Veunac tente toujours de noyer le canasson

Après l’avoir refusée à grands cris, Veunac accepte une enquête sur la vente des écuries de Parme… En espérant se dédouaner dans une affaire où sa responsabilité est totale.

Ce n’est plus une mairie, c’est une citadelle assiégée…

Surtout levez le nez quand vous passez devant la mairie de Biarritz, car entre les embusqués planqués derrière leurs meurtrières pour décocher un carreau d’arbalète, les minutieux qui font chauffer la poix et l’huile bouillante à l’abri des machicoulis et les vaillants qui fourbissent leurs épées en salle d’armes dans l’attente de l’assaut final, la mairie de Biarritz a tout d’une forteresse assiégée, où le connétable Michel Veunac de la  Bigueyrie, ne sait plus à quel saint se vouer, en dehors des preux chevaliers Lafite, Claverie et Destizon, trois nobliaux d’envergure locale avec qui il est préférable de ne pas partir à la guerre.

Conscient de ne s’être guère montré à son avantage dans cette affaire qui sent vraiment le crottin, le connétable hésite sur la croisade à entreprendre pour redorer son blason où figure cette fière devise : « Sur un malentendu, ça peut marcher ». Michel Veunac de la Bigueyrie ne peut trop charger son service d’urbanisme qui n’est pour rien dans ce fiasco, sous peine de fronde assurée. Le même évite aussi de s’appuyer sur une majorité disparate à qui il a menti éhontément à plusieurs reprises et redoute la colère de l’acquéreur initial Jimmy Malige, grugé magnifiquement et décidé à contester l’annulation de la vente. On a connu situation plus confortable.

Le maire fait des erreurs et ce sont les citoyens qui vont supporter les frais d’une enquête visant à blanchir le maire.

Et ce n’est pas l’annonce par Sud Ouest (14/12) de l’ouverture d’une enquête confiée à « un cabinet extérieur et indépendant » qui va rassurer les contribuables biarrots bernés dans cette affaire. Une fois de plus, nous allons devoir mettre la main au porte-monnaie et payer fort cher un de ces audits à l’eau tiède qui, en conclusion, finira par estimer qu’il y a eu dysfonctionnement des services avant d’absoudre totalement notre malheureux premier magistrat en butte au courroux de la populace. Si ce n’est pas une façon de noyer le canasson, ça y ressemble…

Il existe pourtant d’autres solutions, gratuites et efficaces, comme on le verra un peu plus tard. Mais pour aider ces futurs enquêteurs qui, par ces temps de frimas, pourraient hésiter à sortir de la mairie, Bisque, Bisque, Basque ! va se faire un plaisir de remettre les faits en perspective. 

Une aberration de vendre en 2017

Tous les témoignages au sein de la mairie le confirment. L’urbanisme n’a jamais eu accès au dossier sur la cession des écuries de Parme, Michel Veunac en ayant fait une chasse gardée et affirmant qu’il agissait pour le bien de la Société des Courses de Trot. Étrange affirmation quand on y regarde de près. Certes, la situation financière de la Ville n’est pas brillante et l’addition qui arrive pour rénover L’Hôtel du Palais semble aussi monstrueuse que la vague Belharra, mais rien ne justifiait la hâte à vendre cette parcelle. N’importe quel père de famille sait qu’un bien se vend beaucoup moins cher s’il est loué au lieu d’être libre (30% de décote selon l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq). Par ailleurs l’hippodrome des Fleurs étant en totale réfection, la Société des Courses se retrouve avec un vrai problème pour loger ses chevaux. Michel Veunac étant convaincu d’être triomphalement réélu en 2020, ainsi qu’il l’affirme à tous ceux qui lui font la politesse de l’écouter sans sourire, on ne comprend vraiment pas la fébrilité manifestée pour cette vente. La bonne gestion voulait incontestablement d’attendre trois ans. Alors pourquoi tant de hâte ?

