Jimmy Malige : « J’étais sûr de faire une bonne affaire »

L’acquéreur des écuries de Parme regrette le guêpier dans lequel il s’est fourré. Dès lundi dernier, il a annoncé à la mairie son intention de renoncer à cette acquisition… Avant de changer d’avis.

Excédé par le tintamarre autour de cette affaire, Jimmy Malige a demandé à ne pas apparaître en photo, une requête parfaitement légitime.

C’est un homme las qui téléphone mercredi à Bisque, Bisque, Basque ! « Mais pourquoi ne pas avoir appelé plus tôt ? » « Je vous avoue que j’ai pris peur ». Un rendez-vous est convenu, jeudi matin, dans un café d’Anglet. Jimmy Malige est jeune et sympathique, mais semble paniqué par le déluge de coups de téléphone que lui a valu l’article de Bisque, Bique, Basque ! sur la cession des écuries de Parme. « Je suis venu au Pays basque pour être tranquille. Ma compagne attend un enfant. Je suis un jeune entrepreneur. Vous vous rendez compte du tort que me fait une affaire comme cela ? ».

 Nerveux et méfiant au début de l’entretien, « Pas d’enregistrement, pas de photo », il va se détendre quand je lui explique qu’un journaliste digne de ce nom est obligé de s’interroger sur une vente aussi surprenante et sur une telle accumulation d’imprécisions en plein conseil municipal.

Pour lui, l’histoire est on ne peut plus simple : « J’ai fait la connaissance de Monsieur Testard en lui vendant une voiture. Nous avons sympathisé et il m’a parlé du domaine de la Bigueyrie et de la Société des Courses de Trot de Biarritz. Quand j’ai visité, j’ai trouvé l’endroit idyllique et le prix m’a paru attractif ».

« Je ne connais ni Motsch, ni Veunac »

Plus surprenant, le jeune promoteur affirme qu’il ignorait que le terrain possédait un droit à construire et qu’il l’a appris par … Bisque, Bisque, Basque ! : « Tout prouve dans mon parcours professionnel que je suis un bon commercial. J’ai tout de suite vu le parti à tirer de ce bâtiment. En transformant en huit appartements le bâti actuel, j’étais convaincu de faire une bonne affaire. »

 Jeune entrepreneur, actuellement apporteur d’affaires et rénovateur plutôt que promoteur immobilier, Jimmy Malige reconnaît qu’il prenait un gros risque financier avec ce domaine. « La signature était prévue pour avril ou mai 2018. J’avais décidé de faire une hypothèque sur ma maison pour financer l’opération et que la banque me prête l’argent. C’était risqué, mais j’étais sûr de m’en sortir et assurer l’avenir de mon enfant et de ma famille, car deux ou trois personnes m’avaient promis de l’aide ».

Jimmy Malige affirme avoir compris beaucoup de choses depuis la parution de l’article. « J’ignorais que Les Domaines avaient estimé l’ensemble à 920 000 euros quatre mois plus tôt. Je ne connais pas Monsieur Veunac, ni Madame Motsch et au moment de l’acquisition, les services de l’urbanisme ne m’ont jamais posé la moindre question sur mon parcours ou mon assise financière » Le jeune entrepreneur, qui n’avait travaillé jusqu’à maintenant qu’avec des particuliers, manifestant un flair plutôt sûr dans ses acquisitions, comprend qu’il s’est trouvé mêlé à une partie qui le dépasse singulièrement. « Je suis nouveau sur la Côte basque et pas toujours très au fait des coutumes locales ».

Jimmy Malige raconte ensuite le rendez-vous très intéressant qu’il a eu avec le service d’urbanisme de la Ville, lundi dernier : « C’était la première fois que nous nous rencontrions. Ils m’ont posé tout un tas de questions sur ce que je comptais faire. Ils m’ont demandé si je voulais conserver le bâtiment existant ou le raser, car un article de presse allait sortir et le maire devait faire un communiqué. Je leur ai répondu que ce n’était pas mon intention de raser le bâtiment. Et puis quand j’ai senti qu’il y avait un gros problème autour de cette cession, je leur ai dit que je préférais renoncer à la vente ».

Quelques heures plus tard, le jeune entrepreneur nous rappelait pour nous dire combien il était agacé par ce tohu-bohu : « Je ne suis pour rien dans cette affaire donc ce n’est pas à moi de bouger. Finalement, je vais attendre de voir ce qui se passe »

En voilà un qui ne fera pas de sitôt une nouvelle offre à la mairie de Biarritz !

L’AVIS DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Plus victime que coupable

Jimmy Malige plaide peut-être sa cause avec beaucoup de talent, mais son accablement et sa nervosité donnent à penser qu’il est beaucoup plus victime que coupable dans cette affaire et qu’il comprend petit à petit qu’il a été manipulé par d’autres, très au fait de la valeur réelle du domaine de la Bigueyrie.

Deux ou trois de ses affirmations posent question :

LES « SUGGESTIONS » DE L’URBANISME.- L’urbanisme de Biarritz n’a jamais jugé bon de rencontrer Monsieur Malige. Mais subitement, quand Bisque, Bisque, Basque ! s’intéresse à cette affaire, on le convoque lundi dernier et on le pousse même un peu à raconter une fable. Alors que 48 heures après la publication de cet article, la mairie n’a toujours pas publié un communiqué explicatif (Sans doute parce qu’elle se demande les cartouches que j’ai en réserve !), cette rencontre lundi est pour le moins étonnante. Surtout que l’acquéreur a fait part de son intention de renoncer à la vente et que la mairie a gardé le silence. Ne comprenant plus rien à ce qui se passe, Jimmy Malige a désormais décidé d’attendre et voir.

LE RÔLE DE BERTRAND TESTARD.- L’affaire est entendue, Bertrand Testard a agi pour « le bien de la Société des Courses ». Mais quel dynamisme, quel entregent ! Il donne un nom d’un acquéreur potentiel et personne à la mairie ne se renseigne ? Qui est donc ce personnage pour avoir un tel crédit auprès de Veunac ? Une personne qui se présentait comme initiateur de la négociation et ami de Jimmy Malige, avant de tirer furieusement sur les rênes et de se déclarer pas si ami que ça finalement, quand l’affaire a commencé à sentir le roussi.

INCOMPÉTENCE OU GROS MALIN EN EMBUSCADE ?.- Jimmy Malige évoque à un moment « deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide » mais, échaudé par sa mésaventure actuelle, refuse d’en dire plus. Bertrand Testard, n’ayant pas une grosse surface financière, n’est probablement pas le cerveau de cette affaire. Mais on peut imaginer qu’un gros malin, très au courant de la valeur réelle du terrain, a vu d’un bon œil l’arrivée d’un petit jeunot aux moyens limités, qui ignorait visiblement les possibilités à construire de ce petit joyau. Ce gros malin tirant les ficelles s’est dit que pour une bouchée de pain, il pourrait racheter l’ensemble en 2021. Car à cette date, la revente n’aurait plus rien eu de public et personne n’en aurait rien su.

Ce qui expliquerait cette présentation particulièrement tendancieuse de la cession, lors du conseil municipal du 29 septembre. Si ce petit malin n’existe pas et que Jimmy Malige a failli se retrouver propriétaire de ce bien qui vaut beaucoup plus par le plus grand des hasards, force alors serait de conclure que nos élus, et en particulier le premier d’entre eux qui a totalement piloté cette opération, sont incompétents et bien incapables de défendre les intérêts des Biarrots.

