Jimmy Malige : « J’étais sûr de faire une bonne affaire »

L’acquéreur des écuries de Parme regrette le guêpier dans lequel il s’est fourré. Dès lundi dernier, il a annoncé à la mairie son intention de renoncer à cette acquisition… Avant de changer d’avis.

Excédé par le tintamarre autour de cette affaire, Jimmy Malige a demandé à ne pas apparaître en photo, une requête parfaitement légitime.

C’est un homme las qui téléphone mercredi à Bisque, Bisque, Basque ! « Mais pourquoi ne pas avoir appelé plus tôt ? » « Je vous avoue que j’ai pris peur ». Un rendez-vous est convenu, jeudi matin, dans un café d’Anglet. Jimmy Malige est jeune et sympathique, mais semble paniqué par le déluge de coups de téléphone que lui a valu l’article de Bisque, Bique, Basque ! sur la cession des écuries de Parme. « Je suis venu au Pays basque pour être tranquille. Ma compagne attend un enfant. Je suis un jeune entrepreneur. Vous vous rendez compte du tort que me fait une affaire comme cela ? ».

 Nerveux et méfiant au début de l’entretien, « Pas d’enregistrement, pas de photo », il va se détendre quand je lui explique qu’un journaliste digne de ce nom est obligé de s’interroger sur une vente aussi surprenante et sur une telle accumulation d’imprécisions en plein conseil municipal.

Pour lui, l’histoire est on ne peut plus simple : « J’ai fait la connaissance de Monsieur Testard en lui vendant une voiture. Nous avons sympathisé et il m’a parlé du domaine de la Bigueyrie et de la Société des Courses de Trot de Biarritz. Quand j’ai visité, j’ai trouvé l’endroit idyllique et le prix m’a paru attractif ».

« Je ne connais ni Motsch, ni Veunac »

Plus surprenant, le jeune promoteur affirme qu’il ignorait que le terrain possédait un droit à construire et qu’il l’a appris par … Bisque, Bisque, Basque ! : « Tout prouve dans mon parcours professionnel que je suis un bon commercial. J’ai tout de suite vu le parti à tirer de ce bâtiment. En transformant en huit appartements le bâti actuel, j’étais convaincu de faire une bonne affaire. »

 Jeune entrepreneur, actuellement apporteur d’affaires et rénovateur plutôt que promoteur immobilier, Jimmy Malige reconnaît qu’il prenait un gros risque financier avec ce domaine. « La signature était prévue pour avril ou mai 2018. J’avais décidé de faire une hypothèque sur ma maison pour financer l’opération et que la banque me prête l’argent. C’était risqué, mais j’étais sûr de m’en sortir et assurer l’avenir de mon enfant et de ma famille, car deux ou trois personnes m’avaient promis de l’aide ».

Jimmy Malige affirme avoir compris beaucoup de choses depuis la parution de l’article. « J’ignorais que Les Domaines avaient estimé l’ensemble à 920 000 euros quatre mois plus tôt. Je ne connais pas Monsieur Veunac, ni Madame Motsch et au moment de l’acquisition, les services de l’urbanisme ne m’ont jamais posé la moindre question sur mon parcours ou mon assise financière » Le jeune entrepreneur, qui n’avait travaillé jusqu’à maintenant qu’avec des particuliers, manifestant un flair plutôt sûr dans ses acquisitions, comprend qu’il s’est trouvé mêlé à une partie qui le dépasse singulièrement. « Je suis nouveau sur la Côte basque et pas toujours très au fait des coutumes locales ».

Jimmy Malige raconte ensuite le rendez-vous très intéressant qu’il a eu avec le service d’urbanisme de la Ville, lundi dernier : « C’était la première fois que nous nous rencontrions. Ils m’ont posé tout un tas de questions sur ce que je comptais faire. Ils m’ont demandé si je voulais conserver le bâtiment existant ou le raser, car un article de presse allait sortir et le maire devait faire un communiqué. Je leur ai répondu que ce n’était pas mon intention de raser le bâtiment. Et puis quand j’ai senti qu’il y avait un gros problème autour de cette cession, je leur ai dit que je préférais renoncer à la vente ».

Quelques heures plus tard, le jeune entrepreneur nous rappelait pour nous dire combien il était agacé par ce tohu-bohu : « Je ne suis pour rien dans cette affaire donc ce n’est pas à moi de bouger. Finalement, je vais attendre de voir ce qui se passe »

En voilà un qui ne fera pas de sitôt une nouvelle offre à la mairie de Biarritz !

