Et maintenant, le stationnement open bar !

Recevant les commerçants en colère, la mairie a demandé ce lundi à Streeteo de ne pas verbaliser les automobilistes. La farce continue…

Si vous avez trouvé, ce lundi, que les agents verbalisateurs de Streeteo avaient un peu tendance à musarder au soleil et ne semblaient pas très enclins à balancer de la prune au kilomètre, ne vous étonnez pas : ils ne faisaient qu’obéir à des consignes venues de la mairie et transmises par leurs chefs, leur interdisant de verbaliser en ce beau lundi radieux.

Du côté de la mairie, c’était plutôt « Marche à l’ombre ! ». Courageux mais pas téméraire, Michel Veunac recevait ce jour une délégation de commerçants et avait estimé plus habile de ne pas agiter le chiffon rouge face à ces commerçants qui n’en reviennent toujours pas de la méconnaissance de leur métier manifestée par les élus concernés. Veunac a donc fait du Veunac, balançant des paroles lénifiantes et simulant la plus grande fermeté, ce qui signifie qu’il est sur le point de céder, puisqu’il a annoncé à ses interlocuteurs médusés que sa politique de stationnement était parfaite et qu’il n’y reviendrait pas… avant de proposer une deuxième réunion la semaine prochaine pour faire avancer le dossier.  On prend les paris que Veunac, une fois de plus, va se dégonfler ?

Objectif biarrot : 80 prunes par jour et par agent

Peio qui vit à Paris et vient d’être recruté par Streeteo tout en gardant un œil sur son pays basque natal, a une idée assez précise sur ce qui se passe actuellement : « À Paris, on fait ce qu’on peut, mais on est insultés quotidiennement. Et franchement, la population a raison. En plus les applications qu’on nous a données ne marchent pas toujours. Quant aux scooters avec lesquels on est censé travailler, ils sont très lourds et peu maniables. Il y a déjà eu deux accidents et c’est miracle si nous n’avons pas un mort. Je n’ose même pas imaginer comment ils font dans une ville en pente comme Biarrtiz ! »

Michel Veunac s’admirant dans une glace.

Visiblement, Peio comprend ce que ses collègues biarrots sont en train de vivre : « Ils sont déjà écœurés et rêvent que Veunac dise on fait marche arrière. On souhaite faire de l’humain, du chirurgical, du cas par cas, alors qu’on devient des robots destinés à racketter les automobilistes… Je sais que leur application marche mal et qu’il y a des quartiers entiers dont le Port-vieux où ils ne peuvent pas verbaliser »

Enfin une bonne nouvelle, alors que les chiffres avancés par Peio ont de quoi faire frémir. « On nous demande de faire 400 contraventions par jour. À Biarritz, comme dans toutes les villes moyennes, on attend des agents qu’ils balancent 80 prunes chacun. Un chiffre que les policiers municipaux de Biarritz n’ont jamais réalisé ».

Actuellement, selon Peio, trois agents seulement sévissent sous les couleurs de Streeteo, mais « cet été, ils vont être huit. Ils vont être contents les touristes venus se baigner quand ils vont devoir déplacer leur voiture au bout de trois heures ! »

Peio n’a décidément aucun sens de la hiérarchie. L’essentiel c’est tout de même que les élus puissent stationner gratuitement leur propre véhicule !

Une liste bien opaque de 120 non-verbalisables

Bisque, Bisque, Basque ! a enfin pu toucher du doigt cette fameuse liste, écrite par la mairie et transmise à Streeteo des 120 plaques d’immatriculation à ne pas verbaliser. Sous le sceau du secret, les services de la mairie nous en apprennent de belles sur les passe-droits et autres inégalités déjà mis en place avec cette nouvelle politique : ainsi, les policiers nationaux, bien que n’habitant pas Biarritz, ont droit au tarif résidentiel, ce qui n’est pas le cas des policiers municipaux. Quant aux agents de Steeteo, ils doivent payer plein pot un abonnement à Vinci au parking de la gare du midi.

Pour en revenir à la liste des 120 privilégiés échappant au racket, elle se compose en deux volets. Nominative pour une quarantaine de plaques, elle comporte tout le conseil municipal, ce qui est plutôt logique, puisque ces derniers bénéficiaient déjà d’une carte de stationnement gratuit.

Estrait de la liste de 120 plaques d’immatriculation à ne pas verbaliser. Cette liste, établie par la mairie, a été transmise à Streeteo.

Néanmoins, l’examen du court extrait que nous publions aujourd’hui, montre déjà certaines complaisances. Ainsi le délégué aux mobilités urbaines, Éric Bonnamy, jouit d’une autorisation pour deux voitures, ce qui fait sourire pour ce chantre de la bicyclette. Quant à Bénédicte Darrigade, belle-fille d’un immense champion cycliste, les services de la maire ne savent visiblement pas orthographier son nom.

Reste la deuxième partie de la liste qui se compose de quatre-vingt noms, ou plutôt de quatre-vingt plaques d’immatriculation sans aucun nom, ce qui pose un sérieux problème d’éthique. Les employés communaux – les mauvais esprits que voilà ! – soupçonnent que les noms de certaines épouses d’élus ont discrètement été glissés dans la liste ! Comme si les passe-droits, entourloupes et autres favoritismes étaient une pratique courante dans cette mairie ! Dans cette liste, se trouvent probablement des médecins et autres professionnels qu’il est parfaitement légitime de ne pas verbaliser. Mais, si la mairie ne veut pas que Bisque, Bisque, Basque ! publie la liste complète des plaques minéralogiques « privilégiées », et organise avec les citoyens de la ville une traque aux évadés du stationnement payant, elle serait bien avisée de communiquer tous les noms des bénéficiaires au nom de cette transparence si chère à notre bon maire.