Une opération très calculée

On ne voit jamais un maire vendeur d’un bien se plaindre d’une estimation trop haute des Domaines. C’est pourtant ce que fait Michel Veunac, défiant ainsi toutes les lois usuelles de la vie publique. Au début de l’année 2017, le domaine de Bigueyrie est estimé par les Domaines à 920 000 €. Quelques mois plus tard, suite à un coup de téléphone du maire qui ne se montre pas en l’affaire un ardent défenseur des intérêts biarrots, les Domaines ramènent l’évaluation à 545 000 €. Entre ces deux estimations, le maire a écrit à la Société des Courses pour lui demander de se porter acquéreur. Et non l’inverse.

Un détail qui a son importance et qui explique la suite.

Le maire sait parfaitement que la Société des Courses, comme nombre de sociétés sportives, n’a pas un fifrelin pour acheter. Mais avec cette lettre et la menace de perdre la jouissance des écuries si elle ne trouve pas un acquéreur décidé à respecter le bail, Bertrand Testard, le vice-président, se sent obligé de se démener. Et sort de sa manche un acquéreur miracle qui évitera à d’autres petits malins qui avaient parfaitement repéré la constructibilité du terrain d’apparaître et d’attirer l’attention des conseillers municipaux sur cette cession que tous ont ratifié en étant persuadés rendre service à la Société des Courses. Libre à ces petits malins dans trois ans de faire une proposition à l’acquéreur et de réaliser un « jackpot » suivant l’expression opportunément employée par Frédéric Domège.

L’ex-acquéreur conteste l’annulation de la vente

En choisissant un acquéreur, Jimmy Malige, qui ne connaissait personne, qui n’était pas membre de la Société des Courses contrairement à la présentation qui en a été faite et qui ne savait même pas que le terrain était constructible puisqu’il voulait juste réaménager les bâtiments existants, le maire de Biarritz pensait ne susciter aucune curiosité et pouvoir mener sa petite opération très tranquillement. On connaît la suite.

Les lecteurs sagaces de Bisque, Bisque, Basque ! auront d’ailleurs remarqué que malgré la pluie de communiqués, conférences de presse et autres opérations d’enfumage, le connétable Michel Veunac de la Bigueyrie s’est bien gardé de démentir les informations essentielles livrées par le manant de ce blog.

– Personne ne connaît l’acquéreur, mais l’urbanisme ne le rencontre pas, ne prend aucun renseignement sur sa capacité financière et se contente d’une simple lettre adressée au maire. Et, laxisme encore plus incroyable, on dit à Malige, après lui avoir annoncé par téléphone le 30 septembre la ratification par le conseil de sa proposition, qu’il ne déboursera les premiers centimes qu’en avril 2018. Même pas un chèque de cinq euros en guise de garantie… On est décidément très cool à la mairie de Biarritz.

– Suite à des questions posées le 22 novembre par Bisque, Bisque, Basque ! Jimmy Malige est convoqué par le service de l’urbanisme le lundi 26 novembre, à la veille du premier article à paraître. C’est la première fois qu’il met les pieds à la mairie de Biarritz. Là, on lui demande de dire qu’il est prêt à raser les bâtiments existants, ce qui minimiserait la constructibilité du terrain et rendrait l’opération plus présentable. Ce qu’il refuse, estimant ne pas avoir les compétences requises pour ce projet. On lui demande alors s’il est prêt à renoncer à la vente. Pourquoi donc, si tout est clean ? Excédé, le jeune promoteur accepte avant de se raviser, estimant qu’il a été dupé.

– L’affaire prend désormais un tour juridique puisque Jimmy Malige a demandé à son avocate Maître Sayagh-Farré de contester l’annulation de la vente puisqu’il souhaite toujours acquérir les écuries de Bigueyrie.

Le silence embarrassé des Abertzale

Ils sont intraitables sur la défense du Pays basque et sur tout ce qui touche à l’urbanisme, ce qui est totalement respectable de la part de patriotes décidés à préserver notre belle région. Mais, un peu comme les Verts au niveau national, lorsqu’ils se retrouvent aux manettes, le propos politique se nuance sérieusement. Comment se fait-il que sur Biarritz et l’affaire des écuries de Bigueyrie où un joli bétonnage se préparait, pas une voix abertzale ne se soit faite entendre ? Peio Claverie et Michel Poueyts sont au soutien du maire et il ne faut pas contrarier leurs intérêts tactiques du moment ? La politique, ce n’est pas cela et ce silence a de quoi surprendre. Voire même d’agacer les plus sympathisants d’entre nous.