L’AVIS DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Plus victime que coupable

Jimmy Malige plaide peut-être sa cause avec beaucoup de talent, mais son accablement et sa nervosité donnent à penser qu’il est beaucoup plus victime que coupable dans cette affaire et qu’il comprend petit à petit qu’il a été manipulé par d’autres, très au fait de la valeur réelle du domaine de la Bigueyrie.

Deux ou trois de ses affirmations posent question :

LES « SUGGESTIONS » DE L’URBANISME.- L’urbanisme de Biarritz n’a jamais jugé bon de rencontrer Monsieur Malige. Mais subitement, quand Bisque, Bisque, Basque ! s’intéresse à cette affaire, on le convoque lundi dernier et on le pousse même un peu à raconter une fable. Alors que 48 heures après la publication de cet article, la mairie n’a toujours pas publié un communiqué explicatif (Sans doute parce qu’elle se demande les cartouches que j’ai en réserve !), cette rencontre lundi est pour le moins étonnante. Surtout que l’acquéreur a fait part de son intention de renoncer à la vente et que la mairie a gardé le silence. Ne comprenant plus rien à ce qui se passe, Jimmy Malige a désormais décidé d’attendre et voir.

LE RÔLE DE BERTRAND TESTARD.- L’affaire est entendue, Bertrand Testard a agi pour « le bien de la Société des Courses ». Mais quel dynamisme, quel entregent ! Il donne un nom d’un acquéreur potentiel et personne à la mairie ne se renseigne ? Qui est donc ce personnage pour avoir un tel crédit auprès de Veunac ? Une personne qui se présentait comme initiateur de la négociation et ami de Jimmy Malige, avant de tirer furieusement sur les rênes et de se déclarer pas si ami que ça finalement, quand l’affaire a commencé à sentir le roussi.

INCOMPÉTENCE OU GROS MALIN EN EMBUSCADE ?.- Jimmy Malige évoque à un moment « deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide » mais, échaudé par sa mésaventure actuelle, refuse d’en dire plus. Bertrand Testard, n’ayant pas une grosse surface financière, n’est probablement pas le cerveau de cette affaire. Mais on peut imaginer qu’un gros malin, très au courant de la valeur réelle du terrain, a vu d’un bon œil l’arrivée d’un petit jeunot aux moyens limités, qui ignorait visiblement les possibilités à construire de ce petit joyau. Ce gros malin tirant les ficelles s’est dit que pour une bouchée de pain, il pourrait racheter l’ensemble en 2021. Car à cette date, la revente n’aurait plus rien eu de public et personne n’en aurait rien su.

Ce qui expliquerait cette présentation particulièrement tendancieuse de la cession, lors du conseil municipal du 29 septembre. Si ce petit malin n’existe pas et que Jimmy Malige a failli se retrouver propriétaire de ce bien qui vaut beaucoup plus par le plus grand des hasards, force alors serait de conclure que nos élus, et en particulier le premier d’entre eux qui a totalement piloté cette opération, sont incompétents et bien incapables de défendre les intérêts des Biarrots.

8 réflexions sur “Jimmy Malige : « J’étais sûr de faire une bonne affaire »

  1. A l’insu de son plein gré ! Les Anglais disent : « If it seems too good to be true, it probably is »
    Et quel serait l’intérêt de vendre à 540 k un bien qui en vaut 920 ?
    La seule question qui vaille est Cui Bono `?

  2. Qu’est ce que j’aimerai connaitre l’identité de ce Négociateur/Fantome caché derrière ce Jimmy s’il y en a un !
    Je pense qu’il y en a un, je pense que ce Jimmy devait surement récupérer un peu de « caillasse » par la suite.
    Et si un gros malin il y a derrière, aurait il promis quelques coupures en euro à certains ?

  3. Je vous remercie de reconnaître enfin que je ne suis pas le cerveau de cette affaire. Mon seul but, je ne le dirai jamais assez, était de conserver avec l’éventuel nouvel acquéreur, les boxes jusqu’en 2021. La société des courses n’ayant pas les moyens financiers de réaliser un tel projet et moi encore moins vu mon âge et mon état de santé.

      • Je ne me permettrai pas de dire qu’il y a un cerveau. Je n’ai pas matière à faire de telles investigations. J’affirme simplement que si « cerveau » il y avait, je ne suis pas cet homme là. Comme je vous l’ai toujours dit du reste. Mon seul but dans cette affaire a toujours été de défendre les intérêts de la Société des Courses. dans la mesure où ces intérêts étaient respectés, il n’était nullement de mon ressort de donner un prix, une surface constructible ou tout autre renseignement d’ordre technique qui sont du ressort des services de l’urbanisme, des élus ou des spécialistes de l’immobilier voir des domaines.

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