D’autant plus qu’il semblerait que la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) n’aie pas donné la moindre autorisation à ce fichier, ce qui est parfaitement illégal.

Allez, encore du grain à moudre pour l’opposition dans la perspective du prochain conseil municipal !

Streeteo, risée de Paris et bientôt de Biarritz ?

Fumeur de cannabis, conducteur sans permis, ex-délinquant, Streeteo a recruté n’importe qui pour rançonner les automobilistes parisiens… Et ces recrues font évidemment n’importe quoi !

Quand on regarde la page Internet, on pourrait presque croire au sérieux de la société…

Une fois de plus les génies définitifs qui nous gouvernent à Biarritz, ont décidé de matraquer d’abord et de réfléchir ensuite ! Tous ces bons apôtres du civisme qui, notez-le, bénéficient d’une carte gratuite de stationnement et n’hésitent pas comme le maire à abandonner leur véhicule sur le trottoir devant chez eux, n’ouvrent à l’évidence jamais un quotidien national. Car ils se seraient aperçus que la société à qui ils ont confié le racket des automobilistes de la Ville est plus que décriée à Paris. « À croire qu’ils ont recruté les deux cents premiers à la sortie de taule ! » affirme un policier au quotidien « Aujourd’hui » (24/1).

Dès son élection de maire, Michel Veunac, grand spécialiste du stationnement sauvage, n’a pas hésité à garer son véhicule sur un trottoir devant chez lui. C’est beau, le sentiment d’impunité!

En effet les nouveaux cow-boys de Streeteo verbalisent à tour de bras, y compris les handicapés, les médecins avec caducée sur le pare-brise ou même… des voitures de police stationnées sur des places réservées. « C’est de l’incompétence ! », fulmine Yves Assioma du syndicat Alliance Police.

Alors, comme les policiers parisiens peuvent être parfois très joueurs, ils ont lancé une opération appelée « Chasse au pokémon. Attrapez-les tous ! » où ils épluchent systématiquement le passé des nouvelles recrues de Streeteo. Et ce n’est pas triste ! Quelques fichiers S, des anciens délinquants reconvertis en chasseurs d’automobilistes et même, parmi les Streeteo au volant, un chauffeur sans permis de conduire et deux contrôlés positifs au cannabis.

http://www.20minutes.fr/paris/2208147-20180124-paris-racket-harcelement-opposition-monte-creneau-contre-reforme-stationnement

Sans compter tous les bugs de fonctionnement au moment de payer l’amende. Au point qu’Anne Hidalgo en personne s’est émue de la situation.

https://www.marianne.net/societe/stationnement-paris-sous-une-pluie-de-pv-et-de-bugs-au-moment-de-payer-l-amende-fps

Des parcmètres trop éloignés

Un exemple parmi tant d’autres, rue Étienne Ardoin où le parcmètre est caché derrière un renfoncement et pas facile à trouver.

Rien ne prouve qu’à Biarritz, le recrutement effectué par Streeteo soit aussi approximatif, mais pour avoir observé depuis quelques jours le comportement de ces nouvelles terreurs du bitume, plus rapides à verbaliser que Lucky Luke à défourailler, il ne fait aucun doute que la mairie va devoir très vite revoir sa copie sous peine d’une fronde majeure. Si nos élus payaient comme tout le monde leur stationnement, ils auraient noté que les parcmètres sont parfois fort éloignés de l’emplacement de stationnement, voire même dans une rue voisine. Mais, dans leur volonté de racketter l’automobiliste biarrot, et de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville pour financer de somptueuses réussites comme la Cité de l’Océan, aucun n’a remarqué un petit détail : le temps de scanner la plaque minéralogique d’un véhicule et de dresser contravention prend trente secondes maximum à un agent Streeteo. C’est-à-dire beaucoup moins que le temps nécessaire au malheureux automobiliste biarrot pour dénicher un parcmètre en état de marche, taper son numéro d’immatriculation et obtenir son ticket. D’où ces contraventions totalement injustes, où l’automobiliste de bonne foi se retrouve verbalisé.

Ce zèle des nouveaux cow-boys a une explication. Toujours dans l’édition d’« Aujourd’hui » (24/1) une recrue raconte : « Quand tu n’as pas réussi à faire tes 400 voitures, le chef te dit « Si ça continue, tu n’auras pas ta prime ». Édifiant, non ?

Une méconnaissance des contraintes des commerçants

Si vous voulez comprendre pourquoi cette décision municipale est absurde et scandaleuse, lisez le dossier très complet publié sur le sujet par le blog « The Blond Biarrote ».

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/01/24/mobilisation-contre-laugmentation-du-prix-du-stationnement-a-biarritz/.

Nos élus qui se voient souvent beaucoup plus grands qu’ils ne le sont à force de fréquenter à l’Hôtel du Palais le gratin politique du moment, n’ont pas compris que Biarritz n’est pas Bordeaux ou Paris, où les possibilités de transports en commun sont nombreuses.

Le témoignage de Sonia, patronne du Bar’bu, que Michel Veunac doit rencontrer aujourd’hui avec une délégation de commerçants mécontents, est tout à fait édifiant. Habitante de Pétricot, elle n’a pas droit à une carte mensuelle de résidente puisqu’elle vit dans une zone de stationnement gratuit. Et quand elle vient travailler avec son véhicule, car il est difficile de faire autrement pour un commerçant qui a toujours des marchandises à déposer, elle a l’obligation sous peine d’amende de déplacer son véhicule toutes les trois heures. Et ses clients, pendant ce temps, ils patientent ?

https://www.change.org/p/association-du-non-%C3%A0-la-nouvelle-politique-de-stationnement-%C3%A0-

Dimanche soir, une pétition contre la politique de stationnement imaginée par la mairie avait déjà recueilli plus de 5000 signatures. Courageux mais pas téméraire comme on le connaît, notre Michel Veunac va certainement distribuer les bonnes paroles, tenter de gagner du temps, avant de faire machine arrière sur les injustices les plus criantes. Mais que d’énergie gaspillée, de temps perdu et de mépris abyssal des Biarrots.