Majorité et opposition demandent l’annulation de la cession

François Amigorena, hier soir, puis Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echeverria, ce matin, ont demandé au maire de réviser sa copie… Avec le soutien implicite de tous les conseillers qui ont le sentiment d’avoir été dupés.

Aucun doute possible : les pistolets sont désormais sortis entre le conseil municipal, le maire et l’adjointe à l’urbanisme.

Bande de ricaneurs, toujours prêts à vous moquer des élus et de leur dur labeur, ayez une pensée émue pour Michel Veunac et son adjointe à l’urbanisme, Nathalie Motsch, car la réunion de majorité qui les attend, demain à 19 heures, risque de valoir son pesant de démentis, d’engueulades et de mains sur le cœur ! Tandis que Michel Veunac, calfeutré dans sa mairie, affichait une humeur exécrable et renvoyait paître les journalistes qui osaient l’interroger après la publication de l’article de ce blog, le téléphone n’a cessé de chauffer entre élus de la majorité et de l’opposition, chacun ayant désormais le sentiment de s’être fait promener dans les grandes largeurs lors de cette délibération du 29 septembre sur la vente du domaine de la Bigueyrie. Et chacun de s’affirmer, le plus souvent sous couvert d’anonymat, pantois devant tant d’incompétence et scandalisé face à une telle désinvolture avec l’argent public. Mais, en matière de vie publique, c’est une chose de s’indigner par derrière et une autre d’agir.

Amigorena ose le premier

François Amigorena, le turbulent adjoint de Michel Veunac, qui s’était déjà opposé au maire sur L’’Hôtel du Palais, a eu le courage de franchir le pas le premier et de se délier d’un pacte de majorité qui n’a aucune raison d’être puisque le maire et son adjointe n’ont pas dit toute la vérité aux élus à l’occasion de cette vente. Fort courageusement, il écrit au maire et à tout le conseil municipal, lundi à 18 heures :

« Monsieur le Maire,

 Le blog « Bisque, bisque, basque ! » a publié ce matin un article à propos de l’adoption, lors de notre Conseil Municipal du 29 septembre dernier, de la délibération n°5 intitulée « Ecuries de Bigueyrie : Décision de cession ».

 Sous réserve que les informations contenues dans cet article soient exactes, il semble que le prix de 545 000 euros auquel la Ville de Biarritz a cédé ce terrain soit très inférieur à la valeur vénale réelle de celui-ci, générant ainsi un important manque à gagner pour notre budget municipal et donc pour les contribuables biarrots.

 Dans cette hypothèse, je vous demanderais en conséquence d’annuler cette délibération, d’organiser une vente aux enchères de ce terrain et de le céder au plus offrant.

 Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître au plus vite votre position à ce sujet.

 Vous remerciant par avance de votre retour, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de mes sentiments respectueux. »

Saint-Cricq et Echeverria font un recours juridique

Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echeverria se sont donné une nuit pour réfléchir. Les deux conseillers d’opposition admettent mal la désinvolture de la mairie avec l’argent public et le fait d’avoir dédaigné la proposition du promoteur Jérôme Rey, sous des prétextes fallacieux, comme le certificat, juridiquement totalement fantaisiste, signé par le directeur des services généraux Christophe Landrin. Ce matin à la première heure, ils ont donc déposé un recours juridique pour obtenir l’annulation de cette vente. Voilà qui ne va pas arranger l’humeur de notre maire !

Veunac-Motsch, l’intox continue

Michel Veunac, tout comme Nathalie Motsch se gardent bien de communiquer directement avec Bisque, Bisque, Basque !  mais s’arrangent pour trouver des émissaires susceptibles de faire passer des messages. Clairement, alors que nous poursuivons l’enquête sur les liens avec l’un ou l’autre de l’acquéreur Jimmy Malige, Motsch et Veunac s’accusent mutuellement d’avoir été dupés par l’autre. Nathalie Motsch affirme qu’elle ne connaissait pas bien le dossier et Veunac affirme avoir été trahi par son adjointe. Une chose est sûre : aucun des deux n’a sursauté quand Madame Motsch a affirmé devant ses collègues qu’il était « de bonne gestion » de vendre ce bien « en assez mauvais état » à 545 000 euros.

Comme exemple de bonne gestion, on a connu mieux.

Testard plus si ami que ça avec Malige

Bertrand Testard, vice-président de la Société des Courses de Trot de Biarritz, se montre catégorique : « La proposition d’achat adressée à la mairie par notre société a bien été évoquée en conseil d’administration. Celui qui vous a informé devait être absent ce jour-là ». Le vice-président tient ensuite à nuancer ses propos sur le miraculeux acquéreur des écuries de Parme : « On n’est pas ami intime. Je n’ai pas d’intérêt particulier avec Monsieur Malige » Autrement dit, Monsieur Malige avait acheté le bien 545 000 euros par « amitié » pour le vice-président… sans être toutefois très ami. Un homme aussi généreux et désintéressé que Monsieur Malige mérite vraiment sa statue à l’hippodrome.

Le drôle de jeu de Motsch et Veunac en plein conseil municipal

Mensonge délibéré ou incompétence, le maire et son adjointe ont fait perdre au bas mot 105 000 euros à la Ville dans la cession du domaine de la Bigueyrie, dit écuries de Parme … Et sans doute beaucoup plus.

Ouvrez bien vos esgourdes et dépoussiérez vos neurones, car cet extrait vidéo du conseil municipal du 29 septembre dernier, qui ne dure que trois minutes, va particulièrement vous intéresser… surtout si vous êtes contribuable biarrot.

Comment ça, vous n’avez rien remarqué de particulier, même si l’agitation du conseiller d’opposition Frédéric Domège qui subodore quelque gibier caché dans le fourré vous a intrigué ? Rassurez-vous, le but poursuivi était bien d’endormir l’assistance, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité et à passer sous silence quelques informations qui auraient pourtant beaucoup intéressé les élus. Heureusement pour vous, les limiers de Bisque, Bisque, Basque ! étaient là.

I.- LES QUATRE CONTRE-VÉRITÉS DE MOTSCH

Mais reprenons tout d’abord les propos particulièrement édifiants de l’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch, propos, comme vous avez pu le constater, nullement démentis par Michel Veunac.

« Un terrain de 4150 mètres carrés » FAUX ! l’ensemble fait 7480 mètres carrés

C’est sans doute une étourderie de Madame Motsch. Elle évoque la parcelle, répertoriée au cadastre sous le numéro CV 58 qui fait effectivement 4150 m2, mais ne semble pas savoir qu’une deuxième parcelle, répertoriée CV 59 et estimée à 3330 m2 est elle aussi en vente. Le total est donc bien de 7480 m2, presque le double de ce qui a été annoncé aux conseillers municipaux. Vous remarquerez d’ailleurs que lorsque Frédéric Domège répond en parlant de 7480 m2, ni Motsch ni Veunac ne le reprennent, alors qu’ils auraient dû sursauter puisque l’opposant avance des chiffres totalement différents des leurs. Un ange aux ailes chargées de sacs de ciment passe…

« Un terrain classé  N » FAUX ! Une des parcelles est largement constructible

Et le festival de continuer ! Dans le souci sans doute de minimiser la valeur de ce terrain (la Ville est si riche !), Nathalie Motsch précise à tous « ses chers collègues » que le terrain est « classé en zone N » Et donc non constructible ! Mais cette grande pudique oublie de dire que la deuxième parcelle, CV n° 59 est, elle, parfaitement constructible et qu’une belle opération immobilière peut être réalisée. En effet, le droit à bâtir est de 874 m2, comme le reconnaissent a posteriori les services d’urbanisme de la Ville.