Pugnace Sandrine Derville 

Sandrine Derville a balancé un joli pétard en plein conseil municipal d’Anglet.

Opposante au maire de Biarritz, Sandrine Derville, lors du conseil municipal du 13 décembre n’a pas hésité à poser les questions qui fâchent et à mettre la majorité dans l’embarras.

Comme le dit l’opposante avec une fausse ingénuité amusante, « Si un promoteur a proposé 650 000 €, ce n’est sans doute pas par altruisme, mais bien parce qu’il savait pouvoir y réaliser une opération intéressante »

Écoutez bien la réponse de Claude Olive et remarquez comme il pédale sur le sujet et le nombre de fois où il répète « C’est une affaire biarrote » … « Les affaires biarrotes sont les affaires biarrotes » … « Vu l’ampleur qu’a prise cette affaire ».

https://www.anglet.fr/vie-municipale/conseil-municipal/voir-le-conseil-municipal/

Chargé de l’urbanisme, Jacques Veunac est visiblement passionné par cette affaire des écuries de Bigueyrie.

Le débat sur les écuries Bigueyrie dure 13 minutes de 2 h 17 à 2 h 30 et mérite vraiment d’être scruté avec attention. Avec ce demi-aveu d’Olive : « Vous ne pouvez pas avoir les mêmes comparaisons de prix si vous faites du logement social ou du logement privé. Nous ne sommes pas des promoteurs, nous, nous sommes des bailleurs sociaux » Tiens donc, il y aurait donc un promoteur derrière toute cette affaire ?

Mais le plus amusant pour tous ceux qui se piquent d’observation est de scruter pendant ces treize minutes l’attitude de Jacques Veunac. Chargé de l’urbanisme, le frère de Michel devrait être passionné par le sujet. Au lieu de cela, il regarde ses mains, puis ses papiers, avant de s’intéresser à ses chaussettes et de revenir à ses mains, tandis que le maire s’agite. Pas un mot, ni un regard à ses collègues. Bizarre, non ?

Quand les maires trichent avec la loi

Sandrine Derville, qui en connaît décidément long sur les pratiques en usage sur la Côte basque, soulève un deuxième problème très intéressant lors de son intervention, qui rejoint le refus que m’avait opposé la ville d’Anglet de donner la contructibilité des parcelles en vente.

« Si aucun certificat d’urbanisme n’a été délivré, sous quelle forme la ville de Biarritz a-t-elle été informée de limiter à 583 m2 les constructions à édifier ? Au passage, qu’est-ce qui justifie cette surface, pour quelles motivations, alors que le PLU, document opposable en matière d’urbanisme, autorise une surface maximum de 874 m2 pouvant aller jusqu’à 1283 m2 si les constructions actuelles sont conservées ? De toute évidence, c’est une décision de votre part de minorer le droit à construire que le PLU autorise. D’une part, elle n’a semble-t-il aucune valeur légale pour l’estimation de ce terrain. D’autre part, comment l’expliquez-vous ? »

Oh la bonne question que voilà, qui plonge Olive dans le désarroi. Car les petits potentats locaux devenus maires s’arrogent des droits que la Loi ne prévoit pas. Le PLU, ou Plan Local d’Urbanisme, doit être le même pour tous. Ce qui veut dire en clair que si un promoteur décide de construire dans cette zone un bâtiment neuf de deux étages pour une surface de 874 m2, il en a parfaitement le droit. Dire « Je ne veux pas qu’on bétonne » est une hérésie puisque la Loi l’autorise. Mais à force d’arguties, de lambinages et de contestations au moment du dépôt des permis de construire, les maires réussissent à gagner des années en sachant que les promoteurs sont généralement pressés. Didier Borotra était un grand spécialiste de ce genre de combines destinées à rendre le pouvoir au maire et à faire de tout promoteur un obligé. Mais ces agissements sont tout à fait contraires à la Loi et méritent d’être combattus.

Un audit ? Non ! Un magistrat de la Chambre régionale des Comptes ? Oui !

La Chambre Régionale des Comptes offre beaucoup plus de garanties d’impartialité dans ce dossier.

