Qui craint le grand méchant Caslou ? C’est p’têt’ vous, c’est pas nous !

L’ancien patron de La Semaine a traîné Bisque, Bisque, Basque ! devant le TGI de Paris pour « cyber harcèlement ». Verdict ? Débouté et condamné à verser 3 000 euros.

Une fois de plus, le pauvre pêcheur Hubert de Caslou a raté sa proie, et est rentré bredouille.

Cet homme, décidément, ne doute de rien. Ancien officier de marine à la retraite, il s’est convaincu qu’il suffisait d’avoir épousé une descendante d’une grande famille de la presse pour être capable de diriger un journal : on se souvient du désastre qui s’ensuivit avec La Semaine du Pays Basque. Le même Caslou a tenté cette année de faire mordre la poussière à Bisque, Bisque, Basque ! en réclamant 13 000 euros de frais de procédure et dommages et intérêts à ce blog gratuit, m’entraînant devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, histoire d’alourdir l’addition.

Quand un patron de presse attaque un journaliste, on s’attend à ce que les lois sur la presse servent d’arbitre. Mais Hubert de Caslou est capable de… créativité juridique. Lorsqu’il adresse une assignation à Bisque, Bisque, Basque ! en février 2017, il a délibérément laissé passer de trois jours le délai légal pour intenter une action en diffamation (il sait très bien que l’enquête menée a été sérieuse et que j’ai encore des cartouches en réserve) et justifie son action par un décret datant du 4 août 2014 instituant l’article 222-32-2-2 du code pénal destiné à réprimer les cyberharceleurs.

Une plainte en diffamation pour un journaliste, c’est un peu comme une sortie de route pour un pilote professionnel, ça arrive même si ce n’est pas souhaitable. Et quand on s’efforce d’offrir une information libre de toute complaisance et susceptible de faire sourire les lecteurs, le risque est bien évidemment décuplé. Mais je tombe des nues devant cette plainte infamante, qui me fait un peu le même effet que si on me brandissait la convention collective des bouchers-charcutiers, profession honorable s’il en est, pour me reprocher mes écrits de journaliste.

La démonstration implacable de Saint-Cricq

En route donc pour le Palais de Justice de Paris, le 6 juin dernier, face au « serial procédurier » Hubert Lamour de Caslou qui aura passé un temps non-négligeable devant les tribunaux cette année.

L’argumentaire de son conseil, Maître Darrière est simple :  Bisque, Bisque, Basque !  est, selon lui, un blog personnel et ne peut être considéré comme un support de presse. Hubert de Caslou ne comprend pas l’acharnement que je manifeste à son égard. 18 articles lui ont été consacrés entre février et octobre 2016, et le fait que son nom soit inscrit dans les « tags » en bas de l’article et qu’il reçoive un SMS lorsqu’un article parle de lui est bien une preuve de cyber harcèlement. Pour tenter de faire correspondre son action au cadre légal, il exhibe de surcroît un certificat médical daté du 17 novembre 2016 évoquant des « symptômes physiques et psychiques préoccupants ».

Bluffé par sa précision, son sens du détail, et sa combativité sans faille lors des conseils municipaux biarrots, j’ai eu l’excellente idée de faire appel à Maître Saint-Cricq qui va se faire un plaisir de mettre à mal la défense adverse.

Si 18 articles ont été écrits sur La Semaine du Pays basque en six mois, c’est parce que cet hebdomadaire faisait l’actualité. Ce n’est pas la faute de Bisque, Bisque, Basque ! si des salariés ont décidé d’entraîner aux Prud’hommes leur patron, si une descente de l’inspection du travail a eu lieu, si un partisan des « exécutions sommaires et des camps de travail forcé » a été recruté ou s’il a fallu procéder à une liquidation judiciaire de l’entreprise. Chaque article avait une justification journalistique, la meilleure preuve étant que Bisque, Bisque, Basque ! a cessé de s’intéresser à Hubert de Caslou en octobre 2016, à partir du moment où il avait disparu du paysage médiatique basque.

Ensuite Hubert de Caslou n’a été victime d’aucun harcèlement, puisque, par ordre d’apparition, il n’arrive qu’en quinzième position dans ce blog, bien après Michel Veunac, Max Brisson, Didier Borotra ou même Géronimo, l’ex mascotte du BO !