« Une estimation  à 545 000 € » FAUX ! La première estimation s’élevait à 920 000 €

Michel Veunac et Nathalie Motsch font tout pour endormir la méfiance des conseillers municipaux : « Les Domaines ont estimé ce bien à 545 000 euros » Et comme il y a un acquéreur à ce prix-là, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes immobiliers. Sauf que ces grands timides oublient de dire aux « chers conseillers » que la première estimation des Domaines, pourtant réputés pour leurs évaluations très sages, était de 920 000 euros et que ce prix, allez comprendre pourquoi, a fortement été révisé à la baisse à la demande du maire. Nous y reviendrons.

« Un acquéreur s’est manifesté » FAUX ! Plusieurs promoteurs étaient intéressés  !

Frédéric Domège a raison de s’interroger sur cette transaction bizarre.

Quand on écoute Nathalie Motsch et que l’on voit Michel Veunac opiner du menton, la tentation est grande de saluer ces virtuoses de la vente qui ont su fourguer à un quidam de passage, Jimmy Malige, ces locaux « en très mauvais état » pour 545 000 €. Mais ces grands distraits oublient de dire aux « chers conseillers » que d’autres promoteurs comme Eiffage s’étaient renseignés. Et que Jérôme Rey, promoteur bien connu sur Biarritz, avait proposé… 650 000 € sans la moindre condition restrictive et en laissant, tout comme son heureux rival, la possibilité à la société des courses de trot de continuer à utiliser les locaux jusqu’en 2021. Frédéric Domège a donc tout à fait raison de demander pourquoi une « vente à la bougie » n’a pas été organisée et d’affirmer que pour l’acquéreur, ce sera le « jackpot en 2021 ».

 

II.- LES RÉPONSES EMBARRASSÉES DE LA MAIRIE

Tout arrive ! Pour la première fois depuis sa création en 2013, le blog Bisque, Bisque, Basque !  a reçu une réponse détaillée à ses questions et a pu obtenir des précisons du maire et du service de l’urbanisme. Si Bisque, Bisque, Basque ! se réjouit fortement de cette avancée républicaine, malheureusement les documents fournis posent plus de questions qu’ils n’amènent d’éclaircissements.

Une note de synthèse avec les bons chiffres… mais sans toutes les informations

La note de synthèse distribuée aux conseillers municipaux avant le conseil municipal du 29 septembre parle bien d’un terrain de 7480 m2 à vendre, mais n’évoque pas le revirement des domaines dans leur estimation, ni la constructibilité de la parcelle. Voilà une information pour le moins elliptique !

Un procès-verbal avec d’autres chiffres que ceux évoqués au conseil

Le procès-verbal d’approbation du conseil municipal du 29 septembre, validé lors de la séance suivante du 17 novembre, évoque bien les deux parcelles totalisant 7480 m2, alors que Madame Motsch avait parlé de 4150 m2. Une étourderie est toujours possible lors d’un débat, mais dans ce cas-là, on la signale aux élus. Le décalage entre ce qui a été dit aux élus et le procès-verbal est manifeste, mais… silence radio !

Une proposition à 400 000 € d’Anglet qui date d’octobre 2015

La ville d’Anglet a adressé une proposition pour ce terrain à 400 000 €, comme le souligne Michel Veunac, lors du conseil. Mais le maire oublie de préciser que cette proposition date du 9 octobre 2015. Le prix du foncier a beaucoup évolué entretemps et le bail permettant à la Société des Courses de trot de Biarritz (SCTB) d’utiliser ce terrain était de six ans à l’époque quand il n’est plus que de quatre.

Un certificat du directeur des services qui ne prouve rien

Enfin pour prouver que l’offre de Jérôme Rey, proposant 650 000 euros pour ce terrain le 25 septembre, n’était pas recevable, la mairie nous envoie un certificat de Christophe Landrin, directeur général des services de la Ville, affirmant que les convocations pour le conseil municipal sont parties le 21 septembre. Un certificat qui ne change rien à l’affaire, on le verra, puisqu’une décision de vente n’est effective qu’une fois la délibération  approuvée par le conseil municipal.

 Veunac oublie avoir parlé dans un courrier d’une estimation à 920 000 €

Dans sa réponse à Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac confirme que l’estimation des Domaines s’élève bien à 545 000 euros et balaie l’hypothèse d’une estimation à 920 000 euros. Il ignore que nous sommes en possession d’une lettre signée de sa main et datant du 4 avril 2017 où il évoque lui-même l’estimation des Domaines à 920 000 euros.

La lettre de la mairie, reçue par Bisque, Bisque, Basque!

Le service de l’urbanisme confirme, encore une fois a posteriori, que les estimations des Domaines n’ont cessé d’évoluer sur ce bien. 490 000 €, le 7 décembre 2009. 920 000 €, le 9 juillet 2014. 900 000 €, en mars 2017. Et 545 000 €, quatre mois plus tard, en juillet 2017. Une chute libre, absolument pas justifiée par une quelconque décote du marché immobilier.

Une possibilité de construire qui augmente soudain d’un tiers

Dans le premier courrier adressé à Bisque, Bisque, Basque ! la mairie affirme que le droit à construire est de 583 m2. Ce blog ayant quelques copains dans l’urbanisme qui ont fait chauffer la calculette, nous insistons car nous pensons le chiffre erroné. Effectivement, l’urbanisme reconnait quatre jours plus tard que le droit à construire est de… 874 m2. Quand on vous dit que ce terrain vendu 545 000 € est une affaire en or !

III.- LES TROIS MYSTÈRES DE CETTE AFFAIRE

La mairie voudrait nous faire croire que tout est normal, mais il est sérieusement permis d’en douter et trois points au moins méritent de sérieux éclaircissements.

Domaines : Veunac joue contre son camp

Les Domaines sont un peu pour une mairie ce qu’est un agent immobilier pour un candidat à la vente de son appartement. Vous avez un trois-pièces en centre-ville et un spécialiste de l’immobilier évalue votre bien à 400 000 euros. Avant d’avoir reçu le moindre acquéreur potentiel, allez-vous contester l’avis de l’expert immobilier et lui demander d’évaluer le bien à 230 000 euros ? C’est peu probable. C’est pourtant ce que va faire Michel Veunac qui dans cette affaire joue contre son camp… Sauf à avoir une idée derrière la tête.

Quatre mois après avoir évalué le bien à 920 000 euros, les Domaines, suite à une intervention de la mairie, font une estimation à 545 000 euros. Et dire que personne ne s’était aperçu d’une telle chute de l’immobilier à Biarritz.

Michel Veunac nous a fait parvenir la dernière estimation des Domaines qui établit la valeur vénale du bien à 545 000 €, (On notera au passage que les Domaines reconnaissent ne pas être venus sur les lieux), mais il ignore que nous sommes en possession d’une lettre datée du 4 avril 2017 et adressée à l’ancien président de la société des courses de trot Guy Claverie. Notre sémillant maire refuse une offre de 500 000 € de la SCTB, occupante des lieux, car « une estimation domaniale est arrivée fixant la valeur à 920 000 € ». Bon prince, le maire reconnaît que « cette estimation lui paraît exagérée » et souhaite que la société des courses puisse faire une offre plus élevée.

