Parfois, la presse se fout de nous…

Info ou intox ? On peut se poser la question en lisant certains échos de notre quotidien régional favori…  Et s’étonner du silence absolu sur les écuries de Parme de La Semaine du Pays basque.

Cinq jours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Sud Ouest pour prendre contact avec moi, alors que dès le mardi 27 novembre, je les avais alertés au moment de la première publication sur ce blog d’un article sur les écuries de la Bigueyrie, en leur disant que tous les éléments recueillis étaient à disposition. Un adjoint du maire et un élu d’opposition décident de s’opposer à la vente dès le lendemain, mais Sud Ouest ne publie son premier papier que le samedi 1er décembre, sans m’interroger et en s’appuyant uniquement sur les réactions du maire. Comme si ce dernier allait tout dire ! Vous avez déjà vu un braqueur pas encore attrapé par la police, confier aux journalistes les détails de son dernier casse ?

Sud Ouest a ensuite honorablement traité l’affaire, mais cette religion du communiqué, ce souci de ménager les notables en place, est perçu par les lecteurs et agace. Il en va de même avec certains échos de la page basque du samedi qui tendent à la désinformation absolue ou à « l’opération brouillarta ». Dire que Michel Veunac aurait dû accepter l’offre d’Anglet à 400 000 € pour les écuries de Parme, même sur le ton de la plaisanterie, c’est accréditer l’idée auprès du grand public que le maire de Biarritz en trouvant un acquéreur à 545 000 € ne se montrait pas si mauvais vendeur, ce qui est pour le moins discutable.

Mais si Sud Ouest a traité, même avec retard, même avec beaucoup de prudence, cette affaire, si Mediabask  a fait honorablement le job, d’autres ont carrément zappé. Est-ce le rôle d’un support de presse de ne pas parler d’une information quand elle gêne ?

« Si La Semaine du Pays basque avait eu huit pages de plus, c’est certain on aurait traité l’affaire » m’a affirmé en souriant le directeur de la publication, qui s’est montré au téléphone passionné par cette enquête mais s’est bien gardé de faire quoi que ce soit sur le sujet. Évidemment quand on a été inconditionnel de Brisson, avant de trouver subitement en 2014 Veunac « humaniste et moderne », il est plus sage de botter en touche et d’éviter les sujets qui fâchent.

Les journaux se plaignent d’une désaffection de leurs lecteurs, mais est-ce si étonnant avec une façon aussi surréaliste de traiter l’information ?

Dormez, braves gens…

Voici un autre exemple d’information qui relève du brouillarta délibéré. Diriez-vous, si vous gagnez 3 000 € par mois et dépensez 6 000 €, que votre situation financière est excellente ? Certes L’Hôtel du Palais a connu un bel été, ce qui réjouira tous les contribuables biarrots. Certes Sud Ouest a traité la saga Hôtel du Palais avec vigilance, mais quand on sait que d’ici quatre ans, il va falloir pour conserver la norme palace effectuer entre 50 et 70 millions d’euros de travaux, somme dont ne dispose pas la Socomix, est-il raisonnable de diffuser sans la moindre nuance des messages aussi optimistes ?

11 réflexions sur “Parfois, la presse se fout de nous…

  1. Ceci explique le succès de ton blog, du Canard, de Médiapart et de toute autre média qui fait le job de journaliste (comme Ruffin le dit très bien pas de porteur de brosse a reluire pour plaire aux princes qui nous gouvernent). En 2017 prendre les citoyens pour des gogos est risqué, ce qui explique le déclin d’une presse qui n’a plus rien à dire depuis qu’elle coupe dans les budgets reportages/enquêtes pour virer des journalistes trop couteux et les remplacer par des pubs pour les produits de Bernard Arnault et al.

    Vive les Média libres ! Soutenez tous ceux qui ne proposent pas de publicité c’est en général un gage d’indépendance et encore longue vie à Bisque Bisque Basque !

    • Que je suis d’accord avec vous Paul, faire le job de journalisme pour dénoncer les malversations connues et ce, que l’on soit de droite ou de gauche peu importe, voilà qui devrait être relaté dans le quotidien le plus connu (mais de moins en moins acheté). Merci à Bisque Bisque Basque d’exister. Ce journal Sud-Ouest est trop « soumis » aux gens élus qui une fois élus se « rêvent » complètement et se croient tout permis. Donc ce quotidien ne fera, ne dira jamais rien c’est factuel. Heureusement qu’il y a les réseaux sociaux pour que nous, citoyens, avisons et ce n’est que le début du commencement. Les municipales 2020 arrivent à grands pas et j’ai l’impression que les « installés » ont du soucis à se faire…

  2. on sait tres bien que sud-ouest est a la botte de tous les notables du coin particulierement ceux de droite!!!! quand a la semaine n en parlons pas!!!

