Affaire bénigne ou maligne ?

De façon très prévisible, Veunac affirme que le fiasco des écuries de Bigueyrie est une « affaire bénigne » liée à « une succession d’erreurs techniques ». Il est permis de sourire.

 Les pères et mères de famille qui voient arriver la fin du mois avec inquiétude se souviendront, au moment de mettre un nouveau bulletin dans l’urne en 2020, de ce maire qui ose qualifier « d’affaire bénigne » une cession d’un bien communal où les contribuables biarrots ont failli perdre entre 100 000 et 300 000 euros. Quel mépris pour ceux qui s’échinent à temps plein en gagnant le SMIC ! Ces mêmes pères et mères de famille, qui tentent d’y voir clair dans cette affaire, seront ravis d’apprendre que Bisque, Bisque, Basque ! n’est qu’un tissu de fariboles, billevesées et autres calembredaines… Bien qu’à l’origine de l’affaire, l’auteur de ce blog en effet n’a pas été convié à la conférence de presse qui se tenait mardi matin en la mairie de Biarritz. Alors, on a peur ?

Veunac prévisible et consternant

Dans cette conférence de presse façon Corée du Nord, où l’on était prié de croire la bonne parole municipale, Veunac a une fois de plus été prévisible au point d’en être consternant. Cette affaire, il la qualifie de « bénigne » auprès de son entourage. Si Michel Veunac a concédé que l’erreur était de sa responsabilité « et celle de personne d’autre », façon de dédouaner son adjointe qui ruait dans les brancards, il s’est empressé de diriger le projecteur en direction du service de l’urbanisme, parlant « d’erreurs techniques, non intentionnelles, comme cela peut arriver aux meilleurs. »

C’est oublier que sans le flair de Domège et les recours posés par Amigorena, Saint-Cricq et Echeverria, cette vente passait comme un cheval au relais de poste. Une position qui indigne au plus haut point les services administratifs de la mairie, parfaitement conscients qu’on leur fait porter un chapeau beaucoup trop grand pour eux. Les fonctionnaires territoriaux sont habitués à se taire et être désignés comme coupables à chaque coup de Trafalgar… Mais à ce point, avec une telle mauvaise foi ! L’ambiance va être sympa à la mairie de Biarritz dans les jours à venir.

Barucq en casque bleu

Lundi midi, Nathalie Motsch, suite à l’interview paru dans Sud Ouest, a accepté de rencontrer Michel Veunac. Se doutant qu’il n’allait pas lui décerner une guirlande de compliments, elle a demandé qu’il y ait un témoin à leur entretien, ce qui était une sage précaution. C’est le docteur Barucq, même s’il n’est pas médecin urgentiste, qui a accepté de s’y coller. Joint au téléphone, le médecin surfeur qui a l’habitude de mettre un casque quand la vague est forte, ne dément pas sa présence mais se contente de dire qu’il les laisse désormais « se débrouiller comme des grands ».

Aucun des trois protagonistes n’a voulu raconter à Bisque, Bisque, Basque ! ce qui s’était dit, mais des confidences de membres de la majorité, qui se sont retrouvés mêlés à l’affaire, permettent d’y voir plus clair. Veunac menaçait Nathalie Motsch de lui retirer sa délégation si elle n’était pas présente à ses côtés à la conférence de presse. Mais nombre d’élus de la majorité qui ont dû, eux aussi, présenter des délibérations sur des dossiers qui étaient chasse gardée du maire, ont volé au secours de l’adjointe à l’urbanisme et menacé de démissionner, indignés que le maire ait mis plus d’une semaine à laver de tout soupçon son adjointe. D’où l’absence de Nathalie Motsch qui n’avait effectivement rien à faire à cette conférence de presse puisque l’affaire ne l’a jamais concernée.

Une majorité en état de siège

La cession ratée des écuries de Bigueyrie a été une sorte de révélateur pour la majorité. Passé l’enthousiasme initial de la victoire de 2014, les jeunes talents et ceux qui s’imaginent un avenir politique en 2020, ne supportent plus les hésitations permanentes du maire, ses coups de gueule et sa façon de penser que rien n’est de sa faute. Jusqu’à ces dernières semaines, tout le monde râlait en douce dans son coin. Mais l’affaire de l’Hôtel du Palais, avec le constructeur Vinci qui hérite de 9 millions d’euros de travaux sans que la commission des travaux n’ait été saisie, ajoutée à cette cession ratée qui fait singulièrement désordre, commencent à lasser. Bisque, Bisque, Basque ! est persuadé après avoir discuté avec la plupart des figures du conseil municipal que Veunac, est désormais minoritaire au sein de sa majorité. Car il en faut de la constance et de l’indulgence pour le soutenir. En dehors de Lafite, qui se montre de plus en plus distant, de Castaignède et des trois abertzale qu’on a connus en d’autres temps plus soucieux de morale publique, seul Destizon, toujours plus flagorneur que les autres flagorneurs, vole encore publiquement au secours de Michel. Et compte-tenu des dossiers qui arrivent, on peut imaginer de sacrées surprises lors des délibérations futures, si dissidents de la majorité et opposition décident de voter de concert.