C’est le maire lui-même qui parle dans un courrier d’une estimation à 920 000 euros, mais le jour du conseil municipal, il a visiblement totalement oublié cet épisode.

Les maires se plaignent en général de la trop grande frilosité des Domaines en matière d’évaluations, et fort rarement du contraire. Il est donc tout à fait inédit pour un maire désireux de vendre un bien, même s’il souhaite favoriser une association sportive estimable de sa Ville, de réclamer une révision à la baisse du prix proposé. C’est inédit, mais Veunac l’a fait. Et ce qui pose question, c’est de savoir pourquoi toutes ces démarches auprès des Domaines et cette deuxième estimation, tellement basse par rapport à la première, n’ont pas été détaillées aux élus. Contacté par téléphone, un haut fonctionnaire du Ministère des Finances reconnaît qu’il est « très rare que les maires contestent les évaluations des Domaines quand ils sont vendeurs et demandent à ce qu’elles soient revues à la baisse ». Le dernier maire à avoir fait cela s’appelait Eric Woerth, à propos de l’ancien hippodrome de Compiègne et Le Canard s’était permis d’ironiser.

L’éviction injustifiée de Jérôme Rey

Le 25 septembre, le promoteur Jérôme Rey fait parvenir une offre à 650 000 euros à la mairie. Il précise par téléphone que son offre ne comporte aucune clause restrictive. Même si les convocations pour le conseil municipal sont parties et l’ordre du jour arrêté, il est courant de reporter à la séance suivante un point à délibérer, quand surgit un fait nouveau. Surtout quand il y a 105 000 euros à gagner pour une Ville et aucune urgence de calendrier.

L’offre est arrivée parfaitement dans les temps et aurait dû petre évoquée au conseil municipal.

Le service de l’urbanisme affirme « nous étions déjà engagés avec le vendeur et ne pouvions plus reculer » ce qui paraît très exagéré. En effet, l’équivalent de la promesse de vente pour un particulier est la délibération du conseil municipal et personne ne peut se déclarer acquéreur tant que les élus n’ont pas approuvé la délibération. De la même façon, le caractère urgent de cette délibération ne saute pas aux yeux puisque la Société de trot n’avait pas à déménager jusqu’en 2021 et que la décision pouvait aussi bien être prise en décembre qu’en novembre, quand il y a autant d’argent à gagner pour une Ville. Au lieu de cela, Jérôme Rey, reçoit une lettre très surprenante de la mairie où on lui affirme qu’il s’est manifesté trop tard puisque le conseil municipal se serait tenu… le 23 septembre (et non le 29).

Quelle malchance! Encore une erreur imputable à la distraction. le conseil municipal a eu lieu le 29 septembre, mais on parle du 23…

Michel Veunac évoquera sans doute à propos de cette lettre la fatigue liée à son dur labeur ou la faute de frappe intempestive, mais est-ce si sûr ? La réponse du promoteur ne se fait pas attendre et il a bien raison de poser les questions qui fâchent.

Qu’en termes aimables, ces choses sont dites…

 

Et le promoteur de ne pas hésiter à écrire « J’ai été sidéré par la façon dont votre adjointe à l’urbanisme a présenté cette délibération ». Pas toujours facile, le métier de promoteur face aux petites seigneuries locales.

L’étrange Jimmy Malige, cet ami qui se veut du bien

Quand on interroge le service de l’urbanisme sur cet acquéreur, miraculeusement surgi de nulle part pour sauver la SCTB, le fonctionnaire municipal se montre catégorique : « On ne connaît pas Monsieur Malige ». Retrouvé à grand peine sur Internet, le parcours professionnel de l’intéressé étonne : vendeur de vélos en Espagne, de voitures à Clermont-Ferrand, avant de tenir la concession Kia à Anglet puis de démissionner et de créer une société « Concept Inovilla » le 13 décembre 2016 au capital social de, tenez-vous bien, 3 000 €. Une somme qui ne démontre pas forcément une capacité financière à mettre 545 000 € dans une opération immobilière qui rapporte 2 0000 € par an les trois premières années. L’urbanisme botte en touche « On ne fait pas une enquête de moralité sur les acquéreurs qui se présentent ! » Décidément, on aime l’aventure et favoriser les débutants dans cette bonne ville de Biarritz.

Avec un capital social de 3000 euros, on s’achète ce qu’on veut…

Bertrand Testard, vice-président de la Société des Courses de Trot de Biarritz, se montre un peu plus loquace et confirme avoir été l’intermédiaire entre la mairie et l’acquéreur. « On n’avait pas les moyens d’acheter et on a cherché quelqu’un. J’ai fait cela pour le bien de la société. Monsieur Malige, qui est sociétaire, s’est alors porté acquéreur, sans doute par amitié pour moi ». Des amis comme cela, prêt à débourser 545 000 euros cash, avec en contrepartie 6 000 € de loyer les trois premières années, on n’en trouve pas tous les jours dans les pas d’un cheval ! Malheureusement, la belle histoire d’amitié racontée par Monsieur Testard présente quelques faiblesses.

La seule photo qu’on puisse trouver sur Internet de l’acquéreur date d’octobre 2016. À l’époque, il vendait des voitures.

En effet, les membres du conseil d’administration de la SCTB affirment n’avoir jamais été informés de l’offre d’achat faite à la mairie pour 500 000 €, ce qui est tout de même bizarre. Par ailleurs, si vous convoitez un bien immobilier et qu’il vous manque 45 000 € pour l’acquérir, vous trouverez peut-être un ami pour vous prêter la différence à taux préférentiel ou même à taux zéro, comme Jacques Darrigrand, fournisseur important de la Ville, l’avait fait pour financer la campagne électorale 2014 de son ami Michel Veunac. Mais que penseriez-vous de cet ami s’il achetait pour son compte le bien dont vous lui avez parlé et qui vous faisait rêver ? « Je ne sais pas ce que Monsieur Malige compte faire de son bien » affirme avec ingénuité Monsieur Testard, décidément guère curieux.

Présenté par la Société de Trot, Jimmy Malige a « officiellement » acheté le bien pour son propre compte, laissant la SCTB fort démunie dans trois ans, avec un vrai problème pour loger ses chevaux. La philanthropie étant fort rare de nos jours, on peut donc se demander si ce nouveau-venu dans le monde de la promotion immobilière n’est pas le prête-nom, d’une équipe cachant quelques inavouables avidités. Contacté indirectement par les rares personnes à Biarritz qui le connaissent, Monsieur Malige s’est bien gardé de répondre à mon désir d’échanger avec lui. La timidité, sans doute !

MOTSCH DOIT DÉMISSIONNER ET VEUNAC S’EXPLIQUER

Vous avez maintenant presque tous les éléments en possession de Bisque, Bisque, Basque ! Il est fort probable au vu du nombre de personnes impliquées directement ou indirectement dans ce dossier que des rebondissements vont survenir, tandis que nous continuerons à travailler sur des pistes fort intéressantes, non encore évoquées dans cet article pour des raisons juridiques. Biarritz connection, comme on dirait dans les mauvais polars…

Les faits sont de toute façon fort simples. Soit Madame Motsch, par malignité, a délibérément trompé les autres conseillers municipaux, soit elle est incompétente, confondant les terrains constructibles et non constructibles, divisant par deux les surfaces mises en vente et minorant d’un tiers le droit à construire. Pour toutes ces raisons, il est difficile de l’imaginer continuer à son poste d’adjointe à l’urbanisme. Elle doit donc rendre sa délégation pour cesser de faire perdre de l’argent aux contribuables biarrots.