… Vivement 2020 ! Vivement l’arrivée d’un maire digne de ce nom qui ne signera pas n’importe quoi avec n’importe qui !

POUR SIGNER LA PÉTITION :

biarritz?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&j=229263&sfmc_sub=201120117&l=32_HTML&u=41927553&mid=7233052&jb=374197

Une liste de non verbalisables ?

Selon plusieurs sources, Streeteo aurait reçu un listing informatique d’une centaine de véhicules à ne verbaliser en aucune circonstance à Biarritz. Nul doute que Michel Veunac va se faire un plaisir de communiquer à Bisque, Bisque, Basque ! la liste nominative des heureux bénéficiaires. À moins que ce blog ne demande pas son avis au maire comme il l’a fait pour les écuries de Bigueyrie…

Encore un exploit de l’incorrigible Veunac

Une fois de plus, le maire de Biarritz a joué perso dans le dossier de l’ancien garage Honda, suscitant la colère de sa majorité qui se demande à quoi elle sert et pourquoi toutes ces cachotteries.

Le projet de bâtiment présenté par le cabinet Camborde. À Biarritz, avec Veunac, une conférence de presse vaut permis de construire !

Tandis que certains ne reculent jamais devant un dernier verre, d’autres ne ratent jamais l’occasion de prononcer une phrase creuse et sentencieuse. Samedi 19 janvier, les membres de la majorité municipale ont eu droit à un séminaire organisé par le duo Veunac-Lafite. Au dire des participants, cette réunion qui avait pour thème « La gouvernance » s’est avérée d’un ennui mortel. Les deux compères, qui ne peuvent pas se blairer, ont monopolisé le crachoir pour expliquer, de lin blanc vêtus, que la majorité est une équipe et que seul le collectif compte. Comme Laurent Ortiz avait jugé bon de s’abstenir, Lafite en a fait dix louches sur l’absent et la nécessaire discipline majoritaire, citant à plaisir Chevènement et son célèbre : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne », un adage que l’adjoint aux Finances pourrait s’appliquer à lui-même puisqu’il est membre de la communauté de communes qu’il a tant critiquée. Lassée par ce bavardage interminable, Ghislaine Haye pose alors la question qui fâche : « Michel, où en est l’enquête sur les écuries de Bigueyrie ?»  Agacé, le beau parleur à écharpe tricolore, s’énerve et répond sèchement : « ça avance ! » Et prière de ne pas poser d’autre question ! Voilà l’enthousiasmante gouvernance qu’on propose à la majorité municipale !

Panique dans les services

Mais les membres de la majorité n’imaginent pas, en quittant avec soulagement cet interminable séminaire destiné à enfoncer des portes ouvertes, la dure semaine qui les attend et la nouvelle leçon d’ingouvernance que va leur infliger Veunac, En effet le maire de Biarritz, après avoir plaidé en décembre l’erreur qui ne se renouvellera pas, n’a visiblement rien retenu du fiasco des écuries de Bigueyrie et recommence ses petits coups en douce qui lui ont valu toute cette semaine de nouvelles tensions avec ses adjoints.

C’est tout d’abord l’annonce d’une conférence de presse, mercredi matin, organisée par la Caisse régionale du Crédit agricole pour présenter son projet de bâtiment flambant neuf, à la place de l’ancien garage Honda, qui sème la panique dans le service urbanisme, sur le qui-vive depuis qu’on a voulu lui faire porter un chapeau beaucoup trop grand pour lui, avec les écuries de Parme.

Tout le monde ne peut que se réjouir de la création d’une pépinière d’entreprises, mais l’urbanisme s’étonne de voir un bâtiment dessiné par le cabinet Camborde architectes, sans la moindre concertation avec la Ville. Prudents, on fouille et refouille les dossiers en cours, avant de constater que pas la moindre demande de permis de construire n’a été déposée. Une carence d’autant plus agaçante que plusieurs élus de la Ville avaient imaginé profiter de cet emplacement disponible pour imposer aux acquéreurs une petite placette, avec un bâtiment en retrait.

Engueulades entre élus

L’article de Sud Ouest, (25/1)

Cette surprenante absence de dossier et de permis de construire remonte par l’intermédiaire des services juqu’aux élus. Lafite, Motsch, Barucq affirment n’être au courant de rien et s’étonnent.  Jusqu’à ce que Michel Veunac survienne en affirmant que c’est lui et lui seul qui suit ce dossier et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes communaux. Grosse colère de Lafite et de ses adjoints qui en ont marre d’être systématiquement mis devant le fait accompli. Les noms d’oiseaux fusent, preuve que le séminaire sur la gouvernance de la majorité n’avait peut-être pas beaucoup de raisons d’être. Veunac, face à la fronde, tente de minimiser l’affaire, sachant qu’une nouvelle réunion de majorité aura lieu lundi prochain et qu’elle pourrait être animée : « Vous ne comprenez rien. J’ai besoin du Crédit Agricole !» Oh, le bel aveu que voilà !

