Faut pas chatouiller le Bayonnais…

LES PASSES CROISÉES DE MANZANA ET PATXARAN (7)

Salut Manzana,

La révolte bayonnaise en début de seconde mi-temps. L’Aviron chahute la mêlée charentaise et s’empare du ballon. Angoulême ne le reverra plus jusqu’à la fin du match.

Tu savais, toi, que les Charentais peuvent se montrer suffisants comme des Parisiens ou des Bordelais ? Moi pas ! Et je peux te dire que je suis sorti sacrément fier de nos couleurs, vendredi soir, après ce que les Angoumoisins ont osé nous faire. Voilà une équipe dont la réputation ne va pas au-delà de Confolens ou de Ruffec, une équipe qui devrait rentrer dans sa coquille d’escargot dès qu’elle franchit la Garonne et qui se permet de venir nous narguer sur nos terres. Et comment qu’on les a fessés…  Mais il faut que je te raconte dans l’ordre pour que tu t’y retrouves.

Jamais vu depuis le début de la saison une première mi-temps aussi insipide que celle qui a opposé notre cher Aviron à Soyaux-Angoulême. Et je laisse tomber le ballon et je repique à l’intérieur quand on est en surnombre, et je rate mes coups de pied.  À croire que les deux équipes se sont donné le mot pour ne pas filer de complexes aux joueurs de quatrième série.

À la 35e minute, alors que les nôtres mènent 14 à 9 grâce à un essai de Tisseron réussissant à se faufiler dans un trou de souris dès l’entame du match, et que l’ennui est palpable sur Jean-Dauger, je glisse un commentaire désabusé à Pantxika. Pas de réponse ! Je me tourne et qu’est-ce que je vois ? Elle dort à poings fermés. Et elle n’est pas la seule dans la travée. J’en compte six autres qui font de même, trois qui sucent leur pouce et quatre qui tournent le dos au match pour mieux pouvoir discuter avec leurs voisins. À la mi-temps, la bière est tiède et il souffle comme un vent de désespérance sur les buvettes. Fébrile, hésitant, l’Aviron semble bien parti pour perdre une fois de plus un match facile.

L’entame de deuxième mi-temps confirme toutes les craintes des supporters. Soyaux-Angoulême, ragaillardi, mène les débats et Pottoka a la queue basse des mauvais jours. Ric le métronome charentais enquille une quatrième pénalité et ramène son équipe à deux points de l’Aviron. Sur le renvoi, l’Aviron perd le ballon et les Charentais pilonnent l’en-but des nôtres.

Et c’est alors que se produit incontestablement, à la 50e minute, le tournant du match et peut-être même, souviens-toi de ce que je te dis Manzana, de la saison. Mêlée aux 22 mètres, introduction Angoulême. Le pack bayonnais est à l’agonie et s’écroule. J’ai tendance à trouver les arbitres anti-bayonnais primaires, mais sur ce coup personne ne peut contester la pénalité. Et tu sais ce que nous font ces suffisants petits coqs charentais ? Au lieu de jouer une pénaltouche, ils nous humilient en réclamant une nouvelle mêlée. L’affrontement se passe juste devant nous et j’ai le temps de voir passer une lueur de folie meurtrière dans le regard d’Iguiniz. Un pilier digne de ce nom ne peut accepter une telle humiliation sur ses terres. Introduction Angoulême, mais la mêlée ciel et blanc va faire le forcing et pourrir la sortie de balle. Agréablement surpris par cette révolte, les trois-quarts à leur tour décident de se retrousser les manches. Il n’y a plus qu’une équipe sur le terrain. Saubusse à la 51e, Robinson à la 54e, Laveau à la 64e aplatissent en terre promise, avant que l’arbitre ne sanctionne les manquements charentais d’un essai de pénalité à la 69e minute. 41-12 au final et une soirée inoubliable. Crois-moi que Pantxika n’avait plus envie de dormir en deuxième mi-temps et que la fête a été belle.

Mais il faut que je te parle aussi de ce Grenoble-Biarritz que j’ai regardé à la sauvette en tirant les rideaux et sans mettre le son pour pas que mes voisins bayonnais ne m’accusent de traîtrise. J’ai quelque peine à le reconnaître, mais franchement le BO progresse de match en match et devient une équipe solide. Au passage, j’ai pu vérifier une fois de plus, combien le Biarrot peut être fourbe. Des talonneurs, j’en ai croisé dans ma carrière, des petits, des gros, des teigneux, mais votre numéro 2, ce Peyresblanques qui talonne avec le genou, ça je n’avais jamais vu. Il a conscience qu’il est en train de tuer le métier ? Si à cause d’un zozo comme celui-là, on nous appelle désormais les genouilleurs au lieu des talonneurs, c’est décidé, j’arrête le rugby !

Patxaran

Retrouvez « Les aventures de Manzana et Patxaran », de Pierre George et Jean-Yves Viollier, tomes 1, 2 et 3, chez Atlantica.

Une réflexion sur “Faut pas chatouiller le Bayonnais…

  1. Ruffec , Confolens …. ça sent le vécu ! Nous a Clermont pour le face à face avec les parisiens on s’est aussi copieusement em… nuyes ! Et est-ce que par hasard vous n’auriez pas un demi de mêlée basques neuf ou d’occasion en bon état à nous refiler ?

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