Quant à Michel Veunac, qui semble parfaitement en phase dans cette affaire avec son adjointe, il doit s’expliquer. Le maire de Biarritz semble très bien connaitre ce dossier, comme en témoignent ses courriers adressés à la société des Courses de Trot et aux Domaines. S’est-il fait promener par son adjointe en approuvant la cession à Monsieur Jimmy Malige, ignore-t-il vraiment tout de la personnalité de cet acquéreur, ce qui semble bien léger, ou est-il dans un plan concerté avec son adjointe ?

Nul doute que nous en saurons beaucoup plus bientôt, au vu de la gravité des faits racontés.

Quand papa chasse sur les terres de fifille…

Tordons d’abord le cou à une rumeur persistante. Madame Motsch a bien été avocate au barreau de Paris du 9 février 1999 au 30 juin 2000. Ce n’est pas ce qu’on peut qualifier de carrière au long cours, mais cela fera taire les médisants, même si dans son cas les affaires et la politique ont bien vite été préférées au prétoire. Il faut dire que Madame Motsch a de qui tenir puisque son père, Jacques Chemel, est le propriétaire de nombreuses sociétés dont La Société financière La Boissière Sofilab, basée à Sarlat La Caneda en Dordogne.

Jusque-là sagement cantonné à Sarlat et apparemment retiré des affaires, papa qui a largement dépassé les soixante-dix ans, semble avoir retrouvé tout son appétit pour le béton depuis la nomination de sa fille à l’urbanisme. Achat d’une première très belle propriété du côté de la Milady, ce qui est parfaitement son droit, puis achat de la villa Rubdekia, 27 rue Moureu, avant de se rétracter après avoir signé une promesse de vente, sous prétexte de l’impossibilité de construire une piscine. Un retrait qui est sans doute dû à l’article que Sud Ouest avait consacré au sujet, le 24 octobre dernier, ou Nathalie Motsch affirmait « Je précise qu’à chaque fois que des proches ont besoin des services municipaux qui relèvent de ma compétence, je me défais de ces dossiers qui sont alors traités par un collègue ou le maire directement. » Nous voilà rassurés.

Mais franchement, si ma fille devenait adjointe à l’urbanisme à Libourne, est-ce que je me hasarderais à faire des achats immobiliers en série dans cette ville ? Bien sûr que non, car la politique n’est pas qu’une affaire légale mais aussi morale, et je m’efforcerais de ne pas mettre ma fille dans l’embarras en semant le doute sur son action politique.

 

La démonstration par Mexandeau

Papi Louis, 86 ans, n’a plus de mandat public depuis 15 ans, mais se roule par terre quand on lui demande de payer son billet de train.

Louis Mexandeau, à gauche pour être élu et tout pour ma gueule quand le mandat est fini.

Très oubliable ministre de François Mitterrand, Louis Mexandeau, passé des PTT aux anciens combattants pendant les deux septennats de Tonton, s’est distingué par une aussi totale absence d’idées qu’une très haute idée de ses bien modestes fonctions, ce qui généralement va de pair. Inamovible député de la deuxième circonscription du Calvados, de 1973 à 2002, il s’est efforcé d’arroser avec constance Caen et sa région et de se remettre ensuite de ses efforts en accomplissant des siestes répétées au Palais-Bourbon.

En 2002, Louis Mexandeau, 71 ans seulement, aurait bien poursuivi sa carrière parlementaire, mais les électeurs normands ont eu la bonne idée de lui offrir une veste en guise de cadeau d’adieu et de le remplacer par l’UDF Rodolphe Thomas.

Pourtant, comme bien d’autres hommes politiques sombrés dans l’oubli, Papi Mexandeau se considère toujours comme un « élu » et réclame des avantages qui n’ont plus lieu d’être, comme en témoigne sa récente algarade avec un contrôleur dans le train Paris-Caen.

Louis Mexandeau avait été prévenu à plusieurs reprises que le privilège, digne de l’Ancien Régime, permettant aux élus de voyager gratuitement, avait été aboli par le président de l’Assemblée nationale François de Rugy, mais ce n’est tout de même pas de sa faute si le pauvre homme est dur de la feuille et si le prix moyen du billet, entre 30 et 40 euros, s’avère quasiment inaccessible pour sa modeste pension de retraité.

Alors quand un manant en uniforme a osé, la semaine dernière, lui demander son billet et lui infliger une amende de cinquante euros pour défaut de présentation, Papi a vu rouge, comme au bon vieux temps de l’union de la gauche. Pas gêné d’évoquer une gratuité qu’il considère visiblement comme un dû, Louis Mexandeau n’a pas hésité à sortir de l’oubli médiatique pour se fendre d’une diatribe comminatoire auprès des médias (« France Info » et « Le Point ») :  » Si j’ai le temps, j’écrirai à Guillaume Pepy (le président de la SNCF), je lui dirai qu’il ne faut pas pousser. Je lui parlerai de la façon dont on traite les élus. » 

On admirera le propos, car à 86 ans, entre ses mots fléchés et ses feuilletons préférés à la télé, il n’est pas sûr que Louis Mexandeau « aura le temps » d’écrire un mot. En revanche, alors qu’il est retiré de la vie publique depuis quinze ans, il se considère toujours comme un « élu », et, à une époque où on n’hésite pas à retirer 5 euros aux APL des étudiants démunis, trouve normal d’avoir en permanence un carrosse disponible et gratuit. Et une chaise à porteurs quand il descend du train ?

Ces anciens élus à la cupidité sans limite

Giscard avair profité du « choc pétrolier » pour demander aux Français de se serrer la ceinture. Mais l’injonction ne valait pas pour lui.

Il n’est pas le seul d’ailleurs, puisque Valéry Giscard d’Estaing, trente-six ans après avoir quitté la Présidence de la République considère comme un minimum syndical à peine acceptable de n’avoir « que » quatorze personnes à son service, tous ces policiers, majordomes, secrétaires, chauffeurs et autres officiers de sécurité étant bien évidemment payés par nos impôts, soit 2,5 millions d’euros par an.

Arnaud Montebourg avait surpris son monde, il y a quelques mois, en évoquant Lucius Quinctius Cincinnatus (520-430 avant JC), un grand oublié de nos manuels scolaires. Une délégation de patriciens romains vient chercher ce modeste propriétaire terrien pour qu’il devienne consul et dirige Rome menacé par les barbares. Cincinnatus remet de l’ordre, rétablit la paix et, refusant tous les honneurs et postes mirifiques qu’on lui propose, retourne à sa charrue pour cultiver sa terre, avec le sentiment du devoir accompli.

Allez savoir pourquoi, mais ce Cincinnatus constitue un exemple que nos actuels élus n’aiment pas trop citer. En Allemagne, dans les Pays scandinaves, l’ancien ministre, lorsqu’il a fini son mandat, redevient un citoyen tout à fait ordinaire. En France, il suffit de se rappeler les cris d’orfraie poussés par certains députés au moment des bien timides lois sur la moralisation de la vie publique, ces affirmations toute honte bue sur l’impossibilité pour un député de présenter des notes de frais, pour comprendre que nos suffrages ont bien souvent servi à constituer une caste qui se croit au-dessus des lois et réclame tous les privilèges.