Les yeux de Chimène pour le Crédit Agricole

Tous ceux qui ont patienté des mois avant d’obtenir un permis de construire, vont sans doute s’étonner des facilités faites par la Ville au Crédit Agricole.  Et sourire un peu jaune quand ils apprendront que c’est cette banque qui a avancé l’argent permettant de financer les travaux extérieurs de l’Hôtel du Palais. Et que c’est probablement cette même banque, les postulants ne se bousculant visiblement pas au portillon, qui prêtera les fonds nécessaires à la Socomix pour la deuxième tranche de travaux, qui devrait flirter avec les cinquante millions d’euros.

Le maire de Biarritz continue d’être la risée des réseaux sociaux, en particulier sur Twitter avec l’excellent « Michel Vieunac »…

On comprend mieux maintenant la câlinothérapie appuyée pratiquée par Michel Veunac. Mais pourquoi ne pas associer ses adjoints à la réflexion, ce qui écarterait tout doute et suspicion, à une époque où la moralisation de la vie publique devient plus que jamais une nécessité ?

Incapable de tirer les leçons du passé, Veunac qui veut faire du Borotra, sans en avoir les capacités, avait décidé de faire cavalier seul dans le dossier des écuries de Bigueyrie. Cette fois, pour faire plaisir à ses amis du Crédit Agricole, le sociologue qui adore le béton, faisant fi des compétences de ses services, n’en fait qu’à sa truelle.

La farce va encore durer longtemps ?

La dure condition du godillot

Lettre ouverte à Laurent Ortiz qui vient de prendre ses distances avec Guy Lafite et de quitter le groupe « Esprit Biarritz », tout en conservant précieusement ses mandats.

Laurent Ortiz a les épaules solides, mais la démarche politique hésitante.

Mon cher Laurent,

Pardonne-moi ce tutoiement alors que nous ne nous connaissons pas. Comme je te regarde à l’occasion de chaque conseil municipal, j’ai vraiment le sentiment que tu fais partie de mon paysage familier. Certes, tu n’es pas le plus volubile des conseillers municipaux et l’aumône de la parole t’est rarement accordée par ceux qui dirigent la ville aujourd’hui. Mais comme tu as un visage expressif et du mal à cacher tes sentiments, ce qui est un défaut en politique mais une qualité dans la vie courante, je me suis souvent amusé, lorsque le caméraman municipal condescend à accorder quelques secondes d’image aux godillots de la majorité, à détailler tes colères rentrées, tes indignations et tout ce que tu endures depuis 2014. Et j’ai constaté, Laurent, que tu avais souvent la fumée qui sortait des oreilles, lors des conseils municipaux, ce que je comprends sans peine.

Alerté par Sud Ouest (20/1), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton texte sur ta page Facebook où tu annonces, ce qui est à ton honneur, que tu vas te « positionner aux côtés de tes amis d’enfance », plutôt qu’aux côtés de cette majorité improbable qui tire à hue et à dia depuis des mois. J’ai aussi scruté ton interview dans Mediabask et je dois reconnaître, malgré la sympathie que j’éprouve pour ta démarche, que j’ai souvent eu le sentiment de me retrouver dans le journal intime d’un puceau venant de découvrir les joies de la chair et vivant son premier chagrin d’amour.

L’illusoire équipe municipale

Voilà bientôt quatre ans que tu as été élu et je suis surpris que tu aies mis aussi longtemps à comprendre. Que pouvais-tu attendre d’une majorité aussi improbable composée de centristes, de transfuges de l’UMP, de gens de gauche et d’abertzale ? Comme le guetteur devant une banque, tu as contribué à ce que des braqueurs sans convictions ni programmes s’emparent de la Ville et des avantages sonnants et trébuchants qui vont avec. Et, depuis, comme il n’y a ni grand timonier, ni programme, ni envie de faire ensemble, tu manges régulièrement ton chapeau, obligé que tu es au nom d’un illusoire pacte de la majorité, de voter comme ton groupe, que ce soit sur l’EPCI ou le confortement des falaises de Marbella. Tu n’as pas un peu le sentiment d’avoir été le dindon de la farce électorale ?

Lafite sera toujours Lafite

Accablé par ton récent chagrin d’amour, tu sembles aussi découvrir qui est le vrai Guy Lafite : « Il n’y a au sein du groupe aucune place pour le débat, pour la concertation. Nous devons obligatoirement penser comme lui », affirmes-tu à Mediabask. Mais comment se fait-il que tu sois le dernier à découvrir ce que tout le monde sait à Biarritz ? Lafite est insupportable d’arrogance et n’a l’esprit d’équipe que lorsqu’il a besoin qu’on roule pour lui. S’estimant d’intelligence supérieure, il ne cache jamais son mépris pour la base et les demeurés qui peuplent sa liste. Tu étais un de ces godillots de la majorité, Laurent, un de ces pions à qui on demande de la fermer et de marcher au pas. François Amigorena, qui était le plus à même de faire de l’ombre à l’énarque vaniteux en a fait les frais le premier, il était normal que ton tour arrive un jour. Bienvenue en politique !

La parole libre devrait être la norme

Ensuite, tu annonces, comme quelqu’un qui prépare un exploit retentissant, que tu vas rester « fidèle à tes amis d’enfance » et retrouver ta « liberté de parole et de vote ». L’ancien rugbyman que je suis, fort de deux décennies de plus que toi, te dira que l’amitié est une vertu suprême et que rien ne doit mettre en péril son lien avec ses amis. Je t’approuve donc pleinement. Mais tu ne te sens pas un peu gêné aux entournures quand tu annonces que tu vas voter librement ? Tu es donc en train de nous dire que depuis quatre ans, la majorité municipale vote « aux ordres » ? Figure-toi que cela s’est vu. Est-ce qu’un conseil municipal ne devrait pas être une assemblée de « sages » où chacun dans son désir de servir au mieux la ville exprime en toute simplicité ses convictions au lieu de se plier au diktat d’une majorité municipale plus préoccupée par ses intérêts que par les citoyens ? Si tu as obtenu des suffrages, c’est pour que tu donnes ton opinion, je te le rappelle, et non pour devenir le porte-serviette des Veunac ou Lafite. Il est vraiment dommage de constater qu’il t’a fallu presque quatre ans pour le comprendre.