Une enquête interne refusée

Car tous ces élus qui n’en peuvent plus de Veunac, ont eu une nouvelle preuve de sa mauvaise foi et de sa duplicité. Le maire de Biarritz, lors de sa conférence de presse, a accusé Bisque, Bisque, Basque ! de n’avoir que des informations « parcellaires » sur le dossier. Que dire du maire alors, puisque « officiellement », c’est ce blog qui lui a successivement appris que le terrain était constructible à 874 m2 puis 1283 ? Quand une approximation de cette importance se produit et qu’on accuse ses services d’erreurs successives, la moindre des choses est d’essayer de comprendre ce qui s’est passé et de diligenter une enquête. C’est ce que lui a demandé sa majorité, qui a réalisé depuis longtemps que l’erreur n’était pas la seule hypothèse possible. Refus catégorique de Veunac, conscient qu’à force de titiller ses services, un sérieux coup de sabot pourrait arriver. L’affaire est donc close, braves gens : il y a eu maladresse des services, vous êtes priés de le croire puisque c’est le maire qui le dit, et une nouvelle erreur se produira bientôt à nouveau puisque le maire refuse d’enquêter pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il a peur qu’on découvre qu’il a piloté le dossier du début à la fin ?

Des ruades à la Société des Courses

Certains détails montrent bien que cette cession n’avait rien d’ordinaire. L’acquéreur que personne ne connaissait, Jimmy Malige, ne veut plus parler à la presse, mais lors de notre conversation, il a reconnu quelques faits tout à fait extraordinaires. Malige n’est jamais venu à la marie ni n’a rencontré Veunac ou un quelconque adjoint, avant que l’urbanisme ne le convoque pour la première fois, près de deux mois après la vente. Mais personne ne s’est étonné de cet acquéreur mystère et ne lui a demandé un centime de garantie pour ce bien. Les premiers versements prévus devaient avoir lieu en avril 2018, ce qui témoigne d’une décontraction sidérante. Si un particulier vendait ainsi sa maison, à un parfait inconnu sans avoir la moindre garantie sur son assise financière, que dirait-on ?

L’agitation qui règne à la Société des Courses montre bien que l’affaire n’est peut-être pas tout à fait celle qu’on essaie de nous vendre. Des administrateurs se sont intéressés au fichier des sociétaires, et ont découvert que le fameux acquéreur miracle, qui montait cette opération « par amitié pour Bertrand Testard », n’avait été pris de passion pour les chevaux que depuis fort peu. Jimmy Malige n’est nullement Sociétaire de la Société des Courses de Trot, comme présenté lors de la délibération du 29 septembre, et avait juste sollicité son admission au moment où il faisait son offre à 545 000 euros. Si ce n’est pas de l’esprit d’à-propos !

Furieux, les membres du conseil d’administration, qui devaient ratifier son adhésion, sont maintenant bien décidés à la refuser. Et à s’intéresser sur l’élan à leur vice-président Bertrand Testard et à ses allées et venues entre la Société des Courses, la mairie d’Anglet où on le voit fréquemment et celle de Biarritz où s’est passé le deal avec Michel Veunac. L’homme clame son innocence et dit que tous les courriers échangés avec la Ville le prouveront. Comme si des échanges privés n’avaient pu avoir lieu. Il est évident qu’il n’est pas le cerveau de l’affaire, mais les administrateurs qui ont le sentiment de ne pas avoir été informés de toutes ses démarches, envisagent de l’exclure lui aussi.

Quelques élus étrangement discrets

Si certaines réactions de politiques sont très claires comme celle de Domège évoquant un « jackpot » à toucher en 2021, ou de Maïder Arosteguy parlant de « république bananière » à propos de la mairie, d’autres observent depuis le début de l’affaire un silence que l’on pourrait qualifier d’embarrassé. Lors du dernier conseil municipal, Guy Lafite avait fait sourire tout le monde, en rejoignant totalement Jean-Benoît Saint-Cricq sur l’évolution nécessaire de la Socomix qui gère Le Palais et en disant le contraire de Veunac. Depuis le début de l’affaire des écuries de la Bigueyrie, celui qui aime se présenter comme un brillant technicien de la finance se garde bien de dire quoi que ce soit en public. Comme s’il avait compris ce qui s’était passé et tenait à ne pas se faire éclabousser. Même chose pour un nouveau sénateur qui avait failli nous faire pleurer en abandonnant son mandat de conseiller municipal et en affirmant que c’est pour mieux servir Biarritz qu’il faisait ce sacrifice. Croisé lundi par hasard à la gare, Max Brisson, très occupé avec son téléphone portable, s’est bien gardé de venir poser quelques questions sur l’affaire en cours. On ne jure plus que par le Palais du Luxembourg ?