La moralisation de la vie publique ? Elle ne sera effective que le jour où les citoyens décideront enfin de s’emparer de cette question et de ne laisser aucun répit à tous ces élus qui insultent la République avec leur cupidité sans limite.

Une opposition sur-vitaminée et un maire dépassé

Pour une broutille de 7,8 millions d’euros, Veunac n’a même pas jugé bon de convoquer la commission des travaux et met l’opposition devant le fait du prince.

Efficace et combative, Maïder Arosteguy pour la première fois de sa carrière de conseillère municipale, s’est comportée en véritable opposante.

Novembre étant le mois où l’on énonce, devant le monument aux morts, le nom de nos chers disparus, l’appel des présents en entame de ce conseil municipal, est donc parfaitement conforme aux traditions : Castaignede ? Poueyts ? Ricord ? Pradier ? Vial ? Lannevere ? De Bailliencourt ? Bonnamy ? Tous disparus avec une bonne excuse, du style grippe de la palombe, rhume du cèpe ou angine du chipiron. Presque un tiers de défections au sein de la majorité (8 sur 26) quand l’opposition se présente au complet, guêtres lustrées et sabre au clair, voilà qui est révélateur du profond malaise de l’équipe qui nous dirige dans le sillage de son grand leader charismatique Veunac. L’absentéisme n’est jamais innocent.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Le contenu de ce conseil municipal s’avère pourtant hautement stratégique puisqu’il faut voter une enveloppe de 7,8 millions de travaux d’aménagements extérieurs pour L’Hôtel du Palais sans savoir qui va diriger l’établissement. Veunac se veut rassurant : « Le financement sera effectué à 100 % par la Socomix » grâce à un prêt-relais obtenu « dans de très bonnes conditions » Sauf que la Socomix est une coquille vide et qu’au final l’ardoise sera bien pour les Biarrots.

Coucou, revoici Vinci !

Est-ce l’absence de son encombrant voisin parti se prélasser sous les ors du Palais du Luxembourg qui la galvanise ? Pour la première fois depuis qu’elle fréquente ce lieu, Maïder Arosteguy va se montrer nette, tranchante et incisive et remplir pleinement son rôle d’opposante : « À la lecture des lignes que nous avons reçues, j’ai cru que nous étions revenus en 2012. Après des mois et des mois de revirements et une ardoise d’un million d’euros en frais d’études diverses et variées, j’attends que nous réfléchissions à une stratégie. Vous nous demandez de voter 7,8 millions de travaux, mais le permis n’est pas passé par la commission des travaux qui ne se réunit jamais. »

Et Maïder d’enfoncer le clou et de dénoncer des méthodes en droite ligne avec les pratiques de Borotra : « Le fonctionnement de la Ville est anormal et rend notre action très problématique. Je suis obligée de dénoncer l’incohérence de ces travaux et je m’étonne qu’ils aient été attribués à Vinci plutôt qu’à Eiffage qui fait travailler les entrepreneurs locaux. Vinci a une longue histoire avec Biarritz et on peut se demander si ce n’est pas un renvoi d’ascenseur »… Oh Maïder, comme si c’était le genre de la mairie !

Fidèle à ses habitudes, Veunac se garde bien de répondre sur le fond et déplore les remarques de l’opposante sur la dégradation de l’établissement : « Ce n’est pas dans l’intérêt de la Ville que de tenir des propos comme les vôtres. La Socomix est maîtresse de ses décisions, il ne faut pas dire n’importe quoi. Nous avançons au milieu des jugements hâtifs et non vérifiés. Il ne faut surtout pas flinguer. L’Hôtel du Palais se porte bien »

Couplet extraordinaire : selon Veunac, l’opposition ne devrait donc évoquer aucun sujet qui fâche sous prétexte que cela peut nuire à l’image de l’établissement. Quelle idée de la démocratie !

Veunac : « Vendre serait une grave erreur »

Alors que les hypothèses de vendre le fonds ou les murs sont évoquées, Domège et Darrigade sonnent à leur tour la charge.  Frédéric Domège qui s’efforce souvent de concilier les inconciliables est bien obligé de faire un constat accablant : « On arrive à quatre ans de mandat et ce projet donne l’impression de traîner, même si ces travaux sont absolument nécessaires et doivent être faits » Mais c’est Bénédicte Darrigade qui va se montrer la plus féroce sur la méthode Veunac : « Nous traînons et avons le sentiment que vous ne voulez pas envisager d’autres solutions, ce qui interdit tout débat. Je suis dépitée car vous êtes toujours ravi, tout va très bien, vous êtes très content de vous et nous ne pouvons débattre. »

Et comme pour confirmer les dires de Bénédicte Darrigade, le roi de la banalité sentencieuse, accessoirement maire de Biarritz, de conclure sans la moindre argumentation : « Je crois que ce serait une grave erreur de vendre le Palais. On a choisi une voie, cette voie nous la poursuivrons ! »

On va dans le mur, mais allons-y gaiement !

Saint-Cricq : « Nous pataugeons dans l’illégalité depuis 55 ans »

Saint-Cricq à Veunac : « Je n’aimerais pas être votre comptable ».

Jean-Benoît Saint-Cricq va se charger de ramener le débat sur le fond, même si la colère de l’opposition l’émoustille : « Je constate que la température monte dans ce conseil municipal. Sur le plan de l’exploitation, les chiffres sont bons, mais lorsqu’on a 50 millions de travaux à faire, au bas mot, on ne peut pas dire que le Palais se porte bien. Guy Petit a pris une bonne décision, il y a cinquante-cinq ans en sauvant l’Hôtel du Palais, mais cette situation de gestion municipale aurait dû être temporaire. Il n’est pas de la vocation d’une municipalité de piloter un palace. Je crains que nous ne pataugions dans l’illégalité depuis cinquante-cinq ans. La négligence de l’entretien du gros œuvre nous amène à des décisions urgentes »

Et le spécialiste du droit immobilier de pointer du doigt les failles juridiques de ce montage :

« La Socomix, locataire-gérante, va engager pour 9,5 millions de travaux TTC, ce qui pose une difficulté juridique. Si l’on se fie à l’article 555 du code civil, nous allons nous retrouver dans une situation embarrassante quand le bail va prendre fin en 2023. Je n’aimerais pas être votre comptable »

Veunac démarre au quart de tour, « Nous avons un excellent service juridique », mais se fait moucher dans la seconde par l’avocat biarrot : « Le Conseil d’État a dit en 2014, ce que valaient vos juristes à propos de la Cité de l’Océan ».

Jean-Benoît Saint-Cricq déplore ensuite le propos surréaliste du maire souhaitant qu’on ne dise pas de mal de son fleuron hôtelier.