Casser les chaînes, toutes les chaînes

Ligoté à ton fauteuil municipal, tu as décidé de te libérer et tous les amoureux de la vie publique ne peuvent que s’en réjouir, tant le fonctionnement de cette majorité municipale, où les coups-fourrés succèdent aux défections, pose problème. Malheureusement, si tu as réussi à retrouver le contrôle d’une main, tu as gardé tes entraves et tes boulets aux pieds, comme tu l’avoues toi-même avec une certaine ingénuité dans ta page Facebook : « Je reste toujours membre de la majorité municipale tout en continuant avec engagement et respect ma délégation aux Sports de glisse, mes mandats au sein de l’Agglomération Pays basque et de l’Association nationale des Elus de Sport ».  Et tu crois nous faire plaisir en te drapant dans tes mandats que, bien entendu, tu poursuis par pur dévouement ? Tu penses sincèrement que tes nouveaux amis Veunac et Lafite vont te faciliter la vie auprès des surfeurs et te laisser briller ? En politique, encore plus qu’ailleurs la demi-mesure est impossible. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue de l’opposition. Peu après le parti socialiste lui a demandé de devenir porte-parole en remplacement de Galery Gouret-Houssein. Avant d’investir Guy Lafite (encore lui !) aux départementales de 2010, alors qu’il fricotait avec Borotra dans la majorité. Tu crois que mon épouse est restée en affirmant qu’elle voterait librement dans l’intérêt des Biarrots ? Elle est partie immédiatement, cédant sa place à Bernard Ithurbide, et j’admire sa façon de faire de la politique.

La politique est l’activité humaine la plus cruelle qui soit. Je sais que ta peine est sincère, Laurent, ainsi que ta révolte, mais la liberté à moitié, ça n’existe pas. Tu n’aurais été crédible dans tes propos qu’en renonçant à tous tes mandats, quitte à te représenter en 2020 dans une liste qui te corresponde, avec des convictions encore plus établies. Là, comme tes amis, j’aurais dit chapeau ! Car entre nous, tu ne prends pas grand risque en conservant tes mandats, puisque Veunac, comme l’a démontré le conflit l’opposant à Nathalie Motsch dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, n’est même plus majoritaire au sein de sa majorité et dans l’incapacité de retirer sa délégation à quiconque. Ce que tu fais en reprenant ta liberté tout en conservant tes mandats, n’a pas grand sens, Laurent, et ressemble juste à une posture.

Si tu es capable de percevoir au-delà des mots mordants la sympathie que j’éprouve pour toi, Laurent, partageons une bière et je te raconterai l’histoire d’un chanteur des années soixante-dix, Henri Tachan. Son héros affirmait : « Dans mon parti, Y’a qu’moi et c’est déjà l’merdier ! ». Assez prophétique, non, et tout à fait adapté à Biarritz ?

Soutien inconditionnel à Oloronblog

Marre de ces élus qui dégainent la matraque judiciaire dès qu’un citoyen ne leur cire pas les pompes !

C’est un de ces blogs porteur d’une information libre et citoyenne comme on en souhaiterait à toutes les villes de France (https://oloron.blog/). Son auteur Joel Adam, a, entre autres exploits rédactionnels, révélé les capacités d’ubiquité hors du commun de son maire, Hervé Lucbéreilh, capable d’encaisser le même jour des indemnités kilométriques pour un aller-retour Oloron-Bayonne et un Oloron-Tours ou de présenter quelques jours plus tard des notes de frais pour être allé à Paris en avion ET en voiture à la même période. Depuis que Le Canard enchaîné a repris cette information, le torchon brûle à Oloron-Sainte-Marie entre l’élu et le blogueur. À Biarritz, le responsable de Bisque, Bisque, Basque ! est juste un « journaliste de merde qui fait les poubelles », à Oloron, où on ne dédaigne pas l’emphase, le blogueur, aux dires du maire, est un simple « pervers narcissique » et un « délateur digne de la Gestapo ». Rien que ça ?

Mais pas gêné, le maire annonce à Sud Ouest qu’il porte plainte contre le blogueur pour cyber harcèlement.

Des annonces pas toujours suivies d’effet

Ancien cadre de la fonction publique territoriale, ayant pu assister tout au long de sa carrière à bien des turpitudes, Joël Adam ne s’émeut guère de cette annonce du maire, si l’on en croit son blog : « Hervé Lucbéreilh a effectivement brandi cette menace. Mais l’a-t-il vraiment mise à exécution ? Si tel était le cas, je pense que j’en aurais été le premier avisé. Rien de tel à ce jour. Cela étant, j’attends de pied ferme toute procédure de ce genre, si tant est qu’elle arrive. Car rien dans le blog ne caractérise ce délit de cyberharcèlement. » Au Canard enchaîné, nous recevions chaque semaine une dizaine de menaces de plaintes. En réalité, à peine une sur cent se terminait au prétoire, les politiques adorant jouer les offensés et se draper dans leur dignité, tout en sachant pertinemment que les électeurs sont tellement habitués à leurs mensonges qu’ils oublieront bien vite leurs moulinets verbaux.