    • Un quotidien léche cul n’est pas plus de droite que de gauche- Il vît de ses lecteurs,ses abonnés ,ses publicités ..

  3. Misère de nos medias ayant pignon sur rue, en effet.
    Absence totale de courage, de désir de suivre avec pro-activité le peuple de France dans sa volonté pourtant clairement exprimée cette année d’en finir avec la perversité, la corruption, l’enrichissement sans cause des élus.

    Foin de droite ou de gauche, on s’en fout, complaisance et prudence de Sioux tous azimuths…
    Voire collusion. C’est ce qu’on nomme le « complexe politico-médiatique » et c’est assez écoeurant.

    C’est ce qui explique sinon justifie les initiatives de révolte – parfois excessives dans l’expression – du type Boulevard Voltaire…

    Qu’importe, il y a les citoyens, amoureux d’honnêteté et de désintéressement. Et de moralité de la vie publique. Et parmi eux ceux qui sont décidés à faire du RamDam sur les turpitudes avérées des élus.… Ils vont se développer, se répandre, je vous le garantis, et ne lâcheront rien.

    Dans notre cher Pays basque et dans les Landes, il y a de quoi faire, à un point ahurissant…

    • Bien sur M, SCHNECK mais ce n’est pas vous qui pratiquez le slalom politique ,façon léche botte aussi ,gauche droite … Avez-vous été proche de Mm ROYAL du côté du Poitou,comment trouvez vous Limoges ?

  4. La servitude des médias est bien compréhensible dans un pays ou la presse écrite est maintenue en vie grâce aux subsides étatiques. Notre grand quotidien régional a perçu aux derniers relevés de 2015 la somme de 1 139 971 euros en aides diverses pour lui éviter de sombrer. C’est donc à l’aune de cette manne que se mesure son indépendance rédactionnelle.

    • Bien vu Sirius ! en effet soit la presse appartient aux marchands de canons soit elle est dépendante de l’état. La FR le pays ou un journaliste doit obtenir une accréditation pour pouvoir exercer (carte de presse) …. la laisse sous le cou pour mieux les tenir en respect.

  5. Sans trop de naïveté, l’argent public dont les journaux ont besoin, aussi bien que la carte d’accréditation de journaliste, me semblent être des sujets en grande partie étrangers à la déontologie et au courage professionnel.
    C’est un peu le même sujet que l’indépendance des magistrats…
    Les médecins sont directement ou indirectement payés par l’argent public. Trahissent-ils pour cette raison le serment d’Hippocrate?
    Un avocat commis d’office ou payé par une assistance judiciaire va-t-il chercher à faire plaisir au Parquet ou à l’État?
    Trop facile est l’argument « Qui paye commande »… La société est complexe et la réalité quotidienne moins manichéenne…

    • Il est étrange que la France ne s’émeuve pas de ces situations de verticalité du pouvoir scandaleuses : si les propriétaires des journaux dépendent de la commande publique, pensez vous sincèrement que ces derniers vont mordre la main qui les nourrit? Si les subentions publiques leur permet de continuer d’exercer, pensez vous qu’il vont critiquer le pouvoir ?

      Devoir soumettre l’exercice de la profession de journaliste à l’obtention d’un sésame attribué par l’exécutif est inacceptable. Un médecin n’émet pas d’opinion qui peut déplaire aux puissants, aux oligarques, et ainsi former l’opinion du public. Votre comparaison sur ce coup ne me parait pas correcte.

      La France est un cas unique au sein des démocraties modernes Mr Schneck. Dans aucun pays du Nord (ou anglo-saxon) une telle situation d’hyper concentration des médias aux mains des seuls marchands de canons ou oligarques n’existe à une telle proportion (ni par ailleurs les subventions de l’état pour maintenir des journaux moribonds de ce qu’ils n’ont plus rien à dire (pour la majorité d’entre eux)).

      La dernière « interview » surréaliste de Macron par Delahousse n’est pas possible en Allemagne, en Suisse, au Pays-Bas you name it. Delahousse a une carte de presse. Pourquoi pensez vous qu’ils l’ont choisi lui et pas Plenel pour interviewer notre bon Roi ?

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