« Cet hôtel appartient à la Ville. À quoi sert-on si on ne peut pas débattre en tant que conseillers municipaux ? Cet hôtel bénéficie de conditions de location qui ne sont pas normales, la Cour des Comptes vous l’a dit (NDLR : 370 000 euros de redevance annuelle, alors que Biarritz pourrait prétendre à 3 millions) Il faut aborder d’autre pistes, confier la cession du fonds de commerce à un groupe relève du bon sens. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, ce que vous êtes en train de faire »

Et le grand démocrate Veunac de répondre à cette salve par une de ces formules toutes faites qu’il affectionne « Je vous remercie de vos conseils, mais on ne change pas au milieu d’un gué et on va continuer »

Lafite : « La vente? Je n’ai pas de tabou »

Heureusement Guy Lafite, étrangement serein et détaché comme s’il en avait sa claque de l’incompétence de son supérieur, comprend qu’on ne peut pas se contenter de botter en touche et va amener un peu de clarté au débat : « Je regrette que Four Seasons n’ait pas poursuivi, car c’est un très beau groupe. Ces travaux constituent une première tranche qui permet de raccourcir la deuxième (NDLR : Les travaux sur la structure du bâtiment) et de fermer moins longtemps L’Hôtel du Palais » Et mine de rien, l’habile Premier adjoint va glisser un sacré caillou dans la chaussure de Veunac : « La vente ? Je n’ai pas de tabou. Mais, à partir du moment où nous vendons, un groupe peut décider de fermer pendant l’hiver pour se concentrer sur les mois les plus rentables, ce qui met en danger le personnel. Quant au problème juridique que vous soulevez, il est réel. Avec cet emprunt, il faudra renforcer le Socomix et la logique sera d’apporter le fonds de commerce dans la corbeille de noces »

Jean-Benoît Saint-Cricq se sent rassuré : « Dit comme cela, ça va beaucoup mieux ! »

Même sa majorité ne prend plus Veunac au sérieux.

 Et à ce moment-là, l’assemblée partagée entre le rire sous cape et la consternation, entend la petite voix geignarde que sait prendre Michel Veunac quand il est dépassé : « Mais j’ai dit la même chose ! ».

« Pas du tout ! » rétorque l’avocat.

Veunac, lippe boudeuse d’enfant contrarié, tente encore de se faire entendre dans l’indifférence générale : « C’est ce que j’ai dit !», tandis que les absents de la majorité, sans doute spectateurs du conseil devant leurs écrans, doivent se féliciter de leur décision.

Allez, Michel, rendors-toi au fond de la classe à côté du radiateur. On t’appellera quand on aura besoin…

« Sud Ouest » ne doit pas connaitre Saint-Cricq

S’il y a dans l’opposition municipale un leader tenace et compétent, c’est bien l’avocat biarrot. Mais – hasard ? -, le quotidien régional n’a même pas le réflexe de le citer.

Pour une fois majorité et opposition sont parfaitement d’accord pour annoncer que le prochain conseil municipal, vendredi 17 novembre à 18 heures, sera copieux. Entre L’Hôtel du Palais et l’aménagement d’Aguilera, le menu s’annonce bourratif et les douceurs de fin de repas risquent de se faire attendre. Et côté condiments, on risque d’assister à une belle course à l’échalotte entre d’un côté les élus de la majorité qui s’efforceront de faire entendre leurs voix malgré le marmiton en chef Veunac, grand spécialiste de la cuisine à l’étouffé, et de l’autre les élus de l’opposition qui tenteront de prendre la place qu’occupait Max Brisson, même si ce dernier n’a guère montré d’enthousiasme et d’alacrité dans ce rôle de premier opposant.

Mais visiblement, notre quotidien régional favori ne doit pas assister aux mêmes conseils municipaux que Bisque, Bisque, Basque ! affirmant, le 9 novembre dernier, « L’opposition se cherche un leader », après avoir interrogé les seuls élus Républicains, Maïder Arostéguy et Frédéric Domège.

Si les deux élus déplorent unanimement la valse-hésitation permanente de Veunac : « C’est difficile de s’investir pour ou contre un dossier quand il y a si peu de projets qui sortent », le propos reste fort policé et l’on sent bien que personne ne tient à montrer ses cartes dans la perspective de 2020, ou pire de 2021 car il est question de repousser d’un an la date de l’élection municipale (Une bonne nouvelle pour le portefeuille personnel de Veunac, mais certainement pas pour les Biarrots !).

L’opposition très suave de Maïder Arosteguy

Fraîchement élue en 2008, Maïder Arostéguy, après avoir successivement lâché Saint-Cricq puis Destizon, s’était distinguée par une opposition… très suave à Didier Borotra, n’hésitant pas à voter avec la majorité municipale en faveur de la Cité de l’Océan. Depuis, notre sémillante conseillère a fait prospérer sa petite entreprise. Un petit tour à l’UDI, avant de bien vite se rabattre sur Les Républicains, à ses yeux beaucoup plus porteurs. Si Fillon avait moins aimé l’argent, le coup aurait pu être parfait et Maïder se retrouver députée au lieu de se contenter d’un mandat de conseillère départementale. Ce département, où il est prudent politiquement de n’indisposer personne, ce qui explique des interventions toujours très nuancées, voire timorées lors des conseils municipaux. Si Maïder Arostéguy a des idées novatrices pour l’avenir de Biarritz, le moins que l’on puisse dire est qu’elle les cache bien.

 Frédéric Domège, le bon copain

Fin connaisseur de la ville, ayant participé à la gestion de Biarritz sous Borotra, Frédéric Domège, et c’est une de ses grandes qualités, a gardé de solides amitiés dans tous les camps. « Veunac échange sans doute beaucoup plus avec moi qu’avec ses troupes » s’amuse-t-il. Et le malicieux Frédéric n’est pas loin de la vérité. Mais l’ancien joueur du PUC qu’il est doit savoir que le temps du match au moins, il faut savoir détester ses adversaires même si on boit une bière avec eux après le coup de sifflet final. Pertinent dans ses interventions que ce soit sur le tram ou la circulation, indispensable dans une équipe par le liant qu’il met, Domège ne s’est jamais attaqué frontalement à Veunac et à sa façon de gérer la Ville, persuadé sans doute qu’il pourrait être de la prochaine recomposition municipale et se retrouver à nouveau du bon côté de la barrière.

Richard Tardits l’intermittent

Sa très belle campagne de terrain en 2014 est désormais bien loin. Richard Tardits a toujours dit qu’une cure d’opposition ne le tentait guère et il participe aux séances du conseil municipal avec l’enthousiasme d’un buveur repenti prenant son Baclofène. Dommage, car avec un maire aussi inexistant que Veunac, avec un Max Brisson à l’opposition plutôt fluctuante et imprévisible, il pouvait profiter du boulevard politique qui s’offrait à lui et montrer aux Biarrots qu’il avait plein d’idées (ce qui est une évidence pour ceux qui le connaissent !) Au lieu de cela, il prend son mal en patience, intervenant peu et ne proposant guère. On en connaît un certain nombre au sein de la majorité, les Amigorena, Barucq ou Chazouillères, obligés de ronger leurs freins en silence et de couvrir les boulettes du patron, qui adoreraient être à sa place pour montrer qu’ils ont du talent !

Le patron, c’est Saint-Cricq

Reste le grand oublié de Sud Ouest. L’homme a pourtant été le premier à s’opposer à la Cité de l’Océan quand tout le monde croyait, dans le sillage de Borotra, qu’allait sortir de terre une machine à cash. Le même a fait gagner de l’argent, beaucoup d’argent aux contribuables biarrots grâce à ses recours en justice. Depuis plusieurs mandats, il dénonce l’utilisation faite par la Ville de L’Hôtel du Palais et là aussi les faits lui donnent raison. Il est des signaux qui ne trompent pas. Vous remarquerez, quand il prend la parole, comme le silence se fait dans les rangs de l’opposition comme de la majorité. Et Veunac a beau lever les yeux au ciel ou simuler une de ses fausses colères qu’il affectionne, le verbe est ciselé, les faits énoncés vérifiés et le bon sens de sortie. Car en plus de son talent d’orateur, Jean-Benoît Saint-Cricq est un gros bosseur qui a une haute idée de son mandat et n’arrive jamais les mains dans les poches. Fin juriste, il cherche, fouille et met immanquablement la majorité municipale face à ses contradictions.