Le dévoiement de la loi sur le cyberharcèlement

Qu’un adolescent prenne conscience qu’il risque gros depuis 2014, s’il s’amuse à publier des photos dénudées de sa petite copine sur les réseaux sociaux, quoi de plus normal ? Mais quand un blog local parle en priorité du premier magistrat de la ville et consacre de nombreux articles à ses actions, ce n’est pas du cyberharcèlement, mais de l’information libre et citoyenne. Vous pouvez parcourir tout le contenu de « Oloron blog ». Les articles s’appuient sur des faits, la seule différence par rapport à la presse locale étant que le blogueur, journalistiquement et économiquement libre, ne se sent pas obligé de cirer les pompes des édiles locaux.

L’ancien propriétaire de La Semaine du Pays basque, Hubert de Caslou, avait cru judicieux, en juin 2017, de traîner Bisque, Bisque, Basque !, devant le tribunal civil de Grande Instance de Paris pour cyberharcèlement. Sa charmante idée a coûté à l’ancien officier de marine une condamnation à 3 000 euros, le tribunal ayant estimé que les dix-huit articles mis en cause contenaient tous une information justifiant la publication. Qu’on se le dise…

Quand les menaceurs ne sont pas les payeurs…

Cette envie des maires d’en découdre au tribunal, dès qu’un mot dépasse d’un article n’est pas tout à fait liée au hasard. Les élus savent parfaitement que leurs frais de justice seront pris en charge par leur commune, donc par les contribuables. Contrairement à leur opposant qui devra casser sa tire-lire personnelle. L’article L.21236-34 du Code Général des Collectivités territoriales prévoit que la commune accorde une protection juridique au maire dans l’exercice de ses responsabilités. Si un arbre tombe sur un piéton, alors que rien n’indiquait que cela puisse survenir, il est logique que le maire soit défendu gratuitement.

Mais comme pour la loi sur le cyberharcèlement, nos amis politiques se sont empressés de détourner la volonté du législateur à leur profit. Selon la loi, le maire ne peut être défendu aux frais des contribuables que s’il n’a pas commis « une faute détachable » de ses fonctions.

Constituent une faute détachable :

– les faits qui révèlent de préoccupations d’ordre privé.

– les faits qui procèdent d’un comportement incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques.

– les faits qui revêtent une particulière gravité.

Quand Didier Borotra se retrouve accusé de « prise illégale d’intérêt » après avoir laissé sa fille signer un contrat avec la Cité de l’Océan dont il est responsable en tant que maire, la « faute détachable » ne fait pas de doute. Ce qui n’empêchera pas le conseil municipal de Biarritz de voter, à quelques exceptions près, la prise en charge des frais de justice de l’ancien maire. Ce qui est une honte !

Les blogs au secours de la presse écrite

Il est désormais de bon ton de vilipender les quotidiens régionaux, ce qui ne sera pas le cas de ce blog. Mais nous sommes tous bien obligés de constater que les riches heures de la presse écrite sont derrière elle et qu’un équilibre économique de plus en plus incertain la fragilise face aux petits potentats locaux, qui crient « Je suis Charlie » les jours d’attentats, mais n’aiment la presse qu’aux ordres. D’où ces articles souvent bien faits, où l’auteur manifeste une prudence de sioux de peur de se retrouver en exil à Dax, comme certains de ses prédécesseurs. Les blogs, avec leur liberté, leur insouciance, leur effervescence, leur absence délibérée de modèle économique, sont à l’écrit ce que les radios libres ont été dans les années quatre-vingts aux radios commerciales.

Toutes ces vigies citoyennes qui passent leur temps à observer ce qui se passe dans leur ville en se moquant éperdument du respect dû aux petits seigneurs locaux, amènent du dynamisme et de la vitalité à l’information et rétablissent un équilibre qui bénéficie au citoyen, profite aux quotidiens institutionnels et oblige l’élu à abandonner son sentiment d’impunité. On l’a vu avec l’affaire des écuries de Parme, il est difficile pour un quotidien régional de ne pas reprendre une information quand un blog la lance et fait causer toute la ville.

Pour toutes ces raisons, « Oloronblog » doit être défendu à la hauteur de ses mérites. Pour ma part, je rêve à Biarritz de pouvoir me consacrer à une écriture personnelle et de me lever le matin en trouvant dans mon journal favori toutes les informations dont j’entends parler lors de mes promenades en ville. Je rêve de fermer Bisque, Bisque, Basque !, devenu inutile, puisque cinquante impertinents, passeront au peigne fin l’actualité de leur ville et la traiteront avec leur regard et leur sensibilité.

Je rêve, mais je suis persuadé que ce jour est proche. Et qui est-ce qui est le plus ringard ? Joel Adam avec son blog généreux et désintéressé où il s’efforce de partager ses savoirs avec ses concitoyens ou Hervé Lucbéreilh avec ses notes de frais étonnantes et ses pathétiques menaces juridiques ?

Arosteguy, la reine du looping

Dans une interview quelque peu surréaliste dans La Semaine, la candidate de l’opposition semble voler au secours de Veunac en estimant qu’il est très mal entouré. Une nouvelle stratégie pour 2020 ?

Pour Maïder Arosteguy, si l’on se fie à son interview dans La Semaine, la mode politique 2018 consistera à lancer de gros Scuds sur ses adversaires.

Maïder Arosteguy, avec ses activités au conseil départemental, ne doit guère avoir le temps, en fin d’après-midi sur M6, de regarder l’émission « Les Reines du shopping », ce qui ne l’empêche pas de donner une interview à La Semaine du Pays basque (12/1) que Cristina Cordula, la brésilienne égérie de la mode et animatrice de l’émission, trouverait tout simplement « Magnifeiqueeeee !!! ».

