un bail commercial, ce qui nous éviterait d’avoir à emprunter et nous permettrait de recueillir un loyer dans quelques années.

– Vendre murs et fonds à un opérateur privé et retirer tout de suite une somme de l’ordre de 150 à 200 millions d’euros qui désengagerait la ville de ses dettes et permettrait la réalisation de tous les projets d’embellissements et le financement de tous les équipements qui font défaut, tels que piscine olympique, tribunes, falaises, parkings, réfection de voiries, etc…

Les deux dernières solutions semblent les plus raisonnables.

Pour ce qui est du bâtiment lui-même, il ne risque pas de s’envoler et les règles d’urbanisme nous garantissent de sa pérennité. Pour ce qui est du personnel, il se portera sûrement bien d’être intégré dans un grand groupe. Pour ce qui est de l’exploitation commerciale, il semble plus sain d’en laisser la charge à des opérateurs privés, bien mieux à même de faire prospérer un Palace. Tout le monde s’en portera mieux, la concurrence qui était quelque peu malmenée par un établissement vivant sous perfusion publique et surtout nos finances enfin épargnées.

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pour Brisson, le mensonge d’un maire n’a rien de grave

Les administrateurs de l’Hôtel du Palais sont-ils des plantes vertes qui doivent se taire au nom de la raison municipale ? Le premier opposant semble le penser.

Max Brisson semble perplexe sur le dossier de l’Hôtel du Palais : on le comprend.

Si par un hasard improbable Nadine Morano avait été élue Présidente de la République, pensez-vous qu’Emmanuel Macron aurait accepté de devenir son Premier Ministre ? Probablement non. Dire de Max Brisson qu’il aurait fait un tout autre maire pour Biarritz que Michel Veunac frise l’insulte, tant les capacités de l’un mettent en évidence les cruelles limites de l’autre. De la même façon, dire que Max Brisson fera un bon sénateur s’il est désigné en septembre prochain par les grands électeurs du département relève de la même tranquille évidence, quand on connait sa passion pour sa ville et sa région et son sens du dialogue. Et ce n’est pas un membre des Républicains qui le dit !

Mais alors pourquoi diable, si ce n’est au nom d’un pacte de solidarité entre anciens adjoints, Max Brisson se sent-il obligé de voler au secours de notre Nadine Morano à nous, notre Michel Veunac bien-aimé, même quand son attitude est totalement indéfendable ?

Félicitations à Sud Ouest

Félicitons tout d’abord Sud Ouest pour sa façon de ne pas planquer l’information sous le tapis et pour son traitement très éclairé du dossier de L’Hôtel du Palais depuis des semaines. Sans le quotidien régional, les Biarrots ne sauraient pas grand-chose de ce qui se trame, pas plus que des soubresauts qui agitent le conseil d’administration de la Socomix, puisque, lors du dernier conseil municipal, personne ne s’est hasardé à évoquer les sujets qui fâchent.

Les faits sont désormais avérés et, selon les informations de Bisque, Bisque, Basque !, c’est la deuxième fois qu’ils se produisent. Tous les éléments concernant L’Hôtel du Palais et sa nécessaire rénovation n’ont pas été portés à la connaissance des administrateurs à qui l’on demande de faire de la figuration et de voter sans réfléchir comme leur maire. Arrivé quelques heures avant le dernier conseil d’administration, un document du cabinet d’études Price Waterhouse Cooper démontrant la pertinence du projet Four Seasons est délibérément resté sous le coude du maire qui voulait ouvrir les pourparlers à d’autres groupes hôteliers et en particulier à Accor.

Le Premier adjoint Guy Lafite, qui n’a vraiment rien d’un va-t-en guerre, estime que le vote « ne s’est pas fait à partir de données objectives » Il s’est abstenu ainsi que Marc Dhospital, tandis que Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères votaient contre et faisaient publiquement part de leur indignation pour des méthodes qui, en droit pénal, pourraient valoir à Michel Veunac une condamnation pour « abus de pouvoir » si l’un d’entre eux portait plainte.

Et c’est alors qu’intervient le très étrange communiqué de Max Brisson, publié le 10 juillet sur sa page Facebook. Max se soucie du personnel et il a raison. Il propose même sur le sujet de l’Hôtel du Palis un referendum populaire, ce qui est une excellente initiative. Mais malheureusement, dans son rôle d’opposant ou prétendu tel au maire de la ville, il pousse son sens de la nuance à un point tel qu’on peut avoir le sentiment qu’il dit tout et son contraire.

Alerter ou mentir, qu’est-ce qui est le plus détestable?

Ce sont surtout les premières lignes de son communiqué qui laissent rêveur : « Le débat sur l’hôtel du Palais prend une tournure détestable. Ne peut-on obtenir des élus-administrateurs un peu plus de retenue et un traitement du dossier qui évite la polémique au grand jour ? L’hôtel du Palais est une entreprise, c’est à dire avant tout des salariés et ceux-ci méritent mieux que le spectacle que se livre au grand jour la majorité municipale. »

Pas un mot sur l’omission de Veunac qui relèverait pourtant du pénal si un des administrateurs la jouait combatif. Pas un mot sur son propre silence lors du dernier conseil municipal. Mais une pique totalement injuste envers les lanceurs d’alerte qu’ont été les administrateurs. Alors qu’ils ont refusé de se prêter à cette mascarade, Max semble les considérer comme des plantes vertes qui devraient se taire et se réjouir de leur simple jeton de présence. C’est l’école Borotra ?

Curieuse vision de la politique que celle qui, au nom de la raison d’État ou plutôt de la raison communale, voudrait qu’on taise tous les errements d’un élu. Curieuse vision que celle d’un conseil municipal ou d’un conseil d’administration où on ne verrait qu’une tête.

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères, en alertant l’opinion publique, ont parfaitement joué leurs rôles d’élus. Désolé, Max, mais ils méritent toutes nos félicitations.