Veunac qui ne m’invite pas à sa conférence de presse, Lafite qui se tait, Brisson qui ne cherche pas à savoir… Décidément, les vieux chevaux de retour de la politique biarrote ne goûtent guère cette histoire d’écuries.

Un débat qui tombe à pic

Comment rétablir la confiance entre les médias et les citoyens ? Voilà la question à laquelle Elise Vincent du Monde et Bénédicte Saint-André de Mediabask, vont s’efforcer de répondre avec moi. En espérant un peu d’agitation dans la salle, signe d’un débat de qualité.

10 réflexions sur “Affaire bénigne ou maligne ?

  1. VEUNAC est un Maire dédaigneux envers certains contribuables.Un Maire de quelques uns et d’un revenu –

  2. Tout compte fait, notre flagorneur n’a pas été cassé mais juste castré…nuance !!
    Et encore merci pour tout ce travail d’enquête …de la part d’un père de famille reconnaissant.

  3. Une fois de plus dans les affaires municipales la victime qu’est le contribuable n’aura pour seule consolation que choisir entre malversation et incompétence pour étiqueter chacun des acteurs de ce feuilleton.
    Dans ce cas précis l’inconstance certaine du premier magistrat ne peut dédouaner les seconds rôles.En premier lieu l’énigmatique Jimmy Malige dans le rôle du naïf opportuniste qui invertit 545 000 € mais n’a rien vu rien entendu, puis Nathalie Motsch adjointe à l’urbanisme qui pour sa tâche empoche chaque mois des indemnités substantielles. Tâche qui consiste à suivre les dossiers d’urbanisme mais qui avoue avoir proposé en conseil une décision sans en connaître le moindre détail. Pourtant cette élue dont le père réalise depuis quelque temps des opérations immobilières sur Biarritz est censé être au fait des pratiques locales dans ce domaine.
    Ainsi le petit théâtre de Guignol a dévoilé ces coulisses où l’on voit les pinocchios se tenir par la barbichette…le premier qui rira aura une tapette (sur les doigts).
    Longue vie à bisque bisque basque !

  4. Intéressée par les tribulations de la municipalité relatées par le blog «Bisque Bisque Basque», je découvre, sans rapport semble-t-il avec «l’affaire», une lettre adressée à Monsieur le Maire concernant le Domaine de Migron. Je juge bon d’apporter quelques précisions.

    Si les faits évoqués par Monsieur Daniel Laloi sont avérés, il n’en demeure pas moins qu’ils concernent essentiellement les bâtiments désignés sous la charmante appellation florale Abélia-Jasmin-Iris que j’ignorais à ce jour.
    Nous les connaissons prosaïquement en tant que – Bâtiments A – et ils n’occupent qu
    ’une petite partie du Domaine de Migron. Mr Laloi préside en effet leur conseil syndical.
    Les bâtiments B C D constituent un autre ensemble immobilier doté d’un syndic différent et d’un conseil syndical différent dont la présidente est Madame Liliane Luc.

    Pour vivre à Migron depuis 1995 je puis affirmer que la vie y est agréable et que les résidants majoritairement propriétaires bénéficient d’un environnement naturel enviable, à protéger certes des turpitudes évoquées à juste titre par Mr Laloi en son domaine. Il en va de même pour la zone pavillonnaire qui ne pose aucun problème de voisinage.

    Cependant, ces précisions importantes apportées pour éviter tout amalgame, je ne comprends toujours pas ce que vient faire cette lettre datée de septembre au milieu des commentaires de lecteurs sur le sujet des Ecuries de Bigueyrie !

    Je souhaite vivement que vous publiiez mon courrier dans votre Blog et vous en remercie par avance.

    Cordialement à vous.

    Martine Caplanne, fidèle lectrice.

  5. Affaire semblable = même scénario!

    Toujours ces services par l’Adjoint à l’urbanisme, relais du Maire en capacité de s’enrichir et mettre la facture à la charge du citoyen!

  6. On ne nous cache jamais rien…. Voyons m enfin…. Que de braves gens ces politicards… Un bon coup de balais serait le meilleur remède… Rentrez chez vous !! ☹️

  7. Monsieur VEUNAC s’est il autoproclamé : maire de Biarritz ou il a été vraiment élu !!! un très mauvais choix par les urnes !! à en croire Monsieur Macron qui désire repoussé les mandats des maires de France de 2 ans en plus vous l’avez encore pour un bon moment !!

  8. un petit Marquis poudré de seconde zone voila ce qu’est Veunac.

    Ceux qui le soutiennent au sein de ce conseil municipal nul seront, à partir de maintenant associés à ce sinistre édile qui mène Biarritz au naufrage.

    Quelle tristesse que de voir notre belle station aux mains d’incompétents, sans capacité aucune ni morale

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s