Au départ, tout commence le plus classiquement du monde pour notre reine du looping idéologique, avec une question sur Max Brisson et une réponse bien dans le style de Maïder : « C’est un grand garçon… Laissons-le découvrir les joies du Sénat. » dit-elle faussement candide. Avant de préciser, fine mouche : « Je pense qu’il a un travail énorme… Il nous dira plus tard ce qu’il veut faire » Autrement dit, pour les lecteurs-électeurs qui n’auraient pas tout à fait compris : ce ne serait pas très sérieux de la part de Max Brisson, élève appliqué mais peu doué de la classe sénatoriale, de risquer une veste en se présentant aux municipales de 2020 et de venir marcher sur mes plates-bandes.

Prête à céder à la pression affectueuse des Biarrots

Maïder, qui désormais connaît tous les classiques de la garde-robe du politique, enchaîne très logiquement sur une possible candidature aux élections municipales en 2020, par une réponse sans la moindre faute de goût : « Déclarer une candidature en janvier 2018 pour 2020 ou 2021 me paraît quelque chose d’assez insensé » Mais, parfaitement aux courants des dernières tendances de la mode électorale, elle se sent obligée de confier à quel point elle est abordée par tous : « Je suis étonnée de voir que la couleur politique n’empêche pas que des gens de tous horizons me sollicitent, cherchent mon aide, mon appui (…)  Je suis très sollicitée pour défendre les intérêts des Biarrots » Tous les lecteurs de La Semaine auront donc bien compris que Maïder ne pense pas à la conquête de la mairie de Biarritz tous les matins en se rasant, pour paraphraser les propos de Sarkozy, mais qu’elle est tout à fait prête à se dévouer en cédant à la pression affectueuse des Biarrots qui la sollicitent sans cesse pour partir au combat en 2020.

Veunac, qui peine à exister

Mais le plus étonnant reste à venir avec des propos cousus main sur Michel Veunac, si seul au sein de sa majorité : « L’affaire des écuries de Bigueyrie, nous a montré que les adjoints n’étaient pas à leur place, qu’ils ne faisaient pas leur travail, que c’est le maire qui fait en partie leur travail. Prouver son innocence par son incompétence, c’est quand même le comble de l’horreur quand on est élu ».

Tiens, prends ça dans les dents, Nathalie et viens pas me chatouiller si un jour on se retrouve dans le même magasin le jour des soldes !

Penser que Veunac est un gros bosseur entouré de « feignasses », il fallait oser ! Et pourquoi pas tant qu’on y est un grand décideur et un maire « humaniste et moderne », comme il avait été qualifié, le jour de son élection, dans La Semaine ?

Maïder, qui a toujours joué très collectif, de s’aventurer ensuite dans la métaphore sportive : « On a des individualités regroupées au sein d’une assemblée. C’est bien là le problème ! ça me fait penser à certaines équipes de football dans lesquelles on avait quelques stars qui sortaient du lot et le capitaine passait son temps finalement à courir derrière et à essayer d’exister » Veunac sera ravi d’apprendre qu’il est un pauvre anonyme de capitaine qui essaie d’exister dans le prêt à porter, tandis que ses adjoints, les stars de la haute-couture, lui volent toute la lumière. Les Amigorena, Chazouillères et Motsch vont être fiers de voir leur talent ainsi reconnu par un membre de l’opposition.

Magnifique ou pathétique ?

Interrogée par Bisque, Bisque, Basque ! sur cet étrange interview où le lecteur-électeur se demande s’il n’est pas face à une soudaine allégeance à Michel Veunac à un moment où il reste en difficulté dans sa majorité, Maïder Arosteguy estime que nous faisons une « interprétation erronée de ses propos » et se montre beaucoup plus ferme que dans le texte de La Semaine. Pas le moindre faux pli pour elle : « Je critique la gouvernance de la ville, faite par le maire. L’affaire des écuries n’a été que le révélateur d’un manque de confiance entre le maire et ses adjoints et d’une gouvernance sans concertation. « Un chef c’est fait pour cheffer » disait Chirac. À Biarritz, on procrastine, on navigue de crise en crise   La mayonnaise n’a pas pris et aujourd’hui tout le monde s’en aperçoit ». Voilà qui est plus clair.

Nathalie Motsch, pour sa part, qui vient de quitter Les Républicains au début de l’année 2018, car « elle ne se reconnaît pas dans la présidence Wauquiez », se refuse à toute polémique et ne se laissera pas clouer au porte-manteau. « Je la laisse juge de ses propos ». Visiblement, entre les deux élues qui s’imaginent très bien devenir chacune de leur côté tête de liste en 2020, le torchon n’a pas fini de brûler…

Au point que les électeurs, au lieu de crier comme Cristina Cordula, « Magnifeiqueeeee !!! », finissent par juger toute cette agitation « Pathéteiqueeeee » ?

Une imbécile politique de stationnement

Encore une trouvaille de nos élus : à Biarritz, le stationnement résidentiel est plus cher qu’à Bordeaux ou à Paris !

La mairie devrait faire repeindre ses parcmètres couleur or massif. Comme cela ce serait plus clair.

Allez faire une petite visite dans les prochaines semaines à Cassis, Fréjus et Antibes et dites-nous si vous voulez que Biarritz ressemble à ça : des agglomérations qui n’ont plus que des grandes surfaces en périphérie et des retraités qui traînent leur ennui dans des centre-ville-musée, en attendant la distraction annuelle provoquée par le flux massif des touristes. La baisse de la démographie à Biarritz devrait être un sujet majeur de préoccupation de nos élus. Il n’a pas été évoqué une seule fois depuis l’élection de Michel Veunac. Il y a pourtant de quoi s’alarmer, comme vient de le rappeler Sud Ouest fort judicieusement (6/1). En quinze ans, Biarritz est passé de 30 000 habitants à 25 000 et compte désormais 49% de plus de soixante ans. Pour lutter contre ce phénomène, les leviers ne sont pas nombreux : le logement social pour permettre aux jeunes couples de s’installer et les commodités de la vie courante comme les écoles, les crèches ou le stationnement.