Le lecteur commence à comprendre que cette affaire est un sac de nœuds d’intérêts divers et variés, où les contribuables ont failli être gravement lésés. Et que l’affaire ne se limite pas aux frontières de Biarritz. Un audit où on va faire appel à des amis grassement payés pour dédouaner le maire de Biarritz n’a donc aucun intérêt. D’autant plus qu’une institution, travaillant gratuitement et prévue pour ce genre d’affaires, existe, comme l’a justement souligné Jean-Benoît Saint-Cricq. Il suffit de se tourner vers la Chambre Régionale des Comptes, qui avait déjà fustigé il y a quelques années la gestion Borotra de L’Hôtel du Palais, pour être sûr que le magistrat enquêteur délégué sur place saura rendre un rapport totalement objectif et rétablir la vérité que Bisque, Bisque, Basque ! connaît mais ne peut pas écrire sous peine de poursuites judiciaires, le commanditaire de toute cette embrouille n’ayant rien commis de répréhensible.

Dans sa quête éperdue de la vérité, nul doute que Michel Veunac, qui s’attend mercredi soir à un conseil municipal particulièrement chaud, va proposer à ses « chers collègues » cette solution qui donnerait satisfaction à tout le monde.

֤À moins qu’un citoyen biarrot, exaspéré par toutes ces approximations, ne se décide à porter plainte pour qu’une enquête préliminaire soit ouverte. Une solution dont rêve sans doute le preux chevalier Michel Veunac qui espère pouvoir traverser à nouveau la ville, la tête haute sur son blanc destroyer.

6 réflexions sur “Veunac tente toujours de noyer le canasson

  1. j’ai 15 milles balles sur un PEL : vous êtes sur que je peux acheter le Palais pour 750 K sans avoir à verser d’apport le raser et y construire une résidence genre Victoria Surf 2 ? avec en plus un méga parking sous 20 étage de sous sol réalisé par VINCI et concession sur 250 ans ?

    Veunac nous prends vraiment pour des trompettes. Il faut monter une liste pour les municipales de 2020 rapidement et commencer à travailler sur les dossiers dont cette ville à besoin.

  2. C’est bizarre, beaucoup de petits hasards, de points communs, la mairie, les amis des amis, la société des trots, l’hotel Du Palais, beaucoup de protagonistes qui sont liés !!!!

  3. La troupe du splendid est à biarritz, avec michel veunac le poudré pour michel blanc, un malentendu qui marche déjà depuis mars2014…
    Mais qui est le père noel alors ? Car il parait que c’est une ordure !!!

    Sinon sur la surface potentielle des écuries, n’oubliez pas cette petite phrase du PLU qui précise que le COS est « sans objet ». En d’autres termes, ce n’est pas parce que la construction existante est juste un grand hangars très haut de plafond qu’un promoteur ne peut pas augmenter la surface habitable.
    Ce qu’il faut retenir sur le PLU :
    C’est l’emprise au sol des nouvelles constructions (291.5m2), le nombre de niveaux de cette nouvelle construction (R+2), soit 3×291.5 = 874m2
    et le respect de la volumétrie des constructions existantes.
    Donc rien n’empêche de faire un plancher intermédiaire et donc un R+1 dans la totalité de la grande batisse du fond puisque la hauteur le permet.
    C’est la raison pour laquelle je le redis que 1283m2 reste bien en deçà de la réalité.

  4. Notre pays aura le plus grand mal à remettre son économie productive en marche, tellement les profits liés aux opportunités spéculatives triées sur fond de petits arrangements noués entre amis de circonstances sont attrayants !

    • Vous avez entièrement raison: la corruption gangrène tant de structures privées et publiques que cela affecte la performance de l’économie globale in fine. Les citoyen(ne)s sont pris en otage et ce sont eux qui payent les factures laissées par tous ces truands indélicats qui s’enrichissent en famille.

  5. Bons diagnostics répétitifs dans toutes ces bonnes villes de FRANCE, où les services de l’urbanisme, rois des municipalités au détriment de leurs sujets (Concitoyens) soumis aux acteurs et décideurs, dignes représentants de la corruption locale !

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