« Taguer » le nom d’une personne que l’on cite est une pratique absolument courante dans tous les supports de presse numériques et il n’y avait pas d’intention maligne dans ce fait, pas plus que dans celui d’envoyer des SMS aux personnes concernées par un article, histoire de leur permettre d’exercer un éventuel droit de réponse.

Caslou seul responsable de sa réputation numérique

Quant à la réputation numérique de l’intéressé, ce blog, simple témoin des acrobaties financières du personnage, n’y est pas pour grand-chose puisqu’il suffit de taper Hubert de Caslou sur un moteur de recherche pour apprendre qu’une de ses sociétés, Discom, vient d’être mise en redressement judiciaire ou pour trouver immédiatement des traces de ses brillants résultats financiers dans toutes les sociétés qu’il dirige.

http://dirigeants.bfmtv.com/Hubert-LAMOUR-DE-CASLOU-4718376/

Enfin le certificat médical prête à sourire. La généraliste consultée reconnaît qu’elle voit le sémillant ex-officier de marine pour la première fois. Quand on a cinq de ses sept salariés qui intentent une action en Justice contre vous, une liquidation judiciaire à assumer, un actionnaire principal Gérard Lignac qui n’est pas content de vous et qui affirme à Bisque, Bisque, Basque ! : « Caslou n’aura plus un sou ! », il est assez naturel d’être tendu. Et pour montrer l’état de santé très préoccupant du plaignant, maître Saint-Cricq a déniché sur Internet une photo où on le voit tout sourire, trois jours après ce certificat très alarmiste, remettre le prix Air & Cosmos à un bel aréopage.

Les lois de la presse s’appliquent à un blog de presse

Reste le cœur de la procédure et cette nouvelle tendance à contourner les lois sur la presse. François Fillon, par exemple, s’est bien gardé de porter plainte pour diffamation contre Le Canard enchaîné. Il a utilisé l’article L97 du code électoral qui interdit la propagation de « fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses ». Bisque, Bisque, Basque !  n’est pas un blog personnel, comme voudrait le faire croire maître Darrière, un de ces blogs où on se prend en selfies avec les copains devant son verre de rosé, mais un blog d’information qui parle de l’actualité locale et nationale, rédigé par un journaliste professionnel. Pour maître Saint-Cricq, cette affaire ne peut donc être jugée qu’au regard des dispositions des lois sur la presse de juillet 1881. Donner satisfaction à Hubert de CASLOU reviendrait à prononcer l’oraison funèbre de la Loi sur la Presse et de la Liberté d’expression dans notre beau pays ! Le texte sur le harcèlement ne permet pas de tels errements.

La Présidente de la 5ème chambre du T.G.I. de Paris va parfaitement suivre ce raisonnement du juriste biarrot et débouter Hubert de Caslou de l’ensemble de ses demandes, le condamnant, le 19 juillet 2017, à me verser 3 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Ils sont donc deux, jusqu’à maintenant, à ne pas encore avoir compris que Bisque, Bisque, Basque ! est un blog d’informations et doit être traité comme tel. Michel Veunac, le maire de Biarritz, qui continue à refuser de répondre à mes questions et s’étonne de mes réactions virulentes et ce malheureux Hubert de Caslou, qui en tant qu’ancien patron de La Semaine et actuel d’Air & Cosmos aurait mieux dû connaître le cadre juridique régissant nos métiers. Puisqu’il a souhaité revenir dans l’actualité du Pays Basque, nous nous ferons donc un plaisir de raconter ses prochaines audiences aux Prud’hommes face à ses anciens salariés. Mais après cette farce pas très catholique concoctée par l’homme à particule, comment ne pas penser à cette chanson de Churchill et Ranell  si populaire entre les deux guerres? (https://www.youtube.com/watch?v=ag4O7gQGf_A)

« Qui craint le grand méchant loup ?

C’est p’têt’ vous, c’est pas nous

Voyez d’ailleurs comme on tient le coup

Tralala la la »

Une réflexion sur “Qui craint le grand méchant Caslou ? C’est p’têt’ vous, c’est pas nous !

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