Les évidentes contradictions de Macron

Diminuer d’un tiers les effectifs de l’Assemblée et du Sénat, pourquoi pas ? Mais si on introduit « une dose de proportionnelle », on en revient à la politique à papa.

500 000 euros dépensés pour transporter les parlementaires en autocar à Versailles et les transformer en plantes vertes, contraintes d’écouter la bonne parole jupitérienne pendant une heure et demie, c’est sans doute un peu cher, mais c’est bien connu, les économies sont toujours pour les autres. Sans la moindre illusion sur le nouveau président – qui en dehors du Medef réclame une réforme du Code du travail ? -, je n’en reste pas moins fasciné par la façon dont le trublion de la politique française communique, fait bouger les lignes et ringardise des hommes politiques comme François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon.

Douanier peu convaincant après avoir été un contrebandier de première, le Béarnais devenu le chantre de la moralisation de la vie publique, s’est fait virer comme un débutant de son poste de ministre mais a voulu nous faire croire que les Palois lui manquaient. La vaste blague ! Quant à l’absence de cravate du leader de la France Insoumise, elle prête à rire et semble un peu courte comme programme d’opposition. D’autant plus que Mélenchon est habitué à porter une cravate au quotidien et qu’il l’ôte en franchissant le seuil de l’Assemblée nationale, ce qui est franchement grotesque.

Politiques à deux vitesses

Mais derrière ces anecdotes révélatrices, quel dommage que les médias se soient contentés de relayer le discours présidentiel d’Emmanuel Macron, sans souligner les contradictions qu’il recèle ! Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a surfé sur le mécontentement des Français à l’encontre de la plupart de leurs hommes politiques et a inventé un gadget, « la moralisation de la vie publique » qui lui a permis d’être élu. Alors, pour tenir ses promesses électorales, il annonce qu’il va réduire d’un tiers le nombre d’élus à l’Assemblée nationale et au Sénat et dans le même mouvement précise qu’il compte introduire « une dose de proportionnelle ».

Emmanuel Macron est suffisamment cultivé pour savoir à quel point ce qu’il propose est contradictoire. En dehors des symboles que sont les deux Chambres, pas un mot sur les assemblées régionales et départementales, elles aussi pléthoriques et qui mériteraient un sérieux dégraissage. Diminuer d’un tiers le nombre de parlementaires, c’est incontestablement diminuer le nombre d’amendements déposés, c’est simplifier le débat, c’est aller plus vite face à des lois qui ne voient jamais le jour faute de décrets d’application.

Mais introduire la proportionnelle, que ce soit à faible ou haute dose, c’est totalement modifier le jeu politique, puisqu’un certain nombre de leaders politiques n’auront plus à batailler pour être élus. Franchement, vous regrettez l’absence de Bayrou, Hollande, Juppé ou Sarkozy à l’Assemblée nationale ?

Créer des politiques à deux vitesses, les uns élus par cooptation, les autres grâce au suffrage universel, c’est professionnaliser encore plus un métier qui manque déjà singulièrement d’air. Et qu’on ne nous parle pas de la limitation à deux mandats, car le nombre de prébendes possibles est telle, qu’il restera très facile de faire toute sa carrière en politique en rebondissant d’un poste à l’autre. Surtout si on est sûr d’être élu sans avoir à quitter ses pantoufles et sans aller toucher le cul des vaches comme disait Chirac.

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