La cure d’opposition a l’immense avantage de permettre de repérer les talents et les caractères : Saint-Cricq a tout connu, les micros coupés avec Borotra, les ricanements satisfaits des imbéciles qui ne savent plus comment se dépêtrer de La Cité de l’Océan ou même les invectives à son encontre, mais il n’a jamais flanché ni tenté de pactiser avec la majorité. Sur tous les dossiers majeurs de la Ville, il a toujours eu raison avant tout le monde et ne s’est jamais trompé.

Mais son talent est tellement évident qu’il a dû échapper à Sud Ouest !

AVC, comme Arrêtez Vos Conneries

En croyant bien faire, l’entourage amical de la victime d’un pépin de santé peut se montrer fort pesant et maladroit…

Franchement, après une semaine d’hôpital et six semaines en centre de rééducation, vous pensez véritablement que, lorsque je vous croise lors d’un de mes rares moments de liberté, la première chose que j’ai envie d’entendre est le récit détaillé du triple AVC de votre belle-mère ou celui de l’opération au cerveau de tonton Bernard ?  Et je ne vous parle pas de ceux qui faute de disposer d’un bel AVC saignant et frétillant, se rabattent sur la fistule anale de leur gardien d’immeuble ou la sonde urinaire de leur copine…

C’est une affaire entendue, que ce soit à l’hôpital de Bayonne ou au centre des Embruns à Bidart, j’ai découvert une médecine moderne et dynamique, mais surtout des professionnels remarquables, à l’écoute et attentifs à l’évolution de leur patient. Mais quel soignant va avoir la bonne idée de rédiger un guide-pratique à l’usage de tous ceux que le convalescent rencontre dans les jours qui suivent son accident de santé et qui se montrent souvent d’une maladresse crasse ? Témoignage vécu, garanti authentique.

« Tu n’as pas l’air trop diminué »

Vous arrivez et, sous prétexte de s’enquérir de votre santé, votre interlocuteur vous ausculte mentalement, vous jauge, vous évalue avant de constater, un peu dépité, « Tu n’as pas l’air trop diminué ». C’est promis, la prochaine fois, j’essaierai de m’appliquer davantage et d’arriver en fauteuil roulant, histoire de rester crédible. Et puis il y a le soupçonneux qui ne peut pas se contenter de la première impression, « J’ai bien vu que ton audition a morflé et que tu tendais l’oreille quand je t’ai parlé ». Mais non, banane, ça fait trente ans que je suis sourd comme un vieux pot !

Vient l’inévitable deuxième question quand on constate que physiquement je ne fais pas mon AVC : « Et la tête, ça va ? »  Au début, je me suis efforcé d’expliquer qu’aux Embruns, je faisais des pleins et des déliés dans des cahiers d’écriture, que je réapprenais à lire et que j’allais attaquer les multiplications et les divisions la semaine suivante, mais je me suis vite rendu-compte que pas grand monde ne percevait mon humour. Pire, certains y croyaient dur comme fer. Franchement, est-ce que je vous interroge sur votre dernière panne sexuelle, histoire que l’embarras change de camp ?

« Ta vie ne sera jamais plus comme avant »

Dans le centre de rééducation de Bidart, on croise des hommes et des femmes qui luttent chaque jour pour de dérisoires victoires, marcher avec une simple canne, faire ses premiers pas sans assistance dans un couloir, réussir comme mon copain Mario à enfin attraper le ballon de rugby avec les deux mains. Mais ces victoires qui nous rendent heureux comme un coureur qui accomplit son premier marathon, ne regardent que nous, notre famille et le personnel médical qui nous aide et encourage. Ceux qui me connaissent depuis plus de trente ans et qui se souviennent de mon long flirt avec la camarde, à l’époque de Tonton Mitterrand, me disent même « Tu es un double miraculé ». Et alors ? Je ne dois plus rire, chahuter ou raconter des vannes sous prétexte qu’effectivement je fais du rab ? Faut-il aussi que je prenne mon maillot de bain pour aller faire des longueurs dans le bénitier de l’église Sainte-Eugénie ou que, revêtu d’une robe de bure, je fasse brûler un cierge gros comme un baobab ? Par pitié épargnez-moi vos conseils et laissez-moi décider seul du chemin à suivre. Et évitez-moi le sempiternel, « Ta vie ne sera plus jamais comme avant » Elle sera mieux qu’avant, car j’ai décidé de devenir encore plus caustique, encore plus incisif, encore plus combatif… C’est bien connu, Dieu propose et l’homme dispose.

« Tu as eu peur, hein, avoue que tu as eu peur »

Chez d’autres, la maladie suscite des réactions incontrôlées ou irrationnelles. Écoutez-les attentivement et vous en saurez long sur leurs peurs profondes. « Tu as eu peur… Reconnais que tu as eu vraiment peur ». N’essayez pas d’expliquer que nous sommes des humains et que nous savons tous comment l’histoire se termine pour nous, ne racontez pas que vous vous sentiez bizarre mais serein aux urgences, prêt à franchir le pas et à accomplir le même parcours que votre père, décédé d’un AVC à 59 ans… Celui qui vous fait face ne vous écoute pas, et, tout à sa propre peur de mourir, ne croira pas un mot de ce que vous lui dites.

Alors c’est entendu, la boxe et le rugby avaient mis un joli désordre dans mes neurones qui se sont miraculeusement remis en place après l’AVC et sont plus intrépides et pétillants que jamais. Qu’on se le dise !

« C’est parfait, ça t’occupera ! »

Et puis il y a aussi tous ceux qui éprouvent soudain une immense compassion pour vous et ont une idée très précise de la rentabilisation de votre temps libre. « Tu dois te faire chier. Je t’ai envoyé une douzaine d’articles à lire et réécrire ». « J’ai une enquête super à mener sur Biarritz, je t’adresse les éléments » Sans parler de la bonne centaine de mails reçus chaque jour, tous exigeant une réponse immédiate. « Réponds-moi vite, ça fera fonctionner ton cerveau ». Ces bonnes âmes, bien décidées à me tirer du péril de l’oisiveté ne semblent pas avoir remarqué que ce blog est en quasi-déshérence, faute de temps à consacrer à une écriture personnelle, et que s’il y a une chose qui agace mes nouveaux neurones, ce sont bien les opportunistes.

Alors, si vous me croisez la prochaine fois, ne me parlez pas de vos expériences médicales ou de la façon dont je dois mener ma vie. Évoquez plutôt avec moi, le rugby, la littérature, notre inénarrable Veunac, ou ce petit producteur de vin de Bordeaux qui nous donne le sentiment de tutoyer le divin…

… Et quel est le mauvais esprit qui s’imagine que je parle du château virtuel Miller La Cerda ?

Pour ceux qui ont la mémoire courte : https://jeanyvesviollier.com/2016/10/31/le-chateau-mille-leurres-dalexandre-de-la-cerda/