Veunac ne se souvient plus avoir été l’adjoint de Borotra

Sud Ouest, 6 janvier.

En ce qui concerne les logements sociaux, Biarritz est un très mauvais élève avec un peu moins de 10% de logements éligibles, alors que la loi en impose plus du double, ce qui l’amène à verser à l’état plus de 600 000 euros d’amende chaque année. Mais écoutez ce que notre bon maire, qui a décidément un toupet d’airain, a à dire sur le sujet : « On paie l’absence de construction sociale pendant des années. C’est pourtant la seule réponse pour faire venir des jeunes ménages et maintenir la courbe démographique » Bonne réponse, Monsieur l’ex-sociologue, mais qui donc était deuxième adjoint à l’époque et s’est pâmé sur le futur joujou d’un monarque dépassé et a laissé Borotra engloutir dans la Cité de l’Océan, l’argent qui aurait permis de maintenir la démographie à flot ?

165 € par an à Bordeaux, 360 à Biarritz !

 Veunac s’exonère délibérément de toute responsabilité dans cette baisse catastrophique de la population jeune à Biarritz, alors que la politique de stationnement qu’il vient de mettre en place est absurde et a tout pour dissuader définitivement des jeunes couples qui seraient malgré tout tentés de s’installer. « 30 euros par mois pour stationner, ce n’est pas cher » ont affirmé la bouche en chœur la plupart des conseillers municipaux, qui, rappelons-le, bénéficient tous d’une carte de stationnement gratuit le temps de leur mandat, ce qui leur ôte peut-être quelque peu le sens des réalités. Alors que les parkings de Bayonne pratiquent des prix très bas, que le stationnement est libre à Anglet, à l’exception du quartier des Cinq-cantons où un disque de stationnement gratuit est nécessaire pour accélérer la rotation des véhicules, Biarritz une fois de plus va devenir la ville réservée aux plus riches.

À Bordeaux, il suffit de s’inscrire sur le site de la Ville, de donner son nom, son adresse et le numéro de plaque minéralogique de son véhicule, pour recevoir un SMS de confirmation et être tranquille pendant un an. Le tout pour 165 euros.

À Paris, où le stationnement n’est pas une mince affaire, il faut obtenir une carte de résident, valable trois ans pour la somme de 90 euros. Et ensuite, un ticket hebdomadaire au tarif de 9 euros fait l’affaire. Ce qui permet de ne pas payer quand on est en vacances. Ainsi un Parisien qui part six semaines en vacances paiera au total 354 euros par an, compte-tenu de l’amortissement de sa carte.

Et pendant ce temps, à Biarritz, nos élus, confondant sans doute parcmètres et machines à sous en or massif, sont persuadés qu’ils font une fleur extraordinaire au bon peuple en leur infligeant 360 euros par an de frais de stationnement résidentiel. Et le jour où cette mesure terrible pour l’avenir démographique a été prise, personne ou presque dans la majorité ne s’est indigné que quelques minutes plus tard 9 millions de travaux pour les extérieurs de L’Hôtel du Palais soient alloués à Vinci, SANS APPEL D’OFFRES et SANS PASSER PAR LA COMMISSION DES TRAVAUX ! Mais évidemment, un truc où nos petits élus locaux peuvent se goberger à l’œil et se prendre pour des grands en côtoyant des politiques d’envergure nationale, c’est autrement plus important qu’une vraie politique de la Ville, respectueuse de tous les âges et de toutes les classes sociales.

L’angélisme de Biarritz-Magazine

C’est une page intitulée « Le stationnement dépénalisé », avec de belles images, qui va vous expliquer comment vous allez vous faire arnaquer en beauté. Mais, comme c’est bizarre, certains détails ne sont pas racontés dans ce magazine pourtant fort au fait de l’actualité municipale. Certes, un sous-titre vous annonce : « La surveillance des places de stationnement sera confiée à un prestataire privé », mais avez-vous une idée concrète de ce qui vous attend et que le maire s’est bien gardé de vous raconter en détail ? Ce que Bisque, Bisque, Basque ! va se faire un plaisir de vous révéler, grâce à quelques sources bien informées.

Avant c’était la police municipale qui érigeait les procès-verbaux de stationnement non payés ou gênants. Désormais, le contrôle du stationnement payant va être sous-traité à notre cher ami Indigo (Ex-Vinci). Indigo va donc faire sillonner la ville avec une petite troupe de mobylettes équipées de super caméras capables de lire les plaques d’immatriculation. Et grâce au contrôle à distance des futures bornes sur lesquelles il faudra au préalable enregistrer son numéro de plaque au moment du paiement, l’analyse se fera à la vitesse de la lumière. Cela permettra ainsi de multiplier par 100 voire plus le traitement à l’heure des données et l’envoi automatisé à domicile des fameux forfaits post stationnement majorés à 30 euros.

Et les salariés d’Indigo, comme ceux des fourrières de Paris une fois qu’elles ont été privatisées, auront à cœur de faire du chiffre et ne se montreront guère compréhensifs. Et pendant ce temps-là, double peine pour les automobilistes, puisque les agents municipaux vont donc se recentrer sur le stationnement gênant et le stationnement à durée limitée. Si tout ça ne fait pas un magnifique jackpot, c’est à désespérer…

Citoyens, vous pouvez astiquer votre porte-monnaie et n’oubliez pas de remercier cette équipe municipale tellement préoccupée de votre bien-être !