Biarrots, vous êtes jugés trop cons pour savoir

Aguilera et le Palais, deux dossiers où la Ville joue son avenir, ont soigneusement été évités dans ce conseil municipal insipide où tout le monde a fait un gros dodo.

Pour les messes basses et les coups fourrés, pas de doute possible : Veunac est le champion.

Tempête à l’extérieur des murs de la mairie mais doux zéphyr à l’intérieur ! Si le système de désenfumage est tombé en panne, hier, pendant le conseil municipal, l’enfumage des citoyens, lui, continue de plus belle. Les contribuables biarrots savent depuis plusieurs semaines que la Ville s’apprête à doubler sa dette et emprunter l’équivalent de son budget annuel pour l’Hôtel du Palais, ils découvrent par Sud Ouest que cinq figures de la majorité municipale, et non des moindres, sont en désaccord profond avec la stratégie de Michel Veunac. Mais de tout cela pas un mot, hier soir !

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Il va donc vous falloir un sacré appétit pour vous engloutir les 4h30 de ce conseil, où les élus de la majorité comme de l’opposition ont pratiqué un détestable entre-soi, sourires entendus et petites phrases anodines, en se gardant bien d’évoquer les préoccupations des Biarrots et en laissant sous le tapis les sujets qui fâchent.

Fronde en coulisses de la majorité

Tout commence pourtant par un de ces tours de prestidigitations dont notre Majax local s’est fait une spécialité. Avec la Cité de l’Océan, l’aménagement du plateau d’Aguilera constitue un des dossiers majeurs du développement de Biarritz.

D’entrée de jeu, Michel Veunac annonce que le point 38 de l’ordre du jour est reporté à septembre. Tout le monde s’attend à ce qu’un conseiller de l’opposition demande la raison de ce report, mais visiblement personne ne sursaute. Difficile de croire pourtant que majorité et opposition n’ont jamais l’occasion de se parler.

Bisque, Bisque, Basque !  va donc se faire un plaisir de vous révéler les raisons de cette dérobade inopinée. Il faut savoir tout d’abord que depuis 2014 Michel Veunac a beaucoup plus de soucis avec sa turbulente majorité qu’avec son opposition. Lors de la dernière réunion du groupe majoritaire, le projet présenté par le maire pour l’aménagement de la ZAC d’Aguilera était tellement ruineux que la réunion a tourné au pugilat verbal et que les conseillers ont annoncé qu’ils voteraient contre s’il était présenté au conseil municipal. D’où cette retraite en rase campagne, qui agace le maire, tandis que l’opposition a raté une belle occasion de se montrer taquine.

Ortiz à la place de Saint-Cricq

Élection du conseiller communautaire.

Seule bonne nouvelle de la soirée pour Veunac, il est encore légèrement majoritaire dans son propre camp. L’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq s’étant aperçu qu’il ne peut continuer à être conseiller communautaire pour des raisons professionnelles, puisqu’il défend une des communes concernées, il faut donc procéder à une nouvelle élection. L’élégance aurait voulu qu’on laisse le poste à Frédéric Domège de l’opposition, mais c’est Laurent Ortiz qui l’emporte avec douze voix, tandis qu’Édouard Chazouillères, peu en cour auprès du maire, et Frédéric Domège ne recueillent que dix voix. S’ensuit alors un très long débat à fleurets mouchetés sur le budget où un Max Brisson amaigri et donc plus agile se livrera, avec le talent qu’on lui connaît, à un grand numéro ondoyant dont il a le secret entre « l’effet d’aubaine » et « le poids de la dette qui demande de la vigilance ». Les sénatoriales approchent et il s’agit de ne fâcher personne.

Jean-Benoît Saint-Cricq évoquera bien « Le David Copperfield des Finances locales » Guy Lafite, mais visiblement tout le monde s’ennuie ferme dans ce conseil, alors que depuis des semaines, tout Biarrot qui se respecte sait que les langues sont agiles, les propos acides et les condamnations définitives entre élus pour fustiger l’incompétence de Veunac ou la lâcheté de tel ou tel.

Hôtel du Palais : seuls les élus ont le droit de savoir

Et ce n’est pas l’intervention de Maïder Arosteguy demandant au maire de recevoir les élus pour faire le point sur les négociations en cours de l’Hôtel du Palais qui vont réveiller la salle ou amener l’opposition à exiger des précisions publiques. Veunac promet de recevoir tout le monde en réunion privée la semaine prochaine, ce qui permettra à chacun de briller dans les dîners en ville, mais personne ne s’étonne que le maire ne fasse pas le moindre point public sur ce dossier brûlant.

Entre les repus qui ont obtenu le fromage qu’ils convoitaient, les factieux qui attendent leur heure pour sortir les couteaux et « tuer » Veunac, les prudents qui ne veulent pas insulter l’avenir et les lucides qui ont compris qu’ils ne servaient à rien, ce conseil de copains et de coquins a été désespérant de non-dits et de faux-semblants.

Contribuables biarrots, hier soir vous avez été jugés trop cons pour que l’on se soucie de vous donner des informations, comme on doit le faire dans une démocratie. Mais, soyez tranquilles, comme pour la Cité de l’Océan, on se souviendra de votre existence au moment de vous présenter l’addition.

 Lettre ouverte à la magnifique opposante Maïder Arosteguy

 Chère Maïder,

Lors de la très brève séquence consacrée à L’Hôtel du Palais, pendant ce conseil municipal, vous avez fustigé les « blogs de gens qui n’y connaissent absolument rien, » (Jacques-André Schneck et moi, je suppose) et demandé au maire à être tenue informée des négociations en cours. Vous avez tout à fait raison, Maïder, je n’y connais absolument rien, en dehors de ce que je paie comme impôt. C’est pour cette raison que je me garderai bien de me présenter à une quelconque élection, car je n’ai ni votre culture, ni votre intelligence, ni votre hauteur de vues.

Opposante farouche de la majorité municipale depuis vos débuts politiques en 2008, vous avez toujours manifesté, que ce soit sous Borotra ou Veunac, une fermeté dans vos convictions, une constance dans l’engagement politique, un souci de la moralisation de la vie publique au moment de l’affaire Fillon qui font rêver. Et je ne vous cache pas que j’ai une admiration particulière pour le combat de tous les instants que vous avez mené contre le Front national entre les deux tours de la présidentielle.

La politique est décidément injuste : comment un talent comme le vôtre a -t-il pu être aussi sévèrement battu lors des législatives 2017 ? À moins que dans votre domaine, vous non plus n’y connaissiez pas grand-chose.

2 réflexions sur “Biarrots, vous êtes jugés trop cons pour savoir

  1. Le titre de votre intervention appelle à une réflexion profonde et lucide sur ce que nous , biarrots résidents , sommes comme citoyens et électeurs … Force est de reconnaître que depuis plus de 30 ans et au hasard (façon de parler…) des différentes élections et des choix proposés en fonction des résultats obtenus … nous nous sommes comportés comme de véritables « cons » ou , en termes médicaux , comme des débiles profonds pour avoir accepté et renouvelé notre « confiance » aux petits génies vernaculaires qui nous ont roulé dans la farine … Nous avons donc mérité Borotra comme nous aurions pu mériter Arostéguy … si elle n’avait été encore plus c… que nous …!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s